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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

eymonaud

Publié le par maplumefee
Publié dans : #d’un, #escalier, #eymonaud, #hotel, #maison

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Dans le Montmartre secret, au fond d'une impasse appelée Marie-Blanche, les promeneurs ont la possibilité de découvrir un trésor...

 

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Une maison de style « troubadour », la Maison Eymonaud, fantaisie d'esprit gothique et renaissance mise en œuvre par Ernest Eymonaud, un antiquaire spécialisé dans la vente d'objets médiévaux.

 

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Vue de l'ancienne impasse Constance, dans le quartier des Grandes-Carrières, qui devint passage Sainte-Marie et impasse Sainte-Marie-Blanche avant de prendre, en 1873, le nom d'impasse Marie-Blanche.

 

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Au numéro 7, l'architecte Joseph-Charles Guirard de Montarnal conçut, entre 1892 et 1897, un lieu de vie et un atelier, en y intégrant des éléments d'un hôtel particulier disparu : l'Hôtel de l'Escalopier.

 

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Agrémentée d’une tour carrée de deux étages, la Maison Eymonaud présente de belles balustrades et des fenêtres à meneaux, des vitraux et un riche décor sculpté incluant un bestiaire fantastique, des gargouilles, des escargots, des salamandres, des singes et toutes sortes de petits personnages facétieux...

 

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Certaines photos sont un peu floues, j'ai fait ce que j'ai pu avec mon zoom...

 

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Les Fous et leurs marottes, issus des Soties (satires dramatiques) du Moyen-Âge et du début de la Renaissance.

 

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L'Hôtel de l'Escalopier naquit, en 1835, à l'initiative d'un personnage original et érudit : le comte Marie-Joseph-Charles de l'Escalopier (1812-1861).

 

Passionné d'archéologie, le comte de l'Escalopier descendait d'une vieille famille originaire de Vérone, les Della Scala. Il naquit le 9 avril 1812 dans la Somme, au château de Liancourt et fit ses études à Paris, au Lycée Charlemagne. Brillant élève, il publia son premier ouvrage à l'âge de 23 ans et en 1840, il devint conservateur à la bibliothèque de l'Arsenal sous la direction de l'académicien Charles Nodier (1780-1844).

 

Dès qu'il en eut la possibilité, il fit construire sous le règne de Louis-Philippe (1830-1848), en pleine vogue historiciste, une demeure que L'Annuaire de Paris et de ses environs de Leblanc de Ferrière décrit ainsi : « La façade sur la cour présente une tour en saillie crénelée en son sommet ; à gauche un avant-corps carré, surmonté d’une terrasse et d’un balcon ; les formes et les ornementations de l’édifice sont dans le style du Bas Moyen Âge, des années 1450, règne de Louis XI ; les encadrements des ouvertures, le balcon, les clochetons et les culs-de-lampe sont d’un gothique plein de délicatesse et de goût dans le choix et la réalisation ; le cadre d’une fenêtre au rez-de-chaussée est une copie fidèle de la porte de Jeanne d’Arc à Domrémy. »

 

L'Hôtel était agrémenté d'un vaste jardin, d'un gymnase et de serres remarquables : « Contiguës au bâtiment, elles sont exposées vers le sud, sur une ligne de cent vingt pieds de long et de douze pieds de large ; elles sont construites en fer ; ornées de roches et de bassins elles sont chauffées à la vapeur et renferment une collection remarquable de végétaux à propriétés historiques, les plus rares et les plus précieuses. On y entre par le salon dont la glace sans tain au-dessus de la cheminée offre une vue sur ces serres au centre desquelles un pavillon, de vingt-huit pieds de haut avec des colonnes ornées de chapiteaux dorés, est consacré à la culture des bananiers. Les serres contiennent des bambous, des papayers, des arbres à pain, des cocotiers ; tous ces arbres sont en pleine terre. Dans la quatrième serre se trouvent les plantes qui exigent le plus de chaleur : orchidées, bois de santal, muscadier, cacaoyer, copayer, mangoustanier, mancenillier, vanille… » Leblanc de Ferrière.

 

Mais le comte manqua rapidement de place pour mettre en valeur sa prestigieuse collection de livres. Il se résolut donc à remplacer les serres (après avoir donné son contenu au Jardin des Plantes) par une bibliothèque riche de cinq mille neuf cents ouvrages dédiés à l'Archéologie, à l'Histoire et à la Théologie.

 

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Il créa un musée destiné à ses amis et aux visiteurs de passage où l'on pouvait admirer des bois sculptés, des émaux, des ivoires, de l'orfèvrerie ou encore des verres médiévaux. Il tomba malade en 1859 et regagna le domaine familial de Liancourt où il décéda en 1861. Ses collections furent léguées à la ville d'Amiens et l'Hôtel de l'Escalopier fut détruit en 1882.

 

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Nous pénétrons dans la Maison Eymonaud par une porte dotée d'un bel encadrement de style Renaissance.

 

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Le petit escargot lunaire, gardien du seuil, nous ouvre le chemin...

 

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Son ami le lézard, parèdre solaire et avatar de la chimérique salamandre, également...

 

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Les pièces de la demeure ont été transformées en bureaux et en appartements. Nous ne pouvons voir les richesses ornementales qu'ils abritent mais un escalier, magnifique ossature de bois, nous accueille et le sol est décoré de carreaux de pavement dans le style « Viollet-le-Duc ».

 

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Une des « pierres figurées » de la collection d'Ernest Eymonaud qui possédait à cette adresse un atelier appelé « A l'Art Ancien ». Il y restaurait des meubles et il réalisait des copies très recherchées de meubles peuplant les intérieurs des plus beaux châteaux de France. Très sollicité par les amateurs du genre, il fit agrandir sa demeure parisienne en 1900 et en 1910.

 

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Les panneaux de bois ciselés qui se dévoilent au fil de notre progression font référence aux thèmes du Zodiaque et des Travaux des Mois.

 

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Vous reconnaîtrez des scènes de vendanges, de banquet, de chasse et de nombreuses activités agricoles...

 

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Saynètes qui forment une fascinante bande dessinée...

 

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Certaines me font penser au décor des stalles du chœur de l'église Saint-Gervais Saint-Protais, située à proximité de l'hôtel de ville de Paris, un sujet intéressant pour de futurs articles...

 

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L'escalier est une sylve peuplée de créatures chimériques et de formes flamboyantes...

 

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L'Homme Vert, le Feuillu, le Green Man, seigneur de la fécondité et de la parole magique à l'instar de l'Ogmios des Celtes, le maître du langage. Un excellent gardien de la demeure !

 

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En poursuivant notre ascension, nous découvrons d'élégantes fenêtres et la verrière sommitale.

 

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Puis nous observons le couronnement de la tour, belvédère de deux étages joliment intégré dans la structure néo-gothique des lieux.

 

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Elle ne se visite pas mais la vue sur Montmartre doit être magnifique de là haut !

 

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Voilà, il est temps de redescendre et de prendre congé de cette maison qui se love tout au fond d'une impasse du vieux Paris...

 

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La Maison Eymonaud, fabuleuse « maison troubadour », inscrite au titre des Monuments Historiques par un arrêté du 14 septembre 1995, est « accessible » en juillet, en août et au moment des Journées du Patrimoine, en respectant bien sûr la tranquillité et l'intimité des habitants autrement dit en ne faisant pas ce que quelques visiteurs ont fait : tenter de pousser des portes « privées » et de photographier à travers les fenêtres des gens.

 

En espérant vous avoir fait plaisir avec cette découverte, je vous souhaite une excellente rentrée 2017 et vous envoie de gros bisous d'amitié !

Plume

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