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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

maison

Publié le par maplumefee
Publié dans : #chabouille, #fut, #maison, #moret, #raccolet

 

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Retour à Moret-sur-Loing, en Seine-et-Marne, à l'orée de la forêt de Fontainebleau. Après avoir contemplé le monument commémoratif à Alfred Sisley et étudié l'architecture et l'histoire de la Porte Médiévale de Samois, nous allons découvrir la Maison Raccolet, belle demeure de style néogothique, agrémentée de sculptures qui représentent des métiers d'artisans.

 

Et comme nous sommes mardi, j'ai choisi en souvenir de notre aminaute Lady Marianne, un poème de Sully Prudhomme (1839-1907) intitulé Les Vieilles Maisons.

 

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Les Vieilles Maisons

 

Je n’aime pas les maisons neuves :

Leur visage est indifférent ;

Les anciennes ont l’air de veuves

Qui se souviennent en pleurant.

 

Les lézardes de leur vieux plâtre

Semblent les rides d’un vieillard ;

Leurs vitres au reflet verdâtre

Ont comme un triste et bon regard !

 

Leurs portes sont hospitalières,

Car ces barrières ont vieilli ;

Leurs murailles sont familières

À force d’avoir accueilli.

 

Les clés s’y rouillent aux serrures,

Car les cœurs n’ont plus de secrets ;

Le temps y ternit les dorures,

Mais fait ressembler les portraits.

 

Des voix chères dorment en elles,

Et dans les rideaux des grands lits

Un souffle d’âmes paternelles

Remue encor les anciens plis.

 

J’aime les âtres noirs de suie,

D’où l’on entend bruire en l’air

Les hirondelles ou la pluie

Avec le printemps ou l’hiver ;

 

Les escaliers que le pied monte

Par des degrés larges et bas

Dont il connaît si bien le compte,

Les ayant creusés de ses pas ;

 

Le toit dont fléchissent les pentes ;

Le grenier aux ais vermoulus,

Qui fait rêver sous ses charpentes

À des forêts qui ne sont plus.

 

J’aime surtout, dans la grand’salle

Où la famille a son foyer,

La poutre unique, transversale,

Portant le logis tout entier ;

 

Immobile et laborieuse,

Elle soutient comme autrefois

La race inquiète et rieuse

Qui se fie encore à son bois.

 

Elle ne rompt pas sous la charge,

Bien que déjà ses flancs ouverts

Sentent leur blessure plus large

Et soient tout criblés par les vers ;

 

Par une force qu’on ignore

Rassemblant ses derniers morceaux,

Le chêne au grand cœur tient encore

Sous la cadence des berceaux.

 

Mais les enfants croissent en âge,

Déjà la poutre plie un peu ;

Elle cédera davantage ;

Les ingrats la mettront au feu...

 

Et, quand ils l’auront consumée,

Le souvenir de son bienfait

S’envolera dans sa fumée.

Elle aura péri tout à fait,

 

Dans ses restes de toutes sortes

Éparses sous mille autres noms ;

Bien morte, car les choses mortes

Ne laissent pas de rejetons.

 

Comme les servantes usées

S’éteignent dans l’isolement,

Les choses tombent méprisées,

Et finissent entièrement.

 

C’est pourquoi, lorsqu’on livre aux flammes

Les débris des vieilles maisons,

Le rêveur sent brûler des âmes

Dans les bleus éclairs des tisons.

 

Sully Prudhomme, Les Solitudes

 

 

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Située Rue Grande, face à l'Hôtel de Ville, sur la Place du Marché, la Maison Raccolet fut conçue par un Compagnon Menuisier du Tour de France, nommé Pierre Raccolet.

 

L'artiste choisit une demeure du XIXe siècle qu'il transforma selon son goût. Il couvrit la structure de beaux éléments en bois, finement sculptés, de facture néo-gothique. Des fenêtres à meneaux, un grand pignon, des balcons ouvragés, un élégant oriel, une échauguette... Les travaux se terminèrent en 1925.

 

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Pierre Raccolet célébra, à travers sa maison, les demeures du XVe siècle qu'il avait contemplées dans la vieille ville de Rouen, un endroit qu'il aimait beaucoup. Il rendit hommage à des corps de métier comme les menuisiers, les maçons, les forgerons...

 

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A quelques encablures de la Maison Raccolet et de la Place du Marché, aux numéros 28 et 30 de la rue Grande, se dressent des demeures de la Renaissance appelées « Maisons Chabouillé ».

 

Elles appartenaient à Claude Chabouillé qui était « receveur », c'est à dire contrôleur des domaines de Moret et de Melun. Leurs façades sont rythmées par de belles fenêtres à meneaux de pierre, lovées dans des cadres moulurés, d'élégants frontons et des portes soulignées par des pilastres ouvragés.

 

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Des grappes de raisin sculptées sont visibles au numéro 30 ainsi que des chapiteaux agrémentés d'enroulements dits en cornes de bélier. On trouvait en ces lieux le Tribunal du Bailli, un officier de justice royal, sorte de médiateur dont la devise latine était « Concordia res parvae crescunt » soit en français « Par la concorde, les moindres choses progressent. »

 

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La devise

 

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Les enroulements dits en cornes de bélier

 

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A proximité de ces façades Renaissance, on découvre, dans la cour de l'Hôtel de Ville, la Maison ou Galerie François Ier.

 

Lors de notre visite, elle était en restauration et les échafaudages ne permettaient donc pas de prendre correctement ses ornements en photo. J'ai fait comme j'ai pu... Cela donne une idée.

 

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Qualifiée de « fantaisie architecturale », cette maison a une histoire bien particulière. Elle fut construite en 1527 par Nicolas Chabouillé, contrôleur des Finances du Royaume et père de Claude Chabouillé.

 

En 1822, la demeure fut achetée par le général et théoricien militaire Antoine Fortuné De Brack 1789-1850) pour faire plaisir à sa maîtresse, la célèbre comédienne Mademoiselle Mars (1779-1847). Elle fut démontée et amenée jusqu'à Paris où elle fut remontée sur le Cours la Reine, en bordure de Seine. Mais elle ne fut jamais habitée et en 1956, une société immobilière en fit l'acquisition pour un propriétaire qui la fit ramener à Moret-sur-Loing !!!

 

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Elle présente des motifs fleuris, des portraits en médaillons, des angelots et des scènes issues de la mythologie, décrivant des épisodes des Travaux d'Hercule.

 

Je serais heureuse, vous vous en doutez, de pouvoir la prendre en photo après le confinement...

 

Nous poursuivrons dans quelques jours notre promenade à Moret-sur-Loing qui a tant de choses à offrir aux visiteurs de ses ruelles. Nous irons au bord de l'eau pour nous ressourcer... En attendant, laissez-moi vous offrir quelques notes d'automne, butinées dans le fameux kilomètre de balade de confinement !

 

De l'or qui flambe et de la rouille cuivrée dans les arbres, histoire de rêver un peu...

 

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Gros bisous, chers Aminautes !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #d’un, #escalier, #eymonaud, #hotel, #maison

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Dans le Montmartre secret, au fond d'une impasse appelée Marie-Blanche, les promeneurs ont la possibilité de découvrir un trésor...

 

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Une maison de style « troubadour », la Maison Eymonaud, fantaisie d'esprit gothique et renaissance mise en œuvre par Ernest Eymonaud, un antiquaire spécialisé dans la vente d'objets médiévaux.

 

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Vue de l'ancienne impasse Constance, dans le quartier des Grandes-Carrières, qui devint passage Sainte-Marie et impasse Sainte-Marie-Blanche avant de prendre, en 1873, le nom d'impasse Marie-Blanche.

 

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Au numéro 7, l'architecte Joseph-Charles Guirard de Montarnal conçut, entre 1892 et 1897, un lieu de vie et un atelier, en y intégrant des éléments d'un hôtel particulier disparu : l'Hôtel de l'Escalopier.

 

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Agrémentée d’une tour carrée de deux étages, la Maison Eymonaud présente de belles balustrades et des fenêtres à meneaux, des vitraux et un riche décor sculpté incluant un bestiaire fantastique, des gargouilles, des escargots, des salamandres, des singes et toutes sortes de petits personnages facétieux...

 

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Certaines photos sont un peu floues, j'ai fait ce que j'ai pu avec mon zoom...

 

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Les Fous et leurs marottes, issus des Soties (satires dramatiques) du Moyen-Âge et du début de la Renaissance.

 

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L'Hôtel de l'Escalopier naquit, en 1835, à l'initiative d'un personnage original et érudit : le comte Marie-Joseph-Charles de l'Escalopier (1812-1861).

 

Passionné d'archéologie, le comte de l'Escalopier descendait d'une vieille famille originaire de Vérone, les Della Scala. Il naquit le 9 avril 1812 dans la Somme, au château de Liancourt et fit ses études à Paris, au Lycée Charlemagne. Brillant élève, il publia son premier ouvrage à l'âge de 23 ans et en 1840, il devint conservateur à la bibliothèque de l'Arsenal sous la direction de l'académicien Charles Nodier (1780-1844).

 

Dès qu'il en eut la possibilité, il fit construire sous le règne de Louis-Philippe (1830-1848), en pleine vogue historiciste, une demeure que L'Annuaire de Paris et de ses environs de Leblanc de Ferrière décrit ainsi : « La façade sur la cour présente une tour en saillie crénelée en son sommet ; à gauche un avant-corps carré, surmonté d’une terrasse et d’un balcon ; les formes et les ornementations de l’édifice sont dans le style du Bas Moyen Âge, des années 1450, règne de Louis XI ; les encadrements des ouvertures, le balcon, les clochetons et les culs-de-lampe sont d’un gothique plein de délicatesse et de goût dans le choix et la réalisation ; le cadre d’une fenêtre au rez-de-chaussée est une copie fidèle de la porte de Jeanne d’Arc à Domrémy. »

 

L'Hôtel était agrémenté d'un vaste jardin, d'un gymnase et de serres remarquables : « Contiguës au bâtiment, elles sont exposées vers le sud, sur une ligne de cent vingt pieds de long et de douze pieds de large ; elles sont construites en fer ; ornées de roches et de bassins elles sont chauffées à la vapeur et renferment une collection remarquable de végétaux à propriétés historiques, les plus rares et les plus précieuses. On y entre par le salon dont la glace sans tain au-dessus de la cheminée offre une vue sur ces serres au centre desquelles un pavillon, de vingt-huit pieds de haut avec des colonnes ornées de chapiteaux dorés, est consacré à la culture des bananiers. Les serres contiennent des bambous, des papayers, des arbres à pain, des cocotiers ; tous ces arbres sont en pleine terre. Dans la quatrième serre se trouvent les plantes qui exigent le plus de chaleur : orchidées, bois de santal, muscadier, cacaoyer, copayer, mangoustanier, mancenillier, vanille… » Leblanc de Ferrière.

 

Mais le comte manqua rapidement de place pour mettre en valeur sa prestigieuse collection de livres. Il se résolut donc à remplacer les serres (après avoir donné son contenu au Jardin des Plantes) par une bibliothèque riche de cinq mille neuf cents ouvrages dédiés à l'Archéologie, à l'Histoire et à la Théologie.

 

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Il créa un musée destiné à ses amis et aux visiteurs de passage où l'on pouvait admirer des bois sculptés, des émaux, des ivoires, de l'orfèvrerie ou encore des verres médiévaux. Il tomba malade en 1859 et regagna le domaine familial de Liancourt où il décéda en 1861. Ses collections furent léguées à la ville d'Amiens et l'Hôtel de l'Escalopier fut détruit en 1882.

 

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Nous pénétrons dans la Maison Eymonaud par une porte dotée d'un bel encadrement de style Renaissance.

 

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Le petit escargot lunaire, gardien du seuil, nous ouvre le chemin...

 

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Son ami le lézard, parèdre solaire et avatar de la chimérique salamandre, également...

 

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Les pièces de la demeure ont été transformées en bureaux et en appartements. Nous ne pouvons voir les richesses ornementales qu'ils abritent mais un escalier, magnifique ossature de bois, nous accueille et le sol est décoré de carreaux de pavement dans le style « Viollet-le-Duc ».

 

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Une des « pierres figurées » de la collection d'Ernest Eymonaud qui possédait à cette adresse un atelier appelé « A l'Art Ancien ». Il y restaurait des meubles et il réalisait des copies très recherchées de meubles peuplant les intérieurs des plus beaux châteaux de France. Très sollicité par les amateurs du genre, il fit agrandir sa demeure parisienne en 1900 et en 1910.

 

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Les panneaux de bois ciselés qui se dévoilent au fil de notre progression font référence aux thèmes du Zodiaque et des Travaux des Mois.

 

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Vous reconnaîtrez des scènes de vendanges, de banquet, de chasse et de nombreuses activités agricoles...

 

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Saynètes qui forment une fascinante bande dessinée...

 

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Certaines me font penser au décor des stalles du chœur de l'église Saint-Gervais Saint-Protais, située à proximité de l'hôtel de ville de Paris, un sujet intéressant pour de futurs articles...

 

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L'escalier est une sylve peuplée de créatures chimériques et de formes flamboyantes...

 

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L'Homme Vert, le Feuillu, le Green Man, seigneur de la fécondité et de la parole magique à l'instar de l'Ogmios des Celtes, le maître du langage. Un excellent gardien de la demeure !

 

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En poursuivant notre ascension, nous découvrons d'élégantes fenêtres et la verrière sommitale.

 

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Puis nous observons le couronnement de la tour, belvédère de deux étages joliment intégré dans la structure néo-gothique des lieux.

 

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Elle ne se visite pas mais la vue sur Montmartre doit être magnifique de là haut !

 

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Voilà, il est temps de redescendre et de prendre congé de cette maison qui se love tout au fond d'une impasse du vieux Paris...

 

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La Maison Eymonaud, fabuleuse « maison troubadour », inscrite au titre des Monuments Historiques par un arrêté du 14 septembre 1995, est « accessible » en juillet, en août et au moment des Journées du Patrimoine, en respectant bien sûr la tranquillité et l'intimité des habitants autrement dit en ne faisant pas ce que quelques visiteurs ont fait : tenter de pousser des portes « privées » et de photographier à travers les fenêtres des gens.

 

En espérant vous avoir fait plaisir avec cette découverte, je vous souhaite une excellente rentrée 2017 et vous envoie de gros bisous d'amitié !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #l’oeuf, #maison, #oeuf, #paques, #rouge

 

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Chers aminautes, je vous souhaite de Joyeuses Pâques et je vous convie à une promenade gourmande, artistique et philosophique sur le thème de l’œuf.

 

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Floris Hendrik Verster (1861-1927), Bol aux œufs, 1915.

 

Au commencement était l’œuf, promesse de résurrection, que l'on plaçait dans les tombes pour accompagner l'âme des défunts vers un nouveau séjour.

 

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De l’œuf naît et renaît la vie, quête incessante... Pondu par un initiateur sage et facétieux, le lièvre d'Ostara, la déesse germanique du Printemps, équivalent de la déesse anglo-saxonne Eostre (voir mon article intitulé Mystères et Traditions de Pâques), il signifie que des êtres nouveaux vont briser leur coquille.

 

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Illustration de Marjolein Bastin

 

L’œuf cosmos

 

Même si l'on écrivait une encyclopédie sur ce thème, on trouverait encore des traditions orales et des récits non étudiés mettant l’œuf en scène comme point de départ du monde et de ses habitants.

 

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L’œuf cosmique de William Blake (1757-1827)

 

Il existe une infinité de mythes fondés sur la puissance créatrice et poétique de l’œuf. Dans l'Égypte ancienne (mythe du dieu Thot et de l'Ogdoade Hermopolitaine), dans la mythologie hindoue (mythe de l’œuf de Brahma qui se divise en une moitié d’or et une moitié d’argent), chez les Incas où le dieu Viracocha crée le soleil derrière une immense roche noire, avec la coquille d'un œuf d'où jaillit l'humanité, dans le Japon Shintoïste où le ciel (léger et fluctuant) et la terre (dense) émanent d'un œuf parfumé, dans la Grèce antique où certaines statues du dieu Dionysos étaient représentées avec un œuf dans la main et dans plusieurs sépultures de l'ancienne Russie où l'on plaçait des œufs d'argile pour que les âmes puissent de nouveau s'incarner...

 

 

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Kolobova Margarita, Ilmatar Birth of Nature.

 

Dans le Kalevala (le livre sacré des Finlandais), une déesse nommée Ilmatar sommeillait au fond de la mer. Brusquement, sous l'effet d'un rêve, la déesse bougea et ses genoux émergèrent de l'eau. Intrigué et séduit, le seigneur de l'air, incarné en canard, y déposa un œuf couleur de lune ou d'or. La déesse frissonna, la coquille se brisa et la vie apparut sur toute la terre.

 

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Ilmatar, 1860, par Robert Wilhelm Ekman (1808-1873), illustrateur de poèmes populaires et représentant du romantisme finlandais.

 

« Tous les morceaux se transformèrent

en choses bonnes et utiles:

le bas de la coque de l’œuf forma le firmament sublime,

le dessus de la partie jaune

devint le soleil rayonnant

le dessus de la partie blanche

fut au ciel la lune luisante,

tout débris taché de la coque

fut une étoile au firmament,

tout morceau foncé de la coque

devint un nuage de l'air.

Le temps avança désormais...»

 

 

Pour les alchimistes, l’œuf philosophique est un reflet de l’image du monde. Dans cet athanor, se produit l'émulsion qui permet d'aboutir à la pierre philosophale.

 

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L'Œuf Orphique de Jacob Bryant (1715-1804), savant, écrivain et mythographe britannique, 1744.

 

Le Mythe Orphique (environ 600 av JC) rapporte qu'au commencement était Chronos (seigneur du Temps), qui engendra Chaos (l'Infini) et Éther (l'aboutissement). Enveloppant le Chaos, la Nuit, « déesse aux ailes noires » stimula l'action créatrice contenue dans l'Éther. De cette « rencontre » naquit l’Œuf d'Argent, réceptacle de l'essence de Vie, qui engendra Phanès, la Lumière.

La Lumière s'unit à la Nuit et le Ciel, la Terre et l'Olympe où règne Zeus, seigneur de l'Éclair et de la Foudre, firent leur apparition.

 

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Salvador Dali (1904-1989), Jaune d'œuf Soleil, 1955.

 

L’œuf est un être à la fois organique et associé à une étrange forme de « minéralité » qui a profondément inspiré Dali. Le maître voyait à travers lui la possibilité de relier toutes nos vies : vies antérieures, expériences intra-utérines et renaissances au fil de l'existence.

 

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Cette puissante magie d'inspiration et de fécondité imprègne les œufs du folklore pascal.

 

 

Les œufs rouges de Pâques

 

Dans de nombreux pays, la coutume veut que l'on teigne les œufs en rouge pour célébrer Pâques. Rouge de la vie, couleur du sang, de la passion amoureuse, de la purification des maléfices et de la rédemption des pêchés.

 

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La matrice de l’œuf est le réceptacle du mystère de la vie. Dans la Perse antique, il existait une fête du printemps, appelée « fête des œufs rouges ».

 

Dans le folklore celtique, le serpent de mer, à la fois géniteur et destructeur de mondes, pondait, la nuit de l'équinoxe, un œuf rouge au creux d'un rocher. L’œuf magique rayonnait comme un soleil incandescent.

 

Dans la symbolique chrétienne, les œufs du Jeudi-Saint, décorés en rouge et « chassés » le dimanche après la messe pascale, évoquent le sang du Christ versé pour la rémission des pêchés.

 

L’œuf rouge de Marie-Madeleine

 

Dans une église orthodoxe, située sur le Mont des Oliviers à Jérusalem, un tableau relate l'offrande d'un œuf rouge à l'empereur Tibère, par Marie-Madeleine.

 

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Marie-Madeleine demanda à Tibère de réhabiliter la mémoire du Christ. En signe de déférence, elle lui donna le seul œuf qu'elle possédait. L'empereur la mit alors au défi. Il ne trancherait en sa faveur que si l’œuf se teintait de rouge. Elle pria et le miracle se produisit!

 

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Pour la petite histoire, on disait aux enfants de Vendée que les œufs étaient rouges parce qu'ils avaient « vu » à Rome les cardinaux paraître dans leurs grandes robes écarlates.

 

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Le Vendredi Saint était autrefois traditionnellement consacré à la décoration des œufs. Les jeunes filles confectionnaient des « œufs d'amour ».

 

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Pieds nus dans la rosée du matin, elles récoltaient les œufs et les teignaient de rose marbré de rouge puis elles les couvraient de vœux et d'inscriptions comme celles-ci « Par amour et par fidélité. », « Que la force de mon amour te lie à moi. » « Deviens, de mon vivant, celui dont j'ai rêvé en mon dormant. » Elles les cachaient ensuite dans des coffrets jusqu'au lundi de Pâques et elles les offraient à leurs amoureux.

 

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Les œufs blancs et décorés de fleurs sauvages évoquent les cycles de la lune.

 

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Réputés imputrescibles, les œufs du Vendredi-Saint étaient conservés sur les manteaux de cheminée. Ils offraient une protection contre la foudre, les morsures de serpents, les accidents, les chutes et diverses maladies. On les pensait également capables de « détecter les sorcières » si on leur chuchotait certaines paroles avant la messe de Pâques ou si on les faisait tourner sur eux-mêmes durant l'office.

 

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Image Folkstar.pl

 

Leur pouvoir protecteur et magique était amplifié par les couleurs et les motifs dont ils se paraient. Teints en rouge, en violet ou en bleu, ornés d'arabesques, de triskèles, d'arbres stylisés, de soleils, de petits hommes dansants ou de fleurs printanières, ils éloignaient les maléfices, les fantômes et les tempêtes; ils attiraient la chance et la prospérité.

 

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A Luzy, dans la Nièvre, la coutume prétendait que si l'on conservait pendant cent ans un œuf pondu le Vendredi-Saint et peint en rouge, son jaune deviendrait un fabuleux diamant.

 

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Le dimanche de Pâques, les marraines et les parrains offraient à leurs filleuls les œufs du Vendredi-Saint, symboles de joie, de richesse et de sécurité familiale, sur un lit de paille tressé ou dans un panier d'osier.

 

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Après le repas dominical, les facétieux de tous âges se livraient à des jeux folkloriques comme la toquette et la roulée.

 

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Nikolaï Kochélev (1840-1918) : Enfants jouant à faire rouler des œufs de Pâques, 1855. Musée Russe, Saint-Pétersbourg.

 

La roulée était une sorte de jeu de boules, consistant à lancer, sur un plan incliné ou en s'aidant d'une longue tuile qui formait un petit toboggan, des œufs durs, de préférence colorés en rouge ou en bleu. Le possesseur du coquart, (l’œuf resté intact), dégustait les œufs cassés.

 

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« Osterspiele » (Jeux de Pâques), gravure sur bois réalisée en 1880 d’après un dessin original de Carl Röhling (1849–1922).

 

Pour jouer à la toquette, comme vous l'apercevez au second plan de l'image, on tenait fermement un œuf dur, ne laissant dépasser qu'une partie de la coquille, afin de le faire « toquer » contre un autre. Le perdant payait sa tournée de friandises (enfants) et de boissons (adultes)!

 

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Ces jeux étaient (et sont encore) très répandus en Russie mais aussi dans plusieurs régions de France (Lorraine, Alsace, Franche-Comté etc...). La tradition des Rolling Eggs existe dans de nombreux pays, avec certaines variantes.

 

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« Easter Monday Egg Roll » en Angleterre où les participants font rouler des œufs depuis le sommet d'une colline pour « réveiller » les forces du printemps. (Photo geograph.org.UK).

 

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Easter Roll en 1911, à Washington, dans les jardins de la Maison-Blanche (1600, Pennsylvania Avenue). Photo Library of Congress.

 

D'après certains historiens, cette tradition aurait été initiée par Dolley Madison, l'épouse du Président James Madison, en fonction de 1809 à 1817 mais d'autres chercheurs avancent que ces courses d’œufs auraient vu le jour entre 1860 et 1865, sous la présidence d'Abraham Lincoln (1809-1865). En 1872, des articles de journaux rapportent que les enfants s'amusaient à faire rouler des œufs de Pâques sur les pelouses du Capitole et que cela inspira, en 1876, à des esprits chagrins le vote d'une loi par le Congrès pour interdire ces jeux de plein air.

Ensuite, il semblerait que le président Rutherford B. Hayes, en fonction de 1877 à 1881, ait invité les enfants à venir à la Maison-Blanche pour faire rouler les œufs.

 

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Course aux œufs, dans les jardins de la Maison-Blanche, le lundi de Pâques (photo de Chuck Kennedy). Les enfants sont pressés de pousser les œufs sur le gazon verdoyant avec une cuillère dotée d'un long manche.

 

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Les gourmands collectent chaque année, avec un bonheur indicible, les œufs déposés sur l'herbe tendre ou cachés dans les habitations par le lièvre du printemps mais aussi par les cloches revenues de Rome qui rythmaient jadis, de leur timbre mélodieux, la vie des villages et des villes.

 

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La découverte des œufs, gravure de 1889.

 

Les couleurs des œufs de Pâques

 

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La couleur la plus répandue est le rouge dont je vous parlais plus haut, couleur du sang et de la vie, qui appelle la protection magique et repousse les forces malveillantes. On obtient un magnifique rouge cardinal en faisant cuire à feu doux des œufs dans du vinaigre avec des rouelles d'oignon.

 

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Avec le marc de café ou l'écorce de chêne, on obtiendra des œufs bruns que l'on pourra glacer avec un peu de sucre. Les épluchures de radis donneront de jolis œufs rose pâle et le suc de betterave rouge des œufs d'un rose soutenu presque violacé. Les anémones pulsatilles, le jus de myrtilles et les baies de sureau teinteront les œufs en mauve, la racine d'ortie en vert jaunâtre, les feuilles d'artichaut, de lierre ou d'épinard seront à l'origine d'un vert franc...

 

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Les œufs magiques d'Ukraine

 

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Un rituel très ancien appelé Pyssanki, Pysanky ou Pyssanka, d'après le verbe pysaty qui signifie «écrire», était effectué, en Ukraine, vers l'équinoxe de printemps. Avec une pointe fine, une femme dessinait sur un œuf des formes dentelées à la cire d'abeille puis elle trempait l’œuf dans un récipient rempli de colorant dilué. La cire fondait et la femme reprenait l’œuf pour en redessiner les motifs avant de le plonger dans un bain plus foncé. Pendant qu'elle accomplissait le rituel, d'autres femmes récitaient des prières mêlées d'incantations. Les œufs étaient conservés jusqu'à l'année suivante.

Sur cette photographie issue des collections du Musée Canadien de l'Histoire, on voit une maman ukrainienne et ses enfants accomplir des gestes ancestraux.

 

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L'entrée du musée des œufs de Pâques à Kolomiya en Transcarpatie (ua-travelling.com). On y apprend tout sur les œufs depuis les premiers temps du Paganisme.

 

 

Des œufs chargés d'histoire...

 

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Autrefois, quand l'année commençait, aux alentours de Pâques, les œufs « pâquerets » symbolisaient « officiellement » le réveil des forces calendaires. Avec l'édit de Roussillon promulgué, le 9 août 1564, sous le règne du roi Charles IX (1550-1574), l'année débuta le premier janvier mais l’œuf, aux vertus aussi gourmandes que mystiques, continua d'être échangé comme cadeau majeur.

 

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Associé aux différentes théogonies, l’œuf connut, dans toutes les couches sociales et à toutes les époques, une importance historique.

 

Au Moyen-âge, à Paris, les clercs et les étudiants chantaient l'office des Laudes sur le parvis de Notre-Dame. Ils formaient ensuite un joyeux cortège et parcouraient les rues afin de « quêter les œufs » pour le festin pascal.

 

Dans les campagnes de France, les enfants et les jeunes gens accomplissaient leur tournée, de maison en maison, en égrenant des comptines à caractère magique ou des chants licencieux.

 

Jusqu'à la Révolution Française, pendant la semaine de Pâques, les officiers de bouche parcouraient l'Île de France pour y collecter les plus gros œufs. Une fois dorés et bénis, le roi les offrait, en personne, aux gens de sa maison.

 

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Les œufs précieux

 

Les œufs-bijoux naquirent en Russie à la fin du XVIIIe siècle mais en Angleterre, on trouvait des œufs couverts d'or et incrustés de pierres précieuses dès le XIIIe siècle et traditionnellement, le roi de France faisait distribuer des œufs d'apparat à la Cour, entre le XVIe et le XVIIIe siècle. Le roi Louis XV (1710-1774) offrit à sa maîtresse, Madame Du Barry (1743-1793), un œuf abritant une figurine de Cupidon qui connut un grand succès.

 

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Cette œuvre est signée par le joaillier Pierre-Karl Fabergé (1846-1920), artiste concepteur de la série des œufs de Pâques impériaux, sous les règnes des tsars Alexandre III (1845-1894) et Nicolas II (1868-1918).

 

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L’œuf de Pierre le Grand, 1903.

 

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L’Œuf aux douze monogrammes, en émail bleu, or rouge et diamants, 1896, cadeau de Nicolas II à Maria Feodorovna. (Hillwood Museum Washington DC).

 

A partir de 1884, Pierre-Karl Fabergé devint le fournisseur officiel de la Cour Impériale. Sollicité par toutes les Cours d'Europe, il « régnait » sur de prestigieux ateliers qui accueillaient plusieurs centaines d'artisans.

 

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Ouvriers Fabergé dans un atelier en Russie, vers 1900. Photo Fabergé SA.

 

Commercialisées de manière internationale, ses créations figurent dans les plus prestigieuses boutiques de Moscou, de Londres et de Paris.

 

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L’Œuf à la Poule, en or et en émail blanc, cadeau d'Alexandre III à la tsarine Maria Feodorovna, née princesse de Danemark.

 

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Il s'agit du premier œuf confectionné par Fabergé, en 1885. La poule en or chatoyant abritait une couronne ornée de petits œufs en rubis. L'impératrice apprécia tant son cadeau que le tsar commanda tous les ans un nouvel œuf au joaillier. Après la mort d'Alexandre III, son fils Nicolas II poursuivit cette tradition jusqu'en 1917, année de la faillite de son pouvoir.

 

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L'Œuf au cygne, en émail mauve, cristal, or, argent et aigue-marine, cadeau de Nicolas II à Maria Feodorovna en 1906.

 

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L’œuf au treillis de roses, 1907, en or, diamants rose-thé et feuilles d'émeraude.

 

Les œufs gourmands

 

 

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Dans les années 1780, l'apothicaire Joseph Storrs Fry (1769-1835) ouvrit une petite manufacture de pâte de chocolat à Bristol, en Angleterre, sous le nom de « J.S. Fry et Sons ». Il conçut la première broyeuse hydraulique pour fèves de cacao et, convaincu que le chocolat était doté de vertus médicinales, il fournit en « matière première » des salons de thé et de nombreuses officines pharmaceutiques. Après sa mort, ses fils Joseph, Francis et Richard eurent l'idée de mélanger du beurre de cacao, du chocolat en poudre et du sucre, obtenant ainsi une pâte molle facile à verser dans des moules. Le chocolat à croquer était né.

 

Vers 1847, le chocolat essentiellement connu sous forme de boisson put être savouré autrement. Dans les années 1890, apparurent les œufs en sucre coloré et aux alentours de 1900, les œufs en chocolat, en porcelaine et en carton doré, garnis d'une surprise en pâte d'amandes ou en sucre candi.

 

De nos jours, les douceurs pascales continuent d'enchanter les gourmands de tous âges...

 

 

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Et maintenant voici quelques « œufs d'art » imaginés par des maîtres chocolatiers alors régalez-vous... les yeux !

 

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Maison Boissier : l’œuf dentelle.

 

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Jean-Paul Hévin : Bouton d’œuf 2016.

 

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Jean-Paul Hévin : L’œuf pap !

 

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Jean-Charles Rochoux

 

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Maison Puyricard : Œuf  « griffé » par le danseur et chorégraphe Angelin Preljocaj pour célébrer les 30 ans de la compagnie qu'il dirige.

 

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Maison Fauchon

 

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La Famille Pâquerette pour la Maison du Chocolat.

 

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Christophe Roussel

 

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Œuf de Tian Long, le « Dragon du Ciel », réalisé par les maîtres chocolatiers du Palace Shangri-La. (Photo de Roméo Balancourt). Cet œuf entièrement façonné à la main comporte plus de deux cents écailles.

 

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Œuf bijou du Park Hyatt Vendôme qui s'inspire des œufs de Fabergé.

 

Je vous souhaite d'excellentes fêtes de Pâques. Gros bisous et à très vite...

 

Cendrine

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #bercy, #eau, #maison, #nenuphar, #paris

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Butine, ensorcelée, la couleur de l'instant

Fouille l'or et la soie, la rosée et l'encens

Corsetée de mystère au velours d'un regard

Souffle dans la lumière ton feu de nectar...

 

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Je vous ai présenté, il y a quelques semaines, l'histoire des vignes et du château de Bercy. Je suis ravie de vous retrouver dans le parc qui en perpétue le souvenir, à quelques encablures de la Seine, dans le 12e arrondissement de Paris. Au tout début du mois de septembre, alors que les raisins se délectaient à mûrir dans la lumière dorée, le jardin s'est paré de tons et de reflets merveilleux.

 

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Entre 1993 et 1997, les architectes Bernard Huet, Madeleine Ferrand, Jean-Pierre Feugas et Bernard Leroy, assistés des paysagistes Philippe Raguin et Ian Le Caisne, ont réalisé, entre les pavillons de Cour Saint-Émilion et le Palais Omnisports de Paris Bercy, un ensemble de trois jardins spécifiques.

 

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Notre flânerie commence dans le « Jardin Romantique » dont la végétation évoque les parcs à l'anglaise, à proximité des anciens chais qui témoignent de l'âge d'or du négoce du vin.

 

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Nous voici devant la Maison du Lac, ancien poste de garde des entrepôts, qui se contemple dans un miroir dormant. Les gardiens veillaient à ce que les habitants de Bercy ne récupèrent pas, à la nuit tombée, plus de vin qu'ils n'étaient autorisés à collecter chaque jour soit dix litres par personne!!!

 

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Sur cette photo datée de 1900, vous apercevez la grille d'entrée des entrepôts et la maison des gardiens dans le fond.

 

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Elle accueille aujourd'hui des expositions consacrées à l'art des jardins. L'eau et les arbres (cèdres du Liban, pins de Corse, arbres aux quarante écus, bouleaux, saules, chênes, liquidambars) composent tout autour une romantique scénographie.

 

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« L'Oeil... Tout l'Univers est en lui, puisqu'il voit, puisqu'il reflète. » Guy de Maupassant (1850-1893), Le Horla (1886-1887).

 

Dans les spires de l'eau, fusionnent l'ombre et l'instant soyeux, les lignes vives et les ondulations mystérieuses. Aimantée par les sortilèges aquatiques et les mues chatoyantes du paysage, je songe à la riche histoire des lieux...

 

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On a retrouvé, à proximité de cette jolie bâtisse, des vestiges de l'ancien village néolithique de Bercy, vestiges que l'on peut admirer au musée Carnavalet.

 

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Le minutieux travail des archéologues exhumant de la grève sableuse l'une des pirogues monoxyles en bois de chêne. Crédit photographique INRAP (Iconothèque de l'Institut National de recherche archéologique préventive.)

 

Des fouilles ont été menées à Bercy en 1990, en 1991, en 1992 et en 1996, afin de mettre au jour les restes d'un village installé sur les berges de la Seine depuis l'époque néolithique (4500-2000 avant J.-C.). Dans le cadre du « Projet Archéo 2000 », les objets collectés ont été installés dans l'ancienne Orangerie du musée Carnavalet.

 

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Outre les pirogues que j'ai présentées dans mon article consacré aux vignes de Bercy, un arc de chasseur en bois d'if, datant de la période de Cerny (4600-4400 avant J.-C.), a été retrouvé. Il s'agit vraisemblablement du plus ancien arc conservé dans sa totalité. Taillé dans un if âgé de plus de 50 ans, il permettait de tirer des flèches d'environ 68 centimètres de long.

 

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Moulage et reconstitution de l'arc d'après l'original. Ce travail a été accompli par Mr Blaise Fontannaz, facteur d'arc, spécialisé dans l'archerie traditionnelle.

 

Situé sur la rive gauche de la Seine, à l'emplacement d'un ancien chenal, le gisement archéologique de Bercy a dévoilé des milliers d'objets de la vie quotidienne: outils de pierre, de silex et d'os, haches et meules de pierre, statuettes, céramiques décorées, figurines en bois de cervidé, ossements de poissons, de sangliers et de petits carnassiers...

 

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De nombreuses coupes à socle datant du Chasséen (vers 4200 avant J.-C.), aux parois hachurées et ornées de motifs en damier et en losanges, ont été retrouvées dans la partie supérieure de l'ancien chenal, au-dessus des vestiges de l'époque de Cerny.

 

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Cette hache en silex poli date du néolithique final (2700-2200 avant J.-C.). Elle a été exhumée lors des fouilles de 1991.

 

Malgré les inondations périodiques qui ont obligé les habitants à reconstruire leurs maisons et à déplacer leur village au gré des caprices de l'eau et du ciel, les lieux ont été occupés pendant près de trois mille ans.

 

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L'eau continue d'occuper une place très importante à Bercy où elle donne à certaines parties du jardin des allures de cité lacustre.

 

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En face de la Maison du Lac, sur un îlot dominant un tapis de nénuphars, se dresse une fascinante sculpture contemporaine: la dixième des vingt « Demeures » réalisées par l'artiste contemporain Étienne-Martin en 1968. (Le trait d'union entre Étienne et Martin n'est pas une coquille. L'artiste a choisi de le placer entre son prénom et son nom.)

 

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Divinité gardienne des cycles du temps, la Demeure 10 semble se nourrir des frissons de l'eau, des métamorphoses des couleurs, du souffle des éléments et des trilles des oiseaux. « Oeuvre-lieu » puissamment fantasmagorique, elle épelle de silencieuses sonorités vers les « mondes en contrebas ».

 

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Elle se dévoile à fleur d'eau, au-dessus d'un magma d'ombres vertes et de lacis de lumière.

 

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Corps enchevêtrés qui forment une maison-visage, émanation du ventre et de l'abri originels, la sculpture incarne le désir de se lover dans la hutte primordiale, la crypte matricielle du fond des âges et des eaux/os. « Elle s'enracine dans la nuit des réminiscences originelles; elle est à la fois l'idole caverneuse, l'infernale demeure et le vestige reconstitué, transposé en termes plastiques, des maisons des souvenirs de l'artiste. » Pierre Volboudt.

 

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Étienne-Martin (1913-1995) est né à Loriol, dans la Drôme. A l'âge de 16 ans, il s'est inscrit à l'École des Beaux-Arts de Lyon, et, après un apprentissage qualifié de « traditionnel », il a décidé d'étudier la sculpture, de 1934 à 1939, à l'Académie Ranson de Paris, auprès de Charles Malfray (1887-1940), maître sculpteur, tailleur de pierre et survivant des tranchées de Verdun.

 

La sculpture était pour lui quelque chose de profondément sensuel et matriciel, un art des creux, des gouffres et des cavités que l'on ne peut aborder autrement qu'avec le corps et en faisant appel à tous les sens.

 

Inspiré par les « spiritualités mystérieuses », il a travaillé, de 1951 à 1956, à un « Hommage à l'écrivain Howard Phillips Lovecraft » qui s'appelait initialement « le Grand Rythme ». Ce plâtre monumental n'existe plus mais le souvenir de ses structures alvéolées complexes perdure dans les anfractuosités des Demeures où s'entrelacent les cauchemars et les rêves.

 

H P Lovecraft (1890-1937) est un auteur américain rendu célèbre par ses récits fantastiques, oniriques, macabres, ses contes d'horreur et ses ouvrages de dark fantasy et de science-fiction. Un petit clin d'oeil aux aficionados du Necronomicon et du Mythe de Cthulhu...

 

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Étienne-Martin a commencé en 1954 la série des Demeures et a reçu en 1966 le grand prix de sculpture à la 33e Biennale de Venise. Il existe vingt Demeures de taille variée, réalisées chacune dans des matériaux différents. Elles le ramènent toutes à la maison natale de Loriol dont il dira: « Un jour, j’ai été obligé de me séparer de ma maison, là où j’étais né, et j’en ai été choqué et peiné. Mais elle est restée tellement présente en moi que j’ai eu le désir de l’explorer. (…) En travaillant sur ce thème, j’ai retrouvé la forme, la lumière, les gens, tout ce qui constituait l’âme de cette maison.»

 

« Construire, c'est pénétrer dans la matière, traverser l'épaisseur où se lovent les hantises originelles... »

 

Étienne-Martin aimait les sculptures d'Océanie aux cavités gorgées de « sacré », les tabernacles et les sculptures-tombeaux étrusques. Il était également fasciné par l'art égyptien monumental, les pyramides et les colosses d'Abou Simbel. Il invoquait sous ses doigts d'artiste ce qui naît, meurt et renaît dans la terre et le sable.

 

Il considérait le bois comme la matière primordiale et la pierre comme une source de résonances infinies. Les végétaux aux formes étranges, les fleurs séductrices et les plantes dotées de profondes racines l'inspiraient aussi.

 

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En contemplant les nénuphars gorgés de soleil qui s'épanouissent au pied de la Demeure X, on se détache doucement des bruits de la ville. Le regard caresse les délicats pétales blancs et les larges feuilles ovales, épaisses, cireuses et d'un vert satiné, qui flottent à la surface de l'eau.

 

Le nénuphar blanc ou nymphaea alba est une plante aquatique, originaire d'Inde, qui fleurit, de juin à août, dans les eaux calmes et les étangs d'Europe et d'Asie. Ses noms vernaculaires: « reine des lacs » « lys des étangs », « clef de Vénus », « rose ou lune d'eau »... témoignent de sa nature enchanteresse.

 

On l'appelle aussi « horloge des eaux » car il commence à se déployer à l'aube. A midi, il s'ouvre bien au-dessus de l'eau et à partir de quatre heures, il se referme lentement. Sa tige est un rhizome spongieux qui traverse les profondeurs de l'eau pour engendrer une multitude de petites racines. Son fruit gorgé de graines ressemble à une capsule de pavot.

 

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Les vertus du nénuphar sont connues depuis des temps très anciens. Le nom de cette « sorcière des eaux » vient du sanscrit « nilotpatan » ou « nipplupal » qui devint « nilufar » ou « ninûfar » en arabe et finalement « nénuphar ».

 

La mythologie grecque nous rapporte que le héros Hercule transforma en nénuphar une nymphe qui se consumait de passion pour lui.

 

Fleur sacrée, compagne des déesses indiennes, aimée pour ses nacres issues des « eaux primordiales » dans l'Égypte ancienne, elle devint l'un des motifs les plus utilisés dans l'Art Nouveau. Les maîtres ébénistes et verriers de l'École de Nancy déclinèrent ses formes poétiques à travers de nombreux matériaux.

 

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Le Nénuphar, 1898, par Alfons Mucha (1860-1939).

 

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Vitrail aux nénuphars de Jacques Grüber (1870-1936).

 

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Lampe nénuphar en pâte de verre et en bronze doré et ciselé, conçue par Louis Majorelle (1859-1926) et exécutée par la maison Daum en 1902.

 

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Lit aux nénuphars en acajou, bois d'amourette, marqueterie de bois précieux et bronze doré et ciselé, réalisé entre 1905 et 1909 par Louis Majorelle. On peut admirer ce chef-d'oeuvre au musée d'Orsay.

 

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Le nénuphar inspirait les artistes Art Nouveau en raison de la sensualité de ses formes mais dans l'Antiquité on l'utilisait pour réprimer le désir et dissiper les songes érotiques. A l'époque médiévale, on le qualifiait d'« herbe aux moines » ou de « plante aux moniales ». Son nom savant de « nymphaea » désigne la blancheur virginale de ses pétales consacrés aux nymphes et aux jeunes mariées.

 

Il existe aussi des nénuphars jaunes, roses ou tirant vers le fuchsia.

 

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Photo Aquatic Bezançon

 

L'onguent de nénuphar était jadis employé pour adoucir la peau, atténuer plaques et rougeurs et apaiser certaines inflammations.

 

Riche en tanins et en amidon, le rhizome était utilisé pour apprêter les cuirs, teindre les tissus en noir et fabriquer une farine dite « de disette ».

 

Dans le folklore de l'ancienne Europe, le nénuphar était réputé éloigner les esprits malfaisants, protéger les voyageurs et le bétail contre les animaux nuisibles et les créatures vampiriques de la nuit.

 

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 Il était aussi le gardien des petites fées...

 

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Le nénuphar, aquarelle de John Lafarge (1835-1910), peintre et maître verrier américain.

 

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Dans le Jardin Romantique de Bercy, on se laisse happer par le murmure du vent dans les hautes herbes et les chants d'oiseaux facétieux.

 

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Nous évoluons dans une utopie végétale qui reflète, entre désir de mémoire et soif de modernité, la passion de ses créateurs.

 

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L'eau verte serpente entre les hautes herbes et forme un gracieux petit étang.

 

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Les promeneurs et les oiseaux apprécient cette construction sur pilotis qui se dévoile avec élégance dans le paysage.

 

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Espace de rencontre, de rêverie ou de méditation à fleur d'eau...

 

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A la saison propice, les fleurs sont souveraines.

 

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Les roses trémières m'ont enchantée...

 

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Au bord de l'eau, palpite une végétation luxuriante où s'abritent de nombreux oiseaux.

 

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Poules d'eau, canards, et même un héron cendré s'ébattent joyeusement dans cet espace privilégié.

 

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Les poules d'eau (gallinula chloropus) se laissent approcher de plus en plus facilement.

 

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Les poules d'eau adolescentes, dont la couleur diffère avec celle de leurs parents, s'occupent des poussins avec beaucoup de soin.

 

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Mais qu'aperçois-je de bon matin, immobile comme une statue?

 

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Monsieur héron cendré, un grand oiseau gris, au port majestueux, doté de longues pattes grêles jaune grisâtre, d'un cou étiré et d'un grand bec jaune grisâtre en forme de poignard. Son ventre, le dessus de sa tête et son cou sont zébrés de noir. Il émet des cris rauques et perçants.

 

Le héron apprécie les zones humides peu profondes (étangs, marais, cours d'eau) et riches en nourriture. La nature de l'eau: douce, salée, saumâtre, vive ou dormante, lui importe peu. Redoutable chasseur, il peut rester appuyé, sur une seule patte, pendant des heures avant de fondre sur sa proie, de préférence des poissons, des anguilles et des batraciens. Il se nourrit aussi de petits rongeurs, d'insectes, de reptiles et de crustacés.

 

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Le héron cendre est devenu la mascotte de Bercy, mascotte à laquelle une jeune fille a donné le nom d'Henry. Il se régale des poissons rouges qui nagent dans les eaux calmes du parc et savoure aussi des carpes et des petits gardons.

 

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Étant donné la quantité de poissons qui s'offre en ces lieux, Henry n'est pas près de crier famine!

 

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Sources et bibliographie

 

«Les Demeures», ouvrage collectif, catalogue d'exposition, Éditions du Centre Pompidou, Paris, 1984

 

MULLER Joseph-Émile: L'art au XXe siècle. Paris:Larousse, 1967.

 

PESSARD Gustave: Nouveau dictionnaire historique de Paris. Paris: Lejay, 1904.

 

VALLIER Dora: L'art abstrait. Paris: le livre de poche, 1980.

 

VOLBOUDT Pierre: Étienne-Martin, revue du XXe siècle, numéro 39, décembre 1972, pages 130 à 132.

 

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Le Parc de Bercy nous réservant bien d'autres surprises, je vous donne rendez-vous dans quelques jours pour la suite de cette promenade. Je vous remercie de m'avoir accompagnée sur ces chemins buissonniers qui se fondent dans les méandres du temps...

 

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Avec mes amicales pensées, gros bisous!

Plume

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