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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

iris

Publié le par maplumefee
Publié dans : #brull, #iris, #joan, #jpg, #reve, #Vinyoles, #Y

 

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Avant de plonger dans les beautés du Tableau du Samedi, je veux vous adresser un grand MERCI, chers Aminautes, pour vos messages de réconfort et répondre aux questions que plusieurs d'entre vous m'ont posées.

 

J'ai rendez-vous chez mes praticiens dans une dizaine de jours, en cabinet privé et à l'hôpital.

 

Je souffre beaucoup, j'ai des vertèbres déboîtées et mon omoplate droite qui n'est plus calée par les ligaments. Mon omoplate bouge et se déboîte aussi plusieurs fois par jour. Mes cervicales ne sont plus en place non plus. Mes névralgies chroniques sont encore plus intenses... Les crises d'épilepsie répétées du début du Printemps ont rouvert mes anciennes blessures.

 

J'habite, comme plusieurs d'entre vous le savent, à Sarcelles dans le Val d'Oise. Le Val d'Oise, département le plus touché par le coronavirus Covid-19 avec Mayotte. Pour aller à mes rendez-vous médicaux, je n'ai pas d'autre possibilité que de prendre les transports en commun.

 

J'ai rendez-vous à l'hôpital en dehors des heures de pointe, c'est déjà un peu « rassurant » mais emprunter le tramway T5, le RER D et les métros ne va pas être évident dans ces nouvelles conditions.

 

60 stations RATP vont rester fermées après le 11 mai et en ce qui concerne mon RER D, j'ai reçu un message de Transilien SNCF disant que seuls 600 passagers seraient acceptés au lieu de 2600 par train.

http://www.leparisien.fr/info-paris-ile-de-france-oise/transports/deconfinement-voici-les-stations-de-metro-qui-ne-rouvriront-pas-le-11-mai-08-05-2020-8313465.php

 

Même quand on a l'habitude des transports en commun, il va falloir se réadapter et surtout plonger dans l'inconnu. Je viens de constater que pour aller à mon hôpital qui est sur la ligne 12, de nombreuses stations de métro ne seront pas ouvertes. En conséquence, la marche va être longue entre l'aller et le retour... Bref, Je vous raconterai mon périple avec des notes d'humour... en tous cas je ferai de mon mieux pour l'humour... J'essaierai de faire un petit reportage dans la partie accessible des transports parisiens, surtout le RER, histoire de garder des « souvenirs » de cette période inédite dans nos vies...

 

Extrait du courrier reçu : « L’obligation de respecter une distance de 1 mètre entre chaque voyageur diminue fortement la capacité d’accueil à bord des trains circulant sur l’ensemble des lignes Transilien SNCF.

À partir du 11 mai, date du déconfinement progressif, sur les 3,4 millions de voyageurs transportés par Transilien SNCF chaque jour, seuls 410 000 pourront voyager.

À titre d’exemples, cela représente pour un RER D, 600 personnes au lieu de 2600 et pour un train des lignes J et L, 300 personnes sur les 1500 habituellement. »

 

Bon courage à nous tous, où que nous habitions !

 

Retour au Tableau du Samedi...

 

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En souvenir de Lady Marianne à qui nous pensons bien fort et désormais sous l'égide de Fardoise et de Lilou.

 

https://lilousol.wordpress.com/category/tableau-du-samedi

 

Voici ce que propose Fardoise pour les 9 et 16 mai 2020... : Le Thème du Rêve...

 

http://entretoilesetpapiers.eklablog.com/

 

« Alors quels sont vos rêves ? En avez vous réalisé ? Comment rêvez vous la vie d'après le confinement ? Quand rêvez vous ? etc...

Les accroches sont multiples pour : Je rêve – Tu rêves – Nous rêvons... Il ne suffira peut-être pas de deux semaines...

 

 

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J'ai choisi ce tableau de l'artiste Symboliste Catalan Joan Brull Y Vinyoles qui m'inspire les mots suivants...

 

Entrer en territoire magique, regarder l'entre-deux s'épanouir dans la brume et sentir que fondent, au fil de l'instant, les limites de la réalité.

Le rêve est là, à portée de regard. C'est un paysage subtil qui s'incarne à travers une myriade de frissons et de reflets.

 

Je rêve beaucoup, mon esprit est comme un cheval au galop. Il ne reste jamais au même endroit bien longtemps. Même quand il se « pose », il se projette toujours vers un « ailleurs » brodé de couleurs changeantes, vers un paysage en métamorphose où s'entrelacent et filent des sentiers de fées...

 

Pour illustrer ce thème onirique, j'ai pensé, de manière instinctive, à cette œuvre de Joan Brull Y Vinyoles que j'ai « rencontrée » il y a bien des années. Une œuvre que j'aime énormément...

 

Souvenirs... C'était un soir d'hiver, à la bibliothèque d'Art et d'Histoire de l'Université Michel de Montaigne, à Bordeaux III. Les étudiants commençaient à déserter l'immense salle sur laquelle s'ouvraient des allées conduisant à des pièces intimistes et ma table était encore couverte de feuilles bruissantes. Il restait environ une heure avant la fermeture des lieux mais l'obscurité avait déployé ses ailes sur la ville et le froid ne nous épargnait pas.

Dès que j'avais fini de travailler « directement » pour les Unités de Valeur composant mon Cursus d'Historienne de l'Art, je parcourais la bibliothèque pour m'imprégner de tout ce qu'elle avait à offrir, au gré de l'instant présent. Je prenais des livres sur les étagères en faisant davantage appel à mon ressenti qu'à mon intellect.

 

J'ai donc ouvert ce soir-là un livre à la couverture bleue et dorée, une sorte de grimoire qui évoquait le Symbolisme dans l'Art et je suis partie en balade à travers les chapitres proposés. C'est alors que je l'ai vue, l’œuvre appelée « Le Rêve » (dont il existe plusieurs versions). Elle m'a enveloppée dans sa trame fine...

 

 

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J'ai toujours aimé les personnages saisis, de côté, dans une attitude qui accroît le mystère ou vus de dos (je suis « amoureuse » des représentations féminines d'Antoine Watteau... délicieuses héroïnes mélancoliques...)

 

Concernant l'auteur, Joan Brull Y Vinyoles, on sait qu'il fut un élève particulièrement doué à l'École des Beaux-Arts de Barcelone. Initié tout d'abord au Réalisme en Peinture, il fit vivre sous son pinceau des scènes d'histoire et des scènes de genre.

 

Artiste et critique d'art, Joan Brull a obtenu de nombreux prix et récompenses au fil de sa carrière à Madrid et à Barcelone. En 1900, à l'Exposition Universelle de Paris, il fut gratifié de la Médaille de Troisième Classe et en 1904, il fut nommé Commandeur de l'Ordre du Roi Alphonse XII.

 

Le Rêve met en scène une jeune fille dans un espace que l'on peut assimiler au Sidh/Sidhe, l'Autre Monde Celtique. Enchanteresse perçue dans une intimité douce et élégante, entre le monde réel et un ailleurs onirique qui se dessine au-delà d'une étendue d'eau. L'eau, matière onirique par excellence...

 

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Il existe plusieurs versions, les nuances colorées sont variées mais toujours brodées à partir d'une impression de brume et de magie...

 

Le Rêve qui attire la jeune fille est féerique. On aperçoit une ronde enchantée sur l'autre rive du plan d'eau. Une danse des esprits de l'eau... Il émane de ce paysage une touche de mélancolie voire quelque chose qui semble tenir du Spleen Baudelairien et qui invite, irrépressiblement, à la contemplation.

 

La fleur tutélaire de l’œuvre est l'Iris, associé dans les herbiers anciens à la puissance magique des dieux.

 

 

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Fleur d'Iris, la messagère des divinités de l'Olympe, « l'élue », la gardienne des bonnes nouvelles et la porteuse de chance qui déroulait entre ciel et terre le pont de l'arc-en-ciel.

 

Iris est liée à Cupidon, le dieu du Désir, fils d'Aphrodite/Vénus et à Morphée, le dieu du sommeil et des rêves...

 

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Les livres d'histoire rapportent que l'iris des marais protégea le roi franc Clovis pendant une attaque de guerriers Goths. Clovis, dissimulé, choisit l'iris pour emblème.

Cultivé par les égyptiens, les babyloniens, les grecs, les hébreux..., l'iris qui trouva, au fil des siècles, des applications médicales et cosmétiques variées, fut aussi associé au roi Louis VII qui gagna une bataille dans un marécage constellé d'iris. L'iris, devenu « fleur de Louis », finit par se confondre phonétiquement avec la « fleur de lys ».

 

D'après les légendes celtiques, des trésors se lovent sous les rhizomes des iris des marais, les lieux marécageux étant associés aux mondes magiques et aux initiations druidiques. L'iris est l'une des fleurs consacrées aux esprits aquatiques.

 

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L'iris évoque si bien les subtilités et les fantasmagories du Symbolisme... Courant artistique envoûtant, le Symbolisme naquit le 18 Septembre 1886, en réaction contre l'Impressionnisme et le Naturalisme, sous la plume du poète Jean Moréas qui publia dans Le Figaro un manifeste associé aux Arts Visuels, à la Musique et à la Littérature. Nourri d'un substrat poétique, onirique et mythologique, le Symbolisme s'inspirait du Préraphaélisme et des œuvres hermétiques et envoûtantes de l'ogre esthétique William Blake (1757-1827). Il s'agit d'un mouvement européen.

 

Mouvement qui cristallise ses forces autour de sensations liées au rêve, à l'imaginaire et à la spiritualité. Les artistes symbolistes aiment frayer dans l'entre-deux, en quête d'un Âge d'Or disparu, d'une Antiquité lointaine, à l'instar de Puvis de Chavannes (1824-1898), de territoires de rêve (Dante Gabriel Rossetti, Ferdinand Khnopff), de légendes médiévales (Henri Fantin-Latour, Edward Burne-Jones...), de mondes mystérieux (Gustave Moreau, Gustav Klimt...).

 

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Amoureux des effets d'atmosphère, Joan Brull Y Vinyoles a su s'éloigner de la « rigueur académique ». Ses œuvres se sont parées d'effets nacrés, d'impressions brumeuses et de notes de Romantisme très personnelles. On peut les admirer dans des musées prestigieux comme le Musée du Prado ou le Musée National d'Art de Catalogne... ainsi que dans des galeries privées.

 

Sur La Chimère écarlate, j'ai choisi un autre tableau pour illustrer le thème du Rêve...

 

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 Maxfield Parrish (1870-1966), Le Château d'Air...

 

http://chimereecarlate.over-blog.com/2020/05/le-tableau-du-samedi-maxfield-parrish-le-chateau-d-air-1904.html

 

Belles pensées pour vous, merci de votre fidélité !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #bleu, #fleur, #fleurs, #iris, #jpg

 

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Gaston Bussière (1862-1928), peintre symboliste. Nymphe avec iris.

 

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Laissons-nous happer par cette superbe fleur bleue, au port gracieux et brodée de lumière...

 

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Présent sur tous les continents, l'Iris nous offre, depuis des millénaires, ses secrets de beauté et son impressionnante palette colorée.

 

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Il existe environ 210 espèces d'iris, plantes vivaces herbacées à bulbes ou à rhizomes qui appartiennent à la famille des Iridacées. Elles poussent dans les régions tempérées de l'hémisphère Nord, en Europe, en Asie, en Afrique du nord et en Amérique. Elles apprécient les terrains secs et les lieux humides. La forme et la couleur de leurs fleurs hermaphrodites sont très variées. Elles évoluent du blanc pur au pourpre chatoyant, du jaune d'or au bleu violacé et se dressent au sommet d'une hampe robuste encadrée de feuilles qui ressemblent à des pointes de glaive.

 

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Les herbiers anciens relatent que dans l'Égypte des pharaons, l'iris était associé à la puissance magique des dieux, qu'on le ciselait sur le front des sphinx et les sceptres royaux. Symbole de pouvoir et d'éloquence, l'iris violet est réputé figurer, depuis 3500 ans, sur les fresques du temple de Karnak.

 

Les Grecs consacrèrent cette fleur à Iris, messagère des dieux de l'Olympe, qui déroulait entre ciel et terre le pont de l'arc-en-ciel. Dans l'Athènes antique, des jardins d'iris odorants honoraient la déesse psychopompe, conductrice des âmes féminines vers le Paradis grâce à une ceinture ou à une écharpe magique aux couleurs irisées. Les âmes masculines étaient guidées, quant à elles, par le dieu Hermès.

 

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Iris, gardienne de l'arc-en-ciel, par l'illustratrice Joséphine Wall.

 

D'après une légende, les dieux invitèrent les fleurs à les rejoindre sur l'Olympe. Elles se présentèrent, sauf une, dans leurs plus beaux atours. Héra, la reine des dieux, prit en pitié la petite créature terne et chiffonnée qui tremblait à ses pieds. Elle fit tisser pour elle une robe merveilleuse aux couleurs de l'arc-en-ciel. Dès lors, elle fut Iris...

 

Iris vient du latin « iridis » qui dérive du grec « iridos ». La beauté de la fleur est également iridescente, à l'image des longs voiles d'Iris, à la fois messagère et élue, semant les bonnes nouvelles et stimulant la chance.

 

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Pierre-Narcisse Guérin (1774-1833), peintre néoclassique, Iris et Morphée, 1811. L’œuvre est conservée au musée de l'Ermitage, à Saint-Pétersbourg.

 

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Iris, accompagnée de Cupidon, surprend Morphée, le dieu du sommeil et des rêves, alangui...

 

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Iris peint en 1503 par Albrecht Dürer (1471-1528).

 

L'iris commun se nomme « lys en épée » dans la langue germanique, en raison de la forme pointue de ses longues feuilles. Il fut confondu avec le « lys de France » qui était à l'origine une fleur d'iris.

 

Le roi Louis VII sortit, d'après la légende, sain et sauf d'une bataille qui se déroula dans un marécage constellé d'iris. Il choisit alors cette fleur fatidique pour emblème. Mais la « fleur de Louis » finit par se confondre phonétiquement avec la « fleur de lys ». Une autre légende prétendit que le roi franc Clovis choisit l'iris pour emblème après avoir échappé aux Goths grâce aux iris des marais qui le dissimulèrent.

 

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Guy Head (1762-1800), Iris transporte l'eau du fleuve Styx jusqu'à l'Olympe.

 

Cultivé par les égyptiens, les babyloniens, les grecs, les hébreux..., l'iris trouva, au fil des siècles, des applications médicales et cosmétiques variées.

 

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William-Adolphe Bouguereau (1825-1905), maître de l'Académisme, Iris.

 

Certaines espèces d'iris sont très recherchées pour leur rhizome, gorgé d'une substance odorante appelée l'irone. Les plus parfumés sont l'Iris germanica et l'Iris pallida ou or bleu de Florence, cultivé depuis fort longtemps en Italie et au Maroc.

 

La reine Catherine de Médicis (1519-1589) lança la mode de l'eau d'iris et la poudre d'iris fit fureur au 17e siècle. Obtenue à partir du rhizome pilé et tamisé, cette poudre imprimait sur les cheveux, la peau et les vêtements une délicieuse odeur de violette, due à sa forte concentration en irone. On l'emploie toujours comme fixateur de parfum.

 

La poudre d'iris parfumait le linge de maison mais aussi les gants de cuir, les ceintures, les aumônières, les bijoux et les habits précieux. René le florentin, maître parfumeur de Catherine de Médicis, ouvrit une boutique sur le Pont-au-Change à Paris et la vogue de l'iris s'empara de la capitale. Elle s'amplifia encore avec la poudre à la Maréchale, mélange odorant et purifiant très prisé à la cour du Roi Soleil.

 

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Élisabeth Sonrel (1874-1953), portraitiste, paysagiste, illustratrice de style Art Nouveau et influencée par le Symbolisme, Iris.

 

Sous forme de pâte, l'iris servait également à purifier l'haleine et la chevelure. On l'utilisa au fil des siècles et sa formule engendra Iris de François Coty, premier soliflore en parfumerie moderne, en 1913.

 

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Pour obtenir de l'essence d'iris, on emploie l’iris pallida à fleurs bleues dont l’odeur très subtile rappelle celle de la violette, et l’iris germanica, moins racée mais utile pour élaborer des mélanges fleuris. « L’absolue d’iris est aujourd’hui l’un des produits les plus onéreux de la palette du parfumeur. »

 

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Rare et par conséquent onéreuse, la matière odorante constitue ce qu'on appelle le beurre d'iris. Elle s'associe particulièrement bien avec la fève tonka, la vanille, la rose, la bergamote et le jasmin.

 

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Image « The perfume girl.com »

 

Ce parfum, élixir de la maison Hermès, conçu par le nez Jean-Claude Ellena, se veut une quintessence olfactive de l'art japonais de l'ukiyo-e, terme qui désigne les estampes en vogue à l'époque Edo (1603-1868). Le parfum s'accorde à loisir avec les visions éphémères ou « images du monde flottant », émotions suspendues dans une bulle fugace où s'opère la précieuse alchimie. Senteurs poudrées d'un monde frêle qui happe les sens et oscille entre douceur acidulée, réalisme et magie.

 

Un véritable plaisir que cette Hermessence numéro 9, très bel objet volatile qui coûte aux alentours de 400 euros. La qualité des matières premières n'est pas à discuter mais tout le monde ne peut évidemment pas se l'offrir. Cela n'empêche pas d'apprécier...

 

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L'iris nous enchante par sa beauté et nous réconforte par ses vertus.

 

Le philosophe et botaniste grec Théophraste (371-288 avant J.-C.) recommandait l'iris pour calmer la colère et les humeurs violentes et Pline l’Ancien (23-79) préconisait l’usage de la poudre d’iris pour parfumer le vin, une tradition qui s'est maintenue dans la fabrication du Chianti.

 

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Les enlumineurs fabriquaient avec le suc des corolles de l’iris mélangé à de l’alun une sorte d'encre verte.

 

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Dans la pharmacopée populaire, la décoction légère de racine d'iris était réputée apaiser la toux et les poussées dentaires douloureuses des enfants. L'eau d'iris a de puissantes vertus astringentes, préconisées, depuis le Moyen-âge, par la célèbre abbesse Hildegarde de Bingen (1098-1179).

 

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Les Indiens d'Amérique du Nord l'utilisaient pour ses propriétés antalgiques, purgatives et diurétiques mais, à doses trop fortes, l'iris peut provoquer des vomissements et n'est pas du tout conseillé aux femmes enceintes.

 

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Hans Memling (1430 ou 1435-1494), Le vase aux iris.

 

Dans la France médiévale, l'iris symbolisait la fécondité et le renouveau. Traditionnellement associé à la Vierge Marie, à l'instar du lys, il apparaît dans de nombreuses Annonciations mais il évoque aussi la douleur éprouvée par Marie face à la mort du Christ.

 

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Dans le Berry, l'expression « flambe de four » désigne l'iris à fleurs bleues, fréquemment planté sur le toit des anciens fours dans un but protecteur.

 

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Gaston Bussière (1862-1928), peintre symboliste, Juventa.

 

D'après les anciennes légendes britanniques, des trésors se lovent sous les rhizomes des iris des marais, les lieux marécageux étant associés aux mondes magiques et aux initiations druidiques.

 

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Gaston Bussière, Esprits de l'eau. L'iris est l'une de leurs fleurs préférées.

 

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Au Japon, l'iris est particulièrement prisé. Emblème de protection et de purification, il est « fixé » sur les toits de chaume et ses feuilles, infusées dans l'eau des bains, sont réputées repousser les maléfices et les maladies. Le bain traditionnel d'iris a généralement lieu le 5 mai.

 

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Ogata Korin (1659-1716), peintre et décorateur japonais de la période Edo. Grand paravent doré: Iris, 1701. Musée d'Art Nezu à Tokyo. Les silhouettes des iris se découpent sur un fond décoré de feuilles d'or.

 

« Pareil à de l’eau

Le jour à travers les nuages

Iris en fleurs. »

Haïku de Moppo Tomita (1897-1923).

 

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Ohara Koson (1877-1945), Iris, 1926.

 

« Un iris

près de mon ermitage

m'a enivré. »

Ryôkan (1758-1831), moine errant, poète et l'une des figures majeures du Zen.

 

La floraison des iris annonçait, dans l'ancien calendrier lunaire, la proche arrivée de l'été et l'époque attendue pour repiquer le riz. Lors de la fête des garçons, le cinquième jour du cinquième mois, on suspendait des iris aux toits des habitations pour éloigner les esprits malveillants et on offrait des « iris à longue racine », symboles de chance, de fécondité et de longévité. Les jeunes garçons portaient des coiffes ornées de feuilles d'iris tressées.

 

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Iris et sauterelle, Hokusai (1760-1849), Série des grandes fleurs, estampe, 1833-1834.

 

L'iris est libre et mystérieux, il pousse dans les lieux intermédiaires, les marais, les étangs où se dissimulent les créatures de « l'entre-deux ». Il accompagne ceux qui aiment prendre les chemins de traverse et jouer avec le vent, l'ombre et la lumière, les couleurs de la nature. Le poète Bashô nous le dévoile dans ses carnets atmosphériques, au printemps de l'année 1689.

 

« Feuilles d'iris

à mes pieds les nouerai

brides de sandales. »

 

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L'iris figure dans les armoiries de plusieurs villes: Florence, Bruxelles (iris jaune des marais), Québec (iris versicolore)... et dans les plus beaux jardins de nombreux pays du monde... C'est une fleur universelle !

 

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L'iris pallida s'épanouit, entre Sienne et Florence, dans les merveilleux paysages de Toscane, gorgés d'or solaire et de parfums capiteux.

 

Florence, la cité de Flore, célébrait autrefois la fleur de lis, figure emblématique de la puissance de la ville et de sa dévotion à la déesse du Printemps. Suite au conflit qui opposa les Guelfes aux Gibelins, les Guelfes victorieux choisirent d'adopter les armes de leurs ennemis mais en invertissant les couleurs initiales. Le lis, autrefois blanc sur champ rouge, devint rouge sur champ blanc. Cf le chant XVI de la Divine Comédie de Dante (1265-1321).

 

La fleur d'iris envahit les jardins de la Renaissance et s'imposa comme symbole protecteur. D'un bleu intense ou d'un blanc nacré, l'iris représente la force du Printemps et la magie féconde de Flore et de Vénus.

 

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Alfons Maria Mucha (1860-1939), Fée de l'Iris.

 

En avril et en mai, on peut admirer les paysages de Toscane métamorphosés par le bleu des iris (giaggiolo) et l'envoûtant jardin de l'Iris, créé à Florence en 1954.

 

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Jacopo Ligozzi (1547–1626), Iris de Florence.

 

Depuis des siècles, on fabrique à la pharmacie de Santa Maria Novella une Eau d'Iris, (Aqua Flor), merveille olfactive connue sous le nom de Borgo Santa Croce, 6, ode à la luxuriance parfumée de la Ville.

 

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Vase signé Émile Gallé (1846-1904), réalisé vers 1900.

 

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Auguste François Marie Gorguet (1862-1927), La jeune femme à l'iris et aux ombelles.

 

Déesse et messagère, romantique et tentatrice, puissamment aromatique et gorgée d'une poésie à nulle autre pareille, ainsi resplendit l'iris, fleur tutélaire du Printemps !

 

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Iris, Vincent van Gogh (1853-1890), mai 1889, J. Paul Getty Museum, Los Angeles, Californie.

 

L'iris est une muse, comme en témoigne cette célébrissime peinture, l'une des premières que Van Gogh exécuta à l'asile du monastère Saint-Paul-de-Mausole à Saint-Rémy-de-Provence, l'année précédant sa mort.

 

Œuvre influencée par l'art et la manière délicieusement mouvante de l'ukiyo-e dont je vous parlais plus haut...

 

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Iris Fairy par Cicely Mary Barker (1895-1973)

 

Merci de votre fidélité, j'ai été très touchée par les nombreux petits mots reçus à l'occasion de Pâques. Je vous souhaite un joli mois d'avril sous l'obédience des esprits de la Nature... Gros bisous !

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #fleurs, #iris, #siecle, #tulipe, #xve

Entre deux giboulées, les fleurs jaillissent, émaillant le paysage de leurs enivrants atours. Muses mystérieuses, elles m'ont inspiré le poème que je viens vous offrir...

 

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Déesse du Printemps

 

Née du limon et de la sève

De la cire étrange des rêves

Du rire doré de la source

Et des étoiles dans leur course

 

Gorgée sous la terre glacée

Du sang des monstres fracassés

Elle boit la flamme nourricière

Qui hante les yeux des sorcières

 

Les voeux sauvages la consument

Elle danse à l'orée de la brume

Dans ses voluptueux habits

Veinés de rose et de rubis

 

Ombres de fées sous les iris

La lune imprègne les calices

Où s'entrelacent les couleurs

Elle tisse la fièvre des fleurs

 

Le parfum âcre de la nuit

Le chuchotement de la pluie

Aimantent son âme féline

Vers l'antre bleu des Mélusines...

 

Cendrine

 

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Emportés par la beauté des textures et des couleurs, promenons-nous à travers l'Herbier du Printemps...

 

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La Tulipe est appelée « celle qui brûle mon coeur »... D'après une légende persane, elle naquit des larmes et du sang versés par une jeune fille à la recherche de son bien-aimé dans le désert.

 

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Originaire d'Asie Centrale, la tulipe est une plante vivace bulbeuse de la famille des Liliacées. Au début du XVIIe siècle, on cultivait déjà cent quarante espèces et plusieurs milliers de variétés. Sa tige solitaire, quelquefois ramifiée vers le haut et garnie de feuilles charnues mais peu nombreuses, atteint environ 80 cm de hauteur.

 

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La tulipe apprécie les lieux ensoleillés mais de préférence protégés du vent. Les bulbes plantés entre l'automne et l'hiver fleurissent au printemps. Les fleurs délicates révèlent alors leurs coloris variés, unis, bicolores ou striés, du blanc pur au bleu presque noir, du rose au rouge, du violet au jaune...

 

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Le mot tulipe dérive du turc tülbend et du persan tulipan qui signifient « turban ». Dans des chroniques persanes du XIVe siècle, les turbans jaunes et rouges des soldats sur les champs de bataille étaient comparés à d'immenses champs de tulipes.

 

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La tulipe est un symbole d'amour. Quand elle frissonne doucement, elle embrase le coeur des amants. Incarnation de l'amour divin, elle est réputée flétrir si elle est éloignée des rayons du soleil.

 

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Dans l'ancienne Perse et en Turquie, ses bulbes jouaient un rôle crucial dans les échanges commerciaux. Elle fut introduite en Occident au XVIe siècle.

 

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Les tulipes rouges, les tulipes panachées et les tulipes « célestes » furent, au fil des siècles, particulièrement appréciées.

 

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Les pétales marbrés, véritables « friandises visuelles », sont le fruit de la présence d'un virus, le potyvirus, appelé aussi « virus de la mosaïque de la tulipe ».

 

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Le naturaliste et apothicaire Pierre Belon (1517-1564) voyagea dans les Pays du Levant vers le milieu du XVIe siècle.

 

Il publia en 1553 un ouvrage dans lequel il décrivit la tulipe, appelée lil rouge, avec une grande précision. Il ramena des bulbes en Europe, de même qu'Ogier Ghiselin de Busbecq, ambassadeur de l'empereur Ferdinand Ier à la cour du sultan de Constantinople Soliman le Magnifique.

 

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Ogier Ghiselin de Busbecq (1522-1592).

 

Mais la notoriété accordée à la tulipe en Europe est indissociable des travaux de Charles de l'Écluse (1525-1609).

 

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Ce médecin et botaniste flamand fut l'initiateur de l'un des premiers jardins botaniques d'Europe. La culture de la tulipe devint aux Pays-Bas une véritable institution et cette vogue se transforma en tulipomanie au XVIIe siècle.

 

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En 1559, le médecin, naturaliste et encyclopédiste Conrad Gesner (1516-1565) décrivit, dans le jardin d'un magistrat à Augsburg, en Allemagne, une somptueuse tulipe rouge, qui lui fit penser à un lys écarlate. La tulipe prit le nom de tulipa gesneriana.

 

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En 1561, il publia la première illustration de sa fameuse tulipe dans le De Hortis Germaniae Liber Recens.

 

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L'engouement pour la tulipe fut tel qu'on institua à Amsterdam une bourse spécialisée dans la vente de bulbes. De nombreux passionnés parièrent sur les nouvelles couleurs obtenues au fil du temps.

 

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La tulipomanie atteignit son apogée en 1636. En 1610, un brasseur échangea son établissement contre un bulbe de tulipe et un meunier céda son moulin dans les mêmes conditions. Mais les cours de la précieuse fleur s'effondrèrent brutalement en 1637.

 

Au XVIIe siècle, la tulipe apparut dans de nombreuses natures mortes flamandes et dans des tableaux qui dénoncèrent, par le biais d'éléments symboliques, cette débâcle économique et les conséquences dramatiques qui en résultèrent.

 

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Le Triomphe de Flore dans le Char de la Fortune, par Hendrick Pot (1580-1657), en 1637.

 

Flore, la déesse des fleurs et du Printemps, a les bras chargés de tulipes. Elle trône sur un char emporté par le vent, emblème d'inconstance. Les personnages qui l'accompagnent arborent le capuchon des fous, décoré de tulipes. Ils désignent l'Alcoolisme, l'Escroquerie et l'Avarice. Des tisserands, abusés par la folie spéculative autour de la tulipe, suivent le char, sans se soucier des conséquences. Une femme aux deux visages, allégorie de la vérité et du mensonge mais aussi de la « fortune aux deux visages », mène l'étrange procession.

 

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Vanitas de Philippe de Champaigne, 1646.

 

La tulipe occupe une place privilégiée dans les natures mortes et les Vanités du XVIIe siècle. Elle est associée aux richesses ostentatoires qui peuvent disparaître à tout moment, telles une bulle de savon qui éclate.

 

Dans cette oeuvre allégorique majeure, l'artiste met en scène, sur un fond noir, des objets caractéristiques de la fragilité de l'existence humaine: le crâne évoque l'inéluctabilité de la mort; le sablier, le temps qui s'écoule irrémédiablement et le vase brillant d'où émerge une tulipe, le monde des illusions. La fleur coupée symbolise la brièveté de la vie et la beauté éphémère dont il faut jouir avec sagesse.

 

Il s'agit d'un « memento mori », une oeuvre fondée sur l'adage « souviens-toi que tu vas mourir », destiné à faire prendre conscience à l'homme qu'il est inutile de vouloir accumuler les richesses et vain de s'attacher aux plaisirs de son époque.

 

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Vanitas de Jacob de Gheyn, 1603.

 

Dans ce tableau, nous trouvons des éléments caractéristiques de la Vanité: le crâne, la tulipe coupée qui émerge du vase mais aussi des pièces de monnaie venant corroborer ce que j'ai exposé plus haut. Deux personnages sculptés, des philosophes, désignent une grande bulle translucide, royaume d'illusion, de tromperie et de vacuité...

 

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En Orient, la tulipe était considérée comme un porte-bonheur et un symbole d'amour et de prospérité. Certains bulbes valaient le prix de plusieurs joyaux.

 

Les poètes persans célébrèrent la tulipe dès le XIIIe siècle. Ils décrivirent des jardins imaginaires peuplés de tulipes multicolores et de roses parfumées.

 

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La tulipe ornait les robes de brocart de Soliman le Magnifique (1494-1566), les tapis de ses palais, les vases précieux, les chanfreins de ses chevaux. Sous son règne, les jardins de l'empire ottoman, de l'Égypte à la Crimée, de l'Inde aux Balkans, se couvrirent de tulipes.

 

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Des tulipes, accompagnées d'une mouche ichneumon, illustrées par Joris Hoefnagel dans l'ouvrage Mira Calligraphiae Monumenta, en 1590.

 

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Tulipe et poire de Joris Hoefnagel, 1590.

 

Dans le folklore européen, la tulipe flamboyante évoque le renouveau. Elle est considérée comme un talisman végétal.

 

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On fabriquait autrefois, en Europe de l'ouest, des berceaux pour les bébés des fées avec des tulipes roses ou rutilantes.

 

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La ville de Leyde, aux Pays-bas, abrite le célèbre jardin du Keukenhof où s'épanouissent de luxuriantes plantes à bulbes. Des « forêts » de tulipes y sont exposées chaque année.

 

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L'action du roman d'Alexandre Dumas et d'Auguste Maquet, la Tulipe Noire, écrit en 1850, se déroule dans la ville de Haarlem, aux Pays-Bas, trente-cinq ans après la crise de la tulipe. Le héros de l'histoire, Cornélius Van Baerle, s'engage dans une quête quasi mystique: créer une tulipe noire, émanation des rêves et de l'alchimie du désir...

 

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(Image issue du catalogue horticole Meilland)

 

La tulipe est associée à un personnage facétieux, Fanfan la Tulipe, incarné au cinéma par Gérard Philipe, en 1952, dans le film de Christian-Jaque, et par Vincent Perez, en 2003, dans le film de Gérard Krawczyk. Le jeune Fanfan s'engage dans l'armée pour échapper à un mariage forcé. Après de picaresques aventures, il sauve des griffes de bandits de grand chemin la marquise de Pompadour, maîtresse de Louis XV, et reçoit en récompense une broche en forme de tulipe...

 

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(Image trouvée sur le site MoviePosters.2038.net)

 

Fanfan la Tulipe est un personnage populaire, immortalisé par le chansonnier Émile Debraux,en 1819, sur un air anonyme du XVIIIe siècle.

 

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Malgré les giboulées, les fleurs du Printemps sont gorgées de lumière et de pensées poétiques et précieuses.

 

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Cette superbe fleur bleue, au port gracieux, nous dévoile ses atours de reine...

 

Présent sur tous les continents, l'Iris offre, depuis des millénaires, ses secrets de beauté et son impressionnante palette colorée.

 

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Il existe environ 210 espèces d'iris, plantes vivaces herbacées à bulbes ou à rhizomes qui appartiennent à la famille des Iridacées. Elles poussent dans les régions tempérées de l'hémisphère Nord, en Europe, en Asie, en Afrique du nord et en Amérique. Elles apprécient les terrains secs et les lieux humides. La forme et la couleur de leurs fleurs hermaphrodites sont très variées. Elles évoluent du blanc pur au pourpre chatoyant, du jaune d'or au bleu violacé et se dressent au sommet d'une hampe robuste encadrée de feuilles qui ressemblent à des pointes de glaive.

 

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Dans l'Égypte ancienne, l'iris était associé à la puissance magique des dieux. Symbole de pouvoir et d'éloquence, il était ciselé sur le front des sphinx et sur les sceptres royaux. L'iris violet figurait, il y a 3500 ans, sur les fresques du temple de Karnak.

Les Grecs le consacrèrent à Iris, messagère des dieux de l'Olympe, qui déroulait entre ciel et terre le pont de l'arc-en-ciel. Dans l'antique Athènes, des jardins d'iris odorants honoraient la déesse psychopompe, conductrice des âmes féminines vers le Paradis grâce à une ceinture ou à une écharpe magique aux couleurs irisées. (Les âmes masculines étaient guidées par le dieu Hermès.)

D'après une légende, les dieux invitèrent les fleurs à les rejoindre sur l'Olympe. Elles se présentèrent, sauf une, dans leurs plus beaux atours. Héra, la reine des dieux, prit en pitié la petite créature terne et chiffonnée qui tremblait à ses pieds. Elle fit tisser pour elle une robe merveilleuse aux couleurs de l'arc-en-ciel. Dès lors, elle fut Iris...

 

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L'iris commun se nomme « lys en épée » dans la langue germanique, en raison de la forme pointue de ses longues feuilles. Il fut confondu avec le « lys de France » qui était à l'origine une fleur d'iris.

D'après la légende, le roi Louis VII sortit sain et sauf d'une bataille qui se déroula dans un marécage constellé d'iris. Il choisit alors cette fleur fatidique pour emblème. Mais la « fleur de Louis » finit par se confondre phonétiquement avec la « fleur de lys ». Une autre légende prétendit que le roi franc Clovis choisit l'iris pour emblème après avoir échappé aux Goths grâce aux iris des marais qui le dissimulèrent.

 

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Cultivé par les égyptiens, les babyloniens, les grecs, les hébreux..., l'iris trouva, au fil des siècles, des applications médicales et cosmétiques variées.

Certaines espèces d'iris sont très recherchées pour leur rhizome, gorgé d'une substance odorante appelée l'irone. Les plus parfumés sont l'Iris germanica et l'Iris pallida ou iris blanc de Florence, cultivé depuis fort longtemps en Italie et au Maroc.

La reine Catherine de Médicislança la mode de l'eau d'iris et la poudre d'iris fit fureur au 17e siècle. Obtenue à partir du rhizome pilé et tamisé, cette poudre imprimait sur les cheveux, la peau et les vêtements une délicieuse odeur de violette, due à sa forte concentration en irone. On l'emploie toujours comme fixateur de parfum.

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Théophraste (371-288 avant J.-C.), célèbre philosophe et botaniste grec, recommandait l'iris pour calmer la colère et les humeurs violentes.

 

Dans la pharmacopée populaire, la décoction légère de racine d'iris était réputée apaiser la toux et les poussées dentaires douloureuses des enfants. L'eau d'iris a de puissantes vertus astringentes, préconisées, depuis le Moyen-âge, par la célèbre abbesse Hildegarde de Bingen (1098-1179).

 

Les Indiens d'Amérique du Nord l'utilisaient pour ses propriétés antalgiques, purgatives et diurétiques mais, à doses trop fortes, l'iris peut provoquer des vomissements et n'est pas du tout conseillé aux femmes enceintes.

 

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Dans la France médiévale, l'iris symbolisait la fécondité et le renouveau. Traditionnellement associé à la Vierge Marie, à l'instar du lys, il apparaît dans de nombreuses Annonciations mais il évoque aussi la douleur éprouvée par Marie face à la mort du Christ.

 

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Dans le Berry, l'expression flambe de four désigne l'iris à fleurs bleues, fréquemment planté sur le toit des anciens fours dans un but protecteur.

 

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D'après les anciennes légendes britanniques, des trésors se lovent sous les rhizomes des iris des marais, les lieux marécageux étant associés aux mondes magiques et aux initiations druidiques.

 

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Au Japon, l'iris est particulièrement prisé. Emblème de protection et de purification, il est « fixé » sur les toits de chaume et ses feuilles, infusées dans l'eau des bains, sont réputées repousser les maléfices et les maladies.

 

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L'iris figure dans les armoiries de plusieurs villes: Florence, Bruxelles, Québec... et dans les plus beaux jardins, comme celui des Tuileries qui occupera une place privilégiée dans mes articles, au cours des semaines à venir...

 

Je rédige assidûment mais je n'oublie pas de m'oxygéner, dès que possible, et je contemple la Nature, avec un bonheur infini...

 

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Bien à l'abri dans l'enceinte des Tuileries, une famille canard vaque à ses activités, entre deux averses...

 

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Face à leur abondante et facétieuse progéniture, papa et maman canard ne savent plus où donner de la tête!

 

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Ces galopins filent à toute vitesse, ce qui explique le côté un peu flou de certaines photos, mais le spectacle est si adorable...

 

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Ces amoureux viennent de prendre leur bain...

 

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Le jardin, juste avant la giboulée...

 

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Les promeneurs ont déserté les lieux. Je me suis attardée mais je serais bientôt trempée...

 

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Je ne serais pas la seule finalement!

 

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Cette belle enchanteresse, je vous l'offre, avec tout mon coeur, pour vous remercier de vos visites et de vos si gentils commentaires...

 

Bibliographie

 

DUBOIS-AUBIN, Hélène

L'esprit des fleurs: mythes, légendes et croyances. Le Coudray-Macouard: Cheminements, 2002.

 

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FLORIDUS, Macer:

De viribus herbarium. Fin XVe siècle. Figures des plantes gravées en bois, au simple trait.

Les Fleurs du Livre des Vertus des Herbes, composé jadis en vers latins par Macer Floride, et illustré de commentaires de Guillaume Gueroult, le tout mis en français par Lucas Tremblay. Rouen: M. Mallard, 1588.

 

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GEVERS, Marie:

L'herbier légendaire. Paris: Stock, 1991.

 

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Iris d'Albrecht Dürer, 1503.

 

REUTTER DE ROSEMONT, L.:

Histoire de la pharmacie à travers les âges. 2 vol. in-8. Paris: 1931-1932.

 

Tulipes, une anthologie.Éditions Citadelles&Mazenod, 2011. Il s'agit d'un ouvrage relié qui comporte des photographies sublimes de Ron Van Dongen(spécialisé dans les études de fleurs en couleurs et les natures mortes en noir et blanc).

La préface a été rédigée par Anna Pavord, titulaire en 2001 de la Médaille d'or de la Royal Horticulture Society et spécialiste de la tulipe. Un régal...

 

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Iris et mots, par Céline Sachs-Jeantet, 2007.

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