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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

siecle

Publié le par maplumefee
Publié dans : #epices, #pain, #petits, #saint, #siecle

 

Avec de très belles pensées pour vous, chers Aminautes...

 

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Ils sont les incarnations gourmandes des esprits du froid : les Manneles ou Mannalas, des petits hommes de pâte fine épicée ou briochés aux yeux de sucre, de raisin, de chocolat ; des êtres cacaotés, fourrés de pâte d'amandes, imprégnés de liqueur ou gorgés de fruits savoureux...

 

On les appelle « Petit Bonhomme » (en Alsace), « Jean Bonhomme » (en Lorraine, en Franche-Comté), « Boxemännercher » (au Luxembourg)... Dans les pays anglo-saxons, ils sont les « Gingerbread Men ».

 

Présents dans les récits merveilleux et les contes de fée, ils agissent comme des amulettes culinaires et sont réputés chasser les démons, faire tourner la chance à son profit, éparpiller les ombres et les peines de l'hiver.

 

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Le Tibiscuit ou Tit'Biscuit de Shrek, héros des studios d'animation Dreamworks est un mannele. Dans l'inoubliable saga de l'Ogre Vert, on rencontre aussi Cake-Kong, bonhomme d'épice géant créé par Tibiscuit et deux jeunes filles pain d'épices qui font des interventions savoureuses.

 

Très prisés depuis des siècles et quel que soit le nom qu'on leur donne, les manneles sont considérés comme l'émanation de « l'esprit du grain », utilisés pour détourner le mal et associés à des petits pains en forme d'animaux qui représentaient les forces de fécondité.

 

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A partir du XVe siècle, ils furent associés à la célébration de la Saint-Nicolas. Ils sont issus d'un fonds culturel commun avec les Dambedei ou petits bonshommes de la Saint-Martin, savourés en Allemagne, le 11 novembre. Le Weckmann, Stutenkerl ou Klausemann, petit bonhomme protecteur contre les forces malveillantes de l'hiver, se déguste aussi le 11 novembre. Il est agrémenté d'une pipe en terre ou en argile.

 

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Préparés pour la Saint-Nicolas, sous forme de pains d'épices anthropomorphes, de petites brioches ou pains au lait nature ou fourrés avec des raisins secs ou des pépites de chocolat, les Manneles se déclinent, à travers des versions très gourmandes, tout au long du mois de décembre. Ils représentent Nicolas ou l'un des trois innocents (les petits garçons que le boucher avait mis au saloir et que le saint a sauvés).

 

Le « Gingerbread Man » apparut quant à lui dans un magazine américain intitulé Saint-Nicolas, en 1875, où l'on trouve les vers suivants :

« Run, run, fast as you can

You can't catch me, I'm the gingerbread man ! »

 

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Le vendeur de Gingerbread Men, 1902

 

Le journal relate l'histoire d'un petit bonhomme de pain d'épices qui jaillit d'un four très chaud. Poursuivi par une horde de gourmands, il leur échappa puis s'enhardit, croyant déjouer toute menace et il fut dévoré par un renard roublard...

 

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Petit bonhomme de pain d'épices enrobé de chocolat

 

Nous trouvons des recettes de pain d'épices dans la Grèce antique avec le melkaris et le melipecton et dans la Rome ancienne, on aimait déguster le panis mellitus, un gâteau composé de farine de sésame, d'herbes aromatiques et de miel. En Chine, c'est sous la dynastie Tang (618 à 907) que naquit un pain savoureux à la farine de froment imprégnée de miel : le mi-king. L'orthographe peut varier...

 

L'introduction du pain d'épices en Europe est attribuée à un évêque arménien appelé Grégoire de Nicopolis qui s'établit en France, pendant sept années, à Bondaroy, près de Pithiviers dans le Loiret. Celui qu'on appelait le Solitaire de Bondaroy avait l'habitude de partager, avec les religieux et les fidèles, qui lui rendaient visite le dimanche, un gâteau fait de farine de seigle, de miel et d'épices. A Pithiviers, il existe encore la Confrérie du pain d'épices de saint Grégoire de Nicopolis.

 

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Le pain d'épices se répandit dans plusieurs pays tout au long des siècles. Il arriva en Suède au XIIIe siècle grâce à des immigrants d'origine allemande. Au XVe siècle, en France, on mélangeait du miel, des épices nobles (gingembre, cannelle, clou de girofle...) et de la farine de seigle puis on conservait la pâte obtenue (gaude, gauderye) dans de grands bacs de bois, avec autant de fraîcheur que possible, pour qu'elle fermente lentement et puisse libérer, après cuisson, ses arômes enchanteurs.

 

En Angleterre, au XVIe siècle, à la cour de la reine Élisabeth Ière, on offrait aux invités des Gingerbread Men censés les représenter.

 

Très apprécié pour ses qualités gustatives, le pain d'épices l'était également pour ses vertus médicinales. On lui attribuait la capacité d'apaiser les maux de ventre, les nausées et les migraines associées à des problèmes hépatiques.

 

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Le terme gingerbread dérive du vieux français gingerbras issu de zingebar, un terme d'origine latine. Cultivée dans la Chine ancienne et se répandant dans le reste du monde par la Route de la Soie, la racine de gingembre, au goût piquant et enivrant, était une denrée très précieuse, appréciée sur les meilleures tables d'Europe et considérée comme de l'or en bouche.

 

Le gingembre était réputé protéger de la peste et des maladies infectieuses les plus dangereuses. On en mettait dans les pâtisseries mais aussi dans les sauces qui agrémentaient le gibier. A la période de Noël, il apparaissait sur les étals des marchés, près de la cannelle, des clous de girofle, de la noix de muscade et des gousses de vanille.

 

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Les petits bonshommes en pain d'épices ne sont pas seulement dégustés au moment de la Saint-Nicolas ou à la période de Noël. Dotés de vertus apotropaïques (du grec « apotropein », qui détourne le mal), ils sont consommés à différentes périodes de l'année et notamment au moment d'Halloween... On les appelle, dans ce contexte, des « amants ou des maris de pain d'épices ». Confectionnés par les jeunes filles et les femmes en quête d'un compagnon, ils sont dévorés, de manière rituelle, en regardant la lune ou le ciel étoilé...

 

Ils sont liés aux petits gâteaux des célébrations antiques, en forme de figures humaines et d'animaux, qui étaient utilisés comme des substituts aux êtres de chair.

 

Les formes des biscuits, émanations de la magie naturelle, évoluaient au rythme des saisons.

 

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Vous pouvez collecter de succulentes recettes de manneles sur le net ou créer les vôtres en incorporant des épices dans la farine et la matière grasse de votre choix. Il existe un beau choix d'emporte-pièce ou de moules en forme de petits bonshommes.

 

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Sur ces pensées gourmandes, je vous souhaite de très belles fêtes de fin d'année...

Prenez bien soin de vous, autant que possible régalez-vous des joies les plus douces, gros bisous !

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #bulbe, #rouge, #siecle, #tulipe, #xvie

 

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 Georges Lawrence Bulleid (1858-1933), peintre victorien. Jeune fille en robe classique tenant des tulipes.

 

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D'après une légende persane, la tulipe naquit des larmes et du sang versés par une jeune fille à la recherche de son bien-aimé dans le désert. Elle est appelée «celle qui brûle mon cœur»...

 

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Originaire d'Asie Centrale, la tulipe est une plante vivace bulbeuse de la famille des Liliacées. Sa tige solitaire, quelquefois ramifiée vers le haut et garnie de feuilles charnues mais peu nombreuses, atteint environ 80 cm de hauteur. Au début du XVIIe siècle, on cultivait déjà cent quarante espèces de tulipes et plusieurs milliers de variétés.

 

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La tulipe apprécie les lieux ensoleillés mais de préférence protégés du vent. Les bulbes plantés entre l'automne et l'hiver fleurissent au printemps. Les fleurs délicates révèlent alors leurs coloris variés, unis, bicolores ou striés, du blanc pur au bleu presque noir, du rose au rouge, du violet au jaune...

 

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Le mot tulipe dérive du turc tülbend et du persan tulipan qui signifient « turban ». Dans certaines chroniques persanes datant du XIVe siècle, les turbans jaunes et rouges des soldats sur les champs de bataille étaient comparés à d'immenses champs de tulipes.

 

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La tulipe est un symbole d'amour. Quand elle frissonne doucement, elle embrase le cour des amants. Incarnation de l'amour divin, elle est réputée flétrir si elle est éloignée des rayons du soleil.

 

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Dans l'ancienne Perse et en Turquie, ses bulbes jouaient un rôle crucial dans les échanges commerciaux. Elle fut introduite en Occident au XVIe siècle.

 

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 Les tulipes rouges, les tulipes panachées et les tulipes « célestes » furent, au fil des siècles, particulièrement appréciées.

 

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Les pétales marbrés, véritables « friandises visuelles », sont nés d'un virus, le potyvirus, appelé aussi « virus de la mosaïque de la tulipe ».

 

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 Le naturaliste et apothicaire Pierre Belon (1517-1564) voyagea dans les Pays du Levant vers le milieu du XVIe siècle.

 

Il publia en 1553 un ouvrage dans lequel il décrivit la tulipe, appelée lil rouge, avec une grande précision. Il ramena des bulbes en Europe, de même qu'Ogier Ghiselin de Busbecq, ambassadeur de l'empereur Ferdinand Ier à la cour du sultan de Constantinople Soliman le Magnifique.

 

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 Ogier Ghiselin de Busbecq (1522-1592), bibliophile et fervent admirateur de la tulipe. Il enrichit avec passion les collections florales des châteaux de son époque.

 

Mais la notoriété accordée à la tulipe dans les villes et les cours d'Occident est indissociable des travaux de Charles de l'Écluse (1525-1609).

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 Ce médecin et botaniste flamand fut l'initiateur d'un des premiers jardins botaniques d'Europe. La culture de la tulipe devint aux Pays-Bas une véritable institution et cette vogue se transforma en tulipomanie au XVIIe siècle.

 

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 En 1559, le médecin, naturaliste et encyclopédiste Conrad Gesner (1516-1565) décrivit, dans le jardin d'un magistrat à Augsburg, en Allemagne, une somptueuse tulipe rouge, qui lui fit penser à un lys écarlate. La tulipe prit le nom de tulipa gesneriana.

 

En 1561, il publia la première illustration de sa fameuse tulipe dans le De Hortis Germaniae Liber Recens.

 

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L'engouement pour la tulipe fut tel qu'on institua à Amsterdam une bourse spécialisée dans la vente de bulbes. Les passionnés, toujours plus nombreux, parièrent sans relâche sur les nouvelles couleurs obtenues au fil du temps.

 

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 Le bulbe de cette tulipe, appelée « vice-roi », se négociait à prix d'or soit de 3000 à 4200 florins.

 

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La tulipomanie atteignit son apogée en 1636. En 1610, un brasseur échangea son établissement contre un bulbe de tulipe et un meunier céda son moulin dans les mêmes conditions. La folie s'empara des spéculateurs et les cours de la précieuse fleur s'effondrèrent brutalement en 1637 !

 

Au XVIIe siècle, la tulipe apparut dans de nombreuses natures mortes flamandes et dans des tableaux qui dénoncèrent, par le biais d'éléments symboliques, cette débâcle économique et les conséquences dramatiques qui en résultèrent.

 

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 Le Triomphe de Flore dans le Char de la Fortune, par Hendrick Pot (1580-1657), en 1637.

 

Flore, la déesse des fleurs et du Printemps, a les bras chargés de tulipes. Elle trône sur un char emporté par le vent, emblème d'inconstance. Les personnages qui l'accompagnent arborent le capuchon des fous, décoré de tulipes. Ils désignent l'Alcoolisme, l'Escroquerie et l'Avarice. Des tisserands, abusés par la folie spéculative autour de la tulipe, suivent le char, sans se soucier des conséquences. Une femme aux deux visages, allégorie de la vérité et du mensonge mais aussi de la « fortune aux deux visages », mène l'étrange procession.

 

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 Vanitas de Philippe de Champaigne (1602-1674), 1646.

 

La tulipe occupe une place privilégiée dans les natures mortes et les Vanités du XVIIe siècle. Elle est associée aux richesses ostentatoires qui peuvent disparaître à tout moment, telles une bulle de savon qui éclate.

 

Dans cette œuvre allégorique majeure, l'artiste met en scène, sur un fond noir, des objets caractéristiques de la fragilité de l'existence humaine: le crâne évoque l'inéluctabilité de la mort; le sablier, le temps qui s'écoule irrémédiablement et le vase brillant d'où émerge une tulipe, le monde des illusions. La fleur coupée symbolise la brièveté de la vie et la beauté éphémère dont il faut jouir avec sagesse.

 

Il s'agit d'un « memento mori », une œuvre fondée sur l'adage « souviens-toi que tu vas mourir », destiné à faire prendre conscience à l'homme qu'il est inutile de vouloir accumuler les richesses et vain de s'attacher aux plaisirs de son époque.

 

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 Vanitas de Jacob de Gheyn le Jeune (1565-1629), 1603.

 

Dans ce tableau, nous trouvons des éléments caractéristiques de la Vanité: le crâne, la tulipe coupée qui émerge du vase mais aussi des pièces de monnaie venant corroborer ce que j'ai présenté plus haut. Deux personnages sculptés, des philosophes, désignent une grande bulle translucide, royaume d'illusion, de tromperie et de vacuité...

 

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 Vanité, par Jacob Marrell (environ 1613-1681), Kunsthalle, Karlsruhe.

 

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En Orient, la tulipe était considérée comme un porte-bonheur et un symbole d'amour et de prospérité. Certains bulbes valaient le prix de plusieurs joyaux.

 

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Les poètes persans ont célébré la tulipe dès le XIIIe siècle. Ils ont décrit des jardins imaginaires peuplés de tulipes multicolores et de roses merveilleusement parfumées.

 

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La tulipe ornait les robes de brocart de Soliman le Magnifique (1494-1566), les plis de ses turbans, les tapis de ses palais, les vases précieux, les chanfreins de ses chevaux. Sous son règne, les jardins de l'empire ottoman, de l'Égypte à la Crimée, de l'Inde aux Balkans, se couvrirent de tulipes.

 

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Des tulipes, accompagnées d'une mouche ichneumon, illustrées par Joris Hoefnagel (1542-1601), enlumineur flamand, dans l'ouvrage Mira Calligraphiae Monumenta, paru en 1590.

 

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 Tulipe et poire de Joris Hoefnagel, 1590.

 

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Dans le folklore européen, la tulipe flamboyante évoque le renouveau. Elle est considérée comme un talisman végétal.

 

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On fabriquait autrefois, en Europe de l'ouest, des berceaux pour les bébés des fées avec des tulipes roses ou rutilantes.

 

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 Cicely Mary Barker (1895-1973), Flower Fairy.

 

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La ville de Leyde, aux Pays-Bas, abrite le célèbre jardin du Keukenhof où s'épanouissent de luxuriantes plantes à bulbes. Des « forêts » de tulipes y sont exposées chaque année.

 

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Au Keukenhof, on admire de merveilleux spécimens et notamment la mythique tulipe noire, devenue une héroïne littéraire grâce aux talents conjugués d'Alexandre Dumas et d'Auguste Maquet.

 

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 Image issue du catalogue horticole Meilland

 

L'action du roman La Tulipe Noire, écrit en 1850, se déroule dans la ville de Haarlem, aux Pays-Bas, trente-cinq ans après la crise de la tulipe. Le héros de l'histoire, Cornélius Van Baerle, s'engage dans une quête quasi mystique: créer une tulipe noire, émanation des rêves et de l'alchimie du désir...

 

La tulipe est également associée à un personnage facétieux, Fanfan la Tulipe, incarné au cinéma par Gérard Philipe, en 1952, dans le film de Christian-Jaque, et par Vincent Perez, en 2003, dans un film réalisé par Gérard Krawczyk. Le jeune Fanfan s'engage dans l'armée pour échapper à un mariage forcé. Après de picaresques aventures, il sauve des griffes de bandits de grand chemin la marquise de Pompadour et reçoit pour récompense une broche en forme de tulipe...

 

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Image trouvée sur le site MoviePosters.2038.net

 

Fanfan la Tulipe est un personnage populaire, immortalisé par le chansonnier Émile Debraux, en 1819, sur un air anonyme du XVIIIe siècle. (En cliquant sur le lien ci-dessous, vous trouverez les paroles de la chanson mais aussi sa musique pour ceux qui seraient intéressés.)

 http://musique-militaire.fr/tradition/ancien-regime/fanfan-la-tulipe

 

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Vénérée telle une déesse, aimée et désirée jusqu'à la folie, gardée et contemplée comme un féerique trésor, la tulipe attisa bien malgré elle les instincts les plus vils. Sa beauté nourrit les plus étranges convoitises et fut parfois considérée comme mortifère mais elle incarne surtout l'amour, la fécondité, la poésie du temps qui s'écoule et le retour du printemps.

 

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Réjouissons-nous devant cette palette de couleurs précieuses !

 

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Chers aminautes, vos fidèles présences sont très importantes pour moi. Merci et gros bisous !

 

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #belier, #dieu, #siecle, #signe, #toison

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En ce 15 avril, je souffle avec bonheur et gourmandise mes quarante-trois bougies et je souhaite un Joyeux Anniversaire à mes ami(e)s béliers. (Merci à mon amie Vanessa pour cette ravissante carte et merci à « vous » qui m'avez envoyé tant de signes d'affection, de messages et de jolis présents.)

 

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En ce jour spécial, j'ai envie de vous parler du Bélier, cet impulsif au grand coeur, un peu, beaucoup, passionnément rebelle et de laisser caracoler ma plume sur la page...

 

Depuis l'enfance, je m'intéresse à l'Ésotérisme, à l'Occultisme, à l'Astrologie. Mes pensées sont posées sur le rebord de la fenêtre, toujours prêtes à s'envoler vers des mondes mystérieux. Je plonge avec délices dans les vieux grimoires et les forêts d'encyclopédies. Je me régale du contact avec le papier, l'odeur de l'encre et les reliures fanées par le temps.

 

Je suis à la fois universitaire et autodidacte. Cette dualité aimée nourrit mes réalités alternatives et me permet de mieux supporter les contraintes d'une pathologie très douloureuse, aux allures de monstre dévorant. Alors quand je souffle chaque année mes bougies d'anniversaire, c'est un pas de plus qui me réjouit.

 

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Emblème de force et de croissance solaire, le Bélier est un signe Cardinal. La particularité des signes Cardinaux (Bélier, Cancer, Balance, Capricorne) est de présider au début d’une saison et de marquer les solstices et les équinoxes. Le Bélier correspond à l’équinoxe de printemps. La Balance, opposé astrologique du Bélier, est associée à l’équinoxe d’automne. Le Cancer préside au retour du solstice d’été et le Capricorne, à celui du solstice d’hiver.

 

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L'Homme anatomique, enluminure issue des Très Riches Heures du Duc de Berry, XVe siècle.

 

Le Zodiaque se divise en signes Cardinaux, signes Fixes et signes Mutables.

 

Les signes Cardinaux correspondent aux quatre saisons, aux éléments, aux points cardinaux et aux Vertus Cardinales (voir à ce propos mon article sur la Fontaine Saint-Michel).

 

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Le Bélier (Force) s'éveille pour donner l'impulsion et faire jaillir les premières chaleurs du printemps. Gouverné par la planète Mars, il est le plus cardinal des signes Cardinaux.

 

Le Cancer (Tempérance) marque l'influence croissante de l'eau, le pouvoir de la sève et du solstice d’été. La Balance (Justice) correspond à l'intensité croissante de l'air qui se manifeste à l'équinoxe d’automne. Le Capricorne (Prudence) représente le pouvoir secret de la terre, plongée dans un sommeil purificateur et fertile, à la période du solstice d’hiver.

 

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Zodiaque du Livre des propriétés des choses, de Barthélémy l'Anglais (frère franciscain et encyclopédiste du XIIIe siècle), édition du XVe siècle.

 

Les quatre signes Fixes (signes qui se situent au milieu d'une saison) sont le Taureau (milieu du printemps), le Lion (milieu de l'été), le Scorpion (milieu de l'automne) et le Verseau (milieu de l'hiver).

 

Les quatre signes Mutables (signes venant conclure chaque saison) sont les Gémeaux (fin du printemps), la Vierge (fin de l'été), le Sagittaire (fin de l'automne) et les Poissons (fin de l'hiver).

 

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Vitrail de la rose ouest de Notre-Dame de Paris (1220).

 

Le Bélier se distingue, dans la ronde zodiacale, par son désir d'aventure, aussi bien réel que chimérique. Il est réputé tracer sa route et exprimer sans fléchir son caractère idéaliste et épicurien qui trouve un écho dans le signe de la Balance, son opposé astrologique.

 

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Illustration de Joséphine Wall.

 

Quand je parle « d'opposé », je ne parle pas de guerre entre les signes mais de position sur la roue zodiacale. Je suis Bélier ascendant Balance, avec la lune en Scorpion et j'ai des amis de chaque signe.

 

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Illustration de Joséphine Wall.

 

Fougueux, impétueux, passionné, émotif, hardi, gourmand, voluptueux mais aussi colérique et rebelle à l'ordre établi, un brin ou intensément provocateur même quand il n'en a pas l'air, le Bélier est appelé « le souffleur d'étincelle ».

 

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Gravure de Sidney Hall (1788-1831) issue de l'ouvrage A Familiar Treatise on Astronomy, (Londres, 1825). Nous apercevons la Mouche Boréale, petite constellation formée de trois étoiles, aujourd'hui détachée de celle du Bélier.

 

Signe des meneurs et des guerriers, initiateur né capable de régénérer ses forces rapidement, le Bélier a le sang vif. Il est aussi considéré comme enfantin. Les méchantes langues disent que sa conscience précède la conscience et qu'il agit forcément sans réfléchir. Ce n'est pas faux (rires) mais son énergie débordante et sa capacité d'action, même dans les situations les plus sombres, sont l'émanation de sa nature profonde, celle qui donne l'impulsion et fait bouger les rouages... Quant à la réflexion, elle est très intense, à des moments choisis, dans la tête d'un Bélier!

 

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Portrait de femme coiffée de cornes de bélier dit la Bacchante, par Jean-Léon Gérôme (1824-1904).

 

Les correspondances physiologiques du Bélier sont le crâne, les dents, la mâchoire, le cerveau, le visage et les yeux.

 

La couleur du Bélier est le rouge (ma couleur préférée) et les pierres du Bélier sont le jaspe rouge, le rubis, la cornaline, l'hématite et dans une certaine mesure le quartz rose et l'améthyste. D'autres pierres, en fonction des ouvrages, lui sont associées.

 

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Liber Astrologicae, 2e quart du XIIIe siècle.

 

Le Bélier est celui qui marque le commencement du Zodiaque. Dans la mythologie grecque, un bélier à la toison d'or nommé Chrysomallos transporte un jeune garçon et sa soeur, Phrixos et Hellé, menacés par la jalousie de leur belle-mère, vers le royaume de Colchide.

 

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Pendant le voyage, Hellé glisse et tombe dans la mer. Phrixos tente de lui venir en aide mais la jeune fille est aspirée par les flots. Le lieu de sa chute sera baptisé Hellespont. Dès qu'il parvient à destination, Phrixos sacrifie le bélier pour offrir sa toison à Aétès, le roi de Colchide. La toison est alors suspendue à un chêne sacré et gardée par un dragon.

 

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 Le héros Jason, chef des Argonautes, finit par la dérober au terme de rudes épreuves, grâce à la magicienne Médée. Ce cratère, daté du IVe siècle av. J.-C., décrit la présentation de la toison au roi Pélias de Thessalie. (Photo: Marie-Lan Nguyen, 2006.)

 

Pour la petite histoire, mon mémoire de Maîtrise en Lettres Modernes et en Histoire de l'Art concernait l'étude du théâtre à machines (ancêtre des effets spéciaux) au XVIIe siècle et plus particulièrement la Conquête de la Toison d'Or de Pierre Corneille, pièce baroque à la mise en scène féerique, peuplée de divinités à l'esprit retors et fondée sur des changements de décors dignes d'un film à gros budget.

 

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Gravure issue du De magnis conjunctionibus, (Des grandes conjonctions, 861-866, ouvrage d'astrologie judiciaire), édition de 1489. (http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b260.)

 

Habité par la puissance de ses instincts, le bélier symbolise la force génésique qui préside à la renaissance du cycle vital. Représentation cosmique de la puissance animale du feu, entité créatrice et destructrice, rebelle et chaotique, dévorante et généreuse, il est fait de fulgurance, d'énergie indomptable et de souffle embrasé. Sa nature est bouillonnante, volcanique, convulsive. Il est l'émanation du feu originel et, pour de nombreux peuples, un être fondateur. Plusieurs dieux ont un bélier pour attribut.

 

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Bélier marin gardant la fontaine de Mars et Hygie, dans le 7e arrondissement de Paris.

 

Le dieu mésopotamien Enki (Ea) était représenté par un bélier à queue de poisson, maître des eaux fraîches et de la connaissance, protecteur de la fécondité et gardien du passage entre l'hiver et le printemps.

 

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 Dans l'ancienne Égypte, le dieu Khnoum, maître de l'eau fraîche, arborait une tête de bélier. (Photo: culture.gouv.fr. Khnoum, entre 1200 et 1100 avant J.-C.).

 

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Khnoum est celui qui crée, avec le limon du Nil, l'enfant à naître et son double (kâ). Pendant ce temps, la déesse grenouille Heqet ou la déesse Hathor aux cornes de vache, insuffle la vie dans le corps de l'être figurine, avec l'ânkh ou croix ansée. Khnoum façonne Dieux et Hommes sur son tour de potier. Il donne forme aux enfants et les place dans le sein de leur mère.

 

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Le bélier Khnoum, Basse Époque, Musée du Louvre.

 

Honoré en divers lieux de Haute-Égypte, Khnoum veille sur les sources du Nil, avec les déesses Anouket et Satet, et porte le titre de « Seigneur de la Cataracte ». Le bélier, son animal « magique », faisait l'objet d'attentions particulières tout au long de sa vie. Il était ensuite momifié. L'île d'Éléphantine, son sanctuaire principal, abrite une nécropole de béliers sacrés dont les sarcophages en bois sont décorés à la feuille d'or.

 

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Statuette de Khnoum en pierre, Basse Époque (664-332 avant J.-C.), musée du Louvre (Crédit Photographique C. Décamps).

 

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 L'allée des Béliers à Karnak, consacrés à Amon-Rê, le Soleil créateur et guérisseur, protecteur des vivants et dieu guerrier qui apparaît doté d'une tête de bélier ou sous la forme d'un bélier aux cornes recourbées symbolisant son énergie fécondante.

 

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Amon/Ammon a donné son nom aux ammonites, mystérieux animaux marins fossiles de la classe des mollusques céphalopodes. Considérées comme sacrées, les ammonites ou cornes d'Ammon (les peuples anciens croyaient qu'un serpent s'était enroulé autour d'une pierre et s'était fossilisé) étaient réputées susciter des visions prophétiques, guérir la fièvre et repousser les maléfices et les animaux venimeux. La Corne d'Ammon est aussi l'autre nom de l'hippocampe, une structure du cerveau qui joue un rôle central dans la mémoire et la navigation dans l'espace. (Photo Masur)

 

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Des ammonites aux formes variées, par Ernst Haeckel (1834-1919), naturaliste allemand, 1904.

 

A l'instar de la corne de bélier, l'ammonite est mouvement, onde et spirale. Elle symbolise l'élan vers la vie et la transmission des secrets enfouis. La corne spiralée, emblème solaire de force, de fécondité et de régénération, était vénérée par différents peuples, sur différents continents. Elle évoque, à l'instar du sang et du feu, une alchimie de vie, de mort et de fécondité.

 

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 Nous retrouvons ces formes spiralées sur le chaudron de Gundestrup, objet sacré datant du 2e siècle avant J.-C. et exhumé en 1891 dans une tourbière du Jutland, au Danemark. Le dieu celte Cernunnos aux bois de cerf, maître des animaux de la forêt, y apparaît assis dans une posture yogique. Il brandit un torque de la main droite et un serpent à tête de bélier de la main gauche.

 

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Familier du dieu des saisons, de la chasse et de la prospérité, le serpent hybride peut apparaître comme la représentation du mariage de l'Eau et du Feu, une émanation de l'énergie vitale et de la puissance indomptable de la nature.

 

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 Thor, le dieu nordique de l'orage, crée la foudre avec son marteau Mjöllnir afin de combattre les géants, incarnation des forces du chaos. Il se déplace dans un char tiré par deux boucs béliers: Tanngnjost (Dents Grinçantes) et Tanngrisnir, (Dents Étincelantes).

 

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Bélier de la fontaine Louvois, dans le 2e arrondissement de Paris.

 

Dans la Grèce antique, Hermès, le messager des dieux, guide des voyageurs sur les routes et conducteur des âmes des morts (Hermès Psychopompe) était parfois représenté comme un porteur de bélier (Kriophoros).

 

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Hermès Criophore, copie romaine d'un original grec du Ve siècle avant J.-C. (Rome, musée Barracco.)

 

Hermès Criophore et Apollon Karneios, dieu solaire aux cornes de bélier, ont présidé à des rites pastoraux qui répondaient à une volonté purificatrice.

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Statère d'argent à l'effigie d'Apollon Karneios, Ve siècle avant J.-C.

 

Dans les mythes grecs, Hermès détourna une épizootie en portant un bélier sur ses épaules et Apollon repoussa, grâce à ses cornes spiralées, les bêtes sauvages, les miasmes et les créatures malfaisantes. Ces croyances méditerranéennes sont à l'origine de la représentation du Christ Bon Pasteur, le Christ qui porte un bélier, un mouton ou un agneau sur ses épaules.

 

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Le Bon Pasteur, marbre du Vème siècle. Musée du Vatican, Rome. (Cliché FCL)

 

Le monde chrétien fit une lecture négative du symbole du bélier, en raison de son caractère martial, de sa vive sexualité et de ses relations avec le paganisme. L'Agneau de Dieu (Agnus Dei) devint alors une variante « purifiée » du bélier, offert en sacrifice pour le salut des pêcheurs. Ainsi, dans la Genèse (22, 13), le bélier est substitué à Isaac au moment du sacrifice d'Abraham.

 

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Agnus Dei photographié dans l'église Saint Ignatius à Chestnut Hill (Massachusetts), par John Workman.

 

Animal solaire, fécond, sacrificiel, le bélier est celui qui transporte les prières et les voeux. Dans la Chine ancienne, il symbolisait, à l'instar de la licorne, la monture des Immortels et il apparut, en Inde, comme un véhicule magique pour certaines divinités.

 

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 Dans les Védas (textes hindouistes sacrés), il est associé à Agni, le dieu du feu aux deux visages. Il est aussi l'un des attributs d'Indra, le seigneur du ciel et la monture de Kuvera, divinité gardienne des plus grands trésors, ce qui rappelle le mythe de la Toison d’Or.

 

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Pour les Yorubas, un peuple d'Afrique occidentale, le bélier est un animal royal au caractère fier, fiable et courageux. Il est aussi le symbole du dieu du tonnerre Schango, le porteur de hache. Le tonnerre est considéré comme le cri de l'animal, émanation de sa puissance fécondante et guerrière.

 

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 Ce pendentif en bronze, en forme de tête de bélier, décorait une robe cérémonielle de tissu rouge portée par l'Orufanran, chef militaire du royaume Yoruba. (Cote cliché: 98-007195. N° d’inventaire:73.1997.4.141. Crédit photographique:Jean-Gilles Berizzi. Paris, musée du quai Branly.)

 

Plusieurs peuples d'Afrique vénèrent le Bélier Céleste, divinité agraire qui règne sur la fécondité. Ils le représentent juché au-dessus d'un épi de maïs, l'extrémité de sa queue se métamorphosant en une tête de serpent. Les Dogons croient que le Bélier Céleste porte une Calebasse, la matrice du soleil, entre ses cornes testicules et qu'il apporte les orages en se déplaçant au firmament. Il dispose d'un phallus dressé sur son front qui lui permet de féconder la calebasse et quand il urine, la terre des Hommes se gorge de pluie bienfaisante. Sa toison est faite de feuilles vertes ou de cuivre rouge.

 

Après ce voyage à travers la symbolique du bélier et les légendes qui lui sont associées, je ne résiste pas au plaisir de vous montrer cet amour insolite né, fin 2011, entre un bélier et une biche au parc animalier de Kunming, dans la province du Yunnan, en Chine.

 

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 Changmao, le bélier blanc à « Longue Toison » et Chunzi, « la Pure » éprouvent une affection qui intrigue les gardiens et les spécialistes en comportement animalier. Ils s'accouplent plusieurs fois par jour, se câlinent et refusent de se quitter. Ils ont même été officiellement « mariés », le 14 février 2012.

 

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Bélier gardien de l'hôtel de Sandreville dans le quartier du Marais.

 

Animal mythique, le bélier a donné son nom à la machine de guerre qui permettait d'enfoncer les portes et les murs des villes et des monuments assiégés. Il est celui qui pénètre, de manière ambivalente, pour détruire et féconder car après le temps du chaos vient toujours le temps de la reconstruction et de la reverdie. Les vieux mondes s'écroulent et d'autres mondes voient le jour mais la mémoire de « ce qui fut » ne saurait disparaître.

 

Ainsi, si sa constellation brille de manière assez discrète dans le ciel nocturne, c'est parce que la mythique Toison d'Or a retrouvé sa place au sommet du chêne sacré, dans le mystérieux royaume de Colchide, et qu'un dragon sommeille tout autour de l'arbre, comme le prétendent les traditions hermétiques...

 

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Magnifique vase des Tuileries.

 

Sur ces bonnes paroles, avec mes cornes vrombissantes (rires!) je vais déguster, en charmante compagnie, mon gâteau d'anniversaire et, à défaut de pouvoir partager une succulente part avec vous (ce que j'aurais bien aimé faire), je vous adresse mes amicales et facétieuses pensées!

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #fleurs, #iris, #siecle, #tulipe, #xve

Entre deux giboulées, les fleurs jaillissent, émaillant le paysage de leurs enivrants atours. Muses mystérieuses, elles m'ont inspiré le poème que je viens vous offrir...

 

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Déesse du Printemps

 

Née du limon et de la sève

De la cire étrange des rêves

Du rire doré de la source

Et des étoiles dans leur course

 

Gorgée sous la terre glacée

Du sang des monstres fracassés

Elle boit la flamme nourricière

Qui hante les yeux des sorcières

 

Les voeux sauvages la consument

Elle danse à l'orée de la brume

Dans ses voluptueux habits

Veinés de rose et de rubis

 

Ombres de fées sous les iris

La lune imprègne les calices

Où s'entrelacent les couleurs

Elle tisse la fièvre des fleurs

 

Le parfum âcre de la nuit

Le chuchotement de la pluie

Aimantent son âme féline

Vers l'antre bleu des Mélusines...

 

Cendrine

 

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Emportés par la beauté des textures et des couleurs, promenons-nous à travers l'Herbier du Printemps...

 

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La Tulipe est appelée « celle qui brûle mon coeur »... D'après une légende persane, elle naquit des larmes et du sang versés par une jeune fille à la recherche de son bien-aimé dans le désert.

 

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Originaire d'Asie Centrale, la tulipe est une plante vivace bulbeuse de la famille des Liliacées. Au début du XVIIe siècle, on cultivait déjà cent quarante espèces et plusieurs milliers de variétés. Sa tige solitaire, quelquefois ramifiée vers le haut et garnie de feuilles charnues mais peu nombreuses, atteint environ 80 cm de hauteur.

 

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La tulipe apprécie les lieux ensoleillés mais de préférence protégés du vent. Les bulbes plantés entre l'automne et l'hiver fleurissent au printemps. Les fleurs délicates révèlent alors leurs coloris variés, unis, bicolores ou striés, du blanc pur au bleu presque noir, du rose au rouge, du violet au jaune...

 

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Le mot tulipe dérive du turc tülbend et du persan tulipan qui signifient « turban ». Dans des chroniques persanes du XIVe siècle, les turbans jaunes et rouges des soldats sur les champs de bataille étaient comparés à d'immenses champs de tulipes.

 

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La tulipe est un symbole d'amour. Quand elle frissonne doucement, elle embrase le coeur des amants. Incarnation de l'amour divin, elle est réputée flétrir si elle est éloignée des rayons du soleil.

 

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Dans l'ancienne Perse et en Turquie, ses bulbes jouaient un rôle crucial dans les échanges commerciaux. Elle fut introduite en Occident au XVIe siècle.

 

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Les tulipes rouges, les tulipes panachées et les tulipes « célestes » furent, au fil des siècles, particulièrement appréciées.

 

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Les pétales marbrés, véritables « friandises visuelles », sont le fruit de la présence d'un virus, le potyvirus, appelé aussi « virus de la mosaïque de la tulipe ».

 

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Le naturaliste et apothicaire Pierre Belon (1517-1564) voyagea dans les Pays du Levant vers le milieu du XVIe siècle.

 

Il publia en 1553 un ouvrage dans lequel il décrivit la tulipe, appelée lil rouge, avec une grande précision. Il ramena des bulbes en Europe, de même qu'Ogier Ghiselin de Busbecq, ambassadeur de l'empereur Ferdinand Ier à la cour du sultan de Constantinople Soliman le Magnifique.

 

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Ogier Ghiselin de Busbecq (1522-1592).

 

Mais la notoriété accordée à la tulipe en Europe est indissociable des travaux de Charles de l'Écluse (1525-1609).

 

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Ce médecin et botaniste flamand fut l'initiateur de l'un des premiers jardins botaniques d'Europe. La culture de la tulipe devint aux Pays-Bas une véritable institution et cette vogue se transforma en tulipomanie au XVIIe siècle.

 

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En 1559, le médecin, naturaliste et encyclopédiste Conrad Gesner (1516-1565) décrivit, dans le jardin d'un magistrat à Augsburg, en Allemagne, une somptueuse tulipe rouge, qui lui fit penser à un lys écarlate. La tulipe prit le nom de tulipa gesneriana.

 

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En 1561, il publia la première illustration de sa fameuse tulipe dans le De Hortis Germaniae Liber Recens.

 

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L'engouement pour la tulipe fut tel qu'on institua à Amsterdam une bourse spécialisée dans la vente de bulbes. De nombreux passionnés parièrent sur les nouvelles couleurs obtenues au fil du temps.

 

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La tulipomanie atteignit son apogée en 1636. En 1610, un brasseur échangea son établissement contre un bulbe de tulipe et un meunier céda son moulin dans les mêmes conditions. Mais les cours de la précieuse fleur s'effondrèrent brutalement en 1637.

 

Au XVIIe siècle, la tulipe apparut dans de nombreuses natures mortes flamandes et dans des tableaux qui dénoncèrent, par le biais d'éléments symboliques, cette débâcle économique et les conséquences dramatiques qui en résultèrent.

 

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Le Triomphe de Flore dans le Char de la Fortune, par Hendrick Pot (1580-1657), en 1637.

 

Flore, la déesse des fleurs et du Printemps, a les bras chargés de tulipes. Elle trône sur un char emporté par le vent, emblème d'inconstance. Les personnages qui l'accompagnent arborent le capuchon des fous, décoré de tulipes. Ils désignent l'Alcoolisme, l'Escroquerie et l'Avarice. Des tisserands, abusés par la folie spéculative autour de la tulipe, suivent le char, sans se soucier des conséquences. Une femme aux deux visages, allégorie de la vérité et du mensonge mais aussi de la « fortune aux deux visages », mène l'étrange procession.

 

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Vanitas de Philippe de Champaigne, 1646.

 

La tulipe occupe une place privilégiée dans les natures mortes et les Vanités du XVIIe siècle. Elle est associée aux richesses ostentatoires qui peuvent disparaître à tout moment, telles une bulle de savon qui éclate.

 

Dans cette oeuvre allégorique majeure, l'artiste met en scène, sur un fond noir, des objets caractéristiques de la fragilité de l'existence humaine: le crâne évoque l'inéluctabilité de la mort; le sablier, le temps qui s'écoule irrémédiablement et le vase brillant d'où émerge une tulipe, le monde des illusions. La fleur coupée symbolise la brièveté de la vie et la beauté éphémère dont il faut jouir avec sagesse.

 

Il s'agit d'un « memento mori », une oeuvre fondée sur l'adage « souviens-toi que tu vas mourir », destiné à faire prendre conscience à l'homme qu'il est inutile de vouloir accumuler les richesses et vain de s'attacher aux plaisirs de son époque.

 

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Vanitas de Jacob de Gheyn, 1603.

 

Dans ce tableau, nous trouvons des éléments caractéristiques de la Vanité: le crâne, la tulipe coupée qui émerge du vase mais aussi des pièces de monnaie venant corroborer ce que j'ai exposé plus haut. Deux personnages sculptés, des philosophes, désignent une grande bulle translucide, royaume d'illusion, de tromperie et de vacuité...

 

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En Orient, la tulipe était considérée comme un porte-bonheur et un symbole d'amour et de prospérité. Certains bulbes valaient le prix de plusieurs joyaux.

 

Les poètes persans célébrèrent la tulipe dès le XIIIe siècle. Ils décrivirent des jardins imaginaires peuplés de tulipes multicolores et de roses parfumées.

 

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La tulipe ornait les robes de brocart de Soliman le Magnifique (1494-1566), les tapis de ses palais, les vases précieux, les chanfreins de ses chevaux. Sous son règne, les jardins de l'empire ottoman, de l'Égypte à la Crimée, de l'Inde aux Balkans, se couvrirent de tulipes.

 

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Des tulipes, accompagnées d'une mouche ichneumon, illustrées par Joris Hoefnagel dans l'ouvrage Mira Calligraphiae Monumenta, en 1590.

 

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Tulipe et poire de Joris Hoefnagel, 1590.

 

Dans le folklore européen, la tulipe flamboyante évoque le renouveau. Elle est considérée comme un talisman végétal.

 

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On fabriquait autrefois, en Europe de l'ouest, des berceaux pour les bébés des fées avec des tulipes roses ou rutilantes.

 

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La ville de Leyde, aux Pays-bas, abrite le célèbre jardin du Keukenhof où s'épanouissent de luxuriantes plantes à bulbes. Des « forêts » de tulipes y sont exposées chaque année.

 

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L'action du roman d'Alexandre Dumas et d'Auguste Maquet, la Tulipe Noire, écrit en 1850, se déroule dans la ville de Haarlem, aux Pays-Bas, trente-cinq ans après la crise de la tulipe. Le héros de l'histoire, Cornélius Van Baerle, s'engage dans une quête quasi mystique: créer une tulipe noire, émanation des rêves et de l'alchimie du désir...

 

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(Image issue du catalogue horticole Meilland)

 

La tulipe est associée à un personnage facétieux, Fanfan la Tulipe, incarné au cinéma par Gérard Philipe, en 1952, dans le film de Christian-Jaque, et par Vincent Perez, en 2003, dans le film de Gérard Krawczyk. Le jeune Fanfan s'engage dans l'armée pour échapper à un mariage forcé. Après de picaresques aventures, il sauve des griffes de bandits de grand chemin la marquise de Pompadour, maîtresse de Louis XV, et reçoit en récompense une broche en forme de tulipe...

 

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(Image trouvée sur le site MoviePosters.2038.net)

 

Fanfan la Tulipe est un personnage populaire, immortalisé par le chansonnier Émile Debraux,en 1819, sur un air anonyme du XVIIIe siècle.

 

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Malgré les giboulées, les fleurs du Printemps sont gorgées de lumière et de pensées poétiques et précieuses.

 

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Cette superbe fleur bleue, au port gracieux, nous dévoile ses atours de reine...

 

Présent sur tous les continents, l'Iris offre, depuis des millénaires, ses secrets de beauté et son impressionnante palette colorée.

 

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Il existe environ 210 espèces d'iris, plantes vivaces herbacées à bulbes ou à rhizomes qui appartiennent à la famille des Iridacées. Elles poussent dans les régions tempérées de l'hémisphère Nord, en Europe, en Asie, en Afrique du nord et en Amérique. Elles apprécient les terrains secs et les lieux humides. La forme et la couleur de leurs fleurs hermaphrodites sont très variées. Elles évoluent du blanc pur au pourpre chatoyant, du jaune d'or au bleu violacé et se dressent au sommet d'une hampe robuste encadrée de feuilles qui ressemblent à des pointes de glaive.

 

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Dans l'Égypte ancienne, l'iris était associé à la puissance magique des dieux. Symbole de pouvoir et d'éloquence, il était ciselé sur le front des sphinx et sur les sceptres royaux. L'iris violet figurait, il y a 3500 ans, sur les fresques du temple de Karnak.

Les Grecs le consacrèrent à Iris, messagère des dieux de l'Olympe, qui déroulait entre ciel et terre le pont de l'arc-en-ciel. Dans l'antique Athènes, des jardins d'iris odorants honoraient la déesse psychopompe, conductrice des âmes féminines vers le Paradis grâce à une ceinture ou à une écharpe magique aux couleurs irisées. (Les âmes masculines étaient guidées par le dieu Hermès.)

D'après une légende, les dieux invitèrent les fleurs à les rejoindre sur l'Olympe. Elles se présentèrent, sauf une, dans leurs plus beaux atours. Héra, la reine des dieux, prit en pitié la petite créature terne et chiffonnée qui tremblait à ses pieds. Elle fit tisser pour elle une robe merveilleuse aux couleurs de l'arc-en-ciel. Dès lors, elle fut Iris...

 

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L'iris commun se nomme « lys en épée » dans la langue germanique, en raison de la forme pointue de ses longues feuilles. Il fut confondu avec le « lys de France » qui était à l'origine une fleur d'iris.

D'après la légende, le roi Louis VII sortit sain et sauf d'une bataille qui se déroula dans un marécage constellé d'iris. Il choisit alors cette fleur fatidique pour emblème. Mais la « fleur de Louis » finit par se confondre phonétiquement avec la « fleur de lys ». Une autre légende prétendit que le roi franc Clovis choisit l'iris pour emblème après avoir échappé aux Goths grâce aux iris des marais qui le dissimulèrent.

 

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Cultivé par les égyptiens, les babyloniens, les grecs, les hébreux..., l'iris trouva, au fil des siècles, des applications médicales et cosmétiques variées.

Certaines espèces d'iris sont très recherchées pour leur rhizome, gorgé d'une substance odorante appelée l'irone. Les plus parfumés sont l'Iris germanica et l'Iris pallida ou iris blanc de Florence, cultivé depuis fort longtemps en Italie et au Maroc.

La reine Catherine de Médicislança la mode de l'eau d'iris et la poudre d'iris fit fureur au 17e siècle. Obtenue à partir du rhizome pilé et tamisé, cette poudre imprimait sur les cheveux, la peau et les vêtements une délicieuse odeur de violette, due à sa forte concentration en irone. On l'emploie toujours comme fixateur de parfum.

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Théophraste (371-288 avant J.-C.), célèbre philosophe et botaniste grec, recommandait l'iris pour calmer la colère et les humeurs violentes.

 

Dans la pharmacopée populaire, la décoction légère de racine d'iris était réputée apaiser la toux et les poussées dentaires douloureuses des enfants. L'eau d'iris a de puissantes vertus astringentes, préconisées, depuis le Moyen-âge, par la célèbre abbesse Hildegarde de Bingen (1098-1179).

 

Les Indiens d'Amérique du Nord l'utilisaient pour ses propriétés antalgiques, purgatives et diurétiques mais, à doses trop fortes, l'iris peut provoquer des vomissements et n'est pas du tout conseillé aux femmes enceintes.

 

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Dans la France médiévale, l'iris symbolisait la fécondité et le renouveau. Traditionnellement associé à la Vierge Marie, à l'instar du lys, il apparaît dans de nombreuses Annonciations mais il évoque aussi la douleur éprouvée par Marie face à la mort du Christ.

 

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Dans le Berry, l'expression flambe de four désigne l'iris à fleurs bleues, fréquemment planté sur le toit des anciens fours dans un but protecteur.

 

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D'après les anciennes légendes britanniques, des trésors se lovent sous les rhizomes des iris des marais, les lieux marécageux étant associés aux mondes magiques et aux initiations druidiques.

 

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Au Japon, l'iris est particulièrement prisé. Emblème de protection et de purification, il est « fixé » sur les toits de chaume et ses feuilles, infusées dans l'eau des bains, sont réputées repousser les maléfices et les maladies.

 

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L'iris figure dans les armoiries de plusieurs villes: Florence, Bruxelles, Québec... et dans les plus beaux jardins, comme celui des Tuileries qui occupera une place privilégiée dans mes articles, au cours des semaines à venir...

 

Je rédige assidûment mais je n'oublie pas de m'oxygéner, dès que possible, et je contemple la Nature, avec un bonheur infini...

 

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Bien à l'abri dans l'enceinte des Tuileries, une famille canard vaque à ses activités, entre deux averses...

 

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Face à leur abondante et facétieuse progéniture, papa et maman canard ne savent plus où donner de la tête!

 

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Ces galopins filent à toute vitesse, ce qui explique le côté un peu flou de certaines photos, mais le spectacle est si adorable...

 

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Ces amoureux viennent de prendre leur bain...

 

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Le jardin, juste avant la giboulée...

 

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Les promeneurs ont déserté les lieux. Je me suis attardée mais je serais bientôt trempée...

 

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Je ne serais pas la seule finalement!

 

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Cette belle enchanteresse, je vous l'offre, avec tout mon coeur, pour vous remercier de vos visites et de vos si gentils commentaires...

 

Bibliographie

 

DUBOIS-AUBIN, Hélène

L'esprit des fleurs: mythes, légendes et croyances. Le Coudray-Macouard: Cheminements, 2002.

 

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FLORIDUS, Macer:

De viribus herbarium. Fin XVe siècle. Figures des plantes gravées en bois, au simple trait.

Les Fleurs du Livre des Vertus des Herbes, composé jadis en vers latins par Macer Floride, et illustré de commentaires de Guillaume Gueroult, le tout mis en français par Lucas Tremblay. Rouen: M. Mallard, 1588.

 

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GEVERS, Marie:

L'herbier légendaire. Paris: Stock, 1991.

 

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Iris d'Albrecht Dürer, 1503.

 

REUTTER DE ROSEMONT, L.:

Histoire de la pharmacie à travers les âges. 2 vol. in-8. Paris: 1931-1932.

 

Tulipes, une anthologie.Éditions Citadelles&Mazenod, 2011. Il s'agit d'un ouvrage relié qui comporte des photographies sublimes de Ron Van Dongen(spécialisé dans les études de fleurs en couleurs et les natures mortes en noir et blanc).

La préface a été rédigée par Anna Pavord, titulaire en 2001 de la Médaille d'or de la Royal Horticulture Society et spécialiste de la tulipe. Un régal...

 

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Iris et mots, par Céline Sachs-Jeantet, 2007.

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #eglise, #saint, #severin, #siecle, #xve

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Cette église de style gothique flamboyant se situe rue des Prêtres-Saint Séverin, dans le Quartier Latin. Elle se dressait autrefois dans un lacis de rues et de ruelles tortueuses, peuplées de boutiques et de très vieilles maisons. Première étape du pèlerinage vers Saint-Jacques de Compostelle, en partant de Notre-Dame, elle connut, au fil des époques, de nombreuses métamorphoses.

 

L'édifice que nous contemplons aujourd'hui date en majorité du XVe siècle mais il existait, au VIe siècle, un oratoire où priait l'ermite Saint-Séverin.Ce dernier fut le maître spirituel de Clodoald, petit-fils de Clovis et futur Saint-Cloud.

 

Une chapelle fut édifiée après sa mort mais les Normands la saccagèrent. Une église romane fut érigée à la fin du XIe siècle avant d'être remplacée, au XIIIe siècle, par une église gothique. Sur le bas-côté nord, s'élançait une tour-clocher.

 

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Suite à un incendie, en 1448, des travaux de reconstruction furent engagés par Guillaume d'Estouteville, l'archiprêtre des lieux. Une grande tour (1487), un magnifique chevet (1489-1495) et une série de chapelles (1498-1520) virent le jour.

 

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Le Portail Occidental (XIIIe siècle)

 

En 1837, le portail de l'ancienne église Saint-Pierre-aux-Boeufs fut inséré dans la façade occidentale de Saint-Séverin.

 

De part et d'autre, six colonnes sont décorées de guirlandes végétales. Au-dessus, dans le tympan, la Vierge à l'Enfant reçoit les honneurs de deux anges. Joseph-Marius Ramus (1805-1888) illustra, de cette manière, le thème de l'Espérance.

 

 

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La Tour-Clocher du XVe siècle est la plus haute de Paris. Au sommet de la flèche, trône Macée, une cloche fondue en 1412. Pinacles, lucarnes et lanternon sommé d'une croix couronnent la partie supérieure de la tour.

 

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Les flammèches de la verrière occidentale sont caractéristiques de l'art gothique flamboyant.

 

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Un des masques joufflus, sentinelles de l'église contre les forces du mal.

 

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Sous la forme de créatures chimériques, les gargouilles permettent l'évacuation des eaux de pluie. Nées au XIIIe siècle à Notre-Dame de Paris, elles cristallisent, au XIVe et au XVe siècle, l'imagination des tailleurs de pierre.

 

Elles incarnent, tout autour de l'édifice religieux, une armée de pierre contre les puissances diaboliques.

 

La Nef de Saint-Séverin

 

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Depuis le choeur, on aperçoit les voûtes d'ogives et les grandes orgues qui masquent en partie la rose occidentale.

 

Dans cette nef spacieuse, dotée de doubles collatéraux, des vitraux du XIXe siècle composent un magnifique décor. Ils sont l'oeuvre du dessinateur et verrier Émile Hirsch (1832-1904).

 

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Saint-Louis porte la couronne d'épines.

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Dans les collatéraux, les vitraux ont été réalisés par Émile Hirsch et Édouard-Amédée Didron (1836-1902).

 

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Sainte-Anne et la Sainte-Famille.

 

Dans les travées des étages supérieurs, les vitraux des XIVe et des XVe siècles décrivent des épisodes de la vie des Apôtres et des Saints Martyrs.

 

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Cette clef de voûte, qui date peut-être du XVe siècle, représente un petit château dans lequel un homme et une femme semblent se disputer violemment.

 

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Le buffet d'orgue que nous admirons date de 1745. Le menuisier François Dupré et le sculpteur Jacques-François Fichon l'exécutèrent dans un style Louis XV.Le facteur Alfred Kernde Strasbourg effectua sa restauration en 1960.

 

La qualité de ses ornements rocaille (têtes d'angelots, trophées d'instruments, vases et rinceaux) est remarquable.

 

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La partie haute de la tribune est couronnée par le vitrail de la Vierge à l'Enfant, nimbée de rayons solaires. La verrière de la rose représente l'arbre de Jessé (1500).

 

Le Choeur

 

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Reconstruit entre 1489 et 1495, il est entouré d'une « palmeraie »(forêt de voûtes et de colonnes) et abrite une prouesse architecturale: le « pilier tors ».

 

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Cet arbre de pierre aimante le regard par la finesse de ses nervures et les jeux d'ombre qui serpentent à sa surface. Il trône au chevet de l'église comme une émanation de « l'arbre de vie », incarnant la force de la foi, la renaissance et la victoire de la lumière sur les ténèbres.

 

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Tel Atlas, le géant de la mythologie grecque, qui soutient le monde sur ses épaules, le pilier tors équilibre la structure complexe des voûtes de l'abside. Ses nervures rayonnantes composent, dans un jeu de clair-obscur, une savante broderie. Adulé par le romancier et critique d'art Joris-Karl Huysmans,(1848-1907), il est un superbe exemple du savoir-faire des maîtres-bâtisseurs et des tailleurs de pierre du Moyen-âge.

 

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Un double déambulatoire ceinture le choeur de l'édifice. Il est formé par deux rangées de hautes colonnes voûtées d'ogives.

 

En 1684, la duchesse Anne de Montpensier, cousine de Louis XIV, commanda pour le choeur un décor de marbre. Il fut sculpté par Jean-Baptiste Tuby (1635-1700) d'après un dessin de Charles Le Brun (1619-1690).

 

Dans les chapelles rayonnantes, se dévoile une série de vitraux modernes, réalisés par le peintre Jean Bazaine(1904-2001). Installés en 1970, ils symbolisent les sept sacrements.L'artiste s'inspira d'un vieux puits réputé guérisseur,inséré dans l'église flamboyante. Du bleu (l'Eau), en passant par le jaune (la Lumière), son oeuvre nous fait cheminer vers le rouge (le Feu de l'Esprit), le pourpre et le violacé.

 

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Entre 1852 et1865, des fresques furent exécutées dans les différentes chapelles par des artistes comme Hippolyte Flandrin (1809-1864), Alexandre Hesse (1806-1879), François-Joseph Heim (1787-1865) ou Jean-Léon Gérôme (1824-1904).

 

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L'Arbre de Jessé, (arbre généalogique du Christ), 1859.

 

L'église est aussi un écrin pour des tableaux du XVIIe siècle. Au-dessus de la porte de la sacristie, on aperçoit un tableau de Claude Vignon (1593-1670), l'un des maîtres de la peinture d'époque Louis XIII.

 

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Saint-Paul est en pleine méditation sur la parole qu'il vient d'écrire, appuyé sur une épée.

 

La faible lumière ambiante et les contrastes d'éclairage dans les tableaux ne m'ont pas permis d'obtenir des photos de meilleure qualité.

 

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Saint-Luc écrit son évangile. Cette peinture qui évoque un éclairage à la chandelle est peut-être l'oeuvre de Trophime Bigot (1579-1650) ou d'un élève de l'atelier de Georges de la Tour (1593-1652).

 

Le Territoire des Morts

 

« Bonnes gens qui par ici passez

Priez Dieu pour les trépassés ».

 

Jusqu'au début du XXe siècle, on lisait cette inscription sous le porche de la tour-clocher.

 

Les fondations de Saint-Séverin reposent sur un ancien cimetière. Au XIIIe siècle, de nombreux ossements furent placés dans un charnier, situé au sud de l'église.

 

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Des galeries à arcades étaient autrefois dévolues au culte des défunts. Elles abritaient des autels de dévotion, des ossuaires et des tombeaux pour les notables parisiens. Au centre de la cour, les déshérités étaient enterrés dans une fosse commune. Au XIXe siècle, on y exhuma des sarcophages mérovingiens.

 

Dans cet étrange univers, un condamné à mort qui souffrait de calculs rénaux subit une opération chirurgicale, en 1474. Après son rétablissement, il fut gracié.

 

Au XVIIe siècle, les anciens ossuaires furent transformés en lieux d'habitation pour les prêtres.

 

En 1663, l'architecte Jules-Hardouin Mansart (1646-1708) érigea une chapelle ovale sur une partie de l'ancien charnier attenant à la nef, la Chapelle de la Communion. Ce lieu est, de nos jours, réservé à la prière.

 

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Dans ce jardin où le temps est comme suspendu, une forêt de gargouilles semble prête à s'élancer dans les airs. Il y règne une troublante atmosphère...

 

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La dalle funéraire de Nicolas de Bomont.

 

De retour dans l'église, nous nous arrêtons devant cette pierre sculptée du XVIe siècle. Elle fut placée, en 1842, au-dessus de la porte de l'ancien trésor, à gauche de la sacristie.

 

Marchand parisien, Nicolas de Bomont se fit représenter, avec sa femme Robine de Cuyndel et leurs dix enfants, agenouillés devant Jésus, la Vierge et Saint-Jean.

 

De nombreuses pierres tombales ont été retirées des ossuaires de Saint-Séverin. Elles nous livrent un témoignage capital sur l'iconographie funéraire de la fin du Moyen-âge et de la Renaissance.

 

Outre la dévotion rendue aux défunts, l'église Saint-Séverin abritait deux cultes majeurs: ceux de la Vierge et de Saint-Martin.

 

Au XIIIe siècle, devant la statue de Notre-Dame de Bonne Espérance, les étudiants prêtaient serment de toujours bien se comporter. La Vierge de bois disparut au XVIIIe siècle et fut remplacée par une oeuvre en pierre monumentale, due au sculpteur Bridan.

 

Un puits creusé dans la chapelle de la Vierge était associé à ce culte marial. Son eau était réputée guérir la fièvre et les écrouelles.

 

Saint-Martin faisait aussi l'objet d'une importante vénération. Les voyageurs à cheval brûlaient des cierges en son honneur.

 

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Saint-Martin partageant son manteau. Ce fronton, sculpté en 1853 par Jacques-Léonard Maillet(1823-1895), illustre le thème de la Charité.

 

L'église Saint-Séverin conservait une précieuse relique: une partie du manteau de Saint-Martin offerte par les chanoines de Saint-Martin de Champeaux, dans la Brie.

 

Une vieille coutume magico-religieuse consistait à faire marquer les chevaux avec « la clef de fer, rougie au feu, de la chapelle vouée à Saint-Martin ».

 

Les étudiants se plaçaient sous sa protection. « Ils fixaient, dès leur arrivée dans la ville, les fers de leur monture sur la porte qui s'ouvre, (…), là où la rue des Prêtres prend en écharpe la rue Saint-Séverin. » J-K Huysmans: La Bièvre et Saint-Séverin. 1898.

 

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Autour de Saint-Séverin

 

La rue des Prêtres-Saint-Séverin porta d'abord les noms de ruelle de l'Archiprêtre et de rue aux Prêtres.

 

La rue Saint-Séverin est une ancienne voie gallo-romaine qui rejoignait la rue de la Harpe.

 

Face à l'église, se dressait au XVIIIe siècle une maison à l'Enseigne de l'Ange. Une célèbre Imprimerie, celle de Jacques et Philippe Vincent (père et fils), y avait établi ses quartiers. Ces deux libraires éditèrent le Dictionnaire de Trévoux (1704-1771), un ouvrage charnière qui, sous la houlette des Jésuites, présentait une vision synthétique des dictionnaires des XVIe et des XVIIe siècle.

 

A la fin de l'année 1730, la rue fut le théâtre du « Massacre des Chats ». Dans un élan de rage collective, les ouvriers de l'Imprimerie traquèrent et tuèrent une grande quantité de chats.

 

A la Révolution, l'église fut transformée en dépôt de poudre et de salpêtre mais les vieux ossuaires, une partie du grand « livre de verre » et du mobilier ecclésiastique survécurent à cette période troublée.

 

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Sainte Marie-Madeleine, 1876.

 

Grimoire esthétique et spirituel, Saint-Séverin nous offre son histoire complexe et tissée de croyances mystérieuses. Bien moins célèbre que Notre-Dame, elle mérite amplement d'être visitée. A travers elle, nous cheminons dans les arcanes de Paris, à la rencontre d'un patrimoine d'une surprenante richesse.

 

Bibliographie

 

Jacques-Antoine DULAURE: Histoire de Paris. Paris: Gabriel Roux, 1853.

 

Abbé A. GONDRET: Notice historique et descriptive sur l'église Saint-Séverin. Paris: P. Chéronnet, 1900.

 

Joris-Karl HUYSMANS: La Bièvre et Saint-Séverin. 1898.

 

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