BLOG EN MODE BUISSONNIER
Je vous souhaite un très bel été!


Arthur Rackham (1867-1939), Le songe d'une nuit d'été, 1908.
Lovée dans la chaleur, suspendue au bleu de mes pensées, je contemple les étoiles et l'envie de laisser danser ma plume sur le papier monte, comme une vague, dans l'encrier de la nuit.

Maxfield Parrish (1870-1966), Rêveries, 1913.
Nuit d'été
Valse rubis frisson d'argent
Au clair de lune miroitant
Le feu délie son écriture
Et nos secrets sous la ramure
Étreins ce chant né de la terre
Ivre de braise à l'horizon
Le chemin rouge de lumière
Serpente au souffle des moissons
La nuit a bercé le soleil
Courons au verger mystérieux
Ravir les étranges merveilles
Gorgées de la sève des dieux
Sais-tu que mon âme a dansé
Jusqu'aux nacres de l'océan
Insaisissable au bal des fées
Nue sous le chêne des amants
L'arbre où fusionnent les murmures
Et les sortilèges du temps
L'or émeraude et les diaprures
Le miel de l'ombre avec mon sang...
Cendrine

Maxfield Parrish, Étoiles.
A l'heure où les sirènes dansent
Le vent file sur son rouet
Cette étrange luminescence
Qui s'évapore en mots de fée...
Magiques nuits d'été...
Des paysages ambivalents de l'Angleterre Victorienne aux incomparables lumières du Nord de l'Europe, elles se parent de mystère et dévoilent leur beauté, inspirant de nombreux peintres au fil des époques.

John Simmons (1823-1876), Nuit d'été.

John Simmons, Une fée parmi les liserons.
Ce peintre, originaire de Bristol en Angleterre, exerça d'abord le métier de miniaturiste d'où l'extrême précision apportée aux détails entourant chacun de ses personnages. En pleine vogue préraphaélite, il se spécialisa dans la peinture de nus féeriques.
L'observation de la Nature était primordiale pour les artistes victoriens. La fée devint une muse de l'histoire naturelle, insufflant à l'artiste le désir de peindre le vivant, les pulsations des couleurs, les scintillements de la rosée, de la lumière et de l'eau.

L'étoile du soir
Le ciel d'été est tapissé de nombreuses étoiles, diamants dont la luminosité envoûte ceux qui cheminent dans les méandres de la nuit. Au crépuscule jaillit Vénus, « l'étoile du berger », en orbite autour du soleil, qui se love dans le ciel du soir ou dans le ciel du matin.

L'étoile du matin
Vénus nous aimante vers les nacres stellaires de la Voie Lactée. Les anciennes croyances nous chuchotent que les rêves s'y forment et que les voeux papillonnent dans l'immensité, gorgés du lait de la déesse Héra qui s'est répandu dans le ciel après que le héros Héraclès, encore nourrisson, l'ait tété en secret pour acquérir l'immortalité.
Au-dessus de nos têtes, nébuleuses et constellations tourbillonnent et serpentent dans le vaste univers entre sombres veines et filaments argentés.
De temps à autre, mue par une fabuleuse énergie gravitationnelle une étoile tombe dans un fracas de poussière opalescente.

Witold Pruszkowski (1846-1896), peintre et illustrateur polonais, Étoile tombante, 1884.

John Atkinson Grimshaw (1836-1893), Esprit de la nuit, 1879.
Artiste de l'époque Victorienne, préoccupé par les modifications industrielles de son temps, il excellait à peindre les clairs de lune, les effets de lumière changeante et les paysages aussi bien urbains que ruraux. Cette fée d'une nuit d'été est une émissaire de la magie des Anciens Mondes.

Aux êtres sensibles d'ouvrir les yeux et de laisser cette beauté rayonnante leur emplir le coeur et l'esprit!

Le pont de Battersea, 1885.
Dans l'Europe du Nord, les peintres nous dévoilent la magie des « Sommernacht » où règne le mystère, où l'impalpable se révèle aux heures confondues du jour et de la nuit, à la période du soleil de minuit.

Edvard Munch (1863-1944), Sommernacht.
L'oeuvre est imprégnée de cette lumière bleutée typique des nuits de l'été nordique. Les tons se rencontrent dans un savant ruissellement d'énergie animé de forts contrastes. Cette puissance chromatique fut remarquée par les artistes phares du Fauvisme: Raoul Dufy, Albert Marquet, André Derain, Henri Matisse...

Prince Eugène (Eugen) Napoléon Nicolas de Suède (1865-1947), Nuages de nuit.
Ce prince du Nord était un collectionneur et un paysagiste émérite.

Nuit d'été
Il décrivit avec une remarquable finesse cet état mystérieux où la Nature ne s'endort pas. Grâce à une facture douce, sensible et une imprégnation profonde de la beauté des éléments, le paysage se dévoile au coeur de la fine brume de nuit.

Laurits Andersen Ring (1854-1933), peintre symboliste danois. Soir d'été sur le fjord de Roskilde, vers 1885.

Eilif Peterssen (1852-1928), Nuit d'été, 1886.
Une oeuvre néo-romantique qui ressemble à une photographie et qui nous aimante vers le reflet du ciel et de la lune au creux de l'étang.

Un subtil mélange de nuances variées de bleu compose la palette de ce ciel d'été nordique. En ces lieux, la nuit ne tombe pas et le ciel se mélange à la beauté réelle et fantasmée de l'eau, dans un concert de notes saphir, émeraude, jade et violacées.

Eilif Peterssen, Nocturne, 1887.
Les nuits d'été ont leurs muses et leurs nymphes, leurs beautés rêveuses ou alanguies dans la moiteur enveloppante.

Albert Joseph Moore (1841-1893), Argent. Troublante et lunaire féminité.

Nuit d'été au gynécée, rayonnante de sensualité.

Midsummer, 1886.
La nuit du solstice d'été, personnifiée avec élégance, par cet artiste victorien, né dans le Yorkshire, un vieux comté d'Angleterre. Fasciné par l'Antique, il fit preuve d'une extrême minutie dans l'utilisation des couleurs dont la vibration oscille entre douceur et puissance.
L’Esthétisme domine dans cette oeuvre qui préfigure le Symbolisme et la couleur orange, teinte de prédilection des artistes du mouvement victorien, nous invite dans les reflets du soleil couchant, aux portes du domaine des rêves.
Le orange représente à la fois l'ardeur extrême et la douceur de l'instant, la joie de vivre, l'éveil des sens et la force de la création. Elle est associée aux Muses et à Dionysos, le Seigneur de l'Inspiration. Elle est aussi la couleur des Épicuriens.

Lord Frederick Leighton (1830-1896), peintre et sculpteur victorien. June flamboyante, 1895.

Sir Lawrence Alma-Tadema (1836-1912), Le Tepidarium, 1881.
Sir Alma-Tadema fut l'un des artistes les plus en vogue du XIXe siècle victorien. Ce passionné d'Antiquité gréco-romaine et d'archéologie égyptienne décrivit avec une minutie spectaculaire des scènes de la vie antique, juxtaposant des éléments réels et des éléments fantasmés.

George Frederic Watts (1817-1904), peintre et sculpteur victorien et symboliste. La jeune fille à la plume de paon.
Les nuits d'été attisent l'imaginaire et nous apportent un surcroît de douceur après les feux des journées caniculaires. Nuits brillantes où s'émoussent les contours de la réalité pour se recomposer sous le frisson du mystère.

Winslow Homer (1836-1910), Nuit d'été, 1890.
J'ai eu le plaisir de contempler ce nocturne poétique à l'Orangerie des Tuileries, lors de l'exposition consacrée à la musique de Claude Debussy (1862-1918). Deux silhouettes féminines, quasi fantomatiques et lovées dans un fascinant clair-obscur, dansent au bord de la mer, emportées par le chant du ciel et des éléments.

Peintre américain, Winslow Homer fut d'abord attiré par l'Impressionnisme avant d'orienter sa palette entre Réalisme et Symbolisme. Reporter dessinateur pendant la Guerre de Sécession, il peignit le quotidien des militaires puis s'intéressa au monde rural, aux animaux et aux mouvements oniriques de l'océan.

Au clair de lune...

Edward Henry Potthast (1857-1927), Été, nuit impressionniste.
Calme et puissance des impressions fugitives, magistrale présence de la lumière au creux de la nuit et la lune qui s'offre, telle un miroir évanescent, aux spectateurs de son étrange beauté...
Fantasmagoriques nuits d'été où s'allument des lanternes, chimères d'or et de papier...

Charles Courtney Curran (1861-1942), Lanternes impressionnistes, 1913.

Ulpiano Checa y Sanz (1860-1916), peintre et illustrateur espagnol, précurseur de l'Impressionnisme. Barque aux lampions du solstice d'été (Carnival Eve).

Percy William Gibbs (1894-1937), Promenade sur la rivière.

Tavik Frantisek Simon (1877-1942), Soir de fête à Paris.
Cet artiste tchèque, amoureux de Paris, peignit avec passion les jardins, les squares, les places, les monuments et les rues pittoresques de la capitale. Pendant la première guerre mondiale, il retrouva sa patrie mais n'oublia jamais les atmosphères de la Ville Lumière. Il sombra dans l'oubli après avoir connu le succès en son temps. Espérons qu'il soit redécouvert...

Henri Le Sidaner (1862-1939), artiste impressionniste et réaliste. Table avec lanternes à Gerberoy.
Fleurs et souffles de papier traduisent la délicieuse évanescence de ces moments privilégiés où le temps ralentit sa course pour un subtil « arrêt sur image ».

John Singer Sargent (1856-1925), Lys, roses et oeillets, 1886. (Londres, Tate Gallery).
Peintres de la lumière, influencés par la clarté sublime émanant des oeuvres de la Renaissance florentine.

Luther Emerson Van Gorder (1861-1931), Lanternes japonaises, 1895.

Maxfield Parrish (1870-1966), peintre et illustrateur américain aux oeuvres oniriques. Les porteurs de lanternes, 1908.
Pierrots lunaires, magiciens des ombres de la nuit...

Konstantin Alexeïevitch Korovin (1861-1939), peintre impressionniste et décorateur de théâtre russe. Lanternes de papier.
Nuits d'été gorgées de lumière et de fragrances fleuries qui se conjuguent avec la sensualité de l'air.

Marguerite Pearson (1898-1978), Lanternes.
« La seule matière de la peinture, c'est la lumière. » Gilles Genty, historien de l'art.

Delphin Enjolras (1857-1945), peintre aquarelliste, paysagiste et portraitiste. L'installation des lanternes.

Pati Bannister, artiste anglaise née en 1929, Fleurs et lanternes.
Nuits ensorcelées, propices à la rencontre des désirs et des rêves, nuits de liesse et d'amour où les émotions palpitent en farandole.

Louis-Adolphe Tessier (1858-1915), peintre de genre et d'histoire. Tourbillon, 1911.
« La vie est une lumière dans le vent. » Proverbe japonais.

Gaston de Latouche (1854-1913), artiste post-impressionniste. Intrigue nocturne.

Max Carlier (1872-1938), Les préparatifs de la fête.
Cet artiste belge était spécialisé dans les natures mortes, les compositions florales, les scènes de genre et la peinture de chats.
Sous les lampions, les couleurs de la nuit se métamorphosent et nous happent vers d'autres réalités, dans la moiteur et la brillance du clair de lune estival.

Gene Pressler (1893-?), illustrateur américain.

Gene Pressler, la jeune fille à la lanterne, 1921.

Delphin Enjolras, Nuit d'été, la lanterne japonaise.

Frederick Childe Hassam (1859-1935), peintre impressionniste américain. Nuit de Juillet, 1898.

Soir d'été à Paris, 1889.
« Que serait la lumière sans les êtres qui la perçoivent? »: Philippe Montillier (explorateur et photographe).

Ludwig Knoefel (1851-1933), La belle à la lanterne.
Je vous souhaite de savoureuses nuits d'été, dans la palette conjuguée des parfums, des rêves et des émotions. Prenez le temps, prenez soin de vous et merci de votre fidélité!

Mon ciel d'été, juste avant la nuit...

Avec mes plus douces pensées...
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