

En souvenir de Lady Marianne, avec émotion et Amitié, j'ai choisi, pour le mardi 16 février, un extrait d'une œuvre de Walt Whitman (1819-1892) qui fut l'un des maîtres de la poésie américaine du XIXe siècle et l'auteur d'un sublime recueil appelé Leaves of Grass (Feuilles d'Herbes). Les mots de l'artiste nous donnent envie de prendre le large et de pouvoir avancer librement, avec pleine conscience de soi, au gré de la vie et des saisons...

Extraits de La Grand-Route, récit poétique en 16 chapitres, appelé parfois La Piste et issu de « Leaves of Grass ». La traduction, complexe, varie suivant les publications mais le sens est préservé dans les différentes versions.
La Grand-Route
A pied, le cœur léger, je pars sur la grand-route,
Bien portant, libre, le monde devant moi,
Le long chemin brun devant moi conduit partout où je voudrai.
Désormais je n'appelle plus la chance, c’est moi qui suis la bonne fortune,
J'ai fini de me plaindre, de pleurnicher, de tergiverser,
J'ai fini d'avoir besoin de ceci ou de cela,
J’en ai terminé avec les récriminations, les bibliothèques, les critiques et les plaintes
Vigoureux et heureux, sans faiblesse, j’arpente la grand-route.
J'ai le sentiment que toi, la terre que j'entame, tu n'es pas la fin de tout.
Je ne demande pas que les constellations soient plus proches,
Je sais qu’elles sont très bien où elles sont,
Et qu’elles suffisent à ceux qui les habitent.
J'ai le sentiment qu'il y a de l'invisible, en plus, où nous sommes
Quelle magistrale leçon d'hospitalité, en toi, sans exclusion ni privilège (...)
J'aspire de grandes gorgées d'espace
L’est et l’ouest sont à moi, et le nord et le sud font partie de moi
Je suis plus grand, vaste, meilleur que je ne le pensais,
J'ignorais que je m'étais empli de tant de qualités.
Je n'avais pas conscience de ce trésor en moi.
Tout me paraît beau,
Aux hommes et aux femmes je continue de répéter
Je vous rendrai tout le bien que vous m'avez fait,
(…) Je suis affranchi des limites et des lignes de démarcation imaginaires,
J’irai où il me plaira, je serai mon propre maître, absolu et total, (...)
Je m’arrêterai, observerai, accepterai, contemplerai,
Avec douceur, mais avec une irrésistible volonté, je me libérerai des étreintes qui voudraient me retenir.
La route est là, devant
Elle est sûre, avec grand soin mes propres pieds l’ont essayée
Alors que rien ne te retienne ! (...)
(…) Camarado, je te donne la main !
Et mon amour qui est plus précieux que l’argent,
Je te donne moi-même et je vaux plus que le prêche ou la loi,
Veux-tu me donner de toi ? Veux tu venir en voyage avec moi ?
Serons-nous liés l’un à l’autre aussi longtemps que nous vivrons ?
Walt Whitman, Feuilles d’herbe, 1855.

J'illustre les mots de Walt Whitman avec des photos prises en marchant, dans l'atmosphère de février, autour de chez moi, dans mon Val d'Oise aimé...



Soir givré sur la Grand-Route, avant le gros épisode polaire mais il faisait déjà bien froid...



Il fallait vite rentrer avant le couvre-feu... et il faisait vraiment très froid...

L'appareil photo gelait entre les doigts...

Walt Whitman apparaît sur la façade de la très célèbre librairie Shakespeare and Company, située rue de la Bûcherie, dans le 5e arrondissement de Paris, à quelques encablures de Notre-Dame. En cliquant sur le lien ci-dessous, vous pourrez retrouver l'histoire à la fois réelle et romanesque des lieux.
http://maplumefeedansparis.eklablog.com/shakespeare-and-company-a128059204

Avec des pensées d'espoir sur la Grand-Route de la Vie, mes Ami(e)s ! Je souffle vers vous de gros bisous et des douceurs fleuries de perce-neige...

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