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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

nature

Publié le par maplumefee
Publié dans : #Chloé, #Douglas, #jardin, #mare, #nature, #paris

 

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Je continue la tradition du Poème du Mardi, un rendez-vous que j'apprécie beaucoup, en souvenir de Lady Marianne, avec des pensées d'amitié...

 

Promenades mêlées dans un jardin à la fois réel, imaginaire, intime, ouvert à soi dans l'énergie du monde... Un petit bout de Nature qui se love en harmonie au creux de la ville.

 

J'ai choisi pour ce mardi 6 octobre un poème signé Chloé Douglas, poétesse, chanteuse, danseuse... née à Londres en 1960, passionnée de Nature et désireuse d'exprimer dans ses œuvres la rencontre et la dichotomie entre les forces naturelles et la vie intense des grandes villes.

 

C'est un poème plein de charme que j'illustre avec des photos du Jardin Naturel, « territoire vert » de Paris.

 

« Parmi le vert

et la floraison

de toutes les plantes les plus belles

je flâne.

Je délibère ici

Je rêve par là.

L’heure s’arrête

ou plutôt s’étend pleinement,

se déplier et s’amplifier.

 

Ces tournoiements et ondulations soudaines

de brises d’été,

envoient tous les parfums

dans l’air chaud.

Contempler une feuille

ou le motif sur le mur

créés par des branches les plus près.

 

Ces têtes-là de fleurs dansantes

exposent délicatement

toute leur gloire.

 

Quelle simplicité à se perdre.

Et quelle aisance à respirer

doucement.

Et quelle aisance

à avoir des pensées profondes. »

 

Chloé Douglas, 1995

 

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 Au Jardin Naturel, dans le XXe arrondissement de Paris, on chemine tranquillement, on laisse aller ses rêveries...

 

Depuis 1995, ce square romantique, niché au pied au cimetière du Père Lachaise, préserve une formidable réserve de biodiversité. Il accueille, sur près de 6300 m2, une profusion de végétaux caractéristiques de plusieurs milieux naturels d'Île de France. C'est un lieu unique en son genre où règne une envoûtante palette de vert, une jungle urbaine emplie de chants d'oiseaux où s'épanouissent, autour d'une mare féerique, des massifs ébouriffés de graminées, de roses et de plantes aromatiques.

 

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J'ai souvent aimé écrire dans cette bulle de chlorophylle, ce petit coin de campagne urbaine où la vie rayonne à proximité des grands tombeaux. Mes photos ont été prises au fil des années et au rythme des saisons, d'où les différences de couleurs et d'atmosphères...

 

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A l'abri du bruit incessant de la ville, grâce aux ondulations stratégiques de la colline du cimetière du Père Lachaise et à une terrasse appuyée sur un solide escalier de calcaire, s'épanouit une prairie.

 

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Des arbres « d'eau » comme le saule marsault et l'osier blanc ou saule des vanniers, associés à des plantes d'ombre et de sous-bois : fougères, campanules, clématites, géraniums, hellébores, houblons..., encerclent la mare, émulsion de vert intense au-dessus de laquelle voltigent, à des moments privilégiés, des libellules rouges.

 

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La mare du Jardin Naturel et les différentes mares de Paris font l'objet de conférences et de visites thématiques, par petits groupes, à l'occasion des Journées du Patrimoine.

 

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La mare, ce milieu aquatique clos, est devenu un élément incontournable de ce que l'on appelle « la trame verte et bleue de Paris ». Milieu très précieux où se rencontrent d'innombrables espèces le plus souvent protégées, la mare est perçue comme un espace intermédiaire privilégié entre les eaux de la Seine et celles des lacs et des étangs. Elle se nourrit de pluie, recueille les eaux de ruissellement, protège la vie et « rafraîchit » la ville, souvent surchauffée, en favorisant le phénomène de brise.

 

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Comme vous le voyez, les couleurs sont variées, on a toujours l'impression de découvrir un nouvel endroit, je suis sous le charme !

 

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On fait de jolies rencontres et les insectes ne sont pas oubliés, avec ce mignon petit « hôtel » où ils peuvent passer l'hiver...

 

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Pour se rendre au Jardin Naturel :

 

Métro ligne 2, arrêt Alexandre-Dumas

Accès par le 120 rue de la Réunion, 75020 Paris

Ouvert en semaine entre7h30 et 17h30 (jusqu’à 22H en fonction du coucher du soleil)

Ouvert samedi et dimanche entre 9h00 et 17h30 (jusqu’à 22H également en fonction du coucher du soleil).

 

Belles pensées pour vous, merci de votre fidélité, je vous envoie de gros bisous !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #art, #arum, #forme, #nature, #vert

 

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Au numéro 33 de la discrète rue du Champ de Mars, dans le 7e arrondissement de Paris, se dévoile un bijou d'architecture Art Nouveau. A quelques encablures de la Tour Eiffel et de l'agitation qui l'entoure, une grille jaillit comme un bouquet printanier, composant une écriture végétale aux fascinantes sinuosités.

 

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Dans un article écrit quelques mois après la création de mon blog, j'ai relaté l'histoire des lieux et décrit les charmes de cette architecture « Modern Style ». J'ai souhaité vous faire redécouvrir ces beautés végétales deux ans plus tard, à travers de nouvelles photos et un texte « augmenté ».

 

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Dans l'atmosphère apaisée de la rue du Champ de Mars, surgit une façade au décor inattendu, luxuriante forêt de fleurs pétrifiées.

 

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Construit en 1904 par l'architecte Octave Raquin pour un certain Monsieur Bouvet, le bâtiment accueillit, pendant de nombreuses années, un collège privé, le Cours des demoiselles Longuet.

 

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Octave Raquin, peint par Toulouse-Lautrec en 1901.

 

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Octave Raquin fut l'un des collaborateurs de la Revue Blanche, une revue littéraire et artistique fondée en 1890 à Liège par les frères Natanson. Cette revue s'installa en 1891 à Paris où elle rivalisa avec le Mercure de France, d'où le nom de Revue Blanche (la couverture du Mercure était mauve...)

 

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Après les étudiantes des demoiselles Longuet, les élèves du Cours Alfred de Musset s' établirent dans l'immeuble qui abrite aujourd'hui des appartements et une clinique de chirurgie esthétique. L'élégante façade de pierre est rythmée par des ouvertures de formes variées et de gracieuses ferronneries.

 

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Des travées en saillie, des linteaux stylisés, des courbes oniriques, un épiderme de pierre sur lequel serpente la lumière... l'Art Nouveau s'exprime ici avec finesse, puissance et fluidité.

 

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Les bow-windows -oriels en français- qui accentuent le mouvement ondulatoire de la façade sont particulièrement réussis.

 

Ces avancées en encorbellement ou « fenêtres en arc » sont fréquentes dans l'architecture victorienne, le style Second Empire et l'Art Nouveau. Dans l'art anglais, trois termes désignent ces constructions et leurs variantes.

 

Le bow-window ou « fenêtre en arc ».

Le bay-window ou « baie vitrée avancée ».

L'oriel-window ou « fenêtre en rideau ».

 

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Grâce à la communication qui s'établit entre le regard et les courbes de l'architecture, la lumière naturelle est tissée comme une matière vivante et répartie, avec féerie et fonctionnalité, dans les différentes pièces de l'habitation.

 

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Une élégante marquise en fer forgé et en verre accueille le visiteur. Tout comme les grilles de la porte d'entrée et les vantaux des portes latérales, elle est décorée de feuilles d'arums.

 

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Dans sa robe de verre tendue de fer ou d'acier, la marquise dévoile ses volutes ouvragées. Elle désignait originellement une pièce de toile tendue au-dessus d'une porte pour se protéger des intempéries et du soleil. Elle était fréquemment utilisée sur les bateaux. En architecture, cet auvent vitré représente un abri et un élément décoratif.

 

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La marquise de la Villa Majorelle, construite à Nancy entre 1901 et 1902 par Henri Sauvage (1873-1932) et Lucien Weissenburger (1860-1929).

 

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La marquise du métro Abbesses, création d'Hector Guimard (1867-1942), est datée de 1900. Destinée à protéger les voyageurs des intempéries, elle couronne un édicule en fonte de fer érigé sur un soubassement de pierre. L'édicule se situait au départ sur le parvis de l'Hôtel de Ville (ancienne Place de Grève). Démonté en 1972 pour faciliter la construction d'un parking souterrain, il a été remonté à la station Abbesses, sur la ligne 12 (Mairie d'Issy - Porte de la Chapelle).

 

Les piliers soutenant la marquise et la balustrade qui domine le soubassement évoquent de fines formes végétales. Il s'agit du modèle A de Guimard. Le modèle B possède une structure plus complexe, organisée autour d'une verrière à double pente inversée et d'une marquise aux bords plus chantournés. Je développerai cela à travers d'autres articles.

 

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 La marquise de la maison aux arums présente une bordure ondulée qui fait écho à la plasticité de la façade.

 

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Par ses ondes raffinées et son riche décor floral, la porte latérale reflète aussi les liens qui unissent la Nature et l'Art Nouveau.

 

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 J'apprécie la qualité décorative du petit soupirail.

 

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Dans les dernières décennies du XIXe siècle, l'admiration pour la Nature imprégna les travaux de nombreux artistes. Ils redécouvrirent la flore gothique dessinée par Eugène Viollet-le-Duc (1814-1879) et s'émerveillèrent devant les estampes japonaises, diffusées par des marchands férus d'art asiatique.

 

L'un d'eux, nommé Siegfried Bing (1838-1905), ouvrit à Paris en 1895 un magasin qu'il baptisa «Maison de l'Art Nouveau». Au numéro 22 de la rue Chauchat, dans le 9e arrondissement de Paris, ce lieu atypique devint un formidable espace de rencontre et de création artistiques. Détruit en 1922, il fut remplacé deux ans plus tard par un bâtiment Art Déco qui abrite aujourd'hui une Poste.

 

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Voici l'affiche de l'exposition qui lui a été consacrée.

 

Dans l'esthétique « Art Nouveau », la Nature est une source d'inspiration permanente. Ciselée et magnifiée à travers les bijoux de René Lalique, les vases des frères Daum et d'Émile Gallé, les boiseries de Louis Majorelle...

 

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 Ce pavot en or, argent, émail et diamants brillantés, ciselé par René Lalique (1860-1945) en 1897, évoque l'éternel mystère féminin et se pare d'une dimension profondément sensuelle. (Photo de René-Gabriel Ojéda pour le site du Musée d'Orsay.)

 

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 « La Nigelle » est un vase créé vers 1900 par Émile Gallé (1846-1904), maître verrier passionné de botanique qui exploita, de manière onirique, les couleurs ambivalentes et les formes offertes par la Nature.

 

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 Le vase aux primevères est l'une de ses oeuvres majeures. Le vert profond de l'objet, né d'une superposition de couches de verre saturé, rappelle les effets de matière des jardins gorgés d'eau et les ondulations de la lumière au début du Printemps.

 

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 Il incrustait dans la pâte de verre des fragments scintillants obtenus à partir d'oxydes métalliques « en suspension ».

 

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 Les frères Daum : Auguste (1853-1909) et Antonin (1864-1930) ont exprimé, à travers une galerie de lampes féeriques et de vases mystérieux, leurs affinités pour les formes sinueuses, le rêve et la translucidité.

 

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Lampe perce-neige, 1905.

 

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Ils accentuaient l'effet de perspective avec de l'acide et maîtrisaient à la perfection la technique des poudres colorées, émaillées et intercalées entre deux couches de verre.

 

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 Leurs vases aux compositions très complexes continuent de nous éblouir, comme en témoigne ce soliflore au long col, décoré d'arums et d'herbacées des marais. Il nous offre une palette de verts fantasmagoriques qui se détachent sur un fond blanc laiteux rehaussé de nuances rosées et violacées.

 

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(Photo Bruno Piazza)

 Ébéniste et céramiste renommé, Louis Majorelle (1859-1926) fut initié à l'Art Nouveau par Émile Gallé et devint l'un des membres fondateurs de l'École de Nancy mais il s'en affranchit afin de créer son propre style avant-gardiste. Il a signé des compositions marquetées et vernissées, rehaussées de poudre d'or, à l'instar de cette chaise aux nénuphars (1903), de cette lampe aux nénuphars (1902 ou 1904) et de ce meuble aux pélicans (1925).

 

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(Photo Hervé Lewandowski pour le musée d'Orsay)

 

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(Photo C. Duranti)

 

En étudiant les merveilles de la Nature, les artistes «Art Nouveau» ont inventé un vocabulaire esthétique fondé sur la sinuosité des lignes, la luxuriance du décor, la recréation de l'élément végétal avec des matériaux métalliques et la prédominance de l'ornement floral. Parées de feuilles et de fleurs, les façades des immeubles et des maisons nous invitent à explorer un univers sylvestre et fantastique.

 

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La maison aux arums s'inscrit dans cette veine « symboliste », nourrie par la poésie et la littérature.

 

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 Le motif de l'arum se répète élégamment sur la façade en pierre, les clefs sculptées, les consoles, les ferronneries des portes et des fenêtres, les montants des bow-windows, les mosaïques du vestibule d'entrée.

 

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L'arum possède une double nature. Cette fleur, dotée d'une étrange inflorescence, est à la fois perçue comme féminine et phallique. Au fil des siècles, elle apparut tantôt comme un symbole de pureté tantôt comme un emblème diabolique. On la retrouve sur les chapiteaux médiévaux où elle emprisonne l'innocent et jaillit de la bouche des démons mais on l'appelle aussi « Manteau de la Vierge ».

 

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Tamara de Lempicka (1898-1980), étude d'arums.

 

Dans les années 1900, elle était appréciée lors des fiançailles et des communions et souvent choisie pour décorer les bouquets de mariées. Dans le cas présent, il est vraisemblable qu'elle ait été associée aux jeunes filles du cours privé des demoiselles Longuet.

 

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Edwin Longsden (1829-1891), portraitiste, peintre de genre et d'histoire anglais. Lys de l'Est.

 

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 Symbole de pureté et de fécondité dans la Rome antique, l'arum était consacré aux divinités de la lune et du foyer. Offert pendant les mariages, il accompagnait aussi les festivités du solstice d'hiver.

 

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 Il existe de nombreuses variétés d'arums. L'arum des fleuristes, (zantedeschia ou calla) est le plus répandu. Originaire d'Afrique du sud, il est cousin de l'arum maculatum ou pied de veau, appelé aussi gouet.

 

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Zantedeschia albomaculata, espèce hybride. La planche est issue de l'Illustration Horticole (1860).

 

L'arum appartient à la famille des Aracées. Il a de belles feuilles souples et sagittées (en forme de fer de lance) qui évoluent du vert sombre luisant au vert marbré de blanc en passant par le vert tacheté. Au Printemps, une spathe (grande bractée) en forme de cornet apparaît autour d'un épi jaune doré. L'ensemble forme un spadice. A la fin de l'été, les fleurs engendrent des grappes de baies rouges ou orangées très toxiques appelées « raisins de serpent ».

 

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(Photographie Paul Henderson)

 

L'arum jouait un rôle important dans la pharmacopée ancienne mais il fallait redoubler de vigilance en raison de sa toxicité. L'eau distillée de racines tubéreuses était utilisée comme lotion de beauté. Les racines longuement bouillies, torréfiées, râpées et passées au tamis donnaient une sorte de fécule, consommée sous forme de pain dans l'Antiquité.

 La teinture de racines est toujours prescrite en homéopathie. Elle est réputée décongestionner les voies respiratoires, calmer les saignements et les irritations de la peau.

 Il existe une variété d'arum très particulière, l'arum titan ou phallus de titan (Amorphophallus titanum), un arum géant qui ne fleurit que tous les quatre à cinq ans et qui exhale une odeur de cadavre.

 

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(Arum titan, photographie US Botanic Garden)

 

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Ce vase en majolique, en forme d'arum, fut créé vers 1900 par la manufacture autrichienne « Gerbing et Stephan ». Il traduit l'engouement de la Belle Époque pour la nature complexe de la fleur et de la femme, muses enveloppées de mystère, troubles et sensuelles créatures, hybrides et magiciennes... A l'époque victorienne, l'arum évoquait le sexe féminin. On glissait, pour la personne convoitée, des messages à caractère érotique à l'intérieur du grand cornet.

 

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Diego Rivera (1886-1957), Femme et arums.

 

Artiste mexicain engagé, photographe, auteur de fresques et de peintures murales d'une taille surdimensionnée, Diego Rivera était l'époux de Frida Kahlo (1907-1954). Une exposition consacrée à ce couple mythique, intitulée Frida Kahlo/Diego Rivera l'art en fusion, s'est déroulée au musée de l'Orangerie du 9 octobre 2013 au 13 janvier 2014.

 

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Vendeuse d'arums, 1943.

 Entité végétale aux courbes fantomatiques, l'arum au secret langage, celui des passions du corps et des mouvements de l'âme, semble avoir été la fleur préférée de Diego Rivera.

 

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Nu aux arums, 1944.

 

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Vendeuses d'arums, 1943.

 

A plusieurs reprises, il a choisi de représenter dans ses tableaux un bouquet d'arums en guise de thème principal. Très utilisée pour décorer les maisons et les rues lors des fêtes populaires, l'arum apparaît comme l'une des fleurs symboliques du Mexique. L'artiste a souvent mis en scène une ou plusieurs jeunes indiennes en costume traditionnel, affairée(s) autour d'un gigantesque bouquet d'arums. L'atmosphère est énigmatique et le regard du spectateur, irrépressiblement attiré vers le foisonnement des calices blancs.

 

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Vendeuse d'arums, 1943.

 La Nature matricielle est omniprésente dans l'oeuvre de Rivera qui s'enracine dans les traditions magiques amérindiennes. L'arum était d'ailleurs utilisé pour « coiffer » les dieux aztèques et mayas.

 

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Célèbre artiste polonaise de la période Art Déco, Tamara de Lempicka (1898-1980) considérait les arums comme l'émanation du pouvoir ambivalent de la féminité. Fascinée par leurs effets nacrés, veloutés et opalescents, elle peignit à maintes reprises ce qu'elle qualifiait de « subtiles circonvolutions ».

 

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 Dans cette Nature morte aux arums et au miroir, datée de 1935, elle fait resplendir l'étrangeté de la fleur, sa blancheur intime, ensorcelante, légèrement verdâtre et l'associe au thème du miroir, accessoire de beauté et de vanité.

 

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 Georgia O'Keeffe (1887-1986), artiste américaine d'origine irlandaise dont l'oeuvre atypique est un mélange de modernisme, de minimalisme et d'abstraction, peignit, tout au long de sa carrière, des fleurs et notamment des arums.

 

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Arum et grande feuille émeraude sur fond rouge, 1928.

 L'oeuvre traduit la passion de l'artiste pour les motifs en très gros plan (fleurs, cailloux, fossiles, coquillages, rochers...) sublimés par des aplats de couleurs vives.

 

La maison aux arums est conçue comme une fantasmagorie, un bijou mystérieux dans l'écrin de la ville. Elle nous permet de voyager à travers la symbolique d'une fleur bien plus sauvage que domestiquée et nous rappelle que la Nature enveloppe l'Architecture. Les matériaux dits « structurels » sont utilisés pour façonner des arbres de métal aux branches organiques, des fleurs de pierre et de verre, aiguiser l'imagination et faire croître un monde enchanté dans l'espace urbain.

 

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 Qu'il soit aimé ou décrié, l'Art Nouveau est un fabuleux creuset d'inspiration naturaliste. Il crée des correspondances subtiles entre les matériaux, entre l'utile et l'esthétique, le réel et l'onirique.

 

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 Pour ressembler aux éléments naturels, les ornements métalliques sont traités avec harmonie, gracilité et sens du mouvement. Ainsi, une forêt magique semble avoir poussé tout autour de l'habitation.

 

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 Dans le hall d'entrée, de fines mosaïques rappellent les broderies florales qui couvrent la façade. Elles font écho aux lianes de métal qui se contorsionnent le long de la pierre.

 

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L'artiste « Art Nouveau » est un alchimiste qui crée et recrée à l'infini les formes dessinées par la Nature. Il joue à recomposer la lumière et dévoile ses variations à travers les matières qu'il travaille.

 Il élabore un art total qui se mêle à l'Artisanat et à l'Industrie. Il exploite de nouvelles gammes colorées et se rapproche des effets de matière qui règnent dans la Nature: prairies aquatiques, jardins détrempés, miroirs d'eau, reflets de tempêtes, cieux étranges...

 

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 Il intercale ce que l'on peut toucher et ce qui suscite les songes, comme dans l'élégante poésie de la maison aux arums...

 

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Merci de votre fidélité, je vous souhaite une excellente fin de semaine. Amicalement vôtre !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #jardin, #journees, #nature, #oranger, #patrimoine

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Vase dominant la grille de l'Orangerie à Versailles.

 

Les 20 et 21 septembre 2014 refleurissent les Journées Européennes du Patrimoine. Forte d'un immense succès, cette manifestation très attendue coïncide avec le mûrissement des couleurs automnales.

 

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Cette 31ème édition illustre le thème «Patrimoine culturel, patrimoine naturel». C'est un retour aux sources, une invitation à explorer les liens profonds qui unissent le paysage et les monuments, une redécouverte de la Nature mère, nourricière de l'Architecture, de la Peinture, de la Sculpture et des arts appliqués.

 

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 Jardin des serres d'Auteuil, édifié par Jean Camille Formigé (1845-1926) entre 1895 et 1898. Ces visages appartiennent à une série de quatorze masques en fonte galvanisée qui proviennent de l’atelier d'Auguste Rodin (1840-1917) et décorent le mur de soutènement de la terrasse.

 

Laissons-nous guider vers des jardins archéologiques où la mémoire s'enracine comme le lierre autour des vieilles pierres, explorons des cathédrales de verdure et de mystérieuses formations géologiques et voyageons à travers des collections de fossiles, des cabinets de curiosité et des galeries qui serpentent sous la terre pour émerger au cœur d'élégantes orangeries.

 

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Rosace gothique du jardin de l'hôtel de Sully, au coeur du Marais, construit entre 1625 et 1630 par Jacques Androuet du Cerceau (1510-1584). Il fut, à partir de 1634, la demeure du duc de Sully, Maximilien de Béthune (1560-1641), ministre d'Henri IV (1553-1610). Il abrite aujourd'hui le Centre des Monuments Nationaux et dévoile ses coulisses à l'occasion des journées du patrimoine.

 

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Le programme de ces journées exceptionnelles est accessible à l'adresse suivante:

www.journeesdupatrimoine.culture.fr

 

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Pyramide de verdure du parc de Bercy.

 

Ces rencontres patrimoniales sont l'émanation d'un dialogue subtil entre l'Homme et la Nature qui a « sécrété » les matériaux nécessaires à l'élaboration des monuments et des œuvres d'art. Le patrimoine est à l'honneur dans les domaines nationaux, les jardins des châteaux et les cours des hôtels particuliers mais aussi dans les friches industrielles et les gares désaffectées, les bâtiments d'avant-guerre et les usines abandonnées sur lesquelles la nature a repris ses droits.

 

Voici quelques idées de promenades illustrant le thème choisi

 

L'édition 2014 des journées du patrimoine met en lumière l'architecture des orangeries d'Île de France ainsi que l'histoire de la flore et des parfums.

 

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L'Orangerie des Tuileries

 

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Ce bâtiment tout en longueur, remarquable d'élégance et de sobriété, se dresse face à la Place de la Concorde, à l'extrémité occidentale de la Terrasse du Bord de l'Eau. Il accueille une sélection raffinée de peintures impressionnistes et post-impressionnistes et forme un écrin privilégié pour les célèbres Nymphéas de Claude Monet.

 

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L'Orangerie fut érigée à partir de 1853, sur les plans de Firmin Bourgeois, pour accueillir les orangers des Tuileries, entreposés jusque là dans une galerie du Louvre. Ludovico Visconti (1791-1853), architecte de Napoléon III, termina la construction de ce vaisseau de pierre et de verre dont les lignes classiques s'harmonisent avec celles des grands Hôtels de la Place de la Concorde (l'Hôtel de Crillon et l'Hôtel de la Marine).

 

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Une orangerie est traditionnellement un bâtiment clos, doté de vastes fenêtres tournées vers le Sud. Il y règne une température agréable et bien régulée. Les agrumes en bacs ou en pots et les végétaux fragiles, comme les palmiers, y sont protégés contre le gel.

 

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La mode des orangeries date de la Renaissance et vient d'Italie. Les orangers étaient gardés, à l'abri des intempéries, dans des « limonaiae ».

 

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Sous la IIIe République, l'Orangerie des Tuileries fut transformée en salle de concert et en lieu d'exposition pour du matériel industriel et horticole, des objets artisanaux et des chiens de race. Elle accueillit, pendant la Première Guerre Mondiale, des soldats mobilisés et servit de dépôt d'armement.

 

Elle fut attribuée, en 1921, à l'administration des Beaux-Arts et destinée, comme son pendant, le Jeu de Paume, à devenir une annexe du Musée du Luxembourg. Mais Georges Clémenceau (1841-1929) proposa à Claude Monet (1840-1926) d'y installer Les Nymphéas et, le 17 mai 1927, le Musée de l'Orangerie ouvrit ses portes.

 

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A l'est et à l'ouest, les portes monumentales sont surmontées de frontons qui décrivent des sujets agricoles, sculptés par Gallois-Poignant, l'un des artistes du Louvre de Napoléon III (1808-1873).

 

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Les orangers d'aujourd'hui passent l'hiver dans l'Orangerie de Meudon. Ils s'épanouissent aux Tuileries pendant les beaux jours.

 

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Pour découvrir ou redécouvrir les œuvres exposées dans ce musée, gratuit lors des Journées du Patrimoine (attention, ce n'est pas le cas de tous les musées, il faut bien vérifier sur le site officiel), Il vous suffit de cliquer sur les liens suivants.

 

Les trésors de l'Orangerie chapitre un

 

Les trésors de l'Orangerie chapitre deux

 

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Claude Monet, Branche d'oranger, 1884.

 

L'Orangerie de Versailles

 

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Édifiée par Jules Hardouin-Mansart (1646-1708) entre 1684 et 1686, à l'emplacement de la petite orangerie construite par Louis Le Vau (1612-1670) en 1663, l'Orangerie de Versailles se compose d’une galerie centrale voûtée, longue de 155 mètres. Elle est prolongée par deux galeries latérales, éclairées par de grandes fenêtres et situées sous les escaliers des Cent-Marches.

 

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En hiver, elle abrite plus d'un millier d'arbres en caisses : orangers du Portugal, d'Espagne ou d'Italie, citronniers, lauriers roses, cerisiers du Brésil, palmiers, grenadiers.... Chaque été, ces trésors végétaux se nourrissent de lumière autour d’un bassin circulaire et de quatre pièces de gazon. Les sculptures qui ornaient le parterre sous le règne de Louis XIV sont aujourd'hui visibles au musée du Louvre.

 

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Depuis le Grand Appartement de la Reine, situé au premier étage du Château, on jouit d'une vue imprenable sur le Parterre des Fleurs ou Parterre de l'Amour, scénographie savante de fleurs et de broderies de buis qui domine l'Orangerie.

 

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On y admire Les Enfants aux sphinx, deux ensembles de statues appartenant aux plus anciennes sculptures du parc.

 

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Modelés par Jacques Sarazzin ou Sarazin (1592-1660) et fondus par Duval en 1668, ces enfants de bronze chevauchent des sphinx en marbre, sculptés par Louis Lerambert (1620-1670). A l'époque de Louis XIV, des fleurs en vogue (giroflées, tulipes, narcisses, jacinthes, lys, jasmins, jonquilles, coquelourdes, œillets de poète) décoraient le parterre.

 

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Orangerie de Versailles, peinture attribuée à Jean-Baptiste Martin (1659-1735).

 

Si vous souhaitez compléter cette visite « odorante » à Versailles, l'Osmothèque vous accueillera, le samedi 20 septembre, de 10 heures à 17 heures 30, pour une immersion dans la féerie des senteurs. A l'occasion des journées du patrimoine, la cave des lieux, qui abrite plus de trois mille parfums, sera exceptionnellement ouverte et accessible par petits groupes.

 

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Photo Pascal Gréboval

 

Fondée en 1990 par Jean Kerléo, nez et créateur de la Société française des parfumeurs, l'Osmothèque est un endroit unique au monde, un lieu de mémoire et de vie où l'on célèbre les joyaux vulnérables du « patrimoine olfactif ».

 

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Affiche de Deyrolle

 

L'Osmothèque

 

36, rue de Clagny

78000 Versailles

Accès par la gare de Versailles rive droite ou par le train de Paris Saint-Lazare.

Bus G, arrêt Général Mangin ou Parc de Clagny.

 

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Les orangers s'épanouissent dans le Parc de Bercy où sont organisées, pour ces fameuses journées, de nombreuses visites thématiques. Souvenez-vous fidèles lecteurs, je vous ai proposé, l'année dernière, trois articles consacrés à l'histoire et aux trésors de Bercy.

 

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Le Jardin romantique de Bercy

Les vignes de Bercy

 

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La roseraie et les parterres de Bercy

 

La visite des anciens chais est un moment très agréable qui s'insère parfaitement dans le thème des actuelles journées du patrimoine. Vous pouvez aussi découvrir l'histoire de Bercy au fil de l'eau et les divers aménagements du parc : maison du lac, pyramide de verdure, maison du jardinage, vignes, verger, roseraie, potager, terrasses dominant la Seine...

 

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Le Jardin Naturel

 

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Depuis 1995, ce square romantique, niché au pied au cimetière du Père Lachaise, préserve une formidable réserve de biodiversité. Il accueille, sur près de 6300 m2, une profusion de végétaux caractéristiques de plusieurs milieux naturels d'Île de France. C'est un lieu unique en son genre où règne une envoûtante palette de vert, une jungle urbaine emplie de chants d'oiseaux où s'épanouissent, autour d'une mare féerique, des massifs ébouriffés de graminées, de roses et de plantes aromatiques.

 

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A l'abri du bruit incessant de la ville, grâce aux ondulations stratégiques de la colline du cimetière du Père Lachaise et à une terrasse appuyée sur un solide escalier de calcaire, s'épanouit une prairie.

 

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Des arbres « d'eau » comme le saule marsault et l'osier blanc ou saule des vanniers, associés à des plantes d'ombre et de sous-bois : fougères, campanules, clématites, géraniums, hellébores, houblons..., encerclent la mare, émulsion de vert intense au-dessus de laquelle voltigent, à des moments privilégiés, des libellules rouges.

 

La mare du Jardin Naturel et les différentes mares de Paris font l'objet de conférences et de visites thématiques, par petits groupes, à l'occasion des journées du patrimoine.

 

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La mare, ce milieu aquatique clos, est devenu un élément incontournable de ce que l'on appelle « la trame verte et bleue de Paris ». Milieu très précieux où se rencontrent d'innombrables espèces le plus souvent protégées, la mare est perçue comme un espace intermédiaire privilégié entre les eaux de la Seine et celles des lacs et des étangs. Elle se nourrit de pluie, recueille les eaux de ruissellement, protège la vie et « rafraîchit » la ville, souvent surchauffée, en favorisant le phénomène de brise.

 

Pour se rendre au Jardin Naturel :

 

Métro ligne 2, arrêt Alexandre-Dumas

Accès par le 120 rue de la Réunion, 75020 Paris

 

Le Jardin des Plantes

 

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A l'occasion des journées du patrimoine, ce temple du savoir propose des conférences et des ateliers sur le thème de la faune et de la flore. Il célèbre les vingt ans de la Grande Galerie de l'Évolution et rend hommage aux créateurs du Cabinet d'histoire naturelle et du Jardin des plantes médicinales, rénové en 1994 par les architectes René Allio, Borja Huidobro et Paul Chemetov.

 

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L'allégorie des sciences naturelles décore le fronton de l'amphithéâtre de botanique, construit en 1788 par Edme Verniquet (1727-1804).

 

Entre 1626 et 1635, Guy de la Brosse et Jean Hérouard ou Héroard, médecins de Louis XIII, fondèrent un jardin de simples à proximité de l'abbaye Saint-Victor. Ils se heurtèrent à « l'inimitié » des administrateurs de la Faculté de Médecine, rétifs à accepter ce qu'ils considéraient comme un lieu d'enseignement concurrent. Guy de la Brosse souhaitait y prodiguer des cours de botanique et de chimie et bien d'autres sciences permettant de faire ses « humanités ».

 

Dévolu à l'apprentissage et aux recherches scientifiques, le jardin botanique, inauguré en 1640, devint, par édit royal, Jardin de l'Apothicaire du Roi.

 

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Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon (1707-1788) fut l'intendant du jardin de 1739 jusqu'à sa mort. Il doubla la surface des lieux qu'il transforma en écrin du savoir, façonnant une encyclopédie vivante composée d'arbres et de végétaux du monde entier. Son Histoire Naturelle vit le jour à partir de 1749. Elle ne cessa de s'enrichir et d'acquérir de la notoriété, à l'instar du Cabinet d'Histoire Naturelle du Roi dont Buffon, gestionnaire averti, fit la plus complète et la plus célèbre collection d'Europe. La statue, datée de 1908, est l’œuvre de Jean Carlus (1852-1930).

 

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En 1793, la direction des lieux fut attribuée à Bernardin de Saint-Pierre (1737-1834), l'auteur de Paul et Virginie et l'ensemble devint « Jardin des Plantes de la Ville de Paris ». Il abrita le Muséum d'Histoire Naturelle à partir de la même époque. Le monument (1907) est l’œuvre de Louis Holweck (1861-1935).

 

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Le chien de Bernardin de Saint-Pierre, appelé Fidèle, accompagne Paul et Virginie.

 

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La vocation première du Jardin des Plantes était de favoriser l'acclimatation des espèces végétales et la présentation de collections qui symbolisaient « le vivant » (animaux, plantes, gemmes, coquillages...).

 

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Histoire naturelle, gravure de Pierre Antoine Tardieu, dit aussi P. F. Tardieu (1784-1869), d'après un dessin de Jacques de Sève (actif de 1742 à 1788). Gallica.bnf.fr

 

Au XVIIIe siècle, il fut le lieu d'exposition d'arbres majestueux, issus de chaudes contrées lointaines et abrités dans des serres.

 

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Sous les hautes voûtes des immenses serres de métal et de verre se lovent des cactées, des euphorbiacées, des collections de plantes et d'arbres luxuriants issus de pays chauds et humides (orchidées, bananiers, ficus, pandanus...). L'architecte Charles Rohault de Fleury (1801-1875) a érigé entre 1830 et 1833 deux serres qui ont servi de prototype aux serres modernes. La troisième serre ou serre des forêts tropicales humides (ancien jardin d'hiver), de style art déco, est l’œuvre de René Berger (1878-1954) et date de 1937. Les orangeries sont les ancêtres des serres.

 

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 Nymphe tourmentant un dauphin (il faut entendre par là un poisson fantastique), 1864, sculpture de Joseph Félon (1818-1896).

 

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On admire au Jardin des Plantes de nombreuses statues (que je vous montrerai très prochainement), de superbes collections de fleurs, le fameux cèdre de Jussieu et différents arbres ancêtres, une fontaine aux lions, la Table de Plaisanterie, la Galerie de l'Évolution, le Jardin Alpin, les Grandes Serres, la Ménagerie qui vient de fêter ses 220 ans...

 

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Dans le Labyrinthe vert, on égrène ses pensées tout en se hissant jusqu'à la Gloriette de Verniquet, l'une des premières structures en fer du monde, construite en 1786. De tout cela, je vous reparlerai bientôt car plusieurs articles sont nécessaires pour exposer la richesse artistique des lieux.

 

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La Gloriette et le Labyrinthe, 1805, peinture de Nicolas Huet (1770-1830). Collection Deyrolle.

 

Après avoir exploré ce jardin ambivalent, à la fois fantaisie à l'anglaise et espace ordonnancé autour de grands parterres à la française et de galeries conçues comme des cabinets de curiosités, on pourra se laisser guider vers un réservoir majeur de biodiversité, celui de la Petite Ceinture où des visites seront proposées à l'occasion des journées du patrimoine.

 

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Plan de 1898

 

Voie de chemin de fer construite sous le Second Empire (1852-1869) et d'abord consacrée au trafic de voyageurs et de marchandises, la Petite Ceinture faisait le tour de Paris. Elle fut abandonnée par les voyageurs lors de l’avènement du métro parisien, en 1900 et vouée, pendant des décennies, au transport de marchandises. Dans les années soixante-dix, elle fut définitivement délaissée.

 

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Photo trouvée sur le site de la Petite Ceinture.org (Association de Sauvegarde de la petite Ceinture ASPCRF). Si quelqu'un me le demande, je l'enlèverais.

 

Avec ses allures de friche à ciel ouvert, elle dévoile un paysage inattendu en ville car certaines parties de l'ancienne voie ferrée ont été aménagées en jardin public. Dans le 15e arrondissement par exemple, à proximité du parc Georges Brassens et le long du boulevard des Maréchaux. Elle traverse aussi les 12e et 16e arrondissements de Paris.

 

Forte de son succès, la promenade ne demande qu'à s'étendre car, après avoir été abandonnés pendant des décennies, ses sentiers permettent de découvrir la biodiversité végétale urbaine et la faune qui s'est appropriée les différents talus.

 

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Dans le 16e arrondissement, entre la porte d’Auteuil et la porte de la Muette, se déploie un lieu d’une grande richesse écologique, inattendue au creux de la ville. La diversité biologique locale s'enracine autour de trois thèmes fondamentaux : la prairie, le taillis et le boisement.

 

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La lumière y est douce, filtrée par les feuillages qui prennent l'ascendant sur les grands immeubles bordant les vestiges de l'ancienne voie ferrée.

 

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Le tumulte de la ville semble bien loin...

 

Le patrimoine enfoui, la Nature profonde, les carrières abandonnées, les grottes et les habitations troglodytes sont également à l'honneur en cet automne naissant. Les visiteurs sont invités à découvrir les merveilles minérales du paysage et à se laisser guider, par un désir de mystère, sur les anciens chemins forestiers.

 

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Les monuments « naturels » et pittoresques, les formations géologiques et géomorphologiques ainsi que les collections de fossiles et de minéraux sont à l'honneur.

 

Les chaos de grès des forêts franciliennes

 

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Le Parc des Rochers Gréau, promenade insolite située dans la ville de Nemours en Seine-et-Marne, s'inscrit parfaitement dans le thème des journées du patrimoine 2014. Elle fait découvrir des drôles de pierres aux noms évocateurs comme la Truffe de Chien, la Tortue, la Tête de Singe, le Bibendum, le Chevalier...

 

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Fascinants rochers et passages de grès...

 

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Il ne faut pas être arachnophobe ! Petit clin d’œil à mes ami(e)s qui ont des réactions épidermiques rien qu'en évoquant le sujet... sourire amusé... J'ai eu de jolies tisseuses un peu partout dans les cheveux, sur les bras etc...

 

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Au gré des saisons, la lumière dessine des formes étranges sur les chaos de grès moussus, polis par les intempéries, qui évoquent les mystères de la forêt « à l'aube des temps »... Pierres gardiennes de mondes oubliés faisant écho aux « roches aux fées » de la forêt de Fontainebleau et de sa partie « primale » : l'ancienne forêt de Bière (bruyère) où s'incarnent les légendes franciliennes.

 

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Sur cette carte datant de 1907, apparaît l'un des plus célèbres chaos de la forêt de Fontainebleau, l'éléphant veilleur de chemins qui devint source d'inspiration pour de nombreux artistes et notamment ceux de l'École de Barbizon.

 

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Étude de rochers et d'arbres, 1829, par Théodore Rousseau (1812-1867), cofondateur et chef de file du mouvement. Musée des Beaux-Arts de Strasbourg.

 

Par ses abris inattendus, ses fantaisies minérales anthropomorphiques et zoomorphiques, ses galeries profondes et ses étonnants belvédères, la forêt s'est imposée comme un lieu majeur de randonnée, de pèlerinage et de curiosité. Outre les chaos de grès, les journées du patrimoine 2014 sont aussi l'occasion de découvrir ou de redécouvrir les mystérieuses grottes de Claude François Denecourt (1788-1875), infatigable voyageur et poète de la sylve.

 

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Ce retraité de l'armée napoléonienne sillonna pendant plus de quarante ans les chemins forestiers, défrichant et dégageant des lieux inaccessibles, aménageant des grottes et des fontaines, façonnant des salles mystérieuses au carrefour de vieilles voies dont le tracé remontait à la nuit des temps. Il peignit des signes ésotériques et des Vierges protectrices sur les rochers bellifontains, il apposa des médaillons sur les pierres « vivantes », il collecta et façonna une profusion de légendes au fil du temps et consigna ses travaux dans les Promenades dans la forêt de Fontainebleau, parues en 1846 et réactualisées jusqu'à sa mort. Âme humaine de la forêt, il vit ses travaux salués par des artistes comme Victor Hugo, Alfred de Musset, Gérard de Nerval, Charles Baudelaire, George Sand Alphonse de Lamartine ou encore Théophile Gautier... En 1855, ils publièrent un recueil de 43 textes en prose ou en vers, intitulé Hommage à Denecourt.

 

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Il a balisé ses promenades au moyen de flèches bleues et attribué un nom à plus de six cents arbres et de sept cents rochers, sans oublier les sites et les points de vue remarquables. Certains se sont moqués du « Sylvain coureur des bois », le prenant pour un enfant attardé dans un corps d'adulte, un naïf, un esprit bousculé par des marottes infantiles. D'autres continuent de célébrer cet original au grand cœur et à l'imagination sans limites, un monsieur que j'aurais beaucoup aimé rencontrer sur les chemins de « faërie » de Dame Nature.

 

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Les « sentiers bleus Denecourt » sont toujours utilisés par les amoureux des secrets de la forêt. Ils ont été rebaptisés « Sentiers Denecourt-Colinet du nom de Charles Colinet (1839-1905), un ancien fonctionnaire des Ponts et Chaussées, qui a poursuivi l'œuvre de Claude François Denecourt, mort dans sa chère forêt à l'âge de 86 ans.

 

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Comme tous les ans, la liste des lieux à visiter dans les journées du patrimoine est immense mais chacun trouvera son bonheur en préparant son itinéraire à l'avance ou en déambulant au gré de son inspiration. Certains endroits sont évidemment pris d'assaut, comme l'Élysée, Matignon, le Sénat, l'Assemblée Nationale, les ambassades, les grands ministères ou les hôtels particuliers du Marais (...), mais on peut échapper à la foule en explorant des sites plus insolites. C'est tout le charme de cette manifestation qui suscite à chaque nouvelle édition l'engouement du public.

 

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Pour les amoureux de la Nature « solidaire », des conférences sont prévues sur le thème des friches flottantes, des jardins ouvriers et des parcelles végétales partagées. Des parcours sensoriels consacrés aux trésors de l'automne (feuilles aux couleurs changeantes, champignons et fruits luxuriants) se dérouleront aussi dans plusieurs parcs et jardins de la capitale.

 

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Je vous souhaite d'excellentes Journées du Patrimoine. Je ne rallumerai pas mon ordinateur avant le milieu de la semaine prochaine mais je penserai bien à vous. Je vous remercie pour les nombreux messages que vous m'avez envoyés à l'occasion du troisième anniversaire de mon blog. Ils m'ont beaucoup touchée...

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #ciel, #fleurs, #nature, #rose, #saint

 

Au rythme des saisons, Paris se dévoile, « habitée » par des êtres délicats, dans une symphonie de couleurs vivantes.

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Vertige rosé

 

Les fleurs ensorcèlent le quotidien et se révèlent les messagères de nos émotions et de nos désirs.

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  Les enchanteresses

 

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Une rose épanouie mais secrète se dissimulant en douceur derrière ses feuilles luisantes.

 

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  Roses tournées vers le ciel de Châtelet.

 

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Roses sous la pluie

 

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De garance et de feu

 

Dans le Quartier Latin, à une courte distance de la Seine, le Square Viviani-Montebello se love au pied de l'église Saint-Julien-le-Pauvre, face à la cathédrale Notre-Dame. Les roses y sont magnifiques mais c'est un très vieil arbre qui a rendu célèbre ce bel espace de verdure: un robinier faux-acacia, planté par le botaniste Jean Robin (1550-1629), au début du 17e siècle.

 

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Beauté incarnat

 

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  Rouge passion

 

Les roses: double symbole amoureux, érotique à l'envi et puissamment spirituel.

 

Fleur11Un bouquet virginal

 

Les fleurs sont partout. Elles nous accompagnent tout au long de nos existences, sublimant de leurs parfums les petits moments et les grands évènements.

 

 

Fleur13Rêverie multicolore à la Tour Saint-Jacques.

 

 

Fleur14Regard indiscret

 

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Clochettes des contes

 

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Ciel de fleurs... des flocons rose-thé jaillissent de l'écorce et de l'air entrelacés...

 

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Glycine à la Tour Saint-Jacques... des torrents de senteurs...

 

 

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La Nature dans la Ville.

 

 

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Onde chatoyante au pied de l'Hôtel de Ville.

 

 

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Tapis lactescent

 

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  Galantes à la brune, au Palais-Royal.

 

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  Les « élégantes »

 

 

Le Jardin Naturel

 

A proximité du cimetière du Père-Lachaise, la Nature reprend ses droits. Les fleurs et les herbes sauvages poussent à profusion. Un sous-bois peuplé d'oiseaux entoure une petite mare. Une prairie parfumée aimante les rayons du soleil.

 

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Ombres et lumières sur l'étang.

 

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Symphonie de plantes aquatiques.

 

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  Miroir de fées

 

Entre le ciel et l'eau, ce sont d'autres promenades qui nous appellent...

 

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Velours érubescent dans le jardin du Petit-Palais

 

En attendant les prochaines ivresses bucoliques, respirons ces beautés qui palpitent dans la jungle urbaine, explorons leurs territoires et laissons-les nous capturer...


Référencement sur http://www.etoile-blog.com

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #architecte, #art, #arum, #forme, #nature

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Une grille qui jaillit comme un bouquet printanier... Une écriture végétale aux fascinantes sinuosités... Je vous invite à découvrir, au numéro 33 de la rue du Champ de Mars, dans le 7e arrondissement de Paris, un bijou d'architecture Art Nouveau.

 

Dans cette rue discrète, surgit une façade au décor luxuriant qui dessine une forêt de fleurs pétrifiées.

 

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Construit en 1904 par l'architecte Octave Raquin pour un certain Monsieur Bouvet, le bâtiment accueillit un collège privé, le Cours des demoiselles Longuet.

 

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Portrait d'Octave Raquin, peint par Toulouse-Lautrec en 1901.

 

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Octave Raquin fut l'un des collaborateurs de la Revue Blanche, une revue littéraire et artistique fondée en 1890 à Liège par les frères Natanson. Cette revue s'installa en 1891 à Paris où elle rivalisa avec le Mercure de France, d'où le nom de Revue Blanche (la couverture du Mercure était mauve...)

 

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Après les étudiantes des demoiselles Longuet, les élèves du Cours Alfred de Musset s' établirent dans l'immeuble de la rue du Champ de Mars qui abrite aujourd'hui une clinique de chirurgie esthétique et des appartements.

 

La mise en scène est particulièrement réussie. La belle façade de pierre est aérée par de nombreuses ouvertures et rythmée par de gracieuses ferronneries.

 

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Des travées en saillie, des linteaux stylisés, des courbes oniriques... Un épiderme de pierre sur lequel serpente la lumière... l'Art Nouveau s'exprime ici avec grâce, puissance et fluidité.

 

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L'un des magnifiques bow-windows ou oriels en français, qui animent la façade.

 

Ces avancées en encorbellement ou « fenêtres en arc » sont fréquentes dans l'architecture victorienne, le style Second Empire et l'Art Nouveau. Dans l'art anglais, trois termes désignent ces constructions et leurs variantes.

  • Le bow-window ou « fenêtre en arc ».
  • Le bay-window ou « baie vitrée avancée ».
  • L'oriel-window ou « fenêtre en rideau ».

 

 

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Cette peau végétale établit une communication intime entre le regard et les courbes de l'architecture. La lumière naturelle est tissée comme une matière vivante et répartie, avec féerie et fonctionnalité, dans les différentes pièces de l'habitation.

 

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L'élégante marquise en fer forgé et en verre, qui accueille le visiteur, est décorée de feuilles d'arums, de même que les grilles de la porte d'entrée et les vantaux des portes latérales.

 

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Dans sa robe de verre tendue de fer ou d'acier, la marquise dévoile ses volutes ouvragées. Elle désignait originellement une pièce de toile tendue au-dessus d'une porte pour se protéger des intempéries et du soleil. Elle était fréquemment utilisée sur les bateaux. En architecture, cet auvent vitré représente un abri et un élément décoratif.

 

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La marquise de la Villa Majorelle, construite à Nancy entre 1901 et 1902 par Henri Sauvage et Lucien Weissenburger.

 

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La marquise du métro Abbesses, signée Hector Guimard.

 

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Celle de la maison aux arums présente une bordure ondulée qui accroît la plasticité de l'ensemble.

 

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Par ses ondes raffinées et son riche décor floral, cette porte latérale reflète les liens qui unissent la Nature et l'Art Nouveau.

 

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Cela s'applique aussi à ce petit soupirail.

 

Dans les dernières décennies du XIXe siècle, l'admiration pour la Nature imprégna les travaux de nombreux artistes. Ils redécouvrirent la flore gothique dessinée par l'architecte Viollet-le-Duc et s'émerveillèrent devant les estampes japonaises, diffusées par des marchands férus d'art asiatique.

 

L'un d'eux, Siegfried Bing, ouvrit à Paris en 1895 un magasin qu'il baptisa « Maison de l'Art Nouveau ». Au numéro 19 de la rue Chauchat, dans le 9e arrondissement de Paris, ce lieu atypique devint un formidable espace de rencontre et de création artistiques.

 

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L'affiche de l'exposition qui lui a été consacrée.

 

Dans l'Art Nouveau, la Nature est une source d'inspiration permanente. Ciselée et magnifiée à travers les bijoux de René Lalique, les vases d'Émille Gallé et des frères Daum, les boiseries de Louis Majorelle...

 

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Pavot de René Lalique, 1897. (La photo vient du site du Musée d'Orsay.)

 

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Avec cet ornement de corsage, appelé « Oiseaux chanteurs » et réalisé en 1889 pour la maison Vever, René Lalique enchante l'or, l'argent, les diamants et les rubis.

 

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La Nigelle, vase d'Émile Gallé, vers 1900. L'artiste, passionné de botanique, retranscrit, de manière onirique, les formes offertes par la Nature.

 

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Le vase aux primevères, en marqueterie de verres, réalisé par Émile Gallé vers 1900. Ce vert profond, né d'une superposition de couches de verre saturé, rappelle les jardins gorgés d'eau et les effets de lumière au début du Printemps.

 

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A travers une galerie de lampes féeriques et de vases mystérieux, les frères Daum déclinent leurs affinités pour les formes sinueuses, le rêve et la translucidité.

 

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Un bureau « végétal », signé Louis Majorelle.

 

En étudiant les merveilles de la Nature, les artistes « Art Nouveau » inventèrent un vocabulaire esthétique fondé sur la sinuosité des lignes, la luxuriance du décor, la recréation de l'élément végétal avec des matériaux métalliques et la prédominance de l'ornement floral. Parées de feuilles et de fleurs, les façades des immeubles et des maisons nous invitent à explorer un univers sylvestre et fantastique.

 

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La maison aux arums s'inscrit dans cette veine « symboliste », nourrie par la poésie et la littérature.

 

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L'arum possède une double nature. Cette fleur, dotée d'une étrange inflorescence, est à la fois féminine et phallique. Au fil des siècles, elle fut perçue comme un symbole de pureté ou un emblème diabolique.

 

Dans les années 1900, elle était très prisée dans les bouquets de mariées. On l'appréciait aussi pendant les fiançailles et les communions. Dans le cas présent, il est vraisemblable qu'elle ait été associée aux jeunes filles du cours privé des demoiselles Longuet.

 

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Il existe de nombreuses variétés d'arums. L'arum des fleuristes ou calla est une cousine de l'arum maculatum ou pied de veau.

 

Cette fleur jouait un rôle important dans la pharmacopée ancienne mais il fallait redoubler de vigilance en raison de sa toxicité. L'eau distillée de racines tubéreuses était utilisée comme lotion de beauté. Les racines longuement bouillies, torréfiées, râpées et passées au tamis donnaient une sorte de fécule, consommée sous forme de pain dans l'Antiquité.

 

La teinture de racines est encore prescrite en homéopathie. Elle est réputée décongestionner les voies respiratoires, calmer les saignements et les irritations de la peau.

 

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Ce vase en majolique, en forme d'arum, fut créé vers 1900 par la manufacture autrichienne Gerbing et Stephan. Il évoque la nature complexe de la fleur et de la femme, sources d'inspiration majeures, créatures mystérieuses, troubles et sensuelles, hybrides et magiciennes...

 

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La Nature enveloppe l'Architecture. Les matériaux dits « structurels » sont utilisés pour façonner des arbres de métal aux branches organiques, des fleurs de pierre et de verre, aiguiser l'imagination et faire croître un monde enchanté dans l'espace urbain.

 

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Qu'il soit aimé ou décrié, l'Art Nouveau est un fabuleux creuset d'inspiration naturaliste. Il crée des correspondances subtiles entre les matériaux, entre l'utile et l'esthétique, entre le réel et l'onirique.

 

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Pour ressembler aux éléments naturels, les ornements métalliques sont traités avec harmonie, gracilité et sens du mouvement. Une forêt magique semble avoir poussé autour de l'habitation.

 

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Dans le hall d'entrée, de fines mosaïques rappellent les broderies florales qui couvrent la façade. Elles font écho aux lianes de métal qui se contorsionnent le long de la pierre.

 

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L'artiste « Art Nouveau » est un alchimiste qui crée et recrée à l'infini les formes dessinées par la Nature. Il joue à recomposer la lumière et dévoile ses variations à travers les matières qu'il travaille.

Il élabore un art total qui se mêle à l'Artisanat et à l'Industrie. Il exploite de nouvelles gammes colorées et se rapproche des effets de matière qui règnent dans la Nature: prairies aquatiques, jardins détrempés, miroirs d'eau, reflets de tempêtes, cieux étranges...

 

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Il intercale ce qu'il peut toucher et ce qui suscite les songes, comme dans l'élégante poésie de la « maison aux arums »...

 

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