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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

chat

Publié le par maplumefee
Publié dans : #borges, #chat, #jorge, #jpg, #luis

 

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Je continue la tradition du Poème du Mardi, un rendez-vous que j'apprécie beaucoup, en souvenir de Lady Marianne, avec des pensées d'amitié et je vous invite, en ce début février, à un voyage « ronronnant », un voyage sous le signe des chats. J'ai choisi à cet égard une poésie de Jorge Luis Borges (1899-1986), maître argentin du Réalisme Magique.

 

A un Chat

 

« Non moins furtif que l'aube aventurière,

 

Non moins silencieux que le miroir,

 

Tu passes et je pense apercevoir

 

Sous la Lune équivoque une panthère.

 

Par quelque obscur et souverain décret

 

Nous te cherchons. Nous voulons, fauve étrange

 

Plus lointain qu'un couchant ou que le Gange,

 

Forcer ta solitude et ton secret.

 

Ton dos veut bien prolonger ma caresse;

 

Il est écrit dans ton éternité

 

Que s'accordent à ta frileuse paresse

 

Ma main et son amour inquiété,

 

Ton temps échappe à la mesure humaine.

 

Clos comme un rêve est ton domaine. »

 

 

Je publie ci-dessous la version en espagnol que je trouve magnifique dans sa puissance originelle...

 

A un Gato

 

« No son más silenciosos los espejos

ni más furtiva el alba aventurera;

eres, bajo la luna, esa pantera

que nos es dado divisar de lejos.

Por obra indescifrable de un decreto

divino, te buscamos vanamente;

más remoto que el Ganges y el poniente,

tuya es la soledad, tuyo el secreto.

Tu lomo condesciende a la morosa

caricia de mi mano. Has admitido,

desde esa eternidad que ya es olvido,

el amor de la mano recelosa.

En otro tiempo estás. Eres el dueño

de un ámbito cerrado como un sueño. »

 

Jorge Luis Borges (1899-1986), El Oro de los Tigres, Emecé Editores, Buenos Aires, 1972.

 

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Jorge Luis Borges (de son nom « véritable » mais non usité Jorge Francisco Isidoro Luis Borges Acevedo) fut un auteur argentin à l'impressionnante renommée. Sa carrière fut internationale et riche de mystères et de voyages qui donnèrent à son art des couleurs enivrantes. Il faillit obtenir plusieurs fois le Prix Nobel de Littérature mais certains refus, dans la vie, parfois s'obstinent...

 

Dès son plus jeune âge, il fut passionné par l'écriture et notamment par la puissance narrative et les fantasmagories ambivalentes des récits d'Oscar Wilde (1854-1900). Il découvrit la Suisse et l'Espagne dont il explora les variétés littéraires avec une attention sans relâche. Il écrivit des Essais, réalisa des traductions très élaborées de grands auteurs comme Walt Whitman (1819-1892) dont il adorait les visions esthétiques.

 

Poète, nouvelliste, essayiste, esprit brillant et gourmand de vie, il fut l'un des maîtres de ce qu'on a appelé le Réalisme Magique...

 

Le Réalisme Magique est une forme d'imaginaire « ancrée » dans le monde, un « réenchantement de la vie ordinaire »... ce terme fut inventé en 1925 par l'historien, photographe et critique d'art allemand Franz Roh (1890-1965). J'aurais l'occasion de vous en reparler car j'ai des billets en préparation sur ce thème passionnant et subtilement complexe...

 

Revenons au Chat...

 

J'illustre le poème de Jorge Luis Borges avec des photos prises pendant une promenade. Ce jour-là, nous avons croisé plusieurs félins et l'un d'eux a partagé de délicieux moments de complicité ronronnante » avec Christophe.

 

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De nature chamanique, le Chat est perçu comme un guide à travers l'indicible... Sa beauté, son regard, sa puissance sous une apparente douceur, tout cela nous fascine...

 

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« Être avec toi ou ne pas être avec toi est la mesure de mon temps. » Jorge Luis Borges

 

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« Personne ne peut savoir si le monde est fantastique ou réel, et non plus s'il existe une différence entre rêver et vivre. » Jorge Luis Borges

 

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Belle maraude et gros bisous pour vous, chers Aminautes ! Avec des pensées pour vos compagnes et compagnons félins, pensées pour Titi, Théo, Délice, Féline, Bagheera, Maroussia etc... et pour nos amis félins des nuées, pour Charouillé, Miû, Pépita, Lisa... Je ne vous cite pas tous mais vous êtes là...

 

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #alexander, #chat, #femme, #john, #noir, #White

 

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En souvenir de Lady Marianne à qui nous pensons bien fort et désormais sous l'égide de Fardoise et de Lilou.

 

https://lilousol.wordpress.com/category/tableau-du-samedi

 

Pour les 6 et 13 juin 2020, le thème proposé par Fardoise est « Nos petits compagnons ». Qu'ils soient Chiens, Chats ou NAC (Nouveaux Animaux de Compagnie).

 

http://entretoilesetpapiers.eklablog.com/

 

Fort joli thème, je persiste à l'écrire...

 

Après vous avoir présenté la semaine dernière des oiseaux familiers (moineau et chouette), je ne résiste pas au plaisir de présenter cette jeune femme au chat, un tableau que j'aime énormément !

 

Le cadrage de l’œuvre me ravit, de même que la robe rouge chic et sensuelle, l'attitude « stylée » du personnage et celle du chat noir, pleine de douceur voluptueuse... Cette réalisation remarquable est signée par le peintre américain John White Alexander (1856-1915).

 

Tant de beauté jaillit de cette rencontre entre la femme et le chat ! J'y reviendrai tout à l'heure...

 

Nous entrons dans un univers féminin, ardent, rêveur et tissé d'élégances, celui de John White Alexander qui naquit, en 1856, dans la ville d'Allegheny, en Pennsylvanie. L'artiste eut une vie truffée de rencontres très intéressantes.

 

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Orphelin dès son plus jeune âge, il fut élevé par ses grands-parents et dut travailler comme télégraphiste, dès l'âge de douze ans. Ce fut à cette époque qu'il manifesta des aptitudes pour le dessin.

 

En 1875, âgé de 18 ans, il s'installa à New York et débuta comme illustrateur et caricaturiste politique dans le célèbre hebdomadaire des frères Harper intitulé le Harper's Weekly.

 

Le Harper's Weekly fut, le 14 janvier 1893, le premier journal américain à publier une aventure de Sherlock Holmes. Il s'agissait de La Boîte en carton.

 

Au Harper's Weekly, John White Alexander rencontra de nombreux écrivains et de prestigieux illustrateurs comme Howard Pyle (1853-1911), Joseph Pennell (1857-1926) et Edwin Austin Abbey (1852-1911). Après deux années d'apprentissage intensif, il quitta New York pour découvrir l'Europe.

 

 

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Après un bref séjour à Paris, il se rendit en Allemagne où il devint l'élève du peintre académique hongrois Gyula Benczúr (1844-1920), à la Kunstakademie de Munich.

 

Il rejoignit ensuite en Bavière (dans le village de Polling) le cercle artistique de Frank Duveneck (1848-1919), peintre américain d'origine allemande et il rencontra des artistes prestigieux comme le peintre William Merritt Chase (1849-1916) et le romancier Henry James (1843-1916).

 

Quelques temps après son apprentissage auprès de Frank Duveneck, John White Alexander découvrit les splendeurs de Venise et le travail remarquable du peintre et graveur James Abbott Mac Neil Whistler (1834-1903) dont les créations oscillaient entre Réalisme, Symbolisme et Impressionnisme.

 

L'inspiration de John White Alexander fut à ce moment là nourrie par l'extraordinaire lumière émanant du ciel de Venise, par les formes changeantes et les mystérieux reflets de l'eau. Fasciné par les effets de matière et les ruissellements dorés de la lumière à la surface des tissus et par des maîtres comme Diego Velasquez (1599-1660) et Frans Hals (1580-1666), il poursuivit son apprentissage à Florence, à Paris et aux Pays-Bas.

 

Il regagna les États-Unis en 1881 pour enseigner le dessin à l'Université de Princeton et ses portraits de jeunes femmes aux robes magnifiques suscitèrent l'engouement des critiques et du public.

 

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Il vécut à Paris de 1890 à 1901 et bénéficia d'une solide renommée fondée sur le charme et la profondeur psychologique émanant des sujets qu'il représentait. Il multiplia les portraits féminins et les portraits d'intellectuels célèbres comme celui du poète Walt Whitman (1819-1892), réalisé en 1889, qui constitue un moment majeur dans son art.

 

Ses œuvres connurent un immense succès au Salon de 1893 et à l'Exposition Internationale Carnegie. Il fut élu membre de la Société Nationale des Beaux-Arts et fréquenta des artistes comme Auguste Rodin, Octave Mirbeau, Henry James, Oscar Wilde...

 

Membre émérite de l'Académie Américaine des Arts et des Lettres, il reçut la Médaille d'Or à l'Exposition Universelle de Paris en 1900 et à l'Exposition Universelle de Saint-Louis en 1904. Il devint Chevalier de la Légion d'Honneur en 1901.

 

Ses œuvres sont exposées dans nombre de musées prestigieux comme le Metropolitan Museum of Art, le Musée des Beaux-Arts de Boston, la Bibliothèque du Congrès à Washington ou encore le Musée d'Art de l'Institut Carnegie à Pittsburgh... Il est un artiste incontournable !

 

Profondément marqué par l'intensité psychologique des rêveries et des pensées féminines, l'art de John White Alexander honore la beauté des matières, la vibration de la couleur et la gracilité des lignes. C'est un voyage étoffé d'émotions très subtiles comme celui qui nous emporte à travers « La femme au chat »...

 

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Avec son pelage d'obsidienne qui saisit la lumière, le chat de la toile nous invite à voyager dans l'univers des mystères félins.

 

Le chat est par nature associé à la femme, à ses émotions, ses lunes, ses pensées et ses songes. Le chat est lié, de manière très intime, aux différentes étapes de la féminité. Dans l'Antiquité, il était l'apanage des déesses du foyer et de la maternité à l'instar de Bastet, la puissante divinité égyptienne de l'amour, de la naissance, de la musique et des parfums.

 

Dans l'Égypte ancienne, les chats étaient appréciés pour leur agilité, leur beauté et leur capacité à chasser les rats qui véhiculent des maladies comme la peste. Protecteurs des moissons, ils devinrent des compagnons au sein du foyer. Considérés comme des divinités familières, ils reçurent le nom de Miw et furent consacrés à Bastet. A leur mort, ils étaient embaumés et rejoignaient Bubastis, la capitale sacrée de la déesse chatte, célébrée le 5 février.

 

Entité féline, protectrice de la maternité, Bastet régnait sur la famille. On la représentait comme une chatte au regard énigmatique ou comme une femme à tête de félin. On la contemple, dans les temples et les musées, allaitant sa portée de chatons ou parée de bijoux, incarnant la sensualité de la femme, maîtresse de la beauté, des ornements et des parfums.

 

Elle joue souvent du sistre, un instrument de musique qui émet des sortes de cliquetis, représenté sur de nombreux éléments de parure, que l'on agitait comme un hochet.

 

Déesse chatte, douce, maternelle et nourricière, Bastet est l'incarnation apaisée de l’œil de Rê, le dieu soleil, dont la représentation féroce est la déesse lionne Sekhmet, redoutable guerrière.

 

D'autres déesses étaient associées au Chat, le gardien de la connaissance des cycles lunaires. En l'occurrence Diane/Artémis, déesse Lune dans l'antiquité gréco-romaine et Freya/Freyja, déesse de l'Amour, de la Magie, de la Terre et de la Fertilité dans la mythologie nordique...

 

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Le chat est également apprécié dans le monde musulman. Le prophète Mahomet préféra déchirer la manche de sa tunique plutôt que de rompre le sommeil de sa petite chatte Muezza. Il lui accorda, ainsi qu'à ses descendants, la capacité de retomber sur ses pattes.

 

Ce petit félin fut introduit en Europe sur les navires marchands grecs. Il devint le protecteur des greniers. Il fut aussi considéré comme un veilleur magique.

 

Dans plusieurs pays du nord de l'Europe, des chats lutins apportent dans les habitations la richesse et la prospérité. En Allemagne, ce sont des pourvoyeurs en nourriture.

 

Les chats noirs ont hélas été si souvent honnis, pourchassés, assassinés... au nom des peurs ancestrales associées au noir, à la nuit et à la magie des sorcières auxquelles on attribuait des chats noirs -ou roux- pour familiers mais dans plusieurs comtés d'Angleterre, les chats noirs étaient perçus comme des porteurs de chance. Dans le Yorkshire, les femmes de marins vivaient avec un chat noir familier, destiné à veiller à distance sur leurs époux. Dans le Surrey, on recommandait de caresser l'échine d'un chat noir avec un billet de loterie et de toucher sept fois la queue d'un chat noir pour attirer la prospérité et aussi pour trouver l'amour etc...

 

Les chats sont et ont été aimés par une myriade de peintres, de poètes, de romanciers, de musiciens...

Par nature, ils se lovent avec un bonheur infini dans l'univers des artistes ! Je vous reparlerai volontiers de leur symbolique dans d'autres articles car j'ai écrit un texte « conséquent » à ce sujet, il y a quelques années, pour un mémoire Universitaire. J'en ai extrait, pour ce samedi, quelques petits passages et j'y reviendrai avec grand plaisir...

 

En attendant, je vous adresse de belles pensées et je vous propose sur La Chimère écarlate de contempler un jeune garçon au lapin...

 

 

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Sir Henry Raeburn (1756-1823), Garçon au Lapin, 1814

 

http://chimereecarlate.over-blog.com/2020/06/le-tableau-du-samedi-sir-henry-raeburn-garcon-au-lapin-1814.html

 

Belles pensées pour vous, aminautes fidèles et je n'oublie pas ceux qui parmi vous sont en lutte contre des maladies et de grandes souffrances. Vous vous reconnaîtrez... Je vous aime profondément, battez-vous...

 

Pensées aussi pour l'inoubliable Pépita de notre amie Annick (http://annick-amiens.eklablog.com/) et bonne convalescence...

 

Gros bisous !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #chat, #godward, #samedi, #tableau, #william

 

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Pour la communauté Le Tableau du Samedi gérée par Lady Marianne à qui je souhaite un bon rétablissement, voici ma participation du samedi 23 novembre. Une aminaute, Fardoise, a proposé un thème : « Animaux de compagnie, Chien ou Chat ou autre... »

 

Le Chat, familier de nos cœurs et compagnon de nos pensées profondes...

Auprès d'un chat, le temps n'est plus tout à fait le même. La réalité se recompose et l'envie de jeu et de caresses peut être irrépressible !

 

Dans ce tableau réalisé par le peintre néo-classique John William Godward (1861-1922), une jeune femme et un petit chat roux partagent un moment d'intimité. La belle est assise, dans une attitude gracieuse, sur un banc de marbre paré d'un dieu Terme. Elle utilise une plume de paon pour stimuler l'attention du petit félin.

 

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Si la suite vous intéresse, vous pouvez la lire en cliquant sur le lien ci-dessous car je publie mes tableaux du samedi sur La Chimère écarlate.

 

http://chimereecarlate.over-blog.com/2019/11/le-tableau-du-samedi-john-william-godward-the-favorite-1901.html

 

 

Douces pensées et gros bisous !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #botte, #chat, #conte, #maitre, #perrault

 

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Dans une partie plus intime du jardin où papillonnent les rêveries des promeneurs, se dresse, sous les grands marronniers, un groupe sculpté en marbre blanc. Au fil de mes balades, j'y ai rencontré un fier matou en noble livrée !

 

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Le monument dédié à Charles Perrault est une œuvre empreinte de poésie, née en 1908 sous le ciseau du sculpteur albigeois Gabriel Édouard Baptiste Puech (1854-1930), pour commémorer un maître de la littérature enfantine.

 

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Dans ce théâtre de verdure, l’œuvre séduit par sa finesse esthétique, son élégance et par le sens du mouvement qui en émane. Commandée en 1903 à l'initiative de Jean Jaurès, elle fut placée au jardin des Tuileries en 1910.

 

Elle se trouvait autrefois plus près du musée du Louvre, vers le Jeu de Paume. En 1998, elle a été déplacée et installée dans un endroit que l'on appelle «  Quinconces des Marronniers ».

 

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Le buste de Charles Perrault domine une farandole de trois fillettes et l'un de ses plus célèbres personnages : le Chat Botté.

 

Dans ce monde en vert et blanc, flotte un doux parfum suranné, mélange de rêverie intemporelle et de fantaisie de jadis. En m'enfonçant sous les arbres, je laisse vagabonder mon esprit et je songe à ces forêts mystérieuses, matrices des contes, où se lovent les peurs enfantines. Pas à pas, la féerie m'enveloppe et je salue d'un sourire le groupe virevoltant qui encercle la figure de l'écrivain.

 

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Avec grâce et panache, le Chat Botté se dresse devant moi. L'ombre effleure son oreille découverte et sa cape de marbre est joliment animée.

 

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Il arbore un feutre à plume et un collier de souris.

 

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Bien chaussé dans ses bottes seyantes, les bottes de sept lieues, il incarne une figure folklorique très ancienne.

 

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Facétieux et plein de ressources, ce chat est un Trickster, un farceur chaotique qui voyage à travers les différentes cultures et mythologies. Comme le Bateleur du Tarot, il est le maître des bonimenteurs. Il transfigure la réalité, métamorphose les apparences, façonne à l'envi les situations qui se présentent. Il joue avec la fortune. Il provoque le sort.

 

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Magicien des mots, Charles Perrault (1628-1703) écrivit Le Maître Chat ou le Conte du Chat Botté à la fin du XVIIe siècle. En 1695, dans le manuscrit illustré intitulé Les Contes de ma mère l'Oye, publié chez l'éditeur Claude Barbin, parut le Chat Botté, personnage industrieux et haut en couleurs qui suscita un véritable engouement populaire.

 

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Portrait de Charles Perrault, en 1672, par Philippe Lallemand (1636-1716).

 

 

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Le Maître Chat ou le Chat Botté, 1695.

 

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Tarot des Chats de Marseille, Le Bateleur ou Magicien.

 

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Tarot des Chats de Marseille, le Roi de Deniers.

 

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Tarot des Chats Bohêmes, Le Bateleur ou Magicien.

 

Charles Perrault était le frère de Claude Perrault (1613-1688), architecte, médecin, mathématicien, auteur de la Colonnade du Louvre (façade de l'aile est du palais) et Contrôleur général des Finances et des Bâtiments de Louis XIV.

 

Contre l'avis de Le Nôtre et grâce aux liens privilégiés qu'il entretenait avec Colbert, il obtint, comme en témoignent ses Mémoires, l'ouverture du Jardin des Tuileries au public. Il plaida à cet effet « la cause des enfants ».

 

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Au Salon de 1908, Gabriel Pech reçut une médaille de première classe pour la création du modèle de son monument, un monument qui faillit être placé au Parc Monceau, au Ranelagh ou aux Buttes-Chaumont et fut finalement installé aux Tuileries.

 

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On admire de ravissants personnages...

 

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Trois petites filles qui font la ronde dans leurs atours de marbre blanc...

 

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évoquant les phases de la lune dans le ciel étoilé...

 

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Si vivantes...

 

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Le Maître Chat ou le Conte du Chat Botté s'inspire d'un conte de fées italien appelé La Chatte de Constantin le Fortuné. L’œuvre figure dans le second volume du recueil Les Nuits Facétieuses de Giovanni Francesco Straparola (1480-1557).

 

Une chatte emploie, de manière particulièrement savoureuse, la ruse et la tricherie afin d'offrir à son jeune maître désargenté la main d'une princesse. Le Conte de Perrault possède la même trame.

 

Les deux histoires mettent en scène ce qu'on appelle un matagot ou chat d'argent, chat sorcier considéré comme un « chat des moissons » ou « esprit du grain ». Il stimule les forces magiques de la terre et transmet des richesses à un humain sur lequel il a décidé de veiller. Il incarne un ancien dieu de la fécondité qui accomplit, suivant un cycle de vie, de mort et de renaissance, des rituels associés au monde agraire. Ses aventures sont truffées d'éléments symboliques que l'on associe aux anciens cultes des animaux.

 

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On rencontre des chats facétieux dans des contes de fée indiens, notamment dans le Kathâsaritsâgara (L'Océan des rivières des contes) et dans le Pañchatantra, recueil de contes sanskrits datant du Ve siècle après J-C.

 

En 1634, un Chat Trickster apparaît comme le héros dans le Pentamerone du courtisan et poète napolitain Giambattista Basile (1566 ou 1575-1632). Le chat agit pour rendre riche un jeune mendiant du nom de Gagliuso.

 

D'autres contes mettent en scène des chats ou des chattes plein(e)s de ressources qui n'hésitent pas à recourir à des moyens drôles et peu recommandables pour assurer la fortune de leur maître : un conte breton signé Mr Luzel et appelé « Le Chat et sa mère » ; un conte norvégien : « Seigneur Pierre » ou « le Palais aux piliers d’or », un conte danois. Dans plusieurs contes russes, le rôle du chat est interprété par un renard pourvoyeur en richesses mais ne nous éloignons pas...

 

 

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Le Chat Botté (Puss in boots dans le monde anglo-saxon), par Carl Offterdinger (18829-1889), illustrateur allemand.

 

Au fil du temps, le truculent félin n'a cessé d'inspirer les artistes (écrivains, peintres, dessinateurs, compositeurs, chorégraphes...) et à notre époque, il est revenu sur le devant de la scène avec une irrésistible parodie : le Chat Potté. Ce personnage apparaît dans le film d'animation « Shrek 2 ». On le rencontre aussi dans « Shrek le troisième » et « Shrek 4, il était une fin. » Il est le héros du film dérivé « Le Chat Potté » et une série de dessins animés lui est consacrée.

 

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Chat Potté !!!

 

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Sur les chemins du conte...

 

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Image © Le Chat à Botter

 

Un meunier meurt en laissant à ses trois fils son moulin, son âne et son chat.

Le fils aîné reçoit le moulin, le second fils obtient l'âne et le troisième se retrouve doté du chat, ce qui lui occasionne un profond désespoir car il est persuadé de devoir vivre dans la misère.

 

Mais le chat se révèle doué de parole et sous le regard ébahi de son maître, il demande à ce qu'on lui fournisse un sac et une paire de bottes. N'ayant rien à perdre, le jeune homme s'exécute et le chat, satisfait, part à la chasse. Il tue un lapin qu'il s'empresse d'aller offrir au roi, de la part de son maître qu'il a renommé « le Marquis de Carabas » !

 

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Le chat et son maître par Carl Offterdinger (1829-1889).

 

Chaque jour, son sac lui sert de piège pour prendre lapins et perdrix qu'il va remettre au roi. Il agit ainsi pendant plusieurs mois puis il décide de « mettre au point » une rencontre entre le souverain et son maître, le prétendu marquis.

 

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Sachant que le roi doit se promener en bordure de rivière avec sa fille, une ravissante princesse, il invite le jeune homme à aller se baigner.

 

Le roi paraît et pendant que le fils du meunier se trouve dans l'eau, le chat hurle :

-Au secours, au secours, voilà Monsieur le Marquis de Carabas qui se noie !

 

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Le Chat Botté, en 1867, par Gustave Doré (1832-1883).

 

Reconnaissant le chat qui lui apporte du gibier chaque jour, le roi ordonne à ses gardes de secourir le marquis. Le chat prétend que des voleurs ont dérobé les vêtements de son maître et le roi fait offrir au fils du meunier un magnifique habit.

 

Bien fait de sa personne, le jeune homme plaît à la princesse et le chat s'en réjouit.

 

Le roi fait monter le « marquis » dans son carrosse et le chat court devant l'équipage. Dès qu'il rencontre un paysan, il lui intime l'ordre, sous peine d'être haché menu, d'affirmer au roi que les terres environnantes appartiennent au marquis. Il finit par arriver devant un somptueux château où vit un ogre...

 

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Illustration de Gustave Doré, 1867.

 

L'ogre est féroce mais le chat, qui évolue sans hésitation dans les lieux, le flatte par de subtils jeux de langage et titille son côté vaniteux. En minaudant, le chat vante le pouvoir de métamorphose de son hôte qui accepte de se transformer.

 

L'ogre prend l'apparence d'un lion rugissant et le chat, qui pourrait jouer les effrayés, fait croire qu'il n'est pas très impressionné. Il dit à l'ogre qu'il le serait davantage si celui-ci se changeait en rat ou en souris. Il pourrait alors apprécier toute la puissance de son don... Piqué au vif, l'ogre rapetisse et devient une souris sur laquelle le chat se jette aussitôt. Ainsi, le seigneur du château finit dévoré !

 

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Affiche de théâtre, inspiration 1928. © Le Chat à Botter

 

Quand l'équipage royal parvient au château, le roi est ébloui par tant de magnificence et il est accueilli par le chat qui lui souhaite la bienvenue dans la demeure de son maître, le marquis de Carabas !

 

Définitivement conquis, le roi accorde au fils du meunier la main de la princesse et le chat se retrouve gratifié d'une seigneurie.

 

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Affiche de théâtre, 1894. © Le Chat à Botter

 

Industrieux, chaotique, beau parleur... c'est ainsi que nous aimons ce Chat et l'engouement pour le conte, territoire initiatique, est toujours bien réel grâce à des films et à des expositions organisées dans les bibliothèques autour des contes de ma mère l'Oye, de Perrault et des frères Grimm, de la littérature de Colportage ou du Cabinet des Fées...

 

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Le Chat Botté par Félix Lorioux (1872-1964).

 

Le Cabinet des Fées (ou Collection choisie des contes de fées et autres contes merveilleux), recueil de contes en quarante et un volumes, compilé par le chevalier Charles-Joseph de Mayer (1751-1825) et publié à Amsterdam entre 1785 et 1789, regroupe les écrits d'une quarantaine de conteurs, parmi lesquels Charles Perrault, Madame d'Aulnoy, Mademoiselle Leprince de Beaumont, Mademoiselle de La Force, Mademoiselle Lheritier, Jean-Jacques Rousseau, le chevalier de Mailly...

 

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Le Chat Botté, affiche s'inspirant du style de Piet Mondrian (1872-1944), peintre néerlandais, pionnier de la Peinture Abstraite. Image © Le Chat à Botter.

 

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Le Chat Botté, affiche s'inspirant du style de Gustav Klimt (1862-1918), (1872-1944), maître de la Sécession Viennoise. Image © Le Chat à Botter.

Je vous invite à cheminer à travers la sylve des très belles affiches d'inspiration rétro que vous pouvez découvrir en cliquant sur le lien ci-dessous:

lechatabotter.blogspot.com

Merci à Bastien pour son sympathique message et bravo pour le talent!

 

On trouve de très nombreux Chats Bottés au château de Breteuil, dans la vallée de Chevreuse, n'est-ce pas, ma chère Zaza (merci pour les beaux articles sur ce château) !!! Et merci à mon amie Laure pour les jolies photos d'un facétieux félin et nos échanges...

 

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Le monument à Charles Perrault offre une belle occasion de se replonger dans un univers d'enfance et de voyager entre les mondes, en compagnie d'un Maître Chat ! Je veux ajouter que le groupe sculpté apparaît dans un petit livre intitulé « Qui a volé la main de Charles Perrault ? »

 

D'après le synopsis de ce thriller pour enfants signé Claudine Aubrun et paru dans la collection Mini Syros, « Au jardin des Tuileries, la main d'une des statues du monument dédié à Charles Perrault ne cesse de disparaître... Nino, qui a le bras dans le plâtre, mène l'enquête. En voudrait-on au célèbre écrivain ? »

 

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Merci de vos attentions et de votre fidélité, je vous souhaite un très joli Printemps, avec mes pensées d'amitié !

 

Félinement vôtre !

Plume

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