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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #druides, #faucille, #gaia, #jpg, #lieu

 

 

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C'est un petit personnage, au charme mystérieux, que j'apprécie tout particulièrement... On le découvre au couronnement d'une fenêtre de l'Orangerie, bâtiment majestueux que je vous ai montré, sous différents aspects, dans mon article précédent.

 

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Un personnage qui trouve sa place dans le répertoire ornemental des lieux, fondé sur des thèmes agricoles et finement réalisé par Charles Gallois-Poignant, un des artistes du Louvre de Napoléon III (1808-1873).

 

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Sous une feuillée constituée de rameaux d'olivier, dans un décor d'épis de blé, il tient un bouquet de fleurs des champs et l'attribut de Cérès/Déméter, la terre nourricière ; du dieu Chronos des premiers âges et des esprits des moissons.

 

Emblème de mort et de renaissance, d'espoir et de fertilité, la faucille est liée au sang de la terre et revêt la forme du croissant lunaire.

 

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Dans la mythologie grecque, Gaïa, la Terre Primordiale, façonna une faucille de silex pour castrer son époux Ouranos, le Ciel. Le couple divin avait engendré les Titans, les Titanides, les Cyclopes et les Hécatonchires, redoutables créatures dotées de cent bras et de cinquante têtes. Effrayé par sa progéniture, Ouranos la fit enfermer au fond du Tartare, lieu de désolation, mais Gaïa en prit ombrage. Elle remit la faucille à Chronos, son plus jeune fils, afin qu'il castre son père.

 

 

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Chronos armé de la faucille, d'après une gemme gravée par Aubin Louis Millin Éleuthérophile de Grandmaison (1759-1818), un nom d'enfer (!), naturaliste, bibliothécaire, professeur émérite d'archéologie à la Bibliothèque Nationale et érudit en de nombreux domaines. Galerie mythologique, 1811.

 

Le sang et la semence jaillirent, engendrant les Géants, les terrifiantes Erinyes, les Nymphes et la voluptueuse Aphrodite, déesse de l'amour...

 

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Gaïa, Queen of Earth, illustration de © Ravynne Phelan pour le Tarot des Rêves de Gaïa.

 

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Visions de Gaïa par © Joséphine Wall.

 

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Les Erinyes, illustrées en 1941 par © Boris Vallejo, artiste américain d'origine péruvienne. Sensuelles et effrayantes, elles sont au nombre de trois et se nomment Alecto, Mégère et Tisiphoné.

 

Alecto tourmente les criminels. Mégère sème querelles et mésententes. Tisiphoné, « celle qui punit le meurtre », envoie des maladies comme la peste sur l'Humanité.

Fréquemment, leurs yeux pleurent du sang. Elles ont d'amples chevelures qui claquent au vent et dans lesquelles se dissimulent des serpents. Elles brandissent des torches, des fouets et guident, dans le ciel de tempête, des hordes d'ombres vengeresses.

 

 

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Les Titans enchaînés dans le Tartare. Illustration réalisée pour Les Enfers de la Divine Comédie de Dante (1265-1321), en 1857, par Gustave Doré (1832-1883).

 

 

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La nymphe Galatée et le cyclope Polyphème, descendants d'Ouranos et de Gaïa, fresque romaine de la Maison de la Vieille Chasse à Pompéi, Musée archéologique national de Naples.

 

 

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Paul Jacques Aimé Baudry (1828-1886), La toilette de Vénus.

 

 

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Jeune Druidesse récoltant le gui sacré, représentation Vintage.

 

La faucille est imprégnée d'une puissante charge symbolique et mythologique. L'Encyclopédie des Symboles nous apprend qu'elle « fut l'un des premiers outils du moissonneur dans les civilisations agraires du néolithique ; elle fut tout d'abord réalisée en silex puis devint un objet de culte qui se rapportait au croissant de lune. On désignait fréquemment les épées recourbées du nom de faucilles, par exemple l'arme du dieu Marduk, le dieu protecteur de la ville de Babylone. »

 

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Paul Sérusier (1864-1927), Jeune bretonne à la faucille, 1889.

 

La faucille, dans l'Antiquité Gréco-Romaine, est l'attribut de Chronos/Saturne « que l'on considérait, à l'époque préhellénique, comme le dieu de la fertilité. Son nom fut plus tard associé à celui du temps personnifié qui porta désormais la faucille ou (plus récemment) la faux comme symbole du temps qui s'écoule impitoyablement. Voilà pourquoi la faucille et la faux devinrent également les symboles de la mort. »

 

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Pierre-Auguste Renoir (1841-1919), Femme debout à la faucille, 1890.

 

 

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Dans le Calendrier Républicain illustré, créé par le poète François Fabre d'Églantine (1750-1794), on appelait le dixième jour du mois de Messidor, (du 19 juin au 18 juillet), le jour de la Faucille. Quant au drapeau soviétique, il faut savoir que : « le régime soviétique, après la révolution de 1917, fit figurer une faucille d'or sur son drapeau rouge : symbolisant la paysannerie libérée associée à la classe ouvrière triomphante figurée par le marteau. »

 

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Textile russe des années 1930.

 

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Vincent Van Gogh (1853-1890), Le moissonneur à la faucille.

 

La faucille, au temps de la moisson, coupe les céréales et fait « saigner le blé » mais de cette mort jaillit la vie, représentée par la nourriture et le partage des denrées. La faucille est donc liée à deux énergies essentielles, celle de Thanatos, la Mort et celle d'Éros, le Désir qui attise les Forces de Vie.

 

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Camille Corot (1796-1875), Moissonneuse tenant sa faucille, 1858.

 

 

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Jules Octave Triquet (1867-1914), La femme à la faucille.

 

 

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 La jeune druidesse, image vintage issue d'ouvrages folkloriques.

 

La faucille des Druides, objet puissamment sacré, se fait l'écho de cette symbolique. Druides et Druidesses, gardiens de la connaissance des arts magiques, utilisaient la faucille pour couper les plantes médicinales et sorcières, à l'instar du gui et pour repousser les énergies négatives, les entités malveillantes et les tempêtes. On retrouve ce dernier aspect au Japon où sur le toit de certaines maisons, une faucille est installée afin de protéger les lieux contre les orages, la grêle et la fureur du vent...

 

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Velléda, célèbre druidesse dont la statue se dresse dans le Jardin du Luxembourg, arbore une faucille à la ceinture. Je ne développe pas l'histoire de cette statue, sculptée par Hippolyte Maindron (1801-1884) et adulée par les artistes représentatifs du Romantisme, car elle fera l'objet d'un article à part...

 

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Charles Voillemot (1823-1893), Velléda, 1869.

 

La faucille, comme je l'écrivais plus haut, est aussi l'attribut de Cérès, déesse très ancienne que célébraient les Latins et que les Grecs appelaient Déméter. Je vous donne rendez-vous dans quelques jours sous l'obédience de cette déesse afin d'explorer la riche iconographie qui lui est consacrée.

 

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Merci de votre fidélité pendant ces chaudes journées d'été, je pense bien à vous, bon courage pour celles et ceux qui souffrent des températures en raison de leur état de santé et pour les victimes des catastrophes climatiques, sur notre terre... Gros bisous !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #anniversaire, #belier, #Cendrine, #Fée, #lieu, #merci, #passe, #Plume

 

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 Le Bélier par Giorgio Baroni sur DéviantArt.com

 

Merci de tout cœur, chers Ami(e)s pour vos pensées d'anniversaire !

Je suis très touchée et je voulais vous le dire avec ces quelques mots...

 

Les personnes qui désirent lire ou relire un billet concernant la symbolique du signe du Bélier peuvent cliquer sur le lien ci-dessous :

 Le Bélier dans les Arts et le Folklore...

 (http://chimereecarlate.over-blog.com/2018/04/le-belier-dans-les-arts-et-le-folklore.html)

 

Plusieurs d'entre vous connaissent déjà mon deuxième blog : La Chimère écarlate...   Un lieu sans prétention où je publie ce qui me passe par la tête et il s'en passe des choses... sourires !

 

Gros bisous et merci encore !!!

 

Cendrine

 

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 Le Bélier par Antonella Castelli

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #behague, #comtesse, #escalier, #hotel, #lieu

 

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Au carrefour de la rue Saint-Dominique (numéro 123) et de l'avenue Bosquet, dans le VIIe arrondissement de Paris, je vous invite à découvrir l'une des plus prestigieuses demeures « Belle-Époque » de la capitale.

 

 L'histoire des lieux commence à partir de 1866 lorsque la comtesse Amédée de Béhague (1807-1885), fit construire un « Grand Hôtel » de style classique, par l'architecte Gabriel-Hippolyte Destailleur (1822-1893).

 

 En 1868, le fils d'Amédée, le comte Octave de Béhague (1827-1879) fit bâtir à proximité de ce « Grand Hôtel » un « Petit Hôtel » et, quelques années plus tard, de la réunion de ces deux édifices naquit un lieu d'une impressionnante beauté, appelé « la Byzance du VIIe arrondissement ».

 

 

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Ce palais parisien fut aménagé, entre 1893 et 1904, par Walter-André Destailleur (1867-1940), fils de Gabriel-Hippolyte Destailleur, à l'initiative de Martine Marie Pol de Béhague (1869-1939), comtesse de Béarn et fille du comte Octave.

 

 

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Portrait de Martine de Béhague, l'auteur est inconnu.

 

La Comtesse était un sacré personnage ! Collectionneuse, mécène, voyageuse accomplie, douée pour l'écriture et le théâtre, elle accueillit dans sa demeure des invités prestigieux à l'instar de Verlaine, Gabriele D'Annunzio, Isadora Duncan, Marcel Proust, Auguste Rodin ou encore Paul Valéry qui devint son bibliothécaire !

 

 

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Après sa mort en 1939, l'État Roumain fit l'acquisition de l'hôtel pour y transférer son ambassade qui était jusque là située avenue de Wagram. La « Byzance » fut alors transformée en forteresse et rebaptisée « Ambassade de la Honte » pendant plusieurs décennies. On y séquestra, on y tortura, on y assassina... le sujet n'est pas le bienvenu dans le pays dit des Droits de l'Homme. Il est très difficile voire impossible de trouver des documents associés à ce qui s'est passé.

 

En décembre 1989, la Révolution Roumaine conduisit à la chute du Communisme et à l'exécution des époux Ceausescu. L'hôtel fut « nettoyé de ses pièces sinistres » et quelques temps plus tard, il rouvrit ses portes au public, presque comme si de rien n'était. Il est toujours considéré comme l'un des plus remarquables hôtels particuliers de Paris.

 

 

Au fil de la demeure...

 

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On y pénètre par une double porte cochère et une imposante façade en belle pierre de taille, ornée de sculptures à l'aspect fantastique, se dresse devant nous.

 

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 Visages de femmes ornés de grandes ailes, démons séducteurs qui protègent les secrets du lieu... Ne sommes-nous pas à l'ambassade de Roumanie ?

 

 

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 Nous sommes accueillis -très gentiment- par les agents dans le vestibule où les célébrités mondaines se donnaient rendez-vous pour festoyer sur les « terres urbaines » de la Comtesse.

 

 

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Baignant dans une lumière douce, le décor nous dévoile son élégante qualité : un portrait féminin dont l'auteur n'est pas mentionné et une toile anonyme du XVIIe siècle : la Mise au Tombeau du Christ.

 

 

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 La Mise au Tombeau. (Il n'était pas facile de prendre des photos en raison de l'éclairage et l'usage du flash était, cela va de soit, interdit.)

 

 

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 Le vestibule conduit au hall d'honneur qui s'ouvre sur le jardin, lieu romantique, agrémenté d'une colonnade ionique qui hélas ne se visite pas.

 

 

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 Un grand miroir devant lequel se dresse le Rapt de Ganymède, œuvre en marbre anonyme du XVIIIe siècle, donne à la pièce un majestueux effet de profondeur.

 

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 Les dieux choisirent Ganymède, le plus bel adolescent vivant sur terre, pour être l'échanson de Zeus. Le maître de l'Olympe, qui en tomba éperdument amoureux, lui offrit la jeunesse éternelle et se transforma en aigle pour l'enlever dans les airs.

 

Ganymède est associé à la constellation du Verseau.

 

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Le hall mène à l'Escalier d'Honneur, merveille de marbre polychrome, de dorures et de fer forgé qui s'inspire de l'Escalier de la Reine à Versailles, bijou datant de 1680.

 

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J'ai fait de mon mieux pour photographier cet espace mais sans le flash, j'ai surtout obtenu des photos floues. Elles vous donneront quand même une idée de la magnificence des lieux.

 

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J'en ai réussi quelques unes et j'ai collecté les autres sur le net. Si quelqu'un souhaite que je retire sa photo, il suffit de me le demander.

 

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Image trouvée sur Pinterest, je n'en connais pas l'auteur.

 

 

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Photo www.parisdeuxième.com

 

 

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Au sommet de l'escalier, se dévoile une imposante sculpture : le Temps emportant l'Amour, haut-relief de quatre mètres de hauteur, réalisé en 1898, par le sculpteur Jean Dampt (1854-1945).

 

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A proximité de l'impressionnante sculpture, le sol et le mobilier sont, comme dans tout le reste de la demeure, magnifiques...

 

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Nous évoluons sur ce gracieux damier et, quelques mètres plus loin, la Salle de Bal, aménagée en 1897, nous accueille dans son écrin de lambris vert et or datant du XVIIIe siècle.

 

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Ces panneaux de style néo-rocaille ont été achetés dans différentes ventes aux enchères et soigneusement assemblés pour offrir aux visiteurs une cohérence esthétique. Les grandes portes viennent de résidences royales mais on ignore d'où précisément.

 

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Les dessus de porte sont peints dans le style de Jan Brueghel l'Ancien, dit Brueghel de Velours (1568-1625), peintre baroque flamand et l'ensemble fait référence à l'une des merveilles du Marais : l'Hôtel de Soubise où se situent les Archives Nationales.

 

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Boiseries d'apparat ornées de motifs d'inspiration rocaille : coquilles, entrelacs, oves, masques, palmettes, rinceaux, grappes de raisin, trophées de musique et d'art...

 

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En quittant la Salle de Bal, nous traversons un petit salon octogone aux boiseries trop fragiles pour être photographiées et nous entrons dans la Salle à manger, parée de marbres polychromes et de savants trompe-l’œil.

 

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On y découvre une niche dans laquelle se love une fontaine.

 

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Fontaine dont la double vasque est dominée par un masque baroque, celui du dieu Neptune.

 

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Au-dessus de la fontaine, on admire un relief inspiré de la sculpture versaillaise du Grand Siècle.

 

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Décor bucolique agrémenté de nymphes, un travail remarquable de finesse.

 

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Face à la fontaine, les visiteurs restent bouche-bée devant l'apparition d'un chef d’œuvre inestimable : La Naissance de Vénus de François Boucher (1703-1770), peintre emblématique des élégances et de la sensualité de l'art au XVIII siècle.

 

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L’œuvre datée de 1731 nous ravit par l'expression d'une féminité voluptueuse. Dans cet univers rocaille où la nacre des chairs palpite sous des glacis délicats, la femme est sublimée par la touche amoureuse de l'artiste, « pourvoyeur en plaisir » au cours des fêtes privées du roi Louis XV.

 

Pour la petite histoire, trois peintres m'ont « incitée » à entreprendre des études de l'art : Antoine Watteau, François Boucher et Jean-Honoré Fragonard. J'ai étudié leurs œuvres pendant deux décennies et je m'émerveille dès que mon regard se pose sur elles, comme si c'était la première fois...

 

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La suite de la visite nous conduit vers le théâtre byzantin, haut lieu de culture musicale. Le lieu est extrêmement sombre et très difficile à photographier. J'ai donc collecté une photo sur le site de l'Institut Roumain.

 

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Institut Roumain.fr

 

Conçu par Gustave Gerhardt, Grand Prix de Rome d'Architecture, pour ressembler à une basilique byzantine, ce théâtre a accueilli des invités prestigieux à l'instar de la danseuse Isadora Duncan ou de Gabriel Fauré qui y dirigea son Requiem. Malheureusement modifié en 1954, il est aujourd'hui très abîmé et dans l'attente d'une restauration. Quarante millions d'euros sont vraisemblablement nécessaires pour lui redonner son lustre d'antan.

 

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Après le théâtre, nous devons nous extraire de notre rêverie. Nous n'accédons pas au deuxième étage où se situent les bureaux de l'ambassadeur. Nous n'apercevons que de loin un somptueux escalier (somptueux... je pèse mes mots !) habillé de boiseries de chêne datant du XVIIIe siècle. Les photos sont interdites.

 

Un petit ascenseur a été aménagé au pied de l'escalier. Il conduit à la bibliothèque de la Comtesse (impossible à visiter), ovale et précieuse à l'instar d'un boudoir. La Comtesse y conservait des trésors : manuscrits médiévaux, brouillons d'ouvrages prestigieux, premières éditions dédicacées et son bibliothécaire, comme je l'ai écrit plus haut, n'était autre que « l'immense » écrivain Paul Valéry (1871-1945).

 

J'ai zoomé discrètement sur l'une des boiseries, le résultat est un peu flou mais on se fait une idée...

 

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L'heure est venue de traverser un long couloir car un escalier nous attend pour nous conduire, de manière feutrée, vers la sortie.

 

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En espérant vous avoir fait plaisir avec cette exploration de l'une des plus prestigieuses demeures de Paris, je vous souhaite de très belles journées de printemps. Merci de votre fidélité et une nouvelle fois, merci de votre soutien lorsque mon blog n'était plus accessible. A bientôt, gros bisous !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #fut, #jardin, #lieu, #saison, #tuileries

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 Aux Tuileries, les saisons forment ronde autour des arbres, des sculptures et des parterres fleuris et deux fois dans l'année, la Grande Roue se déploie, à l'assaut des nuages et du ciel de Paris. On la découvre, scintillante, Place de la Concorde, pour les fêtes de fin d'année et l'été, elle se dresse face aux arcades de la rue de Rivoli. En cette période de vacances et jusqu'au dimanche 24 août 2014, elle domine, depuis l'un des plus beaux endroits de la capitale, une fête foraine qui fait le bonheur des petits et des grands.

 

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On dit que le Jardin des Tuileries est rempli d'ombres vaporeuses qui chuchotent, tout au long de l'année, sous les grands marronniers. Elles ont des noms célèbres ou confidentiels, elles accompagnent en secret les promeneurs qui arpentent les allées du plus grand jardin à la française de Paris et ont insufflé, au cours des siècles, leur vision de l'art du paysage à cet espace protéiforme et prestigieux.

 

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Il y eut Catherine de Médicis (1519-1589) qui décida de quitter l'hôtel des Tournelles, après la mort accidentelle de son époux Henri II, le 10 juillet 1559. Elle fit construire un palais, entre 1564 et 1578, par les architectes Philibert Delorme et Jean Bullant, là où s'étendaient, depuis le XIIIe siècle, les « vieilles tuileries », domaine des potiers, des céramistes et des tuiliers installés en bordure de Seine. Mais le jardin prit forme dès 1563, sous la houlette du florentin Bernard de Carnesse, et en 1570 on pouvait admirer un somptueux espace à l'italienne décoré de fontaines, d'un labyrinthe et de petits bâtiments pittoresques appelés « fabriques ». La plus célèbre de ces fabriques était une grotte ornée de motifs naturalistes en terre cuite émaillée, réalisée par Bernard Palissy. (Je reviendrai sur cette période de l'histoire du jardin, après la rentrée, dans une série d'articles consacrés au Louvre et aux Tuileries.)

 

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Il y eut André le Nôtre (1613-1700), petit-fils de Pierre le Nôtre (architecte de Catherine de Médicis), que Louis XIV et Colbert ont chargé, à partir de 1664, de redessiner le jardin en créant une subtile alchimie entre le château, ses dépendances et les espaces verts. Naissent alors les perspectives des allées et de luxuriants parterres. Les terrasses se développent et les plantations de cyprès, de sapins et d'ifs se succèdent mais le jardin est dépourvu de statues, ce qui contraste fortement avec la vision que nous en avons aujourd'hui. (Je publierai, après la rentrée, mes travaux sur le sujet.)

 

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La chronologie historique et artistique des Tuileries est d'une richesse infinie. Après l'empreinte de Catherine de Médicis et celles de Louis XIV et d'André le Nôtre, il y eut les modifications « mondaines » du XVIIIe siècle et l'avènement du jardin théâtralisé qui accueillit, à l'initiative des Bâtiments du Roi, des groupes sculptés provenant de Versailles et de Marly. Les premières installations eurent lieu entre 1716 et 1717. Elles se poursuivirent pendant des décennies. Puis survinrent les affres de la Révolution et la fin de l'Ancien Régime mais les aménagements républicains comprirent le transfert de nouvelles statues issues des principaux domaines royaux (Fontainebleau, Versailles, Marly...).

 

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Le jardin ne cessa de pulser au rythme frénétique de l'Histoire et des confidences murmurées sous les grands arbres ou dans les loges de verdure. Il servit ensuite les desseins fastueux de Napoléon Bonaparte (1769-1821) qui s'installa aux Tuileries le 19 février 1800.

 

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Sous la Restauration (1814-1830), il devint la promenade préférée des Parisiens qui venaient y contempler des entrées somptuaires et des défilés militaires. Il subit au fil du temps de nombreuses déprédations mais heureusement, aimé de la population, il fut maintes fois réaménagé.

 

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Tableau du peintre néerlandais Siebe Johannes Ten Cate (1858-1908).

 

Après la destruction du palais, pendant la Commune, dans la soirée du 23 mai 1871, le jardin fut dominé, pendant une douzaine d'années, par les vestiges calcinés des façades mais sa situation exceptionnelle au cœur de Paris et l'engouement populaire qu'il suscitait favorisèrent sa remise en état. Il s'impose aujourd'hui comme un lieu privilégié de villégiature et un musée à ciel ouvert qui exalte la sculpture classique tout en offrant une place de choix à l'art contemporain.

 

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(Vue sur les orangers, le Grand Bassin et le haut des arcades de la rue de Rivoli.)

 

De tout cela, je vous reparlerai abondamment après les vacances. Pour le moment, je vous laisse admirer les statues des saisons qui se dressent, un brin rêveuses, à l'orée de la grande allée.

 

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Les Termes des Saisons

 

En 1722, la partie occidentale du grand bassin fut décorée de trois termes de marbre représentant les Saisons. Il s'agissait de Pomone, appelée aussi Flore ou le Printemps et réalisée en 1696 par François Barois, de Vertumne ou l’Automne, également sculpté par François Barois, et de l’Hiver, œuvre de Jean Raon datant de 1712. Le quatrième terme, intitulé Cérès ou l’É, fut ciselé par Guillaume Coustou en 1726 et installé en 1735.

 

Un « terme » est un buste de femme ou d'homme, dont la partie inférieure se termine en gaine, et qui sert d'ornement dans les jardins.

 

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Les blanches silhouettes visibles au fond de l'image sont celles des termes qui voisinent avec des statues de héros et d'héroïnes de l'Antiquité.

 

Le Printemps

 

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On dit que Pomone, la déesse des fruits, est pure grâce et pensées embaumées.

 

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Sa beauté attira Vertumne, le dieu de l'Automne, qui multiplia les efforts et les ruses pour la séduire (tempérament de déesse oblige...). Je m'arrête là dans mes explications. Je réserve au thème des amours de Pomone et Vertumne, très important dans l'histoire de l'art, un article à part.

 

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A l'instar de Flore, avec qui elle est parfois confondue, Pomone veille sur les bourgeons gorgés de sucre et de lumière.

 

 

L'É

 

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Cérès, la déesse latine de l'agriculture et des moissons, est couronnée de blé mûr. Assimilée à la déesse grecque Déméter, elle apprit aux hommes à cultiver les céréales et fut très longtemps invoquée pour protéger les récoltes, faire croître la végétation et attirer la fécondité sur les foyers. Sa fleur symbolique est le pavot.

 

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L'Automne

 

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Il n'est pas représenté ici par Dionysos ou Bacchus, le dieu de la vigne et de l'ivresse initiatique mais par Vertumne, le dieu des vergers, maître des métamorphoses et profondément épris de la belle Pomone. (Comme je l'ai écrit plus haut, je consacrerai un article à leurs truculentes et romantiques amours.)

 

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L'Hiver

 

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Ce terme, probablement commandé pour le parc de Versailles, fut commencé par le sculpteur Jean Raon et achevé en 1712 par son fils Jean-Melchior. Il fut placé à proximité du bassin occidental du jardin des Tuileries en 1722. Le marbre original fut remplacé par un moulage en 1993. Il est actuellement visible au musée du Louvre.

 

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L'hiver, c'est le vieux Saturne, barbu et imperturbable...

 

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Maître du temps, de ses mystères et de ses exigences, Saturne se nourrit de soleil, nous rappelant qu'aux Tuileries, lieu pourtant chargé de tant d'histoires et d'évènements dramatiques, nous sommes loin du temps chronophage car la flamme de l'instant savouré réchauffe, à toute saison, les cœurs et les âmes.

 

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Chaque saison est indissociable de celle qui la suit et de celle qui la précède. Nous prenons place dans cette ronde, guidés par nos expériences et notre ressenti, comme le murmurent ces statues érodées par les âges mais résistant à l'oubli, témoins de nos émotions de passage et réceptacles de nos pensées vagabondes...

 

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Le Jardin des Tuileries se livre à notre contemplation tout au long de l'année et la magie du lieu nous invite à constamment le redécouvrir.

 

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Je termine cette promenade avec les mots de Boileau (1636-1711) qui exaltent la connaissance du temps, de sa nature secrète, de son âpreté et de ses voluptés qui toujours se renouvellent.

 

« Jeune et tendre arbrisseau, l'espoir de mon verger,

Fertile nourrisson de Vertumne et de Flore

Des faveurs de l'hiver redoutez le danger,

Et retenez les fleurs qui se pressent d'éclore

Séduites par l'éclat d'un beau jour passager.

 

Imitez la sage anémone

Craignez Borée et ses retours

Attendez que Flore et Pomone

Vous puissent prêter leur secours

 

Philomène est toujours muette (Philomène est la figure du rossignol personnifié.)

Progné craint de nouveaux frissons (Progné est l'hirondelle.)

Et la timide violette

Se cache encore sous les gazons.

 

Imitez la sage anémone

Craignez Borée et ses retours

Attendez que Flore et Pomone

Vous puissent prêter leur secours

 

Soleil, père de la nature

Viens répandre en ces lieux tes fécondes chaleurs

Dissipe les frimas, écarte les froidures

Qui brûle nos fruits et nos fleurs

Cérès plein d'impatience

N'attend que ton retour pour enrichir nos bords

Et sur ta fertile présence

Bacchus fonde l'espoir de ses nouveaux trésors.

 

Les lieux d'où tu prend ta course,

virent ses premiers combats

Mais loin des climats de l'ourse

Il porta toujours ses pas.

 

Quand ses amours favorables

voulurent le rendre heureux,

Ce fut sur des bords aimables

Qu'échauffaient tes plus doux feux

 

Les lieux d'où tu prend ta course,

virent ses premiers combats

Mais loin des climats de l'ourse

Il porta toujours ses pas. »

 

Nicolas Boileau, « Sur un arbrisseau »

 

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Merci pour vos gentils petits mots, bonnes vacances et gros bisous !

 

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #fleurs, #lieu, #roses, #sarcelles, #ville

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C'est une promenade aux couleurs de l'amitié que je vous propose aujourd'hui. J'ai sillonné avec CHRIS, (du blog  Au fil des jours et des menus plaisirs), les chemins inattendus de Sarcelles, cité emblématique du Val d'Oise et de la banlieue nord parisienne.

 

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Je te remercie, Chris, pour les moments de joie et de complicité que nous avons partagés. Ils sont aussi lumineux que ces fleurs.

 

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Amis lecteurs, je vous invite à découvrir les balades intimistes de CHRIS dans Paris, ses escapades en Île de France et ses décorations fort réussies mais vous la connaissez peut-être déjà...

 

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Si vous vous demandez ce que Sarcelles offre en matière de verdure et de patrimoine, mon article vous surprendra sûrement. En dépit de sa réputation négative, le lieu est loin d'être inhospitalier et recèle, dans sa partie la plus ancienne, de véritables petits trésors.

 

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Sarcelles est mon « chez moi » depuis plus de dix ans mais Paris est mon royaume de rêves et une terre infinie d'exploration. Osciller entre les deux nourrit mon inspiration...

 

Autrefois, Sarcelles était nichée dans la campagne, au coeur d'un territoire luxuriant, constitué de vignes, de champs, de cultures potagères (choux-fleurs, petits pois) et de vergers (poiriers, pommiers) dont les récoltes étaient acheminées, par voie ferrée, jusqu'à Paris. A la fin du XIXe siècle, on y construisit d'élégants pavillons mais à partir des années cinquante, l'urbanisation galopante donna naissance à de grands ensembles, destinés, de prime abord, à accueillir les rescapés de l'Hiver 54 et les français rapatriés d'Algérie.

 

Cette « nécessité immobilière » modifia sans concessions le visage des lieux. La bourgade champêtre se métamorphosa en une banlieue tentaculaire peuplée de tours immenses et un terrible mal de vivre, appelé « sarcellite », fit son apparition.

 

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(Image trouvée sur le Net)

 

Cette angoisse mortifère, soulignée avec force détails en mars 1962, naquit dans la première phase du Grand Ensemble. Au milieu des barres de béton, elle suscita une vague de troubles psychologiques et de suicides mais elle s'atténua quand les quartiers furent équipés de commerces, d'écoles, de bureaux de poste, de bibliothèques et d'espaces de loisirs.

 

Le Canard Enchaîné lui consacra sa une, le 9 février 1966 et le livre Regards et témoignages sur Sarcelles de Claude Mezrahi, publié en 1986, en décrivit les différentes manifestations.

 

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Le ciel au crépuscule, contemplé depuis ma fenêtre, au coeur du Grand Ensemble.

 

Sarcelles est l'union de deux entités: le vieux Sarcelles, dit Sarcelles Village et la ville nouvelle, appelée Sarcelles Lochères.

 

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Sarcelles Village

 

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Sarcelles Lochères fut le premier exemple de « ville neuve », érigée entre 1955 et 1970 à l'initiative de François Bloch-Lainé, président de la Société immobilière de la Caisse des Dépôts et Consignations (SCIC). Il confia la réalisation du projet aux architectes Jacques-Henri Labourdette (1915-2003) et Roger Boileau.

 

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Les immeubles de Jacques-Henri Labourdette ont été conçus pour s'adapter aux contraintes d'une ville très dense. Leur écriture architecturale est fondée sur les exigences du rationalisme constructif. Baies vitrées, panneaux de pierre et bandeaux de béton rythment les plus grands bâtiments qui abritent aussi bien des logements que des bureaux et des activités libérales.

 

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Labourdette est connu pour avoir édifié, en 1960, avec Édouard Albert, la Tour Albert, premier gratte-ciel de Paris. Sa hauteur de 61 mètres suscita une âpre controverse mais son ossature tubulaire en acier était si novatrice pour l'époque que le bâtiment est considéré, aujourd'hui encore, comme un exemple de modernisme.

 

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La Tour Albert, 33, rue Croulebarbe, photographiée par Jacques Mossot pour Structurae (Base de données internationale du patrimoine du génie civil).

 

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Les « Labourdettes » érigées sur le Cours Belsunce, à Marseille, entre 1960 et 1962. Ces trois tours ont obtenu le label « Patrimoine XXe siècle ». (La photo est de Xavier de Jauréguiberry pour Djibnet.)

 

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J'habite à l'ombre des « Labourdettes » de Sarcelles, dans un immeuble de quatre étages. Comme vous pouvez le constater, la Nature a retrouvé une place importante dans la ville.

 

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Depuis plusieurs années, des espaces verdoyants, des massifs de fleurs et des arbres vigoureux, qui s'élancent plus haut que certains immeubles, ont adouci l'hydre de béton.

 

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Sous l'orage, une inquiétante et fascinante poésie...

 

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Le paysage s'est considérablement modifié par rapport à l'époque du « tout béton », comme en témoignent ces séductrices photographiées au pied de mon habitation.

 

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Quand je longe ces « espaces de respiration » émaillés de roses voluptueuses, je songe aux premiers temps de la ville moderne, à la grisaille omniprésente et je me dis que les lieux ont bien changé.

 

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Que serions-nous sans ces beautés opulentes, caressées par les larmes du ciel?

 

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Le patrimoine vert de Sarcelles constitue près de 25% du territoire de la commune (source Mairie) et chaque petite place est agrémentée de compositions florales.

 

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Cette réécriture végétale et colorée de l'espace urbain est particulièrement appréciée par les riverains.

 

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Mon arrêt de bus

 

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Rubdbeckias couleur de soleil, pensées et pétunias composent une palette de soie et de lumière.

 

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Devant la gare...

 

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Un petit coin de prairie découvert en cheminant vers Sarcelles Village qui a préservé son authenticité, parmi les squares verdoyants et les monuments classés, à l'instar de l'église et de l'Hôtel de Ville.

 

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Ancienne Place de la Mairie, la Place de la Libération se dresse à l'emplacement de l'ancien cimetière (1730).

 

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Ce bel espace ombragé, orné de roses, honore la mémoire du docteur Marius Galvani (1844-1920).

 

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Le nom de ce médecin au grand coeur est indissociable du combat contre le choléra.

 

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Marius Galvani naquit à Zante, une île d'Ionie, le 20 novembre 1844. Pendant la guerre de 1870, il s'engagea dans les ambulances volantes des armées de terre et de mer. Diplômé de médecine à Paris en 1874, il s'établit à Sarcelles, en 1875, et devint conseiller municipal. Pendant l'épidémie de choléra de 1892, il soigna sans relâche les malades sarcellois et reçut la Légion d'honneur.

 

Le monument fut érigé grâce à des fonds collectés auprès des anciens malades, en 1938, et inauguré en 1946.

 

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Les lieux avant l'aménagement du square. De récentes campagnes de fouille ont révélé qu'il s'agissait du premier établissement humain à Sarcelles.

 

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Quelques pas nous conduisent au square d'Hattersheim, un lieu ravissant qui célèbre le jumelage de la ville d'Hattersheim, en Allemagne, avec Sarcelles, le 14 juin 1987.

 

Bien que située dans une zone fortement industrialisée, Hattersheim s'est épanouie au bord de l'eau, sur les rives du Main. Elle est appelée « la ville des roses » car, dès la fin du XIXe siècle, des horticulteurs se spécialisèrent dans la culture et l'exportation de roses coupées. En 1997, une somptueuse roseraie y fut inaugurée. On y contemple aujourd'hui plusieurs centaines de variétés de roses, une pyramide ornementale géante, des bassins parsemés de roses aquatiques... On y donne, sous les frondaisons parfumées, des « Concerts de Sérénades ».

 

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La roseraie d'Hattersheim. (Image trouvée sur le net).

 

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Rose d'Hattersheim

 

En attendant de consacrer un article à la reine des fleurs, je veux offrir celle-ci à une délicieuse poétesse, Corinne (Cronin), qui signe d'une rose ses vers exquis et ses missives d'amitié.

 

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Nous sommes accueillis par une allégorie de l'abondance, gracieuse incarnation de l'esprit des vignes qui couvraient autrefois la campagne sarcelloise.

 

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Un peu floue sous un rideau de pluie...

 

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Dans sa grâce juvénile, cette vendangeuse au visage poupin rayonne, telle une nymphe des fleurs.

 

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A ses pieds, jaillit un tapis de verdure et de fleurs colorées, tableau chamarré où les couleurs chaudes s'entremêlent...

 

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Elle se dresse à côté du manoir de Miraville (l'actuel hôtel de ville) et regarde en direction de l'église du village.

 

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Le manoir de Miraville fut construit en 1885 par Frédéric Aylé, un collectionneur d'objets d'art strasbourgeois, qui devint maire de Sarcelles, de 1878 à 1881 et de 1884 à 1896. Je vous ferai visiter ce remarquable bâtiment dans un prochain article.

 

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L'église Saint-Pierre et Saint-Paul, dont le porche Renaissance fut construit par le célèbre architecte et sculpteur Jean Bullant(1515-1578). J'ai prévu de lui consacrer un article dans quelques temps.

 

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Je suis ravie de vous avoir montré différents visages de Sarcelles qui, avant d'être « la zone » est un lieu de vie et une ville chargée d'histoire.

 

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Je remercie CHRIS de sa visite. J'ai savouré chaque moment de notre promenade estivale, si éloignée des persiflages, des regards condescendants et des phrases du genre: « ah, vous habitez LE Sarcelles »...

 

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Avec l'arrivée du Tram dans les prochains mois, Sarcelles se métamorphose encore. Nombre de quartiers seront désenclavés mais trottoirs et routes ont déjà pris un sacré coup de neuf.

 

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Essais du tram photographiés en août 2012.

 

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Avant que le froid de l'automne les fasse glisser dans le sommeil hivernal, je vous offre des fleurs de Sarcelles, sans oublier quelques vues représentatives de mon « univers ».

 

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