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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

oeuf

Publié le par maplumefee
Publié dans : #jpg, #l’oeuf, #oeuf, #paques, #rouge

 

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Avec des illustrations en supplément, pour vous souhaiter de Joyeuses Fêtes de Pâques 2018 !

 

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Promenade gourmande, artistique et philosophique sur le thème de l’œuf... Quant aux poissons d'Avril, les coquins se cachent un peu, « supplantés » par cocottes et lapins mais je ne les oublie pas, sourires !

 

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Œuf du Premier Avril de la Maison Réauté, crédit photo Réauté.

 

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Floris Hendrik Verster (1861-1927), Bol aux œufs, 1915.

 

« Ab Ovo... » Au commencement était l’œuf, promesse de résurrection, que l'on plaçait dans les tombes pour accompagner l'âme des défunts vers un nouveau séjour.

 

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De l’œuf naît et renaît la vie, quête incessante... Pondu par un initiateur sage et facétieux, le lièvre d'Ostara, la déesse germanique du Printemps, équivalent de la déesse anglo-saxonne Eostre (voir mon article intitulé Mystères et Traditions de Pâques), il signifie que des êtres nouveaux vont briser leur coquille.

 

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Illustration de Marjolein Bastin

 

L’œuf cosmos

 

Même si l'on écrivait une encyclopédie sur ce thème, on trouverait encore des traditions orales et des récits non étudiés mettant l’œuf en scène comme point de départ du monde et de ses habitants !

 

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L’œuf cosmique de William Blake (1757-1827)

 

Il existe une infinité de mythes fondés sur la puissance créatrice et poétique de l’œuf. Dans l'Égypte ancienne (mythe du dieu Thot et de l'Ogdoade Hermopolitaine), dans la mythologie hindoue (mythe de l’œuf de Brahma qui se divise en une moitié d’or et une moitié d’argent), chez les Incas où le dieu Viracocha crée le soleil derrière une immense roche noire, avec la coquille d'un œuf d'où jaillit l'humanité, dans le Japon Shintoïste où le ciel (léger et fluctuant) et la terre (dense) émanent d'un œuf parfumé, dans la Grèce antique où certaines statues du dieu Dionysos étaient représentées avec un œuf dans la main et dans plusieurs sépultures de l'ancienne Russie où l'on plaçait des œufs d'argile pour que les âmes puissent de nouveau s'incarner...

 

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Kolobova Margarita, Ilmatar Birth of Nature.

 

Dans le Kalevala (le livre sacré des Finlandais), une déesse nommée Ilmatar sommeillait au fond de la mer. Brusquement, sous l'effet d'un rêve, la déesse bougea et ses genoux émergèrent de l'eau. Intrigué et séduit, le seigneur de l'air, incarné en canard, y déposa un œuf couleur de lune ou d'or. La déesse frissonna, la coquille se brisa et la vie apparut sur toute la terre.

 

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Ilmatar, 1860, par Robert Wilhelm Ekman (1808-1873), illustrateur de poèmes populaires et représentant du romantisme finlandais.

 

« Tous les morceaux se transformèrent

en choses bonnes et utiles:

le bas de la coque de l’œuf forma le firmament sublime,

le dessus de la partie jaune

devint le soleil rayonnant

le dessus de la partie blanche

fut au ciel la lune luisante,

tout débris taché de la coque

fut une étoile au firmament,

tout morceau foncé de la coque

devint un nuage de l'air.

Le temps avança désormais... »

 

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Œuf de Dragon par Bente Schlick, illustrateur allemand né en 1986.

 

Pour les alchimistes, l’œuf philosophique, l’œuf né d'un dragon ou d'un serpent, est un reflet de l’image du monde. Dans cet athanor, se produit l'émulsion qui permet d'aboutir à la pierre philosophale.

 

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L’œuf Orphique de Jacob Bryant (1715-1804), savant, écrivain et mythographe britannique, 1744.

 

Le Mythe Orphique (environ 600 av JC) rapporte qu'au commencement était Chronos (seigneur du Temps), qui engendra Chaos (l'Infini) et Éther (l'aboutissement). Enveloppant le Chaos, la Nuit, « déesse aux ailes noires » stimula l'action créatrice contenue dans l'Éther. De cette « rencontre » naquit l’Œuf d'Argent, réceptacle de l'essence de Vie, qui engendra Phanès, la Lumière.

La Lumière s'unit à la Nuit et le Ciel, la Terre et l'Olympe où règne Zeus, seigneur de l'Éclair et de la Foudre, firent leur apparition.

 

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Salvador Dali (1904-1989), Jaune d’œuf Soleil, 1955.

 

L’œuf est un être à la fois organique et associé à une étrange forme de « minéralité » qui a profondément inspiré Dali. Le maître voyait à travers lui la possibilité de relier toutes nos vies : vies antérieures, expériences intra-utérines et renaissances au fil de l'existence.

 

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Cette puissante magie d'inspiration et de fécondité imprègne les œufs du folklore pascal.

 

Les œufs rouges de Pâques

 

Dans de nombreux pays, la coutume veut que l'on teigne les œufs en rouge pour célébrer Pâques. Rouge de la vie, couleur du sang, de la passion amoureuse, de la purification des maléfices et de la rédemption des pêchés.

 

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La matrice de l’œuf est le réceptacle du mystère de la vie. Dans la Perse antique, il existait une fête du printemps, appelée « fête des œufs rouges ».

 

Dans le folklore celtique, le serpent de mer, à la fois géniteur de vie et destructeur de mondes, pondait, la nuit de l'équinoxe, un œuf rouge au creux d'un rocher. L’œuf magique rayonnait comme un soleil incandescent.

 

Dans la symbolique chrétienne, les œufs du Jeudi-Saint, décorés en rouge et « chassés » le dimanche après la messe pascale, évoquent le sang du Christ versé pour la rémission des pêchés.

 

L’œuf rouge de Marie-Madeleine

 

Dans une église orthodoxe, située sur le Mont des Oliviers à Jérusalem, un tableau relate l'offrande d'un œuf rouge à l'empereur Tibère, par Marie-Madeleine.

 

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Marie-Madeleine demanda à Tibère de réhabiliter la mémoire du Christ. En signe de déférence, elle lui donna le seul œuf qu'elle possédait. L'empereur la mit alors au défi. Il ne trancherait en sa faveur que si l’œuf se teintait de rouge. Elle pria et le miracle se produisit!

 

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Pour la petite histoire, on disait aux enfants de Vendée que les œufs étaient rouges parce qu'ils avaient « vu » à Rome les cardinaux paraître dans leurs grandes robes écarlates.

 

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Le Vendredi Saint était autrefois traditionnellement consacré à la décoration des œufs. Les jeunes filles confectionnaient des « œufs d'amour ».

 

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Pieds nus dans la rosée du matin, elles récoltaient les œufs et les teignaient de rose marbré de rouge puis elles les couvraient de vœux et d'inscriptions comme celles-ci « Par amour et par fidélité. », « Que la force de mon amour te lie à moi. » « Deviens, de mon vivant, celui dont j'ai rêvé en mon dormant. » Elles les cachaient ensuite dans des coffrets jusqu'au lundi de Pâques et elles les offraient à leurs amoureux.

 

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Les œufs blancs et décorés de fleurs sauvages évoquent les cycles de la lune.

 

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Réputés imputrescibles, les œufs du Vendredi-Saint étaient conservés sur les manteaux de cheminée. Ils offraient une protection contre la foudre, les morsures de serpents, les accidents, les chutes et diverses maladies. On les pensait également capables de « détecter les sorcières » si on leur chuchotait certaines paroles avant la messe de Pâques ou si on les faisait tourner sur eux-mêmes durant l'office.

 

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Image Folkstar.pl

 

Leur pouvoir protecteur et magique était amplifié par les couleurs et les motifs dont ils se paraient. Teints en rouge, en violet ou en bleu, ornés d'arabesques, de triskèles, d'arbres stylisés, de soleils, de petits hommes dansants ou de fleurs printanières, ils éloignaient les maléfices, les fantômes et les tempêtes; ils attiraient la chance et la prospérité.

 

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A Luzy, dans la Nièvre, la coutume prétendait que si l'on conservait pendant cent ans un œuf pondu le Vendredi-Saint et peint en rouge, son jaune deviendrait un fabuleux diamant.

 

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Le dimanche de Pâques, les marraines et les parrains offraient à leurs filleuls les œufs du Vendredi-Saint, symboles de joie, de richesse et de sécurité familiale, sur un lit de paille tressé ou dans un panier d'osier.

 

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Après le repas dominical, les facétieux de tous âges se livraient à des jeux folkloriques comme la toquette et la roulée.

 

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Nikolaï Kochélev (1840-1918) : Enfants jouant à faire rouler des œufs de Pâques, 1855. Musée Russe, Saint-Pétersbourg.

 

La roulée était une sorte de jeu de boules, consistant à lancer, sur un plan incliné ou en s'aidant d'une longue tuile qui formait un petit toboggan, des œufs durs, de préférence colorés en rouge ou en bleu. Le possesseur du coquart, (l’œuf resté intact), dégustait les œufs cassés.

 

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« Osterspiele » (Jeux de Pâques), gravure sur bois réalisée en 1880 d’après un dessin original de Carl Röhling (1849–1922).

 

Pour jouer à la toquette, comme vous l'apercevez au second plan de l'image, on tenait fermement un œuf dur, ne laissant dépasser qu'une partie de la coquille, afin de le faire « toquer » contre un autre. Le perdant payait sa tournée de friandises (enfants) et de boissons (adultes)!

 

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Ces jeux étaient (et sont encore) très répandus en Russie mais aussi dans plusieurs régions de France (Lorraine, Alsace, Franche-Comté etc...). La tradition des Rolling Eggs existe dans de nombreux pays, avec certaines variantes.

 

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« Easter Monday Egg Roll » en Angleterre où les participants font rouler des œufs depuis le sommet d'une colline pour « réveiller » les forces du printemps. (Photo geograph.org.UK).

 

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Easter Roll en 1911, à Washington, dans les jardins de la Maison-Blanche (1600, Pennsylvania Avenue).

 

D'après certains historiens, cette tradition aurait été initiée par Dolley Madison, l'épouse du Président James Madison, en fonction de 1809 à 1817 mais d'autres chercheurs avancent que ces courses d’œufs auraient vu le jour entre 1860 et 1865, sous la présidence d'Abraham Lincoln (1809-1865). En 1872, des articles de journaux rapportent que les enfants s'amusaient à faire rouler des œufs de Pâques sur les pelouses du Capitole et que cela inspira, en 1876, à des esprits chagrins le vote d'une loi par le Congrès pour interdire ces jeux de plein air.

Ensuite, il semblerait que le président Rutherford B. Hayes, en fonction de 1877 à 1881, ait invité les enfants à venir à la Maison-Blanche pour faire rouler les œufs.

 

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Course aux œufs, dans les jardins de la Maison-Blanche, le lundi de Pâques (photo de Chuck Kennedy). Les enfants sont pressés de pousser les œufs sur le gazon verdoyant avec une cuillère dotée d'un long manche.

 

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Les gourmands collectent chaque année, avec un bonheur indicible, les œufs déposés sur l'herbe tendre ou cachés dans les habitations par le lièvre du printemps mais aussi par les cloches revenues de Rome qui rythmaient jadis, de leur timbre mélodieux, la vie des villages et des villes.

 

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La découverte des œufs, gravure de 1889.

 

Les couleurs des œufs de Pâques

 

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La couleur la plus répandue est le rouge dont je vous parlais plus haut, couleur du sang et de la vie, qui appelle la protection magique et repousse les forces malveillantes. On obtient un magnifique rouge cardinal en faisant cuire à feu doux des œufs dans du vinaigre avec des rouelles d'oignon.

 

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Avec le marc de café ou l'écorce de chêne, on obtiendra des œufs bruns que l'on pourra glacer avec un peu de sucre. Les épluchures de radis donneront de jolis œufs rose pâle et le suc de betterave rouge des œufs d'un rose soutenu presque violacé. Les anémones pulsatilles, le jus de myrtilles et les baies de sureau teinteront les œufs en mauve, la racine d'ortie en vert jaunâtre, les feuilles d'artichaut, de lierre ou d'épinard seront à l'origine d'un vert franc...

 

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Les œufs magiques d'Ukraine

 

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Un rituel très ancien appelé Pyssanki, Pysanky ou Pyssanka, d'après le verbe pysaty qui signifie «écrire», était effectué, en Ukraine, vers l'équinoxe de printemps. Avec une pointe fine, une femme dessinait sur un œuf des formes dentelées à la cire d'abeille puis elle trempait l’œuf dans un récipient rempli de colorant dilué. La cire fondait et la femme reprenait l’œuf pour en redessiner les motifs avant de le plonger dans un bain plus foncé. Pendant qu'elle accomplissait le rituel, d'autres femmes récitaient des prières mêlées d'incantations. Les œufs étaient conservés jusqu'à l'année suivante.

Sur cette photographie issue des collections du Musée Canadien de l'Histoire, on voit une maman ukrainienne et ses enfants accomplir des gestes ancestraux.

 

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L'entrée du musée des œufs de Pâques à Kolomiya en Transcarpatie (ua-travelling.com). On y apprend tout sur les œufs depuis les premiers temps du Paganisme.

 

 

Des œufs chargés d'histoire...

 

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Autrefois, quand l'année commençait, aux alentours de Pâques, les œufs « pâquerets » symbolisaient « officiellement » le réveil des forces calendaires. Avec l'édit de Roussillon promulgué, le 9 août 1564, sous le règne du roi Charles IX (1550-1574), l'année débuta le premier janvier mais l’œuf, aux vertus aussi gourmandes que mystiques, continua d'être échangé comme cadeau majeur.

 

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Associé aux différentes théogonies, l’œuf connut, dans toutes les couches sociales et à toutes les époques, une importance historique.

 

Au Moyen-âge, à Paris, les clercs et les étudiants chantaient l'office des Laudes sur le parvis de Notre-Dame. Ils formaient ensuite un joyeux cortège et parcouraient les rues afin de « quêter les œufs » pour le festin pascal.

 

Dans les campagnes de France, les enfants et les jeunes gens accomplissaient leur tournée, de maison en maison, en égrenant des comptines à caractère magique ou des chants licencieux.

 

Jusqu'à la Révolution Française, pendant la semaine de Pâques, les officiers de bouche parcouraient l'Île de France pour y collecter les plus gros œufs. Une fois dorés et bénis, le roi les offrait, en personne, aux gens de sa maison.

 

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Les œufs précieux

 

Les œufs-bijoux naquirent en Russie à la fin du XVIIIe siècle mais en Angleterre, on trouvait des œufs couverts d'or et incrustés de pierres précieuses dès le XIIIe siècle et traditionnellement, le roi de France faisait distribuer des œufs d'apparat à la Cour, entre le XVIe et le XVIIIe siècle. Le roi Louis XV (1710-1774) offrit à sa maîtresse, Madame Du Barry (1743-1793), un œuf abritant une figurine de Cupidon qui connut un grand succès.

 

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Cette œuvre est signée par le joaillier Pierre-Karl Fabergé (1846-1920), artiste concepteur de la série des œufs de Pâques impériaux, sous les règnes des tsars Alexandre III (1845-1894) et Nicolas II (1868-1918).

 

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L’œuf de Pierre le Grand, 1903.

 

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L’Œuf aux douze monogrammes, en émail bleu, or rouge et diamants, 1896, cadeau de Nicolas II à Maria Feodorovna. (Hillwood Museum Washington DC).

 

A partir de 1884, Pierre-Karl Fabergé devint le fournisseur officiel de la Cour Impériale. Sollicité par toutes les Cours d'Europe, il « régnait » sur de prestigieux ateliers qui accueillaient plusieurs centaines d'artisans.

 

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Ouvriers Fabergé dans un atelier en Russie, vers 1900. Photo Fabergé SA.

 

Commercialisées de manière internationale, ses créations figurent dans les plus prestigieuses boutiques de Moscou, de Londres et de Paris.

 

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L’Œuf à la Poule, en or et en émail blanc, cadeau d'Alexandre III à la tsarine Maria Feodorovna, née princesse de Danemark.

 

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Il s'agit du premier œuf confectionné par Fabergé, en 1885. La poule en or chatoyant abritait une couronne ornée de petits œufs en rubis. L'impératrice apprécia tant son cadeau que le tsar commanda tous les ans un nouvel œuf au joaillier. Après la mort d'Alexandre III, son fils Nicolas II poursuivit cette tradition jusqu'en 1917, année de la faillite de son pouvoir.

 

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L’œuf au cygne, en émail mauve, cristal, or, argent et aigue-marine, cadeau de Nicolas II à Maria Feodorovna en 1906.

 

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L’œuf au treillis de roses, 1907, en or, diamants rose-thé et feuilles d'émeraude.

 

Les œufs gourmands

 

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Dans les années 1780, l'apothicaire Joseph Storrs Fry (1769-1835) ouvrit une petite manufacture de pâte de chocolat à Bristol, en Angleterre, sous le nom de « J.S. Fry et Sons ». Il conçut la première broyeuse hydraulique pour fèves de cacao et, convaincu que le chocolat était doté de vertus médicinales, il fournit en « matière première » des salons de thé et de nombreuses officines pharmaceutiques. Après sa mort, ses fils Joseph, Francis et Richard eurent l'idée de mélanger du beurre de cacao, du chocolat en poudre et du sucre, obtenant ainsi une pâte molle facile à verser dans des moules. Le chocolat à croquer était né.

 

Vers 1847, le chocolat essentiellement connu sous forme de boisson put être savouré autrement. Dans les années 1890, apparurent les œufs en sucre coloré et aux alentours de 1900, les œufs en chocolat, en porcelaine et en carton doré, garnis d'une surprise en pâte d'amandes ou en sucre candi.

 

De nos jours, les douceurs pascales continuent d'enchanter les gourmands de tous âges...

 

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Lapin et Œufs de la pâtisserie Stohrer dont je vous ai conté l'histoire dans l'article intitulé Gourmandises de Saint-Valentin...

 

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Je vous souhaite d'excellentes fêtes de Pâques. Gros bisous !

 

Cendrine

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #l’oeuf, #maison, #oeuf, #paques, #rouge

 

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Chers aminautes, je vous souhaite de Joyeuses Pâques et je vous convie à une promenade gourmande, artistique et philosophique sur le thème de l’œuf.

 

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Floris Hendrik Verster (1861-1927), Bol aux œufs, 1915.

 

Au commencement était l’œuf, promesse de résurrection, que l'on plaçait dans les tombes pour accompagner l'âme des défunts vers un nouveau séjour.

 

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De l’œuf naît et renaît la vie, quête incessante... Pondu par un initiateur sage et facétieux, le lièvre d'Ostara, la déesse germanique du Printemps, équivalent de la déesse anglo-saxonne Eostre (voir mon article intitulé Mystères et Traditions de Pâques), il signifie que des êtres nouveaux vont briser leur coquille.

 

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Illustration de Marjolein Bastin

 

L’œuf cosmos

 

Même si l'on écrivait une encyclopédie sur ce thème, on trouverait encore des traditions orales et des récits non étudiés mettant l’œuf en scène comme point de départ du monde et de ses habitants.

 

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L’œuf cosmique de William Blake (1757-1827)

 

Il existe une infinité de mythes fondés sur la puissance créatrice et poétique de l’œuf. Dans l'Égypte ancienne (mythe du dieu Thot et de l'Ogdoade Hermopolitaine), dans la mythologie hindoue (mythe de l’œuf de Brahma qui se divise en une moitié d’or et une moitié d’argent), chez les Incas où le dieu Viracocha crée le soleil derrière une immense roche noire, avec la coquille d'un œuf d'où jaillit l'humanité, dans le Japon Shintoïste où le ciel (léger et fluctuant) et la terre (dense) émanent d'un œuf parfumé, dans la Grèce antique où certaines statues du dieu Dionysos étaient représentées avec un œuf dans la main et dans plusieurs sépultures de l'ancienne Russie où l'on plaçait des œufs d'argile pour que les âmes puissent de nouveau s'incarner...

 

 

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Kolobova Margarita, Ilmatar Birth of Nature.

 

Dans le Kalevala (le livre sacré des Finlandais), une déesse nommée Ilmatar sommeillait au fond de la mer. Brusquement, sous l'effet d'un rêve, la déesse bougea et ses genoux émergèrent de l'eau. Intrigué et séduit, le seigneur de l'air, incarné en canard, y déposa un œuf couleur de lune ou d'or. La déesse frissonna, la coquille se brisa et la vie apparut sur toute la terre.

 

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Ilmatar, 1860, par Robert Wilhelm Ekman (1808-1873), illustrateur de poèmes populaires et représentant du romantisme finlandais.

 

« Tous les morceaux se transformèrent

en choses bonnes et utiles:

le bas de la coque de l’œuf forma le firmament sublime,

le dessus de la partie jaune

devint le soleil rayonnant

le dessus de la partie blanche

fut au ciel la lune luisante,

tout débris taché de la coque

fut une étoile au firmament,

tout morceau foncé de la coque

devint un nuage de l'air.

Le temps avança désormais...»

 

 

Pour les alchimistes, l’œuf philosophique est un reflet de l’image du monde. Dans cet athanor, se produit l'émulsion qui permet d'aboutir à la pierre philosophale.

 

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L'Œuf Orphique de Jacob Bryant (1715-1804), savant, écrivain et mythographe britannique, 1744.

 

Le Mythe Orphique (environ 600 av JC) rapporte qu'au commencement était Chronos (seigneur du Temps), qui engendra Chaos (l'Infini) et Éther (l'aboutissement). Enveloppant le Chaos, la Nuit, « déesse aux ailes noires » stimula l'action créatrice contenue dans l'Éther. De cette « rencontre » naquit l’Œuf d'Argent, réceptacle de l'essence de Vie, qui engendra Phanès, la Lumière.

La Lumière s'unit à la Nuit et le Ciel, la Terre et l'Olympe où règne Zeus, seigneur de l'Éclair et de la Foudre, firent leur apparition.

 

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Salvador Dali (1904-1989), Jaune d'œuf Soleil, 1955.

 

L’œuf est un être à la fois organique et associé à une étrange forme de « minéralité » qui a profondément inspiré Dali. Le maître voyait à travers lui la possibilité de relier toutes nos vies : vies antérieures, expériences intra-utérines et renaissances au fil de l'existence.

 

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Cette puissante magie d'inspiration et de fécondité imprègne les œufs du folklore pascal.

 

 

Les œufs rouges de Pâques

 

Dans de nombreux pays, la coutume veut que l'on teigne les œufs en rouge pour célébrer Pâques. Rouge de la vie, couleur du sang, de la passion amoureuse, de la purification des maléfices et de la rédemption des pêchés.

 

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La matrice de l’œuf est le réceptacle du mystère de la vie. Dans la Perse antique, il existait une fête du printemps, appelée « fête des œufs rouges ».

 

Dans le folklore celtique, le serpent de mer, à la fois géniteur et destructeur de mondes, pondait, la nuit de l'équinoxe, un œuf rouge au creux d'un rocher. L’œuf magique rayonnait comme un soleil incandescent.

 

Dans la symbolique chrétienne, les œufs du Jeudi-Saint, décorés en rouge et « chassés » le dimanche après la messe pascale, évoquent le sang du Christ versé pour la rémission des pêchés.

 

L’œuf rouge de Marie-Madeleine

 

Dans une église orthodoxe, située sur le Mont des Oliviers à Jérusalem, un tableau relate l'offrande d'un œuf rouge à l'empereur Tibère, par Marie-Madeleine.

 

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Marie-Madeleine demanda à Tibère de réhabiliter la mémoire du Christ. En signe de déférence, elle lui donna le seul œuf qu'elle possédait. L'empereur la mit alors au défi. Il ne trancherait en sa faveur que si l’œuf se teintait de rouge. Elle pria et le miracle se produisit!

 

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Pour la petite histoire, on disait aux enfants de Vendée que les œufs étaient rouges parce qu'ils avaient « vu » à Rome les cardinaux paraître dans leurs grandes robes écarlates.

 

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Le Vendredi Saint était autrefois traditionnellement consacré à la décoration des œufs. Les jeunes filles confectionnaient des « œufs d'amour ».

 

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Pieds nus dans la rosée du matin, elles récoltaient les œufs et les teignaient de rose marbré de rouge puis elles les couvraient de vœux et d'inscriptions comme celles-ci « Par amour et par fidélité. », « Que la force de mon amour te lie à moi. » « Deviens, de mon vivant, celui dont j'ai rêvé en mon dormant. » Elles les cachaient ensuite dans des coffrets jusqu'au lundi de Pâques et elles les offraient à leurs amoureux.

 

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Les œufs blancs et décorés de fleurs sauvages évoquent les cycles de la lune.

 

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Réputés imputrescibles, les œufs du Vendredi-Saint étaient conservés sur les manteaux de cheminée. Ils offraient une protection contre la foudre, les morsures de serpents, les accidents, les chutes et diverses maladies. On les pensait également capables de « détecter les sorcières » si on leur chuchotait certaines paroles avant la messe de Pâques ou si on les faisait tourner sur eux-mêmes durant l'office.

 

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Image Folkstar.pl

 

Leur pouvoir protecteur et magique était amplifié par les couleurs et les motifs dont ils se paraient. Teints en rouge, en violet ou en bleu, ornés d'arabesques, de triskèles, d'arbres stylisés, de soleils, de petits hommes dansants ou de fleurs printanières, ils éloignaient les maléfices, les fantômes et les tempêtes; ils attiraient la chance et la prospérité.

 

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A Luzy, dans la Nièvre, la coutume prétendait que si l'on conservait pendant cent ans un œuf pondu le Vendredi-Saint et peint en rouge, son jaune deviendrait un fabuleux diamant.

 

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Le dimanche de Pâques, les marraines et les parrains offraient à leurs filleuls les œufs du Vendredi-Saint, symboles de joie, de richesse et de sécurité familiale, sur un lit de paille tressé ou dans un panier d'osier.

 

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Après le repas dominical, les facétieux de tous âges se livraient à des jeux folkloriques comme la toquette et la roulée.

 

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Nikolaï Kochélev (1840-1918) : Enfants jouant à faire rouler des œufs de Pâques, 1855. Musée Russe, Saint-Pétersbourg.

 

La roulée était une sorte de jeu de boules, consistant à lancer, sur un plan incliné ou en s'aidant d'une longue tuile qui formait un petit toboggan, des œufs durs, de préférence colorés en rouge ou en bleu. Le possesseur du coquart, (l’œuf resté intact), dégustait les œufs cassés.

 

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« Osterspiele » (Jeux de Pâques), gravure sur bois réalisée en 1880 d’après un dessin original de Carl Röhling (1849–1922).

 

Pour jouer à la toquette, comme vous l'apercevez au second plan de l'image, on tenait fermement un œuf dur, ne laissant dépasser qu'une partie de la coquille, afin de le faire « toquer » contre un autre. Le perdant payait sa tournée de friandises (enfants) et de boissons (adultes)!

 

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Ces jeux étaient (et sont encore) très répandus en Russie mais aussi dans plusieurs régions de France (Lorraine, Alsace, Franche-Comté etc...). La tradition des Rolling Eggs existe dans de nombreux pays, avec certaines variantes.

 

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« Easter Monday Egg Roll » en Angleterre où les participants font rouler des œufs depuis le sommet d'une colline pour « réveiller » les forces du printemps. (Photo geograph.org.UK).

 

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Easter Roll en 1911, à Washington, dans les jardins de la Maison-Blanche (1600, Pennsylvania Avenue). Photo Library of Congress.

 

D'après certains historiens, cette tradition aurait été initiée par Dolley Madison, l'épouse du Président James Madison, en fonction de 1809 à 1817 mais d'autres chercheurs avancent que ces courses d’œufs auraient vu le jour entre 1860 et 1865, sous la présidence d'Abraham Lincoln (1809-1865). En 1872, des articles de journaux rapportent que les enfants s'amusaient à faire rouler des œufs de Pâques sur les pelouses du Capitole et que cela inspira, en 1876, à des esprits chagrins le vote d'une loi par le Congrès pour interdire ces jeux de plein air.

Ensuite, il semblerait que le président Rutherford B. Hayes, en fonction de 1877 à 1881, ait invité les enfants à venir à la Maison-Blanche pour faire rouler les œufs.

 

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Course aux œufs, dans les jardins de la Maison-Blanche, le lundi de Pâques (photo de Chuck Kennedy). Les enfants sont pressés de pousser les œufs sur le gazon verdoyant avec une cuillère dotée d'un long manche.

 

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Les gourmands collectent chaque année, avec un bonheur indicible, les œufs déposés sur l'herbe tendre ou cachés dans les habitations par le lièvre du printemps mais aussi par les cloches revenues de Rome qui rythmaient jadis, de leur timbre mélodieux, la vie des villages et des villes.

 

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La découverte des œufs, gravure de 1889.

 

Les couleurs des œufs de Pâques

 

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La couleur la plus répandue est le rouge dont je vous parlais plus haut, couleur du sang et de la vie, qui appelle la protection magique et repousse les forces malveillantes. On obtient un magnifique rouge cardinal en faisant cuire à feu doux des œufs dans du vinaigre avec des rouelles d'oignon.

 

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Avec le marc de café ou l'écorce de chêne, on obtiendra des œufs bruns que l'on pourra glacer avec un peu de sucre. Les épluchures de radis donneront de jolis œufs rose pâle et le suc de betterave rouge des œufs d'un rose soutenu presque violacé. Les anémones pulsatilles, le jus de myrtilles et les baies de sureau teinteront les œufs en mauve, la racine d'ortie en vert jaunâtre, les feuilles d'artichaut, de lierre ou d'épinard seront à l'origine d'un vert franc...

 

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Les œufs magiques d'Ukraine

 

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Un rituel très ancien appelé Pyssanki, Pysanky ou Pyssanka, d'après le verbe pysaty qui signifie «écrire», était effectué, en Ukraine, vers l'équinoxe de printemps. Avec une pointe fine, une femme dessinait sur un œuf des formes dentelées à la cire d'abeille puis elle trempait l’œuf dans un récipient rempli de colorant dilué. La cire fondait et la femme reprenait l’œuf pour en redessiner les motifs avant de le plonger dans un bain plus foncé. Pendant qu'elle accomplissait le rituel, d'autres femmes récitaient des prières mêlées d'incantations. Les œufs étaient conservés jusqu'à l'année suivante.

Sur cette photographie issue des collections du Musée Canadien de l'Histoire, on voit une maman ukrainienne et ses enfants accomplir des gestes ancestraux.

 

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L'entrée du musée des œufs de Pâques à Kolomiya en Transcarpatie (ua-travelling.com). On y apprend tout sur les œufs depuis les premiers temps du Paganisme.

 

 

Des œufs chargés d'histoire...

 

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Autrefois, quand l'année commençait, aux alentours de Pâques, les œufs « pâquerets » symbolisaient « officiellement » le réveil des forces calendaires. Avec l'édit de Roussillon promulgué, le 9 août 1564, sous le règne du roi Charles IX (1550-1574), l'année débuta le premier janvier mais l’œuf, aux vertus aussi gourmandes que mystiques, continua d'être échangé comme cadeau majeur.

 

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Associé aux différentes théogonies, l’œuf connut, dans toutes les couches sociales et à toutes les époques, une importance historique.

 

Au Moyen-âge, à Paris, les clercs et les étudiants chantaient l'office des Laudes sur le parvis de Notre-Dame. Ils formaient ensuite un joyeux cortège et parcouraient les rues afin de « quêter les œufs » pour le festin pascal.

 

Dans les campagnes de France, les enfants et les jeunes gens accomplissaient leur tournée, de maison en maison, en égrenant des comptines à caractère magique ou des chants licencieux.

 

Jusqu'à la Révolution Française, pendant la semaine de Pâques, les officiers de bouche parcouraient l'Île de France pour y collecter les plus gros œufs. Une fois dorés et bénis, le roi les offrait, en personne, aux gens de sa maison.

 

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Les œufs précieux

 

Les œufs-bijoux naquirent en Russie à la fin du XVIIIe siècle mais en Angleterre, on trouvait des œufs couverts d'or et incrustés de pierres précieuses dès le XIIIe siècle et traditionnellement, le roi de France faisait distribuer des œufs d'apparat à la Cour, entre le XVIe et le XVIIIe siècle. Le roi Louis XV (1710-1774) offrit à sa maîtresse, Madame Du Barry (1743-1793), un œuf abritant une figurine de Cupidon qui connut un grand succès.

 

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Cette œuvre est signée par le joaillier Pierre-Karl Fabergé (1846-1920), artiste concepteur de la série des œufs de Pâques impériaux, sous les règnes des tsars Alexandre III (1845-1894) et Nicolas II (1868-1918).

 

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L’œuf de Pierre le Grand, 1903.

 

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L’Œuf aux douze monogrammes, en émail bleu, or rouge et diamants, 1896, cadeau de Nicolas II à Maria Feodorovna. (Hillwood Museum Washington DC).

 

A partir de 1884, Pierre-Karl Fabergé devint le fournisseur officiel de la Cour Impériale. Sollicité par toutes les Cours d'Europe, il « régnait » sur de prestigieux ateliers qui accueillaient plusieurs centaines d'artisans.

 

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Ouvriers Fabergé dans un atelier en Russie, vers 1900. Photo Fabergé SA.

 

Commercialisées de manière internationale, ses créations figurent dans les plus prestigieuses boutiques de Moscou, de Londres et de Paris.

 

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L’Œuf à la Poule, en or et en émail blanc, cadeau d'Alexandre III à la tsarine Maria Feodorovna, née princesse de Danemark.

 

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Il s'agit du premier œuf confectionné par Fabergé, en 1885. La poule en or chatoyant abritait une couronne ornée de petits œufs en rubis. L'impératrice apprécia tant son cadeau que le tsar commanda tous les ans un nouvel œuf au joaillier. Après la mort d'Alexandre III, son fils Nicolas II poursuivit cette tradition jusqu'en 1917, année de la faillite de son pouvoir.

 

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L'Œuf au cygne, en émail mauve, cristal, or, argent et aigue-marine, cadeau de Nicolas II à Maria Feodorovna en 1906.

 

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L’œuf au treillis de roses, 1907, en or, diamants rose-thé et feuilles d'émeraude.

 

Les œufs gourmands

 

 

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Dans les années 1780, l'apothicaire Joseph Storrs Fry (1769-1835) ouvrit une petite manufacture de pâte de chocolat à Bristol, en Angleterre, sous le nom de « J.S. Fry et Sons ». Il conçut la première broyeuse hydraulique pour fèves de cacao et, convaincu que le chocolat était doté de vertus médicinales, il fournit en « matière première » des salons de thé et de nombreuses officines pharmaceutiques. Après sa mort, ses fils Joseph, Francis et Richard eurent l'idée de mélanger du beurre de cacao, du chocolat en poudre et du sucre, obtenant ainsi une pâte molle facile à verser dans des moules. Le chocolat à croquer était né.

 

Vers 1847, le chocolat essentiellement connu sous forme de boisson put être savouré autrement. Dans les années 1890, apparurent les œufs en sucre coloré et aux alentours de 1900, les œufs en chocolat, en porcelaine et en carton doré, garnis d'une surprise en pâte d'amandes ou en sucre candi.

 

De nos jours, les douceurs pascales continuent d'enchanter les gourmands de tous âges...

 

 

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Et maintenant voici quelques « œufs d'art » imaginés par des maîtres chocolatiers alors régalez-vous... les yeux !

 

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Maison Boissier : l’œuf dentelle.

 

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Jean-Paul Hévin : Bouton d’œuf 2016.

 

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Jean-Paul Hévin : L’œuf pap !

 

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Jean-Charles Rochoux

 

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Maison Puyricard : Œuf  « griffé » par le danseur et chorégraphe Angelin Preljocaj pour célébrer les 30 ans de la compagnie qu'il dirige.

 

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Maison Fauchon

 

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La Famille Pâquerette pour la Maison du Chocolat.

 

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Christophe Roussel

 

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Œuf de Tian Long, le « Dragon du Ciel », réalisé par les maîtres chocolatiers du Palace Shangri-La. (Photo de Roméo Balancourt). Cet œuf entièrement façonné à la main comporte plus de deux cents écailles.

 

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Œuf bijou du Park Hyatt Vendôme qui s'inspire des œufs de Fabergé.

 

Je vous souhaite d'excellentes fêtes de Pâques. Gros bisous et à très vite...

 

Cendrine

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #deesse, #dieu, #oeuf, #paque, #rouge
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C'est un dimanche spécial... Les fleurs sont reines en leurs parures sucrées. Entre soleil et giboulées, l'air vibre de parfums. Dans les jardins, règne une joyeuse effervescence. Les gourmands fouillent les buissons, retournent les arrosoirs, aventurent leurs doigts malicieux au fond des vasques et des pots. La chasse aux oeufs a commencé!

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C'est une armée en marche à laquelle rien ne résiste. Elle est trop pressée d'en découdre avec des bataillons d'oeufs parés de couleurs vives, des légions de lapins jardiniers, des hordes de cocottes au ventre garni de friandises. La fête de Pâques est revenue et avec elle l'abondance et la magie.

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Dans le calendrier chrétien, Pâques est une fête maîtresse dont la date, une fois fixée, détermine celles d'autres fêtes religieuses comme la Pentecôte, l'Ascension et l'Assomption. En l'an 325 après J.-C, le Concile de Nicée décida que Pâques serait célébrée le premier dimanche qui suivrait la pleine lune de l'équinoxe de printemps, se démarquant ainsi de la Pâque juive. Selon les règles du calendrier lunaire, Pâques varie alors, chaque année, du 22 mars au 25 avril.

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Mais sous sa forme chrétienne, la fête de Pâques demeure l'héritière des cérémonies de l'Europe païenne au sein desquelles  l'oeuf tenait une place de première importance.

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Aux origines de Pâques, les fêtes antiques du Printemps.

L'avènement des forces printanières signifiait, pour les anciennes civilisations, une période de purification et de communication avec les forces de la Nature et les divinités qui président au renouveau de la végétation.

Les populations espéraient un équilibre harmonieux entre la pluie et le soleil, pour obtenir d'abondantes récoltes. Le souvenir de certaines fêtes est parvenu jusqu'à nous, perpétué oralement ou préservé de l'oubli grâce à des auteurs anciens comme Pline le Jeune, Hérodote, Plutarque ou Juvénal.

Les fêtes en l'honneur de Perséphone, la déesse grecque du Printemps.

Dans la Grèce ancienne, le renouveau de la Nature était lié au retour sur la terre de Perséphone, la fille de Déméter, déesse des moissons.

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Le rapt de Perséphone, plâtre peint, réalisé par Augustin Pajou, 1761-1770.


Perséphone se promenait parmi les fleurs, en compagnie de ses nymphes, quand elle aperçut un narcisse, dans un vallon ombragé. Quand elle le cueillit, un terrible fracas ébranla la terre. Hadès, le dieu des Enfers, jaillit des abysses sur un char ténébreux. Séduit par la beauté de Perséphone, il l'enleva pour la conduire vers le royaume des Ombres. Au début de sa captivité, Perséphone ne voulut absorber aucune nourriture mais la faim eut raison de sa volonté. Elle mangea quelques pépins de grenade et dut résider dans le monde des morts.

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Perséphone par Dante Gabriel Rossetti, en 1874.


Pendant neuf jours et neuf nuits, Déméter chercha sa fille partout. Quand elle la retrouva dans le palais d'Hadès, ce dernier refusa de la laisser partir. La déesse, en proie au chagrin, se désintéressa de la Nature qui perdit sa vigueur. Les feuilles des arbres se racornirent et un brusque hiver supplanta l'été. Zeus, le roi des dieux, décida alors que Perséphone passerait six mois de l'année en compagnie de sa mère, à la surface de la terre, et les six autres mois dans le royaume de son époux.

La fête de Pomone, la déesse des fruits.

Les habitants de la Rome antique vénéraient Pomone, la protectrice des fruits, auprès des premiers arbres en fleurs. Ils plantaient dans la terre des rameaux d'olivier ornés de petites tresses de laine colorées. Ils y accrochaient des fruits et des friandises au miel, en offrande aux esprits de la Nature.

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Vertumne et Pomone, par Jean-Baptiste Lemoyne, 1760.


Pomone était courtisée par plusieurs dieux champêtres mais elle ne leur accordait aucune attention. Vertumne, le dieu des saisons et des vergers, qui en était éperdument amoureux, se déguisa en vieille femme pour l'approcher. Sous les frondaisons parfumées, il lui présenta un orme enlacé par un cep de vigne et lui révéla sa véritable nature. Pomone fut aussitôt séduite.

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La belle Pomone veille sur les rameaux
chargés de fruits abondants et sur le jardin des Tuileries...


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Vertumne est un maître des métamorphoses. D'après le poète Ovide,
il aurait « romanisé » Pomone, déesse étrusque et ombrienne, en l'épousant.



Satios, la fête celte des semailles.

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Le bonheur, par le peintre écossais symboliste John Duncan Fergusson (1874-1961)


Aux alentours du 21 mars, les tribus celtes célébraient l'arrivée du Printemps en allumant des feux rituels dans les champs, les clairières et au bord des cours d'eau. La nuit précédant l'équinoxe, les hommes et les femmes promenaient des torches flamboyantes sur les crêtes des collines pour disperser les fantômes de l'hiver. Ils priaient la Déesse et le Dieu Soleil qui chassent les tempêtes et réchauffent les jeunes pousses.

Certains instruments de musique étaient utilisés à cette occasion. Les grappes de clochettes réveillaient par la magie du son les forces de la Nature. Un aspect de ce rituel a survécu dans la tradition chrétienne consistant à sonner les cloches à toute volée, après leur retour de Rome.

Ostara, la fête germanique du Printemps.

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Ostara, the sabbat with the rabbit,  oeuvre de Mickie Mueller,
une remarquable illustratrice dont vous pouvez retrouver l'univers par ce lien


La déesse Ostara a donné son nom à la fête de l'équinoxe de printemps. Pour honorer la mère et la fiancée du printemps, des combats symboliques étaient organisés, simulant la lutte de l'hiver finissant et des forces de reverdie. Les prêtresses plaçaient des oeufs dans des barques miniatures glissant au fil de l'eau, enfouissaient des oeufs et des figurines d'écorce dans la terre et jetaient des oeufs décorés dans les brasiers rituels.

Le Lièvre d'Ostara

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Le lièvre est l'animal fétiche d'Ostara et de son équivalent anglo-saxon, la déesse Eostre. À la période de Pâques, il est honoré en Alsace, dans les Vosges, en Allemagne et en Angleterre sous le nom d'Osterhase. Gardien des oeufs de la lune prêts à éclore ou géniteur de ces précieux talismans de fécondité, il est représenté, depuis l'Antiquité, sur une profusion de stèles, de statues, de moules à pâtisserie, etc...

Animal ambivalent, le lièvre suscitait la méfiance dans la Grèce antique et symbolisait la fécondité dans la Rome ancienne où sa viande était réputée aphrodisiaque. Il incarnait paradoxalement la luxure et la vertu, sa morphologie lui permettant de détaler face aux tentations.

Le lièvre de Pâques est le messager du printemps. Pendant la semaine sainte, les enfants lui préparent un nid douillet, tapissé d'herbes et de fleurs, dans un endroit gardé secret. D'après la légende, la déesse Ostara envoya un coq à ses trousses pour qu'il ponde des oeufs incandescents.

C'est à cette période que le Christ crucifié revient à la vie, émergeant de son tombeau comme un dieu de la végétation.

Une semaine avant Pâques, le dimanche des Rameaux ou Pâques Fleuries.

Les festivités des Rameaux sont un mélange complexe de liturgie chrétienne et de coutumes populaires. Avant d'être consacrés au Christ, les rameaux verts étaient dédiés à Apollon, le dieu grec de la lumière et des arts, à la déesse Ostara et aux esprits des fleurs et des fruits.

L'eirésioné était une branche d'olivier, plus rarement de laurier, ornée de rubans de laine blancs et rouges, de fruits secs et de pain trempé dans le vin, le miel et l'huile. Cette branche, consacrée au dieu Apollon, était suspendue pendant un an aux portes des maisons pour que les habitants ne manquent pas de nourriture.

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Les premières bénédictions des palmes et des rameaux se déroulèrent en Orient au Ve siècle et en Occident, deux siècles plus tard. Ces bénédictions s'accompagnaient de processions solennelles destinées à rappeler la marche du Christ vers Jérusalem.

Jésus approchait de la Ville Sainte quand une foule joyeuse se pressa au devant de lui en agitant des branches de palmier. Traditionnellement, on apportait des palmes au Temple à l'occasion de la Fête des Tabernacles. On les déposait sur les autels avec des citrons et des cédrats. Quand Jésus pénétra dans Jérusalem, il se rendit au Temple, suivi par une forêt de palmes et il chassa les marchands qui s'y trouvaient en prononçant ces paroles : « De la maison de mon Père, vous avez fait une caverne de voleurs ».

La distribution de rameaux bénits pendant les offices, les processions, la fermeture et la réouverture des portes des églises sont autant de rituels attachés au jour de Pâques Fleuries ou Dimanche Hosannier, du nom de « l'Hosanna in excelsis » : chant qui rappelle celui des disciples du Christ et des habitants de Jérusalem venus à sa rencontre.

Les rameaux décorés symbolisent la reverdie. Ils étaient autrefois prélevés sur des haies de buis sacré. Dans le Berry, on associait au buis des branches de laurier, d'aubépine et de noisetier puis des fleurs roses pour honorer les déesses et les fées. En Alsace, on préférait le houx, le coudrier, le sapin et le sureau.

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Dans la plupart des régions de France, on accrochait aux rameaux fleuris des grappes de bonbons, des fruits confits, des oranges et des petites croix de paille tressées. Ces décorations rappelaient celles qui accompagnaient les disciples du Christ : des agrumes dont la couleur dorée éclatait comme le soleil à travers la végétation.

On réalisait aussi en pâte à gâteau, en pain d'épices ou en cire de petits hommes debout ou chevauchant des chevaux ou des coqs. Ces marmousets pouvaient être cavaliers ou piétons, brandir des cruches en sucre d'orge, des paniers d'osier, des gâteaux en forme de couronnes. En Savoie, ils étaient accrochés à des chapelets de châtaignes. En Provence, on les attachait à des roseaux.

Les utilisations magiques des rameaux

Dans la pensée populaire, les rameaux bénits détruisent le mal. Cloués aux portes des maisons, ils repoussent les fantômes et la foudre, empêchent les sorcières de nuire et attirent la prospérité.

Ils décoraient autrefois les bornes des chemins, les croix de cimetières et les carrefours. Les Croix Hosannières ou porte-buis bénit protégeaient les pèlerins et les voyageurs contre les loups-garous et les fées maléfiques.

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La Croix Hosannière de Veules-les-Roses en Seine-Maritime.
L'hosanne est le nom donné au buis sacré qui orne ces croix-ossuaires
où convergent de nombreuses lignes telluriques.


Les traditions de la Semaine Sainte.

Les jours précédant Pâques s'inscrivent dans un cycle complexe où se rencontrent liturgie chrétienne et rituels païens.

Le Jeudi Saint

Dans les églises, c'est le jour du grand nettoyage. Les bénitiers sont lavés et parfumés d'herbes aromatiques.

Institué par le pape Léon II en 682, il était appelé « Jeudi Vert » ou « Jour des neuf légumes qui purgent le corps ». Ces neuf légumes (épinards, persil, ciboulette, cerfeuil, oseille, achillée millefeuille, orties, choux, poireaux) purifiaient l'organisme avant le repas dominical.

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D'après la légende, les cloches entament ce jour-là leur voyage vers Rome. Elles sonnent à toute volée au début de la messe et s'envolent jusqu'au Vatican. Elles déjeunent avec le Pape et les cardinaux, reçoivent la bénédiction papale et collectent des oeufs dans les jardins.

 

Les cloches devaient rester muettes, du Jeudi-Saint au dimanche de Pâques, pour respecter le temps écoulé entre la mort du Christ et sa résurrection. Si l'interdit était bravé, des catastrophes surviendraient (tempêtes de grêle sur les futures récoltes, eau des puits empoisonnée, invasion d'insectes maléfiques...).

 

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Dionysos assis sur une panthère, mosaïque du IVe siècle.

 

Dans l'Antiquité, le dieu égyptien Osiris, les dieux phrygiens Attis et Adonis et le dieu grec Dionysos étaient honorés en fonction d'un cycle de vie, de mort et de résurrection. Ensevelis dans le sommeil glacé de l'hiver, ces dieux ressuscitaient pour faire croître la végétation. Au cours des rituels qui leur étaient consacrés, des phases de silence marquaient l'instant de leur mort/sommeil avant que des chants de joie et une musique vigoureuse saluent leur retour à la vie.

 

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Le réveil d'Adonis, par John William Waterhouse, 1899.

 

Le Vendredi Saint

 

Il est traditionnellement consacré à la décoration des oeufs. Autrefois, les jeunes filles confectionnaient des « oeufs d'amour ».

 

Elles récoltaient les oeufs, pieds nus dans la rosée du matin, les teignaient de rose marbré de rouge et les couvraient de voeux et d'inscriptions « Par amour et par fidélité. », « Que la force de mon amour te lie à moi. » « Deviens, de mon vivant, celui dont j'ai rêvé en mon dormant. » Puis elles les cachaient dans des coffrets jusqu'au lundi de Pâques et les offraient à leurs amoureux.

 

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Les oeufs blancs et décorés de fleurs sauvages évoquent les cycles de la lune.

 

Les oeufs du Vendredi-Saint étaient réputés imputrescibles. Conservés sur les manteaux de cheminée, ils offraient une protection contre la foudre, les morsures de serpents, les accidents, les chutes et diverses maladies.

 

Si on leur chuchotait certaines paroles avant la messe de Pâques et si on les faisait tourner sur eux-mêmes durant l'office, ils pouvaient détecter les sorcières.

 

Leur pouvoir magique et protecteur était amplifié par les couleurs et les motifs qu'ils arboraient. Teints en rouge, en violet ou en bleu, ornés d'arabesques, de triskèles, d'arbres stylisés, de soleils, de petits hommes dansants ou de fleurs printanières, ils éloignaient les maléfices, les fantômes et les tempêtes; ils attiraient la chance et la prospérité.

 

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A Luzy, dans la Nièvre, la coutume prétendait que si on conservait pendant cent ans un oeuf pondu le Vendredi-Saint, son jaune deviendrait un fabuleux diamant.

 

Le Samedi Saint

 

On bénissait autrefois les maisons en posant sur les tables des assiettes et des plats remplis de sel. Les femmes dessinaient dans le sel des symboles solaires et lunaires et des petites croix à l'aide d'un bâton couvert de cire. Elles disposaient, autour des récipients, des crucifix, des images saintes, des chandeliers et des bouquets de fleurs.

 

Le prêtre se déplaçait de maison en maison, accompagné par deux enfants de choeur. Il bénissait le seuil des portes en les aspergeant d'eau et de sel et recevait des oeufs en remerciement. (Certaines sorcières « marquaient » à cette occasion le seuil des portes avec du sang de coq noir.).

 

Au Moyen-âge, en Angleterre, la veille de Pâques, les hommes et les jeunes garçons érigeaient de grands bûchers dans les champs. Ils y brûlaient Judas sous la forme d'un mannequin en paille. Les cendres restantes étaient jetées à l'eau.

 

L'eau des bénitiers était investie de grands pouvoirs. Répandue sur le toit des maisons, elle éloignait les tempêtes et dissipait les sortilèges. Versée dans les champs, elle favorisait l'essor des cultures. Elle était réputée soigner les morsures de serpent, les problèmes oculaires et favoriser le bonheur conjugal.

 

Le Dimanche de Pâques

 

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Les Oeufs du Printemps

 

Au commencement était l'oeuf, promesse de résurrection, que l'on plaçait dans les tombes pour accompagner l'âme des défunts vers un nouveau séjour.

 

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De l'oeuf naît et renaît la vie, quête incessante... Pondu par le lièvre d'Ostara ou matrice de son pouvoir, il signifie que des êtres nouveaux vont briser leur coquille.

 

L'oeuf cosmos

 

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D'après un mythe égyptien, au commencement de toutes choses n'étaient que les ténèbres et les eaux stagnantes. Alors Thot, le dieu à tête d'ibis ou de babouin, maître de la lune et de l'écriture, façonna un oeuf immense, couleur d'opale. Il le déposa sur un tertre magique où il fut couvé par l'ogdoade, un groupe de huit divinités représentant les forces primordiales.

 

Thot souffla sur l'oeuf pour briser sa coquille et naquit , le dieu du soleil, qui dissipa les ténèbres et les eaux, faisant jaillir la vie.

 

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Ilmatar, par Robert Wilhelm Ekman, illustrateur de poèmes populaires, 1860.

 

Il était une fois, dans le Kalevala (le livre sacré des Finlandais), une déesse nommée Ilmatar qui sommeillait au fond de la mer. Brusquement, sous l'effet d'un rêve, la déesse bougea. Un de ses genoux émergea de l'eau. Intrigué et séduit par ce rocher nouveau, le seigneur de l'air, un canard, y déposa un oeuf d'or. La déesse frissonna et la coquille se brisa.

 

« Tous les morceaux se transformèrent

en choses bonnes et utiles:

le bas de la coque de l'oeuf forma le firmament sublime,

le dessus de la partie jaune

devint le soleil rayonnant

le dessus de la partie blanche

fut au ciel la lune luisante,

tout débris taché de la coque

fut une étoile au firmament,

tout morceau foncé de la coque

devint un nuage de l'air.

Le temps avança désormais... »

 

Les oeufs rouges de Pâques

 

Dans de nombreux pays, la coutume veut que l'on teigne les oeufs en rouge pour célébrer Pâques. Rouge de la vie, couleur du sang, de la passion amoureuse, de la purification des maléfices et de la rédemption des pêchés.

 

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Dans la Perse antique, il existait une fête du printemps, appelée « fête des oeufs rouges ».

 

Dans le folklore celtique, le serpent de mer, à la fois géniteur de vie et destructeur de mondes, pondait, la nuit de l'équinoxe, un oeuf rouge au creux d'un rocher. L'oeuf magique rayonnait comme un soleil incandescent.

 

Dans la symbolique chrétienne, les oeufs du Jeudi-Saint, décorés en rouge et « chassés » le dimanche après la messe pascale, évoquent le sang du Christ versé pour la rémission des pêchés.

 

L'oeuf rouge de Marie-Madeleine

 

Dans une église orthodoxe, située sur le Mont des Oliviers à Jérusalem, un tableau relate l'offrande d'un oeuf rouge à l'empereur Tibère, par Marie-Madeleine.

 

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Marie-Madeleine demanda à Tibère de réhabiliter la mémoire du Christ. En signe de déférence, elle lui donna le seul oeuf qu'elle possédait. L'empereur la mit alors au défi. Il ne trancherait en sa faveur que si l'oeuf se teintait de rouge. Elle pria et le miracle se produisit!

 

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La matrice de l'oeuf est le réceptacle du mystère de la vie. Autrefois, le jour de Pâques, les parrains et les marraines offraient à leurs filleuls des oeufs, symboles de joie, de richesse et de sécurité familiale, sur un lit de paille tressé.

 

Après le repas dominical, les facétieux de tous âges se livraient à des jeux folkloriques comme la toquette et les roulées.

 

Les roulées étaient une sorte de jeu de boules, consistant à lancer, sur un plan incliné, des oeufs durs, colorés en rouge ou en bleu. Le possesseur du coquart, (l'oeuf resté intact), dégustait les oeufs cassés.

 

Pour jouer à la toquette, on fermait le poing sur un oeuf dur, ne laissant dépasser qu'une petite partie de la coquille, le but étant de faire « toquer » son oeuf contre un autre. Le perdant payait sa tournée de boissons!

 

Les couleurs des oeufs de Pâques

 

La couleur la plus répandue est le rouge, couleur du sang et de la vie, qui appelle la protection magique et repousse les démons. On obtient un magnifique rouge cardinal en faisant cuire à feu doux des oeufs dans du vinaigre avec des rouelles d'oignon.

 

Pour la petite histoire, en Vendée on disait aux enfants que les oeufs étaient rouges parce qu'ils avaient « vu » à Rome les cardinaux dans leurs grandes robes rouges.

 

Avec le marc de café ou l'écorce de chêne, on obtiendra des oeufs bruns que l'on pourra glacer avec un peu de sucre. Les épluchures de radis donneront de jolis oeufs rose pâle et le suc de betterave rouge des oeufs d'un rose soutenu presque violacé. Les anémones pulsatilles, le jus de myrtilles et les baies de sureau teinteront les oeufs en mauve, la racine d'ortie en vert jaunâtre, les feuilles d'artichaut, de lierre ou d'épinard seront à l'origine d'un vert franc.

 

Les oeufs magiques d'Ukraine

 

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Un rituel très ancien appelé Pyssanki ou Pyssanka, était effectué, en Ukraine, vers l'équinoxe de printemps, par une femme âgée. Avec une pointe fine, elle dessinait sur un oeuf des formes dentelées à la cire d'abeille puis elle trempait l'oeuf dans un récipient rempli de colorant dilué. La cire fondait et la femme reprenait l'oeuf pour en redessiner les motifs avant de le plonger dans un bain plus foncé. Pendant qu'elle accomplissait le rituel, des femmes plus jeunes récitaient des prières mêlées d'incantations. Les oeufs étaient conservés jusqu'à l'année suivante.

 

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Le musée des oeufs de Pâques à Kolomiya en Transcarpatie.

 

Des oeufs chargés d'histoire...

 

Autrefois, quand l'année commençait, aux alentours de Pâques, les oeufs « pâquerets » symbolisaient « officiellement » le réveil des forces calendaires. Avec l'édit de Roussillon promulgué, le 9 août 1564, sous le règne de Charles IX, l'année débuta le premier janvier mais l'oeuf, aussi gourmand que mystique, continua d'être échangé comme cadeau majeur.

 

Associé aux différentes théogonies, l'oeuf connut, dans toutes les couches sociales, une importance historique.

 

Au Moyen-âge, à Paris, les clercs et les étudiants chantaient l'office des Laudes sur le parvis de Notre-Dame. Ils formaient ensuite un joyeux cortège et parcouraient les rues afin de quêter les oeufs pour le festin pascal.

 

Dans les campagnes de France, les enfants et les jeunes gens quêtaient les oeufs, de maison en maison, en égrenant des comptines à caractère magique ou des chants licencieux.

 

Jusqu'à la Révolution Française, pendant la semaine de Pâques, les officiers de bouche parcouraient l'Ile de France pour y collecter les plus gros oeufs. Une fois dorés et bénis, le roi les offrait, en personne, aux gens de sa maison.

 

Les oeufs précieux

 

Les oeufs-bijoux naquirent en Russie à la fin du XVIIIe siècle mais traditionnellement, le roi de France faisait distribuer des oeufs d'apparat à la Cour, entre le XVIe et le XVIIIe siècle.

 

En Angleterre, on trouvait des oeufs couverts d'or et incrustés de pierres précieuses dès le XIIIe siècle.

 

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Une des superbes créations du joaillier Pierre-Karl Fabergé (1846-1920).

 

Les oeufs gourmands

 

Vers les années 1890, apparurent les oeufs en sucre coloré et vers 1900, les oeufs en chocolat, en porcelaine et en carton doré, parfois garnis d'une surprise en pâte d'amandes ou en sucre candi.

 

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De nos jours, les douceurs pascales continuent d'enchanter les gourmands de tous âges...

 

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Cloches et Carillons

 

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Médiatrices entre le monde humain et les contrées divines, les cloches rythmaient jadis, de leur timbre mélodieux, la vie des villes et des villages. Le vocable latin « campana » dérivait du nom « Campanie », une région opulente d'Italie méridionale célèbre par sa production d'ustensiles en bronze. On y réalisait des vases d'airain de forme retournée qui semblent être à l'origine des cloches.

 

Les Gaulois faisaient usage de la simandre, un instrument constitué d'une planche de bois munie de percussions. Des siècles plus tard, les monastères et les églises paroissiales usèrent du terme « signum » pour désigner la cloche ou la clochette cérémoniales, créant le « signal » nécessaire à la convocation des fidèles.

 

En Grèce et en Roumanie, la simandre est investie, à la période de Pâques, de pouvoirs protecteurs contre les forces démoniaques.

 

La fonction purificatrice du son

 

Depuis toujours, les hommes ont opposé aux êtres maléfiques une résistance par le son. Dans les monastères, des clochettes en or, en argent, en cuivre ou en fer, répondant au joli nom de « tintinnabula », étaient suspendues à des montants de bois. On les frappait avec des marteaux miniatures nommés clipotiaux et leur sonorité cristalline dissipait les énergies malfaisantes.

 

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Les cloches rythmaient l'existence humaine, prévenaient le peuple en cas d'invasion ou d'épidémie, annonçaient les fêtes, les évènements graves (bourdon) et les incendies (tocsin).

 

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La croyance populaire prétendait qu'elles chassaient les tempêtes, les esprits infernaux et les sorcières.

 

Les voyageurs égarés dans la baie du Mont Saint-Michel percevaient avec soulagement la voix grave de la « cloche des brouillards ». Depuis le Moyen-âge, l'imposante dame de bronze rassure et protège les randonneurs et les pèlerins, les pêcheurs surpris par les brumes et les vagues montantes.

 

En sonnant l'Angélus, les cloches éloignaient les démons de l'air, les fées maléfiques et les esprits tourmenteurs.

 

Bien que le langage mystérieux des « semeuses de prodiges » soit souvent voilé par le bruit quotidien, le temps des légendes n'est pas encore révolu...

 

Les animaux magiques

 

En Alsace, dans les Vosges et les régions du Rhin, c'est le lièvre de Pâques ou Osterhase qui apporte les oeufs dans les jardins. Le jour de Pâques, ce lièvre réputé sorcier est souvent doué de parole.

 

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Les immigrants allemands ont introduit en Pennsylvanie au XVIIIe siècle la vogue de ce lièvre magique. Au XVIe siècle, dans la littérature germanique, le lièvre de Pâquesétait un pourvoyeur en cadeaux. Il récompensait les enfants sages en leur offrant des oeufs peints et des friandises.

 

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Dans la mythologie chinoise, le lièvre herboriste se love au creux de l'astre lunaire. Dans les pays anglo-saxons, il cueille les fleurs sauvages et prépare des élixirs guérisseurs. Cet animal qui naît les yeux ouverts est considéré comme un initiateur. Avatar et familier d'Ostara, il est également associé au dieu égyptien Osiris, seigneur de la résurrection des morts.

 

 

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Le Coq de Pâques pond des oeufs couleur de ciel et de soleil, les cocognes.

 

Cet oiseau totem trône à la pointe des clochers, dominant les paysages comme une vigie céleste. Girouette scintillante de rosée que le souffle du vent fait danser ou oiseau dardant son cri vers l'aube, il est celui qui préside à la résurrection du jour.

 

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Dans la Gaule celtique, le coq était consacré à Lug/Mercure, le dieu des routes et des chemins, créateur des arts. La racine du nom Lug signifie « lumière ».

 

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Sur des plats d'argent ou des stèles de pierre, il accompagne le Mercure gaulois et sa parèdre Rosmerta, déesse de la fécondité.

 

Dans la Grèce ancienne, des troupeaux de coqs sacrés vivaient dans les sanctuaires du dieu de la médecine. Asclépios associait les pouvoirs de la lumière, de l'hypnose et les vertus des plantes pour guérir les maladies et, d'après la croyance, le coq décelait l'emplacement des meilleures plantes médicinales. Son regard hypnotisait les malades et guérissait les problèmes oculaires.

 

Il apaisait aussi les douleurs dentaires, calmait la fièvre et faisait cicatriser les blessures avec son sang.

 

Autrefois, le jour de Pâques, les mères priaient le dieu coq pour qu'il accorde une santé de fer à leurs enfants.

 

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Oracle des dieux, il ressuscite l'aurore après la nuit. Le matin de Pâques, on observait les couleurs de son plumage et on écoutait son chant avec une attention toute particulière.

 

D'après la croyance populaire, il repousse les attaques du démon mais il possède aussi un double monstrueux: le basilic.

 

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Né, selon les bestiaires du Moyen Age, d'un oeuf de coq couvé par un crapaud, cet être maléfique, dont le nom signifie « petit roi », est doté d'une tête et d'ergots de coq, d'une queue de serpent formant une sorte de dard et d'une paire d'ailes de dragon ou de chauve-souris. De nombreux basilics figurent sur les chapiteaux des églises et des abbayes romanes.

 

Il darde sur ses proies un regard meurtrier et, pour le détruire, il faut lui renvoyer son image à l'aide d'un miroir.

 

Mais la magie de Pâques éloigne les êtres monstrueux et réveille des figures protectrices, gorgées de sève païenne. Le lièvre et le coq, ainsi que nous l'avons vu, et bien d'autres animaux constituent un savoureux bestiaire, lié à la distribution des oeufs.

 

Dans le Tyrol, une poule fée pond les oeufs colorés au pied de l'arc-en-ciel et les dissimule autour des maisons. En Westphalie, un renard découvre des oeufs dans la forêt. Il les roule dans la rosée et les amène dans les jardins. En Suisse, les nids des coucous recèlent des oeufs colorés qui portent bonheur. En Thuringe, le matin de Pâques, une cigogne perchée sur le clocher de l'église distribue des oeufs couleur de soleil. Pendant ce temps, une autre cigogne cache des oeufs en chocolat dans les jardins avec la complicité des...papillons.

 

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L'agneau de Pâques, symbole de douceur et d'innocence.

 

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L'osterlammele ou agneau pascal immaculé est une pâtisserie traditionnelle alsacienne qui se lovait jadis dans un nid de paille. Ces agneaux couverts de sucre glace et agrémentés d'un petit étendard multicolore, font les délices des gourmands depuis le Moyen-âge.

 

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Les chats de Pâques symbolisent l'esprit des futures moissons.

 

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Mais après ce voyage dans la symbolique et les traditions de Pâques, il est bien temps de se régaler, non?!

 

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Sous leurs décorations chatoyantes, les oeufs sont les symboles du mystère de la vie, ce mystère dont l'enfant est l'emblème. Le folklore de Pâques est peuplé de récits initiatiques où les messagers d'une époque païenne viennent, sous la forme d'animaux fées, offrir des cadeaux et des connaissances aux humains.

 

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L'oeuf se pare de vertus miraculeuses liées à la résurrection du Christ dont un des symboles animaliers n'est autre que le phénix, oiseau fabuleux qui renaît de ses cendres en prenant la forme d'un oeuf pour s'élever vers le soleil.

 

Post Scriptum

 

L'article que vous venez de lire est une petite partie d'un livre que j'ai écrit il y a quelques années. Passionnée par le folklore et les traditions populaires, j'ai pu, grâce aux accréditations dont je disposais pendant ma thèse d'Histoire de l'Art, explorer les arcanes de la Bibliothèque Nationale de France. J'y ai exhumé des trésors: cahiers d'ethnologie du XIXe siècle, grimoires de la fin du Moyen-âge, dessins d'animaux et d'arbres de Pâques datant du XVIIe siècle...

Je ne peux exposer ici l'intégralité de ces recherches car mon ouvrage fait environ trois cents pages...

Il a sommeillé dans un tiroir pendant plusieurs années, en raison de problèmes de santé mais en ce printemps 2012, je l'ai redécouvert avec émotion et j'espère le mener à son terme, pour l'année prochaine, qui sait!

Je voulais partager avec vous certaines de ces traditions et j'ai donc sélectionné celles qui me semblaient être les plus représentatives de « l'esprit de Pâques ».

 

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Je vous souhaite de Joyeuses et Gourmandes Pâques!

 

Image52b.jpg Cette note colorée est l'oeuvre de Christophe, mon mari, passionné de bougies. Il m'a offert ces oeufs et ces fleurs de cire, façonnés avec amour. Il utilise de la cire purement végétale et des colorants naturels...


Plume4

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