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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

soleil

Publié le par maplumefee
Publié dans : #bierstadt, #coucher, #jpg, #riviere, #soleil

 

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En souvenir de Lady Marianne à qui nous pensons bien fort et désormais sous l'égide de Fardoise et de Lilou.

 

https://lilousol.wordpress.com/category/tableau-du-samedi

 

Le thème des 4 et 11 Juillet proposé par Fardoise est « Et au milieu coule une rivière... »

 

http://entretoilesetpapiers.eklablog.com/

 

Merci à Fardoise et à Lilou

 

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Pour la suite de cette aventure esthétique sur le thème des Rivières, j'ai choisi de musarder à travers la magie de deux toiles signées Albert Bierstadt (1830-1902) : « Coucher de Soleil sur la Rivière » et « Coucher de Soleil, Cerf et Rivière ». Cet artiste était un amoureux inconditionnel des paysages de l'Ouest des États-Unis.

 

Peintre américain d'origine Rhénane, il appartenait à l'Hudson River School, mouvement artistique caractérisé par sa vision Romantique de l'art, fondée sur la passion des grands espaces et des merveilles naturelles, comme les Montagnes Rocheuses, le tout sublimé par un travail très approfondi, quasi mystique, sur la lumière.

 

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Coucher de Soleil sur la Rivière, détail 1

 

Les pigments de l’œuvre sont des sucres enchantés, des caramels luxuriants dont la splendeur crépite entre ciel et terre. Le soleil fond dans le ciel, ardent et vénérable... Il enchante les regards de ceux qui se promènent en cet écrin de Nature.

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Coucher de Soleil sur la Rivière, détail 2

 

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Coucher de Soleil sur la Rivière, détail 3

 

L'Hudson River School a attiré des artistes fascinés par une infinité de couleurs et de formes. Des artistes voyageurs qui célébraient la Beauté telle que peuvent l'offrir les éléments naturels. A travers une myriade de matières colorées, ils honoraient les Saisons et leurs nuances de pierres précieuses.

 

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Coucher de Soleil, Cerf et Rivière détail 1

 

Quand fusionnent le ciel et la rivière... Émulsion de matières...

 

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Coucher de Soleil, Cerf et Rivière détail 2

 

Albert Bierstadt a peint de véritables merveilles ! Son talent s'est lové dans les paysages des Montagnes Rocheuses qu'il a explorées tout au long de sa vie. Il a peint les variations de l'atmosphère, les mouvements subtils et complexes de l'eau et de l'air, les curiosités minérales... Il aimait beaucoup le comté d'Oneida, l'un des 62 comtés de l'État de New York.

 

Dans sa jeunesse, il avait étudié la peinture au sein de l’École de Düsseldorf qui magnifiait le Paysage et ses possibilités Romantiques. Il fut professeur de dessin, explorant le continent européen dont il apprécia les charmes mais l'Amérique fut sa terre de prédilection. Il aima des villes comme San Francisco et New York mais il fut toujours attiré, de manière irrépressible, par la Nature. Il multiplia donc les expéditions dans les territoires sauvages et grandioses avec des peintres, des géomètres, des arpenteurs. Il sillonna aussi les grands espaces canadiens.

 

Il laissa son empreinte dans le paysage des États-Unis avec des lieux comme le Mont Evans, dans le Colorado, une montagne de 4347 mètres qui fut renommée, en guise d'hommage, Mont Bierstadt. Ce sommet devint quelques temps plus tard le Mont Rosalie.

 

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Albert Bierstadt vécut une vie riche et aventureuse. Il connut aussi des drames, essayant d'apaiser les souffrances de son épouse, tuberculeuse. Il s'enfonça dans la solitude après la mort de celle qui éclairait ses jours, continuant à peindre la Nature mais en 1882, un incendie détruisit son atelier situé dans la banlieue de New York. Il perdit plusieurs de ses œuvres mais heureusement, il put sauver des toiles magnifiques, aujourd'hui visibles dans les grands musées américains.

 

Sur La Chimère écarlate, j'ai choisi une rivière tissée de charmes féminins, réalisée par l'artiste Paul Émile Chabas (1869-1937) :

 

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http://chimereecarlate.over-blog.com/2020/07/le-tableau-du-samedi-paul-chabas-naiade-dans-la-riviere.html

 

Belles pensées pour vous, chers Aminautes, je vous souhaite de très belles journées d'été, en faisant bien attention à vous...

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #couchant, #fete, #Giacomo, #jpg, #Leopardi, #Samedi, #soleil, #temps, #Village

 

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Le Mardi, on propose un poème chez LADY MARIANNE.

 

Le thème du 15 Octobre est « Soleil Couchant », sur un choix de MAMYVEL ou thème libre...

 

LE SAMEDI DU VILLAGE

 

La jeune fille revient du fond des champs,

Au soleil couchant

Avec sa botte d'herbe, et serrant dans les doigts

Quelques fleurs de violettes et de roses

Dont elle veut orner,

Comme elle en a coutume,

Pour la fête, demain, ses cheveux et sa gorge.

Près des voisines s'est assise

Pour filer la vieille femme,

Tournée vers où se perd le jour ;

Elle en vient à conter sa jeunesse,

Quand elle aussi se parait pour la fête

Et qu'alors, agile et forte,

Elle aimait à danser le soir parmi ceux

Qui furent les amis de son bel âge.

 

Déjà l'air entier s'obscurcit,

L'azur serein devient sombre, et les ombres descendent

Des toits et des collines

Sous la blancheur de la lune à peine née.

La cloche, à présent,

Sonne la fête qui vient,

Et l'on dirait à son chant

Que le cœur se console.

En bandes sur la place,

Les enfants, avec des cris,

Bondissent çà et là,

Dans une gaie rumeur;

Cependant que retourne à son pauvre foyer

Le laboureur, qui siffle

Et songe en lui-même à son jour de repos.

 

Puis lorsque alentour tout flambeau s'est éteint,

Et que tout bruit s'est tu,

On entend les coups de marteau et la scie

Du charpentier qui veille

Dans sa boutique close, à la lanterne,

Et se presse et s'affaire

Pour achever l'ouvrage avant le clair de l'aube

 

Ce jour est, des sept jours, le plus aimé,

Plein d'espérance et de joie:

Demain l'ennui, la tristesse

Reviendront avec les heures; au labeur familier

Chacun, dans sa pensée, fera retour.

Enfant joueur et gai,

Ton âge en fleur

Est comme un jour plein d'allégresse,

Jour lumineux, serein,

Qui prélude à la fête de ta vie.

Jouis-en, mon petit: âge suave,

Saison joyeuse est la tienne.

Et je ne dis pas plus; mais ne regrette pas

Que ta fête tarde encore à venir.

 

Poème de Giacomo Leopardi, écrit entre le 20 et le 29 septembre 1829 et traduit de l'italien par Michel Orcel, écrivain, éditeur, psychanalyste, musicologue, traducteur.

 

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Artiste italien de grande renommée, presque aussi adulé que le célébrissime Dante Alighieri (1265-1321), Giacomo Leopardi (1798-1837) naquit le 29 juin 1798 à Recanati, dans les États Pontificaux et mourut le 14 juin 1837 à Naples, dans le Royaume des Deux Siciles. Il était poète, écrivain, philosophe, moraliste et il a marqué, de manière internationale, plusieurs générations d'auteurs.

 

Il pratiquait une poésie imprégnée d'un lyrisme très personnel et il méditait, à travers son art, sur les mystères de l'existence. Il est considéré par les critiques littéraires comme un précurseur de l'Existentialisme.

 

Il existe plusieurs formes d'Existentialisme mais la ligne maîtresse de ce courant littéraire et philosophique se fonde sur la pensée que l'être humain modèle par ses propres actions l'essence de sa vie. Il est censé être maître de ses actes et naviguer sur l'océan du Destin en choisissant d'agir en connaissance de cause. Ses valeurs ne sont pas prédéterminées.

 

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L'action de ce poème, appelé « canzone libre », se situe au soleil couchant et elle met en scène une rencontre entre différentes phases de temps. Le temps de « la jeune fille qui revient du fond des champs » telle une émanation de la déesse Flore du Printemps et le temps de la femme âgée, la Crone du folklore, la fileuse, la Vecchierella, déesse de la parole magique et de l'Hiver envoûtant...

 

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Coucher de soleil sur Paris...

 

La jeune fille apporte des fleurs, des violettes et des roses, qui ne poussent pas en même temps, nous sommes dans un temps ensorcelé...

La femme âgée, la fileuse, est la gardienne des souvenirs, celle qui tisse les secrets de la communauté. Elle voyage à travers le temps. Elle connaît les mystères du passé. Elle envoûte le présent et pour les temps futurs, elle incarne une sorte de prophétesse.

 

Le soleil couchant est un monde à part, un territoire d'entre-deux qui annonce la fête où tout le monde va se retrouver, où des liens vont se tisser, où la musique et la danse vont faire naître l'Amour. C'est un soleil Saturnien, un soleil qui décline sous l'obédience de Saturne, le dieu du temps, souverain dont la magie n'épargne personne et qui apporte la connaissance aux Anciens.

 

L'artiste rend hommage aux artisans, ceux qui créent sans relâche pour assurer la cohésion au sein de la communauté, ceux qui nourrissent, fabriquent le « nécessaire » du quotidien et veillent, à leur manière opiniâtre, sur les autres membres du clan. Leur dur labeur trouvera un peu de répit dans la fête, de l'autre côté du sablier...

 

C'est un texte magnifique, écrit par un auteur plein de sensibilité...

 

Je vous souhaite de belles journées d'octobre, vive la magie du soleil couchant !

 

Gros bisous !

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #ciel, #heron, #image005, #jpg, #soleil

 

 

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Par un soir d'été gorgé de chaleur vive, le héron des Tuileries regardait le soleil fondre dans le ciel de Paris...

 

J'ai pris grand plaisir à photographier ce bel oiseau qui se montrait tantôt hiératique et tantôt plus animé.

 

Je le croise régulièrement. Il chemine, de bassin en bassin, au rythme des saisons, comme s'il évoluait en devisant avec l'âme des lieux. J'aime l'observer, sa présence est apaisante.

 

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Voici ce que regardait notre ami le héron...

 

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Le ciel en explosion de nacre et d'or et l'obélisque de la place de la Concorde... superbe aiguille vibratoire couronnée par le pyramidion sacré.

 

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Les modulations de la lumière et les frissons de l'eau...

 

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La beauté d'un espace de respiration dans le maillage de la ville...

 

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Et au-dessus de lui, un ballet d'oiseaux...

 

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Merci de votre fidélité, belles pensées pour vous, chers Aminautes !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #artiste, #huile, #peint, #soleil, #tournesol

 

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Gracieux et mellifère, le tournesol évoque l'été, la chaleur fertile du soleil et pare les champs d'un voile d'or pulsatile. Appréciant aussi les jardins urbains où il déploie ses belles inflorescences jaune vif, il apparaît comme l'un des motifs floraux les plus prisés des artistes.

 

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Originaire d'Amérique du Nord et d'Amérique centrale, Helianthus annuus appartient à la famille des Astéracées. Il porte des noms poétiques (girasole, grand héliotrope, soleil des jardins, couronne du soleil, graine de perroquet...) et sa floraison est généreuse de juillet à octobre. De manière élégante, si ce « fier soleil » suit la course de l'astre d'or, c'est parce qu'il est soumis à un phénomène d'héliotropisme : sa racine est pivotante et sa tige se courbe en fonction de la position du soleil. Le matin, ses bourgeons « regardent » vers l'est, le soir vers l’ouest et la nuit à nouveau vers l’est. A pleine maturité, quand les graines sont gorgées d'huile précieuse, les fleurs préfèrent rester tournées vers l'est.

 

La légende du tournesol

 

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Evelyn de Morgan (1855-1919), artiste anglaise préraphaélite, Clytie, 1893.

 

Clytie, jeune nymphe aquatique, était la maîtresse d'Apollon, le dieu du soleil mais celui-ci jeta son dévolu sur Leucothoé, fille d'Orchamos, roi de Babylone.

Le coeur brisé, Clytie, dénonça la liaison de Leucothoé et d'Apollon auprès d'Orchamos qui ordonna que Leucothoé soit enterrée vivante. Apollon essaya en vain de sauver sa bien-aimée et lui rendit hommage en versant sur sa sépulture une sorte de manne parfumée d'où naquit l'encens.

Désespérée par la portée de son acte, Clytie passa ses jours et ses nuits sur un rocher, tournant fixement chaque matin son regard vers le char d'Apollon qui ne voulut jamais la revoir. Figée dans sa douleur, elle fut métamorphosée en tournesol.

 

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Charles de La Fosse (1636-1716), Clytie changée en tournesol, 1688. Versailles, musée national du Château et de Trianon.

 

En fonction des auteurs et des époques, Clytie et Leucothoé sont sœurs.

 

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Harold F Kells (1904-1986), artiste canadien, Clytie, vers 1934, épreuve à la gélatine argentique, Musée des Beaux-Arts d'Ottawa.

 

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Louis Welden Hawkins (1849-1910), peintre symboliste. Clytie, date inconnue.

 

Dans le langage des fleurs, le tournesol est considéré comme un symbole de dévouement et d'extrême générosité du cœur. Offrir un tournesol dans un bouquet signifie : « Tu m'éblouis ! », « Je t'offre mon cœur ! », « Tu es mon soleil ! ».

 

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Le tournesol est cultivé depuis près de 4000 ans au Mexique. Dans la civilisation Aztèque, il était considéré comme la force vitale du dieu du soleil, Huitzilopochtli. On extrayait du pollen et des pétales un pigment permettant de réaliser des peintures rituelles et lors de cérémonies à caractère solaire, les prêtresses arboraient des colliers faits de pétales de tournesol.

 

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Diego Rivera (1886-1957), peintre muraliste mexicain. Tournesols, 1943.

 

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Diego Rivera, Nu avec des tournesols, 1946.

 

A partir des graines, on obtenait de l'huile, une farine et une sorte d'onguent réputé aphrodisiaque. Des remèdes à base de tournesol étaient également utilisés pour soigner les piqûres d'insectes et les morsures de serpents.

 

Les Espagnols l'importèrent en Europe au cours du XVIe siècle.

 

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En Chine, le tournesol devint l'un des symboles forts de la propagande maoïste. Mao se présentait comme le soleil dominant son peuple devenu un immense champ de tournesols tourné vers lui.

 

En 2010, l'artiste chinois dissident Ai Weiwei a réalisé une installation sensorielle composée d'un parterre géant de graines de tournesol en porcelaine, dans l'immense hall de La Tate Modern de Londres. Les visiteurs ont marché sur 100 millions de graines et au bout de deux jours, en raison d'une poussière jugée potentiellement dangereuse, l'installation a dû être fermée. Là n'est pas le plus important. A travers l'exposition de ces graines, l'artiste a souhaité rappeler que les peuples sont trop souvent écrasés par leurs dirigeants et que la liberté d'expression est un bien commun non négociable.

 

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Au Japon, le programme « Fukushima Sunflowers Foster Parent Project » consiste à planter de nombreux tournesols dans les régions touchées par la catastrophe car, d'après différentes études, le tournesol (himawari) peut absorber, en un laps de temps relativement court, d'importantes quantités de radioactivité.

 

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Photo AFP/Kazuhiro Nogi

 

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Chaque « tête » de tournesol est constituée de fleurettes tubulaires et couronnée de languettes radiales d'un jaune triomphant. L'énergie du soleil active celle de la fleur qui se change en huile gorgée de vitamine E.

 

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L'huile de tournesol est considérée comme de l'or végétal. Ses vertus sont nombreuses. Gorgée d'acide gras linoléique (Oméga 6), elle agit comme un régulateur du système endocrinien, renforce le système immunitaire et favorise la croissance des cellules. Elle est également utilisée comme biocarburant et après son extraction, on obtient un tourteau destiné à l'alimentation animale.

 

L'huile de tournesol est pour les pays nordiques et la Russie (grande consommatrice) l'équivalent de l'huile d'olive dans le monde méditerranéen.

 

A l'instar de l'huile de sésame, de l'huile de coco et d'autres huiles dotées de riches vertus, l'huile de tournesol est utilisée pour purifier la bouche en profondeur et se débarrasser des toxines pouvant altérer la santé des dents et nuire à l'équilibre de l'organisme. Il s'agit de la technique indienne du « oil pulling » dont je suis friande. Suivant des principes ayurvédiques, elle consiste à faire un bain de bouche à l'huile, chaque matin à jeun.

 

Des substances actives issues de la tige entrent dans la composition de certains produits cosmétiques.

 

Quant aux graines, délicieuses, elles sont consommées séchées, grillées ou encore germées. Au XVIIe siècle, on les torréfiait pour les utiliser comme substitut du café et du chocolat. Riches en sels minéraux (manganèse, cuivre, phosphore, zinc...), elles sont réputées fluidifier la circulation du sang.

 

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Le Tournesol dans les Arts

 

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Aimé des artistes, le tournesol déploie ses longues tiges et ses pétales charnus sur les balcons des immeubles Art Nouveau.

Un bel immeuble Art Nouveau signé Georges Malo.

 

On le retrouve fréquemment dans la Peinture et les Arts Décoratifs.

 

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Anton Van Dyck (1599-1641), Autoportrait avec un tournesol, 1632-1633. Collection particulière.

 

Installé à Londres au début des années 1630, l'artiste flamand devint Premier Peintre du roi Charles Ier d'Angleterre auquel il offrit son profond dévouement, symbolisé par la fleur de tournesol aux pétales d'or.

 

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Van Dyck, Étude pour le portrait de Sir Kenelm Digby (1603-1665), philosophe anglais, 1633.

 

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Pierre Mignard (1612-1695), La marquise Athénaïs de Montespan (1640-1707), 1670.

 

Madame de Montespan était la maîtresse de Louis XIV depuis 1667. A cet égard, elle fut souvent représentée par Pierre Mignard, Premier Peintre du roi. L'élégant bouquet de fleurs de tournesol évoque ici les faveurs royales dont elle bénéficiait et le rayonnement de sa beauté sur les charmes de la Cour.

 

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Carl Larsson (1853-1919), peintre, illustrateur et dessinateur suédois. La leçon avec les tournesols ou la première leçon, 1903.

 

Fleur des champs, le tournesol est associé chez Larsson aux joies et aux souvenirs d'enfance. Il représente également la jeunesse du soleil.

 

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Carl Larsson, Dix-huit ans, 1902.

 

Dans la main de cette jeune fille vêtue de blanc, un brin rêveuse à l'orée de ses dix-huit ans, le tournesol devient un emblème de la fertilité de la terre. Incontournable élément des fêtes de l'été particulièrement célébrées dans le monde nordique.

 

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Carl Larsson, Jeu de cache-cache.

 

Les Tournesols de Vincent Van Gogh (1853-1890)

 

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Vase avec douze tournesols, Arles, août 1888. Neue Pinakothek, Munich, Allemagne.

 

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Vase avec quinze tournesols, Arles, août 1888. National Gallery, Londres.

 

Il s'agit d'une suite de sept tableaux décrivant l'évolution des fleurs de tournesol, de l'étape de la floraison à celle du flétrissement. Le premier tableau de cette série a été peint pour Paul Gauguin afin de décorer sa chambre.

 

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Vase avec trois tournesols, Arles, août 1888. Collection privée, États-Unis.

 

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Vase avec quinze tournesols, Arles, janvier 1889. Musée Van Gogh, Amsterdam.

 

Subtile évocation du temps qui passe et de la vie qui s'écoule...

 

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Vase avec quinze tournesols, Arles, janvier 1889. Musée d'art Sompo, Tokyo.

 

Le tournesol, tel une clepsydre végétale...

 

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Vase avec douze tournesols, Arles, janvier 1889. Musée d'art de Philadelphie, États-Unis.

 

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Vase avec cinq tournesols, Arles, août 1888. L’œuvre fut détruite le 6 août 1945 au cours d'un bombardement américain sur le Japon.

 

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Les tournesols évoquent la formidable créativité de Van Gogh qui loua, en 1888, en Arles, une petite maison dont la façade était peinte en jaune.

 

Couleur maîtresse, imprégnée de l'or solaire du Midi, le jaune se déploie sous son pinceau vers les oranges et les roux caramélisés et forme un cri primal et coloré, dardé vers l’œil du spectateur.

 

En 1987, Yasuo Goto, magnat de l'assurance au Japon a fait l'acquisition d'un de ces tableaux pour la somme de 40,8 millions d'euros !!! Cela a inspiré, en 1991, au poète Jean Ferrat (1930-2010) une chanson, Les Tournesols, pleine de colère et d’écœurement face aux sommes indécentes circulant sur le marché de l'art, sachant que nombre d'artistes, à l'instar de Van Gogh, ont vécu dans la misère.

 

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Isaac Lazarus Israels (1865-1934), peintre néerlandais associé à l'Impressionnisme, Femme devant les tournesols de Van Gogh, 1917.

 

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Claude Monet (1840-1926), Bouquet de soleils, 1881.

 

A l'instar de Van Gogh, Monet aimait énormément les tournesols. A travers eux, sa touche happe la lumière tout en exhalant les couleurs comme autant de parfums.

 

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Gustav Klimt (1862-1918), Le jardin aux tournesols, 1912.

 

Artiste majeur de la Sécession Viennoise, sorte de cristallisation autrichienne de l'Art Nouveau fondée sur l'égalité entre les arts et luttant contre le Conservatisme, l'Historicisme et l'Éclectisme, Klimt peignait les fleurs comme des notes de musique ou des gemmes colorées.

 

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Klimt, Tournesols

 

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Piet Mondrian (1872-1944), Nature morte avec le tournesol, 1907.

 

Les sept années qui suivirent virent le passage progressif du maître néerlandais à l'abstraction mais déjà les masses colorées de l’œuvre traduisent la force d'une touche qui fracasse la matière tout en annonçant un vocabulaire de lignes oscillatoires.

 

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Egon Schiele (1890-1910), Tournesols expressionnistes, 1911. Vienne, Belvédère.

 

Les fleurs, sur le chemin de la mort... Quelques touches de lumière éclatent dans la palette d'ombre où les tournesols égrènent le temps.

 

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Bernard Buffet (1928-1999), Tournesols et melon, 1967.

 

Densité des lignes d'encre qui rythment l’œuvre... Dans ce maillage, la couleur explose, attisant les feux des tournesols comme autant de blessures de lumière.

 

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Edward Steichen (1879-1973), photographe, peintre et lithographe américain. Le Tournesol, 1920. National Gallery of Art, Washington.

 

A travers cette vision ultra colorée, hallucinée, l'artiste nous séduit par son énergie ludique tout en explorant la dynamique du combat entre la lumière et les ombres.

 

Je termine cette promenade solaire en compagnie du Professeur Tryphon Tournesol, né de l'imagination si fertile d'Hergé. Souvenons-nous des publicités des années 1970 pour la margarine Fruit d'Or.

 

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Merci à tous ceux qui prennent si gentiment de mes nouvelles. Je tâche de garder la tête au-dessus des flots et c'est un combat de chaque instant. Je pense bien fort à vous. Je vous souhaite un très bel été. Gros bisous !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #automne, #chers, #rudbeckia, #soleil, #temps

Chers aminautes, vous avez été nombreux à demander de mes nouvelles. Ne m'en veuillez pas de ne pas m'être manifestée plus tôt. Comme plusieurs d'entre vous l'ont deviné, j'ai subi plusieurs crises d'épilepsie (sept en treize jours dont trois très violentes) et je répare mes blessures (hématomes, ligaments tordus, problèmes de vue...). Je ne vous oublie pas. Comme vous le savez, l'opération tentée au printemps 2015 n'a pas fonctionné et je résiste à tout traitement à cause des particularités orphelines de mon système nerveux. Médecines douces et traitements alternatifs me soutiennent, heureusement, mais c'est surtout l'amour et l'amitié que je reçois qui me sont bénéfiques. Je vous remercie de vous inquiéter pour moi et je vous embrasse bien fort. Prenez soin de vous et de ceux que vous aimez. Gros bisous !

 

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En ces temps sombres où toute forme de lumière est la bienvenue, je voulais vous offrir des soleils sur tige, des rudbeckias photographiés, au fil du temps, au gré de mes déplacements.

 

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J'adore ces superbes marguerites d'automne, originaires d'Amériques du Nord, aux couleurs éclatantes et au cœur saillant, souvent corseté de velours noir. Les papillons et les abeilles les aiment beaucoup aussi.

 

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Il existe plus d'une trentaine d'espèces de rudbeckias. Elles appartiennent à la famille des Astéracées ou Composées qui regroupent une infinité de plantes. Certaines sont dans ma pharmacopée et m'apportent beaucoup de soutien. Que ferais-je chaque mois sans l'armoise, l'achillée millefeuille, la camomille, le calendula, l'estragon, la pâquerette, la chicorée... ou encore la fameuse stévia ? Une encyclopédie n'y suffirait pas!

 

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On prête au rudbeckia des vertus cicatrisantes et anti-inflammatoires, fort utiles en cas de rhume, de grippe ou de fatigue généralisée.

 

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La palette magique des couleurs d'automne : jaune, or, cuivre, orange, rouge, marron, chocolat... est ainsi dévoilée...

 

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... et je ne me lasse pas de contempler ces jupons veloutés et ces cœurs poudrés de pollen légèrement boisé.

 

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Rudbeckias Cherry Brandy (photographie du net).

 

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L'échinacéa, très belle fleur parée de nombreuses vertus médicinales est une cousine du rudbeckia. Je l'utilise sous diverses formes pour prévenir les affections hivernales et me défendre quand l'épilepsie me met à plat car elle fonctionne très bien sur mon système immunitaire.

 

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Avec ces rayons de soleil en pétales, je vous adresse de grosses bises et je vous souhaite un joli temps de l'Avent.

 

A bientôt chers aminautes !

 

Cendrine

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #feu, #jean, #nuit, #saint, #soleil

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John Simmons (1823-1876), Ici vit Titania, 1872.

 

Sous un voile luminescent, dans une clairière où s'épanouit la magie des anciens mondes, évolue Titania, l'un des esprits féeriques les plus sensuels et fascinants du folklore anglo-saxon. Reine du Petit Peuple et ambivalente héroïne du Songe d'une nuit d'été de William Shakespeare (1564-1616), elle incarne le mystère de la plus longue nuit de l'année, celle du solstice d'été ou fête du soleil purificateur et fécondant.

 

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Edward Robert Hughes (1851-1914), Midsummer Eve, 1908, préraphaélisme.

 

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Le solstice d'été fut célébré dans toute l'Europe pré-chrétienne (mais aussi par les peuples amérindiens) et « christianisé », du moins en apparence, en nuit de la Saint-Jean. Toujours vivantes dans les pays baltes, les territoires scandinaves et dans plusieurs régions de France et d'Europe, les festivités se déroulent entre le 21 et le 25 juin. Elles évoquent les « esprits brûlants », ceux des feux sauvages qui jaillissent dans l'obscurité de la nuit, les êtres intermédiaires et les divinités du paganisme, à l'instar de Janus Bifrons, le dieu romain des portes, des seuils et des passages.

 

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Le pendant de la Saint-Jean d'été (Saint Jean-Baptiste) est la Saint-Jean d'hiver (Saint Jean-l'Évangéliste), fêtée le 27 décembre. Ces deux fêtes marquent la résurgence d'une mémoire archaïque, indispensable pour assurer la compréhension des cycles du Temps.

 

Parèdre de Vesta, la déesse du feu, du foyer, des villes et de la terre profonde dont les célébrations se déroulaient vers la mi-juin, Janus, le maître des clefs, veille sur le feu sacré et les mystérieux passages guidant l'initié à travers les deux portes solsticiales. Il est celui qui règne sur la « Voie des Dieux » et les chemins initiatiques de l'année.

 

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Sous son obédience, le feu déploie sa crinière d'or qui symbolise le soleil régénéré, sortilège de puissance.

 

Au solstice d'été, les peuples anciens rendaient hommage au Soleil, le maître des moissons passées, présentes et futures. Les célébrants actuels perpétuent les gestes associés à cette magie de la terre et du ciel, à la fois intime et collective.

 

La nature est à l'apogée de sa puissance. On célèbre le soleil à son zénith tout en prenant conscience de son déclin. Comme les jours raccourcissent après la nuit de Midsummer (appelée aussi Litha, Alban Hefin, Adonia, Jani, Kupala...), les rituels pré-chrétiens du solstice d'été incluaient un combat symbolique entre le dieu du chêne (maître de l'année croissante) et le dieu du houx (maître de l'année décroissante). Ce dernier remportait la victoire et régnait sur les forces de l'année jusqu'au solstice d'hiver (Yule).

 

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La roue de l'année

 

Dans la tradition celtique, le feu s'élève à partir de sept essences considérées comme sacrées : le chêne, le hêtre, le bouleau, le pin, le frêne, l'orme et le tremble. Autour du bûcher de Midsummer, se dressent neuf pierres spiralées, imprégnées de la magie des éléments. Les jeunes filles en font le tour, une baguette d'orpin à la main. Les garçons portent des torches et certains d'entre eux, choisis pour la circonstance, aident les jeunes filles à « chevaucher le feu » quand elles ont fini de danser autour des pierres gardiennes.

 

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La veille du Solstice est appelée « Jour des Herbes ». Herbes et fleurs sont tressées en couronnes, en guirlandes, entrelacées pour former des bouquets dont les vertus guérisseuses et protectrices sont réputées optimales. Les femmes parent leur chevelure avec des couronnes parfumées, les hommes avec des guirlandes de feuilles de chêne.

 

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Goutte de soleil en suspension dans une gangue brillante, l'ambre possède une valeur sacrée, très recherchée à la période du solstice d'été.

 

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De même qu'à Samhain (31 octobre) et à Beltane (30 mai), le voile entre les mondes s'affine à Midsummer. Les légendes relatent qu'on peut apercevoir des représentants du Petit Peuple sur les chemins et que les esprits des défunts traversent plus facilement la frontière qui les sépare des vivants. Les grimoires murmurent aussi que si l'on piétine du millepertuis le soir de Litha, on se retrouvera happé au pays des fées...

 

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Sir Joseph Noël Paton (1821-1901), artiste écossais préraphaélite. « The Fairy raid : carrying off a changling-Midsummer eve », 1867. Kelvingrove art gallery and museum, Glasgow.

 

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Sir Joseph Noël Paton : Elfes et Fées.

 

Si le 21 juin est aussi la fête de la musique, ce n'est pas un hasard... La musique a toujours accompagné les célébrations du solstice en créant une ivresse enchantée, à l'instar des mouvements du feu, et en ouvrant les portes d'un cycle incantatoire qui rend hommage au soleil et à son avatar, la flamme, divinisée depuis l'aube des temps.

 

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Dante Gabriel Rossetti (1828-1882), Préraphaélisme, « Le Charme de la Mer ».

 

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Charles Cottet (1863-1925), Les feux de la Saint-Jean, 1901.

 

Dans l'Europe chrétienne, le 24 juin, on célébrait autrefois « Monsieur Jean. » On le célèbre encore sur les places des villages, dans les clairières et les lieux élevés, lieux de rencontre privilégiés entre le ciel et la terre : collines, rochers, montagnes, promontoires naturels ou taillés par la main de l'Homme.

 

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Édition du 30 juin 1912 du Petit Journal, quotidien parisien fondé en 1863 par Moïse Polydore Millaud (1813-1871).

 

Dans les campagnes, comme à Noël et à Pâques, les enfants accomplissaient une tournée de quête pour récolter l'aumône nécessaire à l'élaboration de la fête et des feux. Aux dires des Anciens, conteurs et folkloristes, les feux qui s'allumaient à la tombée du soir se multipliaient sous les vivats de la foule et la terre vibrait d'une clameur que rien ne semblait pouvoir éteindre. Elle devenait le miroir du ciel étoilé dont elle happait les « clartés supérieures » pour en diriger la puissance vers les champs à féconder.

 

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Les jeunes filles dansaient autour des grands bûchers. Si elles se rendaient auprès de neuf feux pendant la nuit de la Saint-Jean, elles étaient censées se marier dans l'année.

 

Afin de protéger les troupeaux contre les maléfices et des maladies, les paysans faisaient sauter les animaux par-dessus les braises rougeoyantes.

 

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Dans plusieurs régions de France, comme en Bretagne et en Corse, on conservait un tison du feu de Saint-Jean que l'on plaçait dans un coffret, avec une part du gâteau des Rois et un morceau de buis bénit le dimanche des Rameaux, pour repousser les orages violents.

 

L'expression « Il est allé ramasser un charbon de Saint-Jean » désignait une personne qui se couchait tard dans la nuit. Les charbons de Saint-Jean possédaient, dans l'esprit des populations, des propriétés magiques. En Bretagne, un charbon recueilli dans les cendres du tantad, le feu de joie, était censé protéger l'habitation contre les incendies, les orages violents et la foudre. Les vieux ouvrages rapportent « qu’en balançant les nouveau-nés devant la flamme de trois tantads, on les gardait à tout jamais contre le mal de la peur. ».

 

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Roses de Simon Saint-Jean (1808-1860).

 

On suspendait au sommet des bûchers de Saint-Jean des guirlandes de fleurs, et notamment des roses, dotées de pouvoirs apotropaïques (qui détournent les maux). On faisait danser les lumières, virevolter les tisons et les brindilles enflammées. De longs rubans rougeoyants formaient dans les vergers et les champs une chorégraphie sacrée. Les fiancés passaient entre deux rangées de torches dressées pour attirer la protection et la prospérité sur leur union future.

 

On élisait une reine et un roi de la Jeunesse que l'on parait de fleurs sauvages et de feuilles de chêne. Entourés de chanteurs et de danseurs itinérants, ils sautaient par-dessus les braises du plus grand feu.

 

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A Paris, sous l'Ancien Régime, la foule assistait à l'allumage du feu de la Saint-Jean sur la place de Grève (actuelle place de l'Hôtel de Ville) par le roi de France accompagné de sa cour. Philippe Walter, dans son ouvrage intitulé Mythologie chrétienne : Fêtes, rites et mythes du Moyen Âge, nous précise que « Louis XI, Henri II et Louis XIV respectèrent cet usage. » Ils ne furent pas les seuls.

 

« Au milieu de la place de Grève était placé un arbre de soixante pieds de hauteur, hérissé de traverses de bois auxquelles on attacha cinq cents bourrées et deux cents cotrets ; au pied étaient entassées dix voies de gros bois et beaucoup de paille. Cent vingt archers de la ville, cent arbalétriers, cent arquebusiers, y assistaient pour contenir le peuple. Les joueurs d’instruments, notamment ceux que l’on qualifiait de grande bande, sept trompettes sonnantes, accrurent le bruit de la solennité. Les magistrats de la ville, prévôt des marchands et échevins, portant des torches de cire jaune, s’avancèrent vers l’arbre entouré de bûches et de fagots, présentèrent au roi une torche de cire blanche, garnie de deux poignées de velours rouge ; et Sa Majesté, (le roi Charles IX), armée de cette torche, vint gravement allumer le feu. » Jacques-Antoine Dulaure, Histoire physique, civile et morale de Paris depuis les premiers temps historiques jusqu'à nos jours. Paris, Guillaume,‎ 1829.

 

Louis XIV fut le dernier monarque à allumer le feu de la Saint-Jean. Le prévôt des marchands et les échevins s'acquittèrent ensuite de cette tâche.

 

Dans les Vosges, dans le Poitou, en Moselle, etc... on enflammait une roue de charrette entourée de paille avec un cierge en cire d'abeille. La roue brûlante et dorée, image du soleil en mouvement, était promenée dans la campagne afin de fertiliser les champs, d'accroître la vigueur sexuelle des animaux qui l'approchaient et d'attirer les énergies bienfaisantes sur les couples qui renouvelaient leurs vœux ou qui s'étaient formés dans l'année. Cette tradition de la roue enflammée, réminiscence de cultes druidiques, fut également vivace en Allemagne et dans les Pays Nordiques. Elle existe toujours.

 

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Dans les cultes druidiques, on allumait des « roues solaires » le long des voies sacrées. Ces roues qui embrasaient le paysage jusqu'à l'horizon célébraient Teutatès, le père du feu, protecteur des enfants nés dans l'année.

 

Les célébrations joyeuses de la Saint-Jean évoquent d'anciens rites d'exorcisme, associés à des sacrifices d'animaux de grande ampleur. On enfermait des animaux vivants, jugés nuisibles, dans des sacs de toile, et on les brûlait vifs pour éloigner les maladies et les créatures maléfiques. Ainsi, de nombreux chats, des renards, des serpents, des crapauds, des rongeurs, des oiseaux et même des ours payèrent, au milieu des festivités, un lourd tribut.

 

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Victimes des superstitions et des peurs irrépressibles, les chats noirs furent les victimes expiatoires les plus recherchées. Sur de nombreuses places de village, la coutume voulait que treize chats noirs, censés incarner Lucifer et ses meilleurs lieutenants, brûlent chaque année dans le feu de Saint-Jean.

 

Mon papa m'a raconté qu'il avait caché, entre 1936 et 1938, avec son frère et d'autres enfants, autant de chats que possible dans le grenier familial au moment de la Saint-Jean. Près de Tarbes, dans les Hautes-Pyrénées, les pauvres félins continuaient d'être jetés dans les réminiscences des feux de joie. Un jour, un voisin a voulu battre mon père et son frère pour récupérer les chats. Mon grand-père s'en est mêlé, d'autres voisins ont ajouté leur grain de sel, certains en faveur des enfants, les autres non et une partie du village a failli se bagarrer violemment... Cette histoire de chats et la cruauté de gens qui, n'hésiteraient pas, j'en suis persuadée, à balancer dans le feu un enfant ou un adulte si ça devait servir leurs intérêts, les a profondément marqués. Mon père, mon oncle, mon grand-père me l'ont racontée comme ils m'ont raconté la guerre et les souffrances vécues. Mon grand-père pensait qu'être incapable d'empathie envers les animaux, ne pas s'interroger sur leurs souffrances était la porte ouverte aux pires cruautés envers toute espèce vivante.

 

Combien de chats et d'animaux sauvages ou domestiques périrent dans les flammes au fil des siècles ? Nul ne le sait mais on peut lire dans les registres de la ville de Paris: « Payé à Lucas Pommereux, l’un des commissaires des quais de la ville, cent sous parisis pour avoir fourni, durant trois années finies à la Saint-Jean 1573, tous les chats qu’il falloit audit feu, comme de coutume, et même pour avoir fourni, il y a un an où le roi y assista, un renard pour donner plaisir à Sa Majesté, et pour avoir fourni un grand sac de toile où estoient lesdits chats. » Et quand le roi y assistait, on ajoutait aux chats des animaux plus sauvages : « ours, loup, renard, dont l’autodafé constituait un divertissement de haut goût ». Les cendres des animaux étaient aussi censées faire fuir les revenants et les êtres féeriques.

 

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John Simmons (1823-1876) : détail de l'oeuvre intitulée « Hermia et Lysandre » (extrait du Songe d'une nuit d'été).

 

Entretenue par les sermons de l'Église, la peur des populations se cristallisait autour de « l'élément sauvage » et la nécessité de combattre une myriade d'êtres réputés malfaisants au moment de la Saint-Jean. On craignait les dragons, à la voracité sans limites et propagateurs d'un feu incontrôlable, les loups verts, sortes de loups-garous à la peau couleur de feuillage, les chats démons, les sorcières cannibales ou métamorphosées en diverses créatures qui tenaient sabbat sur les montagnes, les bêtes rousses aux griffes acérées et les âmes errantes, susceptibles de venir demander des comptes aux vivants. L'Église faisait tout pour lutter contre les souvenirs du paganisme, encore puissamment ancrés dans la géographie magique des terroirs et l'inconscient collectif mais cela ne fonctionna pas... La féerie n'a jamais cessé de chuchoter à l'oreille de ceux qui écoutent plus avant et refusent de se laisser enfermer dans un cercle d'hypocrisie et de paranoïa.

 

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John Simmons, Le songe d'une nuit d'été, 1866.

 

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Jules Breton (1827-1906), Les feux de la Saint-Jean, 1891.

 

L'Église diabolisa également la danse, accusée de stimuler « les humeurs bestiales » du corps, de provoquer des avortements spontanés et de favoriser la venue des démons sur la terre. De nombreux ecclésiastiques dénoncèrent au moment de la Saint-Jean ces élans du corps qui aboutissaient (forcément) à des phénomènes de possession collective et au « mal Saint-Jean » : une forme d'épilepsie proche de la danse de Saint-Guy ou de Saint-Vit. Mais les populations continuèrent de virevolter autour des feux crépitants. Les jeunes et les moins jeunes chantèrent et dansèrent, unis par une ivresse sacrée proche de celle des Bacchanales de l'Antiquité.

 

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« Le solstice d'été apparaît dans les rites médiévaux comme une période particulièrement dangereuse et fatidique. A milieu du VIIe siècle, une Vie de Saint-Éloi dénonce tous ceux qui, à la fête de la Saint-Jean, « célèbrent les solstices et se livrent à des danses tournantes ou sautantes, à des caroles ou à des chants diaboliques. » Ces interdictions laissent penser qu'au VIIe siècle de tels actes étaient fort répandus et que l'Église cherchait à les faire disparaître définitivement. Elle eut certainement beaucoup de mal pour atteindre son but si l'on en croit la chronique. » (Philippe Walter, Mythologie chrétienne, P. 153.).

 

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La pierre Fritte de Brunoy, dans l'Essonne, auprès de laquelle se déroulaient des cultes druidiques solaires.

 

L'Église s'efforça aussi de lutter, sans succès, contre les pèlerinages effectués près des vieilles pierres, le soir du solstice d'été ou pendant la nuit de la Saint-Jean. Elle maudit les concrétions minérales, les sources et les arbres sacrés à l'époque celtique mais de nombreuses personnes continuèrent de vénérer ces témoignages « vivants » des pratiques spirituelles de leurs ancêtres. La mémoire archaïque survécut, de même que les divinités de la fécondité et les rochers aux noms évocateurs.

 

Dans plusieurs régions de France (Bretagne, Normandie, Auvergne...), on laissait des offrandes près de grandes pierres plates appelées « pierres aux Mânes » sur lesquelles venaient s'asseoir les âmes des défunts de l'année. On allumait un feu entre ces pierres et quand le feu s'éteignait, les braises recueillies étaient précieusement conservées car elles avaient la réputation de guérir la fièvre, de protéger de l'orage, de repousser les bêtes enragées et d'attirer la prospérité sur les foyers.

 

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L'eau est aussi sacrée que le feu au moment du solstice d'été. Système circulatoire en mouvement constant, intimement associée aux pouvoirs de la Terre-Mère, elle est un passage vers le monde des esprits.

 

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Ivan Ivanovitch Sokolov (1823-1918), les feux de Kupala (Saint-Jean slave) sur la rivière.

 

L'eau a nourri les « herbes de la Saint-Jean » qui ont fait l'objet de nombreux récits mentionnant leurs vertus légendaires, leurs pouvoirs mystérieux et leur force protectrice. Il fallait les cueillir avant le lever du soleil pour conserver la rosée ou « eau de longue vie » déposée pendant la nuit sur les feuilles et les fleurs. Verveine, millepertuis, armoise, fenouil, menthes, fougères... avaient la réputation de chasser les démons, de guérir la fièvre et d'annihiler le pouvoir mortifère des plantes vénéneuses.

 

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La Saint-Jean actuelle tisse, entre les croyances d'autrefois et la modernité, un lien riche d'enseignement. En Espagne, on pratique toujours la coutume du « bouquet protecteur ». Elle consiste à cueillir, le soir du 23 juin, du romarin, du fenouil, de la mauve, des feuilles de fougère mâle, des roses sauvages, de la menthe et du millepertuis afin de composer un bouquet qui passera la nuit dans un vase posé sur le rebord de la fenêtre. Le matin du 24 juin, on se nettoie le visage avec l'eau aromatique et on suspend le bouquet derrière la porte de l'habitation pour repousser les sorcières, les voleurs et les personnes jalouses.

 

Le soir de la Saint-Jean, au coucher du soleil, on allume les feux (cacharelas, en Galice) destinés à absorber les esprits malveillants et à dissiper l'influence des meigas (les fées malfaisantes). On mange des sardines grillées sur des braises, accompagnées de pain de maïs (boroa) et de vin rouge. On boit aussi la «Queimada», boisson galicienne typique réalisée avec de l’eau-de-vie et du sucre, mélangés dans un récipient en terre cuite où macèrent des écorces de citron et d’orange, du café très noir et/ou du vin rouge. Tout en récitant des conjurations devant le feu, on enflamme cette boisson qui signifie « brûlée ».

 

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Image www.estaentumundo.com

 

En Catalogne, le 23 juin, on honore une flamme qui brûle toute l’année dans une lampe accrochée au Castillet (le Musée Catalan des Arts et Traditions Populaires) à Perpignan. La flamme « sacrée » est régénérée avec des fagots de sarments de vigne et hissée au sommet du pic du Canigou, la montagne sacrée des Catalans (2784, 66 m). Elle est ensuite propagée dans les villages environnants et apportée jusqu'en Provence en témoignage de paix et d’amitié.

 

Le « bouquet de Saint-Jean » se compose en Catalogne de quatre végétaux (noyer, millepertuis, immortelle, orpin) cueillis le matin du 23 juin. Accroché aux portes de l'habitation, le bouquet est réputé attirer le bonheur et la chance. Le soir de la St Jean, des petits bouquets décorés d'un ruban rouge et or sont vendus aux personnes qui participent à la fête.

 

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En Bretagne, la Saint-Jean est accompagnée du fameux fest-noz ou « fête de nuit », manifestation folklorique classée par l'UNESCO, depuis le 5 décembre 2012, au Patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

 

Les couronnes de fleurs accrochées au sommet du bûcher revêtaient jadis une importance très particulière. Elles étaient considérées comme des talismans contre les maladies du corps et les souffrances de l’âme. Les jeunes filles les suspendaient à leur poitrine avec une tresse de laine rouge, utilisée pour apaiser les migraines et les douleurs nerveuses.

 

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Grands bûchers pyramidaux ou petits bûchers composés de fagots secs, de sarments de vigne et de bois aromatiques, les feux de la Saint-Jean attirent autour d'eux des ombres dansantes et des silhouettes colorées, joyeux fantômes qui s'éparpillent en rondes facétieuses.

 

En Alsace et dans les vallées vosgiennes, des bûchers appelés « fackel » sont érigés sur les hauteurs. Ces monuments de bois à l'esthétique très travaillée sont érigés autour d'un mât en sapin. Il y a deux « fackel »  par célébration : un grand et un petit sur lequel le grand semble veiller. Le petit est allumé en premier. L'allumage du grand s'accompagne d'un bal et de feux d’artifice.

 

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Le bûcher de la Saint-Jean dans la vallée de la Thur (Vosges). Photo Daniel Nussbaum.

 

Ces constructions que l'on appelle aussi chavandes sont liées au culte de Belenos, le dieu gaulois du soleil.

 

Tant de villages de France et d'Europe célèbrent la Saint-Jean qu'il faudrait écrire un très gros ouvrage pour en faire la liste.

 

En Belgique, dans la ville de Mons, la tradition du feu de la Saint-Jean a pu renaître de ses cendres en 1990, après plus de cent cinquante ans de « sommeil », grâce à la mobilisation de la population. Les festivités sont rythmées par une traversée de la ville aux flambeaux et le boutage (allumage) du feu sur la Place Nervienne. Elles se dérouleront cette année les 27 et 28 juin. A Bergues (Flandre), la Saint-Jean est toujours célébrée le dernier samedi du mois de Juin.

 

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Au Québec, la Saint-Jean désigne la fête nationale. Au début du XVIIe siècle, les Français apportèrent en « Nouvelle-France » les coutumes du « feu d'été ». En 1908, Saint Jean-Baptiste devient le patron du Canada français sur décision du pape Pie X et en 1925, le 24 juin fut institué comme jour férié. En 1977, la Saint Jean d'été devint officiellement la fête nationale du Québec.

 

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Ivan Ivanovich Sokolov, Kupala, 1856.

 

Les peuples slaves continuent de célébrer « Kupala », ou « Ivan Kupala », la nuit de la Saint-Jean, sous l'obédience des Ancêtres. Ils honorent le feu et l'eau, le soleil et la lune, le ciel et la terre et ceux qui leur ont octroyé du lait, des fruits et des troupeaux abondants. Ils prient pour les moissons futures. Pendant la nuit de Kupala, on échange aussi des cadeaux et des promesses d'amour. En Russie, en Ukraine, en Pologne, en Biélorussie, etc... la Saint-Jean d'été est en quelque sorte assimilée à la Saint-Valentin. En Finlande et en Lituanie, c'est un jour férié et une fête très importante pour la cohésion sociale.

 

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Autour des brasiers qui font palpiter leurs crinières d'étoiles et de feux follets, on salue le règne de Kupala, la déesse slave des herbes, de la magie, de l'amour charnel et du solstice d'été. (La Déesse, peinte en 1897 par Wojciech Gerson (1831-1901), artiste et historien d'art polonais.).

 

En Russie, en Pologne, en Lettonie, en Estonie, en Islande... on danse autour d'un poteau qui symbolise l'Arbre de Vie. On se baigne dans les rivières. Les jeunes filles, vêtues de blanc, laissent glisser des fleurs blanches, des couronnes de fleurs sauvages et des petites bougies à la surface de l'eau.

 

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Image trouvée sur le net, j'ignore qui en est l'auteur.

 

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La nuit de Kupala, par Anastasia Chemikos (anastasiachemikos.com)

 

On entreprend aussi la quête de la fleur de fougère, fleur légendaire dotée de propriétés magiques bienfaisantes qui est censée ne pousser qu'une fois par an, la nuit du solstice d'été.

 

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Fleur de fougère pendant la nuit de la Saint-Jean, 1875, par Witold Pruszkowski (1846-1896). Musée national de Varsovie.

 

Cette fleur est d'importance capitale dans la mythologie slave, en Europe de l'Est et pour le peuple tzigane. « La fleur de fougère est une fleur enchantée, qui la cueille connaît la richesse, son avenir et celui de tous les hommes... » Partir à l'aventure pour la trouver est aussi le prélude à des jeux amoureux.

 

Dans de très anciennes légendes, son emplacement est révélé à une jeune fille innocente par la Sorcière du Sapin, appelée Grand-Mère aux yeux perçants. Elle scintille comme un diamant, elle attire les rayons lunaires qui soulignent ses courbes féeriques, elle est plus précieuse que tous les châteaux, les joyaux et la soie la plus fine. Certains donneraient tout, même leur âme pour la posséder, ne fut-ce qu'un instant, mais l'innocente résiste à la tentation de la cueillir. L'avoir contemplée représente pour elle le plus merveilleux des présents.

 

En Lettonie, la fleur de fougère fleurit sur les pas de Mère Fortune. Sa lumière d'or peut offrir d'innombrables richesses, stimuler la guérison, attirer l'amour et la fécondité. On la nomme aussi « fleur des devineresses ».

 

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Laurits Andersen Ring (1854-1933), peintre symboliste danois. Soir d'été sur le fjord de Roskilde, vers 1885.

 

En Suède, au Danemark, en Finlande, la Saint-Jean (Johannus) est appelée la « nuit blanche »car la nuit est particulièrement claire et brillante. Le soleil est couché mais il ne plonge pas suffisamment sous la ligne d'horizon.

 

Les festivités s'accompagnent d'un grand nettoyage des maisons. On balaye dans le sens du soleil, on change les rideaux, on décore les pièces principales avec des bouquets composés de rameaux de bouleau, de lilas, de roses, de fleurs sauvages et de feuilles de merisier à grappes.

 

La nuit de la Saint-Jean est fêtée au bord des lacs où l'on dresse de longues perches décorées de fleurs et de feuillages. On fait des libations à la terre avec de la bière et on offre de la tarte aux fraises aux lutins (comme en Islande, le Petit Peuple est très respecté). On rend également hommage au drapeau national.

 

En Pologne, la Saint-Jean est la fête de Kupala (appelé aussi Lada). Kupala est cette fois-ci un dieu masculin, celui du soleil, du bonheur, de la beauté, de la jeunesse et de l'amour. Son nom apparaît dans les vieilles chansons populaires qui célèbrent le soleil renaissant après le long hiver des contrées du nord. Les jeunes filles portent des robes blanches et des ceintures d'armoise. Elles s'assemblent autour d'une « mère » qui pratique une forme de divination chamanique dans les flammes et les braises.

 

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La poésie du feu est universelle et la célébration du soleil aussi. Toutes les civilisations ont vénéré l'astre doré et son avatar, la flamme dansante qui symbolise la renaissance et la continuité. Le soleil était sacré dans l'Égypte ancienne (Rê, Râ, Amon, Atoum), chez les Sumériens (Utu), les Babyloniens (Shamash l'omniscient), les Perses (Mithra), les Mayas (Kinich Ahau ou dieu G), les Aztèques (Tonatiuh, Huitzilopochtli « colibri de la guerre et du soleil »), en Chine (Chen-Noug, protecteur du feu du solstice et de la terre défrichée avec la triade feu/soleil Zhurong, Suiren et Huilu et tant d'autres dieux qu'il est impossible de les citer), au Japon (Atago le veilleur, Amaterasu la fondatrice), dans la Grèce antique (Hélios, Apollon), en Inde (Surya), dans les tribus celtiques (Belenos) et dans les pays slaves (Svarog, dieu soleil descendu sur la terre « sous la forme d'une larme incandescente »)...

 

Les Incas, grands adorateurs du soleil, nommèrent la flamme divinisée « Nina ». Au solstice d'été, le grand prêtre ranimait « Mosoc Nina », le feu sacré, précieusement gardé par douze vierges du soleil.

 

Le soleil est toujours honoré, à travers les rituels néo-païens et les festivités ardentes de la Saint-Jean, même si ce n'est plus forcément « en conscience ». Je vous souhaite de trouver ce qui stimulera votre flamme et je remercie tous ceux qui ont pris de mes nouvelles quand mon ordinateur ne fonctionnait plus.

 

Merci également pour votre soutien concernant ma santé. Je termine cet article dans un état peu enviable, avec l'aggravation de ma pathologie orpheline et de nombreuses zones d'ombre concernant le futur mais l'enthousiasme est profondément inscrit dans ma nature et ma flamme continue de briller et de danser...

 

Ami(e)s sincères qui vous reconnaîtrez, je vous souhaite un Joyeux Midsummer !

 

Cendrine

 

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Plume

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