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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

carrousel

Publié le par maplumefee
Publié dans : #avons, #carrousel, #jardin, #jpg, #neige

 

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La France grelotte et Paris n'est pas en reste, euphémisme ! Mais comme neige, glace et verglas sont des artistes très inspirés, j'ai photographié avec grand plaisir (en tentant de ne pas déraper...) certains lieux transfigurés par cette poésie du froid.

 

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Sans oublier les sans-abris, les personnes précaires et rudement éprouvées par les conditions climatiques, je vous invite à traverser des espaces urbains brodés de blanc.

 

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Je publierai bientôt la suite de ma promenade au Musée Grévin. Accueillons, avec nos âmes d'enfants, ces beautés hivernales !

 

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Nous sommes à Châtelet, devant le terrain d'aventures du jardin Nelson Mandela et souvenez-vous, j'ai publié un billet à ce sujet l'été dernier.

 

http://maplumefeedansparis.eklablog.com/le-terrain-d-aventures-de-chatelet-a130949468

 

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Le terrain s'est agrandi. Les enfants s'amusent dans un espace décoré de ballons au pied du nouveau Forum et de sa canopée.

 

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Cet ensemble au riche passé architectural et les monuments qui l'entourent sont encore en travaux. Je n'aborde donc pas l'histoire des lieux (Les Halles, Le Cimetière et la Fontaine des Innocents, La Bourse de Commerce, La Colonne Astrologique de la reine Catherine de Médicis, L'Église Saint-Eustache etc... ) et de toute façon, ce n'est pas le propos de cet article.

 

Vous rappelez-vous cette représentation de notre Terre en matériaux recyclés ? Au mois d'août 2017, je vous l'avais montrée « baignée » de chaleur et la voici brodée de blancheur.

 

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En profitant de la fine lumière et des crépitements de cette neige immaculée, nous cheminons vers les Tuileries dans une atmosphère d'une étrange beauté.

 

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Les Tuileries sont fermées, comme le jardin du Palais-Royal et de nombreux squares et jardins de la capitale, mais le jardin du Carrousel nous accueille.

 

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Un espace ouvert qui se déploie derrière l'arc de triomphe du Carrousel et qui abrite, au cœur d'un labyrinthe, un superbe ensemble de statues signées Aristide Maillol (1861-1944).

 

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 La Nymphe et le bonhomme de neige, sourires !

 

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 Vénus, 1910

 

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 Baigneuse se coiffant, 1910

 

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 Pomone, 1910. Déesse des fruits, émulsion de sensualité et de fécondité...

 

J'ai souvent photographié ces belles et dans quelques temps, je consacrerai un article à leurs formes lisses et épanouies...

 

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 L'Été, 1910

 

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J'ai longuement parlé du thème du Carrousel dans mon article intitulé Le Pont du Carrousel.

 

http://maplumefeedansparis.eklablog.com/le-pont-du-carrousel-a79008359

 

Jardin du Carrousel qui jouxte celui des Tuileries, un monde ouvert alors que les Tuileries sont entourées de grilles...

 

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 Pomone drapée, jeune fille allongée et allégorie de la Douleur, 1922, par Aristide Maillol...

 

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Dans le cadre de l'aménagement du Grand Louvre et de la création de la célèbre Pyramide de Ieoh Ming Pei (et des petites pyramides l'accompagnant), le paysagiste belge Jacques Wirtz, maître de l'art topiaire originaire d'Anvers, a conçu, à l'initiative du Président François Mitterrand, un jardin que l'on dit « suspendu sur une dalle, constitué de parterres de buissons d'ifs taillés en éventail, rayonnant à partir de l'arc de triomphe. »

 

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 Arc de triomphe né de la volonté de Napoléon Ier, en 1806, de donner aux Tuileries une entrée monumentale.

 

Conçu par les architectes Charles Percier et Pierre François Léonard Fontaine, en hommage à la campagne d'Austerlitz, il s'inspire de l'arc de triomphe de Septime Sévère à Rome et fut achevé en 1809. Les sujets des bas-reliefs furent choisis par Vivant Denon, dessinés par Charles Meynier et réalisés par de prestigieux sculpteurs néoclassiques comme Pierre Cartellier, Clodion, Claude Ramey etc... Je ne développe pas davantage, je le ferai dans un article pleinement consacré à cet ensemble magistral.

 

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 Vue sur La Nuit, 1909.

 

En ce jardin, en 1965, André Malraux, alors ministre de la Culture a fait installer les 18 statues d'Aristide Maillol, maître de la sculpture et chantre du corps féminin, alchimiste des formes généreuses.

 

Pour Dina Vierny, muse et modèle absolu : « Maillol supprime la narration, s'écarte du romantisme, simplifie les formes, ouvre la voie du silence, abolit le mouvement... »

 

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 Air, 1932, sculpture en plomb, éloge du féminin sacré...

 

Quelques pas plus loin, le jardin des Tuileries est endormi sous la neige, enveloppé de magie blanche...

 

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Vue sur l'un des bassins du Grand Carré créé par André Le Nôtre (1613-1700). Tout est gelé et la Tigresse portant un paon à ses petits, du sculpteur animalier Auguste Cain, 1873, a fière allure...

 

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Il fait très froid et le sol devient de plus en plus glissant malgré le sel qui a été répandu. Il est temps de repartir en faisant preuve de patience...

 

A ce propos, merci aux employés de la Ville de Paris qui ont bien travaillé et qui en ont pris plein la tête dans les médias et les propos de gens passant leur temps à se plaindre dès qu'il fait froid...

 

Et oui, il fait froid, ça s'appelle l'Hiver et nous, humains, devons composer avec les saisons, c'est comme ça depuis la nuit des temps ! Je sais qu'il y a beaucoup de râleurs, des gens qui voudraient faire des procès à la neige parce qu'elle est tombée en abondance et qui reprochent tout et n'importe quoi aux autorités mais quand les conditions climatiques sont rudes, il faut faire avec, c'est comme ça ! Parfois, dans la vie on est bloqué sur une route ou dans une gare. Ce n'est pas « marrant » mais on est parfois obligé de prendre son mal en patience, de passer une nuit quelque part ou de marcher pendant des heures. Cela m'est arrivé plusieurs fois dans ma vie, je n'ai pas « chouiné » !!!

 

Avec Christophe, nous avons attendu notre RER un certain temps. Nous avions froid, nous en avons laissé passer quelques uns qui étaient trop pleins et nous sommes rentrés fatigués et très tard (de plus, nous avions dû réparer notre chaudière en pleine nuit car nous n'avions plus d'eau chaude...) mais nous n'avons pas râlé en accusant les autres de n'avoir pas bossé... Au regard des sinistrés des crues de la Seine et des gens qui n'ont pas de logement, il faut savoir relativiser. J'ai été excédée d'entendre des gens se plaindre d'être bloqués l'espace d'une nuit. Ce n'est pas drôle mais ça peut arriver alors que ceux qui ont raté un repas du soir ou qui ont dû dormir exceptionnellement dans leur voiture aient un peu de décence ! Je l'ai vécu aussi, dans ma vie, plusieurs fois, je n'en suis pas morte !

 

J'ai entendu les alertes météo dès le dimanche 4 février, les premières saleuses sont intervenues dans la nuit, j'en ai vu dans ma rue alors que certains ont dit que les saleuses n'étaient pas passées. J'ai dit à Christophe lundi matin « tu vas voir, les gens vont prendre leurs bagnoles malgré l'alerte orange, ils vont rester bloqués sur la route et hurler en disant qu'ils ne savaient pas qu'il allait neiger ou que la neige allait drue. Ils vont accuser le gouvernement, la ville de Paris et le Père Noël si ça se trouve !!! » Et bien, je ne m'étais pas trompée...

 

Je salue en revanche les personnes qui ont pris les choses au rythme où elles venaient et qui ont composé avec la situation sans se comporter en enfants gâtés pourris...

 

La neige, ce n'est pas évident mais ça offre aussi de belles choses, ça permet de voir son environnement autrement et de partager de jolis instants avec ceux qu'on aime et cela n'a pas de prix !

 

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En vous souhaitant de belles journées de Février et en vous remerciant de vos petits mots charmants et de votre fidélité, gros bisous !

 

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #carrousel, #fut, #paris, #pont, #seine

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Ce vaste ouvrage, dont l'architecture unit classicisme et modernité, chevauche les eaux changeantes de la Seine, entre le Quai Voltaire et les Guichets du Louvre. Appelé autrefois Pont des Saints Pères, il fut initialement construit dans le prolongement de la rue des Saints Pères, ancienne rue Saint-Pierre, située à la frontière des 6e et 7e arrondissements de Paris.

 

 

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Vue sur le Quai Voltaire avec la coupole de l'Institut de France, à l'arrière-plan.

 

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La même vue sur ce cliché de 1946, trouvé sur le site de la Médiathèque de l'architecture et du patrimoine.

 

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Vue sur les majestueux Guichets du Louvre qui feront l'objet de mon prochain article.

 

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Avant la création du Pont du Carrousel, les marchandises et les matériaux ne pouvaient pas franchir la Seine dans « l'espace » contenu entre le Pont-Neuf et le Pont Royal. Quant au Pont des Arts, édifié en 1804 sur l'initiative de Napoléon Ier, il était réservé aux seuls piétons.

 

Le roi Louis Philippe fut le commanditaire d'un premier pont, voie neuve commerciale élaborée par Antoine-Rémy Polonceau (1778-1847), un ingénieur épris de modernité qui travaillait comme inspecteur divisionnaire aux Ponts et Chaussées. L'ouvrage, baptisé Pont du Carrousel, fut inauguré le 30 octobre 1834.

 

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La tendance de l'époque était aux ponts suspendus mais, entre 1831 et 1834, Polonceau conçut un pont en arc doté d'une audacieuse structure en fonte et en bois. Plusieurs de ses contemporains se déchaînèrent aussitôt contre « l'ingénieuse merveille », critiquant son étrange esthétique et lui reprochant d'être incompatible avec le passage des péniches.

 

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Le Pont du Carrousel, en 1839, dans le Guide pittoresque du Voyageur en France.

 

Les cercles de fer qui décoraient les rambardes et les arcatures du pont reçurent le sobriquet de « ronds de serviette » et l'ouvrage fut ironiquement appelé « hôtel des courants d'air ».

 

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Le Pont du Carrousel dans le Paris Illustré.

 

Il fut ouvert à la circulation en 1835 et en 1847, des statues monumentales signées Louis-Messidor Petitot furent installées à chacune de ses extrémités. Ces allégories de la Ville de Paris, de la Seine, de l'Abondance et de l'Industrie constituent le décor de l'ouvrage actuel.

 

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Les quatre anciens piédestaux étaient en fonte, peints à l'imitation de la pierre. Ils accueillaient les bureaux des percepteurs du droit de péage.

 

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Le Pont du Carrousel vu du Pont Royal, vers 1859, sublime épreuve sur papier albuminé de Gustave Le Gray(1820-1884).

 

La circulation augmentant sous le Second Empire, le Baron Haussmann envisagea de faire élargir l'ouvrage mais le projet fut abandonné à cause du conflit franco-prussien de 1870. En 1883, on remplaça une partie des poutres et des traverses du tablier et en 1906, les éléments en bois disparurent au profit du fer martelé.

 

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En 1896, l'architecte Édouard Bérard (1843-1912) conçut un projet de pont triomphal sur la Seine, face aux Guichets du Carrousel, dans la perspective de l'Exposition Universelle de 1900. Il proposa d'utiliser du ciment armé pour la structure et du plomb et du cuivre pour le décor. Il imagina deux statues monumentales et une proue de navire géante pour symboliser la ville de Paris.

 

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L'esquisse du projet, trouvée sur le site du Musée d'Orsay.

 

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Entre 1935 et 1939, le pont fut entièrement reconstruit, quelques dizaines de mètres en aval, d'après les plans des ingénieurs Henri Lang, Jacques Morane et Henri Malet.

 

 

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Cette merveille de technicité, constituée de trois arches en béton armé, fut insérée dans un revêtement en pierre de taille pour se fondre dans le décor majestueux du Louvre et des quais de la Seine. Sa longueur est de 168 mètres pour une largeur de 33 mètres.

 

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Pénétrer dans ses profondeurs est un mystérieux voyage, rythmé par les chuchotements de l'eau.

 

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La reconstruction du Pont du Carrousel, 1936, par Jean Texcier(1888-1957).

 

Ce tableau, conservé au musée Carnavalet, décrit l'importance des travaux effectués et la puissance des infrastructures déployées pour la circonstance. Les berges de la Seine furent réaménagées et les ports du Louvre et des Saints-Pères disparurent au profit d'un mode de vie plus industrialisé.

 

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Quand les Ponts et Chaussées sollicitèrent le sculpteur ferronnier Raymond Subes (1893-1970) pour l'éclairage des lieux, celui-ci se heurta à plusieurs contraintes. A cause de la proximité du Louvre, les lampadaires ne devaient pas paraître trop « modernes » ni s'élever à plus de 13 mètres (la hauteur des toitures du palais). Il fallait aussi que la portée des lumières soit de 20 mètres.

 

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Il conçut alors un ingénieux dispositif composé d'obélisques télescopiques atteignant 12 mètres de hauteur le jour et 22 mètres la nuit. Ils ont été hors service pendant de longues années mais la Ville les a fait restaurer dans le cadre des illuminations liées au passage à l’an 2000.

 

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L'ossature d’acier fut recouverte d’une tôle de cuivre repoussé et le mécanisme originel remplacé par un système de treuil automatisé, permettant à ces insolites pylônes-candélabres de retrouver leur fonction initiale, pour un coût de 6,8 millions de francs...

 

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En 1940, comme tous les stocks de cuivre devaient être répertoriés par l'administration d'Occupation, Raymond Subes dissimula les lampadaires dans les souterrains du pont et poursuivit son travail en secret. Il les restaura après la Libération et les fit installer, en 1946, aux extrémités du monument, sur les plans de l'architecte Gustave Umdenstock.

 

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Depuis plusieurs décennies, la silhouette Art Déco de ces étonnantes vigies crée une animation singulière et colorée dans le paysage.

 

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Les statues qui décoraient l'ancien pont du Carrousel ont été installées aux angles de l'ouvrage moderne. Elles sont l'oeuvre du sculpteur Louis-Messidor Petitot (1794-1862) qui fut l'élève et le collaborateur du maître Pierre Cartellier (1757-1831).

 

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La Ville de Paris, sur la rive gauche, en amont du fleuve.

 

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Gardienne intemporelle des secrets de l'eau, elle arbore, majestueuse, un sceptre et une couronne à créneaux.

 

Il existe une parenté stylistique entre les allégories du Pont du Carrousel et les statues monumentales des grandes villes de France, sculptées vers 1838, pour la Place de la Concorde. Deux d'entre elles, Lyon et Marseille, sont nées sous le ciseau de Louis Petitot.

 

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La ville de Marseille

 

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La ville de Lyon

 

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La Seine, sur la rive gauche, en aval du fleuve.

 

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Couronnée de palmes et parée de bijoux, elle tient une amphore d'où s'échappe l'eau nourricière, substance vitale de Paris.

 

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L'Abondance, sur la rive droite, en aval de la Seine.

 

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Ses attributs évoquent la prospérité (corne d'abondance, coffret à bijoux) et la prédominance des arts dans la capitale (lyre, couronne...).

 

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Dans la mythologie grecque, la corne d'abondance (cornucopia) ornait le front de la chèvre Amalthée, la nourrice du roi des dieux. Mais d'après certaines légendes, le puissant Hercule ôta une corne au dieu fleuve Achéloos, métamorphosé en taureau et les Nymphes transformèrent cette corne mâle de fécondité en corne d'abondance.

 

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Merci au site de numismatique en ligne sacra-moneta.com pour ces photos de monnaies anciennes.

 

Conque magique, elle est une source inépuisable de richesse, de nourriture et de bienfaits, attribut de Ploutos, le dieu grec de l'abondance et de la Terre Mère sous ses multiples appellations: Gaïa, Tellus, Épona, Fortuna...

 

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L'Abondance, en contrejour, dans ses atours de nuages...

 

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Et sur cette photo de 1940, signée Noël Le Boyer. (Médiathèque de l'architecture et du patrimoine).

 

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L'Industrie, sur la rive droite, en amont de la Seine. La statue revêt les attributs du dieu Mercure: le caducée dans la main droite et le chapeau ailé ou pétase.

 

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Le caducée n'est pas seulement l'emblème de la médecine, il est aussi celui du commerce et il symbolise la force, l'abondance et la prospérité.

 

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La statue tient dans la main gauche un marteau, symbole de l'Industrie et attribut d'Héphaïstos, le dieu grec du feu et de la forge.

 

Appelé Vulcain par les Romains, Héphaïstos était le maître du feu souterrain, des volcans et de la métallurgie. Il forgea les armes des dieux de l'Olympe et leur érigea des palais somptueux. Il fabriqua des armures pour les humains et leur enseigna l'art de travailler le métal. Dieu artisan, démiurge et initiateur, il régnait, d'après certaines traditions, sur les Mystères des Cabires, divinités intermédiaires entre les esprits de la terre et du feu.

 

 

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L'Industrie, photographiée par Charles Marville(1813-1879) en 1852. (The Metropolitan Museum of Art). On aperçoit le petit bureau où l'on devait s'acquitter du droit de péage.

 

 

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Le programme iconographique du Pont du Carrousel exalte la puissance économique de la ville (Abondance et Industrie) et le caractère public de la réalisation (allégories de la Seine et de Paris) mais le monument se réfère aussi à la grandeur passée.

 

Les carrousels étaient des spectacles militaires équestres, originaires d'Italie, qui remplacèrent les tournois interdits en France après la disparition tragique d’Henri II.

 

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Le roi, époux de Catherine de Médicis, fut mortellement blessé le 10 juillet 1559, lors d'une joute l'opposant au comte Gabriel de Montgomery.

 

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La Place du Carrousel s'étend à l'ouest du Palais du Louvre. Elle préserve le souvenir du carrousel donné par Louis XIV, les 5, 6 et 7 juin 1662, pour célébrer la naissance du Dauphin.

 

Le mot «carrousel» fut apporté d’Italie par les armées de Charles VIII. Il dérive du latin carrus sol et de l'italien carozela qui signifie «char du soleil».

 

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Cette huile sur toile, réalisée vers 1670 d'après une gravure d'Israël Silvestre (1621-1691) entra, en 1836, dans les collections du château de Versailles.

 

Un luxueux ouvrage consacré à cet opéra équestre parut en 1670. Trente sept gravures d’Israël Silvestre et de François Chauveau illustrent les textes de Charles Perrault.

 

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(BNF, Estampes et Photographie, RES PD-10B, Folio 25V-Folio 26.)

 

Le carrousel des 5, 6 et 7 juin 1662 se déroula dans ce qu'on appelait à l'époque les jardins de la Grande Mademoiselle, devant 15000 personnes installées dans un amphithéâtre en bois. Une tribune monumentale fut dressée devant le pavillon central du palais des Tuileries, destinée à la reine mère Anne d’Autriche, à la reine Marie-Thérèse et aux dames de la cour. Les participants (au nombre de 1299) se divisèrent en cinq quadrilles portant les noms de puissantes nations. Le décorateur Henri de Gissey (1621-1673) réalisa pour l'occasion de nombreux costumes d'apparat.

 

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Louis XIV, vêtu en empereur de Rome et paré d'attributs solaires, menant les cavaliers Romains.

 

Son écu arborait un soleil resplendissant dont l'éclat somptuaire dissipait les ténèbres.

 

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Les Perses furent guidés par Monsieur, frère du Roi.

 

Monsieur exhibait un bouclier décoré d'une lune et de la devise « Uno sole minor », ce qui signifie «Seul le soleil est plus grand que moi».

 

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Les Turcs, conduits par le prince de Condé.

 

Le prince arborait un croissant orné de la devise « Crescit ut ascipitur », soit «Il augmente selon qu’il est regardé».

 

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Le duc d’Enghien dirigeant les Indiens.

 

Le duc portait pour emblème une planète frappée des mots « Magno de lumine lumen », soit: «Lumière qui vient d’une plus grande»…

 

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Le duc de Guise, costumé en Roi d'Amérique.

 

Les cavaliers s’affrontèrent dans des courses de bagues et de têtes, mêlant jeux de précision et simulacres de combat.

 

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Il s'agissait de saisir une bague, en plein galop, avec la pointe d'une lance et d'atteindre, avec une épée ou une lance, des têtes en papier mâché ou figurées sur une plaque de bois. Ces têtes de turc, de maure ou de Méduse cédaient parfois la place à un faquin, mannequin en paille anthropomorphe. La course de têtes fut remportée par le marquis de Bellefonds, futur Maréchal de France et la course de bagues, par le comte de Sault, héritier de la puissante lignée des Lesdiguières, Pairs de France. Le mot « pair » désignait les vassaux les plus importants du roi de France. Étymologiquement, le mot signifie « égal » du roi.

 

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En cheminant sur les berges du fleuve, je songe à ce ballet équestre, joute de fantaisie d'une ampleur exceptionnelle, qui détermina le choix du nom de l'ouvrage et vit s'affirmer le mythe solaire de Louis XIV.

 

Autrefois, le Pont du Carrousel était désigné de trois façons par les Parisiens. Ils l'appelaient indifféremment Pont du Louvre, Pont des Saints-Pères et Pont du Carrousel mais en 1905, alors que s'affrontaient les partisans de la laïcité et les inconditionnels de l'église catholique, certains se mobilisèrent contre le nom "Saints-Pères". Le Conseil Municipal prit alors la décision, en 1906, de lui attribuer le patronyme de Pont du Carrousel.

 

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Vue sur le Pont Royal et la Gare d'Orsay, à quelques encablures réelles et imaginaires...

 

Aimé des promeneurs et des artistes mais moins fréquenté que le Pont des Arts, le Pont du Carrousel offre une gracieuse perspective sur les bords de Seine.

 

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L'eau y affleure avec sérénité mais ses pierres gardent en mémoire le souvenir d'un sinistre évènement. Le 1er mai 1995, trois manifestants issus du cortège du Front National, ont poussé dans la Seine Brahim Bouarram qui s'est noyé à la verticale du pont.

 

Le principal accusé a été condamné, le 15 mai 1998, à huit ans de prison ferme, par la Cour d'assises de Paris et le 1er mai 2003, le maire de Paris a célébré la mémoire du disparu par la pose d'une plaque commémorative.

 

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Une cérémonie est organisée depuis, chaque année, là où le drame s'est déroulé.

 

Le Pont du Carrousel dans les Arts

 

Les ponts de Paris, les quais et les berges de la Seine ont profondément stimulé l'inspiration des artistes. A travers un florilège d'oeuvres et de sensibilités, le Pont du Carrousel dévoile sa silhouette évolutive, ses beautés classiques et contemporaines, et nous invite à voyager au fil du temps.

 

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Chaland chargé de barils devant le Pont du Carrousel, 1841, par François-Marius Granet(1775-1849).

 

Dans ce paysage hivernal, surgit la silhouette fantomatique du pont qui domine la Seine gelée et se fait absorber par un épais brouillard. L'oeuvre suscite une mystérieuse impression, comme si les structures de la modernité se délitaient irrémédiablement face aux puissances de la Nature.

 

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Le Pont du Carrousel, 1879, par Edmond Yarz (1846-1920).

 

Plusieurs oeuvres de cet artiste décorent la Salle des Illustres du Capitole de Toulouse, sa ville natale.

 

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Le Pont du Carrousel, 1886, par Vincent Van Gogh(1853-1890).

 

Le pont fut l'un des thèmes privilégiés de l'artiste, émanation de ses recherches sur les vibrations de l'atmosphère et la poétique des éléments. Force réelle autant que mystique unissant les éléments du paysage, le pont symbolise la communication mais aussi le passage entre les âges de la vie. Cette toile est caractéristique de l'époque où Vincent rejoignit son frère Théo, galeriste à Montmartre et où il enrichit sa vision de l'art par l'exploration des techniques impressionnistes et néo-impressionnistes.

 

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Le Louvre et le Pont du Carrousel, Effet de Nuit, 1890, par Maximilien Luce(1858-1941), peintre néo-impressionniste.

 

Sa touche est représentative de la technique du pointillisme, développée par Georges Seuratet Paul Signac.Elle consiste à juxtaposer des petites touches de couleurs primaires (rouge, bleu, jaune) et complémentaires (orange, violet, vert). Le regard recrée alors une alchimie subtile entre les couleurs secondaires, les ombres miroitantes et la lumière. L'artiste nous offre ici un spectacle nocturne de pure beauté, à fleur de Seine et de ciel.

 

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Vers 1903, Pierre Bonnard (1867-1947) nous livre sa vision des lieux dans cette toile intitulée Sur le Pont du Carrousel et conservée au Los Angeles County Museum of Art.

 

L'artiste adorait saisir le spectacle des espaces urbains et décrire, avec une palette toute en légèreté, la vie de leurs habitants, absorbés dans leurs rêveries ou leurs activités quotidiennes, délicatement sublimées. Son oeuvre, empreinte de recueillement et de spiritualité, est représentative de l'art des Nabis, mouvement anti-académique né vers 1888 et préfigurant les recherches et les codes picturaux de l'Art Nouveau.

 

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En 1907, Edward Hopper (1882-1967) peignit le Pont du Carrousel dans le brouillard. Le « peintre de l'Amérique profonde » fut séduit par ce pont qui exprimait la puissance industrielle de son époque et les angoisses d'un monde en pleine mutation.

 

De par sa position géographique privilégiée, le pont du Carrousel a « envoûté » de nombreux artistes. Le romancier Henry Miller (1891-1980) adorait y flâner, à l'orée de ses pages d'écriture. Anatole France (1844-1924) appréciait tout particulièrement les statues de Louis Petitot. Le pont apparaît dans une poésie de Rainer Maria Rilke (1875-1926) et dans les Chants de Maldoror du Comte de Lautréamont (1846-1870)...

 

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En 1890, dans cet autoportrait-paysage intitulé Moi-même,le Douanier Rousseau (1844-1910) se représenta, avec son habituelle originalité, devant le pont du Carrousel. Les éléments de la composition (bateau au mât décoré de petits drapeaux, montgolfière, cheminées des bâtiments en arrière-plan, Tour Eiffel que l'on devine en filigrane, couple miniature au bord de l'eau) façonnent un univers empreint de féerie et d'élégante modernité.

 

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La Senna, al mattino, da Pont du Carrousel, une oeuvre de l'artiste contemporain Paolo Frongia.

 

Le 24 janvier 2012, Juliette Gréco a offert à son public un album intitulé Ça se traverse et c'est beau. Elle y évoque, avec éclectisme et limpidité, les ponts de Paris, le temps qui s'écoule et la Seine au gré de ses métamorphoses. Elle s'est entourée pour l'occasion de nombreux artistes: Marc Lavoine, Mélody Gardot, Abd al Malik, Amélie Nothomb, Philippe Sollers... Cette ode aux cycles de la vie, aux émotions et aux Belles-Lettres sonne comme une croisière musicale, prélude à de fascinantes traversées...

 

« Rue des Saints-Pères jusqu'à la Seine

Le Pont du Carrousel serait un détour

Rendez-vous Cour Carrée avec mon amour

Dans deux minutes. Il faudrait que j'y coure

Le long du quai Malaquais jusqu'au Pont des Arts

En deux minutes, c'est impossible. Je serai en retard

Juliette est une diva, Juliette n'attendra pas

il manque un pont à Paris. Le Pont Oblique,

Qui relie la Cour Carrée à la rue des Saints-Pères.

Pourquoi Diable aurait-on inventé la Seine,

Si ce n'est pour qu'elle coule sous des ponts ? » (Amélie Nothomb).

 

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Sources et Bibliographie

 

Corinne DOUCET: Les académies d'art équestre dans la France d'Ancien Régime. 2007.

 

Henry-Louis DUBLY: Les ponts de Paris. Paris: Veyrier, 1973.

 

Charles DUPLOMB: Histoire générale des ponts de Paris. Paris, 1911.

 

R. FILIPPI: Le nouveau pont du Carrousel, à Paris, dans "La Technique des Travaux", mai 1937.

 

Marc GAILLARD: Quais et Ponts de Paris. Amiens: Martelle Editions, 1996; p. 205.

 

Jacques LE LONG et Charles M. FEVRET DE FONTETTE: Bibliothèque Historique de la France. 1775.

 

Bernard MARREY: Les ponts modernes, vingtième siècle. Paris: Picard, 1995; p. 279.

 

Serge MONTENS: Les plus beaux ponts de France. Paris, Bonneton, 2001; p. 199.

 

Pylônes d'éclairage du pont du Carrousel à Paris, dans "Ossature métallique", décembre 1949, v. 14.

 

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