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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

seine

Publié le par maplumefee
Publié dans : #fleuve, #jpg, #prevert, #seine

 

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Vue sur le Pont du Carrousel et au-delà, le Musée d'Orsay.

 

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En souvenir de Lady Marianne, avec émotion et Amitié... Voici mon choix de poème pour le mardi 14 janvier :

 

La Seine a rencontré Paris

 

J'ai choisi ce poème vivant et imagé, cette déclaration d'amour intense à la Seine et à Paris signée Jacques Prévert (1900-1977)et issue du Recueil intitulé « Choses et Autres ».

 

Je vous souhaite une belle lecture...

 

« Qui est là

Toujours là dans la ville

Et qui pourtant sans cesse arrive

Et qui pourtant sans cesse s’en va

 

C’est un fleuve

répond un enfant

un devineur de devinettes

Et puis l’œil brillant il ajoute

Et le fleuve s’appelle la Seine

Quand la ville s’appelle Paris

et la Seine c’est comme une personne

Des fois elle court elle va très vite

elle presse le pas quand tombe le soir

Des fois au printemps elle s’arrête

et vous regarde comme un miroir

et elle pleure si vous pleurez

ou sourit pour vous consoler

et toujours elle éclate de rire

quand arrive le soleil d’été

 

La Seine dit un chat

c’est une chatte

elle ronronne en me frôlant

Ou peut-être que c’est une souris

qui joue avec moi puis s’enfuit

La Seine c’est une belle fille de dans le temps

une jolie fille du French Cancan

dit un très vieil Old Man River

un gentleman de la misère

et dans l’écume du sillage

d’un lui aussi très vieux chaland

il retrouve les galantes images

du bon vieux temps tout froufroutant

 

La Seine

dit un manœuvre

un homme de peine de rêves de muscles et de sueur

La Seine c’est une usine

La Seine c’est le labeur

En amont en aval toujours la même manivelle

des fortunes de pinard de charbon et de blé

qui remontent et descendent le fleuve

en suivant le cours de la Bourse

des fortunes de bouteilles et de verre brisé

des trésors de ferraille rouillée

de vieux lits-cages abandonnés

ré-cu-pé-rés

La Seine

c’est une usine

même quand c’est la fraîcheur

c’est toujours le labeur

c’est une chanson qui coule de source

Elle a la voix de la jeunesse

dit une amoureuse en souriant

une amoureuse du Vert-Galant

Une amoureuse de l’île des cygnes

se dit la même chose en rêvant

 

La Seine

je la connais comme si je l’avais faite

dit un pilote de remorqueur au bleu de chauffe

tout bariolé

tout bariolé de mazout et de soleil et de fumée

Un jour elle est folle de son corps

elle appelle ça le mascaret

le lendemain elle roupille comme un loir

et c’est tout comme un parquet bien briqué

Scabreuse dangereuse tumultueuse et rêveuse

par-dessus le marché

Voilà comment qu’elle est

Malice caresse romance tendresse caprice

vacherie paresse

Si ça vous intéresse c’est son vrai pedigree

 

La Seine

c’est un fleuve comme un autre

dit d’une voix désabusée un monsieur correct et

blasé

l’un des tout premiers passagers du grand tout

dernier bateau-mouche touristique et pasteurisé

un fleuve avec des ponts des docks des quais

un fleuve avec des remous des égouts et de temps à

autre un noyé

quand ce n’est pas un chien crevé

avec des pêcheurs à la ligne

et qui n’attrapent rien jamais

un fleuve comme un autre et je suis le premier à le

déplorer

 

Et la Seine qui l’entend sourit

et puis s’éloigne en chantonnant

Un fleuve comme un autre

un cours d’eau comme un autre cours d’eau

des glaciers et des torrents

et des lacs souterrains et des neiges fondues

des nuages disparus

Un fleuve comme un autre

comme la Durance ou le Guadalquivir

ou l’Amazone ou la Moselle

le Rhin la Tamise ou le Nil

Un fleuve comme le fleuve Amour

comme le fleuve Amour

chante la Seine épanouie

et la nuit la Voix lactée l’accompagne de sa tendre

rumeur dorée

et aussi la voix ferrée de son doux fracas coutumier

 

Comme le fleuve Amour

vous l’entendez la belle

vous l’entendez roucouler

dit un grand seigneur des berges

un estivant du quai de la Râpée

le fleuve Amour tu parles si je m’en balance

c’est pas un fleuve la Seine

c’est l’amour en personne

c’est ma petite rivière à moi

mon petit point du jour

mon petit tour du monde

les vacances de ma vie

Et le Louvre avec les Tuileries la Tour Eiffel la Tour

Pointue et Notre-Dame de l’Obélisque

la gare de Lyon ou d’Austerlitz

c’est mes châteaux de la Loire

la Seine

c’est ma Riviera

et moi je suis son vrai touriste

 

Et quand elle coule froide et nue en hurlante plainte

contre inconnu

faudrait que j’aie mauvaise mémoire

pour l’appeler détresse misère ou désespoir

Faut tout de même pas confondre les contes de fées et

les cauchemars

Aussi

quand dessous le Pont-Neuf le vent du dernier jour

soufflera ma bougie

quand je me retirerai des affaires de la vie

quand je serai définitivement à mon aise

au grand palace des allongés

à Bagneux au Père-Lachaise

je sourirai et me dirai

 

Il était une fois la Seine

il était une fois

il était une fois l’amour

il était une fois le malheur

et une autre fois l’oubli

 

Il était une fois la Seine

Il était une fois la vie »

 

 

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Ce poème nous emmène en voyage. Je l'ai choisi comme introduction à mon prochain billet qui sera consacré à la Seine, un univers à part entière.

Cet univers, Jacques Prévert nous le conte avec son immense talent de poète populaire et de scénariste au langage riche et familier, truffé de jeux de mots qui caracolent dans la tête et le cœur.

 

Les émotions des artistes, des promeneurs et des habitants de Paris entrent en résonance avec les mouvements de l'eau et cela dure depuis des temps immémoriaux. Nous verrons cela dans quelques jours...

 

En attendant, pour le plaisir, voici quelques uns des visages de Dame Seine...

 

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En bordure de l'Île Saint-Louis...

 

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Vue sur le Pont Alexandre III

 

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La Seine a vraiment une myriade d'aspects fascinants...

 

Merci de votre fidélité chers Aminautes ! Belles pensées et gros bisous !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #jpg, #louis, #marly, #seine, #« la

 

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Rivières et Fleuves aux Tuileries, Chapitre Deux sur Quatre

 

Merci pour vos très gentils messages et pensées d'amitié...

 

Je vous retrouve avec grand plaisir pour la suite de notre promenade aux Tuileries, au niveau de l'aménagement du Fer à Cheval créé par André Le Nôtre (1613-1700) dont je vous parlais il y a quelques semaines.

 

Après avoir contemplé « La Loire et le Loiret », moulage réalisé au début du XVIIIe siècle d'après l’œuvre originale de Corneille Van Clève, nous nous arrêtons devant « La Seine et la Marne », groupe sculpté issu de l'ambitieux programme politico-culturel orchestré par Jules-Hardouin Mansart (1646-1708), Surintendant des Bâtiments du Roi à partir de 1699.

 

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« La Seine et la Marne » ornait le Bassin des Nappes du château de Marly, résidence bucolique de Louis XIV située dans les Yvelines. Le Roi Soleil appréciait tout particulièrement cet ensemble élégant qui illustrait l'un de ses projets somptuaires à caractère mythologique.

 

Depuis les années 1660, Louis XIV (1638-1715) œuvrait pour une politique de grands travaux artistiques qui furent menés avec autant d'attention à Versailles qu'à Marly. Il cherchait à créer une Nouvelle Rome fondée sur une puissante assise politique et une plénitude culturelle. Les jeux d'eau étant des éléments indispensables de la scénographie des jardins, des allégories de rivières et de fleuves furent créées pour animer des espaces destinés tout autant à paraître qu'à jouir de l'instant présent.

 

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Marly fut construit, à 7 kilomètres au nord-ouest de Versailles, dans un vallon boisé qui dominait la Seine, château de plaisance réalisé à partir de 1679 par Jules-Hardouin Mansart (1646-1708) et Robert de Cotte (1656-1735) qui fut maître et mentor de nombreux architectes. Louis XIV visita les lieux pour la première fois le 23 juillet 1684. Il prenait plaisir à dire « J'ai fait Versailles pour ma Cour, Trianon pour ma famille, Marly pour mes amis. »

 

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Le grand jet d'eau de Marly, par Auguste-Alexandre Guillaumot (1815-1892).

 

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Pierre-Denis Martin (1663-1742), Marly, 1724.

 

Les séjours du Roi et de ses invités dans ce lieu de réjouissances étaient appelés « Les Marlys ». L'étiquette, tellement rigide et indispensable à Versailles, était abolie en grande partie à Marly, « château-jardin » dont l'esthétique était des plus remarquables. Au centre d'une composition très élaborée, sur un plan dit « éclaté », se dressait le Pavillon Royal et de part et d'autre d'une perspective animée de bosquets, de bassins, de petits bois, d'allées et de charmilles, se déployaient deux files de pavillons destinés aux nobles invités. La décoration des pavillons était associée aux signes du Zodiaque et une impressionnante machine hydraulique, chef-d’œuvre d'ingénierie, appelée « la Machine de Marly » permettait d'alimenter en eau jaillissante les bassins et les jardins du château.

 

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Gravure, 1700

 

Marly fut hélas détruit sous le Premier Empire. Ses trésors furent en grande partie dispersés après la Révolution. On y installa une filature, on pilla les belles matières associées à la Monarchie. Des propriétaires criblés de dettes se succédèrent et l'ensemble sombra dans un marasme qui eut raison de la splendeur architecturale des lieux. Les façades des pavillons ornés de somptueux décors polychromes et le magnifique Bassin des Nappes que j'évoque n'existent donc plus... Il demeure « La Seine et la Marne » et quelques œuvres sculptées ainsi que des gravures à contempler dans les musées ou les jardins nationaux. Certaines statues de Marly ont « voyagé » de Paris à Brest où elles sont restées quelques temps avant d'être définitivement transportées au Musée du Louvre. Une histoire à conter dans un autre billet...

 

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Château de Marly par Gabriel Pérelle (1603-1677).

 

Quand Louis XIV mourut, le jeune roi Louis XV (1710-1774) s'établit aux Tuileries, protégé par le Régent Philippe d'Orléans (1674-1723) qui fit décorer le palais parisien avec des sculptures venant de Marly. Ces sculptures originales furent remplacées par des copies en 1993. Les marbres « d'époque » se situent dans la Cour Marly au Musée du Louvre.

 

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Photo RMN/©René Ojéda

 

 

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Le groupe sculpté de « La Seine et la Marne » fut conçu dès l'origine pour être regardé de tous les côtés et multiplier les reflets dans le Bassin des Nappes attenant à la Rivière de Marly. Cette Rivière, hélas disparue, était une cascade réalisée vers 1704 qui constituait une perspective complexe et magnifique au cœur des jardins.

 

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Avec « La Seine et la Marne », le sculpteur Nicolas Coustou a représenté la rencontre des principaux fleuves d'Île-de-France. La Seine est ici masculine. Un dieu barbu tient une rame et s'appuie sur une corne d'abondance d'où jaillissent des fruits, les dons précieux de la Nature irriguée par la force des eaux. Emblème de luxuriance et de puissance, la corne d'abondance est en résonance avec la rame, instrument qui évoque la possibilité de naviguer sur l'élément aquatique pour découvrir des terres fécondes et des espaces favorables à l'expansion humaine.

 

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La corne d'abondance, « mère des fruits », en référence à la chèvre Amalthée qui fut la nourrice de Zeus, le seigneur des dieux de l'Olympe.

 

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La rame

 

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La Marne est présentée à la manière d'une nymphe, séduisante et gracieuse.

 

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Élégante à travers la rotation et la position penchée de son corps, elle est accompagnée de deux enfants, génies aquatiques altérés par le temps...

 

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Ce petit génie aquatique joue avec un cygne, hélas abîmé. Le cygne, oiseau qui appartenait au cortège d'Apollon, le dieu des Arts et du Soleil, représentait pour Louis XIV une image d'abondance et de force. Le cygne était aussi associé au dieu nordique Balder, divinité de la jeunesse, de la force et du soleil et à bien d'autres puissances mythologiques mais ceci est une autre histoire... Dans un autre article...

 

Quant au second génie, il tenait une écrevisse, symbole de la Lune, de la fertilité et de l'ambivalence des eaux. Cette partie de l’œuvre n'existe plus.

 

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Cette photo réalisée par Eugène Atget (1857-1927) et conservée au Musée Carnavalet montre l’œuvre dans un bien meilleur état. On aperçoit le majestueux dieu Seine, maître de la rame, emblème de navigation et de la corne d'abondance qui déploie ses trésors ; la Marne, joliment penchée et les deux petits génies. On voit aussi le cygne... Une restauration ne serait vraiment pas de trop !

 

En attendre de poursuivre nos promenades sculptées, je veux vous dire merci, chers Aminautes, pour votre fidélité et vous adresser de belles pensées... Avec mon Amitié !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #crue, #paris, #pont, #saint, #seine

 

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Dame Seine modèle et remodèle le paysage d'Île de France. En cet hiver 2018, j'ai pris grand plaisir à la photographier alors qu'elle charriait, toutes les deux secondes, la taille d'une piscine olympique !

 

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Avant de poursuivre notre promenade au musée Grévin, je voulais partager ces photos avec vous.

 

Avec des pensées pour les personnes rudement touchées par les inondations, la jeune policière de la brigade fluviale de Paris, emportée par les flots au pied de Notre-Dame et les victimes de ces crues dans les différents départements. Bon courage à tous les sinistrés...

 

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Pour répondre aux personnes qui ont gentiment pris de mes nouvelles, mon département : le Val d'Oise est touché mais là où nous nous trouvons nous avons la chance de ne pas être inondés. Nous avons des soucis d'infiltration d'eau et de moisissures dus à un phénomène de capillarité entre les murs de notre vieil immeuble et les sols trempés. Ce n'est pas évident, je galère pour préserver mes livres et mes carnets, je suis obligée de tout emballer dans des boîtes ou des petits sacs étanches et d'entasser comme je peux mais nous n'avons pas à nous plaindre au regard de ce qui arrive à de nombreuses personnes.

 

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 Vue sur le pont au Change très « enfoncé » dans l'eau et sur les sauveteurs sillonnant la Seine. Merci à eux pour leur humanité et leur efficacité !

 

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La crue de 1910 transforma Paris en spectrale Venise. Elle est enracinée dans les mémoires mais Paris connut d'autres inondations tragiques au fil de son histoire et notamment celle de 1658.

 

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A compter du 20 décembre 1657, un froid terrible enveloppe la capitale. Les Parisiens se calfeutrent comme ils le peuvent et brusquement, le 18 février, neige et glace se mettent à fondre. Les températures remontent vite et les habitants de la capitale sont confrontés à une crue de la Seine qui atteint, le 28 février 1658, le terrible record de 8 mètres 81 !

 

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Vue de Grenelle lors de la crue de 1658

 

Les principales rues du Paris d'alors, voies antiques et médiévales majeures, soit les rues Saint Martin, Saint Denis, Saint Antoine…, mais aussi la place de Grève, les Halles jusqu'à l'église Saint-Eustache, l’hôpital des Quinze Vingt, le Cloître des Célestins et différents faubourgs de la rive gauche (Saint Marcel, Saint Victor, le quartier Saint Bernard...), les rues de l’Université, la rue du Bac, le quartier des Jacobins etc... sont inondés. La vie s'organise tant bien que mal et les sinistrés se déplacent sur des petites barques, sortant de leurs habitations par les fenêtres...

 

Le récit d'un chanoine de l’abbaye de Saint Victor, le père de Thoulouse, est édifiant : « Le vendredi après dîner, les religieux se promenaient à pied sec dans les prés. Après les vêpres, la Seine dégorgea par le canal de la rivière de la Bièvre, dont un bras arrose nos prés, et, le lendemain, samedi 23 à 7 heures du matin, les eaux se trouvèrent au haut des degrés par où on accède au pré, sous la bibliothèque. Il fallut employer la matinée à vider la chapelle Notre Dame, et tous les lieux en contrebas où l’eau vint dans l’après midi. Le cellerier, s’en allant, le samedi à la halle, marchait dans l’eau à la barrière des Sergents (située au bas de la montagne Sainte Geneviève) à la place Maubert, et eut beaucoup de peine à gagner la rue des Noyers. Le 27 février, les eaux furent, dans les endroits les plus bas, 5 pouces (0m13) plus haut qu’elles n’avaient paru pendant les années 1649 et 1651. »

 

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Dans la nuit du 1er mars 1658, ce furent deux arches du Pont-Marie, ouvrage reliant la rive droite à l‘île Saint Louis, qui cédèrent entre une et deux heures du matin. Vingt deux habitations furent précipitées dans les flots et le bilan fut terrible : environ soixante morts et de nombreux blessés. Le Pont-Marie fut reconstruit une vingtaine d'années plus tard mais en 1769, en référence à la crue meurtrière de 1658, toute construction de maisons sur les ponts de Paris fut interdite.

 

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Pont-Marie, janvier 2018

 

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Pont-Marie, Été 2017.

 

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Au pied du Pont-Marie, en janvier 2018, là où les Parisiens se prélassent au moment de Paris Plages...

 

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Très éprouvés après la tragédie du Pont-Marie, les Parisiens prièrent avec ferveur Sainte-Geneviève, protectrice de la ville, et voici ce qu'écrivait un Conseiller du Parlement de l'époque : « Dans notre infortune, nous pouvons avouer que notre salut n’est pas dans nos mains. Ces inondations aussi fréquentes que funestes sont des effets de la colère du Ciel. Élevons notre esprit au dessus de nos yeux, et considérons que, regardant toujours la terre pour y trouver un canal, c’est dans le Ciel que le plus efficace se trouve. Le canal dans le Ciel est tout formé, c’est sainte Geneviève qui est le canal divin par lequel Dieu fait découler toutes ses grâces. »

 

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Paris a toujours dû s'adapter au rythme des crues...

 

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Entre 779 et 780, des travaux furent entrepris à l'initiative de l'empereur Charlemagne (vers 742-814) pour tenter d'endiguer le fléau résultant d'inondations répétées mais dans les années qui suivirent, de nombreux champs furent ravagés par la force des eaux. Famine et peste s'installèrent, notamment dans les années 816-817, 819-820, 830-831, 833-834, 841-842, 845-846...

 

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En 886, une crue historique de la Seine suscita la levée du siège de Paris par les Normands.

 

En 1119, la Seine déborda violemment et en mars 1196, elle brisa plusieurs ponts de la capitale. Elle fut également destructrice en 1206, 1219, 1235, 1240, 1242, 1281 et en 1296 où elle anéantit le Petit Châtelet.

 

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Comme je l'ai écrit plus haut, l'année 1658 fut terrible pour les habitants des bords de Seine et le XVIIIe siècle connut un épisode de crue majeure, en 1740, quand la Seine atteignit 7 mètres 90 au pont de la Tournelle.

 

L'année 1802 est soulignée, dans les almanachs et les livres d'histoire, pour la puissance des intempéries observées et en 1876, la pluie tomba en hiver pendant plus d'un mois, de manière ininterrompue. Les habitants d'Alfort durent être évacués par l'armée et jusqu'à la mi-mars, Joinville, Maisons-Alfort, Charenton et les campagnes alentour furent « avalés » par les eaux.

 

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Après la crue centennale de 1910, il y eut des crues dangereuses en 1924 (7,32m), en 1939, en 1945, en 1955 (7,12m) et en 1982 (6,18m).

 

Hormis ces phénomènes, la Seine connaît, de manière régulière, ce qu'on appelle des crues moyennes. Celles-ci se traduisent par la fermeture des voies sur berge quand le niveau d'eau atteint les 3 mètres 30 et la navigation sur le fleuve est interdite à partir de 4,30 mètres.

 

Crue de l'hiver 2018...

 

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Depuis le Pont-Neuf, la vue est impressionnante, le paysage transfiguré. A cet emplacement, se déploie normalement le square du Vert Galant...

 

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Ce petit écrin de verdure est sous les eaux...

 

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Il se love à fleur de Seine, à l'extrémité ouest de l'Île de la Cité. Isolé du tumulte et de l'agitation de la ville, il offre un point de vue remarquable sur le fleuve, le Louvre et plusieurs ponts de Paris. Bordé par de grands arbres (marronniers, érables, noyers...) il se situe à proximité de sites emblématiques de la capitale : place Dauphine, Palais de Justice, cathédrale Notre-Dame, hôtels particuliers de l'Île Saint-Louis etc...

 

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Vous pouvez retrouver l'histoire du Pont-Neuf et celle du square du Vert Galant en cliquant sur ce lien : Les Secrets du Pont-Neuf.

 

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Le square en été...

 

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en cet hiver 2018, comme vous le constatez, il a « disparu »...

 

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Un peu plus loin, les piles du pont des Arts ont fait de même...

 

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D'habitude, c'est ce que l'on voit...

 

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Devant la gare d'Orsay, la passerelle Léopold Sédar-Senghor s'enfonce inexorablement...

 

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Le spectacle fascine...

 

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Fascination certes... Je ne donne pas de leçon, ayant moi-même franchi des barrières installées par la ville pour photographier le square du Vert Galant, mais le danger est bien réel.

 

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Nous suivons l'eau et les Renommées dorées du pont Alexandre III semblent très loin...

 

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Les bateaux mouches restent à quai...

 

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...gardés par le T-Rex du sculpteur Philippe Pasqua.

 

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La Tour Eiffel se dresse toujours comme une « épingle à chapeaux »...

 

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et Octave le Zouave s'interroge... Combien de temps cela va-t-il durer ?

 

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Mon article sur le pont de l'Alma et l'histoire d'Octave

 

Voici ce qui est écrit dans le Parisien du 31 janvier...

 

« Ce mardi, la Seine était à 5,74 m, contre 5,85 lundi. Malgré tout, la Ville guette avec inquiétude les pluies annoncées ce mercredi et jeudi.

 

Les berges restent submergées et les bateaux à l’arrêt. Fermées depuis le 24 janvier, les sept gares parisiennes du RER C ne rouvriront pas avant le 5 février. A l’Hôtel de Ville, Anne Hidalgo a réuni à nouveau ce mardi après-midi la cellule de crise avec les opérateurs concernés (Enedis, GRDF, Eau de Paris, RATP, SNCF…) ainsi que les maires d’arrondissement. La mairie de Paris réitère ses conseils de prudence et de vigilance. »

 

Bon courage à nos amis de Normandie, de Seine-Maritime et des différents départements où les eaux débordent...

 

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Et gros bisous, chers aminautes, en vous remerciant de votre fidélité !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #eau, #ile, #paris, #pont, #seine

 

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Je vous invite sur les bords de Seine, en cet été 2013 où flâner dans la capitale et laisser voguer rêves et pensées au fil de l'eau est particulièrement agréable.

 

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La Seine se déploie, majestueuse, entre les berges bordées de monuments historiques et la treizième édition de Paris Plages nous offre un accès privilégié aux ponts et aux couleurs changeantes du fleuve.

 

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Nous profitons d'une exposition intitulée « Regardez Monsieur Monet comme la Seine a changé! »

 

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Cette exposition dont je vous parlerai en détail à la rentrée est fondée sur la mise en perspective de reproductions d'oeuvres de Claude Monet et de photographies illustrant les changements des bords de Seine depuis un siècle.

 

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La Seine, gigantesque serpent d'eau nourricier aux mémorables « colères », est indissociable de la naissance, de l'expansion et de la prospérité de Paris.

 

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Elle est la voie navigable la plus fréquentée de France et une source d'inspiration pour les artistes depuis des siècles. En pleine Révolution Industrielle, Claude Monet fut un témoin privilégié de ses humeurs et de ses transformations. Il décrivit aussi les promenades au fil de l'eau et les loisirs nautiques prisés par une société en quête de villégiature.

 

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La Seine à Argenteuil, 1875.

 

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Le canal Saint-Martin, le 4 mars 1894.

 

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Autrefois, quand elle n'était pas retenue par de fortes digues, la Seine charriait beaucoup de sable, de grosses pierres, des arbres et différents déchets organiques. Tour à tour placide et tempétueuse, elle formait une myriade de petites îles et de bancs limoneux. Certaines de ces îles, bordées de roseaux et de saules, étaient exploitées au Moyen-âge. Hormis l'île de la Cité et l'île Saint-Louis, constituée de l'île Notre-Dame et de l'île aux Vaches, elles ont aujourd'hui disparu.

 

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Une journée radieuse, le regard suspendu entre le ciel et les moires de l'eau...

 

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avant de contempler les façades de l'Île Saint-Louis, hiératiques derrière les arbres ivres de lumière.

 

L'île est environnée de quatre quais en pierre de taille garnis de beaux et puissants parapets, le quai Bourbon, le quai d'Orléans, le quai de Béthune et le quai d'Anjou. Je publierai bientôt des articles sur le sujet ainsi qu'une abondante bibliographie.

 

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La plupart des hôtels qui dominent l'eau étaient autrefois habités par des magistrats de cours souveraines. Sous les grands ombrages, l'île Saint-Louis nous invite à redécouvrir ses secrets et pour cela, il faut traverser le pont Marie, construit à l'initiative de Christophe Marie, entrepreneur-général des ponts de France. Le roi Louis XIII, alors âgé de treize ans, posa la première pierre de ce pont à cinq arches, le 11 décembre 1614, sous la régence de sa mère Marie de Médicis.

 

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Le pont fut ouvert à la circulation en 1635 et surmonté de cinquante maisons mais, dans la nuit du 1658, une crue de la Seine emporta deux arches et vingt-deux maisons, ce qui coûta la vie à près de soixante personnes. La communication avec l'île ne fut rétablie qu'aux alentours de1660, grâce à un pont de bois.

 

Les deux arches de pierre ne furent reconstruites qu'en 1667 et à partir de 1769, la décision fut prise de démolir les maisons érigées sur les ponts dans la crainte de nouvelles crues.

 

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A travers les arches du pont Marie, on aperçoit le pont Louis-Philippe qui subit de nombreuses modifications après la pose de la première pierre, le 29 juillet 1833. Le pont actuel fut construit entre août 1860 et avril 1862, un peu plus en amont que le précédent ouvrage.

 

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Je vous emmènerai bientôt visiter l'île Saint-Louis, ses quais, ses portes, ses façades remarquables, ses détails d'architecture et ses ornements mystérieux. J'ai collecté de nombreuses photos depuis des années et des centaines de gravures et de plans dans le cadre de mon Doctorat alors je prends le temps nécessaire pour bien partager cette documentation.

 

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L'été, les berges de la Seine deviennent d'agréables lieux de villégiature que se réapproprient les touristes et les franciliens.

 

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Il est bien agréable de pouvoir se promener là où passent habituellement les voitures.

 

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Dans le vent et l'écume, les hommes du fleuve filent à toute allure.

 

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Il est encore tôt, la promenade est à nous!

 

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Ceux qui ont lu mes précédents articles sur Paris Plages savent que j'apprécie tout particulièrement la bibliothèque éphémère Flammarion, située à l'ombre du Pont Marie.

 

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Cette année je me suis installée dans ces drôles de poufs verts, ultra gonflés, hybrides de chamallows et de cocons ventrus...

 

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Une agréable invitation à la sieste et à la lecture.

 

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Ce n'est pas Christophe qui me contredira!

 

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Ou cette dame qui a dévoré son livre tout au long de l'après-midi...

 

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Demoiselle libellule bronze dans la lumière d'or.

 

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Rêveries littéraires dans le doux et mystérieux clapotis de la Seine.

 

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Lors des journées caniculaires de juillet, l'atmosphère très rafraîchissante du jardin des brumes était la bienvenue.

 

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Cette année encore, dans le contexte de Paris Plages, je me suis régalée à cheminer le long de la Seine et à photographier les charmes de la capitale au bord de l'eau.

 

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Tôt le matin, quand les couleurs semblent jaillir de la palette de monsieur Monet...

 

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et quand le soleil descend, aimanté par les scintillements de l'eau. A contrejour, de sombres mystères crépitent dans les profondeurs de la Conciergerie et dans les pierres de Notre-Dame.

 

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Laissons la ville écrasée de chaleur s'endormir doucement... Je vous conterai plus tard l'histoire des lieux, le marchand de sable m'enveloppe de son souffle doré.

 

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La plume fée se pose quelques temps. En attendant de vous retrouver, je vous souhaite un très agréable mois d'août. Je pense bien à vous, merci de votre fidélité!

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #fin, #paris, #plage, #sable, #seine

BLOG EN MODE BUISSONNIER

 

Je vous souhaite un très bel été!

 

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Du samedi 20 juillet au dimanche 18 août, le long des quais de Seine et dans le cadre superbe du bassin de la Villette, les installations de Paris Plages offriront aux promeneurs la possibilité de se réapproprier l'espace urbain, entre rêverie romantique, flânerie culturelle, loisirs et farniente.

 

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N'en déplaise à ses détracteurs, la manifestation, qui connaît un franc succès depuis douze ans, est rythmée par de nombreuses animations sportives et culturelles gratuites: bibliothèque éphémère Flammarion, terrains de pétanque et de beach-volley, espace baby foot, ateliers d'art plastique, cours de taï-chi, d'escrime et de fitness, séances de danse de salon, loisirs nautiques (…) et possibilité de se dorer au soleil sur la plage bordée par de grandes vagues de bois.

 

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L'affiche de Paris Plages 2013 est signée Kiraz, de son vrai nom Edmond Kirazian. Ce dessinateur de presse est célèbre pour ses Parisiennes au charme désinvolte et malicieux qui ont fait l'objet d'une exposition, en 2008, au Musée Carnavalet.

 

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A Paris Plages, chacun trouve aisément son espace. Il y a ceux qui apprécient de se « regrouper » et ceux qui comme moi préfèrent se mettre un peu en retrait de la foule. J'aime y écrire en plein air, installée sous un parasol, à proximité d'un glacier, emplacement hautement stratégique!

 

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Une jolie sirène veille sur la plage aux enfants. Certains d'entre vous l'ont vue l'année dernière mais elle méritait bien d'être à nouveau contemplée.

 

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Touristes et franciliens sont conquis par ces espaces ombragés.

 

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Paris en mode apaisé...

 

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Palmiers sur Seine

 

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Les amateurs de vieilles pierres sont ravis de contempler de plus près la superbe Conciergerie récemment restaurée...

 

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et de saluer les mascarons du Pont-Neuf aux trognes irrésistibles!

 

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Les secrets du Pont-Neuf.

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Tôt le matin, avant que la foule ne vienne investir la promenade, l'air est particulièrement agréable.

 

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Pour répondre aux interrogations d'une lectrice qui s'inquiétait l'été dernier, aucune voiture ne passe en ces lieux. Les piétons musardent là où les véhicules se suivent habituellement, pare-choc contre pare-choc. C'est ce qui suscite la colère d'un certain nombre de gens qui préfèrent que la ville soit constamment polluée par les voitures et qui refusent de se « commettre », avec le commun des mortels, dans les transports urbains!!!

 

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Programme des festivités

 

Le Festival Fnac Live se déroulera, du 18 juillet au 21 juillet, sur le parvis de l’Hôtel de Ville. Plus d’une trentaine d’artistes (comme Olivia Ruiz, Jacques Higelin, Granville, Alex Beaupain...) seront au rendez-vous. Des concerts plus intimistes auront lieu, pour la première fois, dans le salon des Arcades de l'ancienne Maison aux Piliers.

 

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Tous les vendredis et samedis, du 26 juillet au 18 août, huit spectacles live (concerts, opéra, danse…) seront retransmis sur un écran géant installé sur le parvis de l’Hôtel de Ville.

 

A la Rotonde du bassin de la Villette, la Fédération française du sport automobile proposera aux enfants un circuit de kart électrique. Une tyrolienne reliera les deux rives du bassin. Les visiteurs les plus zélés trouveront aussi 45 embarcations, « des plus classiques aux plus insolites », destinées à leur faire vivre d'inoubliables sensations nautiques. Les manèges, les pédalos et les sphères flottantes seront nombreux sans oublier les pièces de théâtre et le cinéma en plein air.

 

A la Base Nautique, reviendra le Dragon Boat, grand canoë avec une tête de dragon en guise de proue.

 

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Atmosphères de Paris Plages

 Je publie dans ce chapitre des parties de mon article de l'année dernière, intitulé Sous le soleil de Paris Plages, et j'y ajoute de nouvelles photos.

 

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Pendant que butinent les abeilles de Paris, on choisit un transat ou un pouf confortable aux couleurs anisées et on s'installe près de la Bibliothèque éphémère Flammarion où, moyennant le prêt de sa pièce d'identité, on peut emprunter gratuitement des livres et des bandes dessinées.

 

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Un de mes endroits favoris.

 

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A tout âge, on rêve devant les châteaux de sable...

 

Les établissements Lafarge sont l'un des sponsors de la manifestation. Ils sont responsables de l'extraction et de l'acheminement du sable de Paris Plages.

 

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Ce sable alluvionnaire, doux et particulièrement fin, vient de la carrière de Bernières-sur-Seine, dans l'Eure. Son gisement date du Quaternaire (entre 100000 et 800000 ans avant J.-C.) et se situe dans le lit d’un ancien méandre de la Seine.

 

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Roulé par les courants du fleuve, le sable s’est déposé, au fil du temps, sur les terres normandes, près des Andelys. Il est exploité à partir du sous-sol des anciennes boucles de la Seine.

 

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J'ai photographié l'installation de la « plage » parisienne. De grandes barges, actionnées par un pousseur, remontent la Seine jusqu'à Paris sur près de 180 kilomètres.

 

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Le fleuve est un moyen de transport écologique. Six barges fluviales sont capables d'acheminer le contenu de 250 camions!

 

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Pendant toute la saison de Paris Plages, le sable subit des analyses régulières, un entretien et un nettoyage rigoureux. Il est ratissé chaque soir et passé à la vapeur d'eau tous les deux jours. A la fin de l'évènement, il est récupéré, traité, désinfecté et recyclé dans les jardins, les bacs à sable, les hippodromes, les manèges à chevaux et les équipements sportifs de la ville.

 

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Ce sable aux grains très fins est apprécié par les artistes.

 

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Je ne vous avais pas montré cette création, photographiée à la fin de la saison 2012.

 

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Vous aviez été nombreux à apprécier Minnie, Mickey et le château de la Belle au bois dormant, au cours de l'été 2011.

 

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En 2011, l'été était pluvieux mais les promeneurs étaient tout de même au rendez-vous.

 

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Dès que le soleil devient trop ardent, on se rafraîchit dans la douce vapeur aquatique du jardin des brumes et on s'hydrate grâce aux fontaines installées le long du parcours.

 

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Le service public « Eau de Paris » met à la disposition des visiteurs deux machines à gazéifier et un stand d’eau fraîche avec distribution gratuite de sirop, tous les jours de 16h à 19h. Malgré l'affluence, chacun est servi dans une ambiance sympathique et de nombreuses fontaines émaillent le parcours.

 

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Outre les activités proposées, l'occasion est bien trop belle de profiter des berges de la Seine vierges de tout véhicule à moteur et de contempler, d'une autre manière, la superbe architecture des ponts de Paris.

 

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Je vous souhaite de profiter de l'été qui resplendit et je vous dis « à très bientôt ». Ma plume et mon APN sont en goguette...

 Merci de votre fidélité, amicales pensées!

 Cendrine

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #paris, #plage, #pont, #seine, #sous

 

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Un franc soleil règne sur la capitale. Les mascarons du Pont-Neuf contemplent la Seine miroitante et je musarde, en délicieuse compagnie, sous les palmiers de Paris Plages...

 

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Du 20 juillet au 19 août 2012, de 8h00 à Minuit, les quais de Paris se transforment en lieux de villégiature estivale et de nombreuses activités gratuites sont au programme.

 

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La 11ème édition de Paris Plages est un peu particulière en raison du chantier qui occupe une partie de la voie Georges-Pompidou. La manifestation se concentre entre le quai des Tuileries et le Pont d'Arcole et plusieurs attractions se déroulent au Bassin de la Villette.

 

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Dans un décor ourlé de grandes vagues de bois, jaillit une forêt de parasols et d'oriflammes.

 

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Il est encore tôt mais dans une heure tout au plus les transats, les chaises et les confortables poufs et coussins aux couleurs anisées seront pris d'assaut.

 

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En attendant, l'occasion est bien trop belle de profiter des berges de la Seine vierges de tout véhicule à moteur et de contempler, d'une autre manière, l'architecture des ponts de Paris.

 

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Quand le soleil sera à son zénith, le jardin des brumes deviendra le refuge d'une foule ravie de se réapproprier l'espace urbain, de si agréable façon.

 

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Paris Plages, c'est aussi Paris verdure et Paris culture. Nous nous installons près de ce pot géant, à côté de la Bibliothèque éphémère Flammarion qui propose, chaque jour, un choix de trois cents ouvrages. De 11 heures à 19 heures, quai de la Mégisserie, il suffit de laisser sa pièce d'identité pour emprunter les livres désirés.

 

Les promeneurs sont séduits par un généreux florilège d'activités: cours de Taï Chi, de danse de salon, chasse aux trésors, Ludo Plage pour les enfants de 3 à 6 ans, boulodrome, espace baby foot, ateliers éducatifs, lecture...

 

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Le service public « Eau de Paris » met à la disposition des visiteurs deux machines à gazéifier et un stand d’eau fraîche avec distribution gratuite de sirop, tous les jours de 16h à 19h. Malgré l'affluence, chacun est servi dans une ambiance sympathique. Des fontaines réparties sur la longueur du parcours permettent également de s'hydrater.

 

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En cas de fortes chaleurs, cette douche insolite permet de se rafraîchir de pied en cap!

 

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Les établissements Lafarge sont l'un des sponsors de la manifestation. Ils sont responsables de l'extraction et de l'acheminement du sable de Paris Plages.

 

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Ce sable alluvionnaire, doux et particulièrement fin, vient de la carrière de Bernières-sur-Seine, dans l'Eure. Son gisement date du Quaternaire (entre 100000 et 800000 ans avant J.-C.) et se situe dans le lit d’un ancien méandre de la Seine.

 

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Roulé par les courants du fleuve, le sable s’est déposé, au fil du temps, sur les terres normandes, près des Andelys. Il est exploité à partir du sous-sol des anciennes boucles de la Seine.

 

Quelques jours avant que ce château soit érigé, j'ai photographié l'installation de la « plage » parisienne.

 

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De grandes barges, actionnées pas un pousseur, remontent la Seine jusqu'à Paris sur près de 180 kilomètres.

 

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Le fleuve est un moyen de transport écologique. Six barges fluviales sont capables d'acheminer le contenu de 250 camions!

 

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Pendant toute la saison de Paris Plages, le sable subit des analyses régulières, un entretien et un nettoyage rigoureux. A la fin de l’évènement, il est récupéré, traité, désinfecté et recyclé dans les jardins, les bacs à sable, les hippodromes, les manèges à chevaux et les équipements sportifs de la ville.

 

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Au cours de l'édition 2011, ce sable aux grains si fins a servi à réaliser le château de la Belle au bois dormant et les adorables Minnie et Mickey.

 

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D'un château à un autre...

 

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Un an plus tard, devant la bibliothèque éphémère, je profite d'une vue imprenable sur la Conciergerie tout juste restaurée. Ce vestige de l'ancien Palais de la Cité a des allures de château féerique mais l'Histoire y a semé son lot de tragédies...

 

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Les tours en poivrière qui rythment la majestueuse façade ont retrouvé depuis peu leur éclat. Les tours jumelles datent du règne de Philippe le Bel (1268-1314) qui fit remodeler et agrandir le palais. La Tour de César, à gauche, fait référence à la présence romaine dans l'Île de la Cité et la Tour d'Argent, à droite, garde le souvenir du trésor royal.

 

La tour isolée ou Tour Bonbec est la plus ancienne de l'édifice. Ses soubassements datent du règne de Saint-Louis (1214-1270) mais elle fut surhaussée au XVIe siècle et coiffée de sa tourelle conique. Elle abritait la sinistre salle où était pratiquée la question.

 

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A l'angle nord-est du palais, se dresse la Tour de l'Horloge, tour de guet rectangulaire au clocheton fin et scintillant. Je vous conterai bientôt son histoire et celle de la magnifique horloge qu'elle abrite...

 

Grâce à l'ouverture des voies sur berge, nous bénéficions d'un panorama exceptionnel sur l'Île de la Cité. Appuyée contre la balustrade, je savoure la subtile palette des couleurs et la beauté porcelainée du ciel.

 

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Les arches gracieuses du Pont au Change chevauchent la Seine, au pied de la Conciergerie, entre la rive droite et l'Île de la Cité.

 

Initialement, un pont fut construit, au IXe siècle, sur le grand bras du fleuve. Ce Grand Pont devint Pont au Change en raison des boutiques de courtiers de change, d'orfèvres et de joailliers qui y étaient installées. Détruit par un incendie en 1621, l'ouvrage fut reconstruit entre 1639 et 1647. Le nouveau pont en maçonnerie, qui comportait sept arches, était alors le plus large de Paris. Il subit des réparations en 1740 mais les maisons qu'il supportait étaient si imposantes et serrées les unes contre les autres qu'elles furent rasées en 1786. On imagine à loisir combien le paysage était différent...

 

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Le pont actuel fut construit, entre 1858 et 1860, sous le règne de Napoléon III et décoré de l'insigne impérial. Le Pont Saint-Michel fut reconstruit à la même époque et sur un modèle identique. Il se situe, dans l'alignement du Pont au Change, entre l'Île de la Cité et la rive gauche de la Seine.

 

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A l'occasion de Paris Plages, les abords du pont se transforment en île aux trésors.

 

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L'imagination s'anime auprès du bateau pirate et de la jolie sirène qui garde ses secrets. Cette plage artificielle dans un lieu insolite rencontre un vif succès, je peux vous l'assurer!

 

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J'aime cheminer sous les arches des ponts. Entre les piles profondes, les remous de l'eau sont électriques et l'écume danse sous les étraves des bateaux. Gorgées de lumière, les algues lèchent les vieux quais.

 

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Alors que j'approche du Pont Notre-Dame, une étrange voix frissonne dans la pierre. A travers le joyeux brouhaha environnant, elle chuchote les splendeurs et les outrages du temps.

 

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Cet ouvrage composite traverse le grand bras de la Seine, entre le quai de Gesvres et le quai de la Corse, sur l'Île de la Cité. Il se dresse, depuis 1853, à l'emplacement d'un des premiers ponts antiques de Paris. Entre 1910 et 1914, ses cinq arches furent réduites à trois et depuis, son arche centrale métallique dessine un bel arc étiré.

 

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Ce mascaron, sculpté sous le Second Empire, décore l'une des arches primitives. Dieu du fleuve nourricier, il sourit aux promeneurs qui découvrent ou redécouvrent ce patrimoine luxuriant.

 

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Bleu des oriflammes qui dansent dans l'air facétieux, bleu du ciel peuplé de nuages moutonnants, encre féerique de l'eau... les couleurs s'entrelacent et composent un magnifique tableau. On aperçoit le dôme du Tribunal de Commerce qui domine l'une des arches de pierre du Pont Notre-Dame, la pointe de la flèche de la Sainte-Chapelle, les tours de la Conciergerie et l'élégante silhouette du Pont au Change.

 

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Les nuages déferlent, le vent souffle des rumeurs de tempête mais le soleil va vite reprendre l'ascendant. Les ponts qui s'enchaînent dessinent un subtil réseau de veines irriguant le coeur flamboyant de la Cité.

 

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Je m'arrête un instant pour contempler le feuillage jade sombre de ce palmier, amusante incongruité dans l'architecture parisienne...

 

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… et me voici revenue vers le Pont-Neuf qui m'a déjà inspiré un article que vous pouvez retrouver en passant par le lien suivant: Les secrets du Pont-Neuf.

 

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Depuis la création de Paris Plages, j'y suis allée chaque année et j'ai vu croître l'engouement pour cette manifestation bon enfant, originellement destinée à accueillir ceux qui ne partaient pas en vacances.

 

Je déplore que des langues de vipère traitent les promeneurs de Paris Plages de « parasites » et les accusent, depuis une décennie, de « vampiriser les impôts des honnêtes gens ». Certains ont prétendu que des virus et des « maladies honteuses » sévissaient dans ce qu'ils qualifient de « sanicrotte géant ». J'ai donc résisté à onze étés de flâneries gourmandes et culturelles dans un pareil endroit!!!

 

Même s'il ne s'agit pas d'une vraie plage, l'opportunité de se détendre, de pique-niquer et de jouir du spectacle des ponts de Paris sous un angle différent séduit un public varié. Quant à la joie des enfants, elle est communicative!

 

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Notre promenade s'achève face au Pont des Arts et à l'Institut de France mais avant de clore cet article, je voudrais vous montrer un de mes lieux préférés. On n'y accède pas cette année à cause des travaux en cours sur la voie Georges-Pompidou.

 

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A l'ombre des piles du Pont Marie, j'ai tissé de bien agréables souvenirs. La vue est peut-être moins spectaculaire qu'ailleurs mais le calme ambiant formait un contraste bienvenu avec la joyeuse agitation ambiante. Lors des précédentes éditions de Paris Plages, la Bibliothèque éphémère Flammarion se situait à côté.

 

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Les solitaires, les rêveurs et les gourmands de lecture aiment cet endroit... J'y ai laissé naviguer mes pensées à fleur d'eau...

 

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J'ai cependant bien apprécié mes visites à Paris Plages en cet été 2012 et j'ai l'intention d'y retourner avant la fin de l’évènement.

 

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Je suis ravie de vous retrouver et je vous remercie pour les gentils messages que vous avez déposés sur mon blog pendant cette pause estivale!

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #carrousel, #fut, #paris, #pont, #seine

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Ce vaste ouvrage, dont l'architecture unit classicisme et modernité, chevauche les eaux changeantes de la Seine, entre le Quai Voltaire et les Guichets du Louvre. Appelé autrefois Pont des Saints Pères, il fut initialement construit dans le prolongement de la rue des Saints Pères, ancienne rue Saint-Pierre, située à la frontière des 6e et 7e arrondissements de Paris.

 

 

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Vue sur le Quai Voltaire avec la coupole de l'Institut de France, à l'arrière-plan.

 

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La même vue sur ce cliché de 1946, trouvé sur le site de la Médiathèque de l'architecture et du patrimoine.

 

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Vue sur les majestueux Guichets du Louvre qui feront l'objet de mon prochain article.

 

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Avant la création du Pont du Carrousel, les marchandises et les matériaux ne pouvaient pas franchir la Seine dans « l'espace » contenu entre le Pont-Neuf et le Pont Royal. Quant au Pont des Arts, édifié en 1804 sur l'initiative de Napoléon Ier, il était réservé aux seuls piétons.

 

Le roi Louis Philippe fut le commanditaire d'un premier pont, voie neuve commerciale élaborée par Antoine-Rémy Polonceau (1778-1847), un ingénieur épris de modernité qui travaillait comme inspecteur divisionnaire aux Ponts et Chaussées. L'ouvrage, baptisé Pont du Carrousel, fut inauguré le 30 octobre 1834.

 

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La tendance de l'époque était aux ponts suspendus mais, entre 1831 et 1834, Polonceau conçut un pont en arc doté d'une audacieuse structure en fonte et en bois. Plusieurs de ses contemporains se déchaînèrent aussitôt contre « l'ingénieuse merveille », critiquant son étrange esthétique et lui reprochant d'être incompatible avec le passage des péniches.

 

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Le Pont du Carrousel, en 1839, dans le Guide pittoresque du Voyageur en France.

 

Les cercles de fer qui décoraient les rambardes et les arcatures du pont reçurent le sobriquet de « ronds de serviette » et l'ouvrage fut ironiquement appelé « hôtel des courants d'air ».

 

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Le Pont du Carrousel dans le Paris Illustré.

 

Il fut ouvert à la circulation en 1835 et en 1847, des statues monumentales signées Louis-Messidor Petitot furent installées à chacune de ses extrémités. Ces allégories de la Ville de Paris, de la Seine, de l'Abondance et de l'Industrie constituent le décor de l'ouvrage actuel.

 

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Les quatre anciens piédestaux étaient en fonte, peints à l'imitation de la pierre. Ils accueillaient les bureaux des percepteurs du droit de péage.

 

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Le Pont du Carrousel vu du Pont Royal, vers 1859, sublime épreuve sur papier albuminé de Gustave Le Gray(1820-1884).

 

La circulation augmentant sous le Second Empire, le Baron Haussmann envisagea de faire élargir l'ouvrage mais le projet fut abandonné à cause du conflit franco-prussien de 1870. En 1883, on remplaça une partie des poutres et des traverses du tablier et en 1906, les éléments en bois disparurent au profit du fer martelé.

 

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En 1896, l'architecte Édouard Bérard (1843-1912) conçut un projet de pont triomphal sur la Seine, face aux Guichets du Carrousel, dans la perspective de l'Exposition Universelle de 1900. Il proposa d'utiliser du ciment armé pour la structure et du plomb et du cuivre pour le décor. Il imagina deux statues monumentales et une proue de navire géante pour symboliser la ville de Paris.

 

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L'esquisse du projet, trouvée sur le site du Musée d'Orsay.

 

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Entre 1935 et 1939, le pont fut entièrement reconstruit, quelques dizaines de mètres en aval, d'après les plans des ingénieurs Henri Lang, Jacques Morane et Henri Malet.

 

 

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Cette merveille de technicité, constituée de trois arches en béton armé, fut insérée dans un revêtement en pierre de taille pour se fondre dans le décor majestueux du Louvre et des quais de la Seine. Sa longueur est de 168 mètres pour une largeur de 33 mètres.

 

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Pénétrer dans ses profondeurs est un mystérieux voyage, rythmé par les chuchotements de l'eau.

 

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La reconstruction du Pont du Carrousel, 1936, par Jean Texcier(1888-1957).

 

Ce tableau, conservé au musée Carnavalet, décrit l'importance des travaux effectués et la puissance des infrastructures déployées pour la circonstance. Les berges de la Seine furent réaménagées et les ports du Louvre et des Saints-Pères disparurent au profit d'un mode de vie plus industrialisé.

 

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Quand les Ponts et Chaussées sollicitèrent le sculpteur ferronnier Raymond Subes (1893-1970) pour l'éclairage des lieux, celui-ci se heurta à plusieurs contraintes. A cause de la proximité du Louvre, les lampadaires ne devaient pas paraître trop « modernes » ni s'élever à plus de 13 mètres (la hauteur des toitures du palais). Il fallait aussi que la portée des lumières soit de 20 mètres.

 

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Il conçut alors un ingénieux dispositif composé d'obélisques télescopiques atteignant 12 mètres de hauteur le jour et 22 mètres la nuit. Ils ont été hors service pendant de longues années mais la Ville les a fait restaurer dans le cadre des illuminations liées au passage à l’an 2000.

 

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L'ossature d’acier fut recouverte d’une tôle de cuivre repoussé et le mécanisme originel remplacé par un système de treuil automatisé, permettant à ces insolites pylônes-candélabres de retrouver leur fonction initiale, pour un coût de 6,8 millions de francs...

 

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En 1940, comme tous les stocks de cuivre devaient être répertoriés par l'administration d'Occupation, Raymond Subes dissimula les lampadaires dans les souterrains du pont et poursuivit son travail en secret. Il les restaura après la Libération et les fit installer, en 1946, aux extrémités du monument, sur les plans de l'architecte Gustave Umdenstock.

 

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Depuis plusieurs décennies, la silhouette Art Déco de ces étonnantes vigies crée une animation singulière et colorée dans le paysage.

 

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Les statues qui décoraient l'ancien pont du Carrousel ont été installées aux angles de l'ouvrage moderne. Elles sont l'oeuvre du sculpteur Louis-Messidor Petitot (1794-1862) qui fut l'élève et le collaborateur du maître Pierre Cartellier (1757-1831).

 

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La Ville de Paris, sur la rive gauche, en amont du fleuve.

 

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Gardienne intemporelle des secrets de l'eau, elle arbore, majestueuse, un sceptre et une couronne à créneaux.

 

Il existe une parenté stylistique entre les allégories du Pont du Carrousel et les statues monumentales des grandes villes de France, sculptées vers 1838, pour la Place de la Concorde. Deux d'entre elles, Lyon et Marseille, sont nées sous le ciseau de Louis Petitot.

 

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La ville de Marseille

 

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La ville de Lyon

 

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La Seine, sur la rive gauche, en aval du fleuve.

 

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Couronnée de palmes et parée de bijoux, elle tient une amphore d'où s'échappe l'eau nourricière, substance vitale de Paris.

 

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L'Abondance, sur la rive droite, en aval de la Seine.

 

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Ses attributs évoquent la prospérité (corne d'abondance, coffret à bijoux) et la prédominance des arts dans la capitale (lyre, couronne...).

 

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Dans la mythologie grecque, la corne d'abondance (cornucopia) ornait le front de la chèvre Amalthée, la nourrice du roi des dieux. Mais d'après certaines légendes, le puissant Hercule ôta une corne au dieu fleuve Achéloos, métamorphosé en taureau et les Nymphes transformèrent cette corne mâle de fécondité en corne d'abondance.

 

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Merci au site de numismatique en ligne sacra-moneta.com pour ces photos de monnaies anciennes.

 

Conque magique, elle est une source inépuisable de richesse, de nourriture et de bienfaits, attribut de Ploutos, le dieu grec de l'abondance et de la Terre Mère sous ses multiples appellations: Gaïa, Tellus, Épona, Fortuna...

 

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L'Abondance, en contrejour, dans ses atours de nuages...

 

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Et sur cette photo de 1940, signée Noël Le Boyer. (Médiathèque de l'architecture et du patrimoine).

 

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L'Industrie, sur la rive droite, en amont de la Seine. La statue revêt les attributs du dieu Mercure: le caducée dans la main droite et le chapeau ailé ou pétase.

 

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Le caducée n'est pas seulement l'emblème de la médecine, il est aussi celui du commerce et il symbolise la force, l'abondance et la prospérité.

 

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La statue tient dans la main gauche un marteau, symbole de l'Industrie et attribut d'Héphaïstos, le dieu grec du feu et de la forge.

 

Appelé Vulcain par les Romains, Héphaïstos était le maître du feu souterrain, des volcans et de la métallurgie. Il forgea les armes des dieux de l'Olympe et leur érigea des palais somptueux. Il fabriqua des armures pour les humains et leur enseigna l'art de travailler le métal. Dieu artisan, démiurge et initiateur, il régnait, d'après certaines traditions, sur les Mystères des Cabires, divinités intermédiaires entre les esprits de la terre et du feu.

 

 

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L'Industrie, photographiée par Charles Marville(1813-1879) en 1852. (The Metropolitan Museum of Art). On aperçoit le petit bureau où l'on devait s'acquitter du droit de péage.

 

 

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Le programme iconographique du Pont du Carrousel exalte la puissance économique de la ville (Abondance et Industrie) et le caractère public de la réalisation (allégories de la Seine et de Paris) mais le monument se réfère aussi à la grandeur passée.

 

Les carrousels étaient des spectacles militaires équestres, originaires d'Italie, qui remplacèrent les tournois interdits en France après la disparition tragique d’Henri II.

 

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Le roi, époux de Catherine de Médicis, fut mortellement blessé le 10 juillet 1559, lors d'une joute l'opposant au comte Gabriel de Montgomery.

 

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La Place du Carrousel s'étend à l'ouest du Palais du Louvre. Elle préserve le souvenir du carrousel donné par Louis XIV, les 5, 6 et 7 juin 1662, pour célébrer la naissance du Dauphin.

 

Le mot «carrousel» fut apporté d’Italie par les armées de Charles VIII. Il dérive du latin carrus sol et de l'italien carozela qui signifie «char du soleil».

 

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Cette huile sur toile, réalisée vers 1670 d'après une gravure d'Israël Silvestre (1621-1691) entra, en 1836, dans les collections du château de Versailles.

 

Un luxueux ouvrage consacré à cet opéra équestre parut en 1670. Trente sept gravures d’Israël Silvestre et de François Chauveau illustrent les textes de Charles Perrault.

 

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(BNF, Estampes et Photographie, RES PD-10B, Folio 25V-Folio 26.)

 

Le carrousel des 5, 6 et 7 juin 1662 se déroula dans ce qu'on appelait à l'époque les jardins de la Grande Mademoiselle, devant 15000 personnes installées dans un amphithéâtre en bois. Une tribune monumentale fut dressée devant le pavillon central du palais des Tuileries, destinée à la reine mère Anne d’Autriche, à la reine Marie-Thérèse et aux dames de la cour. Les participants (au nombre de 1299) se divisèrent en cinq quadrilles portant les noms de puissantes nations. Le décorateur Henri de Gissey (1621-1673) réalisa pour l'occasion de nombreux costumes d'apparat.

 

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Louis XIV, vêtu en empereur de Rome et paré d'attributs solaires, menant les cavaliers Romains.

 

Son écu arborait un soleil resplendissant dont l'éclat somptuaire dissipait les ténèbres.

 

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Les Perses furent guidés par Monsieur, frère du Roi.

 

Monsieur exhibait un bouclier décoré d'une lune et de la devise « Uno sole minor », ce qui signifie «Seul le soleil est plus grand que moi».

 

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Les Turcs, conduits par le prince de Condé.

 

Le prince arborait un croissant orné de la devise « Crescit ut ascipitur », soit «Il augmente selon qu’il est regardé».

 

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Le duc d’Enghien dirigeant les Indiens.

 

Le duc portait pour emblème une planète frappée des mots « Magno de lumine lumen », soit: «Lumière qui vient d’une plus grande»…

 

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Le duc de Guise, costumé en Roi d'Amérique.

 

Les cavaliers s’affrontèrent dans des courses de bagues et de têtes, mêlant jeux de précision et simulacres de combat.

 

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Il s'agissait de saisir une bague, en plein galop, avec la pointe d'une lance et d'atteindre, avec une épée ou une lance, des têtes en papier mâché ou figurées sur une plaque de bois. Ces têtes de turc, de maure ou de Méduse cédaient parfois la place à un faquin, mannequin en paille anthropomorphe. La course de têtes fut remportée par le marquis de Bellefonds, futur Maréchal de France et la course de bagues, par le comte de Sault, héritier de la puissante lignée des Lesdiguières, Pairs de France. Le mot « pair » désignait les vassaux les plus importants du roi de France. Étymologiquement, le mot signifie « égal » du roi.

 

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En cheminant sur les berges du fleuve, je songe à ce ballet équestre, joute de fantaisie d'une ampleur exceptionnelle, qui détermina le choix du nom de l'ouvrage et vit s'affirmer le mythe solaire de Louis XIV.

 

Autrefois, le Pont du Carrousel était désigné de trois façons par les Parisiens. Ils l'appelaient indifféremment Pont du Louvre, Pont des Saints-Pères et Pont du Carrousel mais en 1905, alors que s'affrontaient les partisans de la laïcité et les inconditionnels de l'église catholique, certains se mobilisèrent contre le nom "Saints-Pères". Le Conseil Municipal prit alors la décision, en 1906, de lui attribuer le patronyme de Pont du Carrousel.

 

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Vue sur le Pont Royal et la Gare d'Orsay, à quelques encablures réelles et imaginaires...

 

Aimé des promeneurs et des artistes mais moins fréquenté que le Pont des Arts, le Pont du Carrousel offre une gracieuse perspective sur les bords de Seine.

 

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L'eau y affleure avec sérénité mais ses pierres gardent en mémoire le souvenir d'un sinistre évènement. Le 1er mai 1995, trois manifestants issus du cortège du Front National, ont poussé dans la Seine Brahim Bouarram qui s'est noyé à la verticale du pont.

 

Le principal accusé a été condamné, le 15 mai 1998, à huit ans de prison ferme, par la Cour d'assises de Paris et le 1er mai 2003, le maire de Paris a célébré la mémoire du disparu par la pose d'une plaque commémorative.

 

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Une cérémonie est organisée depuis, chaque année, là où le drame s'est déroulé.

 

Le Pont du Carrousel dans les Arts

 

Les ponts de Paris, les quais et les berges de la Seine ont profondément stimulé l'inspiration des artistes. A travers un florilège d'oeuvres et de sensibilités, le Pont du Carrousel dévoile sa silhouette évolutive, ses beautés classiques et contemporaines, et nous invite à voyager au fil du temps.

 

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Chaland chargé de barils devant le Pont du Carrousel, 1841, par François-Marius Granet(1775-1849).

 

Dans ce paysage hivernal, surgit la silhouette fantomatique du pont qui domine la Seine gelée et se fait absorber par un épais brouillard. L'oeuvre suscite une mystérieuse impression, comme si les structures de la modernité se délitaient irrémédiablement face aux puissances de la Nature.

 

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Le Pont du Carrousel, 1879, par Edmond Yarz (1846-1920).

 

Plusieurs oeuvres de cet artiste décorent la Salle des Illustres du Capitole de Toulouse, sa ville natale.

 

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Le Pont du Carrousel, 1886, par Vincent Van Gogh(1853-1890).

 

Le pont fut l'un des thèmes privilégiés de l'artiste, émanation de ses recherches sur les vibrations de l'atmosphère et la poétique des éléments. Force réelle autant que mystique unissant les éléments du paysage, le pont symbolise la communication mais aussi le passage entre les âges de la vie. Cette toile est caractéristique de l'époque où Vincent rejoignit son frère Théo, galeriste à Montmartre et où il enrichit sa vision de l'art par l'exploration des techniques impressionnistes et néo-impressionnistes.

 

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Le Louvre et le Pont du Carrousel, Effet de Nuit, 1890, par Maximilien Luce(1858-1941), peintre néo-impressionniste.

 

Sa touche est représentative de la technique du pointillisme, développée par Georges Seuratet Paul Signac.Elle consiste à juxtaposer des petites touches de couleurs primaires (rouge, bleu, jaune) et complémentaires (orange, violet, vert). Le regard recrée alors une alchimie subtile entre les couleurs secondaires, les ombres miroitantes et la lumière. L'artiste nous offre ici un spectacle nocturne de pure beauté, à fleur de Seine et de ciel.

 

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Vers 1903, Pierre Bonnard (1867-1947) nous livre sa vision des lieux dans cette toile intitulée Sur le Pont du Carrousel et conservée au Los Angeles County Museum of Art.

 

L'artiste adorait saisir le spectacle des espaces urbains et décrire, avec une palette toute en légèreté, la vie de leurs habitants, absorbés dans leurs rêveries ou leurs activités quotidiennes, délicatement sublimées. Son oeuvre, empreinte de recueillement et de spiritualité, est représentative de l'art des Nabis, mouvement anti-académique né vers 1888 et préfigurant les recherches et les codes picturaux de l'Art Nouveau.

 

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En 1907, Edward Hopper (1882-1967) peignit le Pont du Carrousel dans le brouillard. Le « peintre de l'Amérique profonde » fut séduit par ce pont qui exprimait la puissance industrielle de son époque et les angoisses d'un monde en pleine mutation.

 

De par sa position géographique privilégiée, le pont du Carrousel a « envoûté » de nombreux artistes. Le romancier Henry Miller (1891-1980) adorait y flâner, à l'orée de ses pages d'écriture. Anatole France (1844-1924) appréciait tout particulièrement les statues de Louis Petitot. Le pont apparaît dans une poésie de Rainer Maria Rilke (1875-1926) et dans les Chants de Maldoror du Comte de Lautréamont (1846-1870)...

 

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En 1890, dans cet autoportrait-paysage intitulé Moi-même,le Douanier Rousseau (1844-1910) se représenta, avec son habituelle originalité, devant le pont du Carrousel. Les éléments de la composition (bateau au mât décoré de petits drapeaux, montgolfière, cheminées des bâtiments en arrière-plan, Tour Eiffel que l'on devine en filigrane, couple miniature au bord de l'eau) façonnent un univers empreint de féerie et d'élégante modernité.

 

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La Senna, al mattino, da Pont du Carrousel, une oeuvre de l'artiste contemporain Paolo Frongia.

 

Le 24 janvier 2012, Juliette Gréco a offert à son public un album intitulé Ça se traverse et c'est beau. Elle y évoque, avec éclectisme et limpidité, les ponts de Paris, le temps qui s'écoule et la Seine au gré de ses métamorphoses. Elle s'est entourée pour l'occasion de nombreux artistes: Marc Lavoine, Mélody Gardot, Abd al Malik, Amélie Nothomb, Philippe Sollers... Cette ode aux cycles de la vie, aux émotions et aux Belles-Lettres sonne comme une croisière musicale, prélude à de fascinantes traversées...

 

« Rue des Saints-Pères jusqu'à la Seine

Le Pont du Carrousel serait un détour

Rendez-vous Cour Carrée avec mon amour

Dans deux minutes. Il faudrait que j'y coure

Le long du quai Malaquais jusqu'au Pont des Arts

En deux minutes, c'est impossible. Je serai en retard

Juliette est une diva, Juliette n'attendra pas

il manque un pont à Paris. Le Pont Oblique,

Qui relie la Cour Carrée à la rue des Saints-Pères.

Pourquoi Diable aurait-on inventé la Seine,

Si ce n'est pour qu'elle coule sous des ponts ? » (Amélie Nothomb).

 

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Sources et Bibliographie

 

Corinne DOUCET: Les académies d'art équestre dans la France d'Ancien Régime. 2007.

 

Henry-Louis DUBLY: Les ponts de Paris. Paris: Veyrier, 1973.

 

Charles DUPLOMB: Histoire générale des ponts de Paris. Paris, 1911.

 

R. FILIPPI: Le nouveau pont du Carrousel, à Paris, dans "La Technique des Travaux", mai 1937.

 

Marc GAILLARD: Quais et Ponts de Paris. Amiens: Martelle Editions, 1996; p. 205.

 

Jacques LE LONG et Charles M. FEVRET DE FONTETTE: Bibliothèque Historique de la France. 1775.

 

Bernard MARREY: Les ponts modernes, vingtième siècle. Paris: Picard, 1995; p. 279.

 

Serge MONTENS: Les plus beaux ponts de France. Paris, Bonneton, 2001; p. 199.

 

Pylônes d'éclairage du pont du Carrousel à Paris, dans "Ossature métallique", décembre 1949, v. 14.

 

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