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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

chevaux

Publié le par maplumefee
Publié dans : #cheval, #chevaux, #Dicksee, #Keats

 

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 En souvenir de Lady Marianne qui demeure, tendrement, dans nos pensées et maintenant, régi par Fardoise et Lilou.

 

 

Pour le 19 septembre, le thème est « Hommage aux Chevaux ». Les participations sont sur le blog de Lilou Soleil.

 

https://lilousol.wordpress.com/category/tableau-du-samedi

 

 Promenade à travers une ballade romantique anglaise, La Belle Dame sans Merci de Frank Bernard Dicksee (1853-1928), qui nous conte une histoire d'amour et de féerie. Pour célébrer nos amis chevaux, symboles de beauté, de liberté, d'inspiration créatrice...

 

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Un chevalier rencontra dans les prés fleuris une « dame mystérieuse », ravissante jeune femme aux longs cheveux roux qui se présenta comme la fille d'une fée. Le chevalier était mélancolique, il songeait aux spectres des valeureux guerriers tombés au combat et la séduisante inconnue lui murmura des mots enchanteurs. Il tomba amoureux d'elle et lui tressa une une guirlande de fleurs des champs puis il la plaça sur sa monture et ils parcoururent la campagne où se dressaient, près de très vieux arbres, des tertres féeriques. La Belle Dame sans Merci entraîna le chevalier dans des territoires magiques, lui fit déguster du miel gardé par le Petit Peuple et des racines de fleurs sauvages imprégnées de rosée puis, elle l'emmena dans une grotte et le plongea dans un sommeil ensorcelé.

 

Le chevalier traversa des contrées oniriques dans lesquelles il vit évoluer des formes pâles, des fantômes de princes, de rois et de guerriers qui le mirent en garde contre le charme vampirique de son hôtesse. Il finit par se réveiller et réalisa qu'il marchait dans une semi-obscurité, sur une colline éloignée du monde des hommes. Il cherchait son amour magique et fut condamné à chercher jusqu'à la fin des temps à moins qu'un sort ne puisse le délivrer de cette emprise...

 

Des variantes de cette ballade décrivent une issue bien plus favorable au chevalier. Il serait devenu l'amant de la fée et le couple sillonnerait les champs, juché sur un magnifique cheval afin de répandre la fécondité. Lors de fêtes associées au monde agraire, ce couple issu d'un très ancien folklore est honoré avec des bouquets de fleurs placés au pied des arbres, des rubans colorés accrochés dans les branches, des sachets de tissus remplis de graines déposés près des cercles de pierres ou des pierres dressées. Leur cheval est également célébré, considéré comme une émanation des pouvoirs conjugués de l'Aurore et du Soleil.

 

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 Pour réaliser son tableau, Frank Bernard Dicksee (1853-1928) s'inspira de la ballade composée en 1819 par le poète romantique anglais John Keats (1795-1821). Une œuvre complexe, fondée sur un mélange d'influences littéraires et esthétiques issues du monde médiéval, de la poésie dite amoureuse, des légendes et des récits celtiques. Les écrits de John Keats ont passionné et fortement inspiré les peintres préraphaélites que j'évoque souvent sur mes blogs.

 

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 La fée qui palpite sous la plume de Keats et qui apparaît dans le tableau de Dicksee évoque la « femme fatale » en tant que « topos littéraire ». Elle est « l'Enchanteresse », celle qui suscite l'amour fou et dissipe le libre arbitre par l'intensité de ses sorts. Elle évoque un aspect de la féminité qui effrayait et fascinait les hommes, parfois jusqu'à la folie, dans les mondes victoriens. Émanation de personnages ardents comme la magicienne Circé, les Sirènes des abysses, la Loreleï : sirène nymphe dont la voix déroule ses accords au-dessus du fleuve Rhin..., elle est à la fois Fée, Sorcière, Vampire... Magnifiquement sensuelle !

 

Dans l’œuvre de Keats, elle déploie son charme érotique et mortifère, elle « naufrage » les hommes qu'elle rencontre et dans le tableau de Dicksee, elle évoque la beauté envoûtante de la Nature, le pouvoir magique et mystérieux, démiurge de la Femme. Elle est plutôt perçue comme une Gardienne, une amante au souffle mélodieux, une protectrice des forces naturelles.

 

Le cheval inscrit en cette œuvre sa riche symbolique : Animal chamanique, symbole de clairvoyance. Monture des déesses et des dieux, des esprits et des âmes, des chasseurs célestes. Monture des sorcières qui se rendent au sabbat et incarnation du Diable tentateur qui apporte la séduction, dans sa robe d'ébène...

 

Certains chevaux frappent une roche avec leur sabot et font jaillir de la terre une source de fécondité, à l'instar de Pégase, le cheval ailé de la mythologie gréco-romaine.

 

Lutins et Gnomes, Sylphes et Farfadets tressent ou emmêlent les crinières des chevaux. Fées et Sorcières font de même, elles chevauchent sur le col d'un cheval aux yeux de rubis dont les crins servent d'étriers.

 

Comme les cheveux des sorcières, dans de nombreuses traditions, les crins des chevaux se transforment en serpents quand ils tombent dans une mare au lever du jour.

 

Il existe des chevaux fantastiques et des chevaux lutins qui peuvent se transformer en chats, en lapins et même en éléphants quand ils sont conduits par la bride dans une écurie. Dans le Morbihan, en Saintonge et ailleurs... on peut croiser des chevaux mystérieux qui ont le don de métamorphose. Ils détiennent aussi des pouvoirs oraculaires.

 

L'Hippomancie est notamment une forme de divination qui consiste à étudier les hennissements d'un cheval et à en extraire des présages.

 

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Dans plusieurs mythes amérindiens, le cheval est assimilé à une « boussole chromatique ». On dit qu'il est associé, selon la couleur de sa robe, aux directions de l'espace symbolisées chacune par une couleur. De nombreux mythes et rituels sont associés aux chevaux chez les Zuni, les Pueblos, les Navajos et les Apaches etc... où, parmi les figures mythiques traditionnelles dont la Lune et le Soleil, les héros civilisateurs, les Chamans, les Medicine Men, les guerriers accostés de chevaux exercent une fonction médiatrice entre l'Humanité et les Dieux.

 

Dans la mythologie nordique, un magnifique cheval nommé Skinfaxi, « crinière brillante » annonce et incarne l'aurore. Son parèdre, le cheval Hrimfaxi, « crinière de givre » apporte le crépuscule.

 

Les Celtes honoraient des chevaux blancs sacrés et vouaient un culte à la déesse Ostara (Aurore) qui apparaissait parfois sur les anciens chemins sous la forme d'un cheval de rosée. Les chevaux sont traditionnellement liés à la naissance de l'aube et à l'évolution des heures au fil de la journée. Au Danemark, un rite très ancien consistait à verser du sang de cheval (le fils de la Déesse-Jument) à l'Est, pour célébrer l'aurore rose et à l'Ouest, pour honorer le crépuscule de bronze. A cet égard, le cheval n'était pas tué, le sang était prélevé de manière à respecter l'animal sans lui nuire.

 

Il existe une infinité de mythes et de légendes associés aux chevaux qui nous accompagnent depuis la nuit des temps. L'Humanité a un lien spécial avec eux et dans les anciennes traditions, les chevaux conduisent les humains parmi le Petit Peuple alors n'oublions pas de rêver...

 

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Frank Bernard Dicksee (1853-1928), peintre et illustrateur anglais, fut très apprécié en son temps pour ses portraits pleins d'élégance, ses compositions historiques et ses tableaux qui s'inspiraient de légendes celtiques. Il ne fut pas considéré comme membre à part entière de la Confrérie Préraphaélite mais l'esthétique de ses œuvres fut souvent associée à la manière et au style des Préraphaélites.

 

Il apprit, dès son plus jeune âge, en compagnie de son frère Herbert et de sa sœur Margaret, la peinture auprès de son père, peintre de talent. Son cousin était également peintre.

 

Sa carrière fut prestigieuse. Il fut remarqué dès son inscription à la Royal Academy en 1870 et en 1891, il en fut élu membre. Il obtint le titre de Président de la Royal Academy en 1924. Il fut nommé Chevalier en 1925 et membre du Royal Victorian Order par le roi George V (1865-1936), en 1927.

Sur La Chimère écarlate, j'ai choisi des Chevaux réalisés par Kirk Reinert, un illustrateur de fantasy dont j'apprécie beaucoup le style et la sensibilité.

http://chimereecarlate.over-blog.com/2020/09/le-tableau-du-samedi-kirk-reinert-chevaux.html

 

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Avec des pensées pour nos amis chevaux et pour que leurs agresseurs soient mis hors d'état de nuire, je vous souhaite de belles journées annonciatrices de l'Automne. Amicales pensées pour vous et merci pour vos mots de réconfort !

 

Merci, chers Aminautes !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #architecte, #bassin, #chevaux, #glace, #palais

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La glace et la neige enveloppent la ville. Jardins et fontaines, vasques et bassins, arbres verts ou défeuillés se lovent dans un suaire soyeux.



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Symphonie fantomatique



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En ce palais dormant, les couleurs fusionnent avec les sortilèges du froid.



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Bulles de rêves, entre deux rives, et florilège de cristaux mystérieux.



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Miroir étrange où les ombres respirent...



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  La lumière se dilue dans les moires de l'eau, ténébreuse cryosphère où s'enfonce le regard ...

 

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Le paysage se pare d'une beauté plus secrète, tissée d'étoiles matricielles et de diamants oniriques.


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Magie du flocon dont la croissance hexagonale cisèle, dans les mouvements de l'air, des formes complexes et poétiques.

 


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Paris frissonne sous la glace, scintillante étendue qui étreint le Jardin du Luxembourg.

 


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Sur cette photographie, datant de 1895, les jardiniers cassent, devant le palais, l'épaisse couverture gelée qui recouvrait le grand bassin.


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La froide lumière exalte la puissance de cet édifice érigé, à partir de 1615, par l'architecte huguenot Salomon de Brosse (1571-1626), sur l'ordre de Marie de Médicis (1575-1642). Lassée du Louvre qu'elle trouvait très inconfortable, nostalgique du Palais Pitti et des jardins luxuriants de sa chère Florence, la Régente fit construire ce monument, célèbre par ses façades aux volumes saillants et sa Grande Galerie enluminée par Rubens. Le Palais du Luxembourg abrite le Sénat depuis la fin de l'année 1799.


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La fontaine du grand bassin, élaboré sous le Premier Empire par l'architecte Jean-François-Thérèse Chalgrin (1739-1811), a revêtu de singuliers atours.


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Des doigts de glace ont remodelé ces chérubins et la vasque qu'ils soutiennent.


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Ils sont issus du Hameau de Chantilly, construit par l'architecte Jean-François Leroy pour le prince Louis-Joseph de Bourbon-Condé et qui inspira celui de la reine Marie-Antoinette à Versailles.


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Les oiseaux engourdis patinent doucement et se rapprochent pour tenter de se réchauffer.

 


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A défaut de marcher sur la glace, j'ai photographié ma fontaine préférée, à mi parcours de l'avenue de l'Observatoire.


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L'hiver a saisi dans sa gangue la fontaine des Quatre Parties du Monde et tissé une peau de glace autour des statues et des ornements.


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Je consacrerai bientôt un article à ce monument conçu par l'architecte Gabriel Davioud (1823-1881), inspecteur général des travaux d'architecture de la ville de Paris sous le règne de Napoléon III.


Des chevaux marins, des dauphins et des tortues, sculptés par Emmanuel Fremiet (1824-1910), dominent un majestueux bassin.



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Les cristaux de glace dévoilent leur miroitante poésie.



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Au sommet de l'édifice, quatre figures féminines réalisées par Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875) soutiennent un globe terrestre entouré par les signes du Zodiaque.


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L'Europe, l'Asie, l'Afrique et l'Amérique subissent l'étreinte du froid.


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Les chevaux qui se dressent dans la lumière hivernale sont des merveilles néo-baroques.


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Magnifiques chevaux dont le corps se termine par une queue de serpent. Anguipèdes médiateurs entre le monde humain et celui des divinités, ces puissants hybrides personnifient les courants telluriques et aquatiques.


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Brisant leur armure de glace, ils jaillissent en direction des points cardinaux.

 


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L'axe de l'Observatoire de Paris est une promenade historique et architecturale d'une immense richesse, un domaine de connaissance tourné vers les mystères du ciel étoilé.


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Les crinières diamantées de ces fiers chevaux ruissellent dans la clarté évanescente.

 


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Seconde peau sur âme de bronze...


Merci à Christophe qui est entré dans le bassin pour les photographier.


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Ses photos et les miennes alternent tout au long de cet article.

 


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Nous commencions à geler sur place alors nous avons pris congé de ces destriers fantastiques.


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Nous sommes rentrés chez nous avant que la neige recouvre le paysage.


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Le collège Évariste Galois, vu depuis la fenêtre de notre cuisine, tout de blanc vêtu...


Dans les vapeurs exquises de vanille et de chocolat chaud, je vous souhaite de savourer pleinement les fantasmagories hivernales et les joies de votre foyer!


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Plume4

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