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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

architecte

Publié le par maplumefee
Publié dans : #architecte, #art, #immeuble, #malo, #nouveau

 

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A Vincennes, sur le chemin que l'on emprunte pour se rendre au château, se dévoilent de remarquables éléments d'architecture. Marquons une pause là où la rue de Montreuil rencontre la rue de Villebois-Mareuil et prenons le temps de contempler ce bâtiment Art Nouveau. A quelques encablures de la forteresse des rois de France et de l'élégant Parc Floral, il s'élève comme une sorte de vigie et nous séduit par sa polychromie, la richesse de son décor, la puissance et la fluidité de ses lignes.

 

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Vous apprécierez le traitement de l'angle en pan coupé et les deux colonnes d'inspiration corinthienne appuyées sur un balcon ouvragé.

 

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Il fut construit, en 1899, par Georges Malo, personnalité de l'histoire de Vincennes, à la fois architecte, promoteur et propriétaire du terrain mais je précise qu'il n'existe pas de véritable documentation à son sujet, en dépit du rôle important qu'il joua dans la ville. Il n'existe pas non plus de documentation fournie accessible à propos de cet immeuble. Je me suis donc lancée avec mes connaissances d'historienne de l'art en faisant ma propre étude.

 

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L'immeuble est une harmonie de tons chauds, mêlés de notes précieuses et froides. La couleur turquoise, lumineuse et océane, domine les fenêtres et s'accorde à loisir avec les enroulements des magnifiques fers forgés.

 

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Les façades se caractérisent par de multiples jeux d'animation dont la présence d'élégants bow-windows, la variété des matériaux utilisés (pierre de taille, brique vernissée, métal, céramique glaçurée, grès flammé) et le côté précieux des ornements que l'on aperçoit.

 

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Lanternons et cabochons aux nuances bleutées, sont d'une superbe qualité.

 

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Vous observerez la marque de l'ancienne fonderie de bronze et de fer Muller Roger et Cie, qui fabriquait, entre autres à Noyon (Picardie), des baignoires émaillées et qui devint Société générale de Fonderie puis société Jacob Delafon.

 

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L'architecte a particulièrement soigné les détails de sa résidence personnelle...

 

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...comme en témoignent les agrafes sculptées soutenant ce petit balcon, les volutes et les effets de liane, les savants jeux de courbes et de contre-courbes.

 

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Un jeu subtil s'élabore entre l'architecture et le décor. En caressant la façade du regard, on découvre des tournesols, des feuilles de chardon et des arbres de vie.

 

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L'architecture des immeubles Art Nouveau est toujours dotée d'une peau aux reliefs subtils, à la fois protectrice et ornementale. Le mouvement y est essentiel.

 

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Ainsi, les ondulations de ces tiges de fleurs de tournesol sont caractéristiques de ce qu'on appelle la « ligne coup de fouet ». Une forme d'art que ses détracteurs qualifièrent de « style nouille » ou « style spaghetti » alors qu'il s'agit d'une véritable écriture ornementale.

 

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L'Art Nouveau porte des noms différents selon les pays (Modern Style en Angleterre, Jugendstil en Allemagne, Sezessionstil en Autriche, Modernismo en Espagne, Style Floréal ou Liberty en Angleterre...) mais les thèmes floraux sont toujours à l'honneur.

 

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Les fleurs ont une importance esthétique majeure, comme dans le mouvement Arts and Crafts en Angleterre, mouvement réformateur utopiste fondé par William Morris (1834-1896), en 1861, qui engendra, aux alentours de 1880, une vision de l'art fondée sur l'importance de l'artisanat et la glorification de l'ouvrier. Elles serpentent, avec luxuriance et subtilité, à des endroits bien précis de la façade, soulignant les lignes de force de l'architecture et, dans le cas de cet immeuble, elles semblent aussi rappeler la proximité de la forêt, la puissance et la vitalité des arbres entourant le château.

 

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La rue de Montreuil et ses alentours étant particulièrement riches de belles choses à contempler, je vous propose de continuer cette promenade, dans les prochains jours. J'ai repéré d'autres immeubles de Georges Malo, notamment au 36, avenue des Minimes, à proximité de la forteresse des rois de France mais ceci est une autre histoire...

 

Merci de votre fidélité, je pense bien à vous !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #architecte, #autour, #hotel, #jardin, #parc

Le quartier de la Plaine Monceau naquit sur le territoire de la grande forêt de Rouvray, peuplée, disait-on, par des chênes légendaires. Après la création de plusieurs hameaux et de cultures, notamment des vignes, l'endroit devint « célèbre » grâce à la mise en œuvre du parc.

 

Même si son décor et son architecture originels ont été modifiés, il demeure certains vestiges et des « fragments d'atmosphère » de cette folie anglo-chinoise réalisée au 18e siècle par Louis Carrogis de Carmontelle pour le Duc de Chartres.

 

Monceau1

 

 

Le duc fit l'acquisition, en 1769, d'une parcelle en friche dans ce qu'on appelait alors « le village de Monceau ». Il chargea Carmontelle de concevoir une « folie », palais de fantaisie lové dans un parc élégant peuplé de « fabriques », des édicules ayant l'apparence de vestiges archéologiques.

 

De 1773 à 1778, la scénographie élaborée par Carmontelle réunissait des bâtiments pittoresques: un moulin à vent hollandais, un moulin à eau en ruines, une pyramide égyptienne, un obélisque, une colonnade corinthienne, un temple de Mars, une naumachie (dans la Rome ancienne, ce terme désignait le bassin dans lequel se tenait le spectacle d'une bataille navale), un carrousel chinois, des tentes tartares, un minaret, une tour gothique avec un pont-levis, une allée des tombeaux et même une petite île avec des moutons.

 

Monceau2Les colonnes grecques

 

Le jardin de fantaisie du Duc de Chartres était un monde fantasmé, un parc à rêves où la Nature recomposée formait un théâtre avec l'Architecture.

 

En 1793, Thomas Blaikie, le créateur du Parc de Bagatelle, fit évoluer la « folie » de Carmontelle en jardin à l'anglaise articulé autour d'un réseau d'allées ombragées et comprenant un jardin d'hiver et une serre chaude.

 

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En 1860, la Ville de Paris hérita du terrain et des vestiges de la « folie du Duc de Chartres ». Misant sur la spéculation immobilière, les frères Pereire acquirent plusieurs hectares du parc et se lancèrent, tout autour, dans une politique de lotissement. Les « hôtels Pereire » et les immeubles cossus fleurirent dans les rues attenantes. Simultanément, Gabriel Davioud et Adolphe Alphand donnèrent à ce qui restait du jardin son visage actuel et Napoléon III inaugura ce nouvel espace romantique en 1861.

 

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Il suffit de franchir les grilles majestueuses conçues au 19e siècle par l'architecte Gabriel Davioud pour ressentir les différentes « ambiances ». Ici et là, des amoureux dans leur bulle, des lecteurs, des promeneurs en plein songe, des mariés, des joggeurs et des enfants qui s'ébattent jusqu'aux limites de leur imagination... Si chaque jardin est l'émanation de la vie, celui-ci est peut-être plus encore le carrefour des désirs, le territoire des gourmandises, la parenthèse indispensable pour se ressourcer.

 

 

La rotonde de l'entrée est l'une des barrières d'octroi qui appartenaient au Mur des Fermiers généraux. Ce pavillon qui borde l'actuel boulevard de Courcelles fut érigé en 1787 par l'architecte Claude-Nicolas Ledoux (1736-1806).

 

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Le Mur des Fermiers généraux était une barrière, édifiée autour de Paris, afin de combattre les activités de contrebande qui se multipliaient.

 

La Pyramide

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Philippe d'Orléans, le Duc de Chartres, était le Grand Maître du Grand Orient de France. Il semble que des réunions secrètes et des rencontres à caractère initiatique se soient tenues à certains endroits du parc.

 

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La pyramide, oeuvre d'éternité, évoque les anciens mondes et plusieurs rites associés à des pratiques maçonniques. Dans la salle aménagée à l'intérieur de celle-ci se trouvait une statue de la déesse Isis.

 

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Au Printemps, de petits arbres aux pétales floconneux exhalent leurs parfums sucrés.

 

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Autour du Parc Monceau s'étendent de grandes avenues et des rues spacieuses portant le nom de célèbres peintres du 17e siècle, comme les avenues Vélasquez, Ruysdaël etVan Dyck et les rues Rembrandt et Murillo.

 

Au 4, avenue Ruysdaël, on trouve un magnifique hôtel qui abrite le Conseil National de l'Ordre des Pharmaciens.

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Les belles gouttières de l'Hôtel Gaillard

 

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Emile Gaillard, régent de la Banque de France et grand collectionneur d'art, décida de faire construire un hôtel particulier au centre de la Plaine Monceau afin de mettre en valeur ses collections. En 1878, il acheta un terrain face à l'hôtel du peintre Meissonier et chargea l'architecte Victor-Jules Février de réaliser la demeure de ses rêves.

 

Entre 1879 et 1884, ce dernier s'inspira des châteaux de Blois et de Gien pour édifier un petit palais de brique et de pierre dans le goût Renaissance.

 

En 1919, l'hôtel fut racheté pour devenir une succursale de la Banque de France.

 

Autour du parc se dressent le musée Cernuschi et le magnifique musée Nissim-de-Camondo mais en attendant d'écrire un article sur le sujet, je vous souhaite une excellente promenade!

Référencement sur http://www.etoile-blog.com

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #architecte, #art, #arum, #forme, #nature

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Une grille qui jaillit comme un bouquet printanier... Une écriture végétale aux fascinantes sinuosités... Je vous invite à découvrir, au numéro 33 de la rue du Champ de Mars, dans le 7e arrondissement de Paris, un bijou d'architecture Art Nouveau.

 

Dans cette rue discrète, surgit une façade au décor luxuriant qui dessine une forêt de fleurs pétrifiées.

 

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Construit en 1904 par l'architecte Octave Raquin pour un certain Monsieur Bouvet, le bâtiment accueillit un collège privé, le Cours des demoiselles Longuet.

 

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Portrait d'Octave Raquin, peint par Toulouse-Lautrec en 1901.

 

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Octave Raquin fut l'un des collaborateurs de la Revue Blanche, une revue littéraire et artistique fondée en 1890 à Liège par les frères Natanson. Cette revue s'installa en 1891 à Paris où elle rivalisa avec le Mercure de France, d'où le nom de Revue Blanche (la couverture du Mercure était mauve...)

 

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Après les étudiantes des demoiselles Longuet, les élèves du Cours Alfred de Musset s' établirent dans l'immeuble de la rue du Champ de Mars qui abrite aujourd'hui une clinique de chirurgie esthétique et des appartements.

 

La mise en scène est particulièrement réussie. La belle façade de pierre est aérée par de nombreuses ouvertures et rythmée par de gracieuses ferronneries.

 

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Des travées en saillie, des linteaux stylisés, des courbes oniriques... Un épiderme de pierre sur lequel serpente la lumière... l'Art Nouveau s'exprime ici avec grâce, puissance et fluidité.

 

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L'un des magnifiques bow-windows ou oriels en français, qui animent la façade.

 

Ces avancées en encorbellement ou « fenêtres en arc » sont fréquentes dans l'architecture victorienne, le style Second Empire et l'Art Nouveau. Dans l'art anglais, trois termes désignent ces constructions et leurs variantes.

  • Le bow-window ou « fenêtre en arc ».
  • Le bay-window ou « baie vitrée avancée ».
  • L'oriel-window ou « fenêtre en rideau ».

 

 

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Cette peau végétale établit une communication intime entre le regard et les courbes de l'architecture. La lumière naturelle est tissée comme une matière vivante et répartie, avec féerie et fonctionnalité, dans les différentes pièces de l'habitation.

 

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L'élégante marquise en fer forgé et en verre, qui accueille le visiteur, est décorée de feuilles d'arums, de même que les grilles de la porte d'entrée et les vantaux des portes latérales.

 

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Dans sa robe de verre tendue de fer ou d'acier, la marquise dévoile ses volutes ouvragées. Elle désignait originellement une pièce de toile tendue au-dessus d'une porte pour se protéger des intempéries et du soleil. Elle était fréquemment utilisée sur les bateaux. En architecture, cet auvent vitré représente un abri et un élément décoratif.

 

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La marquise de la Villa Majorelle, construite à Nancy entre 1901 et 1902 par Henri Sauvage et Lucien Weissenburger.

 

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La marquise du métro Abbesses, signée Hector Guimard.

 

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Celle de la maison aux arums présente une bordure ondulée qui accroît la plasticité de l'ensemble.

 

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Par ses ondes raffinées et son riche décor floral, cette porte latérale reflète les liens qui unissent la Nature et l'Art Nouveau.

 

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Cela s'applique aussi à ce petit soupirail.

 

Dans les dernières décennies du XIXe siècle, l'admiration pour la Nature imprégna les travaux de nombreux artistes. Ils redécouvrirent la flore gothique dessinée par l'architecte Viollet-le-Duc et s'émerveillèrent devant les estampes japonaises, diffusées par des marchands férus d'art asiatique.

 

L'un d'eux, Siegfried Bing, ouvrit à Paris en 1895 un magasin qu'il baptisa « Maison de l'Art Nouveau ». Au numéro 19 de la rue Chauchat, dans le 9e arrondissement de Paris, ce lieu atypique devint un formidable espace de rencontre et de création artistiques.

 

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L'affiche de l'exposition qui lui a été consacrée.

 

Dans l'Art Nouveau, la Nature est une source d'inspiration permanente. Ciselée et magnifiée à travers les bijoux de René Lalique, les vases d'Émille Gallé et des frères Daum, les boiseries de Louis Majorelle...

 

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Pavot de René Lalique, 1897. (La photo vient du site du Musée d'Orsay.)

 

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Avec cet ornement de corsage, appelé « Oiseaux chanteurs » et réalisé en 1889 pour la maison Vever, René Lalique enchante l'or, l'argent, les diamants et les rubis.

 

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La Nigelle, vase d'Émile Gallé, vers 1900. L'artiste, passionné de botanique, retranscrit, de manière onirique, les formes offertes par la Nature.

 

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Le vase aux primevères, en marqueterie de verres, réalisé par Émile Gallé vers 1900. Ce vert profond, né d'une superposition de couches de verre saturé, rappelle les jardins gorgés d'eau et les effets de lumière au début du Printemps.

 

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A travers une galerie de lampes féeriques et de vases mystérieux, les frères Daum déclinent leurs affinités pour les formes sinueuses, le rêve et la translucidité.

 

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Un bureau « végétal », signé Louis Majorelle.

 

En étudiant les merveilles de la Nature, les artistes « Art Nouveau » inventèrent un vocabulaire esthétique fondé sur la sinuosité des lignes, la luxuriance du décor, la recréation de l'élément végétal avec des matériaux métalliques et la prédominance de l'ornement floral. Parées de feuilles et de fleurs, les façades des immeubles et des maisons nous invitent à explorer un univers sylvestre et fantastique.

 

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La maison aux arums s'inscrit dans cette veine « symboliste », nourrie par la poésie et la littérature.

 

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L'arum possède une double nature. Cette fleur, dotée d'une étrange inflorescence, est à la fois féminine et phallique. Au fil des siècles, elle fut perçue comme un symbole de pureté ou un emblème diabolique.

 

Dans les années 1900, elle était très prisée dans les bouquets de mariées. On l'appréciait aussi pendant les fiançailles et les communions. Dans le cas présent, il est vraisemblable qu'elle ait été associée aux jeunes filles du cours privé des demoiselles Longuet.

 

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Il existe de nombreuses variétés d'arums. L'arum des fleuristes ou calla est une cousine de l'arum maculatum ou pied de veau.

 

Cette fleur jouait un rôle important dans la pharmacopée ancienne mais il fallait redoubler de vigilance en raison de sa toxicité. L'eau distillée de racines tubéreuses était utilisée comme lotion de beauté. Les racines longuement bouillies, torréfiées, râpées et passées au tamis donnaient une sorte de fécule, consommée sous forme de pain dans l'Antiquité.

 

La teinture de racines est encore prescrite en homéopathie. Elle est réputée décongestionner les voies respiratoires, calmer les saignements et les irritations de la peau.

 

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Ce vase en majolique, en forme d'arum, fut créé vers 1900 par la manufacture autrichienne Gerbing et Stephan. Il évoque la nature complexe de la fleur et de la femme, sources d'inspiration majeures, créatures mystérieuses, troubles et sensuelles, hybrides et magiciennes...

 

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La Nature enveloppe l'Architecture. Les matériaux dits « structurels » sont utilisés pour façonner des arbres de métal aux branches organiques, des fleurs de pierre et de verre, aiguiser l'imagination et faire croître un monde enchanté dans l'espace urbain.

 

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Qu'il soit aimé ou décrié, l'Art Nouveau est un fabuleux creuset d'inspiration naturaliste. Il crée des correspondances subtiles entre les matériaux, entre l'utile et l'esthétique, entre le réel et l'onirique.

 

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Pour ressembler aux éléments naturels, les ornements métalliques sont traités avec harmonie, gracilité et sens du mouvement. Une forêt magique semble avoir poussé autour de l'habitation.

 

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Dans le hall d'entrée, de fines mosaïques rappellent les broderies florales qui couvrent la façade. Elles font écho aux lianes de métal qui se contorsionnent le long de la pierre.

 

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L'artiste « Art Nouveau » est un alchimiste qui crée et recrée à l'infini les formes dessinées par la Nature. Il joue à recomposer la lumière et dévoile ses variations à travers les matières qu'il travaille.

Il élabore un art total qui se mêle à l'Artisanat et à l'Industrie. Il exploite de nouvelles gammes colorées et se rapproche des effets de matière qui règnent dans la Nature: prairies aquatiques, jardins détrempés, miroirs d'eau, reflets de tempêtes, cieux étranges...

 

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Il intercale ce qu'il peut toucher et ce qui suscite les songes, comme dans l'élégante poésie de la « maison aux arums »...

 

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #architecte, #bassin, #chevaux, #glace, #palais

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La glace et la neige enveloppent la ville. Jardins et fontaines, vasques et bassins, arbres verts ou défeuillés se lovent dans un suaire soyeux.



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Symphonie fantomatique



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En ce palais dormant, les couleurs fusionnent avec les sortilèges du froid.



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Bulles de rêves, entre deux rives, et florilège de cristaux mystérieux.



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Miroir étrange où les ombres respirent...



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  La lumière se dilue dans les moires de l'eau, ténébreuse cryosphère où s'enfonce le regard ...

 

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Le paysage se pare d'une beauté plus secrète, tissée d'étoiles matricielles et de diamants oniriques.


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Magie du flocon dont la croissance hexagonale cisèle, dans les mouvements de l'air, des formes complexes et poétiques.

 


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Paris frissonne sous la glace, scintillante étendue qui étreint le Jardin du Luxembourg.

 


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Sur cette photographie, datant de 1895, les jardiniers cassent, devant le palais, l'épaisse couverture gelée qui recouvrait le grand bassin.


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La froide lumière exalte la puissance de cet édifice érigé, à partir de 1615, par l'architecte huguenot Salomon de Brosse (1571-1626), sur l'ordre de Marie de Médicis (1575-1642). Lassée du Louvre qu'elle trouvait très inconfortable, nostalgique du Palais Pitti et des jardins luxuriants de sa chère Florence, la Régente fit construire ce monument, célèbre par ses façades aux volumes saillants et sa Grande Galerie enluminée par Rubens. Le Palais du Luxembourg abrite le Sénat depuis la fin de l'année 1799.


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La fontaine du grand bassin, élaboré sous le Premier Empire par l'architecte Jean-François-Thérèse Chalgrin (1739-1811), a revêtu de singuliers atours.


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Des doigts de glace ont remodelé ces chérubins et la vasque qu'ils soutiennent.


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Ils sont issus du Hameau de Chantilly, construit par l'architecte Jean-François Leroy pour le prince Louis-Joseph de Bourbon-Condé et qui inspira celui de la reine Marie-Antoinette à Versailles.


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Les oiseaux engourdis patinent doucement et se rapprochent pour tenter de se réchauffer.

 


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A défaut de marcher sur la glace, j'ai photographié ma fontaine préférée, à mi parcours de l'avenue de l'Observatoire.


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L'hiver a saisi dans sa gangue la fontaine des Quatre Parties du Monde et tissé une peau de glace autour des statues et des ornements.


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Je consacrerai bientôt un article à ce monument conçu par l'architecte Gabriel Davioud (1823-1881), inspecteur général des travaux d'architecture de la ville de Paris sous le règne de Napoléon III.


Des chevaux marins, des dauphins et des tortues, sculptés par Emmanuel Fremiet (1824-1910), dominent un majestueux bassin.



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Les cristaux de glace dévoilent leur miroitante poésie.



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Au sommet de l'édifice, quatre figures féminines réalisées par Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875) soutiennent un globe terrestre entouré par les signes du Zodiaque.


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L'Europe, l'Asie, l'Afrique et l'Amérique subissent l'étreinte du froid.


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Les chevaux qui se dressent dans la lumière hivernale sont des merveilles néo-baroques.


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Magnifiques chevaux dont le corps se termine par une queue de serpent. Anguipèdes médiateurs entre le monde humain et celui des divinités, ces puissants hybrides personnifient les courants telluriques et aquatiques.


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Brisant leur armure de glace, ils jaillissent en direction des points cardinaux.

 


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L'axe de l'Observatoire de Paris est une promenade historique et architecturale d'une immense richesse, un domaine de connaissance tourné vers les mystères du ciel étoilé.


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Les crinières diamantées de ces fiers chevaux ruissellent dans la clarté évanescente.

 


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Seconde peau sur âme de bronze...


Merci à Christophe qui est entré dans le bassin pour les photographier.


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Ses photos et les miennes alternent tout au long de cet article.

 


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Nous commencions à geler sur place alors nous avons pris congé de ces destriers fantastiques.


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Nous sommes rentrés chez nous avant que la neige recouvre le paysage.


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Le collège Évariste Galois, vu depuis la fenêtre de notre cuisine, tout de blanc vêtu...


Dans les vapeurs exquises de vanille et de chocolat chaud, je vous souhaite de savourer pleinement les fantasmagories hivernales et les joies de votre foyer!


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Plume4

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