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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

pierre

Publié le par maplumefee
Publié dans : #auguste, #cot, #jpg, #pierre, #printemps

 

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Le Printemps (Springtime), 1873.

 

Charmes de l'instant, finesse et grâce des lignes, offrande vive d'un regard en pleine Reverdie... Le Printemps, tableau réalisé en 1873, nous ouvre les portes de l'univers enivrant du peintre Pierre-Auguste Cot (1837-1883) dont le talent fut mêlé de Romantisme, d'Académisme et de Pré-Impressionnisme.

 

L’œuvre met en scène un jeune couple sur une balançoire, dans une forêt dense. Le Printemps est revenu, la chaleur envahit la Nature qui se pare de vert intense et de notes fruitées et fleuries.

 

La forêt forme un écrin pour les amoureux. Elle est le lieu d'un rendez-vous secret et dessine un territoire où la magie des sentiments peut crépiter. Dans ce cocon émeraude et doré, la jeunesse du couple exprime la passion de la vie et la renaissance des énergies de fertilité.

 

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Les deux jeunes gens sont suspendus dans la lumière, très amoureusement enlacés...

 

Le tableau de Pierre-Auguste Cot décrit les prémices d'une offrande érotique, ce qui a choqué les parangons de vertu, à son époque. Mais l’œuvre, jugée trop sensuelle par les uns, fut très appréciée par les autres...

 

Le Printemps chante... La jeune fille, ravissante et désirable dans sa fine tunique, s'apprête à donner sa virginité à son amoureux. Le blanc transparent de son vêtement s'apparente à la texture de l'air.

 

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Le garçon arbore une tunique rouge, émanation de la passion charnelle. Le rouge évoque directement le sang de la virginité, offrande de sa bien-aimée.

 

Le regard de la jeune fille est explicite, les émotions ne se cachent pas et les effleurements des corps disent la vigueur des envies et des sentiments. Le Printemps jaillit telle une flamme verte dans cette forêt propice aux ardeurs voluptueuses.

 

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Montre pendentif réalisée vers 1880, image Sotheby's

 

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La Tempête (The Storm), une toile peinte en 1880 pour une collectionneuse américaine nommée Miss Wolfe et conservée, comme Le Printemps, au Metropolitan Museum of Art, à New York, décline à nouveau le thème des jeunes amants lovés dans un milieu naturel faisant écho à leurs sentiments. Cette course contre les éléments déchaînés les rapproche d'une fusion charnelle.

 

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Le Printemps et La Tempête ont suscité la passion de nombreux visiteurs du MET. Leur potentiel d'attraction ne s'étant jamais démenti, ils ont été reproduits sous forme de cartes postales, de posters et dans de nombreux livres d'art. Des artistes se sont amusés à les utiliser dans leurs créations.

 

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© John Sapiro

 

Un collectionneur d'origine turque tomba tellement sous le charme de La Tempête qu'il voulut en faire l'acquisition mais Miss Wolfe n'étant pas disposée à en séparer, il fit peindre une copie de grande qualité par un artiste de son pays. La copie est exposée au Palais Présidentiel d'Ankara !

 

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Panneau de soie tissée vendu sur ©Artcurial

 

Pierre Auguste Cot naquit le 17 février 1847 à Bédarieux, dans une famille modeste de l'Hérault. Il montra dès ses jeunes années de belles dispositions artistiques et reçut une aide de sa municipalité pour étudier à Toulouse où il fit la rencontre du sculpteur Antonin Mercié (1845-1916) et du peintre d'histoire et sculpteur Jean-Paul Laurens (1838-1921).

 

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La nouvelle poupée

 

En 1862, il fut le lauréat du Grand Prix de la Ville de Paris et put s'inscrire à l'École des Beaux-Arts, où il fit ses classes sous la direction des maîtres Alexandre Cabanel (1823-1889), William Bouguereau (1825-1905) et Léon Cogniet (1794-1880).

 

En 1863, ses premières œuvres furent exposées au Salon de Paris et à partir de 1870, il devint membre des jurys du Salon de Paris et du Prix de Rome. Il participa aussi à des cercles culturels renommés comme Le Parnasse Club et La Cigale.

 

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Portrait d'une jeune femme dit La Baigneuse

 

En 1868, il épousa Juliette Duret, la fille du maître sculpteur Francisque Duret (1804-1865) et le 7 Juillet 1874, il reçut le titre de Chevalier de la Légion d'Honneur. Ses créations furent gratifiées de nombreuses récompenses et médailles. Très apprécié dans la haute société du Second Empire, il fut un portraitiste accompli et représenta le gotha. Il collabora également avec son ancien maître, le peintre et professeur émérite William Bouguereau.

 

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Dionysia, 1870.

 

Sa peinture, hélas oubliée du grand public, demeure prisée par les connaisseurs des subtilités Académiques.

 

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Une Lady, 1879.

 

Pierre-Auguste Cot aima profondément sa terre d'Occitanie et sa ville de Bédarieux où il possédait un atelier, au Mas Tantajo.

 

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Image trouvée sur Geneanet

 

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Ophelia ou La Lecture

 

En 1882, il réalisa une œuvre intitulée Mireille en Arles qui est conservée au Musée Fabre à Montpellier et en 1883, il commença, sur commande de la Cour d'Autriche, une vaste composition qui devait représenter « Sainte-Élisabeth de Hongrie soignant les malades ». Hélas, il mourut à l'âge de 46 ans et son travail resta inachevé.

 

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Mireille en Arles. Le prénom Mireille vient du latin « Miracula » qui signifie « Prodige ». Il semble que « Mireille » soit la forme provençale de « Marie ». Les « Mireille » sont d'ailleurs célébrées le 15 août, jour de l'Assomption de la Vierge.

On attribue la création de « Mireille » au poète occitan Frédéric Mistral (1830-1914) et on relie aussi ce joli nom à « Myriam », un prénom d'origine hébraïque qui désigne un être « cher » ou « aimé ».

 

 

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Sainte-Élisabeth de Hongrie, l’œuvre que Pierre-Auguste Cot ne put terminer.

 

https://www.sainteelisabethdehongrie.com/se_vie.html

 

Il fut enterré au cimetière du Père-Lachaise (division 19), dans la tombe de son beau-père, Francisque Duret et le 9 août 1891, la ville de Bédarieux inaugura un monument commémoratif, réalisé par le sculpteur Antonin Mercié (1845-1916) et l'architecte toulousain Paul Pujol (1848-1926).

 

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Image trouvée sur E.Monument.net. Crédit Photo Musée d'Orsay, Fonds Debuisson.

 

En 1942, sous le régime de Vichy, les ornements en bronze de l’œuvre furent fondus. Dans les années 1970, un nouveau buste fut créé et la statue de l'enfant fut remplacée par une palette, un pinceau et une palme.

 

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 La charmante baigneuse

 

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Je vous souhaite d'être amoureusement emportés par les souffles du Printemps et je vous dis merci pour votre fidélité... Gros bisous les ami(e)s !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #fut, #jardin, #observatoire, #paris, #pierre

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Cet angelot regarde en direction de l'avenue de l'Observatoire.

 

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La majestueuse promenade fut créée en 1866 et aménagée par Gabriel Davioud en 1867. Elle relie le Jardin du Luxembourg à l'Observatoire de Paris, en passant par le Jardin des Grands Explorateurs, la Fontaine de l'Observatoire, la Place Camille Jullian et la Maison des Fontainiers.

 

 

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Depuis la Place André Honnorat, on aperçoit la rue Auguste Comte.

 

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Au numéro 7, cet immeuble, érigé par l'architecte Henri Delormel en 1923, ressemble à un gigantesque navire.

 

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Réalisé en belle pierre de taille, il se pare d'un étonnant bestiaire.

 

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Des éléphants et des lions encadrent les fenêtres. Des guirlandes de fleurs et des têtes d'angelots, des putti aux chevelures délicatement bouclées, des rinceaux et de fines palmettes ornent la façade.

 

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L'École Nationale d'Administration Publique, de style néo-mauresque, se dresse face à cet imposant bâtiment.

 

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Ancienne École Coloniale, elle se situe à l'angle de l'avenue de l'Observatoire et de la rue Auguste Comte.

 

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Elle fut édifiée, entre 1895 et 1911, par l'architecte Maurice-Adolphe Yvon (1857-1911).

 

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De grandes fenêtres aux arcs outrepassés sont insérées dans des mosaïques décorées de rinceaux.

 

Un arc outrepassé désigne une variante de l'arc courant, dit en plein-cintre. Ses pointes s'accentuent et se rapprochent l'une de l'autre pour lui donner l'aspect d'un fer à cheval. Il est caractéristique de l'art hispano-mauresque et se retrouve aussi dans l'architecture préromane.

 

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En 1902, la Manufacture de Sèvres réalisa, d'après des dessins de Charles Lameire, de fines mosaïques en grès cérame ressemblant à de la faïence.

 

Le grès cérame est constitué d'argile, de quartz et de feldspath. Il peut imiter la texture et la couleur de la pierre, du marbre, du bois, du métal et du cuir.

 

Charles Lameire (1832-1910) conçut plusieurs décors pour des bâtiments religieux et civils comme l'Église de la Madeleine, l'Hôtel de Ville et le Palais du Trocadéro à Paris.

 

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La Faculté de Pharmacie se situe à côté de l'École Coloniale.

 

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Ce monument tout en longueur, décoré par de nombreux médaillons, fut construit en 1876 par l'architecte Charles Laisné (1819-1891) sur l'ancienne pépinière de l'enclos des Chartreux.

 

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Il se compose d'un bâtiment principal, d'une aile consacrée aux travaux pratiques et d'un jardin botanique.

 

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L'Institut National d'Histoire de l'Art

 

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Construit par l'architecte Paul Bigot (1870-1942), il se présente comme une sorte de synthèse des grands styles et des arts de l'Antiquité, du Moyen-âge et de la Renaissance. Il mêle des références à de prestigieux monuments comme le Palais des Doges à Venise, le Palais Pitti à Florence, l'Alhambra de Grenade ainsi que des influences mauresques.

 

Ses façades de briques rouges recréent « l'habillage » sobre et puissant de certaines demeures de la Renaissance Siennoise et Florentine et de l'Espagne Mudéjar (sous domination arabe).

 

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On aperçoit de petites fenêtres géminées qui s'inspirent de l'architecture des églises romanes.

 

Une frise luxuriante décore chaque pan de l'édifice. Elle est constituée de bas-reliefs qui font renaître des chefs-d'oeuvre de l'Histoire de l'Art, de l'Égypte ancienne à la Renaissance italienne.

 

 

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La silhouette du dieu Anubisse dessine parmi les effets colorés et plastiques de la façade.

 

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Une jeune femme joue de la double flûte ou aulos, un instrument de musique caractéristique de la Grèce antique. D'après la légende, cette flûte fut créée par la déesse Athéna.

 

 

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Les pittoresques bucranes

 

Ce sont des crânes de taureaux ou de boeufs. Leurs cornes sont attachées à des guirlandes végétales ou décorées de rubans et de couronnes de fleurs et de feuilles. Ils constituent des motifs récurrents dans les frises antiques et les décors de la Renaissance.

 

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La Maison du Génie de la Sculpture Décorative

 

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Au numéro 4 de la rue des Chartreux, cette belle maison est appuyée contre la façade de l'Institut d'art et d'archéologie. Le Génie ou l'Ange tient dans la main gauche une branche feuillue et dans la main droite une colonne ionique et une tête de statue.

 

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Un lion gardien de porte

 

 

Le Jardin des Grands Explorateurs

 

Il était réuni, à l'origine, avec le Jardin du Luxembourg, dans une zone peuplée de pépinières et de vergers.

 

Comme je l'ai précédemment écrit, (voir l'article en question), quatre groupes sculptés en marbre blanc rythment la perspective qui se déroule vers l'Observatoire.

 

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Le jardin s'étire vers le sud où se dresse, comme en apothéose, la Fontaine des Quatre Parties du Monde.

 

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Conçue par Gabriel Davioud (1823-1881), elle se compose d'un bassin spacieux dans lequel se reflètent des chevaux marins, des dauphins et des tortues, oeuvres d'Emmanuel Fremiet (1824-1910).

 

Au sommet, quatre figures féminines réalisées par Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875) soutiennent un globe terrestre entouré par les signes du Zodiaque. Elles incarnent l'Europe, l'Afrique, l'Asie et l'Amérique.

 

 

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Le Zodiaque de Pierre Legrain (1889-1929).

 

 

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La Place Camille Jullian

 

Espace de respiration et carrefour de nombreuses voies, elle accueille le monument qui contient les cendres de Francis Garnier.

 

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Ce groupe sculpté par Denys Puech (1854-1942) rend hommage au célèbre explorateur et officier de marine assassiné au Vietnam par les Pavillons Noirs.

 

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La statue du Maréchal Michel Ney(1769-1815)

 

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Figure historique du Premier Empire, il fut accusé de trahison pour s'être rallié à Napoléon, pendant l'épisode des Cent-Jours, alors qu'il devait exécuter les ordres du roi Louis XVIII. La statue qui lui rend hommage se dresse là où il fut fusillé, le 7 décembre 1815.

 

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Le monument consacré à Stéphane Tarnier(1828-1897)

 

Il se situe au coin de l'avenue de l'Observatoire et de la rue d'Assas.

 

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Ce professeur émérite était « le pionnier de l'obstétrique moderne. » Préoccupé par l'hygiène et le bien-être des mères et des nourrissons, il mit au point des moyens de lutter contre les infections puerpérales. Il inventa plusieurs instruments dont le forceps qui porte son nom. Il créa un modèle de couveuse et écrivit un Traité de l'art des accouchements.

 

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Le monument dédié à Théophile Roussel

 

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Il fut érigé en 1906 à l'angle de l'avenue de l'Observatoire et de l'avenue Denfert-Rochereau.

 

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Les figures empreintes d'émotion, réalisées par le sculpteur Jean-Baptiste Champeil (1866-1913), rendent hommage à ce médecin, parlementaire et philanthrope, auteur de lois destinées à protéger les enfants abandonnés et victimes de maltraitance.

 

Son buste était représenté sur les diplômes des nourrices.

 

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« Le mot d'ordre de toute vie c'est bienfaisance et bonté. Protéger l'enfance c'est aimer deux fois les hommes. » Ces mots, signés Théodore Tissier, décorent une des faces du monument.

 

Au fil de notre marche vers l'Observatoire, se révèle une succession de façades raffinées.

 

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De puissants immeubles semblent naviguer...

 

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Le mariage élégant de la brique et de la pierre de taille.

 

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Frontons jumeaux, agrafes ciselées, mascaron gracieux, l'ensemble crée une véritable symphonie ornementale.

 

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Le travail du bois et de la pierre, la qualité de la ferronnerie sont remarquables.

 

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La Maison des Fontainiers (au numéro 42)

 

Entre 1619 et 1623, Marie de Médicis (1575-1642) fit construire un aqueduc pour approvisionner en eau le Palais et le Jardin du Luxembourg ainsi que les habitants de la rive gauche de Paris.

 

Au débouché du fameux aqueduc, un élégant bâtiment en pierre de taille fut érigé par les architectes Salomon de Brosse (1565 ou 1571-1626) et Louis Métezeau (1560-1615). L'ingénieur hydraulicien Thomas Francine (1571-1651) et ses héritiers y habitèrent et s'occupèrent, au XVIIe et au XVIIIe siècle, de la gestion des eaux de Paris, de Versailles et de Saint-Cloud.

 

 

L'Observatoire de Paris (au numéro 61)

 

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Cette sobre construction fut réalisée, entre 1667 et 1671, d'après les plans de Claude Perrault (1613-1688) et de François d'Orbay (1634-1697), sous la direction de Colbert (1619-1683). Le 21 juin 1667, jour du solstice d'été, les mathématiciens de l'Académie marquèrent le tracé de l'Observatoire et du Méridien de Paris.

 

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Les quatre faces du bâtiment sont orientées vers les points cardinaux. Une tour carrée s'élève au nord. Au sud, deux tours octogonales ornées de coupoles livrent la position du soleil au moment des solstices et des équinoxes.

 

Les plus prestigieux astronomes s'y succédèrent:

 

Les Cassini: une brillante dynastie de scientifiques qui « régnèrent » sur l'Observatoire de 1671 jusqu'à la Révolution. Ils effectuèrent le tracé de la première carte topographique de la France ou Carte Cassini.

 

François Arago (1786-1853): célèbre pour ses expériences sur l'optique, il fit placer en 1845 une coupole sur la tour orientale afin d'y installer une grande lunette astronomique.

 

Léon Foucault (1819-1868): inventeur du gyroscope, il est particulièrement connu pour son fameux pendule.

 

Urbain Le Verrier (1811-1877): il découvrit en 1846 la planète Neptune. Sa statue, réalisée par Henri Chapu, se dresse devant la façade nord de l'édifice.

 

 

Au terme de cette riche promenade, je n'ai qu'une envie: explorer davantage ces rues chargées d'histoire qui nous offrent tant de beauté à contempler...

 

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Bibliographie

 

Emmanuel AMOUGOU: Architecture et ethnographie au XIXe siècle. Lecture des conférences de la Société centrale des architectes français. L'Harmattan: 2008.

 

Pierre Thomas Nicole HURTAUT: Dictionnaire historique de la ville de Paris et de ses environs. Moutard, 1779.

 

Antoine QUATREMÈRE DE QUINCY: Dictionnaire historique d'architecture.2 vol. Paris, 1832.

 

Henri SAUVAL: Histoire et recherches des antiquités de la ville de Paris.3 tomes. Paris: Charles Moette et Jacques Chardon, 1724. Réédité sous le titre: Paris ancien et moderne.

 

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #fut, #neuf, #pierre, #pont, #statue

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Le samedi 31 mai 1578, Henri III, rongé par le chagrin, posa la première pierre du Pont-Neuf.

 

En tenue de grand deuil, le roi pleurait la mort de Quélus et de Maugiron, deux de ses favoris tués en duel. Il avait emprunté une barque luxueusement parée pour rejoindre son épouse, Louise de Vaudémont et la reine mère, Catherine de Médicis, qui l'attendaient parmi les dignitaires de la Cour.

 

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Les travaux amorcés ce jour-là, sur la requête de Pierre Lhuillier, le prévôt des marchands, furent interrompus pendant les guerres de religion. Ils reprirent en 1599, sous le règne d'Henri IV, et furent achevés le 8 juillet 1606. Ils donnèrent naissance au plus grand pont de Paris, le plus ancien aussi.

 

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Le Pont-Neuf est constitué de deux ponts indépendants qui se réunissent au niveau d'un terre-plein, formant la pointe de l'île du Palais. Le premier pont se situe sur le grand bras de la Seine et comporte sept arches. L'autre pont, doté de cinq arches, domine le petit bras du fleuve.

 

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Avant la construction du Pont-Neuf, les ponts de la Cité étaient vétustes et encombrés de maisons qui formaient des alignements sombres et monotones. En 1556, il fut question de créer un pont entre le Louvre et l'Hôtel de Nesle (attenant à la célèbre tour du même nom) mais le projet n'aboutit pas avant l'année 1578 où il fallut absolument détourner la circulation qui encombrait les ponts au Change et Notre-Dame.

 

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Conçu par Baptiste Androuet du Cerceau et Pierre des Iles, le Pont-Neuf connut de prestigieux « maîtres maçons » comme Thibault Métezeau, Guillaume Marchand et les Frères Petit.

 

Il se caractérisa dès le départ par sa modernité: des arches en pierre de taille, une large chaussée, des trottoirs surélevés de plusieurs marches pour assurer la protection des piétons; des demi-lunes, espaces semi-circulaires rythmant l'architecture...

 

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Les flancs du pont sont ornés de 381 mascarons aux expressions grotesques, souvent truculentes et parfois même inquiétantes. Mais ces visages de pierre, qui représentent des satyres, des sylvains et des divinités fluviales, ont un charme bien caractéristique. Les masques originaux ont été attribués à Germain Pilon, l'un des maîtres sculpteurs de la Renaissance française.

 

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Germain Pilon en a probablement réalisé une vingtaine. Les autres ont vu le jour sous les ciseaux de différents sculpteurs. Les musées de Cluny et Carnavalet conservent une partie des mascarons primitifs.

 

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Entre 1853 et 1855, l'architecte Victor Baltard, le créateur des célèbres Halles, installa sur la promenade des candélabres décorés de têtes du dieu Neptune alternant avec des dauphins fantastiques.

 

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Ce répertoire décoratif a été conçu pour s'harmoniser avec l'architecture de la Place Dauphine et de la rue Dauphine, située dans le prolongement du Pont-Neuf.

 

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La Place Dauphine fut nommée ainsi en l'honneur du Dauphin, le futur Louis XIII.

 

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La Place Dauphine

 

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En 1763, le lieutenant général de police, Antoine de Sartine fit installer les premiers réverbères rue Dauphine mais dans le premier quart du XVIIe siècle, c'était autour d'une figure populaire et monarchique que la foule se pressait.

 

La statue équestre d'Henri IV

 

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Le roi de bronze qui contemple les splendeurs de la Cité eut une histoire bien mouvementée.

 

En 1604, la reine Marie de Médicis souhaita faire ériger une effigie équestre de son époux à l'endroit où les deux ponts se réunissaient. Le projet fut confié, par l'entremise de son oncle Ferdinand Ier, au sculpteur Jean de Bologne. L'artiste avait créé la statue équestre de Cosme Ier, grand-duc de Toscane et aïeul de Marie.

 

Après la mort de Jean de Bologne en 1608, la réalisation de la statue fut confiée à Pietro Tacca. Le cheval et son cavalier furent achevés en 1612. Ils quittèrent Florence par la mer mais le navire qui les transportait fit naufrage. Il fallut repêcher les caisses et les faire transporter, par des moyens terrestres et maritimes, jusqu'à Paris. La première pierre du socle fut installée par Louis XIII, le 2 juin 1614.

 

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Du piédestal de la statue, il subsiste au Louvre quatre figures de captifs enchaînés, fondus en 1618 par Francesco Bordoni d'après les modèles de son beau-père, Pierre Francqueville.

 

La statue ne fut pas épargnée par la Révolution. En 1790, un bureau d'enrôlements volontaires fut installé au pied des marches et en 1792, le cavalier de bronze fut brisé en plusieurs morceaux. Certains furent fondus, d'autres jetés à la Seine. Quelques fragments ont été conservés. Ils se trouvent aujourd'hui au Louvre. En lieu et place d'Henri IV, les Révolutionnaires dressèrent les « Tables des Droits de l'Homme ».

 

A la Restauration, le Conseil Municipal décida de faire reconstruire le monument. Pour célébrer l'entrée de Louis XVIII à Paris, le 3 mai 1814, une statue en plâtre, réalisée par le sculpteur Henri Roguier, fut installée sur le pont. On lisait sur le socle: « Le retour de Louis fait revivre Henri ».

 

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La statue actuelle fut réalisée par François Lemot (1772-1827). Henri IV se présente en armure, la tête ceinte d'une couronne de laurier. Il brandit un sceptre à fleur de lys et chevauche un puissant destrier. Le piédestal est décoré de deux bas-reliefs historiés. Du côté sud, Henri IV fait entrer des vivres dans Paris assiégé.

 

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Du côté nord, le roi vainqueur proclame la paix sur le seuil de Notre-Dame.

 

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L'érection de la nouvelle statue.

 

Le 25 août 1818, une foule haletante se pressa sur le Pont-Neuf pour assister à l'inauguration du cavalier de bronze, fondateur de la lignée des Bourbon, par son héritier, le roi Louis XVIII.

 

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L'inauguration, par Hippolyte Lecomte.

 

En 2004, la statue, érodée par les intempéries, a révélé, au cours de sa restauration, différents objets, contenus dans des boîtes. Les restaurateurs y ont découvert des médailles gravées de l'époque de Louis XVIII, une édition richement ornée de la Henriade de Voltaire, des procès-verbaux, la Charte Constitutionnelle et bien d'autres « secrets » historiques. Certains chroniqueurs ont relaté l'existence d'une petite statue de Napoléon en or dans le bras levé du cavalier ou d'une figurine en bronze dans la patte droite du cheval.

 

Des pamphlets anti-monarchiques ont aussi été retrouvés dans le ventre du cheval.

 

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En empruntant, derrière la statue, ces escaliers de pierre assez raides, on découvre un lieu plus « intime » qui avance sur l'eau, en direction du Pont des Arts et du Louvre.

 

Le square du Vert Galant

 

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Un lundi de février, une atmosphère fantomatique... le lieu est déserté mais la promenade est fort agréable.

 

Jusqu'à la construction du Pont-Neuf, l'île de la Cité s'achevait par le Jardin du Roi (actuelle Place Dauphine). Cette « pointe » fut créée par la réunion de trois îlots: l'île du Patriarche ou île Bussy, l'île de la Gourdaine puis de la Monnaie (un moulin y utilisait l'énergie hydraulique pour battre la Monnaie Royale) et l'île aux Juifs, aux Treilles ou aux Bureau (du nom de Hugues Bureau au XVe siècle).

 

Une plaque enchâssée dans la pierre du pont « ressuscite » une figure majeure de l'Histoire de France, Jacques de Molay, le dernier grand-maître des Templiers,

 

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Le 11 ou le 18 mars 1314, Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay, le précepteur des Templiers de Normandie, furent brûlés vifs, dans l'île de la Cité, en face du quai des Augustins.

 

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(Gravure d'Auguste Maquet)

 

 

Sous l'Empire, Napoléon projeta de construire, à cet emplacement, un obélisque « à la gloire du peuple français ». Les fondations du terre-plein furent alors consolidées, avec de nombreuses pierres provenant de la Bastille, mais le monument ne vit jamais le jour.

 

Le square fut créé en 1836. Jusqu'en 1879, il abrita un café-concert et fut cédé par l'État, pour un franc symbolique, à la ville de Paris, en 1884.

 

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Le long du petit bras du fleuve, laissons voguer nos regards sur les moirures de l'eau. Les bateaux amarrés sont une invitation au voyage...

 

 

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Les facétieux mascarons se laissent admirer à loisir.

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De grandes oreilles, des cornes, des expressions outrancières, des trognes de fantaisie, ils s'inscrivent dans une longue tradition de têtes décorées venues d'Italie.

 

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Les masques et les visages de pierre sont dotés de vertus magiques depuis l'Antiquité. Ils ont pour vocation de repousser les forces maléfiques et d'attirer la prospérité. Ils se présentent comme les génies du lieu, les divinités protectrices de la cité.

 

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Tiens, c'est moi avec mon « éternelle » écharpe rouge et mon appareil photo!!! J'étais encore en train d'imaginer que les mascarons me racontaient l'histoire du Pont-Neuf...

 

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Ce monde grotesque et fantastique nous invite à traverser le temps pour découvrir l'atmosphère qui régnait autrefois sur le pont. Ce lieu très animé était investi, pendant la journée, par une foule bruyante et pittoresque mais la nuit, toute personne qui tenait à la vie évitait de s'y promener...

 

Les tire-laine et les coupeurs de bourses évoluaient parmi le « beau monde » et les « petites gens », les vendeurs ambulants et les bretteurs qui allaient s'affronter sur la Place Dauphine toute proche.

 

Dès que le pont fut terminé, des boutiques portatives s'implantèrent sur les trottoirs ou « banquettes » qui bordaient les demi-lunes. On trouvait des bouquinistes et des marchands d'encre, des merciers, des fruitiers, des confiseurs, des tondeurs de chiens, des cireurs de bottes, des cuisiniers... De gros beignets de pommes, appelés « beignets du Pont-Neuf », étaient particulièrement appréciés.

 

En 1756, le lieutenant de police ordonna la suppression de ces boutiques mais elles réapparurent, sous le règne de Louis XVI, à l'intérieur des demi-lunes. Elles n'étaient plus en bois mais en pierre. Elles disparurent définitivement en 1855.

 

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Les mendiants se précipitaient, depuis la Cour des Miracles, sur les portières des carrosses.

 

Les « arracheurs de dents » du Pont-Neuf étaient célèbres dans tout le royaume mais leur rôle ne se cantonnait pas seulement à « tirer les quenottes ». Habiles bonimenteurs, ils vendaient toutes sortes d'objets, des prestations étranges et des remèdes miracles.

 

Le Théâtre de Mondor et de Tabarin

 

Antoine Girard (1584-1626), dit Tabarin, était un célèbre bateleur et comédien de l'époque de Henri IV. Philippe Girard, son frère, interprétait le rôle de Mondor, le maître du valet Tabarin.

 

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Les deux frères exerçaient leurs talents sur les tréteaux de la Place Dauphine et sur le Pont-Neuf.

 

Vêtu d'un « tabar », un manteau qui s'attachait à la hauteur des manches, d'un pantalon de toile blanche et coiffé d'un feutre imposant, Tabarin haranguait les passants. Il se livrait à des « tabarinades », des dialogues philosophiques au ton très incisif. Il vendait aussi des remèdes contre les brûlures, les crevasses, les maux de dents et des baumes de « charlatan ».

 

Il prétendait que son chapeau lui avait été offert par le dieu Saturne, à la condition de ne jamais le vendre ou le donner.

 

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Les éditions des farces de Tabarin connurent un franc succès et de nombreuses publications entre 1622 et 1634. Ce théâtre baroque exerça une vive influence sur les oeuvres de Molière et de la Fontaine.

 

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Les marchands d'orviétan (gravure du XVIIe siècle).

 

L'orviétan était un électuaire conçu en Toscane par un certain Lupi d'Orviéto, d'après une vieille recette attribuée au roi Mithridate. Il était réputé soigner la peste, les morsures d'animaux, les inflammations, les ulcères, neutraliser les poisons et le venin de serpent...

 

La Pompe de la Samaritaine

 

En 1608, la pompe de la Samaritaine fut érigée, par l'ingénieur flamand Jean Lintlaer, sur la deuxième arche du pont à partir de la rive droite. Il s'agissait « d'une grande maison à pans de bois, portée sur d'énormes poutres, sous lesquelles tournaient deux immenses roues de moulins. L'édifice avait deux étages, plus un grand toit aigu à deux rangs de lucarnes. » Sa façade était décorée d'un bas-relief en bronze qui figurait le Christ et la Samaritaine. Une magnifique horloge, ornée d'un soleil, d'une lune et d'un Zodiaque, et un carillon de clochettes se situaient au-dessus. Cette « machine » fort ingénieuse alimentait en eau le Louvre et les Tuileries.

 

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Sur cette toile de Nicolas-Jean-Baptiste Raguenet, peinte en 1777, on aperçoit le bâtiment de la Samaritaine reconstruit en 1712, sur les plans de l'architecte Robert de Cotte.

 

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L'ensemble sera malheureusement détruit en 1813.

 

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La Samaritaine, véritable « institution » parisienne, fermée pour travaux depuis plusieurs années, fut fondée en 1869 par Ernest Cognacq et aménagé par son épouse, Marie-Louise Jaÿ, ancienne première vendeuse au rayon « costumes » du Bon Marché. En 1900, naquirent les « Grands Magasins de la Samaritaine ».Ils feront l'objet d'un prochain article...

 

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Le Pont-Neuf avant la construction de la Samaritaine.

(Image trouvée dans l'ouvrage Promenades dans le Paris disparu.)

 

Je voudrais clore cette promenade en « ressuscitant » quelques expressions d'antan associées au Pont-Neuf.

 

Un « pont-neuf » était une chanson populaire, satirique et humoristique.

 

Dans le tumulte constant, on venait « faire sa cour au roi de bronze », c'est à dire se chauffer au soleil, jouir de la lumière et de l'ambiance locale.

 

« Être solide comme le Pont-Neuf » signifiait être en bonne santé, rempli de vigueur.

 

« C'est connu comme le Pont-Neuf! »: l'expression se passe de commentaire.

 

« Chanter un pont-neuf » signifiait dire ou chanter un lieu commun.

 

 

Le monde « moderne » a aussi été inspiré par le Pont-Neuf.

 

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Un clin d'oeil... le pont empaqueté dans son intégralité par l'artiste Christo.

 

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Henri IV, transformé en Chevalier Jedi par Jean-Charles de Castelbajac, en 2010.

Le sceptre fleurdelysé est devenu sabre laser...

 

 

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Le Pont-Neuf impressionne par sa puissance et sa modernité. Il jaillit, dans le paysage urbain, tel une bête moyennâgeuse, mais il résulte d'une vision nouvelle. A l'époque d'Henri IV, son architecture prit en compte la notion « d'espace piétonnier », offrit aux passants une vue dégagée sur le fleuve et brisa l'uniformité à laquelle les parisiens étaient habitués. En rompant avec les « codes » existants, il institua une autre manière de circuler.

 

Quant à son décor, il n'a cessé de stimuler l'imagination des artistes...

 

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Bibliographie

 

François BOUCHER: Le Pont-Neuf. Paris: 1925-1926.

 

Charles Jean LAFOLIE: Mémoires historiques relatifs à la fonte et à l'élévation de la statue équestre de Henri IV. Paris: 1819.

 

Guy LAMBERT: Les Ponts de Paris. Paris: 1999.

 

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