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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

neuf

Publié le par maplumefee
Publié dans : #jpg, #neuf, #paris, #tour, #tresor

 

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Neuf Années de présence sur la toile, en votre compagnie, chers Aminautes !

 

Neuf petites flammes qui ont dansé et qui inventent, au cœur d'une aventure esthétique que j'aime infiniment, une dixième flamme et, je l'espère, bien d'autres !

 

Je veux vous dire MERCI, de tout cœur, pour votre fidélité et le soutien apporté en raison de mon état de santé.

 

Pour fêter cet anniversaire, j'ai eu envie de publier ou de republier des photos que j'aime, tout simplement... Un florilège d'images qui sont autant d'instantanés d'émotions.

 

Belles pensées pour vous, je vous envoie de gros bisous et je rajoute, en souvenir de notre amie Lady Marianne, un poème en ce mardi. J'ai choisi « L'Artiste », de Maurice Carême (1899-1978).

 

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L'Artiste

 

« Il voulut peindre une rivière,

Elle coula hors du tableau.

 

Il peignit une pie grièche,

Elle s’envola aussitôt.

 

Il dessina une dorade,

D’un bond, elle brisa le cadre.

 

Il peignit ensuite une étoile,

Elle mit le feu à la toile.

 

Alors, il peignit une porte

Au milieu même du tableau.

 

Elle s’ouvrit sur d’autres portes,

Et il entra dans le château. »

 

Poème issu du recueil « Entre Deux Mondes » paru en 1970.

 

 

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Album de photos pour célébrer les Neuf ans de mon Jardin sur la Toile...

 

J'ai pris plaisir à retourner dans les publications de mon blog. Plaisir de marcher le long de la Seine et de contempler La Conciergerie, de présenter des lieux secrets dans Paris et de revenir, au fil du temps, me lover dans l'écrin du Jardin des Tuileries, du Luxembourg, du Parc de Bercy, du Parc Monceau... Plaisir de plonger dans mes rêveries entre les boiseries de la Maison Eymonaud ou parmi les rhododendrons de la rue du Trésor, dans le maillage fascinant des rues du Marais...

 

En cliquant sur les liens présents dans mon article, vous pouvez retrouver l'historique des lieux évoqués à travers les photos.

 

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Conciergerie... Ce vestige de l'ancien Palais de la Cité a des allures de château féerique mais l'Histoire y a semé son lot de tragédies.

Des tours en poivrière rythment la majestueuse façade. La Tour de l'Horloge se dresse à l'angle nord-est du palais, tour de guet rectangulaire au clocheton fin et scintillant. Je vous conterai bientôt son histoire et celle de la magnifique horloge qu'elle abrite...

 

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Les tours jumelles que vous apercevez sur cette vue plus rapprochée datent du règne de Philippe le Bel (1268-1314) qui fit remodeler et agrandir le palais. La Tour de César, à gauche, fait référence à la présence romaine dans l'Île de la Cité et la Tour d'Argent, à droite, garde le souvenir du trésor royal.

 

La tour isolée ou Tour Bonbec, un petit peu plus loin, est la plus ancienne de l'édifice. Ses soubassements datent du règne de Saint-Louis (1214-1270) mais elle fut surhaussée au XVIe siècle et coiffée de sa tourelle conique. Elle abritait la sinistre salle où était pratiquée la question.

 

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Grâce à l'ouverture des voies sur berge dans la capitale, on peut bénéficier d'un panorama exceptionnel sur l'Île de la Cité. J'aime savourer la subtile palette des couleurs, la beauté porcelainée du ciel ou les tons d'orage qui hantent le paysage.

 

J'ai une quantité impressionnante de photos prises à l'intérieur et à l'extérieur de la Conciergerie et que je n'ai pas encore publiées alors je compte bien préparer, à ce sujet, une série d'articles. Ainsi nous reparlerons de ce superbe monument.

 

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 Pour célébrer les neuf ans de mon blog, je poursuis ma promenade à travers les beautés de Paris. Je feuillette les pages d'un livre à la fois réel et imaginaire...

 

 

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Je contemple heurtoirs et boiseries d'apparat de l'Hôtel de Béhague, appelé « la Byzance du VIIe arrondissement » et perçu comme l'une des plus prestigieuses demeures « Belle-Époque » de Paris.

 

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http://maplumefeedansparis.eklablog.com/les-splendeurs-de-l-hotel-de-behague-a129273782

 Le lien permet de retrouver l'histoire de ce splendide édifice devenu Ambassade de Roumanie.

 

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Des boiseries ornées de motifs d'inspiration rocaille : coquilles, entrelacs, oves, masques, palmettes, rinceaux, grappes de raisin, trophées de musique et d'art...

 

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Des trésors à explorer...

 

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Je redécouvre aussi les visages poupins et les ombellifères qui ornent l'élégante façade du Café Roussillon, rue Cler, dans le 7e arrondissement de Paris.

 

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http://maplumefeedansparis.eklablog.com/les-ombelliferes-du-cafe-roussillon-a148957698

 

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Je maraude comme un chat vers la Maison Eymonaud, ancien Hôtel de l'Escalopier, demeure située dans le Montmartre secret, au fond d'une impasse appelée Marie-Blanche.

 

http://maplumefeedansparis.eklablog.com/la-maison-eymonaud-ancien-hotel-de-l-escalopier-a131491706

 

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Je suis accueillie par une myriade de personnages sculptés qui chuchotent des histoires et m'invitent à emprunter un fascinant escalier...

 

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Je promène mes rêveries dans la Rue du Trésor, charmante impasse ombragée, située au cœur du Marais, où l'on chemine à des années lumière de l'agitation des grandes voies parisiennes et où il y eut réellement un trésor...

 

http://maplumefeedansparis.eklablog.com/la-rue-du-tresor-a145660678

 

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La rue se pare d'une infinité de fleurs, des rhododendrons de plusieurs couleurs, à la saison propice...

 

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Je salue ensuite les Ondines de la Fontaine de la Porte d'Auteuil...

 

http://maplumefeedansparis.eklablog.com/la-fontaine-de-la-porte-d-auteuil-a132270854

 

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Et le chimérique bestiaire marin de la Fontaine Gaillon, dans le 2e arrondissement de Paris.

 

http://maplumefeedansparis.eklablog.com/le-bestiaire-marin-de-la-fontaine-gaillon-a142702846

 

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L'enfant au dauphin, les poissons fantastiques...

 

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A proximité, je suis observée par un visage avenant...

 

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En attendant de vous retrouver pour d'autres promenades à travers Paris et ses alentours, je vais lover mes pensées dans le vert et les alcôves parfumées qui rythment la trame romantique de la Roseraie de Bercy... En pensant bien à vous...

 

http://maplumefeedansparis.eklablog.com/la-roseraie-et-les-parterres-de-bercy-a100974845

 

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Gros bisous et merci de votre fidélité !

 

Prenez bien soin de vous...

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #fut, #neuf, #pierre, #pont, #statue

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Le samedi 31 mai 1578, Henri III, rongé par le chagrin, posa la première pierre du Pont-Neuf.

 

En tenue de grand deuil, le roi pleurait la mort de Quélus et de Maugiron, deux de ses favoris tués en duel. Il avait emprunté une barque luxueusement parée pour rejoindre son épouse, Louise de Vaudémont et la reine mère, Catherine de Médicis, qui l'attendaient parmi les dignitaires de la Cour.

 

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Les travaux amorcés ce jour-là, sur la requête de Pierre Lhuillier, le prévôt des marchands, furent interrompus pendant les guerres de religion. Ils reprirent en 1599, sous le règne d'Henri IV, et furent achevés le 8 juillet 1606. Ils donnèrent naissance au plus grand pont de Paris, le plus ancien aussi.

 

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Le Pont-Neuf est constitué de deux ponts indépendants qui se réunissent au niveau d'un terre-plein, formant la pointe de l'île du Palais. Le premier pont se situe sur le grand bras de la Seine et comporte sept arches. L'autre pont, doté de cinq arches, domine le petit bras du fleuve.

 

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Avant la construction du Pont-Neuf, les ponts de la Cité étaient vétustes et encombrés de maisons qui formaient des alignements sombres et monotones. En 1556, il fut question de créer un pont entre le Louvre et l'Hôtel de Nesle (attenant à la célèbre tour du même nom) mais le projet n'aboutit pas avant l'année 1578 où il fallut absolument détourner la circulation qui encombrait les ponts au Change et Notre-Dame.

 

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Conçu par Baptiste Androuet du Cerceau et Pierre des Iles, le Pont-Neuf connut de prestigieux « maîtres maçons » comme Thibault Métezeau, Guillaume Marchand et les Frères Petit.

 

Il se caractérisa dès le départ par sa modernité: des arches en pierre de taille, une large chaussée, des trottoirs surélevés de plusieurs marches pour assurer la protection des piétons; des demi-lunes, espaces semi-circulaires rythmant l'architecture...

 

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Les flancs du pont sont ornés de 381 mascarons aux expressions grotesques, souvent truculentes et parfois même inquiétantes. Mais ces visages de pierre, qui représentent des satyres, des sylvains et des divinités fluviales, ont un charme bien caractéristique. Les masques originaux ont été attribués à Germain Pilon, l'un des maîtres sculpteurs de la Renaissance française.

 

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Germain Pilon en a probablement réalisé une vingtaine. Les autres ont vu le jour sous les ciseaux de différents sculpteurs. Les musées de Cluny et Carnavalet conservent une partie des mascarons primitifs.

 

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Entre 1853 et 1855, l'architecte Victor Baltard, le créateur des célèbres Halles, installa sur la promenade des candélabres décorés de têtes du dieu Neptune alternant avec des dauphins fantastiques.

 

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Ce répertoire décoratif a été conçu pour s'harmoniser avec l'architecture de la Place Dauphine et de la rue Dauphine, située dans le prolongement du Pont-Neuf.

 

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La Place Dauphine fut nommée ainsi en l'honneur du Dauphin, le futur Louis XIII.

 

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La Place Dauphine

 

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En 1763, le lieutenant général de police, Antoine de Sartine fit installer les premiers réverbères rue Dauphine mais dans le premier quart du XVIIe siècle, c'était autour d'une figure populaire et monarchique que la foule se pressait.

 

La statue équestre d'Henri IV

 

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Le roi de bronze qui contemple les splendeurs de la Cité eut une histoire bien mouvementée.

 

En 1604, la reine Marie de Médicis souhaita faire ériger une effigie équestre de son époux à l'endroit où les deux ponts se réunissaient. Le projet fut confié, par l'entremise de son oncle Ferdinand Ier, au sculpteur Jean de Bologne. L'artiste avait créé la statue équestre de Cosme Ier, grand-duc de Toscane et aïeul de Marie.

 

Après la mort de Jean de Bologne en 1608, la réalisation de la statue fut confiée à Pietro Tacca. Le cheval et son cavalier furent achevés en 1612. Ils quittèrent Florence par la mer mais le navire qui les transportait fit naufrage. Il fallut repêcher les caisses et les faire transporter, par des moyens terrestres et maritimes, jusqu'à Paris. La première pierre du socle fut installée par Louis XIII, le 2 juin 1614.

 

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Du piédestal de la statue, il subsiste au Louvre quatre figures de captifs enchaînés, fondus en 1618 par Francesco Bordoni d'après les modèles de son beau-père, Pierre Francqueville.

 

La statue ne fut pas épargnée par la Révolution. En 1790, un bureau d'enrôlements volontaires fut installé au pied des marches et en 1792, le cavalier de bronze fut brisé en plusieurs morceaux. Certains furent fondus, d'autres jetés à la Seine. Quelques fragments ont été conservés. Ils se trouvent aujourd'hui au Louvre. En lieu et place d'Henri IV, les Révolutionnaires dressèrent les « Tables des Droits de l'Homme ».

 

A la Restauration, le Conseil Municipal décida de faire reconstruire le monument. Pour célébrer l'entrée de Louis XVIII à Paris, le 3 mai 1814, une statue en plâtre, réalisée par le sculpteur Henri Roguier, fut installée sur le pont. On lisait sur le socle: « Le retour de Louis fait revivre Henri ».

 

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La statue actuelle fut réalisée par François Lemot (1772-1827). Henri IV se présente en armure, la tête ceinte d'une couronne de laurier. Il brandit un sceptre à fleur de lys et chevauche un puissant destrier. Le piédestal est décoré de deux bas-reliefs historiés. Du côté sud, Henri IV fait entrer des vivres dans Paris assiégé.

 

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Du côté nord, le roi vainqueur proclame la paix sur le seuil de Notre-Dame.

 

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L'érection de la nouvelle statue.

 

Le 25 août 1818, une foule haletante se pressa sur le Pont-Neuf pour assister à l'inauguration du cavalier de bronze, fondateur de la lignée des Bourbon, par son héritier, le roi Louis XVIII.

 

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L'inauguration, par Hippolyte Lecomte.

 

En 2004, la statue, érodée par les intempéries, a révélé, au cours de sa restauration, différents objets, contenus dans des boîtes. Les restaurateurs y ont découvert des médailles gravées de l'époque de Louis XVIII, une édition richement ornée de la Henriade de Voltaire, des procès-verbaux, la Charte Constitutionnelle et bien d'autres « secrets » historiques. Certains chroniqueurs ont relaté l'existence d'une petite statue de Napoléon en or dans le bras levé du cavalier ou d'une figurine en bronze dans la patte droite du cheval.

 

Des pamphlets anti-monarchiques ont aussi été retrouvés dans le ventre du cheval.

 

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En empruntant, derrière la statue, ces escaliers de pierre assez raides, on découvre un lieu plus « intime » qui avance sur l'eau, en direction du Pont des Arts et du Louvre.

 

Le square du Vert Galant

 

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Un lundi de février, une atmosphère fantomatique... le lieu est déserté mais la promenade est fort agréable.

 

Jusqu'à la construction du Pont-Neuf, l'île de la Cité s'achevait par le Jardin du Roi (actuelle Place Dauphine). Cette « pointe » fut créée par la réunion de trois îlots: l'île du Patriarche ou île Bussy, l'île de la Gourdaine puis de la Monnaie (un moulin y utilisait l'énergie hydraulique pour battre la Monnaie Royale) et l'île aux Juifs, aux Treilles ou aux Bureau (du nom de Hugues Bureau au XVe siècle).

 

Une plaque enchâssée dans la pierre du pont « ressuscite » une figure majeure de l'Histoire de France, Jacques de Molay, le dernier grand-maître des Templiers,

 

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Le 11 ou le 18 mars 1314, Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay, le précepteur des Templiers de Normandie, furent brûlés vifs, dans l'île de la Cité, en face du quai des Augustins.

 

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(Gravure d'Auguste Maquet)

 

 

Sous l'Empire, Napoléon projeta de construire, à cet emplacement, un obélisque « à la gloire du peuple français ». Les fondations du terre-plein furent alors consolidées, avec de nombreuses pierres provenant de la Bastille, mais le monument ne vit jamais le jour.

 

Le square fut créé en 1836. Jusqu'en 1879, il abrita un café-concert et fut cédé par l'État, pour un franc symbolique, à la ville de Paris, en 1884.

 

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Le long du petit bras du fleuve, laissons voguer nos regards sur les moirures de l'eau. Les bateaux amarrés sont une invitation au voyage...

 

 

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Les facétieux mascarons se laissent admirer à loisir.

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De grandes oreilles, des cornes, des expressions outrancières, des trognes de fantaisie, ils s'inscrivent dans une longue tradition de têtes décorées venues d'Italie.

 

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Les masques et les visages de pierre sont dotés de vertus magiques depuis l'Antiquité. Ils ont pour vocation de repousser les forces maléfiques et d'attirer la prospérité. Ils se présentent comme les génies du lieu, les divinités protectrices de la cité.

 

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Tiens, c'est moi avec mon « éternelle » écharpe rouge et mon appareil photo!!! J'étais encore en train d'imaginer que les mascarons me racontaient l'histoire du Pont-Neuf...

 

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Ce monde grotesque et fantastique nous invite à traverser le temps pour découvrir l'atmosphère qui régnait autrefois sur le pont. Ce lieu très animé était investi, pendant la journée, par une foule bruyante et pittoresque mais la nuit, toute personne qui tenait à la vie évitait de s'y promener...

 

Les tire-laine et les coupeurs de bourses évoluaient parmi le « beau monde » et les « petites gens », les vendeurs ambulants et les bretteurs qui allaient s'affronter sur la Place Dauphine toute proche.

 

Dès que le pont fut terminé, des boutiques portatives s'implantèrent sur les trottoirs ou « banquettes » qui bordaient les demi-lunes. On trouvait des bouquinistes et des marchands d'encre, des merciers, des fruitiers, des confiseurs, des tondeurs de chiens, des cireurs de bottes, des cuisiniers... De gros beignets de pommes, appelés « beignets du Pont-Neuf », étaient particulièrement appréciés.

 

En 1756, le lieutenant de police ordonna la suppression de ces boutiques mais elles réapparurent, sous le règne de Louis XVI, à l'intérieur des demi-lunes. Elles n'étaient plus en bois mais en pierre. Elles disparurent définitivement en 1855.

 

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Les mendiants se précipitaient, depuis la Cour des Miracles, sur les portières des carrosses.

 

Les « arracheurs de dents » du Pont-Neuf étaient célèbres dans tout le royaume mais leur rôle ne se cantonnait pas seulement à « tirer les quenottes ». Habiles bonimenteurs, ils vendaient toutes sortes d'objets, des prestations étranges et des remèdes miracles.

 

Le Théâtre de Mondor et de Tabarin

 

Antoine Girard (1584-1626), dit Tabarin, était un célèbre bateleur et comédien de l'époque de Henri IV. Philippe Girard, son frère, interprétait le rôle de Mondor, le maître du valet Tabarin.

 

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Les deux frères exerçaient leurs talents sur les tréteaux de la Place Dauphine et sur le Pont-Neuf.

 

Vêtu d'un « tabar », un manteau qui s'attachait à la hauteur des manches, d'un pantalon de toile blanche et coiffé d'un feutre imposant, Tabarin haranguait les passants. Il se livrait à des « tabarinades », des dialogues philosophiques au ton très incisif. Il vendait aussi des remèdes contre les brûlures, les crevasses, les maux de dents et des baumes de « charlatan ».

 

Il prétendait que son chapeau lui avait été offert par le dieu Saturne, à la condition de ne jamais le vendre ou le donner.

 

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Les éditions des farces de Tabarin connurent un franc succès et de nombreuses publications entre 1622 et 1634. Ce théâtre baroque exerça une vive influence sur les oeuvres de Molière et de la Fontaine.

 

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Les marchands d'orviétan (gravure du XVIIe siècle).

 

L'orviétan était un électuaire conçu en Toscane par un certain Lupi d'Orviéto, d'après une vieille recette attribuée au roi Mithridate. Il était réputé soigner la peste, les morsures d'animaux, les inflammations, les ulcères, neutraliser les poisons et le venin de serpent...

 

La Pompe de la Samaritaine

 

En 1608, la pompe de la Samaritaine fut érigée, par l'ingénieur flamand Jean Lintlaer, sur la deuxième arche du pont à partir de la rive droite. Il s'agissait « d'une grande maison à pans de bois, portée sur d'énormes poutres, sous lesquelles tournaient deux immenses roues de moulins. L'édifice avait deux étages, plus un grand toit aigu à deux rangs de lucarnes. » Sa façade était décorée d'un bas-relief en bronze qui figurait le Christ et la Samaritaine. Une magnifique horloge, ornée d'un soleil, d'une lune et d'un Zodiaque, et un carillon de clochettes se situaient au-dessus. Cette « machine » fort ingénieuse alimentait en eau le Louvre et les Tuileries.

 

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Sur cette toile de Nicolas-Jean-Baptiste Raguenet, peinte en 1777, on aperçoit le bâtiment de la Samaritaine reconstruit en 1712, sur les plans de l'architecte Robert de Cotte.

 

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L'ensemble sera malheureusement détruit en 1813.

 

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La Samaritaine, véritable « institution » parisienne, fermée pour travaux depuis plusieurs années, fut fondée en 1869 par Ernest Cognacq et aménagé par son épouse, Marie-Louise Jaÿ, ancienne première vendeuse au rayon « costumes » du Bon Marché. En 1900, naquirent les « Grands Magasins de la Samaritaine ».Ils feront l'objet d'un prochain article...

 

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Le Pont-Neuf avant la construction de la Samaritaine.

(Image trouvée dans l'ouvrage Promenades dans le Paris disparu.)

 

Je voudrais clore cette promenade en « ressuscitant » quelques expressions d'antan associées au Pont-Neuf.

 

Un « pont-neuf » était une chanson populaire, satirique et humoristique.

 

Dans le tumulte constant, on venait « faire sa cour au roi de bronze », c'est à dire se chauffer au soleil, jouir de la lumière et de l'ambiance locale.

 

« Être solide comme le Pont-Neuf » signifiait être en bonne santé, rempli de vigueur.

 

« C'est connu comme le Pont-Neuf! »: l'expression se passe de commentaire.

 

« Chanter un pont-neuf » signifiait dire ou chanter un lieu commun.

 

 

Le monde « moderne » a aussi été inspiré par le Pont-Neuf.

 

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Un clin d'oeil... le pont empaqueté dans son intégralité par l'artiste Christo.

 

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Henri IV, transformé en Chevalier Jedi par Jean-Charles de Castelbajac, en 2010.

Le sceptre fleurdelysé est devenu sabre laser...

 

 

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Le Pont-Neuf impressionne par sa puissance et sa modernité. Il jaillit, dans le paysage urbain, tel une bête moyennâgeuse, mais il résulte d'une vision nouvelle. A l'époque d'Henri IV, son architecture prit en compte la notion « d'espace piétonnier », offrit aux passants une vue dégagée sur le fleuve et brisa l'uniformité à laquelle les parisiens étaient habitués. En rompant avec les « codes » existants, il institua une autre manière de circuler.

 

Quant à son décor, il n'a cessé de stimuler l'imagination des artistes...

 

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Bibliographie

 

François BOUCHER: Le Pont-Neuf. Paris: 1925-1926.

 

Charles Jean LAFOLIE: Mémoires historiques relatifs à la fonte et à l'élévation de la statue équestre de Henri IV. Paris: 1819.

 

Guy LAMBERT: Les Ponts de Paris. Paris: 1999.

 

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