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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #jardin, #jpg, #paris, #plages, #sable

 

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Du samedi 8 juillet au dimanche 3 septembre, le long des quais de Seine, sur le parvis de l'hôtel de ville et dans le cadre rénové du bassin de la Villette, les promeneurs auront le plaisir d'apprécier la 16 édition de Paris Plages.

 

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Chers aminautes, vous savez combien j'aime flâner sur les bords de Seine, observer de près les ponts de Paris et les détails d'architecture inaccessibles lors du passage des voitures. Bref, vous savez combien je plébiscite cette réappropriation de l'espace urbain.

 

Réappropriation qui va durer dans le temps puisque c'est officiel, le parc «Rives de Seine» et ses aménagements dédiés aux loisirs, au sport, aux circulations douces... s’étend sur près de sept kilomètres et sur les deux rives du fleuve, du bassin de l’Arsenal à Bastille jusqu’au Champ-de-Mars et à la tour Eiffel. Les voitures n'y circulent plus.

 

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A Paris Plages, chacun a ses habitudes... On peut marcher le long de l'eau, se restaurer, lire sous les parasols de la bibliothèque éphémère, profiter des animations sportives... ou ne rien faire. C'est comme on veut...

 

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Cette année, la nouveauté est la disparition du sable. Pour des raisons éthiques et déontologiques, la Mairie de Paris n'a pas reconduit le contrat qui la liait à son fournisseur, le groupe Lafarge, accusé d'avoir entretenu des relations « commerciales » avec Daesh. Le rôle de Lafarge auprès des terroristes étant sous l’œil de la justice, il n'était pas concevable de faire appel à cet équipementier et il n'était pas évident de solliciter un autre partenaire car Lafarge s'est imposé au fil du temps comme le maître des matières premières et des infrastructures de transport. Exit donc les 3500 tonnes de sable doré qui faisaient la joie des petits et des grands et place à une autre solution. La Mairie de Paris a remplacé les zones sableuses par des mosaïques de jardins fleurant bon la lavande et les herbes sauvages. Une excellente initiative à mon goût !

 

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De plus, l'argent dévolu jusque là au coût du sable a été utilisé pour développer des aires de jeux et un supplément d'animations sportives et culturelles.

 

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Petits bouts de jardins installés, au rythme de la promenade, là où passaient auparavant les voitures. On y voit danser des abeilles et des papillons (trop rapides pour que je les photographie) et les fleurs y sont allègrement butinées.

 

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 Un « hôtel » pour les abeilles et les insectes désireux de l'occuper...

 

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Outre les bouts de jardins, la Mairie a mis en place, le long des vieux quais, des arbres fruitiers, dans des pots ou sur le mode de la culture en espalier. Les pommiers s'y plaisent, ils sont robustes et leurs fruits pleins de promesses...

 

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 Belle idée que celle de cette recyclerie de vélos !

 

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J'ai beaucoup aimé ce parcours d'aventures en bois où les noms des arbres se dessinent comme des mots magiques...

 

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... et qui se termine par cette tête de serpent !

 

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Entre les jardins et les pommiers se dressent des murs d'escalade et des possibilités de faire du sport en longeant la Seine.

 

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Le plaisir est au rendez-vous !

 

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Et le jardin des brumes est le bienvenu quand il fait chaud...

 

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Je vous montrerai d'autres photos de Paris Plages au fil de l'été. En attendant, je vous souhaite de belles vacances et je vous dis merci pour vos charmants petits mots. Reposez-vous bien. A très bientôt !

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #Acis, #fontaine, #fut, #Galatée, #jardins italiens, #jpg, #Marie de Médicis, #medicis, #néréide, #nymphées, #paris, #Polyphème, #XVIe, #XVIIe

 

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Entre lumière et ombre, Acis et Galatée « incarnent » l'esprit luxuriant et sensuel de cette fontaine qui s'inspire des nymphées en vogue dans les jardins italiens aux XVIe et XVIIe siècles.

 

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Dans l'écrin de verdure du Palais du Luxembourg, la reine Marie de Médicis (1575-1642) voulut recréer une scénographie proche de celle des jardins florentins de son enfance. Elle en confia l'élaboration à l'architecte Salomon de Brosse (1571-1626) et à l'ingénieur Thomas Francine (Tommaso Francini, 1571-1651) qui dessina les plans de la « Grotte Médicis » aux alentours de 1630.

 

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Dans la Grèce antique, le nymphée était un sanctuaire consacré aux nymphes, les gardiennes des bois, des montagnes et des sources. A proximité d'une source, le nymphée était une grotte naturelle ou une fausse grotte constituée de rochers et d'un décor de rocaille.

 

Dans la Rome ancienne, le nymphée devint une fontaine monumentale décorée de sculptures et sublimée par des jeux d'eau. Il contemplait un grand bassin ou un ensemble de bassins.

 

Au XVIIe siècle, pour alimenter le nymphée du Luxembourg ou « Grotte Médicis », Thomas Francine, Intendant Général des Eaux et Fontaines Royales, fut à l'origine d'un ingénieux système destiné à acheminer les eaux de Rungis, via l'aqueduc d'Arcueil, vers les faubourgs de Paris. Son travail inspira la construction du nymphée du château de Wideville, en 1636, dans les Yvelines.

 

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(Le nymphée de Wideville. Cette gravure provient du site du Sénat).

 

La façade de la « Grotte Médicis » était composée de trois niches en cul de four que séparaient quatre colonnes toscanes au fût bagué orné de bossages et de congélations.

 

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Un grand fronton portant les armes d'Henri IV et des Médicis la couronnait. Il était surmonté par des pots à feu et encadré par deux figures allongées représentant le Rhône et la Seine, réalisées par le sculpteur Pierre Biard (1592-1661). De chaque côté, s'étendait un mur décoré d'arcades. (Gravure datant de 1752, parue dans l'ouvrage de Jean-François Blondel, Architecture française, t. II, planche 189.)

 

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Le Rhône

 

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La Seine

 

Après la Révolution, la grotte fut restaurée par Jean-François-Thérèse Chalgrin (1739-1811). Architecte du palais depuis 1780, il réaménagea le jardin et sollicita, pour restituer les allégories fluviales, les sculpteurs Ramey, Duret et Talamona. Une petite statue de la déesse Vénus (visible sur la gravure ci-dessous) fut placée dans la niche centrale. Les armes de France et des Médicis disparurent au profit d'un rectangle à congélations et la grotte évolua davantage en fontaine.

 

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Dessin de la grotte par Jean-Baptiste Maréchal, en 1786. De grands arbres entouraient le monument pour lui donner un aspect plus pittoresque encore.

 

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Cette photographie de la grotte, trouvée sur le site du Sénat, fut réalisée vers 1860.

 

En 1862, la rue Médicis fut ouverte à l'initiative du Préfet Haussmann (1809-1891) et la fontaine dut être déplacée et rapprochée du palais, « d'environ trente mètres ». Une scénographie nouvelle fut alors orchestrée par l'architecte Alphonse de Gisors (1796-1866) qui commanda des statues au sculpteur Auguste Ottin (1811-1890) et fit réaliser devant la fontaine un bassin d'une cinquantaine de mètres.

 

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Le bassin, en direction du palais.

 

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Magnifique voie d'eau menant à la fontaine...

 

Les sculptures décrivent la tragique histoire des amants Acis et Galatée, relatée par le poète latin Ovide (43 avant J.C-17 après J.C) dans Les Métamorphoses.

 

Fille de Nérée, le dieu de la mer primitive, et de Doris, une océanide, Galatée est une néréide. Le cyclope Polyphème tomba passionnément amoureux de cette nymphe marine, « à la peau blanche comme le lait », mais Galatée lui préféra le charmant berger Acis. Fou de douleur et de jalousie, Polyphème écrasa son rival sous un rocher.

 

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Les amants ont l'air seuls au monde mais le danger les domine sous les traits de Polyphème.

 

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Polyphème le cyclope est l'incarnation des forces brutes de la Nature. Fils de Gaïa, la Terre, il prend appui sur le rocher et s'apprête à « punir » les amoureux. Sa rude silhouette de bronze et son visage empreint d'une cruauté désespérée s'opposent aux lignes voluptueuses et pures des corps de marbre blanc.

 

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La légende de ces amants infortunés connut son œuvre de gloire au XVIIe siècle. En 1686, Jean-Baptiste Lully (1632-1687) composa l'opéra « Acis et Galatée ». Cette « pastorale » grandiose fut jouée pour la première fois devant le Grand Dauphin, fils de Louis XIV et, pendant de nombreuses années, elle fut donnée régulièrement et toujours très appréciée du public.

 

 

De part et d'autre du cyclope, se dressent deux statues de pierre, réalisées par Auguste Ottin et situées chacune dans une niche surmontée d'un masque de satyre. Il s'agit d'un faune et d'une chasseresse.

 

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Un faune (une interprétation du dieu Pan)

 

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Une chasseresse (la déesse Diane)

 

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Trogne grimaçante et pittoresque évoquant celles des mascarons du Pont-Neuf.

 

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Devant le rectangle à congélations, Alphonse de Gisors fit restituer les armes de France et des Médicis et en 1862, lors du déplacement de la fontaine Médicis, il fit adosser à celle-ci un monument que l'on appelait fontaine du Regard.

 

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Construite en 1807 pour distribuer les eaux de Rungis, cette fontaine devait son nom à un ancien regard, édifice qui permettait d'accéder aux structures profondes de l'aqueduc d'Arcueil.

 

La fontaine de Léda, ancienne fontaine du Regard

 

Autrefois située au carrefour de la rue de Vaugirard et de la rue du Regard, elle fut démontée en 1856, dans le cadre des grands travaux d'Haussmann, lors du percement de la rue de Rennes.

 

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Édifiée sur les plans de François-Jean Bralle (1750-1831), ingénieur en chef des Ponts et Chaussées et maître d’œuvre des travaux hydrauliques de la Ville de Paris, elle appartenait à un ensemble de quinze fontaines commandées par Napoléon Ier (1769-1821) dans le but d'assainir et de moderniser la capitale.

 

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Alphonse de Gisors la fit agrémenter d'un nouveau soubassement (quatre pilastres encadrent trois mascarons de bronze) et d'un nouveau fronton flanqué de deux nymphes ou naïades allongées.

 

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Il fit restaurer les élégants pots à feu.

 

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Les deux jolies naïades qui s'ébattent sur les rampants du fronton couronnant le bas-relief sont l’œuvre du sculpteur Jean-Baptiste-Jules Klagmann (1810-1867).

 

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La gracieuse demi-coupole permet de raccorder la fontaine de Léda, de la manière la plus esthétique possible, à la fontaine Médicis.

 

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Sur l'inscription, la mention à l'architecte Jacques de Brosse est une erreur. Il s'agit de l'architecte Salomon de Brosse qui construisit pour la reine Marie de Médicis le magnifique palais où siège le Sénat. J'ai eu l'occasion d'en visiter l'intérieur et je vous en montrerai les beautés. Patience, patience... wink2

 

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Encadré par des dauphins fantastiques dont les queues enlacent les instruments du dieu Neptune (gouvernail, trident...), le bas-relief qui donne son nom à la fontaine est, comme je l'écrivais plus haut, une réalisation du sculpteur Achille Valois (1785-1862). En remplacement d'un aigle impérial, il représente Léda en compagnie de Jupiter métamorphosé en cygne, sous le regard de Cupidon.

 

La belle caresse le cou de son amant cygne dont le bec de bronze crachait autrefois l'eau dans un bassin elliptique.

 

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Je ne peux que vous souhaiter de belles promenades et rêveries autour de ces deux fontaines qui, par l'entremise d'une subtile scénographie, n'en forment désormais qu'une. Merci à ceux qui prennent si gentiment de mes nouvelles. Merci de votre fidélité. Gros bisous et à très bientôt !

 

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Sources et Bibliographie

 

Gallica.bnf.fr/ Bibliothèque Nationale de France. (Le dessin de la Grotte Médicis par Jean-Baptiste Maréchal: gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b77).

 

Charles BAUCHAL: Nouveau dictionnaire des architectes français. Paris: André, Daly fils et Cie, 1887, 842 p.

 

Spire BLONDEL: L'Art intime et le Goût en France. Grammaire de la curiosité. Paris: E. Rouyere et G. Blond.

 

L'Art pendant la Révolution: beaux-arts, arts décoratifs. Paris: H. Laurens, 1888.

 

Amaury DUVAL: Les Fontaines de Paris, anciennes et nouvelles. Nouvelle édition, Paris: Bance aîné, 1828.

 

Pierre KJELLBERG: Le nouveau guide des statues de Paris. Paris: la Bibliothèque des Arts, 1988.

 

Jean-Charles KRAFFT et Nicolas RANSONNETTE: Plan, coupe, élévation des plus belles maisons et des hôtels construits à Paris et dans les environs. 1801 et années suivantes. Paris: Ch. Pougens et Levrault, in-fol.

 

Théophile LAVALLÉE: Histoire de Paris depuis le temps des Gaulois jusqu'en 1850. Paris: Hetzel, 1852.

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #annee, #autour, #paris, #pont, #soi

 

 

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Chers aminautes, à l'orée de la nouvelle année, j'ai eu envie de vous envoyer ces photos prises en passant sur le pont de la Concorde.

 

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La vue m'a enchantée. J'ai beau contempler Paris depuis bien des années, je reste émerveillée de ses paysages et de l'élégante scénographie de ses monuments. La dame de fer qui pique poétiquement le ciel, le pont Alexandre III et ses lignes de force couronnées par de splendides Renommées d'or, le Grand Palais qui nous conte une myriade d'histoires et, à ses pieds, la Seine en robe changeante qui palpite à la tombée du soir...

 

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J'ai laissé mon regard enjamber l'eau et filer vers ces superbes ouvrages alors qu'autour de moi la circulation grondait. Délicieuse parenthèse dans le cours trépidant de la réalité, moment privilégié où le calme rayonne au cœur des choses alors que tout s'accélère autour de soi. Un sentiment que je voulais partager avec vous...

 

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En vous remerciant de vos vœux et avec de gros bisous, dans l'attente de la nouvelle année !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #bien, #depuis, #jpg, #marché, #marché de Noël, #noel, #paris, #petit

 

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Aux portes de Noël, je vous emmène sur les Champs-Élysées où se déploient des petits chalets qui accueillent des artisans d'art, des restaurants éphémères, des stands de souvenirs et de gourmandises variées mais avant de partager cette balade avec vous, je veux vous remercier, vous qui m'accompagnez si gentiment depuis des années. Merci à celles et ceux qui ont mis leur blog en pause et m'ont présenté leurs vœux par avance. Je vous souhaite également de belles fêtes.

 

Mes crises d'épilepsie, ma méningite et mes souffrances ne sont pas parties en vacances. Je continue de fréquenter les hôpitaux et les jours écoulés ont encore été mouvementés mais je fais le vœu d'avoir un peu de répit le temps des fêtes. Ce serait un beau cadeau...

Je souhaite la même chose à des ami(e)s qui souffrent et se reconnaîtront. Peut-être pourrons-nous réveillonner en paix, sans les « désagréments » qui nous tombent dessus depuis si longtemps ?!!!

 

Gros bisous à tous !

 

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Malgré Vigipirate et le temps glacé, la promenade était très agréable. Autour de nous, régnait un mélange de joie et d'inquiétude. Beaucoup de personnes évoquaient leur crainte d'un nouvel attentat mais, même assorti d'une palpable fébrilité, le plaisir de l'instant était bel et bien là.

Tout au long de cette belle soirée, nous avons croisé des groupes de policiers armés jusqu'aux dents. Cela n'a pas altéré le bonheur des enfants dont les yeux pétillaient. Quant à moi, j'avais besoin d'évacuer les contrariétés associées à mes problèmes de santé alors j'ai juste « profité ».

 

 

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Je n'ai pris que peu de photos des chalets, de nombreux commerçants refusant que leur devanture soit photographiée.

 

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 Des marque-pages que j'adore collectionner.

 

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Un peu plus loin, ce Père Noël de grande taille faisait l'unanimité. J'ai attendu, entre deux vagues de petits chenapans, pour le photographier pendant une pause bien méritée !

 

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Les amoureux des bonshommes de neige -dont je fais partie- ont été particulièrement gâtés !

 

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Depuis l'enfance, ils sont, dans le folklore de Noël, mes personnages préférés.

 

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A côté des esprits de l'hiver, des animaux automates font le bonheur des petits et des grands !

 

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 Le nounours est flou mais bien joli tout de même !

 

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 En quittant les lieux, j'ai photographié la vitrine de Maxim's, joliment illuminée.

 

Voilà, chers aminautes, pour ce petit tour festif au cœur de Paris. Je vous retrouve très bientôt. Amicalement !

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #hotel, #laffemas, #paris, #rue, #saint

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Au numéro 14 de la rue Saint-Julien le Pauvre, face à la petite église orthodoxe dont je vous ai parlé ICI, se dressent les élégants vestiges de l'Hôtel de Laffemas. Cette demeure du XVIIe siècle fut édifiée pour Isaac de Laffemas (1583-1657), lieutenant civil de la Prévôté de Paris, avocat, maître des requêtes et conseiller au Parlement de Bordeaux, à l'emplacement d'un bâtiment du XIVe siècle : la Maison de Carneaulx dont il subsiste quelques pierres incluses dans un morceau de façade.

 

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L'hôtel ne se visite pas mais le fronton de sa porte monumentale est classé. Il abrite des sculptures de belle facture.

 

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 Thémis, la déesse de la Justice, de l'Ordre et de la Loi, est étendue entre des branches d'olivier. Accompagnée d'un angelot qui brandit une rose, elle tient la balance de l'Équité.

 

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 Sa présence se réfère aux hautes fonctions juridiques exercées par le maître des lieux.

 

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 Fille de Gaïa, la déesse de la Terre, Thémis eut avec Zeus, le seigneur des Olympiens, trois filles nommées Équité, Loi et Paix Universelle. Considérée comme une entité clairvoyante et une gardienne des secrets, elle est également décrite dans certains textes comme la mère du titan Prométhée. La fleur qu'elle serre dans sa main droite évoque l'irrémédiable fuite du temps alors qu'au fil des époques, la justice perdure.

 

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Une belle agrafe sculptée domine la porte.

 

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 Le visage que nous observons est celui du héros Hercule paré de la dépouille du Lion de Némée. Ce motif est récurrent au-dessus des entrées de manoirs et d'hôtels particuliers.

 

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 Surtout connu pour ses activités de lieutenant civil et criminel de la Prévôté de Paris, à partir du 10 mars 1637, Isaac de Laffemas était un singulier personnage qui s'illustra dans sa jeunesse en tant que poète, acteur, dramaturge et auteur de Mazarinades.

 La mazarinade est un pamphlet satirique, un libelle en prose burlesque publié à l'époque de la Fronde et visant le cardinal Mazarin (1602-1661). Il y eut des mazarinades particulièrement assassines et d'autres écrites en faveur du ministre afin de contrer les accusations des frondeurs.

 Avocat au Parlement de Paris, Isaac de Laffemas devint conseiller du roi en 1613 et procureur en la chambre de justice en 1620. Dès qu'il entra au service du cardinal de Richelieu (1585-1642), il fut violemment décrié et quand il devint, après 1625, maître de requêtes au conseil privé du roi, ses détracteurs le firent convoquer devant ses pairs.

 Malgré les oppositions farouches qu'il rencontra, il prouva que son passé artistique était compatible avec de hautes fonctions politiques et il occupa, soutenu par Richelieu, d'autres postes élevés : conseiller au parlement de Bordeaux, intendant en Champagne, dans le Pays Messin, dans la généralité d'Amiens...

 L'Histoire a essentiellement retenu son comportement implacable envers les ennemis du Cardinal. À l'origine de la torture et de l'assassinat d'un grand nombre de personnes, il reçut les surnoms de « maître étrangleur » et de « bourreau de son Éminence ».

 Victor Hugo (1802-1885) écrivit à son sujet dans la pièce Marion Delorme, créée le 11 août 1831 au théâtre de la Porte Saint-Martin : « Démon, j'ai dans les yeux la sinistre flamme de ce rayon d'Enfer qui t'illuminait l'âme. »

 

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 Marion Delorme relate l'histoire d'une courtisane qui vécut sous le règne de Louis XIII (1601-1643). L'affiche est signée Léon Choubrac (1847-1885).

 

 Qui sait si le fantôme d'Isaac de Laffemas ne continue pas de hanter les couloirs de l'hôtel où il vécut ?

 

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 Le portail et les vestiges de sa demeure, photographiés en août 1899 par Eugène Atget (1857-1927). Paris, Musée Carnavalet. Les vieilles friches des dépendances de l'Hôtel-Dieu sont visibles au premier plan.

 

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 Le portail apparaît sur cette autre photographie d'Atget, prise avant la démolition du mur de l'annexe de l'Hôtel-Dieu. A cet emplacement, s'étend désormais le Square Viviani.

 

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 La rue Galande et la rue Saint-Julien le Pauvre en 1895, photographiées par Charles Marville (1813-1879). On aperçoit le portail de l'Hôtel de Laffemas.

 

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 Et sur ma photo, émanation d'un passé complexe et tourmenté, il se dresse encore.

 

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 La rue Saint-Julien le Pauvre, riche de monuments ancrés dans la mémoire du vieux Paris, est agréable et pittoresque, comme un petit coin de village niché dans la ville.

 

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 Juste à côté de l'Hôtel de Laffemas, on aperçoit cette devanture.

 

Ribouldingue est un mot populaire qui signifie faire la bringue, la java, la noce, la nouba, la foire... Quand on fait la ribouldingue, -on -riboule et on dingue, d'après de vieux langages régionaux-, on fait bombance sans modération !

 

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 Ribouldingue, Croquignol et Filochard sont les trois Pieds Nickelés, héros d'une BD caustique et pleine d'aventures comico-féroces qui fit voyager les lecteurs pendant la Première Guerre Mondiale, l'Exposition Coloniale de Paris en 1931 ou encore la Prohibition aux États-Unis.

 

Sur le web, le restaurant Ribouldingue est présenté comme fermé depuis quelques temps.

 

En vous remerciant de votre fidélité, je vous souhaite de belles journées de décembre et une joyeuse Saint-Nicolas. Gros bisous !

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #daesh, #eglise, #fut, #julien, #paris, #saint

 

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 A quelques encablures de Notre-Dame, une séduisante petite église au destin complexe borde le square Viviani. Accessible par un lacis de rues ayant échappé aux grands travaux haussmanniens, elle nous ramène, avec l'église Saint-Germain-des-Prés, aux premiers temps de la mémoire religieuse de Paris.

 

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 L'église, photographiée entre 1898 et 1927 par Eugène Atget (1857-1927). Épreuve sur papier albuminé à partir d'un négatif verre au gélatino-bromure d'argent, conservée au Musée d'Orsay.

 

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 Élégance et pureté des lignes du chevet actuel. À l'abside principale sont accolées des absidioles appuyées sur des contreforts dont l'allure est caractéristique des constructions du XIIe siècle.

 

Marquant l'intersection de deux importantes voies romaines -dont le cardo maximus, axe principal orienté nord sud qui passait par la rue Saint-Jacques-, elle fut construite, à une date incertaine, là où se dressait un oratoire du VIe siècle destiné à accueillir les pèlerins de Compostelle. D'après l'historien Grégoire de Tours (538-594), afin de lui assurer une renommée durable, l'évêque Saint-Germain (490-576) aurait séjourné dans ses dépendances et l'aurait dotée des reliques de Saint-Julien de Brioude, un soldat romain converti au christianisme qui aurait subi le martyre en 304.

 

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En réalité, plusieurs « Julien » ont été honorés en ce lieu : Julien le Martyr, évêque de Brioude, Julien le Confesseur, évêque du Mans dit Julien le Pauvre et Julien l'Hospitalier.

 

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Les invasions normandes ne l'épargnèrent pas mais il n'existe pas d'ouvrage décrivant l'état dans lequel elle se trouva. Devenue la propriété de deux seigneurs laïques (Étienne de Vitry et Hugues de Munteler), elle fut cédée par les descendants de ces derniers au puissant Ordre de Cluny. En 1045, le roi Henri Ier (1008-1060) la donna au Chapitre de Notre-Dame.

 

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L'église en 1880 vue du côté nord. On aperçoit bien les contreforts et les absidioles dont je parlais plus haut.

 

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Aux alentours de 1120, Saint-Julien passa sous l'obédience de l'abbaye de Longpont, une abbaye cistercienne fortifiée située dans l'Aisne. De 1165 à 1220, les Cisterciens la firent reconstruire pour accueillir les pèlerins et les voyageurs désargentés. Définitivement consacrée à Saint-Julien le Pauvre, elle accueillit jusqu'en 1524 les houleuses assemblées de l'Université et en 1651, elle fut donnée à l'Hôtel-Dieu qui « étouffait » dans ses bâtiments. Très dégradée, elle subit de profondes transformations. La façade actuelle date de cette époque-là.

 

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 Les chapiteaux que nous voyons aujourd'hui ont été réalisés à la fin du XIIIe siècle.

 

Utilisée au fil des siècles comme magasin, dépôt de laine et même grenier à sel pendant la Révolution, la petite église « aux allures de chapelle de campagne » accueillit plusieurs confréries (maçons, couvreurs, charpentiers, fondeurs, papetiers...) Elle échappa de justesse à la désacralisation et fut rendue au culte en 1826 par Monseigneur Hyacinthe-Louis de Quélen (1778-1839), 125ème archevêque de Paris. On l'associa au rite catholique grec byzantin ou melchite, premier rite oriental célébré dans la capitale, à partir de 1889 ou de 1892. Les dates varient suivant les auteurs et les inscriptions retrouvées.

 

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Pendant plusieurs siècles, sa cloche romane au timbre cristallin rythma la vie estudiantine du Quartier Latin et fut considérée comme la gardienne de la première Sorbonne. La cloche sonnait le début des cours, à cinq heures du matin en été et à six heures en hiver et les clercs s'installaient, sur des bottes de foin, à l'emplacement du square actuel, pour écouter les leçons des maîtres de l'Université.

 

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 Sur cette photographie d'Eugène Atget, prise entre 1898 et 1927, on aperçoit la tourelle qui abritait la cloche indispensable au bon déroulement des activités d'alors.

 

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Le foin, appelé autrefois « feurre », était récupéré en quantité importante dans les rues voisines aux noms évocateurs : rue du Fouarre, rue de la Huchette, rue de la Bûcherie...

 

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 Le poète florentin Dante Alighieri (1265-1321) fréquenta, en 1304, ce creuset d'effervescence culturelle mais d'autres illustres personnages s'y succédèrent : Pierre Abélard (1079-1142), Thomas d'Aquin (1225-1274), Pétrarque (1304-1374), François Villon (1431-1463), Rabelais (1494-1553)... Le portrait de Dante, anonyme, est conservé au Musée Communal du château de Blois.

 

Saint-Julien fut aussi très appréciée par les artistes du mouvement Dada qui furent les contradicteurs, pendant la Première Guerre Mondiale, des conventions et des contraintes idéologiques, esthétiques et politiques de leur temps.

 

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 Les voici à l'emplacement de l'actuel square Viviani. Ils regardent en direction de Saint-Julien et Notre-Dame est en arrière-plan. Parmi eux on trouvait André Breton, Louis Aragon, Tristan Tzara, Paul Eluard et bien d'autres...

 

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Entre 1920 et 1921, ils ont photographié l'entrée de Saint-Julien (image ci-dessus). A l'époque, on pouvait voir la grille d'un puits du VIIe siècle se trouvant jadis à l'intérieur de l'église.

 

De l'autre côté, près du chevet, il demeure les traces d'une source réputée miraculeuse dont les eaux, destinées à guérir les problèmes oculaires, étaient vendues au profit des bonnes œuvres de Saint-Julien.

 

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Les racines architecturales et spirituelles de l'église Saint-Julien sont profondes mais il est presque « miraculeux » qu'elle soit parvenue jusqu'à nous. Édifiée sur un îlot appelé « le clos de Mauvoisin », « le mauvais voisin », en raison des colères et des crues de la Seine, elle appartenait à un bourg constitué de ruelles sinueuses, de maisons gothiques, de commerces de poisson et de viande, « d'hostelleries » aux noms pittoresques et de « maisons de joie » où les colères estudiantines et les révoltes historiques des habitants de Paris firent de nombreux dégâts.

 

Elle fut souvent le théâtre de querelles opposant les étudiants aux plus hautes instances de l'Université et certains jours, à l'intérieur comme à l'extérieur, on assistait à de véritables émeutes.

 

En 1525, lors de l'élection du recteur, les « escholiers » s'enflammèrent, brisant les portes et les fenêtres et jetant toutes sortes de projectiles sur les personnes en train de voter. Suite à ce chaos, le Parlement décida que l'élection aurait lieu aux Mathurins, dans l'actuel 8e arrondissement de Paris et, quelques temps plus tard, l'Université fut transférée sur la Montagne Sainte-Geneviève.

 

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Elle faillit être sérieusement endommagée pendant la Libération de Paris quand les combats firent rage dans le fortin de la Huchette, place du Petit Pont, en face de Notre-Dame, en août 1944. Et il y a quelques semaines, c'est juste « à côté » qu'un « gang » de femmes abruties, disciples des idées mortifères de Daesh ont abandonné une voiture remplie de bonbonnes de gaz qui n'ont pas explosé...

 

Heureusement, la plupart du temps, quand elle apparaît dans les médias c'est pour servir de décor aux scènes d'un film ou d'une série. On la voit, entre autres, dans plusieurs saisons de la série fantastique Highlander ou dans Sœur Thérèse.com.

 

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Vers 1900, une iconostase ou barrière d'icônes fut créée pour séparer le chœur de la nef. On utilisa pour la circonstance des essences de bois précieux: de l'olivier, du figuier, du chêne, de l'abricotier, du palissandre et du bois de rose.

 

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L'iconostase de Saint-Julien est une cloison de bois enluminée, percée de trois portes, qui accueille plusieurs rangées d'icônes. Transférée de Damas, elle a remplacé le chœur du XIIIe siècle, soutenu par des piliers aux chapiteaux sculptés de feuilles d'acanthe, de flore aquatique et de masques féminins, chapiteaux qui servirent de source d'inspiration aux sculpteurs de Notre-Dame. La grande majorité de ces sculptures a hélas été détruite.

 

L'un des chapiteaux les plus célèbres illustre le thème de la femme oiseau, la sirène harpie qui séduit les imprudents et joue les initiatrices auprès de l'âme du pêcheur.

 

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Désolée pour la piètre qualité de ma photo, je n'ai pas réussi à faire mieux !

 

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L'iconostase, photographiée par Atget. Source gallica.bnf.fr

 

Une « légende noire » -et pourtant bien ancrée dans la réalité- est rapportée par l'écrivain Joris-Karl Huysmans (1848-1907). Elle est associée à la tragédie vécue, au XVIIe siècle, par Julien de Ravalet et sa sœur Marguerite, adolescents très amoureux l'un de l'autre en dépit de leurs liens fraternels. Ils s'enfuirent pour vivre leur passion, eurent un enfant et furent condamnés pour inceste, crime de fornication et adultère aggravé (Marguerite avait été mariée de force). On les décapita à l'épée de justice, le 2 décembre 1603, en place de Grève et leurs têtes furent conservées, pendant un laps de temps incertain, dans l'église Saint-Julien le Pauvre. Leurs corps auraient dû être jetés dans le charnier de Montfaucon mais, en raison de leur noble lignage, Henri IV (1553-1610) accepta qu'ils soient inhumés en l'église Saint-Jean en Grève.

 

On lisait sur leur pierre tombale :

« Cy gisent le frère et la sœur

Passant, ne t'informe point

De la cause de leur mort

Passe et prie Dieu

Pour leur âme. »

 

Si vous désirez connaître les détails de leur histoire romantique et tourmentée, je vous conseille le roman d'Yves Jacob intitulé Les anges maudits de Tourlaville. Sur le même thème, un film intitulé Julien et Marguerite, réalisé par Valérie Donzelli, a fait partie, en 2015, de la sélection et de la compétition officielle du Festival de Cannes.

 

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Écrivain, critique d'art, esthète, infatigable promeneur... Huysmans était fasciné par le vieux Paris des ombres et des mystères où se love la petite église Saint-Julien. Il y fait référence dans de remarquables ouvrages comme Les églises de Paris ou A Paris qui célèbre l'atmosphère vivante, pittoresque, ambivalente des quartiers de la capitale.

 

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A travers ses flâneries inspirées, il invite le lecteur à le suivre, pas à pas, là où crépitent les vieilles pierres. J'aime énormément cet auteur qui était aussi un grand amoureux des chats !

 

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Cette promenade à Saint-Julien le Pauvre s'achève mais d'autres articles sur l'histoire des rues alentour sont en préparation alors, si vous le voulez bien, nous nous retrouverons bientôt. En vous remerciant de votre fidélité et de vos si gentilles pensées concernant ma santé, je vous souhaite de radieuses journées d'automne. Gros bisous !

 

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Bibliographie

 

BÉRAUD et DUFEY : Dictionnaire historique de Paris, 1828.

 

Jacques-Antoine DULAURE: Histoire de Paris. Paris: Gabriel Roux, 1853.

 

HURTAUT et MAGNY : Dictionnaire de la ville de Paris et de ses environs, 1779.

 

Abbé LEBEUF : Histoire de la ville et du diocèse de Paris, 1754.

 

Jean-Baptiste de SAINT-VICTOR : Tableau historique et pittoresque de Paris, 1822.

 

Henri SAUVAL: Histoire et recherches des antiquités de la ville de Paris. Paris, 1724. 3 volumes in-8°.

 

Héron de VILLEFOSSE: Histoire de Paris. Grasset, coll. « Livre de Poche », 1995.

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #bougies, #cinq, #fee, #paris, #plume

 

 

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Eugène Grasset (1845-1917), Affiche publicitaire pour l'encre Marquet, 1892.

 

Chers Aminautes,

Et voilà, mon blog a eu cinq ans !

Je suis émue car j'ai failli en fermer les portes plusieurs fois à cause de mes problèmes de santé mais je suis toujours là et surtout, vous l'êtes aussi. De tout cœur, je vous en remercie. J'aimerais publier plus souvent mais c'est la qualité de nos échanges qui compte ainsi que les liens qui se sont tissés entre nous.

Un nouvel automne palpite alors puissions-nous écrire, sur ses pages d'or, une myriade de mots d'amitié !

Je vous embrasse très affectueusement !

Cendrine

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #arbre, #jpg, #paris, #robinia, #square

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Le square Viviani-Montebello a été créé en 1928 à l'emplacement des anciennes dépendances de l'Hôtel-Dieu, dans le 5e arrondissement de Paris. Il borde la remarquable petite église orthodoxe Saint-Julien le Pauvre et se déploie autour d'un robinier faux acacia, considéré comme le plus vieil arbre de Paris.

 

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Le lieu offre au promeneur une vue exceptionnelle sur le flanc droit de la cathédrale Notre-Dame, dentelle d'ombre et de lumière dominant le petit bras de la Seine. On y découvre des fragments lapidaires, des balustrades et des pinacles gothiques, un sarcophage, un puits légendaire du XIIe siècle et des chapiteaux disséminés sous les arbres.

 

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Il a été conçu par Léon Azéma (1888-1978), « Prix de Rome et architecte de la Ville de Paris, chargé des promenades et des expositions », à qui nous devons aussi le parc de la butte du Chapeau Rouge. (Cf. Squares et jardins de Paris. Collection Les essentiels du Patrimoine.)

 

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Après la démolition des dépendances de l'Hôtel-Dieu, ancien Hospice d'Humanité, les parisiens découvrirent un espace en friche dont les autorités municipales ne savaient que faire. Après maintes réflexions, il fut décidé d'aménager un musée des Civilisations Chrétiennes mais cette idée fut balayée lors de la Première Guerre Mondiale. Une décennie plus tard, les parisiens optèrent pour la création d'un vaste square sur les vestiges d'un passé tourmenté.

 

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Le square porte le nom de l'avocat et député socialiste René Viviani (1862-1925) et rappelle la proximité du quai de Montebello, ancien quai de la Bûcherie puis quai Bignon, aménagé à partir de 1811 entre le Pont Saint-Michel et le Petit-Pont.

 

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Député de la Seine puis de la Creuse, René Viviani fonda avec Jean Jaurès (1859-1914) le journal L'Humanité en 1904. En 1905, il fut l'initiateur de la loi sur la séparation de l'Église et de l'État. Il devint ministre du Travail (1906-1910) et président du Conseil au moment de la déclaration de la guerre de 1914–1918. (Photographie de presse, agence Meurisse, 1912, conservée à la Bibliothèque Nationale de France.)

 

Il fit voter des lois réformistes comme le repos hebdomadaire, le salaire de la femme mariée, la possibilité pour les femmes de devenir avocates, la non saisie des biens familiaux... Il fut aussi l'inventeur de l'impôt sur le revenu!

 

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Bulle de verdure à proximité de la Seine et de Notre-Dame, le square qui lui rend hommage est un écrin pour un arbre remarquable, ancêtre d'écorce et de feuilles et témoin chuchotant de l'histoire mouvementée de Paris.

 

Le vieux robinier

 

Considéré comme le plus vieil arbre de Paris, il s'enracine en ces lieux depuis plus de quatre cents ans.

 

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Planté en 1601 par Jean Robin (1550-1629), botaniste et directeur du Jardin des Apothicaires, il est soutenu par une structure en ciment, en raison de son grand âge et de son poids conséquent.

 

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Jean Robin reçut de son ami John Tradescant (1570-1638), naturaliste anglais installé en Virginie, des graines de robinia pseudoacacia, un arbre de la famille des Fabaceae (Légumineuses), originaire de la région des Appalaches.

 

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Un premier robinier fut donc planté, au tout début du XVIIe siècle, dans le jardin de l'église Saint-Julien-le-Pauvre et un second robinier mis en terre, en 1636, dans le Jardin du Roi, actuel Jardin des Plantes.

 

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La structure en ciment est constituée de puissants étais, en partie dissimulés sous un lierre, qui empêchent l'écorce de rompre sous le poids des branches et des feuilles.

 

Le tronc de l'aïeul fait 3,50 m de circonférence. En 2010, un banc circulaire en chêne a été installé tout autour. Il domine une margelle en châtaignier tressé. On s'y attarde avec bonheur, à quelques pas de l'agitation du parvis de Notre-Dame.

 

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L'écorce crevassée dessine des saillies torsadées en fort relief et les branches sinueuses composent une ample couronne de feuilles vert jaunâtre.

 

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Entre avril et juin, apparaissent des grappes pendantes de fleurs blanches délicatement parfumées. A l'instar des fleurs de courgette et des fleurs d’acacia, ces beautés mellifères sont savourées sous forme de beignets sucrés ou salés.

 

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Arbre pionnier, le robinier a toujours été apprécié pour la qualité de son bois. On l'a utilisé pour stabiliser les terrains sablonneux et rocailleux tout en enrichissant la terre.

 

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L'écorce du vieux robinier est recouverte par du lierre mais les jeunes pousses du « parasite gourmand », émetteur de racines suçoirs, sont ôtées chaque année. Les bûcherons de la ville de Paris accomplissent avec beaucoup d'attention la toilette de l'arbre ancêtre ou plutôt de ses rejets car l'arbre originel est à l'état de « fossile ».

 

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En hiver, il ressemble à un arbre de conte de fées...

 

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J'adore le photographier ainsi !

 

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Dans la lumière estivale, il s'habille d'or vert et de luxuriance.

 

Autour de lui se déploie un jardin romantique, très apprécié par les promeneurs des bords de Seine ou du parvis de Notre-Dame.

 

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Comme je l'écrivais au début de cet article, il abrite un puits du XIIe siècle réputé miraculeux, des ornements archéologiques et se pare de roses écarlates en été. Je vous en reparlerai dans un futur article consacré à l'église Saint-Julien le Pauvre.

 

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Le puits médiéval

 

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On y admire aussi une émouvante fontaine contemporaine qui fera l'objet de mon prochain article.

 

Bibliographie

 

Jacques-Antoine DULAURE: Histoire de Paris. Paris: Gabriel Roux, 1853.

 

Félix et Louis LAZARE: Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments. Éditions Maisonneuve&Larose, 1855.

 

Henri SAUVAL: Histoire et recherches des antiquités de la ville de Paris. Paris, 1724. 3 volumes in-8°.

 

Héron de VILLEFOSSE: Histoire de Paris. Grasset, coll. « Livre de Poche », 1995.

 

Merci à ceux qui prennent très souvent de mes nouvelles.

Je ne sais pas le dire autrement. Je suis épuisée. Les derniers traitements me mettent plus bas que terre mais je suis toujours là ! En Septembre, recommence la tournée des hôpitaux, les examens (8 IRM à passer, plusieurs électro-encéphalogrammes plus des choses au nom barbare) sans oublier les prélèvements sanguins. Je ne sais plus combien on m'a pris de tubes de sang ces derniers temps. Il vaut mieux ne pas compter. Je vais tâcher de tenir le coup mais j'ai perdu 41 kilos en deux ans et cet été je me suis encore bien amincie alors chaque journée et chaque nuit sont un long chemin...

Je tiens toujours le coup et je pense fort à vous ainsi qu'à toutes les personnes qui doivent batailler pour leur santé, gros bisous...

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #eau, #octave, #paris, #pont, #zouave

 

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Octave, dont le nom a fait couler beaucoup d'encre, est incontestablement l'une des « personnalités » mythiques de l'histoire de Paris. Situé sur la rive droite amont du fleuve, (il se trouvait autrefois sur la rive gauche, environ 70 centimètres plus bas qu'aujourd'hui), il apparaît comme une sentinelle des humeurs de l'eau et permet de mesurer, de manière officieuse mais incontournable, les crues de la Seine.

Quand celle-ci affleure à la pointe de ses bottes, on se pose la question de la fermeture des voies sur berge et la question ne se pose plus dès que ses mollets « disparaissent ». Lors de la crue de 1910 qui culmina à 8,62 mètres, il eut de l'eau jusqu'aux épaules alors souhaitons que cela ne se reproduise pas !

 

Je joins à cet article mes pensées pour les personnes rudement éprouvées par ces inondations de Juin 2016.

 

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A l'instar du pont des Invalides qui le précède, le pont de l'Alma fut érigé à l'occasion de l'Exposition Universelle de 1855, dans le cadre des grands travaux d'embellissement menés par le Préfet Haussmann (1809-1891), mais en raison d'un hiver 1854-1855 particulièrement rigoureux et d'une succession de retards « techniques » il ne fut inauguré qu'en 1856. L'empereur Napoléon III (1808-1873) le traversa, le 2 avril 1856, pour présider la cérémonie de remise des drapeaux aux régiments illustres de la campagne de Crimée (1853-1856).

 

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Le pont de l’Alma. Vue prise vers le nord en janvier 1910 © Albert Chevojon/BHVP/Roger-Viollet.

 

La construction de ce premier ouvrage, doté de trois arches elliptiques et long de 151 mètres, fut confiée à l'architecte Gariel et aux ingénieurs Lagalisserie, Darcel et Vaudrey. Il résista à la crue de 1910 mais en 1970, suite au tassement de l'une de ses arches et à une augmentation conséquente du trafic automobile, on décida de le détruire. Entre 1970 et 1974, les ingénieurs Blanc et Cosne et les architectes Dougnac et Arsac ont érigé un pont métallique à deux arches qui se compose en réalité de deux ponts indépendants reposant chacun sur une arche formée de deux poutres-caissons métalliques.

 

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Prouesse technique, le pont mesure 142 mètres pour une largeur de 42 mètres. Inauguré en 1974 et particulièrement fréquenté, il permet de réunir d'importantes avenues haussmanniennes (Bosquet, Rapp...) et des lieux comme les Champs-Élysées et la Place du Trocadéro.

 

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Il fait référence à la bataille de l'Alma, remportée le 20 septembre 1854 par l'alliance franco-britanno-turque sur l’armée russe menée par le prince-général Menchikov.

 

Octave

 

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Il fut réalisé en pierre de Chérence, réputée pour sa solidité, par Georges Dieboldt (1816-1861), un sculpteur du Second Empire qui s'illustra notamment par la décoration de certaines parties du Louvre, de l'Hôtel de Ville de Paris et de la Tour Saint-Jacques.

 

Il mesure 5,20 mètres et pèse environ 8 tonnes. Les jambes croisées, il est appuyé sur son fusil et tourne son regard vers la gauche. Vous noterez la présence de la Croix de Guerre sur sa poitrine.

 

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Les opinions divergent en ce qui concerne son « identité ». Pour certains, il représenterait Louis-André Gody, né en 1828 à Gravelines, dans le Nord de la France, qui combattait dans le troisième régiment de zouaves de la garde impériale de Napoléon III. Pour d'autres, il serait un certain Bérizot ou Nérigot, soldat breton, mais il n'existe pas de certitude à ce sujet.

 

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A l'origine, Octave avait trois compagnons : un chasseur et un artilleur, créations d'Auguste Arnaud (1825-1883) et un grenadier, sculpté par Dieboldt.

 

Le grenadier se trouve aujourd'hui à Dijon, ville natale de son créateur.

 

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Le grenadier (Photo Erkethan, travail personnel).

 

L'artilleur a été transporté à la Fère, dans l'Aisne, où Louis XIV fonda, en 1720, la première école d'artillerie.

 

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L'artilleur (Photo CodeLyoko95120 CCBY-SA3)

 

Le chasseur est installé contre le mur sud de la redoute de Gravelle, à la pointe sud-est du bois de Vincennes et visible depuis l'autoroute A4.

 

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Le chasseur à pied, 1856 (Photo Gérard Delafond, travail personnel). Vous noterez sur l'image la présence du petit « Invader », mosaïque inspirée du jeu vidéo Space Invader, sorti en 1973 au Japon sur console Atari 2600.

 

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Ces quatre statues qui représentaient les principaux corps armés de la guerre de Crimée décoraient les avant-becs semi-circulaires de l'ancien pont.

 

Les Zouaves

 

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Aleksander Raczynski (1822-1889) : Zouaves durant la guerre de Crimée.

 

Un zouave est un soldat d’infanterie légère, associé à l'incorporation de soldats kabyles lors de la conquête de l'Algérie.

Le corps des zouaves exista de 1830 à 1962. Leur devise était « Être zouave est un honneur. Le rester est un devoir. »

 

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Image trouvée sur Pinterest

 

Leur uniforme, qui s'inspire de la tenue traditionnelle masculine algérienne, fut dessiné par le commandant Duvivier, à l'initiative du général Lamoricière. Il se compose d'un ample « sarouel » doté d'un trou au fond, le « trou Lamoricière », destiné à laisser l'eau couler après que le soldat ait franchi une rivière. Une veste-boléro appelée « bedaïa » « en drap bleu foncé avec passepoils et tresses garance » était portée sur un gilet sans manches : le « sédria ». Le zouave arborait aussi une large ceinture de laine bleu indigo, bien serrée pour tenir le ventre au chaud afin de lutter contre la dysenterie et une sorte de pèlerine courte de couleur bleu intense ou « gris de fer bleuté ». Cet uniforme pittoresque mais peu pratique dans un cadre militaire devint purement cérémoniel à partir de 1915.

 

Vigie légendaire des crues de la Seine, Octave -qui possède son compte Twitter- a été immortalisé par le chanteur Serge Reggiani (1922-2004), sur des paroles de Claude Lemesle.

 

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« Je m'appelle Octave

Et je fais le zouave

Sur le pont de l'Alma

Où quelquefois

Comme autrefois

J'en bave

Mais plus qu'en Afrique

Aux temps héroïques

Quand sous la chéchia

Garance. J'a-

Vais mission historique

D'éduquer les peuples

Sauvages et aveugles

De guider sur des

Torrents d'idées

Le grand troupeau qui beugle

Que j'ai de la peine

Toute la semaine

Moi qui aimait tant

Voir couler le sang

De voir couler la Seine!

 

On nous redoutait comme le feu, comme la peste

De Sébastopol à Magenta à Palestro

Comme Mac-Mahon je suis parti:

"J'y suis, j'y reste!"

Pour en arriver finalement à:

"Que d'eau, que d'eau!"

 

Au printemps le fleuve

Me met à l'épreuve

Comme si les frimas

Ne suffisaient pas

Il faut encore qu'il pleuve

Et il monte monte

Ce lent mastodonte

J'affrontais le front

C'est un affront

A présent que j'affronte

Car j'ai de la flotte

Jusqu'à la culotte

Jusqu'au gros colon

Jusqu'aux galons

Parfois jusqu'à la glotte

Moi qu'on put connaître

Zouave et fier de l'être

Il y a des moments

Maintenant où j'en

Ai par-dessus la tête

 

On nous redoutais comme le feu, comme la peste

De Sébastopol à Magenta à Palestro

Comme Mac-Mahon je suis parti:

"J'y suis, j'y reste!"

Pour en arriver finalement à:

"Que d'eau, que d'eau!"

 

Je m'appelle Octave

Et je fais le zouave

Sur ce pont damné

Où chaque année

Je sens que mon cas s'aggrave

Dans mes jambes ça bouge

J'ai des fourmis rouges

Un jour je vais me tirer

Faire une virée

Je vais prendre un bateau mouche

Direction le septième

Régiment que j'aime

Encore des beaux jours

Pour les Tambours

Et pour les chrysanthèmes

Paraît qu'y'a une chouette

Guéguerre qui vous guette

Ça sent le crime

Et les vieux de Crimée

Ne seraient pas de la fête

 

Bataillon! à mon commandement

Ligne de section par trois!

En avant, marche...

Une, deux, une, deux...»

Interprétation Louis BAUDEL

 

 

Jacqueline Maillan (1923-1992) lui rendit également hommage dans sa chanson intitulée : Le zouave du pont de l'Alma ou Sous le pont de l'Alma, écrite par Michel Emer, son mari et faisant référence à l’expression « la main de ma sœur dans la culotte d’un zouave ». Coquine l'expression ? Sûrement, mais elle est surtout énigmatique. Nombreux sont ceux qui se demandent ce qu'elle signifie mais les recherches sont apparemment infructueuses.

 

(https://www.youtube.com/watch?v=lQBl60H3Jjw)

 

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Crédit photo Bertrand Guay/AFP

 

Notre légendaire Octave a désormais de l'eau à mi-cuisses. J'aurais aimé pouvoir le photographier mais je ne peux me rendre à Paris pour le moment alors voici quelques liens intéressants. Les liens en question peuvent être réactualisés en fonction de l'évolution de la crue.

 

http://www.liberation.fr/france/2016/06/03/paris-2016-crue-classee_1457241

 

http://www.linternaute.com/actualite/societe/1309676-crue-de-la-seine-a-paris-pourquoi-les-previsions-se-sont-trompees-d-un-metre-3-juin-2016/

 

Compte Twitter d'Octave: https://twitter.com/zouavealma

 

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Bibliographie

 

Emmanuel BÉNÉZIT: Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs. Édition de 1999. 14 volumes.

 

Charles DUPLOMB: Histoire générale des ponts de Paris. 1911.

 

Marc GAILLARD: Quais et Ponts de Paris. Amiens: Martelle, 1996.

 

Félix LAZARE: Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments. Paris: Vindun, 1844-1849.

 

Gustave PASSARD: Nouveau Dictionnaire Historique de Paris. 1904.

 

 

J'adresse à nouveau des pensées de réconfort aux sinistrés et je vous remercie, chers aminautes, de votre fidélité. Je ne peux pas passer vous voir comme je l'aimerais. J'ai passé une semaine très éprouvante sur le plan médical, la nuit de jeudi à vendredi aux Urgences et j'enchaîne sur un scanner cérébral mercredi, avant toute une batterie d'examens. Prenez soin de vous, je vous donnerai des nouvelles au fil du temps...

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #cain, #hotel, #musee, #paris, #square

 

 

 

Chers aminautes, les messages que vous m'avez envoyés à l'occasion du quatrième anniversaire de mon blog m'ont fait très plaisir. Merci également pour votre soutien concernant ma santé. Je pense bien fort à vous. Gros bisous.

 

 

 

 

 

 

Loin du tumulte de la ville, au coeur du quartier du Marais, s'ouvre un lieu paisible au charme romantique, jardin muséal où les saisons dansent sur les vestiges de l'histoire de Paris. Mes photos ont été prises à différentes périodes, ce qui permet de découvrir une myriade de couleurs et d'atmosphères.

 

 

 

 

 

 

Au XIIIe siècle, l'espace était occupé par des terrains maraîchers, baptisés couture/culture Sainte-Catherine. Ils étaient la propriété des chanoines de Sainte-Catherine-du-Val-des-Écoliers, protégés par Saint-Louis (1214-1270) et Philippe III dit le Hardi (1245-1285).

 

 

 

 

 

 

Le square Georges Cain fut créé en 1923 à l'emplacement des jardins de l'Hôtel Le Peletier de Saint-Fargeau, construit en 1688 sur les plans de Pierre Bullet (1639-1716), architecte du Roi et de la Ville, pour le compte de Michel Le Peletier de Souzy (1640-1725), conseiller d’État et Intendant des finances du royaume.

 

 

 

En 1863, les jardins de l'Hôtel furent transformés en Compagnie Générale de la Poste aux Paquets et des Transports Internationaux. L'activité de cette Poste Centrale ou « gare du factage parisien » dura jusqu'en 1913.

 

 

 

 

 

 

En 1989, l'Hôtel Le Peletier de Saint-Fargeau fut rattaché à l'Hôtel Carnavalet, devenu musée de l’Histoire de Paris mais notre visite concerne le square Georges Cain.

 

 

 

 

 

 

Ouvert au public en 1931, il est attenant au musée Carnavalet et borde la rue Payenne et ses élégants hôtels particuliers. On y admire les sobres façades de l'ancienne orangerie de l'Hôtel Le Peletier de Saint-Fargeau.

 

 

 

 

 

 

L’orangerie fut construite, à la fin du XVIIe siècle, à l'emplacement de ce qu'on appelait le Petit Arsenal. Rythmée par douze grandes fenêtres symétriques, elle forme un écrin autour des collections archéologiques de la Ville de Paris. On peut y contempler les objets découverts à Bercy en 1991.

 

 

 

Le long d'un chenal de la Seine, ont été retrouvés les vestiges d'un village âgé de 6000 ans: des outils, des figurines, des céramiques, un arc en bois d'if et un ensemble de pirogues monoxyles (taillées dans une seule pièce) de chêne qui ont rejoint les collections permanentes du musée Carnavalet.

 

 

 

Des photos de ces découvertes sont visibles dans mon article intitulé : Le jardin romantique de Bercy.

 

 

 

 

 

 

Le square porte le nom de Georges Cain (1856-1919), peintre, illustrateur, écrivain et conservateur du musée Carnavalet, de 1897 à 1914. Fils du célèbre sculpteur animalier Auguste Cain (1821-1894) et frère du romancier, dramaturge, peintre et graveur Henri Cain (1857-1937), il est l'auteur d'ouvrages consacrés au Paris d'autrefois, comme Les pierres de Paris (1910), Promenades dans Paris, Anciens théâtres de Paris ou encore Guide explicatif du musée Carnavalet (1903).

 

 

 

Le Square Georges Cain

 

 

 

Cet espace vert est aussi un dépôt lapidaire destiné à abriter des vestiges de monuments disparus, la plupart ayant été détruits par les incendies de la Commune. Ces pièces archéologiques ressuscitent l'histoire mouvementée de Paris.

 

 

 

 

 

 

On découvre ainsi la rosace d'un plafond de l'ancien Hôtel de Ville, des éléments du pavillon central des Tuileries, des chapiteaux, des mascarons et des morceaux de colonnes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette photographie d'Hippolyte-Auguste Collard (prise entre 1871 et 1874 et conservée au musée Carnavalet (Ph 9714), décrit les ruines de l'Hôtel de Ville, érigé par Dominique de Cortone dit Le Boccador (1465-1549).

 

Le 24 mai 1871, le bâtiment fut dévoré par un incendie allumé sur l'ordre de Jean-Louis Pindy (1840-1917). Les flammes détruisirent une bibliothèque de près de cent mille volumes, une collection unique de cartes et de plans, les registres paroissiaux d'état civil du XVIe siècle à 1860 et une profusion de sculptures, de meubles et de tableaux.

 

 

 

Hippolyte-Auguste Collard est connu pour avoir effectué, entre 1857 et 1885, des reportages photographiques sur la construction des ponts et des ouvrages d’art parisiens. Pendant la Commune, il immortalisa le souvenir des barricades dressées dans Paris et réalisa une remarquable série de vues des ruines de la capitale après l'embrasement du 24 mai 1871.

 

 

 

 

Un encadrement de fenêtre issu de l'hôtel de Thou, autrefois situé au numéro 14 de la rue des Poitevins, dans le 6e arrondissement de Paris.

 

 

 

 

 

 

Sur cette photo datant de 1868 et réalisée par Charles Marville (1813-1879), on aperçoit -tout au fond- la porte de l’hôtel de Thou qui abritait le siège de la librairie-imprimerie de Charles-Joseph Panckoucke (1736-1798), célèbre éditeur du XVIIIe siècle. Il accueillait aussi les bureaux de la Gazette de France, du Mercure de France, du Journal de Genève, de l’Encyclopédie Méthodique et plus tard du Moniteur Universel, qui deviendra le Journal officiel de la République Française. (Photo Musée Carnavalet).

 

 

 

 

 

 

Des ornements issus du Palais des Tuileries mais aussi du château de Saint-Germain-en-Laye, comme ces Renommées du XVIIe siècle, ont « survécu » aux affres du temps, dans le square Georges Cain.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette photo décrit les restes fantomatiques du Palais des Tuileries avec, en arrière-plan, l’Arc de Triomphe du Carrousel. Inauguré en 1809, il fut construit entre 1806 et 1808 par Charles Percier (1764-1838) et Pierre Fontaine (1762-1853).

 

 

 

 

 

 

Le Palais, né du souhait de Catherine de Médicis (1519-1589), fut incendié pendant la Commune par une trentaine de fédérés sous les ordres d’un garçon boucher du nom de Benot. La dernière résidence des rois de France brûla pendant trois jours.

 

 

 

La décision fut prise de démolir les restes du monument en 1879. Les ruines furent rasées en 1883, les vestiges dispersés dans Paris et le fronton du Palais, orné de trophées, fut installé dans le square Georges Cain.

 

 

 

 

 

 

Voici ce qu'il en reste aujourd'hui, avec l'horloge noircie par le feu. Les armes des rois de France ont disparu.

 

 

 

 

 

 

Dans le Musée Noir (1946), l'auteur surréaliste André Pieyre de Mandiargues (1909-1991) écrit, au sujet du square : « Il s'agit d'une sorte de jardin tzigane ou parfois les séraphins s'exaltent, et parfois les démons, où ne s'ouvrent parfois les grilles que sur un décor silencieux et vide devant lequel s'érige, avec autant de présence que dans un désert roux, la silhouette et les monolithes depuis trente siècles éclatés, l'attente, cette cathédrale morose hantée par le solitaire. »

 

 

 

 

 

 

Entre ombre et lumière, quand on traverse le jardin musée on peut se demander où vont mourir les vieilles pierres, celles qui sont jetées ici-bas après avoir été arrachées à l'ossature des palais et des temples ? Qu'ont-elles gardé de la mémoire des évènements et comment les regardons-nous aujourd'hui ? Avons-nous bien conscience de leur importance et de leur fragilité ? Ne meurent-elles pas plus vite si notre attention leur fait défaut ?

 

 

 

 

 

 

Ainsi, des éléments de sarcophages mérovingiens et des stèles anciennes émergent de l'herbe haute mais leur histoire a été oubliée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les secrets qui hantent ces visages se délitent parmi les fleurs...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La provenance de ces oeuvres n'est pas précisée.

 

 

 

 

 

 

Le Temps, qui continue à faire son oeuvre, est personnifié par un vieillard aux ailes déployées, au fond du square, sur le fronton de la façade arrière de l'hôtel Le Peletier de Saint-Fargeau.

 

 

 

 

 

 

«Saturne tenant d’une main sa faux, ayant à ses pieds une horloge de sable et s’appuyant sur une colonne brisée où l’on a tracé les heures pour servir de cadran» domine une façade perpendiculaire à l’Orangerie, bâtiment d’un étage surmonté d’un comble brisé, éclairé par treize fenêtres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La porte-fenêtre centrale est surmontée d’un fronton où une figure de la Vérité fait écho au Temps de la façade principale. Ces deux hauts-reliefs sont attribués à Laurent Magnier (1615-1700), sculpteur dont les oeuvres sont particulièrement représentées à Versailles et aux Tuileries.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le miroir de la Vérité est orienté vers le vieux Saturne, gardien de la mémoire des lieux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A la tombée du soir, les visiteurs découvrent une oeuvre d'art contemporaine : Le Rossignol de Heinz. Cette création sonore est emblématique du travail atypique d'Éric Samakh, artiste né en 1959. Grâce à un capteur solaire, un module acoustique « analyse les paramètres climatiques qui influent sur le comportement d'un oiseau, et commande un lecteur de disque compact qui diffuse le chant d'un rossignol philomèle, enregistré au château de Sauvigny en mai 1990. » (Extrait d'une notice parue sur le site du Musée Rodin.)

 

 

 

Erik Samakh est enseignant à l'école supérieure d'Art des Pyrénées et reconnu internationalement pour ses réalisations qui composent une alchimie d'éléments naturels et de technologies modernes. Grâce à des travaux très poussés sur le son, il cherche à établir un dialogue subtil entre l'homme et son environnement. Là où l'image est dominante, il s'emploie à attirer notre attention sur l'importance du son et l'art d'écouter.

 

 

 

 

 

 

Comme vous le constatez, le square Georges Cain est un lieu particulièrement remarquable. En son coeur, se dresse « Île de France », beauté de bronze dont Aristide Maillol (1861-1944) fut le concepteur. Je vous conterai l'histoire de cette statue dans un prochain article.

 

 

 

En attendant de vous retrouver, je vous souhaite plein de belles choses... Tendres pensées !

 

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