Eklablog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

paris

Publié le par maplumefee
Publié dans : #fee, #paris, #roses, #ton, #trois

 

Image001.jpg

Trois années se sont écoulées depuis la création de mon blog. Fidèles lectrices et lecteurs, depuis septembre 2011, les liens que nous avons créés nous ont permis de nous connaître davantage alors je vous remercie, vous qui déposez dans mon univers les couleurs de vos émotions. Votre constance et votre sensibilité me réjouissent!

 

Image002.jpg

Heurtoir de l'Hôtel de Sully, dans le Marais.

 

Je continuerai avec passion de vous montrer Paris au gré de mes articles et de vous inviter à voyager entre histoire de l'art, poésie, songe, folklore et mythologie.

 

Image003.jpg

 

A l'occasion de cet anniversaire, je vous offre un poème qui célèbre la rose et son pouvoir capiteux.

 

Image004.jpg

 

Les roses émaillent la ville de leur beauté poudrée d'ambivalence et tissent autour des monuments leur irrésistible féerie. Elles expriment le plaisir que j'éprouve à flâner dans Paris, le regard aux aguets, tout en laissant caracoler mon inspiration entre « autrefois » et la « modernité ». Miroirs parfumés des pensées bohèmes, elles ornent le paysage avec autant d'élégance que de simplicité.

 

Image005.jpg

John William Waterhouse (1849-1917), Boutons de roses. 1908 ?

 

Image006.jpg

 

Mystérieuse au bord du chemin

Sous le ciel métamorphosée

Ta pourpre au vent, précieux destin

Qui tremble à travers la rosée

 

Chair opaline et coeur mêlé

De musc et de poussière d'or

Plus sibylline que l'aurore

Lorsqu'elle éclate au ciel d'été

 

Ton sang fertile a dessiné

Comme un vitrail sur nos accords

Un labyrinthe satiné

Où la lumière nous dévore

 

Qui t'a fait naître ainsi parée

Rose altissime qui m'inspire

Autour de toi le temps secret

Berce les saisons qui chavirent

 

Notes d'encens souples fragrances

Cire de fée que l'on pétrit

Mort sensuelle et renaissance

Au baiser de ton alchimie...

 

                                                Cendrine

 

 

Image007.jpg

 

Image008.jpg

 

Image009.jpg

 

Pour ces trois années de bonheur et de partage, je veux vous dire à nouveau...

 

Image010.gif

 

et vous embrasser chaleureusement !

Plume

Voir les commentaires

Publié le par maplumefee
Publié dans : #fontaine, #gaillon, #goncourt, #hotel, #paris

Image001.jpg

 

A l'angle de la place Gaillon et de la rue de la Michodière, dans le IIe arrondissement de Paris, une élégante fontaine (ancienne fontaine Louis le Grand puis fontaine d'Antin) est adossée à la façade d'un hôtel particulier du 17e siècle. L'hôtel, qui abrite aujourd'hui un restaurant, fut construit par Jules Hardouin-Mansart (1646-1708) en 1672 pour le sieur Nicolas de Frémont (1622-1696), gardien du trésor royal.

 

 

Image002.jpg

 Dessin de Frederick Nash (1782-1856), peintre, aquarelliste et lithographe anglais. Source gallica.bnf.fr.

 

Le duc de Lorge, gendre de Nicolas de Frémont, fit agrandir l'hôtel et démolir à cet effet la porte Gaillon qui marquait la limite de l'enceinte construite à partir de 1638, sous le règne de Louis XIII.

 

Image003.jpg

Gravure de Charles Heath (1785-1848) d'après un dessin de Auguste Charles Pugin (1769-1832).

 

L'hôtel de Lorge connut plusieurs propriétaires. Il fut appelé hôtel de Travers puis hôtel de Chamillard, hôtel d'Antin et hôtel de Richelieu. Il accueillit le duc de Richelieu, l'ambassadeur d'Espagne et la princesse de Bourbon-Conti, fille de Louis XIV.

 

 

Image004.jpg

 

La fontaine fut érigée en 1707 au carrefour de Gaillon, entre les rues du Port-Mahon et de la Michodière, par Jean Beausire (1651-1743), architecte, contrôleur et inspecteur des bâtiments de la Ville de Paris.

 

Image005.jpg

 

Située entre les égouts de la rue Neuve Saint-Augustin et de la rue Gaillon, elle fut remplacée en 1828 par un édifice conçu par Louis Visconti (1791-1853), architecte émérite, maître du projet de restauration du Louvre et de réunion du Louvre et des Tuileries. Les sculptures, façonnées par Georges Jacquot (1794-1874), ont été restaurées en 1971 par Emmanuel Oberdoerffer, architecte voyer de la ville de Paris.

 

Image006.jpg

 

Dans une grande niche hémisphérique, flanquée de deux colonnes composites finement ciselées et décorées de poissons fantastiques, un jeune triton chevauche un dauphin. Il portait auparavant un trident dont il ne reste que le manche.

 

La Fontaine Gaillon

 Photographie trouvée sur le net, je n'en connais pas l'auteur.

 

Image008.jpg

 

L'enfant au dauphin appartient au cortège de la belle Amphitrite, néréide, déesse marine, et parfois gardienne des fontaines et des sources. Messager de Poséidon, le dieu des océans qui s'éprit d'Amphitrite, le dauphin devint une constellation, en remerciement de ses bons et loyaux services.

 

Image009.jpg

 

Autrefois, l'eau s'écoulait dans une vasque ornée de gargouilles léonines qui crachaient l'eau recueillie dans une large vasque appuyée sur un socle décoré de poissons et de plantes aquatiques.

 

Image010.jpg

 

 

Image011.jpg

 

Image012.jpg

 

Symboles d'opulence et de fécondité, les ornements de la fontaine (oves, rinceaux, algues, coraux, épis de blé, ajoncs, roseaux, fleurs, cornes d'abondance, poissons, coquillages, chimères aquatiques...) témoignent d'une grande finesse d'exécution.

 

Image013.jpg

 

Image014.jpg

 

Aux extrémités de la fontaine, des dragons marins veillent à la bonne circulation des eaux de la ville.

 

Image015.jpg

 

Ces créatures symbolisent l'énergie qui serpente, sous forme liquide, dans les entrailles de la terre. Elles évoquent les forces primitives de la Nature et les esprits familiers de l'eau, gardiens de l'élément source de la vie.

 

Image016.jpg

 

Symboles de luxuriance et de fécondité, les coquillages sont les « enfants des dieux ». Jaillis du souffle de l'Océan primordial, ils sont bercés par les déesses de l'amour et de la fertilité. On peut entendre, en les frôlant, l'enivrante gamme des sons originels. Un peu comme si l'on frappait, avec un objet sacré, sur le perron d'une ancienne fontaine pour susciter la pluie.

 

 

Image017.jpg

 

Image018.jpg

 

Des vases à anses fantastiques, de style renaissance, reposent au sommet des colonnes qui encadrent la niche principale.

 

Image019.jpg

 

La fontaine Gaillon décore aujourd'hui la terrasse d'un restaurant qui appartient à Gérard Depardieu. L'adresse est très connue. Au fil de mes lectures, j'ai constaté que les avis concernant la qualité de la cuisine étaient plutôt partagés. Certains la trouvent excellente, d'autres considèrent que c'est surfait et affichent leur déception. N'y ayant pas mangé, je ne me prononcerai pas.

 

Image020.jpg

 

Je suis surtout intéressée par la fontaine. Hélas, les parasols ouverts altèrent la beauté de l'ensemble. Je précise que cette photo n'a pas été prise en été mais au moment de Noël, en 2013. Il faisait froid et les parasols empiétaient pourtant sur la fontaine. Dans mon dos, des gens s'activaient pour décharger des cartons sur le trottoir. J'essayais de ne pas prendre trop de place mais je sentais bien que ma présence n'était pas souhaitée. S'ils avaient pu me virer de là ils l'auraient fait... Bref, on est censé venir consommer et non contempler une oeuvre d'art qui fait partie de notre patrimoine urbain.

 

Image021.jpg

 Photographie répertoriée sous le nom d'Armand Guérinet (libraire-éditeur actif de la fin du XIXe siècle aux années 1920).

 

La petite grille au pied de la fontaine et les deux lampadaires ont disparu.

 

Image022.jpg

 Photographie d'Eugène Atget (1857-1927). Source gallica.bnf.fr, cote Est Eo 109b bte3.

 

La fontaine Gaillon se dresse face au restaurant Drouant qui se niche dans un bel immeuble d'angle en pierre de taille.

 

Image023.jpg

 

En ce haut lieu de l'histoire romanesque, artistique et gastronomique de Paris, le Prix Goncourt est décerné chaque année.

 

Image024.jpg

 

En 1880, un alsacien nommé Charles Drouant ouvrit un café qui devint rapidement l'un des restaurants les plus courus du tout Paris. Les artistes (Renoir, Monet, Pissarro, Rodin, Colette, Apollinaire, Daudet père et fils, Octave Mirbeau...) venaient y déguster des vins blancs renommés, des poissons savoureux et des huîtres fines de Bretagne. Sous la houlette du chef Antoine Westermann, le lieu continue de séduire par la qualité de sa cuisine, son aura de temple de la littérature et ses imposants murs clairs aux ornements de style rocaille.

 

Image025.jpg

 

Les façades du Drouant sont rehaussées de lignes souples, de volutes et de cartouches aux fines découpures. Les fenêtres ont de beaux garde-corps en fer forgé.

 

Image026.jpg

 

Image027.jpg

 

Des balconnets en encorbellement animent la structure générale par des jeux d'ouverture subtils et la fantaisie de leurs lignes courbes.

 

Image028.jpg

 

Image029.jpg

 

A l'intérieur, les visiteurs admirent des bas-reliefs, un escalier en fer forgé et des glaces gravées qui datent des années 1920. Elles sont l'oeuvre du décorateur Jacques-Émile Ruhlmann (1879-1933). J'aurais aimé pouvoir les photographier...

 

Image030.jpg

Image lesRestos.com

 

Image031.jpg

 

Le restaurant Drouant accueillit, le 31 octobre 1914, la réunion des « Dix » de l'Académie Goncourt qui se retrouvaient « sans table » après la fermeture du Café de Paris. En ce lieu typique des charmes de la capitale se « mitonnent » depuis un siècle les prix littéraires, en souvenir des frères Goncourt : Edmond et Jules, liés par une passion commune.

 

Image032.jpg

 

Le premier mardi de chaque mois, sauf en été, les académiciens déjeunent dans le salon Goncourt du premier étage.

 

Image033.jpg

 

Le Prix Goncourt est décerné tous les ans au début du mois de novembre (l'attribution du premier prix Goncourt date de décembre 1903.) L'auteur désigné reçoit un chèque de dix euros mais surtout l'assurance d'un tirage très important et la reconnaissance de ses pairs. Le salon Goncourt est situé près du salon Renaudot où, depuis 1926, le jury décerne son prix le même jour et à la même heure que les «Dix».

 

Image034.jpg

Les Goncourt : Edmond (1822-1896) et Jules (1830-1870).

 

L'amour fraternel des Goncourt fut à l'origine d'un curieux « prénom collectif », sorte de signature créatrice : « Juledmond ». Pendant la deuxième moitié du XIXe siècle, ces « mangeurs d'art » fréquentèrent le tout Paris.

 

Image035.jpg

 

Leur Journal témoigne de l'intensité de leur relation, de leurs amours artistiques et du talent de Jules pour l'écriture. Après la mort de ce dernier, Edmond poursuivit les travaux littéraires engagés tout en menant ses activités de collectionneur.

 

Image036.gif

 

Inspiré par son grand-père Huot de Goncourt et sa mère, Annette Cécile Guérin, qui fréquentait le dimanche les antiquaires du Faubourg Saint-Antoine, il réhabilita le XVIIIe siècle dans le goût français et fut l'initiateur du Cercle des Japonisants.

 

Image037.jpg

La grande vague de Kanagawa par Katsushika Hokusai (1760-1849), artiste polyvalent, maître de la peinture et du dessin. Il s'agit de la première estampe de la série des « Trente-six vues du mont Fuji ».

 

Edmond de Goncourt fut, par la publication de monographies consacrées aux maîtres de l'ukiyo-e, « peinture du monde éphémère » ou « images du monde flottant », l'un des tous premiers auteurs (si ce n'est le premier) à présenter au monde occidental les merveilles de cet art.

 

Image038.jpg

 

 

Image039.jpg

 

Ne manquez pas de visiter, si l'occasion se présente, à deux pas de l'Opéra Garnier, la place Gaillon et sa jolie fontaine ainsi que le Drouant et ses pépites gustatives (sauf bien sûr en cas de remise de prix littéraire car l'accès est strictement réglementé et toute approche non accréditée impossible).

Le quartier regorge de petites places, de squares ombragés et de rues calmes qui contrastent avec l'effervescence régnant sur les Grands Boulevards. Alors bonne promenade !

 

Bibliographie

 

Amaury DUVAL: Les Fontaines de Paris, anciennes et nouvelles. Nouvelle édition, Paris: Bance aîné, 1828.

 

Guy LE HALLÉ: Histoire des fortifications de Paris. Paris: Horvath, 1995.

 

Pierre-Thomas-Nicolas HURTAUT: Dictionnaire historique de la ville de Paris et de ses environs. Paris : Moutard, 1779.

 

Adolphe JOANNE: Paris illustré. Paris: Hachette, 1863.

 

Pierre KJELLBERG: Le nouveau guide des statues de Paris. Paris: la Bibliothèque des Arts, 1988.

 

Théophile LAVALLÉE: Histoire de Paris depuis le temps des Gaulois jusqu'en 1850. Paris: Hetzel, 1852.

 

 

Je vous souhaite, ainsi qu'à vos proches, une excellente rentrée... Amicales pensées!

 

Image040.gif

Image trouvée sur le net, merci à la personne qui l'a créée et diffusée.

 

Plume

Voir les commentaires

Publié le par maplumefee
Publié dans : #affiche, #annee, #espace, #paris, #plage

 

Image001.jpg

 

Depuis le samedi 19 juillet, le long des quais de Seine et dans le cadre du bassin de la Villette, les promeneurs peuvent se réapproprier l'espace urbain, entre rêverie romantique, flânerie culturelle, loisirs et farniente. Il est possible d'en profiter jusqu'au dimanche 17 août 2014.

 

Image002.jpg

 

La manifestation, qui connaît un franc succès depuis 2002, est rythmée par de nombreuses animations sportives et culturelles gratuites: bibliothèque éphémère Flammarion, terrains de pétanque et de beach-volley, espace baby foot, ateliers d'art plastique, cours de taï-chi, d'escrime et de fitness, séances de danse de salon, loisirs nautiques (…) et possibilité de se dorer au soleil sur la plage bordée par de grandes vagues de bois.

 

Image003.jpg

 

Image004.jpg

 

A Paris Plages, chacun trouve aisément son espace. Il y a ceux qui apprécient de se « regrouper » et ceux qui -comme moi- préfèrent se mettre en retrait de la foule. J'aime y apporter mes carnets, laisser papillonner ma plume et vagabonder mon esprit. J'aime aussi lire en plein air, installée sous un parasol et savourer l'instant d'une sieste réparatrice. Alors je souris chaque fois que j'entends « ah je n'ose pas y aller car il y a trop de monde... » Tout dépend où l'on se place. On peut éviter la foule si on se donne la peine de marcher un peu plus loin...

 

Outre les activités proposées, l'occasion est bien trop belle de profiter des berges de la Seine vierges de tout véhicule à moteur et de contempler, d'une autre manière, la superbe architecture des ponts et des monuments de Paris.

 

Image005.jpg

 

Vue sur le pont Marie, dont la première pierre fut posée à l'initiative de Christophe Marie, entrepreneur-général des ponts de France, le 11 décembre 1614... (L'étude de ce bel ouvrage n'est pas le propos de cet article.)

 

Chaque année, le retour de Paris Plages est illustré par une affiche. Celles que j'ai collectées (je ne les ai pas toutes) sont particulièrement réussies.

 

Image006.jpg

 

Jacques de Loustal, romancier et auteur de bandes dessinées et de carnets de voyage est le créateur de l'affiche de l'été 2014. Son travail, élaboré à l’encre de chine, nous séduit par sa mise en œuvre à l’aquarelle, sa fraîcheur et sa vitalité.

 

Image007.jpg

 

Image008.jpg

 

L'artiste a déclaré : « Je suis très sensible à l’eau et à l’architecture. En me promenant, j’ai fait quelques photos, puis j’ai commencé de petites esquisses. Il y a eu des dessins très graphiques, d’autres qui suggéraient seulement l’idée de Paris ou celle de la plage… Très vite m’est apparue l’histoire d’un petit piéton, le piéton de Paris, qui se promène le long des berges. »

 

Image009.jpg

 

Ce petit piéton sait qu'il n'évolue pas sur une « vraie » plage mais qu'importe ! Il laisse les méchantes langues distiller leur venin et préfère se nourrir de la part d'imaginaire qui palpite en ces lieux.

 

Image010.jpg

 

Part d'imaginaire qui se cultive si l'on sait préserver son âme d'enfant et apprécier ce temps privilégié où la ville se recrée. La respiration trop hâtive du reste de l'année s'apaise pour que nous puissions ressentir l'espace autrement, faire une pause chez le glacier en contemplant les ponts de Paris et la magnifique façade de la Conciergerie, nous rafraîchir au jardin des brumes, regarder les bateaux mouches, les péniches et les navettes fluviales tracer leur chemin d'écume à la surface des eaux chatoyantes, engager de ci de là une conversation sympathique et écouter chuchoter nos pensées. C'est un plaisir qui ne se boude pas.

 

Image011.jpg

 

Image012.jpg

 

Image013.jpg

 

Image014.jpg

 

En 2013, le dessinateur de presse Kiraz, de son vrai nom Edmond Kirazian, célèbre pour ses Parisiennes au charme désinvolte et malicieux, a signé l'affiche de Paris Plages. Une exposition retraçant l'évolution de son travail s'est déroulée en 2008, au Musée Carnavalet.

 

Image015.jpg

 

Nées dans les années 1950, ces Parisiennes piquantes se sont laissées admirer pendant près de vingt ans dans les pages du magazine Jours de France mais aussi dans Paris-Match, Elle, Marie-Claire... Elles continuent de prendre leurs aises dans les pages de la version américaine du magazine Playboy. La publicité leur a souvent fait les yeux doux.

 

Image016.jpg

 

Image017.jpg

 

En 2011 et en 2012, la Ville de Paris a confié la réalisation des affiches au dessinateur François Avril qui est aussi plasticien, auteur de bandes dessinées et d'ouvrages pour enfants.

 

Image018.jpg

 

Cet artisan du dessin, très prolifique, aime explorer différentes techniques et utiliser au gré de son inspiration les encres, l'acrylique, la mine de plomb ou les crayons de couleur.

 

Image019.jpg

 

Son trait, minimaliste, est particulièrement accrocheur. Les couleurs sont douces, presque rêvées, et l'ensemble traduit une grande finesse d'exécution.

 

Image020.jpg

 

En 2010, l'artiste peintre Michel Quarez, considéré comme le dernier grand affichiste français contemporain, a posé ses couleurs vitaminées et son trait d'une vitalité intense sur un fond bleu saphir.

 

Image021.gif

 

2009 a marqué un tournant dans le décor de Paris Plages avec un changement de mobilier et l'introduction d'une nouvelle gamme chromatique fondée sur un mélange de variations de bleu (azur, cobalt, turquoise) et de vert (anis, verveine, tilleul).

 

Image022.jpg

 

Image023.jpg

 

Image024.jpg

 

En 2008, l'Agence Auditoire Images a créé cette affiche à la fois simple et poétique sur le thème des oriflammes bleus qui claquent et dansent au vent de Paris. Ornés d'un semis d'étoiles dorées, ils rappellent que la France a présidé l'Union Européenne pendant six mois. L'affiche rend aussi un hommage discret au film de Jacques Tati (1907-1982) : « Les vacances de Monsieur Hulot », 1953.

 

Image025.jpg

 

Image026.jpg

 

Image027.jpg

 

Image028.jpg

 

A fleur d'eau et de ciel, on contemple les tours en poivrière qui rythment la majestueuse façade de la Conciergerie. Les tours jumelles datent du règne de Philippe le Bel (1268-1314) qui fit remodeler et agrandir le palais. La Tour de César, à gauche, fait référence à la présence romaine dans l'Île de la Cité et la Tour d'Argent, à droite, garde le souvenir du trésor royal. La tour isolée ou Tour Bonbec est la plus ancienne de l'édifice. Ses soubassements datent du règne de Saint-Louis (1214-1270) mais elle fut surhaussée au XVIe siècle et coiffée de sa tourelle conique. Elle abritait la sinistre salle où était pratiquée la question.

 

Image029.jpg

 

Image030.jpg

 

J'apprécie à chaque promenade ces flammes de tissu en mouvement sans oublier le poétique arrière-plan sur les tours « coiffées » et la statue d'Henri IV qui veille au loin sur le Pont-Neuf.

 

Image031.jpg

 

Image032.jpg

 

Paris Plages s'est encore développé en 2007 en investissant le bassin de la Villette. L'Été du Canal y bat actuellement son plein, à travers une myriade d'activités.

 

Image033.jpg

 

Image034.jpg

 

En 2006, l'illustrateur Nicolas Tourette a réalisé l'affiche de Paris Plages sur le thème de la Polynésie. L'espace de promenade s'est agrandi d'un kilomètre cette année-là, la piscine Joséphine Baker a vu le jour et Paris-Plage est devenu Paris Plages, avec un « s » à la fin.

 

Image035.jpg

 

Le nom Paris-Plages évoque la station balnéaire du Touquet-Paris-Plage, créée en 1882 par Alphonse Daloz (1800-1885) sur une idée d'Hippolyte de Villemessant (1810-1879), le fondateur du Figaro.

 

La mairie de Paris a lancé en 2002 « l’opération Paris-Plage » pour offrir aux parisiens et aux franciliens qui ne partent pas en vacances l'opportunité de profiter des bords de Seine. Elle a déposé l’appellation « Paris-Plage » et intenté un procès à la commune du Touquet pour que celle-ci ne puisse pas exploiter commercialement l'appellation Paris-Plage.

 

Image036.jpg

 

Mais la mairie de Paris a été déboutée en 2006 et a dû ajouter un « s » au nom Paris-Plage. Elle a profité de l'occasion pour ouvrir une nouvelle « plage », sur la rive gauche, face à la Bibliothèque Nationale.

 

Image037.jpg

 

Loin des querelles de sable et de clochers, Paris Plages, lieu de villégiature éphémère, suscite chaque année l'adhésion de plusieurs millions de visiteurs. Depuis sa création en 2002 et pour la treizième année consécutive, c'est une vraie réussite et un plaisir bon enfant. Très fréquenté certes mais cependant peuplé de petits coins intimistes que j'évoquais au début de mon article...

 

Image038.jpg

 

Mon blog tourne au ralenti mais je ne vous oublie pas. Je vous remercie de votre fidélité et je vous souhaite un excellent mois d'août. Bises amicales !

Plume

Voir les commentaires

Publié le par maplumefee
Publié dans : #bercy, #eau, #maison, #nenuphar, #paris

 Image01.jpg

 

Butine, ensorcelée, la couleur de l'instant

Fouille l'or et la soie, la rosée et l'encens

Corsetée de mystère au velours d'un regard

Souffle dans la lumière ton feu de nectar...

 

Image02.jpg

 

Je vous ai présenté, il y a quelques semaines, l'histoire des vignes et du château de Bercy. Je suis ravie de vous retrouver dans le parc qui en perpétue le souvenir, à quelques encablures de la Seine, dans le 12e arrondissement de Paris. Au tout début du mois de septembre, alors que les raisins se délectaient à mûrir dans la lumière dorée, le jardin s'est paré de tons et de reflets merveilleux.

 

Image03.jpg

 

Entre 1993 et 1997, les architectes Bernard Huet, Madeleine Ferrand, Jean-Pierre Feugas et Bernard Leroy, assistés des paysagistes Philippe Raguin et Ian Le Caisne, ont réalisé, entre les pavillons de Cour Saint-Émilion et le Palais Omnisports de Paris Bercy, un ensemble de trois jardins spécifiques.

 

Image04.jpg

 

Notre flânerie commence dans le « Jardin Romantique » dont la végétation évoque les parcs à l'anglaise, à proximité des anciens chais qui témoignent de l'âge d'or du négoce du vin.

 

Image05.jpg

 

Image06.jpg

 

Nous voici devant la Maison du Lac, ancien poste de garde des entrepôts, qui se contemple dans un miroir dormant. Les gardiens veillaient à ce que les habitants de Bercy ne récupèrent pas, à la nuit tombée, plus de vin qu'ils n'étaient autorisés à collecter chaque jour soit dix litres par personne!!!

 

Image07.jpg

Sur cette photo datée de 1900, vous apercevez la grille d'entrée des entrepôts et la maison des gardiens dans le fond.

 

Image08.jpg

 

Elle accueille aujourd'hui des expositions consacrées à l'art des jardins. L'eau et les arbres (cèdres du Liban, pins de Corse, arbres aux quarante écus, bouleaux, saules, chênes, liquidambars) composent tout autour une romantique scénographie.

 

Image09.jpg

 

Image10.jpg

 

Image11.jpg

« L'Oeil... Tout l'Univers est en lui, puisqu'il voit, puisqu'il reflète. » Guy de Maupassant (1850-1893), Le Horla (1886-1887).

 

Dans les spires de l'eau, fusionnent l'ombre et l'instant soyeux, les lignes vives et les ondulations mystérieuses. Aimantée par les sortilèges aquatiques et les mues chatoyantes du paysage, je songe à la riche histoire des lieux...

 

Image12.jpg

On a retrouvé, à proximité de cette jolie bâtisse, des vestiges de l'ancien village néolithique de Bercy, vestiges que l'on peut admirer au musée Carnavalet.

 

Image13.jpg

Le minutieux travail des archéologues exhumant de la grève sableuse l'une des pirogues monoxyles en bois de chêne. Crédit photographique INRAP (Iconothèque de l'Institut National de recherche archéologique préventive.)

 

Des fouilles ont été menées à Bercy en 1990, en 1991, en 1992 et en 1996, afin de mettre au jour les restes d'un village installé sur les berges de la Seine depuis l'époque néolithique (4500-2000 avant J.-C.). Dans le cadre du « Projet Archéo 2000 », les objets collectés ont été installés dans l'ancienne Orangerie du musée Carnavalet.

 

Image14.jpg

 

Outre les pirogues que j'ai présentées dans mon article consacré aux vignes de Bercy, un arc de chasseur en bois d'if, datant de la période de Cerny (4600-4400 avant J.-C.), a été retrouvé. Il s'agit vraisemblablement du plus ancien arc conservé dans sa totalité. Taillé dans un if âgé de plus de 50 ans, il permettait de tirer des flèches d'environ 68 centimètres de long.

 

Image15.jpg

Moulage et reconstitution de l'arc d'après l'original. Ce travail a été accompli par Mr Blaise Fontannaz, facteur d'arc, spécialisé dans l'archerie traditionnelle.

 

Situé sur la rive gauche de la Seine, à l'emplacement d'un ancien chenal, le gisement archéologique de Bercy a dévoilé des milliers d'objets de la vie quotidienne: outils de pierre, de silex et d'os, haches et meules de pierre, statuettes, céramiques décorées, figurines en bois de cervidé, ossements de poissons, de sangliers et de petits carnassiers...

 

Image16.jpg

 

De nombreuses coupes à socle datant du Chasséen (vers 4200 avant J.-C.), aux parois hachurées et ornées de motifs en damier et en losanges, ont été retrouvées dans la partie supérieure de l'ancien chenal, au-dessus des vestiges de l'époque de Cerny.

 

Image17.jpg

Cette hache en silex poli date du néolithique final (2700-2200 avant J.-C.). Elle a été exhumée lors des fouilles de 1991.

 

Malgré les inondations périodiques qui ont obligé les habitants à reconstruire leurs maisons et à déplacer leur village au gré des caprices de l'eau et du ciel, les lieux ont été occupés pendant près de trois mille ans.

 

Image18.jpg

L'eau continue d'occuper une place très importante à Bercy où elle donne à certaines parties du jardin des allures de cité lacustre.

 

Image19.jpg

En face de la Maison du Lac, sur un îlot dominant un tapis de nénuphars, se dresse une fascinante sculpture contemporaine: la dixième des vingt « Demeures » réalisées par l'artiste contemporain Étienne-Martin en 1968. (Le trait d'union entre Étienne et Martin n'est pas une coquille. L'artiste a choisi de le placer entre son prénom et son nom.)

 

Image20.jpg

Divinité gardienne des cycles du temps, la Demeure 10 semble se nourrir des frissons de l'eau, des métamorphoses des couleurs, du souffle des éléments et des trilles des oiseaux. « Oeuvre-lieu » puissamment fantasmagorique, elle épelle de silencieuses sonorités vers les « mondes en contrebas ».

 

Image21.jpg

Elle se dévoile à fleur d'eau, au-dessus d'un magma d'ombres vertes et de lacis de lumière.

 

Image22.jpg

Corps enchevêtrés qui forment une maison-visage, émanation du ventre et de l'abri originels, la sculpture incarne le désir de se lover dans la hutte primordiale, la crypte matricielle du fond des âges et des eaux/os. « Elle s'enracine dans la nuit des réminiscences originelles; elle est à la fois l'idole caverneuse, l'infernale demeure et le vestige reconstitué, transposé en termes plastiques, des maisons des souvenirs de l'artiste. » Pierre Volboudt.

 

Image23.jpg

Étienne-Martin (1913-1995) est né à Loriol, dans la Drôme. A l'âge de 16 ans, il s'est inscrit à l'École des Beaux-Arts de Lyon, et, après un apprentissage qualifié de « traditionnel », il a décidé d'étudier la sculpture, de 1934 à 1939, à l'Académie Ranson de Paris, auprès de Charles Malfray (1887-1940), maître sculpteur, tailleur de pierre et survivant des tranchées de Verdun.

 

La sculpture était pour lui quelque chose de profondément sensuel et matriciel, un art des creux, des gouffres et des cavités que l'on ne peut aborder autrement qu'avec le corps et en faisant appel à tous les sens.

 

Inspiré par les « spiritualités mystérieuses », il a travaillé, de 1951 à 1956, à un « Hommage à l'écrivain Howard Phillips Lovecraft » qui s'appelait initialement « le Grand Rythme ». Ce plâtre monumental n'existe plus mais le souvenir de ses structures alvéolées complexes perdure dans les anfractuosités des Demeures où s'entrelacent les cauchemars et les rêves.

 

H P Lovecraft (1890-1937) est un auteur américain rendu célèbre par ses récits fantastiques, oniriques, macabres, ses contes d'horreur et ses ouvrages de dark fantasy et de science-fiction. Un petit clin d'oeil aux aficionados du Necronomicon et du Mythe de Cthulhu...

 

Image24.jpg

Étienne-Martin a commencé en 1954 la série des Demeures et a reçu en 1966 le grand prix de sculpture à la 33e Biennale de Venise. Il existe vingt Demeures de taille variée, réalisées chacune dans des matériaux différents. Elles le ramènent toutes à la maison natale de Loriol dont il dira: « Un jour, j’ai été obligé de me séparer de ma maison, là où j’étais né, et j’en ai été choqué et peiné. Mais elle est restée tellement présente en moi que j’ai eu le désir de l’explorer. (…) En travaillant sur ce thème, j’ai retrouvé la forme, la lumière, les gens, tout ce qui constituait l’âme de cette maison.»

 

« Construire, c'est pénétrer dans la matière, traverser l'épaisseur où se lovent les hantises originelles... »

 

Étienne-Martin aimait les sculptures d'Océanie aux cavités gorgées de « sacré », les tabernacles et les sculptures-tombeaux étrusques. Il était également fasciné par l'art égyptien monumental, les pyramides et les colosses d'Abou Simbel. Il invoquait sous ses doigts d'artiste ce qui naît, meurt et renaît dans la terre et le sable.

 

Il considérait le bois comme la matière primordiale et la pierre comme une source de résonances infinies. Les végétaux aux formes étranges, les fleurs séductrices et les plantes dotées de profondes racines l'inspiraient aussi.

 

Image25.jpg

 

En contemplant les nénuphars gorgés de soleil qui s'épanouissent au pied de la Demeure X, on se détache doucement des bruits de la ville. Le regard caresse les délicats pétales blancs et les larges feuilles ovales, épaisses, cireuses et d'un vert satiné, qui flottent à la surface de l'eau.

 

Le nénuphar blanc ou nymphaea alba est une plante aquatique, originaire d'Inde, qui fleurit, de juin à août, dans les eaux calmes et les étangs d'Europe et d'Asie. Ses noms vernaculaires: « reine des lacs » « lys des étangs », « clef de Vénus », « rose ou lune d'eau »... témoignent de sa nature enchanteresse.

 

On l'appelle aussi « horloge des eaux » car il commence à se déployer à l'aube. A midi, il s'ouvre bien au-dessus de l'eau et à partir de quatre heures, il se referme lentement. Sa tige est un rhizome spongieux qui traverse les profondeurs de l'eau pour engendrer une multitude de petites racines. Son fruit gorgé de graines ressemble à une capsule de pavot.

 

Image26.jpg

 

Image27.jpg

 

Les vertus du nénuphar sont connues depuis des temps très anciens. Le nom de cette « sorcière des eaux » vient du sanscrit « nilotpatan » ou « nipplupal » qui devint « nilufar » ou « ninûfar » en arabe et finalement « nénuphar ».

 

La mythologie grecque nous rapporte que le héros Hercule transforma en nénuphar une nymphe qui se consumait de passion pour lui.

 

Fleur sacrée, compagne des déesses indiennes, aimée pour ses nacres issues des « eaux primordiales » dans l'Égypte ancienne, elle devint l'un des motifs les plus utilisés dans l'Art Nouveau. Les maîtres ébénistes et verriers de l'École de Nancy déclinèrent ses formes poétiques à travers de nombreux matériaux.

 

Image28.jpg

Le Nénuphar, 1898, par Alfons Mucha (1860-1939).

 

Image29.jpg

Vitrail aux nénuphars de Jacques Grüber (1870-1936).

 

Image30.jpg

 

Image31.jpg

Lampe nénuphar en pâte de verre et en bronze doré et ciselé, conçue par Louis Majorelle (1859-1926) et exécutée par la maison Daum en 1902.

 

Image32.jpg

Lit aux nénuphars en acajou, bois d'amourette, marqueterie de bois précieux et bronze doré et ciselé, réalisé entre 1905 et 1909 par Louis Majorelle. On peut admirer ce chef-d'oeuvre au musée d'Orsay.

 

Image33.jpg

 

Image34.jpg

 

Le nénuphar inspirait les artistes Art Nouveau en raison de la sensualité de ses formes mais dans l'Antiquité on l'utilisait pour réprimer le désir et dissiper les songes érotiques. A l'époque médiévale, on le qualifiait d'« herbe aux moines » ou de « plante aux moniales ». Son nom savant de « nymphaea » désigne la blancheur virginale de ses pétales consacrés aux nymphes et aux jeunes mariées.

 

Il existe aussi des nénuphars jaunes, roses ou tirant vers le fuchsia.

 

Image35.jpg

Photo Aquatic Bezançon

 

L'onguent de nénuphar était jadis employé pour adoucir la peau, atténuer plaques et rougeurs et apaiser certaines inflammations.

 

Riche en tanins et en amidon, le rhizome était utilisé pour apprêter les cuirs, teindre les tissus en noir et fabriquer une farine dite « de disette ».

 

Dans le folklore de l'ancienne Europe, le nénuphar était réputé éloigner les esprits malfaisants, protéger les voyageurs et le bétail contre les animaux nuisibles et les créatures vampiriques de la nuit.

 

Image36.jpg

 Il était aussi le gardien des petites fées...

 

Image38.jpg

 

Image39.jpg

Le nénuphar, aquarelle de John Lafarge (1835-1910), peintre et maître verrier américain.

 

Image40.jpg

 

Image41.jpg

Dans le Jardin Romantique de Bercy, on se laisse happer par le murmure du vent dans les hautes herbes et les chants d'oiseaux facétieux.

 

Image42.jpg

 

Image43.jpg

 

Image44.jpg

 

Image45.jpg

Nous évoluons dans une utopie végétale qui reflète, entre désir de mémoire et soif de modernité, la passion de ses créateurs.

 

Image46.jpg

L'eau verte serpente entre les hautes herbes et forme un gracieux petit étang.

 

Image47.jpg

Les promeneurs et les oiseaux apprécient cette construction sur pilotis qui se dévoile avec élégance dans le paysage.

 

Image48.jpg

Espace de rencontre, de rêverie ou de méditation à fleur d'eau...

 

Image49.jpg

 

Image50.jpg

 

Image51.jpg

A la saison propice, les fleurs sont souveraines.

 

Image52.jpg

 

Image53.jpg

 

Image54.jpg

 

Image55.jpg

Les roses trémières m'ont enchantée...

 

Image56.jpg

 

Image57.jpg

 

Image58.jpg

Au bord de l'eau, palpite une végétation luxuriante où s'abritent de nombreux oiseaux.

 

Image59.jpg

Poules d'eau, canards, et même un héron cendré s'ébattent joyeusement dans cet espace privilégié.

 

Image60.jpg

 

Image61.jpg

 

Image62.jpg

 

Image63.jpg

Les poules d'eau (gallinula chloropus) se laissent approcher de plus en plus facilement.

 

Image64.jpg

 

Image65.jpg

 

Image66.jpg

 

Image67.jpg

Les poules d'eau adolescentes, dont la couleur diffère avec celle de leurs parents, s'occupent des poussins avec beaucoup de soin.

 

Image68.jpg

 

Image69.jpg

 

Image70.jpg

 

Image71.jpg

 

Image72.jpg

 

Image73.jpg

Mais qu'aperçois-je de bon matin, immobile comme une statue?

 

Image74.jpg

Monsieur héron cendré, un grand oiseau gris, au port majestueux, doté de longues pattes grêles jaune grisâtre, d'un cou étiré et d'un grand bec jaune grisâtre en forme de poignard. Son ventre, le dessus de sa tête et son cou sont zébrés de noir. Il émet des cris rauques et perçants.

 

Le héron apprécie les zones humides peu profondes (étangs, marais, cours d'eau) et riches en nourriture. La nature de l'eau: douce, salée, saumâtre, vive ou dormante, lui importe peu. Redoutable chasseur, il peut rester appuyé, sur une seule patte, pendant des heures avant de fondre sur sa proie, de préférence des poissons, des anguilles et des batraciens. Il se nourrit aussi de petits rongeurs, d'insectes, de reptiles et de crustacés.

 

Image75.jpg

 

Image76.jpg

Le héron cendre est devenu la mascotte de Bercy, mascotte à laquelle une jeune fille a donné le nom d'Henry. Il se régale des poissons rouges qui nagent dans les eaux calmes du parc et savoure aussi des carpes et des petits gardons.

 

Image77.jpg

 

Étant donné la quantité de poissons qui s'offre en ces lieux, Henry n'est pas près de crier famine!

 

Image78.jpg

 

Image79.jpg

 

Image80.jpg

 

Sources et bibliographie

 

«Les Demeures», ouvrage collectif, catalogue d'exposition, Éditions du Centre Pompidou, Paris, 1984

 

MULLER Joseph-Émile: L'art au XXe siècle. Paris:Larousse, 1967.

 

PESSARD Gustave: Nouveau dictionnaire historique de Paris. Paris: Lejay, 1904.

 

VALLIER Dora: L'art abstrait. Paris: le livre de poche, 1980.

 

VOLBOUDT Pierre: Étienne-Martin, revue du XXe siècle, numéro 39, décembre 1972, pages 130 à 132.

 

Image81.jpg

 

Le Parc de Bercy nous réservant bien d'autres surprises, je vous donne rendez-vous dans quelques jours pour la suite de cette promenade. Je vous remercie de m'avoir accompagnée sur ces chemins buissonniers qui se fondent dans les méandres du temps...

 

Image82.jpg

 

Avec mes amicales pensées, gros bisous!

Plume

Voir les commentaires

Publié le par maplumefee
Publié dans : #clef, #deux, #mot, #paris, #temps

 Image01.jpg

Charles Wysocki (1928-2002), illustrateur américain.

 

Image02.jpg

 

Deux années se sont écoulées depuis la création de mon blog. Fidèles lectrices et lecteurs, depuis septembre 2011, la passion m'a emportée. J'ai fait de bien jolies rencontres et l'amitié s'est épanouie comme une rose dans la lumière d'été.

 

Image03.jpg

(Somptueuse rose « Madame Delbard », photographiée cet été dans le square Saint-Gilles Grand Veneur qui fera l'objet d'un prochain article.)

 

Les liens tissés, entre le virtuel et la réalité, nous ont permis de nous connaître davantage alors je vous remercie, vous qui déposez dans mon univers les couleurs de vos émotions. Merci pour votre constance et votre sensibilité!

 

Image04.gif

 

Image05.jpg

 

Je me réjouis de vous montrer Paris au fil de mes articles, Paris en lettres capitales, aimant pour les avancées majeures et les bouleversements de l'Histoire, entité tentaculaire étirant toujours plus haut ses constructions anciennes et futuristes... Ville mythique dont les charmes se déclinent à travers le maillage du Temps, riche de ses constructions éclectiques, de ses allées triomphales et de ses squares enivrés de verdure qui protègent des bulles d'intimité.

 

Image06.jpg

 

Entre lieux intimistes et monuments connus, Paris nous enchante et nous attire sur ses chemins buissonniers. Ce ne sont pas les gargouilles de Notre-Dame, perchées dans les couleurs du temps, avec une vue imprenable sur les mystères de l'Île de la Cité, qui me contrediront!

 

Image07.jpg

 

Image08.jpg

 

Image09.jpg

Au rythme des saisons, laisser caracoler ma plume dans les méandres de Paris est un bonheur toujours renouvelé.

 

Image10.jpg

Paris est une flamme dont l'intensité ne faiblit jamais, une boîte à trésors qui nous laisse de temps à autre entrevoir la clef des secrets...

 

Deux bougies pour Ma Plume Fée dans Paris!

Ce matin-là, je me suis arrêtée devant la porte d'un immeuble Belle-Époque, situé vers le milieu de la rue Saint-Jacques, probablement la plus ancienne voie religieuse et commerciale de Paris, empruntée par les nombreux pèlerins qui se rendaient à Compostelle.

 Je ne me souviens plus du numéro. D'habitude, c'est ce que je note en premier dans mon carnet mais ce jour-là, deux angelots aux gestes ésotériques ont investi mes pensées.

 Le premier me regardait en tenant une clef.

 

Deux bougies pour Ma Plume Fée dans Paris!

 

 

Deux bougies pour Ma Plume Fée dans Paris!

L'autre, avec son doigt sur la bouche, reprenait l'attitude d'Harpocrate, le dieu du silence et semblait me prévenir que commençait ici le royaume des secrets.

 

Image14.jpg

 Son geste imposait la discrétion et stimulait la curiosité, de même que la petite enveloppe qu'il brandissait de la main droite.

 

Image15.jpg

 Mais c'est la clef qui a aimanté mon attention.

Clef de la ville ou des champs, des songes perdus dans le frisson des nuées, clef de l'intrigue ou clef de voûte étoilée...

Clef de sol, d'ut ou de fa tissée sur les fils de l'arc-en-ciel, clef des plaisirs défendus, des sortilèges et des initiés... Le mot « clef » me séduit par son bruit d'eau vive et son ancienne graphie, réminiscence des cours de grammaire historique où le langage, à travers ses strates ambivalentes, devenait code et cryptex pour des esprits bouillonnants de sève.

Le « f », la lettre qui ne se prononce plus, évoque irrémédiablement le mystère, celui qu'on a voulu gommer par une subtile opération d'alchimie linguistique mais l'angelot n'a pas oublié les étapes de la transformation du mot.

Il y eut le latin « clavis » signifiant « clef, loquet, instrument de métal servant à ouvrir et à serrer » et sa variante « clavus », le « clou ».

Il y eut la serrure primitive, constituée d'une cheville ou d'un clou glissé dans un anneau et la barre métallique utilisée pour ouvrir une porte. Par extension, la clef devint le code nécessaire pour déchiffrer un texte. L'idée de fermeture et de secret est omniprésente dans ses dérivés: clavicule, conclave, cheville...

Suspendue aux lèvres du mystère, la clef active un balancier entre la mort et la vie, la fin et le commencement. Au Moyen-âge, elle fut l'instrument qui servait à tendre la corde d'une arbalète et l'outil permettant de calculer la date des fêtes mobiles, fêtes lunaires au parfum de paganisme enfiévré.

Bijou et amulette, elle fut et demeure le charme d'amour enfoncé dans la serrure du coeur, charme dont l'angelot connaît la puissance...

La clef de l'harmonie, sur la portée du silence, qui nous invite à suspendre nos mouvements erratiques et à contempler, dans les ombres et les patines du temps, une parcelle d'Or Universel.

 

Image16.jpg

A nouveau, ami(e)s lectrices et lecteurs, je vous remercie pour ces deux années écoulées et je vous donne rendez-vous, dans quelques jours, pour la suite de notre promenade au parc de Bercy.

 

Image17.jpg

 Avec mon amitié!

Plume

Voir les commentaires

Publié le par maplumefee
Publié dans : #bercy, #entrepot, #louis, #paris, #vin

 Image01.jpg

 Une rose pour vous dire merci!

 Merci d'avoir pris, si gentiment, de mes nouvelles pendant les semaines « troublées » que j'ai vécues. Vous avez toujours été là et vos petits mots, vos cartes postales et vos mails m'ont beaucoup touchée. Je vous souhaite, ainsi qu'à vos familles, une excellente rentrée.

 

Image02.jpg

 

Les vignes de Bercy

 

Image03.jpg

En cheminant vers l'automne, je vous invite à une promenade, gorgée de mille et une saveurs entre les vignes de Bercy. Elles s'épanouissent dans un parc aux ombrages luxuriants, aménagé en 1995 à l'emplacement d'entrepôts viticoles qui ont été fermés aux alentours de 1970. (Les premières fermetures ont débuté dans les années cinquante.)

 

Image04.jpg

 

Les rues pavées, traversées par des rails sur lesquels circulaient les wagons remplis de tonneaux, ont été conservées.

 

Image05.jpg

 

Image06.jpg

 

Image07.jpg

Le parc nous offre une grande variété de paysages, entre végétation exotique, ilots romantiques, orangerie, roseraie, bassins peuplés de nénuphars et de poissons, labyrinthe et jardin de senteurs mais bien avant que l'âge d'or du vin ne rayonne en ces lieux, Bercy fut une terre de prédilection pour les peuples qui venaient du fleuve.

 

Image08.jpg

 

Le long d'un chenal de la Seine, on retrouva en 1991 les vestiges d'un village âgé de 6000 ans: des outils, des figurines, des céramiques, un arc en bois d'if et un ensemble de pirogues monoxyles (taillées dans une seule pièce) de chêne qui ont rejoint les collections permanentes du musée Carnavalet.

 

Image09.jpg

(Photo musée.)

 

Avant Bercy, il y eut Percy, nom qui apparut au XIIe siècle dans un acte de donation du roi Louis VI le Gros (1081-1137) aux moines de l’abbaye de Montmartre. Puis il y eut la « Grange de Bercix » et, en 1415, l'établissement de la première Seigneurie de Bercy, sous l'obédience de la puissante famille de Montmorency.

 

Les demeures de plaisance se développèrent sous le règne de Louis XIII (1601-1643) et le village de Bercy connut un formidable essor au temps de Louis XIV (1638-1715).

 

Image10.jpg

 

Au XIXe siècle, Bercy avait la réputation d'être le plus grand centre mondial de négoce de vins et de spiritueux mais, au XIIIe siècle, le vignoble parisien était déjà considéré comme l'un des plus importants d'Europe.

 

Image11.jpg

 

Image12.jpg

Les Vendanges, d'après le manuscrit des Très Riches Heures du Duc de Berry (début du XVe siècle).

 

Image13.jpg

 

A l'origine du premier entrepôt vinicole

 Un jour de 1704, Louis XIV assistait à la messe à l'église Notre-Dame-de-Bercy quand son attention fut attirée par un homme qui semblait se tenir debout parmi les fidèles agenouillés. Un garde se précipita mais il constata que l'homme, un vigneron de Bourgogne, était bel et bien à genoux. Solide comme un chêne et doté d'une taille de géant, il dominait de plusieurs têtes chaque membre de l'assemblée. A la fin de l'office, le roi voulut le rencontrer. Le vigneron s'empressa de lui expliquer les difficultés qu'il rencontrait pour créer un commerce à Paris. Amusé par son étonnante stature et son franc parler, Louis XIV lui assura qu'il pourrait vendre chaque année ses vins, affranchis de tous droits, sur la grève de Bercy. Cette promesse fit date. Ainsi naquit le premier entrepôt.

 

Image14.jpg

Extrait du plan de la ville de Paris de Roussel, établi aux alentours de 1730.

 Bercy devint, aux portes de la capitale, un territoire prisé des seigneurs de la Cour et des puissants financiers, aimantés par le prestige de certaines demeures et le fastueux Château de Bercy.

 

 Image15.jpg

 Celui-ci fut édifié, à partir de 1658, par François Le Vau (1613-1676), frère du célèbre architecte Louis Le Vau, pour Charles Henri de Malon de Bercy, marquis de Nointel, petit-neveu de Colbert et intendant des finances de Louis XIV.

 

Image16.jpg

 André Le Nôtre y réalisa de magnifiques jardins, comme en témoignent les tableaux de Pierre-Denis Martin (1663-1742), peints vers 1725-1730 et conservés dans la salle à manger du château de Brissac (Maine-et-Loire). Derrière la façade principale du château, on distingue le donjon du château de Vincennes.

 

Image17.jpg

 Nous ne pouvons qu'apprécier la finesse des topiaires d'if et des parterres de broderies sans oublier les silhouettes animées des deux jardiniers qui brandissent pelle et râteau.

 

Image18.jpg

 Cette vue cavalière du château nous montre que les jardins, qui s'étageaient jusqu'à la Seine, attiraient de nombreux visiteurs.

 

Image19.jpg

 On aperçoit l'une des chaloupes de Bercy, embarcations très en vogue et richement décorées qui longeaient les berges du fleuve.

 

Image20.jpg

 Des lions bordaient l'allée centrale qui se déployait jusqu'à une « terrasse du bord de l'eau ».

 

Le château de Bercy était également connu pour ses boiseries, somptueux témoignage de l'Art Rocaille. Certaines furent préservées et réinstallées au Palais de l'Élysée et dans plusieurs hôtels particuliers de Paris.

 

Image21.jpg

 Ces deux photographies d'Eugène Atget (1857-1927), datées de 1909, montrent l'une des portes du château remontée dans l'hôtel de la comtesse de Cosnac, au numéro 33 de la rue de l'Université, dans le VIIe arrondissement de Paris.

Image22.jpg

 

Très dégradé après la disparition du dernier héritier de la famille Malon de Bercy, le château fut détruit en 1861 et de nombreuses auberges et guinguettes s'installèrent sur les bords de Seine. Dans ce qu'on appela le « Joyeux Bercy » se mélangèrent négociants, ouvriers, amateurs de vins avec ou sans le sou, artistes en goguette ou en quête d'inspiration. Ils fréquentaient des établissements comme le Rocher de Cancale, les Marronniers, la Pomme d'Or et le Soleil d'Or...

 

Image23.jpg

 

Les premiers magasins à vin furent établis sur les rives de la Seine mais au XIXe siècle des entrepôts furent construits à l'emplacement des magnifiques propriétés des XVIIe et XVIIIe siècles qui portaient des noms évocateurs de fortune et de villégiature: le Petit-Bercy, la Folie Rambouillet (fort appréciée pour ses vastes jardins ouverts au public) ou le domaine des frères Paris. Les entrepôts se dressaient à l'extrémité de la barrière d'octroi de la Rapée, ainsi les vins n'étaient pas soumis à l'impôt.

 

Image24.jpg

La barrière de La Rapée, d'après un dessin de Sébastien-Joseph Misbach (1775-1853). (http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b77.)

 

Cette barrière, érigée par Claude-Nicolas Ledoux (1736-1806), appartenait à une ceinture de monuments néoclassiques appelés « Propylées de Paris ». Elle se situait au niveau du pont de Bercy et portait le nom d'un ancien commissaire aux guerres du roi Louis XV.

 

Image25.jpg

Gravure issue du Moniteur Vinicole, Journal de Bercy et de l'Entrepôt.

 

En 1825, le baron Joseph-Dominique Louis (1755-1837), ministre des Finances, acquit plusieurs terrains sur lesquels se trouvaient de vieux entrepôts qu'il fit réaménager.

 

Image26.jpg

 

En 1860, la commune indépendante de Bercy fut dissoute et partagée entre Paris et Charenton. Dans le même temps, la consommation de vin augmenta dans la capitale.

 

Image27.jpg

 

Les bateaux remontaient la Seine, chargés de tonneaux, et leur précieuse cargaison était acheminée par wagon-citerne, depuis la gare de La Rapée (aujourd'hui disparue) jusqu'aux chais qui abritaient une profusion de vins de Bourgogne et du Beaujolais.

 

Image28.jpg

 

Image29.jpg

 

A partir de 1869, les entrepôts furent rénovés et agrandis et, en 1877, deux grands entrepôts furent construits, sur les plans d'Eugène Viollet-le-Duc (1814-1879), près de la prospère Halle aux Vins.

 

Image30.jpg

 

Image31.jpg

Wagons-foudre photographiés par Jacques Boyer.

 Vers 1880, ces wagons composés d'un ou deux tonneaux de chêne fixés sur une surface plate, dévolus au transport du vin, se généralisèrent.

 

Image32.jpg

 

Le lieu devint une fourmilière pour de nombreux corps de métiers.

 

Image33.jpg

Les tonneliers, vers 1900.

 

Image34.jpg

 

Image35.jpg

Les soutireurs de vin.

 

Le soutirage du vin consiste à changer le vin de contenant afin de l'oxygéner et à retirer les premières lies issues de la fermentation, sans les agiter. Il faut être vigilant pour éviter l'oxydation du breuvage.

 

Image36.jpg

 

Le dépotage du vin, opération visant à ôter les sédiments de fond de cuve, les débris végétaux et certaines cristallisations.

 

Image37.jpg

 

Le filtrage ou clarification du vin, photographie de Jacques Boyer. A cet effet, on utilisait du blanc d'oeuf aussi croisait-on, le long des entrepôts, un personnage chargé de vendre les jaunes récupérés. On l'appelait le « jaune d'oeuf ».

 

Image38.jpg

Le contrôle des vins.

 

Image39.jpg

La berge des entrepôts en 1900, agence Roger Viollet (LL-28242A).

 

Image40.jpg

Le quai de Bercy, 1907, par Maurice Branger (BRA-28878).

 

Image41.jpg

 

Image42.jpg

 

Pendant la crue de 1910, la Seine transforma Bercy en une ville lacustre, créant une étendue d'eau plus de cinq mètres de profondeur et hissant tonneaux et fûts, à certains endroits, jusque dans les arbres et sur le toit des maisons.

 

Image43.jpg

 

Image44.jpg

Image Le Monde.fr


L'architecture des entrepôts fait aujourd'hui partie intégrante d'un quartier neuf et d'une zone de commerces et de loisirs qui porte le nom d'une ville d'Aquitaine, célèbre pour ses grands crus et son patrimoine historique exceptionnel: Saint-Émilion.

 

Image45.jpg

 

Image46.jpg

Les ruines des entrepôts, photographiées en 1984.

 

Image47.jpg

 

Image48.jpg

Les Chais Lheureux, appelés aujourd’hui Pavillons de Bercy, bordent la rue des Pirogues de Bercy. Créés en 1886 par Louis-Ernest Lheureux (1827-1898), élève de Victor Baltard, le célèbre architecte des Halles de Paris, ils furent l'épicentre d'une activité intense, activité qui déclina avec la destruction des fortifications de Thiers entre 1920 et 1929. Restitués dans leur état d’origine, ils présentent des murs épais en pierre de meulière et de belles ouvertures voûtées. Ils dominent des rues aux noms évocateurs (Chablis, Mâcon, Pommard...) dont les pavés ont été classés à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques.

 

Image49.jpg

Une vue des lieux en 1908.

 

Image50.jpg

On y trouve aujourd'hui un cinéma, d'agréables boutiques, des restaurants et d'excellents salons de thé.

 

Image51.jpg

 

Image52.jpg

Un des anciens chais a été conservé dans le parc. Tout en briques, il domine un potager pédagogique et constitue pour les amis des jardins un agréable lieu de rencontre et de rêverie.

 

Image53.jpg

 

Image54.jpg

Chaque année, plusieurs milliers de petits parisiens viennent s'y familiariser avec les techniques du jardinage biologique. Ils y font pousser des fleurs mellifères, des fruits savoureux et des herbes aromatiques grâce à du compost et du mulch faits maison.

 

Image55.jpg

Le mulch est constitué, dans le potager de Bercy, de fragments de bois, de paille, de tontes de gazon, de feuillages divers, d'ortie et de fougère. Dans le commerce, il se compose d'un mélange d'écorces de pin, de paillettes de lin ou de chanvre et de coquilles de fèves de cacao concassées appelées mulcao. Il est utilisé contre les herbes indésirables au printemps, contre la sécheresse estivale et les premiers froids de l'automne. Il permet aussi d'améliorer la structure des sols.

 

Image56.jpg

Les enfants y rivalisent de créativité. Je vous présente Blue Pom, l'épouvantail fétiche de l'école Pommard, dans le 12e arrondissement de Paris.

 

Image57.jpg

Et monsieur Chat, l'ami de la sorcière des bois...

 

Image58.jpg

Les fleurs s'offrent, luxuriantes, à la caresse du soleil.

 

Image59.jpg

 

Image60.jpg

 

Image61.jpg

 

Image62.jpg

 

Image63.jpg

 

Image64.jpg

 

Image65.jpg

En quittant le chai et en suivant les anciens rails, on découvre une insolite cheminée tronconique de brique rouge autour de laquelle s'épanouissent 400 pieds de chardonnay et de sauvignon ainsi que du raisin de table de grande qualité: muscat de Saumur et de Hambourg, raisin bleu de Frankenthal et chasselas de Fontainebleau aux grains d'or.

 

Image66.jpg

 

Image67.jpg

Le vignoble de Bercy se déploie sur une superficie de 660 m2, au voisinage des tours de la Bibliothèque Nationale de France.

 

Image68.jpg

Après avoir disparu dans les années 1940, en grande partie à cause du phylloxera et du mildiou, la vigne est aujourd'hui de plus en plus représentée dans le tissu francilien. On en trouve à Suresnes, au Clos du Pas Saint-Maurice, dans les Hauts-de-Seine; au flanc de la Butte Montmartre; au pied des vestiges de l'ancienne abbaye de Saint-Germain-des-Prés, dans le square Félix Desruelles (VIe arrondissement de Paris); dans le jardin du presbytère de l’Eglise Saint-François Xavier, Boulevard des Invalides (VIIe arrondissement); au Parc Georges Brassens (XVe arrondissement ), au Parc de Belleville, à Bagatelle, à Bagneux ou encore au Trianon de Versailles.

 

Image69.jpg

Depuis des années, des passionnés redonnent vie à ces vins franciliens qui fournissaient autrefois les tables les plus prestigieuses.

 

Image70.jpg

 

D'après le journaliste Alain Poret, auteur d'un ouvrage intitulé Histoire du grand vignoble d'Île-de-France, de la Gaule à nos jours: «A son apogée, au XVIIIe siècle, l'Île-de-France était la plus grande région viticole de France avec 42 000 ha, contre 35 000 à la Champagne et 18 000 pour l'Alsace.»

 

Image71.jpg

 

Image72.jpg

 

Image73.jpg

 

Image74.jpg

 

Bibliographie

 AUDOT Louis-Eustache: Traité de la composition et de l'ornement des jardins: avec cent soixante et une planches représentant, en plus de six cents figures, des plans de jardins, des fabriques propres à leur décoration, et des machines pour élever les eaux. Paris: Audot, éditeur du Bon Jardinier, 1839. (Rue du Paon, 8, école de Médecine.)

 

BERTOUT DE SOLIÈRES F: Fortifications de Paris à travers les âges. Rouen: Girieud, 1906.

 

CHADYCH Danielle: Le guide du promeneur, 12e arrondissement. Paris: Parigramme, 1995.

 

PORET Alain: Histoire du grand vignoble d'Île de France, de la Gaule à nos jours. Presses de Valmy, Daniel Bontemps éditeur.

 

Image75.jpg

Le parc de Bercy recèle encore bien des trésors que je vous ferai découvrir dans un prochain article. En attendant que mûrissent les grains rubis et or, je vous souhaite une excellente visite, en remerciant ceux qui m'ont écrit pendant ma pause et ceux qui se sont promenés, silencieusement, dans mon espace ainsi que mes nouveaux abonnés.

 

Image76.gif

 

Soyez gourmands, faites vous plaisir et consommez « avec modération » le précieux élixir de la Dive Bouteille!

 

Image77.jpg

George E Forster (1817-1896): Fruits et vin blanc.

Plume

Voir les commentaires

Publié le par maplumefee
Publié dans : #eau, #ile, #paris, #pont, #seine

 

Image01.jpg

 

Image02.jpg

 

Image03.jpg

 

Image04.jpg

 

Je vous invite sur les bords de Seine, en cet été 2013 où flâner dans la capitale et laisser voguer rêves et pensées au fil de l'eau est particulièrement agréable.

 

Image05.jpg

 

La Seine se déploie, majestueuse, entre les berges bordées de monuments historiques et la treizième édition de Paris Plages nous offre un accès privilégié aux ponts et aux couleurs changeantes du fleuve.

 

Image06.jpg

 

Image07.jpg

 

Nous profitons d'une exposition intitulée « Regardez Monsieur Monet comme la Seine a changé! »

 

Image08.jpg

 

Cette exposition dont je vous parlerai en détail à la rentrée est fondée sur la mise en perspective de reproductions d'oeuvres de Claude Monet et de photographies illustrant les changements des bords de Seine depuis un siècle.

 

Image09.jpg

 

La Seine, gigantesque serpent d'eau nourricier aux mémorables « colères », est indissociable de la naissance, de l'expansion et de la prospérité de Paris.

 

Image10.jpg

 

Elle est la voie navigable la plus fréquentée de France et une source d'inspiration pour les artistes depuis des siècles. En pleine Révolution Industrielle, Claude Monet fut un témoin privilégié de ses humeurs et de ses transformations. Il décrivit aussi les promenades au fil de l'eau et les loisirs nautiques prisés par une société en quête de villégiature.

 

Image11.jpg

La Seine à Argenteuil, 1875.

 

Image12.jpg

Le canal Saint-Martin, le 4 mars 1894.

 

Image13.jpg

 

Autrefois, quand elle n'était pas retenue par de fortes digues, la Seine charriait beaucoup de sable, de grosses pierres, des arbres et différents déchets organiques. Tour à tour placide et tempétueuse, elle formait une myriade de petites îles et de bancs limoneux. Certaines de ces îles, bordées de roseaux et de saules, étaient exploitées au Moyen-âge. Hormis l'île de la Cité et l'île Saint-Louis, constituée de l'île Notre-Dame et de l'île aux Vaches, elles ont aujourd'hui disparu.

 

Image14.jpg

 

Image15.jpg

 

Image16.jpg

Une journée radieuse, le regard suspendu entre le ciel et les moires de l'eau...

 

Image17.jpg

avant de contempler les façades de l'Île Saint-Louis, hiératiques derrière les arbres ivres de lumière.

 

L'île est environnée de quatre quais en pierre de taille garnis de beaux et puissants parapets, le quai Bourbon, le quai d'Orléans, le quai de Béthune et le quai d'Anjou. Je publierai bientôt des articles sur le sujet ainsi qu'une abondante bibliographie.

 

Image18.jpg

 

La plupart des hôtels qui dominent l'eau étaient autrefois habités par des magistrats de cours souveraines. Sous les grands ombrages, l'île Saint-Louis nous invite à redécouvrir ses secrets et pour cela, il faut traverser le pont Marie, construit à l'initiative de Christophe Marie, entrepreneur-général des ponts de France. Le roi Louis XIII, alors âgé de treize ans, posa la première pierre de ce pont à cinq arches, le 11 décembre 1614, sous la régence de sa mère Marie de Médicis.

 

Image19.jpg

Le pont fut ouvert à la circulation en 1635 et surmonté de cinquante maisons mais, dans la nuit du 1658, une crue de la Seine emporta deux arches et vingt-deux maisons, ce qui coûta la vie à près de soixante personnes. La communication avec l'île ne fut rétablie qu'aux alentours de1660, grâce à un pont de bois.

 

Les deux arches de pierre ne furent reconstruites qu'en 1667 et à partir de 1769, la décision fut prise de démolir les maisons érigées sur les ponts dans la crainte de nouvelles crues.

 

Image20.jpg

A travers les arches du pont Marie, on aperçoit le pont Louis-Philippe qui subit de nombreuses modifications après la pose de la première pierre, le 29 juillet 1833. Le pont actuel fut construit entre août 1860 et avril 1862, un peu plus en amont que le précédent ouvrage.

 

Image21.jpg

Je vous emmènerai bientôt visiter l'île Saint-Louis, ses quais, ses portes, ses façades remarquables, ses détails d'architecture et ses ornements mystérieux. J'ai collecté de nombreuses photos depuis des années et des centaines de gravures et de plans dans le cadre de mon Doctorat alors je prends le temps nécessaire pour bien partager cette documentation.

 

Image22.jpg

 

Image23.jpg

L'été, les berges de la Seine deviennent d'agréables lieux de villégiature que se réapproprient les touristes et les franciliens.

 

Image24.jpg

 

Image25.jpg

 

Image26.jpg

 

Image27.jpg

 

Image28.jpg

 

Image29.jpg

 

Image30.jpg

 

Image31.jpg

Il est bien agréable de pouvoir se promener là où passent habituellement les voitures.

 

Image32.jpg

 

Image33.jpg

Dans le vent et l'écume, les hommes du fleuve filent à toute allure.

 

Image34.jpg

 

Image35.jpg

Il est encore tôt, la promenade est à nous!

 

Image36.jpg

 

Image37.jpg

 

Image38.jpg

Ceux qui ont lu mes précédents articles sur Paris Plages savent que j'apprécie tout particulièrement la bibliothèque éphémère Flammarion, située à l'ombre du Pont Marie.

 

Image39.jpg

Cette année je me suis installée dans ces drôles de poufs verts, ultra gonflés, hybrides de chamallows et de cocons ventrus...

 

Image40.jpg

 

Image41.jpg

Une agréable invitation à la sieste et à la lecture.

 

Image42.jpg

Ce n'est pas Christophe qui me contredira!

 

Image43.jpg

Ou cette dame qui a dévoré son livre tout au long de l'après-midi...

 

Image44.jpg

Demoiselle libellule bronze dans la lumière d'or.

 

Image45.jpg

Rêveries littéraires dans le doux et mystérieux clapotis de la Seine.

 

Image46.jpg

 

Image47.jpg

 

Image48.jpg

 

Image49.jpg

 

Image50.jpg

Lors des journées caniculaires de juillet, l'atmosphère très rafraîchissante du jardin des brumes était la bienvenue.

 

Image51.jpg

 

Image52.jpg

 

Image53.jpg

Cette année encore, dans le contexte de Paris Plages, je me suis régalée à cheminer le long de la Seine et à photographier les charmes de la capitale au bord de l'eau.

 

Image54.jpg

Tôt le matin, quand les couleurs semblent jaillir de la palette de monsieur Monet...

 

Image55.jpg

et quand le soleil descend, aimanté par les scintillements de l'eau. A contrejour, de sombres mystères crépitent dans les profondeurs de la Conciergerie et dans les pierres de Notre-Dame.

 

Image56.jpg

Laissons la ville écrasée de chaleur s'endormir doucement... Je vous conterai plus tard l'histoire des lieux, le marchand de sable m'enveloppe de son souffle doré.

 

Image57.jpg

 

Image58.jpg

 

La plume fée se pose quelques temps. En attendant de vous retrouver, je vous souhaite un très agréable mois d'août. Je pense bien à vous, merci de votre fidélité!

 

Image59.gif

Plume

Voir les commentaires

Publié le par maplumefee
Publié dans : #fin, #paris, #plage, #sable, #seine

BLOG EN MODE BUISSONNIER

 

Je vous souhaite un très bel été!

 

Image01.gif

 

Image02.jpg

Du samedi 20 juillet au dimanche 18 août, le long des quais de Seine et dans le cadre superbe du bassin de la Villette, les installations de Paris Plages offriront aux promeneurs la possibilité de se réapproprier l'espace urbain, entre rêverie romantique, flânerie culturelle, loisirs et farniente.

 

Image03.jpg

 

Image04.jpg

 

Image05.jpg

 

N'en déplaise à ses détracteurs, la manifestation, qui connaît un franc succès depuis douze ans, est rythmée par de nombreuses animations sportives et culturelles gratuites: bibliothèque éphémère Flammarion, terrains de pétanque et de beach-volley, espace baby foot, ateliers d'art plastique, cours de taï-chi, d'escrime et de fitness, séances de danse de salon, loisirs nautiques (…) et possibilité de se dorer au soleil sur la plage bordée par de grandes vagues de bois.

 

Image06.jpg

 

Image07.jpg

 

Image08.jpg

 

Image09.jpg

 

L'affiche de Paris Plages 2013 est signée Kiraz, de son vrai nom Edmond Kirazian. Ce dessinateur de presse est célèbre pour ses Parisiennes au charme désinvolte et malicieux qui ont fait l'objet d'une exposition, en 2008, au Musée Carnavalet.

 

Image10.jpg

 

Image11.jpg

A Paris Plages, chacun trouve aisément son espace. Il y a ceux qui apprécient de se « regrouper » et ceux qui comme moi préfèrent se mettre un peu en retrait de la foule. J'aime y écrire en plein air, installée sous un parasol, à proximité d'un glacier, emplacement hautement stratégique!

 

Image12.jpg

 

Image13.jpg

 

Image14.jpg

Une jolie sirène veille sur la plage aux enfants. Certains d'entre vous l'ont vue l'année dernière mais elle méritait bien d'être à nouveau contemplée.

 

Image15.jpg

 

Image16.jpg

 

Image17.jpg

Touristes et franciliens sont conquis par ces espaces ombragés.

 

Image18.jpg

Paris en mode apaisé...

 

Image19.jpg

 

Image20.jpg

Palmiers sur Seine

 

Image21.jpg

Les amateurs de vieilles pierres sont ravis de contempler de plus près la superbe Conciergerie récemment restaurée...

 

Image22.jpg

 

Image23.jpg

et de saluer les mascarons du Pont-Neuf aux trognes irrésistibles!

 

Image24.jpg

Les secrets du Pont-Neuf.

Image25.jpg

 

Image26.jpg

Tôt le matin, avant que la foule ne vienne investir la promenade, l'air est particulièrement agréable.

 

Image27.jpg

Pour répondre aux interrogations d'une lectrice qui s'inquiétait l'été dernier, aucune voiture ne passe en ces lieux. Les piétons musardent là où les véhicules se suivent habituellement, pare-choc contre pare-choc. C'est ce qui suscite la colère d'un certain nombre de gens qui préfèrent que la ville soit constamment polluée par les voitures et qui refusent de se « commettre », avec le commun des mortels, dans les transports urbains!!!

 

Image28.jpg

 

Programme des festivités

 

Le Festival Fnac Live se déroulera, du 18 juillet au 21 juillet, sur le parvis de l’Hôtel de Ville. Plus d’une trentaine d’artistes (comme Olivia Ruiz, Jacques Higelin, Granville, Alex Beaupain...) seront au rendez-vous. Des concerts plus intimistes auront lieu, pour la première fois, dans le salon des Arcades de l'ancienne Maison aux Piliers.

 

Image29.jpg

Tous les vendredis et samedis, du 26 juillet au 18 août, huit spectacles live (concerts, opéra, danse…) seront retransmis sur un écran géant installé sur le parvis de l’Hôtel de Ville.

 

A la Rotonde du bassin de la Villette, la Fédération française du sport automobile proposera aux enfants un circuit de kart électrique. Une tyrolienne reliera les deux rives du bassin. Les visiteurs les plus zélés trouveront aussi 45 embarcations, « des plus classiques aux plus insolites », destinées à leur faire vivre d'inoubliables sensations nautiques. Les manèges, les pédalos et les sphères flottantes seront nombreux sans oublier les pièces de théâtre et le cinéma en plein air.

 

A la Base Nautique, reviendra le Dragon Boat, grand canoë avec une tête de dragon en guise de proue.

 

Image30.jpg

 

Atmosphères de Paris Plages

 Je publie dans ce chapitre des parties de mon article de l'année dernière, intitulé Sous le soleil de Paris Plages, et j'y ajoute de nouvelles photos.

 

Image31.jpg

Pendant que butinent les abeilles de Paris, on choisit un transat ou un pouf confortable aux couleurs anisées et on s'installe près de la Bibliothèque éphémère Flammarion où, moyennant le prêt de sa pièce d'identité, on peut emprunter gratuitement des livres et des bandes dessinées.

 

Image32.jpg

 

Image33.jpg

 

Image34.jpg

Un de mes endroits favoris.

 

Image35.jpg

 

Image36.jpg

A tout âge, on rêve devant les châteaux de sable...

 

Les établissements Lafarge sont l'un des sponsors de la manifestation. Ils sont responsables de l'extraction et de l'acheminement du sable de Paris Plages.

 

Image37.jpg

Ce sable alluvionnaire, doux et particulièrement fin, vient de la carrière de Bernières-sur-Seine, dans l'Eure. Son gisement date du Quaternaire (entre 100000 et 800000 ans avant J.-C.) et se situe dans le lit d’un ancien méandre de la Seine.

 

Image38.jpg

Roulé par les courants du fleuve, le sable s’est déposé, au fil du temps, sur les terres normandes, près des Andelys. Il est exploité à partir du sous-sol des anciennes boucles de la Seine.

 

Image39.jpg

J'ai photographié l'installation de la « plage » parisienne. De grandes barges, actionnées par un pousseur, remontent la Seine jusqu'à Paris sur près de 180 kilomètres.

 

Image40.jpg

Le fleuve est un moyen de transport écologique. Six barges fluviales sont capables d'acheminer le contenu de 250 camions!

 

Image41.jpg

 

Image42.jpg

Pendant toute la saison de Paris Plages, le sable subit des analyses régulières, un entretien et un nettoyage rigoureux. Il est ratissé chaque soir et passé à la vapeur d'eau tous les deux jours. A la fin de l'évènement, il est récupéré, traité, désinfecté et recyclé dans les jardins, les bacs à sable, les hippodromes, les manèges à chevaux et les équipements sportifs de la ville.

 

Image43.jpg

 

Ce sable aux grains très fins est apprécié par les artistes.

 

Image44.jpg

Je ne vous avais pas montré cette création, photographiée à la fin de la saison 2012.

 

Image45.jpg

 

Image46.jpg

 

Image47.jpg

 

Image48.jpg

Vous aviez été nombreux à apprécier Minnie, Mickey et le château de la Belle au bois dormant, au cours de l'été 2011.

 

Image49.jpg

En 2011, l'été était pluvieux mais les promeneurs étaient tout de même au rendez-vous.

 

Image50.jpg

 

Image51.jpg

 

Image52.jpg

 

Image53.jpg

Dès que le soleil devient trop ardent, on se rafraîchit dans la douce vapeur aquatique du jardin des brumes et on s'hydrate grâce aux fontaines installées le long du parcours.

 

Image54.jpg

 

Image55.jpg

 

Image56.jpg

 

Image57.jpg

 

Image58.jpg

 

Image59.jpg

Le service public « Eau de Paris » met à la disposition des visiteurs deux machines à gazéifier et un stand d’eau fraîche avec distribution gratuite de sirop, tous les jours de 16h à 19h. Malgré l'affluence, chacun est servi dans une ambiance sympathique et de nombreuses fontaines émaillent le parcours.

 

Image60.jpg

 

Image61.jpg

 

Image62.jpg

 

Image63.jpg

 

Image64.jpg

 

Outre les activités proposées, l'occasion est bien trop belle de profiter des berges de la Seine vierges de tout véhicule à moteur et de contempler, d'une autre manière, la superbe architecture des ponts de Paris.

 

Image65.jpg

 

Image66.jpg

 

Image67.jpg

 

Image68.jpg

 

Image69.jpg

 

Image70.jpg

 

Image71.jpg

Je vous souhaite de profiter de l'été qui resplendit et je vous dis « à très bientôt ». Ma plume et mon APN sont en goguette...

 Merci de votre fidélité, amicales pensées!

 Cendrine

 

Image72.gif

Plume

Voir les commentaires

Publié le par maplumefee
Publié dans : #ching, #loo, #pagode, #paris, #rue

Bonne fête maman, bonne fête à toutes les mamans...

Une pagode nommée désir...

 

La Pagode Loo

Image01.jpg

 

A l'angle de la rue de Courcelles et de la rue Rembrandt, dans le 8e arrondissement de Paris, se dresse une fascinante maison rouge.

 

Image02a.jpg

 

A quelques encablures du Parc Monceau, elle apparaît, un brin mystérieuse parmi les immeubles haussmanniens. Est-elle décor de théâtre, temple ou rêve échoué dans la réalité? Quoi qu'il en soit, sa couleur, sa hauteur et son architecture inattendues attisent la curiosité des passants.

 

Image03a.jpg

 

Singulière sous le ciel de Paris, avec ses volumes élégants et sa peau « sang de boeuf » caressée par la lumière, la Pagode reflète la passion de son premier propriétaire, l'antiquaire Ching-Tsai Loo (1880-1957), pour les arts de l'Asie.

 

Image04.jpg

 

Ce chinois ambitieux, originaire de la province méridionale du Zhejiang, s'établit à Paris au début du XXe siècle et devint le plus fameux spécialiste du commerce d'antiquités orientales que connut son époque.

 

Image05.jpg

(Photographie Chine-informations.com. )

 

Image06.jpg

 

Il acquit en 1922, rue de Courcelles, un hôtel particulier où se mêlaient styles Louis-Philippe et Napoléon III (visible à gauche sur la photographie ancienne). Il voulait y installer ses collections mais comme il trouvait le bâtiment trop petit, il fit construire, entre 1926 et 1928, une maison rouge en forme de pagode par l'architecte François Bloch. L'écrivain Marcel Proust (1871-1922) a vécu dans l'immeuble situé en face de cet élégant manoir.

 

Image07.jpg

 

Le nouvel édifice, d'une superficie de 800 m2, séduisit par son charme insolite les habitants des luxueuses propriétés de la Plaine Monceau. Il rayonna sur un quartier qui s'était considérablement transformé sous l’impulsion du Baron Haussmann.

 

Image08.jpg

 

Parmi les richissimes demeures de mécènes et de collectionneurs, à l'instar des Camondo, des Menier, des André ou des Rothschild, la maison Loo devint un haut lieu d'échanges artistiques et commerciaux.

 

Image09a.jpg

 

Grâce à Ching-Tsai Loo, de prestigieux cabinets de curiosités privés se constituèrent et plusieurs musées d'art asiatiques, comme le musée Guimet à Paris, le British Museum à Londres et le Metropolitan Museum à New York, enrichirent considérablement leurs collections.

 

Image10.jpg

 

Ce roman décrit le parcours d'un jeune homme appelé Huan Wen, issu d'une famille de paysans « totalement dépourvue de culture savante » et devenu cuisinier au service de Zhang Jinjiang, troisième conseiller à l'ambassade de Chine à Paris. Après son arrivée dans la capitale en 1902, Huan s'imposa comme l'homme de confiance du puissant dignitaire. Il allait réceptionner à la Douane des marchandises précieuses (thé, soie, laques fines, antiquités) pour approvisionner le magasin que Zhang Jinjiang avait ouvert Place de la Madeleine.

Rusé, tenace et brillant d'intelligence, il ouvrit en 1908 sa première galerie rue Taitbout, dans le 9e arrondissement de Paris et prit le nom de Ching Tsai Loo. En Orient comme en Occident, il s'imposa dans le monde des arts grâce à un réseau de clients fidèles et de riches associés.

Chaque année, à la différence de ses concurrents, il se rendait en Chine par le Transsibérien et collectait des objets magnifiques grâce aux solides appuis dont il bénéficiait dans le gouvernement de Sun Yat-Sen, suite à la proclamation de la République chinoise en octobre 1911.

Pendant l'hiver 1914, dans un train qui se dirigeait vers New York, il fit la connaissance de Charles Lang Freer, richissime fabricant de voitures et collectionneur d'antiquités chinoises. Après cette rencontre déterminante, il ouvrit un magasin d'objets d'art asiatiques sur la Cinquième Avenue à New York et côtoya les plus importants collectionneurs de son époque: les Rockefeller, les Morgan, les Vanderbilt...

 

Image11.jpg

(Image PagodaParis)

Ce personnage complexe fut honoré en Occident mais désavoué dans son pays après la Révolution de 1949 et l'instauration de la République populaire de Mao Zedong. Ses associés furent assassinés. On l'accusa d'avoir pillé les trésors nationaux et il échappa de peu à un sort funeste.

Il revint en France et développa des relations amicales avec les conservateurs des musées du monde entier. Grand philanthrope, il offrit de nombreuses oeuvres au British Museum de Londres, au Nelson-Atkins Museum of Arts de Kansas City, au Museum of Fine Arts de Boston et surtout au musée Guimet de Paris auquel il légua, en 1957, sa collection de jades antiques.

 

Image12.jpg

(Éloge de l'Art.com)

Ce masque figurant une tête de jaguar date de la dynastie Zhou (1027-770 avant J.-C.).

 

Image13.jpg

 Dans un subtil jeu de courbes et de contre-courbes, deux dragons Zhi affrontés forment les anses de cette petite tasse d'époque Ming (1368-1644), conservée au musée Guimet. Son traitement fluide est magnifié par la translucidité de la matière: un jade vert d'eau légèrement veiné de brun. Elle constituait une pièce de choix pour des cabinets de lettrés.

 D'autres pièces sont tout aussi remarquables...

 Image14.jpg

 Image15.jpg

 Image16.jpg

 Cette tête, offerte en 1920 au musée Cernuschi par Ching-Tsai Loo, représente un pratyeka buddha, identifiable par son chignon «en colimaçon». Un pratyeka buddha est un Éveillé qui occupe une place intermédiaire entre les buddhas et les bodhisattvas.

 « Le terme sanskrit bodhisattva désigne des êtres (sattva), humains ou divins, qui ont atteint l'état d'éveil (bodhi). Ils devraient donc porter logiquement le nom de buddha (« éveillé ») et être à jamais libérés des contingences existentielles. Mais le bouddhisme enseigne que certains buddhas suspendent, par compassion pour leurs semblables, leur entrée dans le nirvana et veillent sur les hommes à la façon des anges gardiens. » (Définition Encyclopédia Universalis).

 Buddha «L'Éveillé» désigne toute personne libérée des contraintes de son corps, étant ainsi parvenue à un état supérieur d'élévation spirituelle ; terme faisant souvent référence à un prince vivant en Inde au VIe siècle avant notre ère : Siddharta Gautama dit «le Bouddha».

 

Image17.jpg

 Très appréciée pour la luxuriance de son décor intérieur, la Pagode de la rue de Courcelles abrita, pendant plusieurs décennies, la galerie C.T. Loo&Cie qui se rendit célèbre en fabriquant, sur commande, des meubles vernis de laque craquelée. La galerie s’est installée, en juin 2011, dans le 7ème arrondissement de Paris.

 

Image18.jpg

 

Image19.jpg

 

A l'époque de monsieur Loo, la Pagode constituait un écrin pour des objets d'un raffinement extrême: lits à opium, porcelaines impériales, panneaux laqués, boiseries indiennes importées du Rajâsthan au XVIIIe siècle, plafond à caissons, chaises de lettrés, jades, tête de Bouddha du Gandhâra...

 

Image20.jpg

 

Une porte de lune permettait de découvrir un cabinet de curiosités, des murs lambrissés et des paravents somptueux.

 

Image21.jpg

 

Cette maison d'antiquités a été tenue par le petit-fils de Monsieur Loo, Michel Cardosi, mais, trop endommagée par les griffes du temps, elle a dû subir une importante réfection.

 

Image22.jpg

 

Après deux ans de travaux, elle a rouvert ses portes au public le 12 Octobre 2012. Elle est désormais destinée à accueillir des expositions, des évènements culturels et des ventes d’art asiatique. Les visiteurs pourront également découvrir la bibliothèque privée de Ching Tsai Loo, un lieu exceptionnel qui abrite plus de 2000 livres, 3000 catalogues d’art, 3000 photographies et la correspondance de l'ancien maître des lieux.

 

Image23.jpg

Les canards mandarins, symboles d'amour et de fidélité. (Image PagodaParis)

 

Année après année, la Pagode a attiré les collectionneurs et les artistes, venus y nourrir leur imagination.

 

Janine Loo, la quatrième fille de monsieur Loo, prit en 1947, à la demande de son père la direction de la Pagode. Née dans un train, en 1920, entre Poitiers et Angoulême, la jeune femme avait hérité la passion de sa famille pour l'art et les voyages. Elle épousa le poète et journaliste Pierre Emmanuel (1916-1984), en 1952 et se lia d'amitié avec le psychiatre et psychanalyste Jacques Lacan (1901-1981).

 

Après une labyrinthite (inflammation de l'oreille interne) suivie de crises de mélancolie, Janine Loo se mit à dessiner ce qui lui venait à l'esprit sur des morceaux de papier épars. Puis elle accola ses créations et élabora des historiettes à travers un « itinéraire inconscient ». Naquirent deux bandes dessinées intitulées Mon ami le séducteur et Les petits dépressifs.

 

Elle demanda son avis à Jacques Lacan qui ajouta « pour s'amuser » des commentaires sous ses créations. Cette rencontre amicale et littéraire engendra l'ouvrage Entrelacs. Les deux amis ne manquaient pas de faire remarquer qu'ils avaient les mêmes initiales...

 

Image24.jpg

 

L'écrivain Patrick Modiano, né en 1945 et gratifié du Prix Goncourt en 1978 pour Rue des boutiques obscures, écrivit ses premiers romans avec « vue sur la Pagode ». Celle-ci apparaît sur la couverture de son roman Quartier Perdu dont je vous livre quelques mots en avant-bouche, sans trop dévoiler les subtilités de l'intrigue...

 

Image25.jpg

 

« Un dimanche de juillet, Ambrose Guise arrive à Paris. Il ne trouve personne. Sauf les statues. Une ville fantôme, lui semble-t-il, après un bombardement et l'exode de ses habitants. Auteur de romans policiers anglais, il vient rencontrer son éditeur japonais. Mais il va profiter de ce voyage pour élucider les mystères de son passé, du temps où il était français et s'appelait Jean Dekker, il y a vingt ans. Il fait alors surgir dans un Paris crépusculaire, halluciné, des lieux étranges : une chambre secrète rue de Courcelles, en face d'une pagode ; un grand rez-de-chaussée donnant sur un jardin, place de l'Alma. Il réveille les spectres de Georges Maillot, au volant de sa voiture blanche, de Carmen Blin, Ghita Wattier, des Hayward... Tout un quartier perdu de la mémoire est ainsi revisité, et délivre le secret de ses charmes, et de ses sortilèges. »

 

L'architecture de la Pagode

 

Image26.jpg

 

Cette envoûtante demeure domine, de ses quatre étages, la place Gérard Oury, appelée autrefois place du Pérou. Ses toits et ses auvents aux extrémités courbes, ses tuiles vernissées et son décor raffiné font voyager le regard vers des cimes de poésie. Le toit terrasse du petit pavillon qui lui est adossé est accessible par un passage dérobé.

 

Image27a.jpg

 

Afin de tamiser la lumière, de fines grilles dessinent un maillage géométrique sur chacune des fenêtres.

 

Image28a.jpg

 

On aperçoit au premier étage, derrière les fines colonnes qui rythment la façade, un petit balcon où se retrouvaient autrefois les collectionneurs venus rendre visite à Ching Tsai Loo. Une fois par an, le célèbre marchand organisait dans son « palais des arts » de fastueuses fêtes mondaines, prisées du tout-Paris et de ses clients internationaux.

 

Image29.jpg

 

Au-dessus de l'élégant portail en bois précieux, s'étire une frise de créatures fantastiques et de part et d'autre du linteau, marqué du nom du propriétaire, combattent des animaux fabuleux.

 

Image30a.jpg

 

Image31a.jpg

 

Image32.jpg

 

Image33.jpg

 

Dominant l'entrée et son toit aux extrémités recourbées, des créatures aux lignes ondulantes s'appliquent à repousser les esprits néfastes qui voudraient s'introduire dans le bâtiment.

 

Image34.jpg

 

Cette fonction est aussi dévolue aux tuiles faîtières qui arborent un décor raffiné tout en assurant la cohésion des parties supérieures de l'édifice. Réputées protéger la demeure contre les incendies et contrer les êtres malveillants, elles représentent des monstres aquatiques pourvus d'une queue relevée en forme de point d'interrogation.

 

Image35a.jpg

 

Ces créatures sont appelées « Chiwei » ou « queue de hibou ». D'après une très ancienne légende, un poisson mythique qui ressemblait à un gros hibou pouvait éteindre les incendies en « levant les flots ». Il fut placé, de manière stylisée, en bordure des toits et remplacé par un dragon sous la dynastie Qing (1644-1912).

 

Image36.jpg

 

Certains auteurs comparent les créatures dressées au sommet du porche d'entrée à des mingqis, objets funéraires très répandus dans les sépultures de la Chine antique, mais il s'agit plus vraisemblablement de kuilongzi, personnages qui avancent, en file indienne, sur le rebord des avant-toits des temples et des pagodes.

 

Image37a.jpg

 

L'ornementation des bords du toit est une constante dans l'architecture chinoise. Les tuiles faîtières en grès, revêtues de glaçures plombifères, et les petits personnages juchés au sommet des habitations ont des vertus magiques et protectrices. Ils jouent aussi le rôle de messagers et d'intercesseurs entre le monde humain et celui des génies, des ancêtres et des dieux.

 

Image38a.jpg

 

Emblème funéraire, symbole de vigilance et de régénération, le poisson apparaît sur les poteries néolithiques. Lors des fêtes printanières, des petits poissons en céramique étaient posés près des cours d'eau pour marquer les passages entre les mondes et signifier la présence des âmes des Ancêtres.

 

Image39a.jpg

 

Dans la Chine ancienne, le poisson (yü) était un symbole de richesse, de bonheur et d'abondance, un protecteur et un gardien des plaisirs régnant sur « les jeux érotiques des nuages et de la pluie. »

 Il favorise la réussite et l'harmonie entre les époux. Il saisit le mal dans sa gueule, nous rappelant qu'il descend d'une monstrueuse créature primordiale née dans les abysses aquatiques.

 Monsieur Loo connut sans conteste le succès professionnel mais il fit de nombreuses entorses à son « contrat conjugal »...

 

Image40a.jpg

 

Célébré le sixième jour de la première lune de l'année, le cheval incarne le mélange harmonieux du yin et du yang. Il est aussi l'Étoile, l'animal héraldique de la 25ème constellation zodiacale.

 Symbole de vitesse, de rapidité et de longévité, il est la monture des Immortels et celle du mythique Empereur Jaune. L'Ancêtre des Chevaux est un puissant génie protecteur.

 

Image41a.jpg

 

Esprit du Vent, messager des Écritures Sacrées, le cheval tisse les mots dans sa course. Il a des ancêtres communs avec le ver à soie.

 Avant le Nouvel An, on offrait au Dieu du Foyer un cheval en céramique ou en papier pour que les voeux voyagent en toute aisance vers le ciel.

 Le cheval représente aussi la réussite professionnelle.

 

Image42.jpg

 

Les bêtes écailleuses éloignent les êtres malfaisants et la mauvaise fortune, à l'instar des oiseaux dont les chants mélodieux engendrent la félicité.

 

Image43.jpg

 

Image44.jpg

 

Ching Tsai Loo avait coutume de dire « L'art ne devrait avoir aucune frontière et devrait, au contraire, être une source de joie pour les peuples à travers le monde ». Il aimait particulièrement les mots du poète Victor Segalen, infatigable voyageur et grand amoureux des trésors de la Chine. En 1916, dans le recueil Peintures, Segalen décrit un cortège de chevaux qui s'étire dans la paysage en transportant des objets anciens.

 « C'est donc un défilé horizontal de choses précieuses, venant de par toute la terre, marchant vers le même but pour se composer en un même lieu, aux pieds de quelqu'un ».

 Ce « quelqu'un » était un homme à la vie romanesque dont le souvenir perdure à travers un édifice remarquable, un rêve de collectionneur que je vous invite à visiter...

 

Image45a.jpg

Mythique Immortel, Gardien du porche et Chasseur de Démons...

 

Bibliographie

 Alfred FIERRO: Histoire et mémoire du nom des rues de Paris. Parigramme, 1999. 

L'ouvrage de Géraldine LENAIN dont je vous ai précédemment parlé.

 Maurice L TOURNIER: L'imaginaire et la symbolique dans la Chine ancienne. L'Harmattan, 1991.

 

 Image46.jpg

 

Informations pratiques

 Adresse de la Pagode: 48, rue de Courcelles.

 Il faut emprunter la ligne 2 du métro et descendre à l'arrêt « Courcelles ».

Vous pouvez aussi traverser le Parc Monceau et rejoindre la rue Rembrandt. La Pagode se situe au bout de la rue, au croisement avec la rue de Courcelles.

 Pour connaître les prochaines expositions qui se dérouleront à la Pagode, vous pouvez vous rendre sur le site www.pagodaparis.com.

 Les amateurs d'antiquités orientales apprécieront de découvrir le Comptoir Français de l’Orient et de la Chine ou C.F.O.C. Il se situe de l’autre côté de la rue de Courcelles, à l’angle du boulevard Haussmann.

 Et bien sûr, des visites au Musée Cernuschi et au Musée Guimet ne pourront que susciter l'émerveillement...

 Image47.jpg

 

« Les objets d'art parcourent le monde tels des ambassadeurs silencieux. » Ching Tsai Loo, 1956.

 

Image48.jpg

 

Merci pour vos visites et vos commentaires, sans oublier les mails et les courriers d'amitié que je reçois avec grand plaisir... Je pense à vous!

Plume

Voir les commentaires

Publié le par maplumefee
Publié dans : #coq, #fontaine, #hygie, #paris, #serpent

Image01.gif

 

Ami(e)s lectrices et lecteurs,

Je vous remercie pour votre gentillesse et votre fidélité. Retrouvant l'usage de ma connexion Internet, je prends connaissance de vos messages et de vos commentaires et je suis très touchée. Cette « panne » était due aux travaux du tramway de Sarcelles qui passera, dans quelques mois, en bas de ma rue.

Ravie de pouvoir « enfin » publier cet article, je vous souhaite une agréable flânerie dans un des plus vieux « bourgs » de Paris, près d'une fontaine remarquable par son histoire et la qualité de son décor.

 

Image02.jpg

 

La Fontaine de Mars et Hygie ou Fontaine du Gros-Caillou

(Édition revue et augmentée de la Fontaine de Mars)

 

Image03.jpg

 

Au numéro 129 de la rue Saint-Dominique, dans le 7e arrondissement de Paris, cette jolie fontaine s'élève au coeur d'une élégante petite place bordée d'arcades. Elle était autrefois située près de l'Hôpital Militaire du Gros-Caillou.

 

Image04.jpg

 

Elle fut édifiée en 1806 sur les plans de François-Jean Bralle (1750-1831), ingénieur en chef des Ponts et Chaussées et maître d'oeuvre des travaux hydrauliques de la Ville de Paris. Le sculpteur, graveur et dessinateur Pierre-Nicolas Beauvallet (1750-1818) a réalisé son gracieux décor de facture néo-classique.

 

Image05.jpg

 

Elle appartenait à un ensemble de quinze fontaines commandées par Napoléon Ier (1769-1821) dans le but d'assainir et de moderniser la capitale et fut inscrite au titre des Monuments Historiques par arrêté du 15 mai 1926.

 

Image06.jpg

 

Elle se compose d'un édicule carré, souligné à chaque angle par un pilastre d'ordre dorique, et dévoile, face à la rue, une représentation de la déesse Hygie qui apporte ses soins au dieu Mars. La proximité du Champ de Mars et la position stratégique de l'Hôpital Militaire du Gros Caillou, édifié vers 1759 et démoli en 1899, ont déterminé le choix de l'iconographie.

 

Image07.jpg

 

Image08.jpg

Des vases ornés de scènes mythologiques décorent les faces latérales.

 

Image09.jpg

 

Image10.jpg

 

Image11.jpg

 

La fontaine est « gardée », à ses points cardinaux, par de belles représentations de dragons et de béliers marins qui veillent à la bonne circulation des eaux de la ville.

 

Image12.jpg

 

Image13.jpg

 

Image14.jpg

 

Ces créatures symbolisent l'énergie qui serpente, sous forme liquide, dans les entrailles de la terre.

 

Image15.jpg

 

Image16.jpg

 

Elles évoquent les forces primitives de la Nature et les esprits familiers de l'eau, gardiens de l'élément source de la vie.

 

Image17.jpg

 

Image18.jpg

 

Trois mascarons de bronze versent, dans des bassins en forme de demi-lune, l'eau qui provenait autrefois de la pompe du Gros-Caillou. Les chevaux de la garde napoléonienne venaient s'y abreuver.

 

Image19.jpg

 

Image20.jpg

 

Un seul mascaron est en activité et un des bassins a été « végétalisé ».

 

Image21.jpg

 

Image22.jpg

 

Image23.jpg

 

Au pied de la fontaine, rebaptisée fontaine de Neptune lors de la crue de 1910, une plaque émaillée signale le niveau atteint par les eaux de la Seine.

 

Image24.jpg

Le lit du fleuve se situe à environ 576 mètres.

 

Image25.jpg

 

D'après l'historien et archéologue Amaury Duval (1760-1838): « Le nom de Gros-Caillou, que porte aujourd'hui le faubourg, lui vient (…) de l'enseigne qu'avait prise une maison de débauche placée auprès d'un rocher. C'est au lieu où existait cette pierre et cette maison, qu'a été construite, dans le dernier siècle, l'église dite du Gros-Caillou, comme succursale de Saint-Sulpice. »

 

Image26.jpg

 

Vous pouvez lire l'histoire du bourg, de l'église, de la pompe et du port du Gros-Caillou dans mon article intitulé Les gourmandises de la rue Cler.

 

Image27.jpg

 

Image28.jpg

 

Érigée en 1859 autour de la fontaine, la place bordée d'arcades s'inspire des loggias de la Renaissance italienne.

 

Image29.jpg

 

Construite à l'emplacement d'un « hémicycle de peupliers », elle est bordée par de majestueux édifices.

 

Image30.jpg

 

Image31.jpg

 

Image32.jpg

 

Cet élégant travail de ferronnerie anime une façade néo-classique, oeuvre de l'architecte Ferdinand Bal.

 

Image33.jpg

 

Entre 1883 et 1885, Ferdinand Bal érigea l'immeuble du 142, rue Montmartre, dans le 2e arrondissement de Paris, pour le journal La France, futur siège de l'Aurore. Je consacrerai un article à ce monument et à sa célèbre façade décorée de cariatides et d'atlantes, oeuvre des sculpteurs Louis Lefèvre et Ernest Hiolle.

 

Image34.jpg

 

C'est à cet endroit que fut publié le texte « J'accuse », écrit par Émile Zola pour défendre l'innocence du Capitaine Dreyfus.

 

Image35.jpg

 

Mais revenons à la fontaine et à ses divinités.

 

Mars et Hygie

 

Image36.jpg

 

Dans la Grèce antique, Hygie était la fille d'Asclépios, le dieu de la médecine, et de la nymphe Épione ou Épioné, appelée « celle qui soulage les maux ». Soeur de Panacée, elle protégeait la santé des humains et des animaux et veillait à la propreté et à la bonne distribution des soins. De son nom dérive le mot « hygiène ».

 

Image37.jpg

 

Invoquée pour prévenir les maladies et apaiser la douleur, elle était associée à des cultes lunaires.

 

Image38.jpg

Hygie et le serpent sacré, huile sur toile de Pierre Paul Rubens (1577-1640) appartenant aux collections du château de Nelahozeves, en République Tchèque.

 

Image39.jpg

 

La déesse tient une coupe ou bol médicinal (patera) contenant le remède qu'elle offre au dieu Mars. Un serpent, emblème de purification, de connaissance et de vigilance, s'enroule autour de son bras. Dans de nombreux pays, les pharmaciens utilisent la coupe d'Hygie comme emblème alors que le caducée est associé aux médecins.

 

Image40.jpg

La coupe d'Hygie (photo Rafax).

 

Image41.jpg

Un caducée photographié dans les rues de Paris.

 

Image42.jpg

 

Gardienne des sources, des torrents et des fontaines, Hygie apporte à ses « enfants » les bienfaits de l'eau thermale aux vertus purificatrices. A Saint-Martin d'Uriage, en Isère, le sculpteur grenoblois Pierre-Victor Sappey (1801-1856) l'a représentée, sensuelle, dans la blancheur marmoréenne de la pierre de Sassenage. (Photos Uriage-les-bains.com)

 

Image43.jpg

 

Mère des eaux vives et des plantes médicinales...

 

Image44.jpg

 

Un serpent s'enroule autour de sa coupe, posée sur un autel entouré par des coqs.

 

Image45.jpg

 

Image46.jpg

 

A Pittsburgh, en Pennsylvanie, Hygie couronne le World War Memorial de Schenley Park. (Photo Daderot). Sculptée en 1922 par Giuseppe Moretti, elle brandit une torche et soutient le caducée du dieu Mercure.

 

Image47.jpg

 

En 1955, le sculpteur Armand Filion (1910-1983) la représente, dans un style post Art Déco, à l'Hôpital Général de Montréal. (Photo natureculture.org).

 

Image48.jpg

 

Sous le pinceau de Gustav Klimt (1862-1918), l'un des maîtres de l'Âge d'Or autrichien, Hygie revêt des atours de prêtresse et de magicienne. Contemporain de Freud, de Schiele et de Mahler, Klimt ouvrit la voie de la Sécession Viennoise, route mystique vers la modernité.

 

Cette reproduction d'Hygie est tout ce qui subsiste des trois peintures exécutées par l'artiste pour l'université de Vienne, soit la Médecine, la Philosophie et la Jurisprudence, détruites dans l'incendie du château Immendorf, brûlé en 1945 par les Nazis.

 

Image49.jpg

 

Sur le panneau central de la fontaine du Gros-Caillou, Hygie incarne la toute puissance des herbes médicinales, la connaissance des remèdes et la bienveillance des dieux envers l'humanité.

 

Image50.jpg

 

Mars est figuré dans la nudité antique du guerrier mais il arbore une moustache et d'impressionnants favoris, à l'instar des grognards de la première Grande Armée.

 

Image51.jpg

 

Appuyé contre un bouclier, il est accompagné d'un coq au plastron fièrement bombé.

 

Image52.jpg

 

Image53.jpg

 

Le coq est un oiseau totem profondément enraciné dans notre folklore.

 

Image54.jpg

 

Emblème solaire depuis l'Antiquité, il annonce, par son cri si caractéristique, la venue du jour. Représenté sur les boucliers, les stèles, les plaques d'autel et les camées, il était considéré comme un puissant protecteur contre les démons de la nuit.

 

Gardien des forces de lumière, il accompagne plusieurs divinités:

  • Mars, le dieu de la guerre et des caprices de la météorologie.
  • Asclépios, le dieu de la médecine, destructeur des miasmes et victorieux contre les maladies.
  • Apollon/Belenos dit « le brillant » qui préside au lever du jour.
  • Lug/Mercure et sa parèdre gauloise Rosmerta, déesse de la fécondité...

 

Image55.gif

Drachme de Chalcidie, vers 500 avant J.-C. (Sacra moneta.fr)

 

Ciselé sur des monnaies de Grèce et d'Asie Mineure, le coq peut apparaître auréolé de flammes ou juché sur une spirale qui évoque la course du soleil. Force de résurrection, il est sculpté sur des pierres tombales irlandaises et sur une magnifique série de sarcophages conservés dans la basilique Saint-Jean-de-Latran à Rome où il se tient près des figures du Christ et de l'apôtre Pierre.

 

D'après la croyance populaire, il éloignait les épidémies grâce à son sang, apaisait la fièvre et décelait l'emplacement des plantes médicinales les plus efficaces. Il favorisait la cicatrisation des blessures. Son regard hypnotisait les malades et guérissait les problèmes oculaires.

 

Image56.jpg

Le coq et la perle par Philibert Léon Couturier (1823-1901).

 

Des troupeaux de coqs sacrés vivaient dans les sanctuaires d'Asclépios où ils symbolisaient les pouvoirs mêlés de la lumière et de l'hypnose, les vertus des racines et des herbes et l'exploration des rêves.

 

Image57.jpg

 

Des pratiques de médecine populaire médiévale liées au coq ont subsisté dans plusieurs régions de France jusqu'au XIXe siècle. Un collyre à base de miel et de sang de coq était réputé apaiser les douleurs oculaires. La crête sanguinolente du coq était utilisée en cas de douleurs dentaires. On appliquait sur les morsures de serpent un coq ouvert en deux pour détruire les effets du venin et purifier les chairs.

 

Image58.jpg

(Forge-salers.com)

 

Sentinelle dressée au sommet des tours et des clochers, le coq barre la route aux puissances infernales et aux démons de la météorologie. Doté d'une nature farouche et belliqueuse, il est celui qui ressuscite l'aurore après la nuit. Il chante au point du jour, annonçant l'achèvement de l'Oeuvre Alchimique. Il est « l'Helios ixis », « celui qui arrive au soleil », gardien de l'Élixir, « l'eau d'or » ou « or de l'aura », né dans l'athanor de la Nuit...

 

Image59.jpg

Basilic en Croatie (Photo de Georges Jansoone).

 

Il repousse le terrifiant basilic né, selon les bestiaires médiévaux, d'un oeuf de coq couvé par un crapaud. Cette créature maléfique, dont le nom signifie « petit roi », est dotée d'une tête et d'ergots de coq, d'une queue de serpent formant une sorte de dard et d'une paire d'ailes de dragon ou de chauve-souris. A l'instar de la gorgone, le basilic darde sur ses proies un regard qui les pétrifie. Pour le détruire, il faut lui renvoyer son image à l'aide d'un miroir. De nombreux basilics figurent sur les chapiteaux des églises et des abbayes romanes.

 

Mais le basilic est aussi une représentation de la dialectique. Héritée de l'Antiquité, la dialectique est l'une des sept sciences médiévales composant le cursus des Arts Libéraux. Elle unit la subtilité linguistique du serpent et l'intelligence lumineuse du coq.

 

Image60.gif

(Franc marianne coq.fr)

 

Emblème de vaillance et de fierté, le coq est considéré comme un protecteur de la Nation. On le trouve sur le Napoléon or frappé de 1899 à 1914 et appelé « Cérès », « Nap », « Louis », « Coq » ou « Marianne ».

 

Il figure sur de nombreux monuments aux morts et sur l'insigne des maires de France, suite à un décret du 22 novembre 1951.

 

Image61.jpg

Monument aux morts de Sarcelles Village, dans le Val d'Oise.

 

Image62.jpg

 

Mascotte de plusieurs clubs sportifs et de diverses fédérations, le coq est aussi le logo de la société de cinéma française Pathé pour laquelle il fut créé en 1905.

 

Image63.jpg

Les frères Pathé et le coq sur une affiche signée Adrien Barrère (1877-1931).

 

Image64.jpg

 

Image65.jpg

 

Accolé au bouclier de Mars, le coq est à la fois le compagnon du dieu de la guerre et l'animal sacré d'Asclépios, le père d'Hygie. Le serpent apparaît tantôt comme son associé, tantôt comme son opposé.

 

Image67.gif

Hygie, le coq et le serpent

 

Image68.jpg

 

Démiurge, gardien des secrets, porteur et passeur de connaissance, le Serpent est celui qui féconde mais aussi l'Adversaire...

 

Honni par la religion chrétienne pour avoir révélé la connaissance interdite, il est considéré comme l'emblème du mal, l'incarnation de Satan trouvant dans l'esprit de la femme suffisamment de perfidie pour y distiller son vénéneux savoir. Mais la sagesse des religions plus anciennes nous enseigne d'autres « vérités ».

 

Les mots qu'il susurre à l'oreille d'Ève sont les incantations tissées par les déesses de la fécondité, les antiques Déesses aux serpents, magiciennes et protectrices de la naissance et de la vie.

 

Image69.jpg

 

En fonction des styles et des époques, il revêt de multiples apparences. Hybride, ailé, barbu, cornu, féminin, mais il ne cesse de nourrir les peurs et les fantasmes.

 

Image70.jpg

 

Les représentations chrétiennes du serpent l'associent à la Luxure mais le serpent est vénéré depuis des millénaires comme une incarnation de la force vitale, un protecteur des lieux sacrés où s'incarnent les puissances cosmo-telluriques, un emblème de sensualité et de sexualité. Autour de lui s'élabore une symbolique de la vie et de la mort aussi chatoyante et complexe que les ondulations de son corps.

 

Image71.jpg

Lilith, 1892, par John Collier (1850-1934).

 

Lové dans les creux et les anfractuosités, il apprécie les sources de chaleur et se nourrit des pulsations secrètes de la Terre-Mère. Dépositaire d'un langage puissant, tactile, sensuel qui devient érotique quand il se déplace sur le corps de la femme, il incarne le désir, la vigueur sexuelle et la fertilité.

 

Image72.jpg

 

La Kundalini, énergie vitale sacrée, apparaît lovée au niveau du premier chakra, comme un serpent qui sommeille.

 

Image73.jpg

 

Les déesses de la séduction et de la fécondité sont reconnaissables au serpent qui s'enroule dans leur chevelure, autour de leur poitrine, de leurs hanches ou de leurs cuisses.

 

Image74.jpg

L'émeraude d'Alfons Mucha, 1900.

 

En fonction des époques et des civilisations, le serpent oscille entre symbole bénéfique ou emblème maléfique et distille sa sagesse millénaire à travers de multiples représentations.

 

Dans la Grèce antique, intercesseur entre la vie et la mort, il exerçait une fonction purificatrice et divinatoire. On étudiait dans les temples les mouvements de son corps, ses enroulements mystérieux, la manière dont il parcourait les lieux sacrés et s'insinuait dans les rêves des malades. Attribut et compagnon d'Asclépios, le dieu de la médecine et d'Hermès, le messager divin, il continue de s'enrouler autour du caducée, symbole universel.

 

Image75.jpg

 

Il insuffle au remède concocté par Hygie la puissance guérisseuse et guide la déesse dans le choix des herbes et des substances qu'elle utilise pour contrer les maladies. Il est aussi celui qui protège l'eau de la fontaine.

 

Image76.jpg

 

La construction de la fontaine du Gros Caillou est emblématique des changements majeurs survenus dans Paris après l'arrivée de Napoléon au pouvoir.

 

Quand Napoléon devint Premier Consul (en 1799) après le Directoire, il trouva une France épuisée, affamée et insalubre. Les rues de Paris se noyaient dans une atmosphère médiévale et les vieilles fontaines ne pouvaient plus fournir de l'eau aux Parisiens qui devaient s'approvisionner dans la Seine.

 

Il s'employa donc à moderniser et à assainir la capitale dont il fit démolir de nombreuses ruelles. Il fit construire un réseau d'égouts, des trottoirs et des caniveaux, éclairer les rues, édifier des ponts et des fontaines. Il fit aussi numéroter les maisons.

 

A partir de 1806, les chantiers fleurirent dans Paris qui se métamorphosa rapidement. Dans ce contexte, Mars et Hygie apparurent comme les divinités tutélaires de cette politique de conquête et d'embellissement.

 

Image77.jpg

Photographie d'Eugène Atget (1857-1927). Cote BNF Est.E0109b bte 20.

 

Pour le promeneur contemporain, la rue Saint-Dominique constitue une très agréable promenade, le long des hôtels particuliers et des vitrines alléchantes, à la découverte d'un monument qui a contribué à offrir de l'eau et des perspectives nouvelles aux habitants de Paris.

 

Image78.jpg

 

Image79.jpg

 

Les amateurs d'excellente cuisine pourront se réjouir à la Fontaine de Mars, établissement créé en 1908 et considéré comme l'un des meilleurs bistrots de Paris. Le samedi 6 juin 2009, il a accueilli le président des États-Unis Barack Obama, son épouse et leurs deux filles.

 

Image80.jpg

(Photo French.peopledaily.com)

 

Le président avait participé à Colleville-sur-Mer, près de Caen, aux cérémonies du 65e anniversaire du débarquement allié en Normandie, le 6 juin 1944.

 

Une semaine auparavant, une table avait été réservée par l'ambassade américaine mais Jacques Boudon, le propriétaire, sut quasiment au dernier moment qu'il allait recevoir les Obama.

 

Image81.jpg

(Photo Fontaine de Mars.com)

 

Image82.jpg

 

Image83.jpg

 

D'autres établissements bénéficient, autour de la place, d'une solide réputation.

 

Image84.jpg

 

N'hésitez pas à découvrir ces lieux empreints de charme et à contempler les détails symboliques de la fontaine qui a heureusement « survécu » aux outrages du temps.

 

Image85.jpg

 

Lieu de vie, d'hygiène et d'abondance, la fontaine est érigée pour offrir aux habitants des villes un accès à l'eau et pour combattre les épidémies. Elle est aussi dotée d'une dimension magique, elle attire rituels et pèlerinages et peut exaucer les voeux.

Fontaine d'amour et de jouvence, passage vers les mondes mystérieux, source de vie aux larmes guérisseuses, elle alimente, à l'instar de l'Arbre de la Connaissance, les chemins secrets qui s'écoulent vers les points cardinaux.

 

Elle est à la fois l'incarnation de la civilisation et le lieu de l'initiation « primitive » comme nous le rappellent les créatures fantastiques qui composent son décor.

 

Image86.jpg

 

Bibliographie

 

Jorge Luis BORGES: Le livre des êtres imaginaires. Paris: Gallimard, collection L'Imaginaire, juin 2009.

 

André CASTELOT: Napoléon. Paris: Tallandier, 1969.

 

Amaury DUVAL: Les Fontaines de Paris, anciennes et nouvelles, ouvrage contenant 60 planches dessinées et gravées au trait par M. Moisy, accompagnées de descriptions historiques et de notes critiques et littéraires par M. A. Duval. Nouvelle édition, Paris: Bance aîné, 1828. (Première édition: 1812).

 

Image87.jpg

 

Adolphe JOANNE: Paris illustré. Paris: Hachette, 1863.

 

Théophile LAVALLÉE: Histoire de Paris depuis le temps des Gaulois jusqu'en 1850. Paris: Hetzel, 1852.

 

Michel PASTOUREAU: Les emblèmes de la France. Paris: C. Bonneton, 1998.

 

Image88.jpg

Plume

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 > >>

Articles récents

Hébergé par Eklablog