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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #arts, #cadenas, #fut, #paris, #pont

Pour la Carte de France des Paysages de CANELLE...

 

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 Je reviens avec plaisir en ces lieux où les images d'aujourd'hui se superposent avec celles d'autrefois.

 

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Ce remarquable ouvrage, tout en courbes et en légèreté, enjambe la Seine entre le Louvre et l'Institut de France, temple de la connaissance dont la coupole dorée s'élance vers les nuages.

 

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La Passerelle des Arts

 

Le 15 mars 1801, la construction de cette audacieuse passerelle, premier pont métallique national, fut décidée par un décret de Bonaparte.

 

Le 28 avril 1801, le projet fut présenté, au Conseil des Ponts et Chaussées, par l'ingénieur Louis-Alexandre de Cessart (1717-1806).

 

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Le 25 juillet 1802, par un arrêté consulaire, la Compagnie des Trois-Ponts, gestionnaire du chantier, reçut l'ordre d'utiliser la fonte. Grâce à ce nouveau matériau plébiscité par l'industrie anglaise, l'ingénieur Jacques Vincent Lacroix de Dillon (1760-1807) réalisa une oeuvre résolument moderne entre le Pont-Neuf et le Pont-Royal.

 

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Neuf arches en fonte soutenaient une plate-forme horizontale réservée aux piétons. Dès son inauguration, le 23 septembre 1803, la Passerelle des Arts devint une promenade à la mode. Le visiteur s'acquittait d'un droit de péage et découvrait le pont, conçu comme un jardin suspendu au-dessus des flots. Des bouquets parfumés, des arbustes verts, des plantes exotiques et des orangers en pots étaient répartis de part et d'autre des balustrades.

 

Les amoureux et les passants pouvaient jouir de la plaisante atmosphère des lieux, grâce aux bancs, aux échoppes et aux bateleurs qui s'y trouvaient. Un glacier y avait établi ses quartiers. Au fil de la nuit, les rencontres et les discussions s'étiraient, dans un ballet de lanternes...

 

Il faut toutefois préciser qu'on pouvait éviter de payer « un sou » et passer par le Pont-Neuf.

 

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Le Premier Consul Bonaparte, par Jean-Auguste-Dominique Ingres, 1803.

 

Malgré les inquiétudes énoncées par les célèbres architectes Percier et Fontaine, Bonaparte imposa le choix d'un pont métallique mais il regretta ensuite l'absence de monumentalité de l'ouvrage et craignit pour sa solidité.

 

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De la Passerelle au Pont des Arts

 

Après les ponts de Coalbrookdale et de Sunderdale en Angleterre, la Passerelle des Arts apparut comme un symbole de progrès industriel et de modernité. Elle unissait avec élégance les deux rives du fleuve et desservait le Port Saint-Nicolas.

 

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Vue du Quai du Louvre et Port Saint-Nicolas au XVIIIe siècle, par Jean-Baptiste Lallemand (1716-1803). (Gallica)

 

Le Port Saint-Nicolas se situait en aval de l'île de la Cité, alors que la plupart des ports de Paris se trouvaient en amont. La raison en était simple, les piles des ponts constituaient des obstacles dangereux pour le passage des bateaux. Le port recevait des denrées alimentaires et le foin destiné aux chevaux de la cavalerie royale. Il reliait la capitale à la ville de Rouen et fut en activité jusqu'en 1905.

 

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Vue du quai Saint-Nicolas au pied de la Grande Galerie du Louvre, vers 1750, par Jean-Baptiste-Nicolas Raguenet (1715-1793).

 

A partir de 1942, les vestiges du port furent aménagés en une agréable promenade qui offrait une vue imprenable sur la Passerelle des Arts. Mais la « dame de fonte » subit des bombardements qui la fragilisèrent et trois accidents fluviaux majeurs, en 1961, en 1973 et en 1979.

 

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(Cette photographie appartient à la collection de Léonard Pitt, auteur de Promenades dans le Paris disparu.)

 

Elle avait déjà perdu une arche, en 1852, lors de l'élargissement du Quai de Conti, mais après la collision d'une barge avec une de ses piles, en 1979, elle s'effondra sur près de soixante mètres. Détruite en 1981, elle fut remplacée, entre 1982 et 1984, par une copie en acier. L'architecte urbaniste Louis Gerald Arretche (1905-1991) réalisa la nouvelle passerelle, d'une longueur de 155 mètres, composée de sept arches symétriques en acier, élargies pour favoriser le passage des péniches et des bateaux mouches.

 

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Les passes navigables se situent dans l'alignement de celles du Pont-Neuf.

 

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(Le soleil estival s'amuse à faire danser les ombres sur la peau des façades.)

 

Alors que le plancher du pont en azobé ou bois de fer, un bois d'Afrique imputrescible, résonne sous les pas, la Galerie du bord de l'eau révèle sa sublime scénographie.

 

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Cette Grande Galerie fut construite, entre 1595 et 1610, sous le règne d'Henri IV, par Louis Métezeau (1560-1615) du côté est, et Jacques II Androuet du Cerceau (1550-1614) du côté ouest. Coupant l'enceinte de Charles V, elle permettait au roi d'accéder aux Tuileries depuis ses appartements du Louvre et se terminait par le Pavillon de Flore.

 

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Le Cardinal de Richelieu y fit installer l'Imprimerie et la Monnaie Royale des Médailles, en 1640, mais elle accueillit surtout, jusqu'en 1806, des boutiques, des logements et des ateliers d'artistes.

 

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De 1697 à 1777, les plans-reliefs ou maquettes des villes fortifiées du royaume y furent exposés.

 

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La Grande Galerie par Hubert Robert, vers 1789.

 

Le 10 août 1793, le Louvre devint le Muséum central des Arts. Il fut appelé Musée Napoléon en 1803 et plus communément « Palais des Arts » sous le Premier Empire.

 

Entre 1861 et 1870, la partie occidentale de la galerie fut démolie puis reconstruite par Hector Lefuel (1810-1880) dans un style imitant celui de Louis Métezeau mais le bâtiment fut élargi pour accueillir la collection de carrosses et de voitures de Napoléon III, créer des appartements d'honneur et une salle pour la réunion des États.

 

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Les pilastres, les guirlandes, les frontons et les fenêtres qui rythment la façade ont été recréés, dans un style composite, 250 ans après la mise en oeuvre du « Grand Dessein » d'Henri IV.

 

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En tournant le dos à ce décor triomphal, il suffit d'emprunter le Pont des Arts pour rejoindre Quai de Conti, sur la rive gauche, l'Institut de France.

 

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La fondation de ce monument appelé Collège Mazarin ou Collège des Quatre-Nations fut réclamée par Mazarin (1602-1661) dans son testament, en 1661, et financée par un legs de quatre millions de livres.

 

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A partir de 1663, l'architecte Louis le Vau (1612-1670) déploya, en bordure de Seine, une somptueuse façade courbe flanquée de deux pavillons décorés de pots-à-feu.

 

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Le bâtiment était destiné à accueillir soixante gentilshommes originaires des quatre provinces récemment annexées à la France, soit l'Alsace, l'Artois, le Roussillon et le Comté de Pignerol en Italie.

 

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La Galerie du bord de l'eau, le Pont-Neuf et le Collège Mazarin en 1689, par Sébastien Leclerc (1637-1714). (Gallica)

 

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En 1670, François d'Orbay (1634-1697) succéda à Le Vau. Il conçut le célèbre dôme circulaire couronné par une élégante lanterne.

 

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En 1805, Napoléon y transféra l'Institut de France et ses cinq académies, dont la plus célèbre demeure l'Académie Française. La coupole, intérieurement de forme elliptique, abrite la salle où se réunissent les Sages.

 

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Les académies sont l'Académie Française, l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, l'Académie des Sciences, l'Académie des Beaux-Arts et l'Académie des Sciences Morales et Politiques.

 

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L'Institut abrite l'extraordinaire Bibliothèque Mazarine, la plus ancienne bibliothèque publique de France et, sous le dôme, la chapelle où trône le Tombeau de Mazarin, sculpté par Antoine Coysevox (1640-1720), Étienne le Hongre (1628-1690) et Jean-Baptiste Tuby (1635-1700).

 

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Le charmant angelot tient les armes du Cardinal: le faisceau de licteur d'or lié d'argent et la hache, sans oublier les trois étoiles d'or qui ornent les reliures des ouvrages de la bibliothèque.

 

Avant la construction du Collège Mazarin, la tour de Nesle s'élevait à l'emplacement de l'actuelle aile est.

 

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Cette célèbre tour formait l'extrémité de l'enceinte de Philippe-Auguste et marquait l'entrée de Paris pour les bateliers qui remontaient la Seine. Dans l'obscurité, une lanterne, la première de « Lutèce », se balançait au bout d'une potence suspendue tout au sommet.

 

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Sur cette gravure d'Israël Silvestre, on aperçoit la porte et la tour de Nesle au XVIIe siècle. A gauche, se dresse l'Hôtel de Nevers sur lequel fut édifié l'Hôtel des Monnaies. (La gravure vient du site du Musée Carnavalet.)

 

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Sur celle-ci, la tour fait face à la Galerie du bord de l'eau.

 

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La Tour de Nesle, par Pieter Bout (1658-1719).

 

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En 1832, dans la pièce intitulée La Tour de Nesle, Alexandre Dumas Père ressuscita le personnage de Marguerite de Bourgogne, la « reine sanglante », emprisonnée pour avoir tué ses amants après des nuits passionnées. Le spectre de cette princesse capétienne, belle-fille de Philippe le Bel, fait revivre les « légendes noires » de Paris.

 

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Mais il est temps de revenir vers le pont des Arts car je voudrais évoquer ce qui est devenu un véritable « phénomène » urbain:

 

Les cadenas d'amour

 

Je vous en avais déjà parlé mais depuis mon précédent article leur nombre a explosé...

 

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Une année s'est écoulée entre ces deux photos.

 

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Que font là tous ces cadenas? Y aurait-il une porte secrète, invisible et truffée de serrures à l'arrière de la balustrade? Le regard aimanté par ces morceaux de métal, je m'approche...

 

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Il semblerait que, depuis l'année 2008, les amoureux de passage aient commencé à accrocher des « cadenas d'amour » ou « lovelocks » aux rambardes du pont. Ils gravent ou marquent au feutre leurs initiales et jettent les clefs dans la Seine ou les dissimulent dans Paris. Cette tradition pourrait être une émanation moderne de rites d'amour médiévaux qui utilisaient des serrures et des clefs.

 

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Certains cadenas sont accrochés en haut des lampadaires.

 

De mystérieuses disparitions

 

La majorité des cadenas a été retirée, dans la nuit du 11 au 12 mai 2010, mais les services municipaux de Paris ont toujours démenti en être responsables et le mystère n'a pas encore été résolu.

 

En juillet 2011, ce sont des pans entiers du grillage qui ont disparu sans attirer l'attention. La municipalité a dû installer de grandes planches de contreplaqué en attendant de fixer de nouveaux parapets ajourés.

 

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Un cadenas à l'effigie de Ganesha, le dieu hindou de la sagesse, de l'intelligence, de l'illumination, de la richesse ou encore du succès...

 

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A côté de ce cadenas ouvragé, on aperçoit des liens de tissu jaune. Ils font référence à une tradition née pendant la première Guerre du Golfe. Les femmes de militaires attachent un morceau de tissu jaune aux grilles d'une fenêtre ou d'un portail en attendant le retour de l'être aimé.

 

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Cette « tradition » se répète sur le Pont de l'Archevêché, près de Notre-Dame et sur la Passerelle Léopold Sédar Senghor, face au Musée d'Orsay. J'en ai également photographié sur le Pont Alexandre III.

 

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La quantité de cadenas est impressionnante!!!

 

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On rencontre, dans cette forêt métallique, des morceaux de plastique noués et des feuilles de papier roulé, attachées à des cordelettes ou à des rubans colorés. Certains cadenas sont couverts de messages d'amour et d'amitié.

 

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Cette « pratique rituelle », vraisemblablement apparue dans les années 1980 en Europe de l'Est, s'est propagée dans le reste de l'Europe au début du nouveau millénaire. Certains chroniqueurs font référence à un roman italien, J'ai envie de toi de Federico Moccia où les héros accrochent un cadenas marqué de leurs noms (luchetti d'amore) sur un lampadaire du Ponte Milvio, près de Rome, avant de lancer la clef dans le Tibre.

 

La vogue des « cadenas d'amour » ne cesse de s'étendre, sur le Ponte Vecchio à Florence, à Venise, à Vérone, à Moscou sur les rambardes du Pont Luzhkov...

 

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Au-dessus de l'eau, élément matriciel, les serments se figent et la quête de l'amour éternel se pare de superstition. Les clefs vont rejoindre les profondeurs de l'eau, se mêler à la mort et aux ombres aquatiques, là où le temps suspend sa respiration...

 

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Depuis le pont des Arts, combien de serments et de clefs ont-ils déjà plongé dans le fleuve?

 

Mon imagination caracole alors que je contemple les bateaux amarrés à proximité de cet ouvrage indissociable de la « mythologie amoureuse » de Paris.

 

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Une vision des lieux par Edward Hopper, peintre « réaliste » américain, en 1907.

 

Grâce à ses balustrades ajourées, le Pont des Arts offre une vue exceptionnelle sur la Seine et sert fréquemment de galerie d'exposition à ciel ouvert. Sa silhouette unique séduit le cinéma français et international, inspire les amoureux, les poètes, les peintres, les parfumeurs... Il permet de contempler la magnificence des quais, le Louvre et l'Institut de France et des monuments emblématiques de Paris comme la tour clocher de l'église Saint-Germain l'Auxerrois.

 

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Il s'agit en réalité du beffroi néo-gothique de la Mairie du premier arrondissement, attenante à l'église. Ce beffroi, édifié en 1860 par Théodore Ballu, est doté d'un magnifique carillon.

 

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Que vous soyez d'humeur romantique ou dilettante, épris de rêverie ou juste de passage, ne manquez pas d'apprécier l'atmosphère si « spéciale » qui émane de ce pont, entre deux mondes et à la croisée de mille sensibilités...

 

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A l'entrée du pont, j'ai trouvé ce petit mot sensible et attachant...

 

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Comme une île perdue

dans un grand cimetière

où tremblent suspendus

des soleils éphémères

 

Comme un rêve blessé

qui refuse l'enfer

et se met à danser

dans le sang de l'hiver

 

Les bateaux creusent l'onde

en liens imaginaires

sous les berges profondes

aux âmes nourricières

 

Je les sens chuchoter

sur le pont des mystères

où nos coeurs mélangés

dévorent la lumière...

 

Cendrine

 (Pont des Arts, 27 février 2012...)

 

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Sources et Bibliographie

 

Charles DUPLOMB: Histoire générale des ponts de Paris. 1911.

 

Théophile LAVALLÉE: Histoire de Paris: depuis le temps des Gaulois jusqu'en 1850. Hetzel, 1852.

 

Aubin L. MILLIN: Dictionnaire des beaux-arts. 1838.

 

Gustave PESSARD: Nouveau dictionnaire historique de Paris. Lejay, 1904.

 

L M TISSERAND: Topographie historique du Vieux Paris. Imprimerie impériale, 1866.

 

Émission « Sur le Pont des Arts » de Marianne Durand-Lacaze.

 

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Je vous laisse en compagnie de Georges Brassens et de ses mots magiques... Sur l'Pont des Arts...

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #moments, #nouveau, #paris, #partage, #plume

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Fidèles lectrices et lecteurs, chers amis,

Je suis ravie de vous accueillir sur mon nouveau blog.

Dans cet écrin où les pensées fusionnent avec les émotions, la vie danse au rythme de la créativité et du partage.

Vous m'avez accompagnée à travers mes promenades parisiennes, pendant un an et demi, et l'aventure va se poursuivre, entre flâneries historiques, notes fleuries et rêveries poétiques...

Je me réjouis d'explorer, au gré de mon inspiration, des bulles de nature dans la ville et de vous faire découvrir ou redécouvrir les monuments de la capitale.

Je vous remercie, de tout coeur, pour les moments que nous avons partagés et je vous dis « à très bientôt » pour de nouveaux articles.

Avec mon amitié!

Cendrine

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Plumefee

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #beltane, #fee, #fleurs, #nuit, #paris

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Spirit of the Night de John Atkinson Grimshaw, 1879.

 

Beltane est une fête celte protohistorique, célébrée dans la nuit du 30 avril au premier mai. La tradition murmure qu'au cours de cette nuit sacrée, le voile séparant les humains et les créatures du Petit Peuple devient si ténu que nous pouvons communiquer avec les êtres magiques.

 

Dans les pays anglo-saxons, dans plusieurs lieux de Bretagne et partout où s'exerce la spiritualité druidique et néo-païenne, Beltane est à l'honneur. J'ai tissé un poème à l'approche de cette nuit si particulière...

 

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Fée de l'artiste préraphaélite Sophie Gengembre Anderson (1823-1903).

 

Fée de Beltane

 

Es-tu d'eau vive ou de nectar

de mandragore ou de rosée

dans les glacis de ton regard

danse une écriture embrasée

 

Une incantation de sirène

nue et plus douce que la mort

qui s'enracine dans mes veines

me désaltère et me dévore

 

Ta chevelure sur ma peau

est une aurore qui ruisselle

un élixir un feu nouveau

un serpent bleu qui m'ensorcèle

 

Montre-moi la lande perdue

où le ciel nourrit ses chimères

avec des nacres inconnues

nées des abysses de la mer

 

Les bois où les sombres pavots

s'étoilent d'or sous les feuillages

les roses mélangées sur l'eau

happant la nuit dans leur sillage

 

Le cerf aux ramures d'argent

s'ébat dans la prairie sacrée

buvons dans le calice blanc

le suc étrange des secrets...

 

Cendrine

 

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Le ravissant compagnon rouge ou silène dioïque de Cicely Mary Barker (1895-1973), la créatrice des « Flowers Fairies ».

 

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L'épilobe en épi, aux fleurs mellifères, que les fées transforment, d'après le folklore anglo-saxon, en de petites robes ravissantes.

 

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Et maintenant, pour le plaisir des yeux et de l'esprit, des parures embaumées « cueillies » dans les squares et les rues de Paris...

 

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Des fleurs sucrées dans le vent fou qui caracole...

 

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Poésie, pureté et transcendance...

 

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L'éphémère incarné...

 

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Poudrées de senteurs exquises...

 

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L'inspiration jaillit, telle une flamme, dans les squares de Paris.

 

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Le tumulte de la ville s'apaise dans ces lieux privilégiés. Paris est une capitale verte, offrant des charmes bucoliques à qui veut s'en régaler.

 

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Les fées préfèrent la nature sauvage mais ces nids de verdure sont sûrement visités par des représentants du Petit Peuple.

 

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J'ai posé mon carnet et mon stylo dans le square Marcel Pagnol.

 

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Ce bel endroit se déploie, depuis 1867, à quelques pas de l'église Saint-Augustin, dans le 8e arrondissement de Paris.

 

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J'aime écrire, à l'ombre de ce monument, réalisé par Victor Baltard (1805-1874), le bâtisseur des anciennes Halles de Paris. Le square fut dessiné par l'ingénieur Jean-Charles Alphand (1817-1891), pendant les travaux du baron Haussmann.

 

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Entre deux giboulées, le ciel m'a offert une scintillante palette...

 

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Et le doux chuchotement de ma fée m'a emporté...

 

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Une fée qui s'amusait dans les fleurs, dévoilant ses prunelles au creux de l'averse...

 

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Muse sauvageonne, elle sautait si vite sur les pages de mon carnet

que je devinais à peine, en clignant des paupières, son ombre veloutée.

 

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Dans les frondaisons parfumées, elle s'est lovée, facétieuse parmi ses soeurs...

 

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Mais avant la prochaine tempête, elle m'a guidée vers une délicieuse prairie en bordure de Seine.

 

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Envolée cerise...

 

Un semis de fleurs chuchotantes m'y attendait.

 

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Des ballerines fruitées...

 

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Des belles d'avril en pleine conversation...

 

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Une voluptueuse flambée...

 

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Les ambassadrices du Printemps...

 

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Celles qui enveloppent nos coeurs...

 

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L'élue...

 

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et pour clore cette rêverie, la reine des fragrances...

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #jardin, #monceau, #monument, #parc, #paris

Comme je l'ai écrit dans un précédent article, le Parc Monceau est né, au 18e siècle, sur les terres de Louis-Philippe d'Orléans (1747-1793), le Duc de Chartres. Après avoir fait aménager un premier jardin à la française, il confia la réalisation d'un jardin de style « anglo-chinois » à l'architecte paysagiste Louis Carrogis de Carmontelle (1717-1806).

 

Carmontelle mit en scène un « pays d'illusions » peuplé de fabriques, des monuments qui traduisaient la vogue de l'époque pour l'histoire et l'archéologie. De 1773 à 1778, il fut le concepteur d'un jardin-théâtre imprégné d'exotisme et annonciateur des valeurs esthétiques du romantisme. Il le peupla de ruines féodales, de moulins et de tombeaux. Il y édifia une pagode, une pyramide, un obélisque, un temple romain, une naumachie, un minaret, des tentes tartares, des tours et des îles miniatures.

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Image2 Reflets aquatiques

 

 

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A propos de Carmontelle

Dessinateur, peintre, graveur, auteur dramatique, paysagiste, topographe pendant la Guerre de Sept Ans (1756-1763)... Carmontelle possédait bien des talents. Il orchestra également des fêtes somptueuses.

 

Des petites comédies appelées Proverbes le rendirent célèbre. Elles se composaient d'une trame sur laquelle les personnages de la Cour étaient invités à broder des histoires. Il croquait aussi ses contemporains à travers des portraits au crayon, « lavés d'aquarelle et parfois rehaussés de gouache ou de pastel ». Mais il fut surtout connu pour ses Transparents. Cette technique consistait à tendre un rouleau de toiles peintes entre deux bobines et à l'éclairer par un système ingénieux. Des paysages défilaient, fantasmagories élégantes et ludiques où les personnages des Proverbes étaient mis en scène.

 

Au sujet du Parc Monceau, Carmontelle écrivit avoir voulu « réunir dans un seul jardin tous les temps et tous les lieux. »

 

 

La Naumachie

Dans la Rome antique, elle désignait un bassin de grande taille dans lequel se déroulait un combat naval. Elle pouvait être grandiose, à l'image de celle que Jules César fit réaliser à Rome, en 46 avant J.-C. Plusieurs milliers d'hommes s'affrontèrent dans un décor luxuriant avec de véritables bateaux. A l'intérieur d'un bassin géant, cette reconstitution se voulait un témoignage vivant de la puissance et de la grandeur de Rome mais ce divertissement très spectaculaire fut aussi particulièrement sanglant.

 

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Bordé de colonnes corinthiennes, le bassin ovale du Parc Monceau évoque un passé lointain dont la mise en scène se fondait sur une recherche d'exactitude associée à un goût pour l'anecdotique et l'intemporalité. Les vestiges recomposés traduisaient l'engouement de l'époque pour la quête historique tout en créant une atmosphère propice à la rêverie.

 

La colonnade provient de l'édifice Notre-Dame de la Rotonde à Saint-Denis. Démoli en 1719, ce monument circulaire devait être le mausolée des Valois.

 

 

Image6 La porte sur l'eau...

 

La Poésie et l'Esthétique des Ruines

Avec la découverte des cités d'Herculanum, en 1709, et de Pompéi, en 1748, les ruines, témoignages de la grandeur ensevelie des empires, ont exercé au 18e et au 19e siècle une fascination puissante sur de nombreux artistes. A la fois éléments de décor et supports de méditation, les ruines étaient l'expression d'une antiquité sublimée, d'un âge d'or pittoresque.

 

Au 18e siècle, les « folies » architecturales étaient à la mode en France. Outre la « folie » de Carmontelle, celle de Bagatelle et le jardin anglo-chinois appelé « Désert de Retz » connurent une grande célébrité.

 

En Angleterre, les aristocrates firent construire des ruines, antiques et médiévales, dans les parcs de leurs châteaux et les jardins de leurs riches demeures.

 

Les archéologues britanniques Nicholas Revett (1720-1804) et James Stuart (1713-1788) ont beaucoup œuvré pour la connaissance des monuments de l'Italie et de la Grèce antiques. Nicholas Revett fut à l'origine du style Greek Revival qui cherchait à recréer l'harmonie et les proportions majestueuses des temples grecs de l'Antiquité.

 

La recherche archéologique passionna les intellectuels dans un contexte de multiplication des sociétés littéraires et scientifiques, des clubs et des académies. La Société des Dilettanti, une société savante anglaise créée aux alentours de 1733, assura les frais de voyage de Revett et de Stuart dont les ouvrages, richement documentés, favorisèrent l'étude et la compréhension des monuments du passé.

 

La littérature du 19e siècle s'empara du thème des ruines et leur associa une réflexion sur le temps qui s'écoule, la déliquescence des empires, le mystère et la mort.

 

Quand les contours de l'architecture se fondent dans les formes et les variations colorées de la Nature, les œuvres humaines retournent en quelque sorte à un état « prénatal » mais leur délitement est majestueux. Il émane de la force et de la grandeur de leurs silhouettes rongées. La pierre traverse les âges, se nourrissant des variations de la lumière, des chatoiements de l'eau, des teintes contrastées du ciel...

 

Entre 1781 et 1793, c'est le paysagiste écossais Thomas Blaikie (1750-1838) qui dessine de nouvelles allées et effectue des aménagements, parallèlement à ceux de Bagatelle. Il crée une galerie, une grotte mystérieuse peuplée de sombres rochers, des fontaines et fait planter de nombreux arbres. Il fait venir d'Angleterre des plantes qu'il installe dans les serres majestueuses, préalablement agrandies.

 

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La Pyramide

Symbole d'éternité, associée aux puissances de mort et de vie, la pyramide se situe au carrefour des mondes humain et divin. Symbole de création et d'ouverture sur les anciens mystères, elle est un territoire initiatique.

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Le Tombeau

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Eros et Thanatos

 

 

Les colonnes jumelles

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La Porte Saint-Jean, ouverte sur le paysage

 

Cette belle arcade Renaissance est un vestige de l'ancien Hôtel de Ville de Paris qui fut incendié, le 24 mai 1871, pendant la Commune.

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Les statues du Parc Monceau

 

A différents endroits du parc, se lovent des statues et des groupes sculptés d'écrivains, de poètes et de musiciens qui contribuent à créer une ambiance de rêverie romantique. Elle font référence à l'attrait exercé par ce lieu sur les artistes à la fin du 19e siècle.

 

Le monument à Guy de Maupassant

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Ce beau marbre, réalisé par le sculpteur Raoul Verlet en 1897, montre, au pied du buste de Maupassant, une jeune femme songeuse après la lecture d'un roman.

 

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Le monument à Edouard Pailleron

 

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Définir Edouard Pailleron (1834-1899) en quelques mots est difficile tant cet esprit brillant a accompli de choses. Auteur dramatique, poète, avocat, journaliste, dragon pendant deux ans, directeur de la Comédie-Française, gendre du fondateur de « La revue des Deux-Mondes » dont il devint le codirecteur, membre de l'Académie Française à partir de 1882... il déploya une puissante énergie créatrice à travers ses pièces dont certaines, comme Le monde où l'on s'ennuiefurent jouées plus de mille fois. Il est inhumé au cimetière du Père Lachaise.

 

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Image19 Edouard Pailleron, rêveur...

 

 

Sa statue en buste au Parc Monceau et le monument qui l'accompagne datent de 1906 et sont l'œuvre du sculpteur Leopold Bernard Bernstamm.

 

 

Image20 Masques

 

 

 

Image21 Rose de pierre

 

Le jeune faune de Félix Charpentier (1858-1924).

 

En 1886, cette œuvre gracile fut inspirée par la sculpture antique.

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Les grilles majestueuses

 

Elles sont l'œuvre de Gabriel Davioud (1823-1881), un représentant du style éclectique, « en vogue sous Napoléon III ».

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Les beaux arbres du parc

 

Image30 Silhouettes sylvestres

 

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Image32 Vieux platane endormi

(Vous pouvez consulter dans ce blog mon article à propos de cet arbre remarquable.)

 

 

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Non, ce n'est pas un rocher! Mais la partie inférieure d'un platane conséquent qui plonge avec délices ses racines dans l'eau.

 

 

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Petite île romantique

 

 

Image39 « L'arbre est une flamme qui fleurit. » (Novalis)

 

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Curiosités du parc

 

Le long d'une allée, une plaque enfoncée dans la végétation a attiré mon attention.

 

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Elle rend hommage à André-Jacques Garnerin (1769-1823), l'inventeur du parachute. Le 22 octobre 1797, il s'élança d'un ballon et accomplit, au-dessus du parc, devant une foule médusée, le premier saut en parachute de l'histoire. Sa fiancée, Jeanne Labrosse, fut la première femme à effectuer un saut en parachute, le 12 octobre 1799.

 

Au bout de l'allée Garnerin, on croise l'allée de la Comtesse de Ségur avant d'apercevoir un majestueux bâtiment, situé au numéro 7 de l'avenue Vélasquez. Il s'agit du Musée Cernuschi, consacré aux Arts d'Asie et d'Extrême-Orient.

 

Cet hôtel particulier appartenait à Henri Cernuschi (1821-1896) qui légua ses collections d'art oriental à la Ville de Paris en 1896. Le musée fut inauguré en 1898 et rénové entre 2001 et 2005.

 

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Sur la façade du musée, on aperçoit deux médaillons en mosaïque représentant Léonard de Vinci et Aristote.

 

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Je terminerai cette promenade à travers la Nature et l'Histoire en citant les vers de l'abbé Jacques Dellile.

 

« J'en atteste, Ô Monceau, tes jardins toujours verts,

Là, des arbres absents, les tiges imitées,

Les magiques berceaux, les grottes enchantées,

Tout vous charme à la fois. Là bravant les saisons,

La rose apprend à naître au milieu des glaçons;

Et les temps, les climats, vaincus par des prodiges,

Semblent, de la féerie, épuiser les prestiges. »

 

Les jardins ou l'art d'embellir les paysages. (1782)

 

Bibliographie

 

Adolphe ALPHAND: Les promenades de Paris. 1867-1873.

 

Edouard ANDRÉ: L'art des jardins.1879.

 

Abbé Jacques DELLILE: Les jardins ou l'art d'embellir les paysages.Paris, 1782.

 

Jules LACROIX DE MARLÈS: Paris ancien et moderne ou Histoire de France divisée en douze périodes appliquées aux douze arrondissements de Paris, et justifiée par les monuments de cette ville célèbre.Paris: Parent-Desbarres. 1837-1839. 3 volumes.

 

Marquis Félix DE ROCHEGUDE: Promenades dans toutes les rues de Paris par arrondissements. Paris: Hachette, 1910.

 

Catalogue d'exposition: De Bagatelle à Monceau, 1778-1978, les folies du XVIIIe siècle à Paris. Paris. Domaine de Bagatelle, Musée Carnavalet, 1978-1979.

 

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  encement sur http://www.etoile-blog.com

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #arbre, #ecorce, #feuillue, #jardin, #paris

Symboles ancestraux de liberté, de force et de sagesse, les arbres sont aussi considérés comme des sources d'énergie, des êtres féeriques et des avatars de divinités. Depuis des temps immémoriaux, de nombreuses traditions invitent l'Homme à caresser leur écorce, à souffler vœux et prières dans leur feuillage, à méditer sous leur ombrage...

 

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Des arbres « remarquables » s'épanouissent dans les jardins et les bois de Paris. Leurs silhouettes variées enchantent le paysage urbain.

 

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Un superbe Marronnier d'Inde avec sa parure d'automne.

 

 

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Un bouquet d'arbres majestueux au Jardin du Luxembourg.

 

 

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La lumière étincelante révèle la magie de ces corps d'écorce...

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Le Jardin du Luxembourg abrite de magnifiques platanes dont certains ont été plantés vers 1810. Les plus anciens se dressent dans l'allée Delacroix et autour de la Fontaine Médicis où leurs branches feuillues tissent un ciel verdoyant.

 

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Ciel sylvestre

 

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Peau d'arbre

 

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Ce magnifique Orme de Sibérie trône à proximité de l'Orangerie du Jardin du Luxembourg.

 

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L'Orme de Sibérie (zelkova carpinifolia) appartient à la famille des Ulmacées. Originaire du Caucase et d'Iran, il fut introduit en Europe en 1760 et à Paris en 1782. Il possède un tronc massif et de nombreuses branches dressées qui se soudent parfois entre elles. Il est considéré comme un symbole de longévité.

 

 

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Ce Ginkgo Biloba « femelle » se métamorphose doucement dans la lumière de l'automne.

 

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Vénéré dans plusieurs pays, il est appelé « arbre aux quarante écus », « arbre aux mille écus », « noyer du Japon », « fontaine de jouvence », « arbre du ciel » ou encore « fossile vivant » et se caractérise par ses feuilles à deux lobes en forme d'éventail, aux puissantes propriétés antioxydantes.

 

Originaire de Chine, le ginkgo biloba est un survivant de la flore de l'ère secondaire. Au Printemps, les inflorescences mâles et femelles naissent sur des arbres « séparés ». Les fruits jaunâtres de ce ginkgo femelle ressemblent à des petites mirabelles. Dès qu'ils mûrissent, ils exhalent une odeur nauséabonde mais la beauté de l'arbre l'emporte sur ce désagrément.

 

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Le nom « ginkgo » dérive d'un vieux mot chinois lu en japonais « ginkyō ». En chinois moderne, le ginkgo ou « yinxing » signifie « arbre aux abricots d'argent ». On associe également à cet arbre ancestral les mots chinois « ya-tchio » qui signifie « patte de canard » et « yin-kuo »: « fruit d'argent ». Il revêt en automne une somptueuse parure dorée.

 

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Arbre d'or

 

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Magnificence

 

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Le majestueux Marronnier d'Inde (aesculus hippocastanum L.), de la famille des Hippocastanacées, est originaire d'Asie Mineure, du Caucase et des Balkans. Un nommé Bachelier, qui revenait du Levant, l'introduisit à Paris en 1615.

 

Ce grand arbre ornemental peut atteindre 30 m de hauteur et vivre plus de 300 ans. Son écorce brun rougeâtre se fissure et se détache sous forme de petites plaques. Ses fleurs blanches ou roses, mouchetées de rouge, sont généralement groupées en thyrses ou bouquets pyramidaux. Ses grandes feuilles caduques sont dotées de cinq ou sept folioles dentelées. Ses bourgeons pointus, gorgés de résine, apparaissent en automne.

 

Son fruit se compose d'une capsule à piquants dans laquelle se love le marron d'Inde, une grosse graine lisse et luisante, de couleur brune. Mais le marron n'est pas comestible pour l'homme. C'est la châtaigne qui est utilisée, sous différentes formes, pour régaler les gourmands.

 

Le marronnier est réputé, depuis fort longtemps, pour ses vertus médicinales. Riches en tanins et en flavonoïdes, son écorce, ses feuilles et ses fleurs agissent de manière bénéfique sur la circulation sanguine et sont préconisées contre la fragilité capillaire, les problèmes de jambes lourdes, les hémorroïdes, les douleurs articulaires et rhumatismales.

En Turquie, on mélangeait la poudre de marron à l'avoine des chevaux pour soigner leurs problèmes pulmonaires.

Pendant la période des guerres napoléoniennes, l'écorce de marronnier pulvérisée était utilisée contre les fièvres, en remplacement du quinquina quand il venait à manquer.

Des études médicales ont montré que certaines substances contenues dans le marronnier pouvaient contribuer à traiter le diabète.

 

Les usages du marron sont variés. Il permet d'obtenir de la saponine, utilisée pour fabriquer des savons et blanchir le linge.

 

Dans le folklore européen, le marron est un puissant protecteur contre les cauchemars. Glissé sous l'oreiller, il attire la chance et repousse les créatures de la nuit.

 

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Arbre chandelier

 

 

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Luxuriance

 

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Dans le Jardin du Luxembourg se love aussi un verger, héritier de la tradition horticole des lieux qui appartenaient jadis aux moines Chartreux.

 

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Le « plus vieil arbre de Paris » s'épanouit dans le Square Viviani-Montebello qui borde l'église Saint-Julien le Pauvre, face à la Cathédrale Notre-Dame de Paris.

 

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Cet arbre vénérable, originaire d'Amérique du Nord, est un Robinier faux acacia (robinia pseudoacacia), de la famille des Fabaceae. En raison de son grand âge et de son poids conséquent, une structure en ciment est nécessaire pour le soutenir.

 

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Le naturaliste anglais John Tradescant (1570-1638) offrit des graines de « robinia » à Jean Robin (1550-1629), le directeur du Jardin des Apothicaires.

 

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Jean Robin le ramena d'Amérique et le planta à Paris en 1602. (Un autre robinier, planté en 1636, se trouve au Jardin des Plantes).

 

Le tronc du robinier est généralement court. Son écorce crevassée dessine des saillies torsadées en fort relief. Ses branches sinueuses forment une ample couronne feuillue.

 

Ses feuilles se composent de plusieurs paires de folioles vert jaunâtre. Vers le mois de juin, apparaissent ses fleurs blanches parfumées qui forment des grappes pendantes.

 

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Il est périodiquement « envahi » par du lierre mais les jeunes pousses de ce « parasite gourmand » sont ôtées chaque année. C'est ce qu'on appelle « la toilette de l'arbre ».

 

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Je voudrais conclure cette promenade en territoire fantastique avec des silhouettes d'arbres particulièrement étranges...

 

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Le Vieux Platane du Parc Monceau aux branches serpentines.

Il a déjà stimulé mon inspiration dans un article que vous pouvez retrouver dans ce blog.

 

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Un platane en tenue de camouflage

 

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Une créature d'écorce et de conte « maléfique »...

 

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Parfois, alors qu'on ne s'y attend pas, la lumière, le réel et le rêve s'entremêlent. L'arbre devient le messager de mondes cachés qui se révèlent pour nous ensorceler...

 

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #fut, #jardin, #observatoire, #paris, #pierre

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Cet angelot regarde en direction de l'avenue de l'Observatoire.

 

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La majestueuse promenade fut créée en 1866 et aménagée par Gabriel Davioud en 1867. Elle relie le Jardin du Luxembourg à l'Observatoire de Paris, en passant par le Jardin des Grands Explorateurs, la Fontaine de l'Observatoire, la Place Camille Jullian et la Maison des Fontainiers.

 

 

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Depuis la Place André Honnorat, on aperçoit la rue Auguste Comte.

 

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Au numéro 7, cet immeuble, érigé par l'architecte Henri Delormel en 1923, ressemble à un gigantesque navire.

 

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Réalisé en belle pierre de taille, il se pare d'un étonnant bestiaire.

 

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Des éléphants et des lions encadrent les fenêtres. Des guirlandes de fleurs et des têtes d'angelots, des putti aux chevelures délicatement bouclées, des rinceaux et de fines palmettes ornent la façade.

 

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L'École Nationale d'Administration Publique, de style néo-mauresque, se dresse face à cet imposant bâtiment.

 

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Ancienne École Coloniale, elle se situe à l'angle de l'avenue de l'Observatoire et de la rue Auguste Comte.

 

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Elle fut édifiée, entre 1895 et 1911, par l'architecte Maurice-Adolphe Yvon (1857-1911).

 

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De grandes fenêtres aux arcs outrepassés sont insérées dans des mosaïques décorées de rinceaux.

 

Un arc outrepassé désigne une variante de l'arc courant, dit en plein-cintre. Ses pointes s'accentuent et se rapprochent l'une de l'autre pour lui donner l'aspect d'un fer à cheval. Il est caractéristique de l'art hispano-mauresque et se retrouve aussi dans l'architecture préromane.

 

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En 1902, la Manufacture de Sèvres réalisa, d'après des dessins de Charles Lameire, de fines mosaïques en grès cérame ressemblant à de la faïence.

 

Le grès cérame est constitué d'argile, de quartz et de feldspath. Il peut imiter la texture et la couleur de la pierre, du marbre, du bois, du métal et du cuir.

 

Charles Lameire (1832-1910) conçut plusieurs décors pour des bâtiments religieux et civils comme l'Église de la Madeleine, l'Hôtel de Ville et le Palais du Trocadéro à Paris.

 

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La Faculté de Pharmacie se situe à côté de l'École Coloniale.

 

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Ce monument tout en longueur, décoré par de nombreux médaillons, fut construit en 1876 par l'architecte Charles Laisné (1819-1891) sur l'ancienne pépinière de l'enclos des Chartreux.

 

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Il se compose d'un bâtiment principal, d'une aile consacrée aux travaux pratiques et d'un jardin botanique.

 

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L'Institut National d'Histoire de l'Art

 

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Construit par l'architecte Paul Bigot (1870-1942), il se présente comme une sorte de synthèse des grands styles et des arts de l'Antiquité, du Moyen-âge et de la Renaissance. Il mêle des références à de prestigieux monuments comme le Palais des Doges à Venise, le Palais Pitti à Florence, l'Alhambra de Grenade ainsi que des influences mauresques.

 

Ses façades de briques rouges recréent « l'habillage » sobre et puissant de certaines demeures de la Renaissance Siennoise et Florentine et de l'Espagne Mudéjar (sous domination arabe).

 

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On aperçoit de petites fenêtres géminées qui s'inspirent de l'architecture des églises romanes.

 

Une frise luxuriante décore chaque pan de l'édifice. Elle est constituée de bas-reliefs qui font renaître des chefs-d'oeuvre de l'Histoire de l'Art, de l'Égypte ancienne à la Renaissance italienne.

 

 

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La silhouette du dieu Anubisse dessine parmi les effets colorés et plastiques de la façade.

 

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Une jeune femme joue de la double flûte ou aulos, un instrument de musique caractéristique de la Grèce antique. D'après la légende, cette flûte fut créée par la déesse Athéna.

 

 

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Les pittoresques bucranes

 

Ce sont des crânes de taureaux ou de boeufs. Leurs cornes sont attachées à des guirlandes végétales ou décorées de rubans et de couronnes de fleurs et de feuilles. Ils constituent des motifs récurrents dans les frises antiques et les décors de la Renaissance.

 

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La Maison du Génie de la Sculpture Décorative

 

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Au numéro 4 de la rue des Chartreux, cette belle maison est appuyée contre la façade de l'Institut d'art et d'archéologie. Le Génie ou l'Ange tient dans la main gauche une branche feuillue et dans la main droite une colonne ionique et une tête de statue.

 

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Un lion gardien de porte

 

 

Le Jardin des Grands Explorateurs

 

Il était réuni, à l'origine, avec le Jardin du Luxembourg, dans une zone peuplée de pépinières et de vergers.

 

Comme je l'ai précédemment écrit, (voir l'article en question), quatre groupes sculptés en marbre blanc rythment la perspective qui se déroule vers l'Observatoire.

 

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Le jardin s'étire vers le sud où se dresse, comme en apothéose, la Fontaine des Quatre Parties du Monde.

 

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Conçue par Gabriel Davioud (1823-1881), elle se compose d'un bassin spacieux dans lequel se reflètent des chevaux marins, des dauphins et des tortues, oeuvres d'Emmanuel Fremiet (1824-1910).

 

Au sommet, quatre figures féminines réalisées par Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875) soutiennent un globe terrestre entouré par les signes du Zodiaque. Elles incarnent l'Europe, l'Afrique, l'Asie et l'Amérique.

 

 

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Le Zodiaque de Pierre Legrain (1889-1929).

 

 

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La Place Camille Jullian

 

Espace de respiration et carrefour de nombreuses voies, elle accueille le monument qui contient les cendres de Francis Garnier.

 

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Ce groupe sculpté par Denys Puech (1854-1942) rend hommage au célèbre explorateur et officier de marine assassiné au Vietnam par les Pavillons Noirs.

 

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La statue du Maréchal Michel Ney(1769-1815)

 

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Figure historique du Premier Empire, il fut accusé de trahison pour s'être rallié à Napoléon, pendant l'épisode des Cent-Jours, alors qu'il devait exécuter les ordres du roi Louis XVIII. La statue qui lui rend hommage se dresse là où il fut fusillé, le 7 décembre 1815.

 

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Le monument consacré à Stéphane Tarnier(1828-1897)

 

Il se situe au coin de l'avenue de l'Observatoire et de la rue d'Assas.

 

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Ce professeur émérite était « le pionnier de l'obstétrique moderne. » Préoccupé par l'hygiène et le bien-être des mères et des nourrissons, il mit au point des moyens de lutter contre les infections puerpérales. Il inventa plusieurs instruments dont le forceps qui porte son nom. Il créa un modèle de couveuse et écrivit un Traité de l'art des accouchements.

 

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Le monument dédié à Théophile Roussel

 

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Il fut érigé en 1906 à l'angle de l'avenue de l'Observatoire et de l'avenue Denfert-Rochereau.

 

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Les figures empreintes d'émotion, réalisées par le sculpteur Jean-Baptiste Champeil (1866-1913), rendent hommage à ce médecin, parlementaire et philanthrope, auteur de lois destinées à protéger les enfants abandonnés et victimes de maltraitance.

 

Son buste était représenté sur les diplômes des nourrices.

 

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« Le mot d'ordre de toute vie c'est bienfaisance et bonté. Protéger l'enfance c'est aimer deux fois les hommes. » Ces mots, signés Théodore Tissier, décorent une des faces du monument.

 

Au fil de notre marche vers l'Observatoire, se révèle une succession de façades raffinées.

 

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De puissants immeubles semblent naviguer...

 

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Le mariage élégant de la brique et de la pierre de taille.

 

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Frontons jumeaux, agrafes ciselées, mascaron gracieux, l'ensemble crée une véritable symphonie ornementale.

 

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Le travail du bois et de la pierre, la qualité de la ferronnerie sont remarquables.

 

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La Maison des Fontainiers (au numéro 42)

 

Entre 1619 et 1623, Marie de Médicis (1575-1642) fit construire un aqueduc pour approvisionner en eau le Palais et le Jardin du Luxembourg ainsi que les habitants de la rive gauche de Paris.

 

Au débouché du fameux aqueduc, un élégant bâtiment en pierre de taille fut érigé par les architectes Salomon de Brosse (1565 ou 1571-1626) et Louis Métezeau (1560-1615). L'ingénieur hydraulicien Thomas Francine (1571-1651) et ses héritiers y habitèrent et s'occupèrent, au XVIIe et au XVIIIe siècle, de la gestion des eaux de Paris, de Versailles et de Saint-Cloud.

 

 

L'Observatoire de Paris (au numéro 61)

 

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Cette sobre construction fut réalisée, entre 1667 et 1671, d'après les plans de Claude Perrault (1613-1688) et de François d'Orbay (1634-1697), sous la direction de Colbert (1619-1683). Le 21 juin 1667, jour du solstice d'été, les mathématiciens de l'Académie marquèrent le tracé de l'Observatoire et du Méridien de Paris.

 

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Les quatre faces du bâtiment sont orientées vers les points cardinaux. Une tour carrée s'élève au nord. Au sud, deux tours octogonales ornées de coupoles livrent la position du soleil au moment des solstices et des équinoxes.

 

Les plus prestigieux astronomes s'y succédèrent:

 

Les Cassini: une brillante dynastie de scientifiques qui « régnèrent » sur l'Observatoire de 1671 jusqu'à la Révolution. Ils effectuèrent le tracé de la première carte topographique de la France ou Carte Cassini.

 

François Arago (1786-1853): célèbre pour ses expériences sur l'optique, il fit placer en 1845 une coupole sur la tour orientale afin d'y installer une grande lunette astronomique.

 

Léon Foucault (1819-1868): inventeur du gyroscope, il est particulièrement connu pour son fameux pendule.

 

Urbain Le Verrier (1811-1877): il découvrit en 1846 la planète Neptune. Sa statue, réalisée par Henri Chapu, se dresse devant la façade nord de l'édifice.

 

 

Au terme de cette riche promenade, je n'ai qu'une envie: explorer davantage ces rues chargées d'histoire qui nous offrent tant de beauté à contempler...

 

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Bibliographie

 

Emmanuel AMOUGOU: Architecture et ethnographie au XIXe siècle. Lecture des conférences de la Société centrale des architectes français. L'Harmattan: 2008.

 

Pierre Thomas Nicole HURTAUT: Dictionnaire historique de la ville de Paris et de ses environs. Moutard, 1779.

 

Antoine QUATREMÈRE DE QUINCY: Dictionnaire historique d'architecture.2 vol. Paris, 1832.

 

Henri SAUVAL: Histoire et recherches des antiquités de la ville de Paris.3 tomes. Paris: Charles Moette et Jacques Chardon, 1724. Réédité sous le titre: Paris ancien et moderne.

 

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #dieu, #fontaine, #gros, #mars, #paris

 

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Elle se dresse au numéro 129 de la rue Saint-Dominique, dans le 7e arrondissement de Paris. Située autrefois face à l'Hôpital Militaire du Gros Caillou, elle s'élève aujourd'hui au coeur d'une élégante petite place bordée d'arcades.

 

Elle fut édifiée en 1806 à partir des plans de François-Jean Bralle (1750-1831), ingénieur en chef des Ponts et Chaussées et maître d'oeuvre des travaux hydrauliques de la Ville de Paris. Son gracieux décor fut réalisé par Pierre-Nicolas Beauvallet (1750-1818).

 

Elle appartenait à un ensemble de quinze fontaines commandées par Napoléon Ier (1769-1821).

 

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Ornée d'un bas-relief qui représente la déesse Hygie apportant ses soins au dieu Mars, elle se compose d'un édicule carré, souligné à chaque angle par un pilastre d'ordre dorique. Une frise de conques marines alternant avec des triglyphes court au sommet de l'édifice.

 

La proximité du Champ de Mars et la position stratégique de l'Hôpital Militaire du Gros Caillou ont déterminé le choix de l'iconographie.

 

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Un vase au décor mythologique est sculpté sur chaque face latérale.

 

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Des créatures chimériques viennent compléter l'ensemble.

 

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Une sorte de « dragon des eaux », doté d'une queue bifide et de pattes palmées, semble jaillir des flots.

 

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Un capricorne marin se pare de belles cornes de bélier. La lumière souligne les enroulements de sa queue et la finesse de ses écailles.

 

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Des mascarons fantastiques versent l'eau dans des bassins en forme de demi-lune. L'eau venait jadis de la pompe du Gros-Caillou.

 

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D'après Amaury Duval: « Le nom de Gros-Caillou, que porte aujourd'hui le faubourg, lui vient (…) de l'enseigne qu'avait prise une maison de débauche placée auprès d'un rocher. C'est au lieu où existait cette pierre et cette maison, qu'a été construite, dans le dernier siècle, l'église dite du Gros-Caillou, comme succursale de Saint-Sulpice. » Les Fontaines de Paris, anciennes et nouvelles. P.98.

 

Érigée en 1859 autour de la fontaine, la place bordée d'arcades s'inspire des loggias de la Renaissance italienne.

 

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Les dieux de la fontaine

 

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Déesse très honorée dans la Grèce antique, Hygie était la fille d'Asclépios, le dieu de la médecine. Protectrice de la santé, elle veillait à la propreté et à la bonne distribution des soins. De son nom dérive le mot « hygiène ».

 

Invoquée pour prévenir les maladies et apaiser la douleur, elle était également associée à des cultes lunaires.

 

Elle tient ici une coupe contenant le remède qu'elle offre au dieu Mars. Un serpent, emblème de purification et de vigilance, s'enroule autour de son bras.

 

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Mars est figuré « à l'antique », dans la nudité du guerrier, mais il porte une moustache et d'impressionnants favoris, à l'instar des grognards de la première Grande Armée.

 

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Il est appuyé contre un bouclier et accompagné d'un coq au torse fièrement bombé.

 

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Depuis l'Antiquité, le coq est un emblème solaire qui annonce, par son cri si caractéristique, la venue du jour. Il était représenté sur les boucliers, les stèles et les camées et considéré comme une redoutable amulette contre les démons nocturnes.

 

Il apparaît sur des monnaies de Grèce et d'Asie Mineure, auréolé de flammes ou couronné par des spirales qui évoquent la course du soleil.

 

Gardien des forces de lumière, il était associé à de nombreuses divinités:

 

Lug/Mercureet Apollon/Belenosdit « le brillant » qui préside au lever du jour. Mars, le dieu de la guerre et du combat contre les puissances maléfiques. Asclépios, le dieu de la médecine, victorieux de la maladie et destructeur des miasmes.

 

D'après la croyance populaire, le coq pouvait éloigner les épidémies grâce à son sang, apaiser la fièvre et déceler l'emplacement des meilleures plantes médicinales. Il favorisait la cicatrisation des blessures. Son regard hypnotisait les malades et guérissait les problèmes oculaires.

 

Des troupeaux de coqs sacrés vivaient dans les sanctuaires d'Asclépios où ils symbolisaient les pouvoirs mêlés de la lumière et de l'hypnose, les vertus des racines et des herbes et l'exploration des rêves.

 

Sentinelle au sommet des tours et des clochers, le coq défend les villes contre les puissances infernales et les vents de tempête. Doté d'une nature farouche et belliqueuse, il est celui qui ressuscite l'aurore après la nuit.

 

Il se dévoile ici comme le compagnon de Mars et l'animal sacré d'Asclépios, le père d'Hygie.

 

 

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La construction de la fontaine est emblématique des changements majeurs survenus dans Paris après l'arrivée de Napoléon au pouvoir.

 

Quand Napoléon devint Premier Consul (en 1799) après le Directoire, il trouva une France épuisée, affamée et insalubre. Les rues de Paris se noyaient dans une atmosphère médiévale et les vieilles fontaines ne pouvaient plus fournir de l'eau aux Parisiens qui devaient s'approvisionner dans la Seine.

 

Napoléon s'employa donc à moderniser et à assainir la capitale dont il fit démolir de nombreuses ruelles. Il fit construire un réseau d'égouts, des trottoirs et des caniveaux, éclairer les rues, édifier des ponts et des fontaines. Il fit aussi numéroter les maisons.

 

A partir de 1806, les chantiers fleurirent dans Paris qui se métamorphosa rapidement. Dans ce contexte, Mars et Hygie apparurent comme les divinités tutélaires de cette politique de conquête et d'embellissement.

 

Pour le promeneur contemporain, la rue Saint-Dominique constitue une fort agréable balade, le long des hôtels particuliers et des vitrines alléchantes, à la découverte d'un monument qui a contribué à offrir de l'eau et des perspectives nouvelles aux habitants de Paris.

 

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Bibliographie

 

André CASTELOT: Napoléon. Paris: Tallandier, 1969.

 

Amaury DUVAL: Les Fontaines de Paris, anciennes et nouvelles. Nouvelle édition, Paris: Bance aîné, 1828.

 

Adolphe JOANNE: Paris illustré. Paris: Hachette, 1863.

 

Théophile LAVALLÉE: Histoire de Paris depuis le temps des Gaulois jusqu'en 1850.Paris: Hetzel, 1852.

 

 

 

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Publié le par maplumefee
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Ce monument d'un raffinement extrême fut construit à partir de 1897 et inauguré pour l'Exposition Universelle de 1900. Situé entre le 7e et le 8e arrondissement de Paris, dans l'axe de l'esplanade des Invalides, il offre sur la Seine un panorama remarquable.

 

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Il dessine un arc très étiré qui chevauche la Seine sur une longueur de 107 mètres et conduit à deux prestigieux édifices: le Grand et le Petit Palais. L'ensemble mesure 160 mètres.

 

Cette prouesse technique et artistique fut orchestrée par les ingénieurs Jean Résal et Amédée Alby et les architectes Joseph Cassien-Bernard et Gaston Cousin, sous la direction d'Alfred Picard, commissaire général de l'Exposition Universelle de 1900, assisté de Joseph Bouvard, directeur de l'architecture.

 

Après le renforcement des berges de la Seine, l'importante poussée horizontale fut répartie entre les immenses fondations.

 

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Le pont symbolise l'amitié franco-russe, initiée par le tsar Alexandre III. Ce dernier signa en 1893 l'Alliance franco-russe avec le Président français Sadi Carnot et l'entente se poursuivit après la mort des deux hommes en 1894.

 

Nicolas II, le fils d'Alexandre III, posa la première pierre de l'ouvrage, le 7 octobre 1896, en compagnie du Président Félix Faure.

 

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Le 14 avril 1900, le Président Émile Loubet inaugura le pont et l'Exposition Universelle.

 

 

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Quatre majestueux pylônes, couronnés par des statues dorées, se dressent aux extrémités de l'ouvrage.

 

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Ils soutiennent des groupes sculptés qui représentent « la Renommée tenant Pégase. »

 

Pégase, le cheval ailé, naquit du sang de la gorgone Méduse, décapitée par le héros grec Persée. En frappant la terre d'un coup de sabot, il donna naissance à la source des Muses, appelée Hippocrène. Le héros Bellérophon le chevaucha pour décimer la Chimère, un monstre terrifiant.

 

Célébré par les poètes et représenté dans l'art depuis l'Antiquité, il est l'émanation d'une ancienne divinité du ciel et des orages. Quand il galope dans les nuages, il engendre les éclairs et le tonnerre ou dissipe le temps troublé.

 

Lié à la symbolique des sources et des eaux vives, il apparaît aussi comme la résurgence d'un dieu chthonien. Il tisse l'énergie tellurique et établit, à l'instar des chamanes, une communication subtile entre les mondes.

 

Il fut métamorphosé en constellation par Zeus, le seigneur de l'Olympe.

 

Invoqué par les poètes pour faire jaillir l'inspiration, il est le compagnon ou la monture de la Renommée.

 

 

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Dans la Grèce ancienne, cette divinité ailée, fille de la déesse Gaïa, la Terre, était dotée d'une myriade d'yeux et de bouches et se présentait comme la messagère des dieux. Dans la Rome antique, elle devint une gracieuse jeune femme tenant une trompette.

 

 

La Renommée des Arts

 

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Réalisée par Emmanuel Fremiet (1824-1910), sculpteur incontournable de la IIIe République, elle tient fièrement la bride de Pégase. Ses ailes de fée semblent pulser dans la lumière. Associée à la Victoire et à la Vertu, elle brandit parfois, en plus de la trompette, une corne d'abondance ou un rameau d'olivier.

 

La France de Charlemagne, oeuvre d'Alfred-Charles Lenoir, trône, appuyée sur des lions, à la base du pilier.

 

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Elle tient dans la main gauche une pomme vermeille ou crucifère.

 

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Ce globe surmonté d'une croix est un emblème de pouvoir terrestre, céleste et universel. Il évoque aussi l'abondance et la paix. Appelé Pomme d'Empire, il était le symbole du Saint-Empire romain germanique.

 

 

La Renommée de l'Agriculture

 

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Elle fut réalisée par Gustave Michel, ainsi que la France Contemporaine ou Pacifique, située en dessous.

 

La Renommée porte des épis de blé et brandit une branche feuillue. L'arabesque de son bras accompagne le mouvement gracieux des ailes de Pégase. Dans les grimoires d'iconologie, elle est représentée avec une chaîne en or et un pendentif en forme de coeur.

 

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Couronnée de feuilles de chêne, la France revêt une tenue finement parsemée de feuilles et de rinceaux. Son visage s'inspire de celui de la tsarine Alexandra Feodorovna.

 

 

La Renommée au Combat

 

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Créée par Pierre Granet, elle souffle dans la trompette pour appeler les forces divines. Son bras droit levé reflète l'attitude de Pégase, cabré pour s'élancer dans les airs. On aperçoit la Toison d'Or à tête de bélier, emblème de conquête guerrière et de virilité.

 

Sur la colonne est appuyée la France de Louis XIV, de Laurent Honoré Marqueste.

 

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La majestueuse allégorie soutient une petite Victoire dorée ou Nikê.

 

 

La Renommée de la Guerre

 

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Réalisée par Clément Steiner, elle entraîne Pégase dans une charge héroïque.

 

La France Renaissante ou France de la Renaissance, oeuvre de Jules-Félix Coutan, se situe en dessous.

 

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La draperie qui l'entoure dessine un mouvement sensuel et mystérieux. Sa grande épée d'or scintille dans la lumière. Une petite statue se love contre son côté gauche.

 

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Les Génies des Eaux

 

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L'enfant au poisson ou le génie au trident, sculpté par André Massoule. Il se situe en amont, sur le parapet gauche du pont, telle une vigie suspendue entre le ciel et l'onde.

 

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La fillette à la coquille, sculptée par Léopold Morice.

 

On la rencontre en amont, sur la rive droite du pont. Elle nous attire avec douceur vers les secrets de la mer qui chuchote à son oreille.

 

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L'enfant au poisson fantastique, sculpté par Léopold Morice. Il se situe en aval, sur la rive droite du pont.

 

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La Néréide, sculptée par André Massoule. Elle se situe en aval, sur le parapet gauche du pont.

 

 

Le Bestiaire des lieux

 

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Un monde luxuriant de créatures aquatiques.

 

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Des poissons vigoureux qui ondoient dans la lumière.

 

 

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Les cadenas que l'on aperçoit sont laissés par des amoureux qui les considèrent comme des amulettes de bonheur et de chance. Le Pont des Arts, situé face au Louvre, est, à cet égard, particulièrement apprécié.

 

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Des grenouilles qui contemplent la Seine et d'autres cadenas.

 

 

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Un lézard qui joue peut-être à cache-cache...

 

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Des sirènes et des rostres de navires décorent la partie basse des piliers.

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Le regard envoûté par les chatoiements de l'eau, laissons-nous envahir par un chant voluptueux mais gare à ne pas passer par-dessus bord!

 

 

Les Candélabres

 

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Des angelots, réalisés par le sculpteur Henri Désiré Gauquié, forment une ronde gracieuse autour de ce candélabre à cinq branches.

 

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La fée lumière règne avec poésie et magnificence, grâce aux 32 candélabres répartis le long de la promenade.

 

 

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Les armes de la ville de Paris.

 

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L'aigle bicéphale de la Russie des tsars.

 

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Le coq gaulois, emblème du soleil et de la France.

 

 

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Un des superbes vases qui se dressent au bord des escaliers.

 

 

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Un dauphin fantastique appuyé sur des congélations, des guirlandes de coquillages et de flore aquatique, des mascarons...

 

 

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De part et d'autre du pont, des Nymphes monumentales ont été réalisées par Georges Récipon, l'auteur des Quadriges du Grand Palais tout proche. On trouve en aval les Nymphes de la Seine et en amont, celles de la Néva, fleuve russe mythique.

 

 

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Sur chaque rive, un lion et un enfant, réalisés par Georges Gardet (rive gauche) et Jules Dalou (rive droite), ornent l'extrémité de la balustrade.

 

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L'ossature du pont se compose de puissants arcs d'acier et d'une forêt de poutrelles.

 

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Élaboré dans les Usines du Creusot, le pont fut mis en place à partir d'éléments préfabriqués, ce qui constituait un procédé novateur pour l'époque.

 

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Au crépuscule...

 

Tel un monde enchanté, peuplé de créatures mythologiques, le Pont Alexandre III nous dévoile sa riche iconographie consacrée au thème de la mer. Il nous invite à contempler la Seine où scintille l'âme de Paris. Depuis le dôme doré des Invalides, la perspective qui le traverse nous conduit vers les Champs-Élysées, contrée des héros antiques. Sa beauté romantique conjugue le souffle des légendes et les splendeurs théâtralisées d'une époque. Il incarne une féerie suspendue, entre ciel et eau, qui se mêle aux innovations techniques, caractéristiques d'une nouvelle ère.

 

Personnalités associées à la création du Pont Alexandre III

 

Le Tsar Alexandre III (1845-1894).

 

Le Président français Sadi Carnot (1837-1894).

 

Le Tsar Nicolas II (1868-1918).

 

Le Président Félix Faure (1841-1899).

 

Le Président Émile Loubet (1838-1929).

 

Alfred Picard (1844-1913): Ingénieur, administrateur public, polytechnicien, il fut aussi Ministre de la Marine et occupa de nombreux postes . Il dirigea d'importants travaux dans les domaines militaire et ferroviaire. Il fut le Commissaire Général de l'Exposition Universelle de 1900.

 

Joseph Bouvard (1840-1920): De 1897 à 1911, il dirigea les services d'Architecture, des Promenades, des Plantations, de la Voirie et du Plan de la Ville de Paris. Il organisa de nombreuses fêtes et des expositions publiques, comme les Expositions Universelles de 1889 et de 1900.

 

Jean Résal (1854-1919): Ingénieur.

 

Amédée Alby (1862-1942): Ingénieur.

 

Joseph Cassien-Bernard (1848-1926): architecte, élève de Charles Garnier (1825-1898), le constructeur de l'Opéra qui porte son nom.

 

Gaston Cousin : architecte.

 

Emmanuel Fremiet (1824-1910): sculpteur.

 

Alfred-Charles Lenoir (1850-1920): sculpteur.

 

Gustave Michel (1851-1924): sculpteur.

 

Pierre Granet (1843-1910): sculpteur.

 

Laurent Honoré Marqueste (1848-1920): sculpteur.

 

Clément Steiner (1853-1899): sculpteur.

 

Jules-Félix Coutan (1848-1939): sculpteur.

 

André Massoule(1851-1901): sculpteur.

 

Léopold Morice(1846-1920): sculpteur.

 

Henri Désiré Gauquié (1858-1927): sculpteur.

 

Georges Récipon (1860-1920): sculpteur.

 

Georges Gardet (1863-1939): Sculpteur animalier, il fut l'élève d'Emmanuel Fremiet.

 

Aimé-Jules Dalou (1838-1902).

 

Bibliographie

 

Emmanuel BÉNÉZIT: Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs.Édition de 1999. 14 volumes.

 

Félix LAZARE: Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments. Paris: Vindun, 1844-1849.

 

Gustave PASSARD: Nouveau Dictionnaire Historique de Paris. 1904.

 

Félix DE ROCHEGUDE: Promenades dans toutes les rues de Paris. Paris: Hachette, 1910.

 

Paul VIAL: L'Europe et le Monde de 1848 à 1914. Paris: Éditions de Gigord, 1968.

 

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Au-delà des miroitements de la Seine, on aperçoit la splendide verrière du Grand Palais.

 

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Publié le par maplumefee
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La Fontaine Saint-Michel se situe sur la Place Saint-Michel, dans le 6e arrondissement de Paris, à la croisée du boulevard Saint-Michel et de la rue Danton. Sa position évoque les travaux orchestrés par le Préfet Haussmann sous le Second Empire.

 

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Georges Eugène Haussmann (1809-1891), dit le « baron Haussmann », mit en oeuvre un plan de réaménagement et d'embellissement de Paris, fondé sur l'aération du tissu urbain. Il dirigea une immense campagne de travaux, inspirée par les théories hygiénistes de l'époque.

 

Il fit percer de nouvelles voies pour favoriser la circulation des piétons et des véhicules. Des boulevards, des avenues, de grandes perspectives virent le jour et un maillage luxuriant de jardins et de squares fut créé.

 

Dans le prolongement de l'esprit des « Lumières », la Ville devint un espace maîtrisé, doté d'un ample quadrillage, de promenades plantées et de magnifiques immeubles mais Haussmann voulait aussi faciliter le déploiement de troupes militaires en cas de soulèvements civils.

 

Dans ce contexte, la fontaine Saint-Michel fut construite à partir de 1858 et inaugurée en 1860.

 

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Élaborée par l'architecte Gabriel Davioud, dans un style éclectique, elle se présente comme une sorte d'arc de triomphe antique, destiné à commémorer la victoire de Saint-Michel archange sur le Démon.

 

Sa structure est celle d'une fontaine-mur, à l'instar de la Fontaine Médicis au Jardin du Luxembourg et de la Fontaine des Quatre-Saisons, dans la rue de Grenelle.

 

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La Fontaine Médicis

 

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La Fontaine des Quatre Saisons

 

Mais sa mise en scène complexe et son décor foisonnant, associés à des effets de polychromie, ne firent pas l'unanimité en son temps.

 

« Dans ce monument exécrable,

On ne voit ni talent ni goût,

Le Diable ne vaut rien du tout;

Saint-Michel ne vaut pas le Diable ».

(Quatrain anonyme)

 

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L'archange Saint-Michel piétine le Diable déchu.

 

Ce groupe, encadré par des colonnes en marbre rose du Languedoc, fut exécuté par Francisque Duret (1804-1865). Ce dernier s'inspira d'un tableau du maître italien Raphaël, conservé au Louvre. Le rocher sur lequel s'appuient les personnages est l'oeuvre du sculpteur Félix Saupin.

 

Dans le projet initial, la niche centrale devait accueillir une statue de Napoléon mais le choix du thème de Saint-Michel se justifie par la présence d'un très ancien lieu de culte, consacré à l'archange, à proximité de l'Île de la Cité.

 

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Créations d'Henri-Alfred Jacquemart (1824-1896), deux imposantes chimères dressent fièrement leurs ailes de part et d'autre d'un grand bassin.

 

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Gardiennes de la fontaine, elles contribuent, par leur position altière, à sa puissante théâtralité.

 

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Dans la partie supérieure de l'édifice, s'élèvent quatre statues qui représentent les Vertus Cardinales. Elles s'appuient sur l'entablement des grandes colonnes en marbre rose, surmontées par des écussons à tête de lion.

 

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La Prudence, réalisée par Jean-Auguste Barre (1811-1896). Ses attributs sont le miroir et le serpent.

 

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La Justice, armée de son glaive, sculptée par Élias (Louis-Valentin) Robert (1821-1874).

 

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La Tempérance, oeuvre de Charles Gumery (1827-1871).

 

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La Force, création d'Eugène Guillaume (1822-1905).Elle revêt la peau du Lion de Némée et s'appuie sur la massue d'Hercule.

 

Ces Vertus exaltent la prédominance de Saint-Michel, guerrier des forces de lumière, sur le Diable, doté d'un visage humain.

 

Dans le fronton terminal, les armes de Paris sont tenues par les allégories de la Puissance et de la Modération.

 

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Des angelots lovés dans des rinceaux de style néo-renaissance complètent l'ensemble. Ces ornements ont été exécutés par Noémie Constant.

 

Témoignage grandiose ou grandiloquent (selon les goûts) de la politique d'embellissement du Second Empire, la fontaine est aujourd'hui un lieu de partage, de rencontre et de rendez-vous. Elle offre sur la Seine et sur Notre-Dame une belle perspective et constitue le point de départ de plusieurs promenades à travers les méandres du Quartier Latin.

 

Nous traversons le boulevard Saint-Michel en direction de la librairie Gibert Jeune.

 

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Ce beau bâtiment abrite une librairie mythique, fondée en 1888 par Joseph Gibert, professeur de Lettres Classiques au Collège Saint-Michel, à Saint-Étienne. En 1886, il s'installa comme bouquiniste en bordure de Seine et, deux ans plus tard, il ouvrit une librairie sur le boulevard Saint-Michel.

 

La Rue de la Huchette

 

Au début du XIIIe siècle, la rue de la Huchette se nommait rue de Laas. Elle bordait un domaine peuplé de vignes appelé Clos du Laas. Une enseigne, « la Huchette d'Or », dont la présence était attestée à la fin du XIIIe siècle, lui donna son nom.

 

Au XVIIe siècle, cette rue pittoresque était célèbre pour ses auberges, ses tavernes, ses cabarets et ses rôtisseries mais aussi pour ses « coupeurs de bourses ».

 

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Cette vieille enseigne provient du Musée Carnavalet.

 

Elle désignait l'emplacement d'une maison, située au numéro 4, qui connut plusieurs appellations. Qualifiée de Maison de la Heuse au Moyen-âge, elle devint la Petite Cuiller à la fin du XVIe siècle puis la Hure de Sanglier et la Hure d'Or.

 

Le nom « la Huchette d'Or » évoque la présence d'un maître huchier ou menuisier. La huche était un grand coffre de bois rectangulaire, doté d'un couvercle plat.

 

Parmi les vieilles maisons dont l'Histoire a retenu le nom, on trouvait « le Petit More », vers l'actuel numéro un de la rue.

 

Une auberge, « Au Panier Fleuri », accueillait de nombreux artistes, des chanteurs et des écrivains.

 

L'activité des rôtisseries (« La Lamproie-sur-le-grill », « les Pigeons », « la Hure »...) était florissante.

 

Un Bureau des Apothicaires, dont l'enseigne était une lamproie, s'installa dans la rue, à partir de 1714.

 

Il y avait aussi, parmi bien d'autres, une Hôtellerie des Boeufs (établissement de bains féminins), une Hôtellerie de l'Ange, un Hôtel de Pontigny adossé à la Seine...

 

Ce Paris disparu stimule notre imaginaire mais les bâtiments qui ont traversé le temps ont une histoire tout aussi fascinante à nous conter.

 

Le Théâtre de la Huchette

 

Il fut créé par Georges Vitaly en 1948. Depuis le 16 février 1957, les deux premières pièces de Eugène Ionesco, La Cantatrice chauve et La Leçon, y sont jouées sans interruption.

 

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Le Cupidon de la Huchette

 

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Sur cette façade souvent remaniée au fil des siècles, un angelot gracieux aimante le regard. Cupidon (de « Cupido », le désir...), emblème du glacier italien Amorino, suscite d'irrépressibles envies...

 

La rue du Chat-qui-Pêche

 

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Cette venelle insolite fut appelée ruelle des Étuves, rue du Renard(il n'existe aucun rapport avec l'actuelle rue du Renard) et rue des Bouticles. Elle s'étendait jusqu'à la Seine à laquelle on accédait par un escalier. Son étroitesse (elle mesure 1,80 m de largeur pour 26 m de longueur) nous fait voyager à travers un Paris d'un autre temps.

 

En 1607, on la nommait ruelle des Bouticles de Petit-Pont et on y trouvait des « estaulx de marée et d'eau doulce ». Les « Bouticles » étaient des bateaux dans lesquels on conservait le poisson. Une maison des Trois Poissons se dressait à l'angle occidental de la rue de la Huchette.

 

En 1832, elle était close par une grille, à ses extrémités.

 

Dans les années 1930, Jolán Földes, une écrivaine hongroise, vivait dans cette rue qui lui inspira un roman.

 

Légendes du Chat-qui-Pêche

 

L'une d'elles relatait l'existence d'un puits qui communiquait avec le petit bras de la Seine. Les chats du quartier se réunissaient tout autour car le fleuve y faisait remonter une myriade de petits poissons. Les gourmands à quatre pattes n'avaient alors plus qu'à les attraper!

 

Une autre met en lumière l'histoire de Dom Perlet, un chanoine alchimiste, qui avait un chat noir pour familier. Le félin attrapait dans la Seine les poissons avec une telle dextérité que la rumeur prétendit qu'il était l'incarnation de Satan. En l'absence de son maître, trois étudiants se saisirent de lui et le jetèrent dans le fleuve mais l'alchimiste revint, après un voyage, et le chat reparut aussi.

 

Une vieille expression: "aller voir pêcher les chats" désignait quelqu'un se laissant persuader trop facilement.

 

 

A l'angle de la rue de la Huchette, au numéro 14, se trouvait « la Maison à l'Y ». Elle présentait une enseigne ou un médaillon décoré d'un Y, symbolisant les « lie-grègues »: les lacets qui fixent les hauts de chausse à la culotte. Elle appartenait à Thomas Charles de Lastre, un marchand mercier.

 

Le Diable de la Huchette

 

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Le Diable se cache et se dévoile, dans les venelles parisiennes, derrière les vieilles portes, dans les reflets et les ombres. Il régnait autrefois sur un lacis d'obscures ruelles que le jour n'éclaboussait presque jamais, sur des passages fuyants et des façades dévorées par les âges.

 

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Ce mascaron fantasque, qui contemple le Caveau de la Huchette, évoque l'emplacement de messes noires et de cérémonies occultes.

 

Le Caveau de la Huchette

 

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Il abrite un célèbre club de jazz mais son histoire s'enracine dans les légendes et les secrets du Vieux Paris. Il fut autrefois un lieu prisé par les Sociétés Occultes. Des Templiers et des Rose-Croix s'y réunissaient. Au XVIIIe siècle, une Loge Franc-Maçonnique s'établit dans ses caves profondes. Outre deux salles basses superposées, des souterrains menaient jusqu'à l'ossuaire de l'église Saint-Séverin et au Petit-Châtelet.

 

En 1789 et pendant la période qui suivit, il devint le « Caveau de la Terreur » et il accueillit les clubs des Cordeliers et des Montagnards ainsi qu'un Tribunal. Des figures importantes de la Révolution et de la Convention s'y donnaient rendez-vous. Des jugements et des sentences d'exécution y furent prononcés. Des légendes relatent la présence d'un puits très ancien qui « avalait » dans les entrailles de la terre les condamnés à mort.

 

En continuant notre chemin vers la cathédrale Notre-Dame, nous arrivons sur la Place du Petit-Pont où une plaque évoque les combats qui opposèrent les résistants français aux allemands dans le « fortin de la Huchette ».

 

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La Rue du Petit-Pont

 

Le tracé de cette rue était une partie du cardo de l'ancienne Lutèce. Cette voie modelée par les Romains descendait la Montagne Sainte-Geneviève et passait par la rue Saint-Jacques. Elle arrivait jusqu'à la Seine qu'elle franchissait et se poursuivait de l'autre côté...

 

La ville romaine était construite suivant une géométrie réelle et magique. Les axes majeurs formaient une croix orientée vers les points cardinaux. Au coeur de cette croix se dressait le forum, espace consacré aux échanges de la Cité.

 

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Aux numéros 3 et 5 de la rue du Petit-Pont, le bar restaurant Polly Maggoo dévoile, depuis les années 1970, sa belle façade décorée de mosaïques. Ce lieu très apprécié offre une scène musicale de qualité. Son nom fait référence à un film de 1966: « Qui êtes-vous, Polly Maggoo? » Cette comédie satirique en noir et blanc, réalisée par William Klein, reçut le prix Jean Vigo en 1967. Les rôles principaux sont incarnés par Sami Frey, Dorothy Mac Gowan, Alice Sapritch, Jean Rochefort ou encore Philippe Noiret.

 

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La Rue de la Bûcherie

 

Elle accueillait autrefois le « Port aux Bûches » de la capitale. Jusqu'au XVIe siècle, on y déchargeait le bois destiné à la construction et au chauffage. De nombreuses familles de charpentiers y avaient élu domicile.

 

La Faculté de Médecine établit ses quartiers dans cette rue, à partir de 1472. Les maîtres qui y enseignaient étaient clercs et devaient garder le célibat mais, soumis à des tentations continuelles en raison d'une affluence de prostituées dans la rue et dans les rues avoisinantes, ils finirent par obtenir la permission de se marier!

 

Le Petit-Châtelet

 

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Le Petit-Châtelet a bien changé...

 

Il gardait jadis l'accès au Petit-Pont qui reliait l'île de la Cité aux berges de la Seine. Héritier des fortifications romaines préservant la Lutèce antique des envahisseurs, il fut construit d'abord en bois puis rebâti en pierre, vers 1130. Dévasté par une crue de la Seine, à la fin du XIIIe siècle, il fut reconstruit, en 1369, sous le règne de Charles V.

 

Il devint ensuite une prison et fut détruit en 1782 pour permettre la création de la Place du Petit-Pont.

 

Les droits d'entrée des marchandises devaient être acquittés à l'entrée, sous un profond passage voûté. Sous le règne de Saint-Louis (1214-1270), c'est à cet endroit que naquit l'expression « payer en monnaie de singe ». Si un vendeur de singe se présentait à la porte du Petit-Châtelet, il devait payer quatre deniers. S'il s'agissait d'un jongleur, il faisait danser l'animal devant l'administrateur du péage et pouvait faire entrer ses marchandises gratuitement dans la ville. Il payait donc en monnaie de singe!

 

Shakespeare and Company (37, rue de la Bûcherie)

 

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Cette célèbre librairie anglo-saxonne, se situe à proximité de la rue de la Huchette. Sa façade est tournée vers Notre-Dame de Paris.

 

Fondée en 1921 par Sylvia Beach, une américaine, elle se trouvait alors au numéro 12, rue de l'Odéon. (De 1919 à 1921, cette libraire aux goûts cosmopolites avait tenu une librairie, rue Dupuytren, dans le 6e arrondissement de Paris.) Devenue la compagne de l'éditrice et poétesse Adrienne Monnier, elle publia, malgré son aura sulfureuse, le roman Ulysse de James Joyce, en 1922.

 

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La librairie fut fermée sous l'Occupation mais en 1951, l'américain George Whitman ouvrit une nouvelle librairie dans la rue de la Bûcherie. Appelée d'abord « le Mistral », cette caverne de connaissance devint « Shakespeare and Company » après la disparition de Sylvia Beach en 1962.

 

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Sylvia Beach fut la marraine de la « Génération Perdue », un courant littéraire désignant des auteurs américains de l'Entre-deux-Guerres expatriés à Paris.

 

La poétesse, écrivaine, féministe, mécène et collectionneuse Gertrude Stein(1874-1946) leur attribua ce nom. Leurs plus illustres représentants étaient Francis Scott Fitzgerald, Ernest Hemingway, John Steinbeck ou encore John Dos Passos.

 

Cette génération au talent prolifique céda la place à la « Beat Generation », un mouvement artistique, émanation de l'esprit bohême, qui vit le jour aux Etats-Unis en 1950. Son chef de file était Jack Kerouac (1922-1969), auteur du roman manifeste Sur la route, paru en 1957. Avec Kerouac, William Burroughs (Le festin nu), Allen Ginsberg (Howl) et bien d'autres, la créativité de ce mouvement s'articula autour du mythe des grands espaces, de la spiritualité de la Nature, de la quête de la liberté et de l'exploration de mondes « parallèles », sous l'emprise ou non de substances psychoactives.

 

Shakespeare and Co, c'est une atmosphère et un décor. Devant les vitrines agréablement surannées ou le long des rangées de livres, on rencontre des tumbleweeds, voyageurs d'un genre un peu particulier. George Whitman aimait accueillir des personnes pour une ou plusieurs nuits, en échange de deux heures de travail quotidien dans la librairie et de la lecture d'un livre. Sa fille, Sylvia Whitman, a repris le flambeau en 2001. Elle poursuit cette tradition et héberge des écrivains de passage.

 

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Walt Whitman (1819-1892) était l'un des maîtres de la poésie américaine du XIXe siècle. Dans son chef-d'oeuvre intitulé Leaves of Grass (Feuilles d'herbes), il exprime une puissante sensualité, une vision poétique et intemporelle de l'Amérique, une énergie dévorante et généreuse.

 

« Je me célèbre et me chante,

Et mes prétentions seront tes tentations,

Car chaque atome qui m'appartient t'appartient aussi. »

Chant de moi-même

 

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Une élégante fontaine Wallace se dresse devant la librairie.

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Ces charmants édicules en fonte ont été conçus pour distribuer de l'eau potable à différents endroits de Paris. Nous les devons à Sir Richard Wallace (1818-1890), un philanthrope qui offrit aux parisiens une part conséquente de sa fortune, suite à la guerre de 1870. Il fit construire un hôpital pour les victimes et distribuer de la nourriture dans plusieurs rues de Paris. Il dessina lui-même les plans de ses fontaines.

 

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La rue Saint-Julien le Pauvre

 

L'Église Saint-Julien-le-Pauvre

 

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Cette église est l'une des plus anciennes de Paris. Elle se dresse à la croisée de deux importantes voies romaines.

 

En 1045, elle fut cédée par le roi Henri Ier au Chapitre de Notre-Dame. Aux alentours de 1120, elle passa sous l'obédience de l'abbaye de Longpont et jusqu'en 1524, les assemblées de l'Université s'y déroulèrent. En 1651, très dégradée, elle fut « affectée » à l'Hôtel-Dieu et subit alors de profondes transformations. Utilisée comme grenier à sel pendant la Révolution, elle fut rendue au culte en 1826. A partir de 1889, elle fut associée au rite catholique grec byzantin.

 

Comme la librairie Shakespeare and Company, elle apparaît dans plusieurs saisons de la série fantastique Highlander.

 

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Vers 1900, une iconostase ou barrière d'icônes fut créée pour séparer le choeur (où se déroulent les mystères) de la nef. On utilisa pour la circonstance des essences de bois précieux: de l'olivier, du figuier, du chêne, de l'abricotier, du palissandre et du bois de rose.

 

L'iconostase remplaça le choeur du XIIIe siècle, soutenu par des piliers aux chapiteaux sculptés de feuilles d'acanthe, de flore aquatique et de masques féminins.

 

Une « légende noire », rapportée par J-K Huysmans, est associée à la présence d'un tombeau, celui de Julien de Ravalet et de sa soeur Marguerite. Amants incestueux, issus d'une lignée de criminels, ils furent exécutés, le 2 décembre 1603, en Place de Grève et leurs têtes furent conservées dans l'église Saint-Julien.

 

En sortant de l'église, nous admirons, au 14, rue Saint-Julien le Pauvre, un magnifique portail, celui de l'Hôtel de Laffemas.

 

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Isaac de Laffemas (1583-1657) était lieutenant civil de la Prévôté de Paris, avocat, maître des requêtes et conseiller au Parlement de Bordeaux.

 

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Dans le fronton trône Thémis, la déesse de la Justice, tenant la balance de l'Équité. Elle est accompagnée d'un gracieux angelot.

 

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Vue du portail depuis le Square Viviani.

 

Le Square Viviani-Montebello

 

Dans ce square, créé en 1928, s'épanouit le « plus vieil arbre de Paris »: un robinier faux acacia, originaire d'Amérique du Nord, planté en 1602 par Jean Robin (1550-1629), le directeur du Jardin des Apothicaires. (Voir à ce propos mon article sur les Arbres de Paris.)

 

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Derrière le vieux robinier, on aperçoit le chevet de l'église Saint-Julien le Pauvre.

 

Une fontaine en bronze réalisée par le sculpteur Georges Jeanclos (1933-1997) s'élève à l'entrée du square.

 

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Des ornements archéologiques.

 

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A l'ombre du géant feuillu qui habite le square, nous contemplons Notre-Dame, vigie de pierre et de verre dominant la Seine. Indissociable de l'histoire de Paris, elle nous rapproche du sacré d'un seul regard. Nous tournerons bientôt les pages de son Livre Millénaire...

 

Bibliographie

 

Jacques-Antoine DULAURE: Histoire de Paris. Paris: Gabriel Roux, 1853.

 

Félix et Louis LAZARE: Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments. Éditions Maisonneuve&Larose, 1855.

 

Henri SAUVAL: Histoire et recherches des antiquités de la ville de Paris.Paris, 1724. 3 volumes in-8°.

 

Héron de VILLEFOSSE: Histoire de Paris. Grasset, coll. « Livre de Poche », 1995.

 

 

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #caillou, #cler, #paris, #rue, #saint

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Je vous invite à découvrir, dans le 7e arrondissement de Paris, la rue Cler, semi-piétonne, charmante et chargée d'histoire. Insérée dans ce qu'on appelait autrefois « le bourg du Gros-Caillou », elle est bordée, sur sa moitié, par des commerces et des restaurants et rencontre la rue du Champ-de-Mars, la rue Saint-Dominique et la rue de Grenelle. Elle s'achève, vers le sud, au niveau de l'avenue de la Motte-Picquet.

 

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Ancienne « rue Neuve-de-l'Église » puis « rue de l'Église », la rue Cler changea de nom en 1864, pour rendre hommage au Général Jean Joseph Gustave Cler (1814-1859), vainqueur de l'Alma et tué à la bataille de Magenta.

 

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Le Général Cler

 

Le Bourg du Gros-Caillou

Ce quartier fort agréable, à la fois populaire et huppé, se situe à l'ouest du 7e arrondissement. Une de ses originalités est d'avoir conservé, à différents endroits, l'apparence d'un village du XVIIIe siècle. Plusieurs rues ont gardé leur nom et leur tracé d'avant la Révolution et leur ancien pavement a été préservé.

 

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La partie piétonne de la rue Cler, un samedi à la fin du marché.

 

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La partie ouverte aux voitures, qui conduit à la rue Saint-Dominique
et à l'église Saint-Pierre-du-Gros-Caillou.

 

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La rue Cler vers 1900

 

Jusqu'au milieu du XVIIe siècle, une « garenne verdoyante » (garanella: grenelle) s'étendait à l'emplacement du quartier actuel. Elle était couverte de vignes et de prés, de vergers et de potagers. On y chassait la caille et le lièvre.

 

L'abbaye de Saint-Germain-des-Prés et l'abbaye de Sainte-Geneviève se partageaient la jouissance de cet espace luxuriant. La rue de Grenelle était appelée le « grand chemin des Vaches » et la rue Saint-Dominique, « rue aux Vaches » car les vaches du Faubourg Saint-Germain la remontaient pour aller paître dans le Pré aux Clercs.

 

L'église Saint-Pierre-du-Gros-Caillou se dresse au croisement des rues Cler et Saint-Dominique près de l'endroit où jadis, un gros caillou marquait la limite entre les terres des deux abbayes.

 

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Cette église, conçue par l'architecte néo-classique Étienne-Hippolyte Godde (1781-1869), prend la forme d'une basilique romaine. Elle est précédée d'un péristyle dorique. Dans le fronton, une inscription latine fait référence à l'apôtre Pierre et à la pierre de bornage.

 

Ce « Gros-Caillou » était un énorme bloc alluvial qui servait de point de repère dans le paysage et délimitait la frontière entre les abbayes établies sur la plaine de Grenelle. D'après le géographe Charles Pomerol, le caillou aurait été détruit, avec des explosifs, en 1738 mais le nom de l'église a perpétué son souvenir.

 

De nombreux artisans s'établirent dans le quartier lorsque Louis XIV décida la construction de l'Hôtel des Invalides pour y loger les vétérans de l'armée. Des lavandières affluèrent pour blanchir le linge des anciens soldats. Elles exerçaient leur activité dans des blanchisseries flottantes, les bateaux-lavoirs. Sous l'impulsion des habitants du bourg, une église fut édifiée à partir de 1738, à l'extrémité de la rue Cler mais le bâtiment devint rapidement trop petit. L'édifice actuel fut construit, en majeure partie, entre 1822 et 1829.

 

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Le bourg connut donc un formidable essor grâce à la proximité des Invalides. Entre 1786 et 1858, une pompe à feu monumentale,créée par les frères Périer, alimenta en eau le quartier du Gros-Caillou, l'École Militaire, les Invalides et le faubourg Saint-Germain.

 

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A la fin du XVIIIe siècle, les « pompes à feu » remplacèrent les « pompes hydrauliques », du type de celle de la Samaritaine (mise en service sur le Pont-Neuf en 1608 à l'initiative d'Henri IV et du duc de Sully).

 

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Vue de la « pompe à feu de Chaillot », prise depuis le Gros-Caillou. Le dessin est de Jean-Baptiste Lallemand. Source: Gallica.bnf.fr/Bibliothèque nationale de France.

 

La première pompe à feu fut installée à Chaillot, sur la rive droite, en 1781. En 1788, la pompe du Gros-Caillou fut mise en place sur la rive gauche (Quai d'Orsay).

 

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La tour que l'on aperçoit mesurait 35 mètres de hauteur. Elle contenait un réservoir géant et desservait les différents quartiers grâce à d'imposantes machines à vapeur, fabriquées en Angleterre. Elle fut abandonnée en 1851.

 

Le port du Gros-Caillou fut aménagé pour transporter les matériaux nécessaires à la construction des Invalides. Il ne cessa de se développer, de la fin du XVIIIe siècle au milieu du XIXe siècle. Anecdote intéressante, une école de natation fut créée, dans le port, en 1822. La première école de natation fut fondée à Paris, en 1785, par le sieur Turquin, l'inventeur des Bains Chinois (des cabinets de bains réputés hygiéniques) et le créateur de la première piscine (Piscine Deligny), en 1801, le long des berges du Quai d'Orsay.

 

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En 1810, une manufacture de tabac fut implantée sur une vaste parcelle de terrain située dans la partie nord du bourg. Cette gravure, qui provient du site de la BNF, est de Joris Minne d'après une illustration de A. Jahandier.

 

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Manufacture des Tabacs, 1905. Photographie de Jean-Eugène Durand, trouvée sur le site culture.gouv.fr.

 

Là où la rue Cler rencontre la rue de Grenelle, au numéro 23, s'élève un beau bâtiment, construit en 1911 et occupé aujourd'hui par le Café Roussillon. J'ai eu beau chercher, je n'ai pas trouvé le nom de l'architecte.

 

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Le décor forme, autour des fenêtres, une peau luxuriante, composée d'ombellifères soutenues par des figures de femmes et d'enfants.

 

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Les tiges drues et les fleurs délicates dessinent une rêveuse broderie.

 

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Les fleurs soulignent les courbes de l'architecture, épousent les lignes structurelles. Dans la lumière se dévoile une forêt enchantée.

 

Le motif des ombellifères est récurrent dans l'Art Nouveau mais on le rencontre plus souvent sur les vases et les ouvrages de marqueterie que dans l'architecture.

 

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Aquarelle « Ombellifères » de l'atelier d'Émile Gallé, trouvée sur le site du Musée d'Orsay.

 

 

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La porte d'entrée est décorée d'un magnifique motif
en fer forgé qui reprend le thème de l'ombelle.

 

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Après cette halte poétique, il suffit de traverser la rue de Grenelle pour s'engager dans la partie piétonne de la rue Cler.

 

Un florilège de boutiques

 

Je tiens à préciser que je ne suis « sponsorisée » par aucune marque. De nombreux commerces de la rue Cler appartiennent à « l'histoire gourmande » de Paris, aussi ai-je jugé intéressant de leur consacrer une petite étude. Les boutiques plus récentes ne sont pas moins intéressantes car plusieurs d'entre elles proposent des produits naturels qui répondent à une exigence de qualité.

 

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Dans ce temple consacré aux produits de la ruche, les gourmands trouveront sûrement leur bonheur. Gelée royale, miels, propolis, cires, élixirs, produits de soins et de bien-être, l'éventail des saveurs est particulièrement étendu.

 

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Cette « maison de chocolat » fut fondée en 1761, au numéro 35 de la rue du Faubourg-Montmartre, par Pierre-Jean Bernard, un jeune épicier.

 

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En 1791, son beau-fils, Jean-Marie Bridault, héritier d'une importante famille d'épiciers de la rue Saint-Antoine, lui succéda.

 

A partir de 1807, Marie Adélaïde Bridault, surnommée « la Mère de Famille », fit connaître un âge d'or à la boutique. Grâce à elle, la renommée de l'établissement ne cessa de grandir au-delà du faubourg.

 

Le célèbre critique gastronomique Alexandre Grimod de la Reynière loua ses vertus dans son Almanach des Gourmands. Cette publicité enflammée fit affluer les clients.

 

Au milieu du XIXe siècle, les confiseries se multiplièrent, avec l'essor croissant du sucre de betterave.

 

A partir de 1895, Georges Lecoeur, le nouveau propriétaire, modernisa la boutique (installation du téléphone, édition de brochures de luxe, distribution de publicités...). Dans le contexte virevoltant de la Belle-Époque, « A la Mère de Famille » devint une véritable institution, plébiscitée entre autres par les danseuses des Folies Bergère!

 

En 1906, à l'Exposition Culinaire Universelle de Paris, les délicates confitures, les chocolats surfins et les bonbons aux fleurs obtinrent un franc succès.

 

Tout au long du XXe siècle, les héritiers directs ou spirituels de la famille Bridault et de Georges Lecoeur ont pris soin de proposer aux gourmands une gamme étendue de produits. Après la première guerre mondiale, Régis Dreux et, à partir des années 1950, Suzanne Bretonneau ont marqué les lieux de leur empreinte. Entre 1985 et aujourd'hui, des grands noms de l'art chocolatier et des connaisseurs émérites se sont succédés aux commandes de l'établissement: Serge Neveu, la famille Dolfi et le créateur Julien Merceron.

 

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L'amour en cage: une dentelle voluptueuse et chic
qui laisse entrevoir une perle rouge comme la passion...

 

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Des boîtes à trésors...

 

Plusieurs boutiques perpétuent, aux quatre coins de Paris, le savoir-faire initial de la maison mère. Ne manquez surtout pas de les visiter, à commencer par la boutique du Faubourg-Montmartre, au charme suranné. En 1984, sa superbe devanture verte, rehaussée de lettres d'or, fut inscrite à l'Inventaire des Monuments Historiques. A l'intérieur, sur des comptoirs en bois patiné, se dévoilent chocolats variés, calissons, caramels, guimauves, berlingots, nougats, fruits confits, marrons glacés, florentins, bêtises de Cambrai... Comment y résister?

 

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Ces « divines gourmandises » ont inspiré un très beau livre de recettes. Afin d'en connaître les détails, je vous invite à consulter cet article, sur le blog Grelinette et Cassolettes. Je voudrais en profiter pour saluer Isa-Marie qui m'a donné envie d'écrire au sujet de la rue Cler et de ses délices.

 

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Une superbe vitrine aux couleurs de la Saint-Valentin.

 

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Dans un cadre sobre et élégant, les roses éclatent en bulles de couleur
parmi le zinc patiné et le bois brun.

 

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Les roses et les orchidées sont les reines des lieux. On y découvre aussi des gourmandises à base de rose: pétales cristallisés, liqueurs, pâtes de fleurs, confitures, gelées...

 

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La charcuterie Davoli est installée dans la rue Cler depuis 1962. L'histoire de cette trattoria renommée a commencé en 1905. Vous y trouverez, entre autres, des jambons au charme « graphique » indéniable, un délicieux vinaigre balsamique, du riz Carnaroli idéal pour réussir de succulents risottos, des pâtes fraîches et un savoureux pain d'épices.

 

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Depuis 1937, Jeusselin est l'un des meilleurs charcutiers-traiteurs de Paris, plébiscité pour ses succulents foies gras. Il a reçu plusieurs fois la Médaille d'Or.

 

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Le fromager affineur Cantin, une tradition de « merveilles » crémeuses et millésimées...

 

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Le repaire de Bacchuset ses divins élixirs...

 

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Depuis 1954, les glaces Berthillon ont fait la réputation d'une famille, sise en l'île Saint-Louis, et régalé une infinité de papilles... Dans cette avenante boutique de la rive gauche, tout concorde à l'émulsion des saveurs.

 

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Amorino, une qualité qui se fonde, depuis 2002, sur des ingrédients biologiques et des méthodes de fabrication les plus naturelles possibles. Le petit Cupidon de l'enseigne nous promet d'inénarrables plaisirs...

 

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Après les plaisirs culinaires, les gourmandises littéraires...

 

Le Passage de la Vierge

 

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Cet endroit, qui ne paye pas de mine, se révèle, à bien des égards, fort intéressant. Il commence, au numéro 54 de la rue Cler et se termine au numéro 75 de l'avenue Bosquet.

 

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Il aboutissait autrefois dans la rue de la Vierge et permettait de rejoindre la Chapelle de la Vierge, édifiée en 1737, là où se dresse aujourd'hui l'église Saint-Pierre du Gros-Caillou.

 

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La chapelle fut inaugurée le 11 août 1738, sous le vocable de « Notre-Dame de Bonne Délivrance ». De nombreuses dévotions à Marie se déroulaient dans l'ensemble du bourg et à travers le passage.

 

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Jusque dans les années 1970, on trouvait au numéro 6 un établissement de bains publics. On y dispense aujourd'hui des cours de yoga.

 

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Un petit air de campagne dans Paris avec cette intéressante maison de famille.

 

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Au numéro 5, une enseigne représente une clef, l'emblème de Saint-Pierre mais aussi du dieu Janus, le dieu romain au double visage, qui a le pouvoir d'ouvrir et de fermer les portes de l'année.

 

Symbole de connaissance, gardienne des trésors et des secrets, la clef représente, dans l'héraldique, la confiance et la fidélité.

 

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Au milieu du passage, une vierge semble régner sur un mystérieux capharnaüm, à côté d'un tableau que j'ai toujours beaucoup aimé: l'Angélus de Jean-François Millet (1814-1875).

 

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J'ai reconnu cette oeuvre avec émotion...

 

Cette huile sur toile, peinte entre 1857 et 1859, nous émeut par sa force et sa simplicité. Un homme et une femme, dont les silhouettes se découpent sur une plaine immense, ont laissé leurs outils agricoles et leur récolte de pommes de terre pour réciter l'angélus (une prière qui rappelle la salutation de l'Ange à la Vierge pendant l'Annonciation).

 

Au-delà d'une oeuvre religieuse, c'est un hommage au monde paysan, à ses codes et à ses rythmes, que nous offre Millet. L'ombre et la lumière fusionnent dans une douce alchimie qui s'ancre autour du thème du recueillement.

 

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L'entrée du passage, du côté de l'avenue Bosquet.

 

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Notre-Dame de Bonne Délivrance veille sur le bourg du Gros-Caillou...

 

J'espère vous avoir donné envie de vous promener dans la rue Cler, à la rencontre de son passé et d'explorer son patrimoine culinaire. Au carrefour de l'histoire et de la bonne chère, le quartier du Gros-Caillou regorge de possibilités. Je ne manquerai pas de les étudier, au fil du temps. Mais en attendant, les personnes intéressées pourront lire ici mon article consacré à la Fontaine de Mars, dans la rue Saint-Dominique, toute proche.

 

Excellente « dégustation »!

 

Bibliographie

 

Antoine-Nicolas BÉRAUD et Pierre-Joseph-Spiridion DUFEY: Dictionnaire historique de Paris.Paris: J.-N. Barba, 1828.

 

Jacques-Antoine DULAURE: Histoire physique, civile et morale de Paris. 1839.

 

Pierre-Thomas NICOLAS et Magny HURTAUT: Dictionnaire historique de la ville de Paris et de ses environs. 1779.

Charles POMEROL: Histoire géologique de Paris à travers les noms de rues. Paris: Masson, 1979.

 

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