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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #academie, #arts, #fut, #paris, #pont

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Ce remarquable ouvrage, tout en courbes et en légèreté, enjambe la Seine entre le Louvre et l'Institut de France, dont la coupole dorée s'élance vers les nuages.

 

La Passerelle des Arts

Le 15 mars 1801, la construction de cette audacieuse passerelle, premier pont métallique national, fut décidée par un décret de Bonaparte.

 

Le 28 avril 1801, le projet fut présenté, au Conseil des Ponts et Chaussées, par l'ingénieur Louis-Alexandre de Cessart (1717-1806).

 

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Le 25 juillet 1802, par un arrêté consulaire, la Compagnie des Trois-Ponts, gestionnaire du chantier, reçut l'ordre d'utiliser la fonte, un nouveau matériau plébiscité par l'industrie anglaise. L'ingénieur Jacques Vincent Lacroix de Dillon (1760-1807) réalisa une oeuvre résolument moderne entre le Pont-Neuf et le Pont-Royal.

 

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Neuf arches en fonte soutenaient une plate-forme horizontale réservée aux piétons. Dès son inauguration, le 23 septembre 1803, la Passerelle des Arts devint une promenade à la mode. Le visiteur s'acquittait d'un droit de péage et découvrait le pont, conçu comme un jardin suspendu au-dessus des flots. Des bouquets parfumés, des arbustes verts, des plantes exotiques et des orangers en pots étaient répartis de part et d'autre des balustrades.

 

Les amoureux et les passants pouvaient jouir de la plaisante atmosphère des lieux, grâce aux bancs, aux échoppes et aux bateleurs qui s'y trouvaient. Un glacier y avait établi ses quartiers. Au fil de la nuit, les rencontres et les discussions s'étiraient, dans un ballet de lanternes...

 

Il faut toutefois préciser qu'on pouvait éviter de payer « un sou » et passer par le Pont-Neuf.

 

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Le Premier Consul Bonaparte, par Jean-Auguste-Dominique Ingres, 1803.

 

Malgré les inquiétudes énoncées par les célèbres architectes Percier et Fontaine, Bonaparte imposa le choix d'un pont métallique mais il regretta ensuite l'absence de monumentalité de l'ouvrage et craignit pour sa solidité.

 

De la Passerelle au Pont des Arts

Après les ponts de Coalbrookdale et de Sunderdale en Angleterre, la Passerelle des Arts apparut comme un symbole de progrès industriel et de modernité. Elle unissait avec élégance les deux rives du fleuve et desservait le Port Saint-Nicolas.

 

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Vue du Quai du Louvre et Port Saint-Nicolas au XVIIIe siècle, par J.-B. Lallemand (Gallica).

 

Le Port Saint-Nicolas se situait en aval de l'île de la Cité, alors que la plupart des ports de Paris se trouvaient en amont. La raison en était simple, les piles des ponts constituaient des obstacles dangereux pour le passage des bateaux. Le port recevait des denrées alimentaires et le foin destiné aux chevaux de la cavalerie royale. Il reliait la capitale à la ville de Rouen et fut en activité jusqu'en 1905.

 

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Vue du quai Saint-Nicolas au pied de la Grande Galerie du Louvre, vers 1750, par Jean-Baptiste-Nicolas Raguenet (1715-1793).

 

A partir de 1942, les vestiges du port furent aménagés en une agréable promenade qui offrait une vue imprenable sur la Passerelle des Arts. Mais « la dame de fonte » subit des bombardements qui la fragilisèrent et trois accidents fluviaux majeurs, en 1961, en 1973 et en 1979.

 

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(Cette photographie appartient à la collection de Léonard Pitt,
auteur de Promenades dans le Paris disparu.)

 

Elle avait déjà perdu une arche, en 1852, lors de l'élargissement du Quai de Conti, mais après la collision d'une barge avec une de ses piles, en 1979, elle s'effondra sur près de soixante mètres. Détruite en 1981, elle fut remplacée, entre 1982 et 1984, par une copie en acier. L'architecte urbaniste Louis Gerald Arretche (1905-1991) réalisa la nouvelle passerelle, d'une longueur de 155 mètres, composée de sept arches symétriques en acier, élargies pour favoriser le passage des péniches et des bateaux mouches.

 

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Les passes navigables se situent dans l'alignement de celles du Pont-Neuf.

 

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Alors que le plancher du pont en azobé ou bois de fer, un bois d'Afrique imputrescible, résonne sous les pas, la Galerie du bord de l'eau révèle sa sublime scénographie.

 

Cette Grande Galerie fut construite, entre 1595 et 1610, sous le règne d'Henri IV, par Louis Métezeau (1560-1615) du côté est, et Jacques II Androuet du Cerceau (1550-1614) du côté ouest. Coupant l'enceinte de Charles V, elle permettait au roi d'accéder aux Tuileries depuis ses appartements du Louvre et se terminait par le Pavillon de Flore.

 

Le Cardinal de Richelieu y fit installer l'Imprimerie et la Monnaie Royale des Médailles, en 1640, mais elle accueillit surtout, jusqu'en 1806, des boutiques, des logements et des ateliers d'artistes.

 

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De 1697 à 1777, les plans-reliefs ou maquettes des villes fortifiées
du royaume y furent exposés.

 

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La Grande Galerie par Hubert Robert, vers 1789.

 

Le 10 août 1793, le Louvre devint le Muséum central des Arts. Il fut appelé Musée Napoléon en 1803 et plus communément « Palais des Arts » sous le Premier Empire.

 

Entre 1861 et 1870, la partie occidentale de la galerie fut démolie puis reconstruite par Hector Lefuel (1810-1880) dans un style imitant celui de Louis Métezeau mais le bâtiment fut élargi pour accueillir la collection de carrosses et de voitures de Napoléon III, favoriser l'installation des appartements d'honneur et la création d'une salle pour la réunion des États.

 

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Les pilastres, les guirlandes, les frontons et les fenêtres qui rythment la façade ont été recréés, dans un style composite, 250 ans après la mise en oeuvre du « Grand Dessein » d'Henri IV.

 

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En tournant le dos à ce décor magnifique, il suffit d'emprunter le Pont des Arts pour rejoindre l'Institut de France sur la rive gauche, Quai de Conti.

 

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La fondation de ce monument « vénérable » appelé Collège Mazarin ou Collège des Quatre-Nations fut réclamée par Mazarin, dans son testament, en 1661, et financée par un legs de quatre millions de livres.

 

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A partir de 1663, l'architecte Louis le Vau (1612-1670) déploya, en bordure de Seine, une somptueuse façade courbe flanquée de deux pavillons décorés de pots-à-feu.

 

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Le bâtiment était destiné à accueillir soixante gentilshommes originaires des quatre provinces récemment annexées à la France, soit l'Alsace, l'Artois, le Roussillon et le Comté de Pignerol en Italie.

 

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La Galerie du bord de l'eau, le Pont-Neuf et le Collège Mazarin en 1689,
par Sébastien Leclerc. (Gallica).

 

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En 1670, François d'Orbay (1634-1697) succéda à Le Vau. Il conçut le célèbre dôme circulaire couronné par une élégante lanterne.

 

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En 1805, Napoléon y transféra l'Institut de France et ses cinq académies, dont la plus célèbre demeure l'Académie Française. La coupole, intérieurement de forme elliptique, abrite la salle où se réunissent les Sages.

 

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Les cinq académies sont l'Académie Française, l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, l'Académie des Sciences, l'Académie des Beaux-Arts et l'Académie des Sciences Morales et Politiques.

 

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L'Institut abrite l'extraordinaire Bibliothèque Mazarine et, sous le dôme, la chapelle où trône le Tombeau de Mazarin, sculpté par Antoine Coysevox (1640-1720), Étienne le Hongre (1628-1690) et Jean-Baptiste Tuby (1635-1700).

 

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Le charmant angelot tient les armes du Cardinal: le faisceau de licteur d'or lié d'argent et la hache, sans oublier les trois étoiles d'or qui ornent les reliures des ouvrages de la bibliothèque.

 

Avant la construction du Collège Mazarin, la tour de Nesle s'élevait à l'emplacement de l'actuelle aile est.

 

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Cette célèbre tour formait l'extrémité de l'enceinte de Philippe-Auguste et marquait l'entrée de Paris pour les bateliers qui remontaient la Seine. Dans l'obscurité, une lanterne, la première de « Lutèce », se balançait au bout d'une potence suspendue tout au sommet.

 

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Sur cette gravure d'Israël Silvestre, on aperçoit la porte et la tour de Nesle au XVIIe siècle. A gauche, se dresse l'Hôtel de Nevers sur lequel fut édifié l'Hôtel des Monnaies. (La gravure vient du site du Musée Carnavalet.)

 

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Sur celle-ci, la tour fait face à la Galerie du bord de l'eau.

 

En 1832, dans la pièce intitulée La Tour de Nesle, Alexandre Dumas Père ressuscita le personnage de Marguerite de Bourgogne, la « reine sanglante », emprisonnée pour avoir tué ses amants après des nuits passionnées. Le spectre de cette princesse capétienne, belle-fille de Philippe le Bel, fait revivre les « légendes noires » de Paris...

 

Mais il est temps de revenir vers le pont des Arts car je voudrais évoquer ce qui est devenu un véritable « phénomène » urbain:

 

Les cadenas d'amour

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Que font là tous ces cadenas? Y aurait-il une porte secrète, invisible et truffée de serrures à l'arrière de la balustrade? Le regard aimanté par ces morceaux de métal, je m'approche...

 

Il semblerait que, depuis l'année 2008, les amoureux de passage aient commencé à accrocher des « cadenas d'amour » ou « lovelocks » aux rambardes du pont. Ils gravent ou marquent au feutre leurs initiales et jettent les clefs dans la Seine ou les dissimulent dans Paris. Cette tradition pourrait être une émanation moderne de rites d'amour médiévaux qui utilisaient des serrures et des clefs.

 

De mystérieuses disparitions

 

La majorité des cadenas a été retirée, dans la nuit du 11 au 12 mai 2010, mais les services municipaux de Paris ont toujours démenti en être responsables et le mystère n'a pas encore été résolu.

 

En juillet 2011, ce sont des pans entiers du grillage qui ont disparu sans attirer l'attention. La municipalité a dû installer de grandes planches de contreplaqué en attendant de fixer de nouveaux parapets ajourés.

 

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Un cadenas à l'effigie de Ganesha, le dieu hindou de la sagesse, de l'intelligence,
de l'illumination, de la richesse ou encore du succès...

 

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A côté de ce cadenas ouvragé, on aperçoit des liens de tissu jaune. D'après certaines sources, ils font référence à une tradition en vigueur pendant la première Guerre du Golfe. Les femmes attachaient un morceau de tissu jaune aux grilles d'une fenêtre ou d'un portail en attendant le retour de l'être aimé.

 

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Cette tradition se répète sur le Pont de l'Archevêché, près de Notre-Dame et sur la Passerelle Léopold Sédar Senghor, face au Musée d'Orsay. J'en ai également photographié sur le Pont Alexandre III.

 

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On rencontre, dans cette forêt métallique, des morceaux de plastique noués et des feuilles de papier roulé, attachées à des cordelettes ou à des rubans colorés. Certains cadenas sont couverts de messages d'amour et d'amitié.

 

D'après certains chroniqueurs, cette « pratique rituelle » serait apparue dans les années 1980 en Europe de l'Est et se serait propagée dans le reste de l'Europe au début du nouveau millénaire. D'autres font référence à un roman italien, J'ai envie de toi de Federico Moccia. Le couple de héros accroche un cadenas marqué de leurs noms (luchetti d'amore) sur un lampadaire du Ponte Milvio, près de Rome, avant de lancer la clef dans le Tibre.

 

La vogue des « cadenas d'amour » ne cesse de s'étendre, sur le Ponte Vecchio à Florence, à Venise, à Vérone, à Moscou sur les rambardes du Pont Luzhkov...

 

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Au-dessus de l'eau, élément matriciel, les serments se figent et la quête de l'amour éternel se pare de superstition. Les clefs vont rejoindre les profondeurs de l'eau, se mêler à la mort et aux ombres aquatiques, là où le temps suspend sa respiration...

 

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Depuis le Pont des Arts, combien de serments et de clefs ont-ils déjà plongé dans le fleuve?

 

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Une vision des lieux par Edward Hopper, peintre « réaliste » américain, en 1907.

 

Grâce à ses balustrades ajourées, le Pont des Arts offre une vue exceptionnelle sur la Seine et sert fréquemment de galerie d'exposition à ciel ouvert. Sa silhouette unique séduit le cinéma français et international, inspire les amoureux, les poètes, les peintres, les parfumeurs... Il permet de contempler la magnificence des quais, le Louvre et l'Institut de France et des monuments emblématiques de Paris comme la « tour clocher de l'église Saint-Germain l'Auxerrois. »

 

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Il s'agit en réalité du beffroi néo-gothique de la Mairie du premier arrondissement, attenante à l'église. Ce beffroi, édifié en 1860 par Théodore Ballu, est doté d'un magnifique carillon.

 

Que vous soyez d'humeur romantique ou dilettante, épris de rêverie ou juste de passage, ne manquez pas, si l'occasion se présente, d'apprécier l'atmosphère si « spéciale » qui émane de ce pont, entre deux mondes et à la croisée de mille sensibilités...

 

Comme une île perdue
dans un grand cimetière
où tremblent suspendus
des soleils éphémères
               -----
Comme un rêve blessé
qui refuse l'enfer
et se met à danser
dans le sang de l'hiver
               -----
Les bateaux creusent l'onde
en liens imaginaires
sous les berges profondes
aux âmes nourricières
               -----
Je les sens chuchoter
sur le pont des mystères
où nos coeurs mélangés
dévorent la lumière...

Cendrine

Pont des Arts, 27 février 2012...

 

Une chanson ?

 

 

 

Sources et Bibliographie

 

Charles DUPLOMB: Histoire générale des ponts de Paris. 1911.

 

Théophile LAVALLÉE: Histoire de Paris: depuis le temps des Gaulois jusqu'en 1850.Hetzel, 1852.

 

Aubin L. MILLIN: Dictionnaire des beaux-arts. 1838.

 

Gustave PESSARD: Nouveau dictionnaire historique de Paris.Lejay, 1904.

 

L M TISSERAND: Topographie historique du Vieux Paris. Imprimerie impériale, 1866.

 

Émission « Sur le Pont des Arts » de Marianne Durand-Lacaze.

 

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #fut, #louis, #mai, #paris, #place

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Ce lieu emblématique de l'histoire de Paris révèle, entre le jardin des Tuileries, les Champs-Élysées,le pont de la Concorde et la rue Royale, sa grandiose scénographie.

 

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Au fil des saisons, cette place octogonale qui abrite le célèbre obélisque de Louqsor se pare de sublimes couleurs. A des moments privilégiés, on savoure à loisir les jeux d'eau des fontaines et les variations de la lumière sur le métal et la pierre.

 

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La place de la Concorde a changé de nom plusieurs fois. Jusqu'au milieu du XVIIIe siècle, l'« esplanade du Pont-Tournant » était une fondrière, peuplée de malandrins et de filles de joie.

 

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La place peinte par Alexandre-Jean Noël (1752-1834).

 

Entre 1754 et 1772, la place Louis XV fut édifiée sur les plans de l'architecte Ange-Jacques Gabriel (1698-1782). Elle devait accueillir la statue équestre du roi qui avait recouvré la santé, après une grave maladie.

 

Là où se dresse aujourd'hui l'obélisque, trônait l'effigie royale, réalisée par Edme Bouchardon (1698-1762). Elle reposait sur un piédestal aux angles duquel s'élevaient quatre allégories (la Paix, la Prudence, la Force et la Justice) sculptées par Jean-Baptiste Pigalle (1714-1785).

 

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La statue fut renversée en 1792 et la place Louis XV, devenue place de la Révolution, accueillit, jusqu'en 1800, la Liberté de François Lemot (1772-1827), une représentation en plâtre colossale, recouverte d'un enduit couleur bronze.

 

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La déesse Liberté, vêtue d'un drapé à la romaine et coiffée d'un bonnet phrygien, était assise, la lance à la main, sur le piédestal de la statue de Louis XV. Le globe qu'elle soutenait de la main droite abritait un nid de tourterelles.

 

La place devint place de la Concorde en 1795, par décret de la Convention. Elle redevint place Louis XV en 1814, fut rebaptisée place Louis XVI en 1826 et place Louis XV en 1828. Elle reprit en 1830 son nom de place de la Concorde!

 

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Quand on contemple ce remarquable décor, on imagine avec difficultés les évènements macabres qui ont émaillé l'histoire des lieux.

 

Le 30 mai 1770, à l'occasion du feu d'artifice tiré en l'honneur du mariage du Dauphin (Louis XVI), il se produisit dans la foule un mouvement de panique qui coûta la vie à 133 personnes et plus de trois cents blessés périrent dans les jours qui suivirent. Le sentiment d'effroi qui s'empara des parisiens engendra des histoires de spectres et de malédictions.

 

La sinistre guillotine fut transportée de la place du Carrousel à la place de la Révolution pour l'exécution de Louis XVI, le 21 janvier 1793. Dressée entre la statue de la Liberté et l'entrée des Champs-Élysées, elle ôta la vie à 1119 personnes. L'odeur de sang était paraît-il si forte que les animaux se cabraient à son approche...

 

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L'exécution du roi.

 

Au nord, la place est bordée par deux majestueux hôtels-jumeaux, dotés de colonnades corinthiennes, qui dessinent un décor de théâtre. Érigés de 1763 à 1772 sur des dessins de Gabriel, ils s'inspiraient de la colonnade du Louvre de Claude Perrault et devaient accueillir des logements pour les ambassadeurs.

 

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En 1788, le comte François Félix de Crillon fit l'acquisition de l'Hôtel d'Aumont, situé à gauche sur l'image. Le bâtiment, construit par l'architecte Louis-François Trouard(1729-1794), fut transformé en hôtel de luxe au début du XXe siècle.

 

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La façade fut classée monument historique en 1900.

 

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Chaque fronton est orné de trophées et d'allégories d'une grande finesse. La Ville personnifiée est entourée par les génies de l'abondance.

 

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L'actuel Hôtel de la Marine fut primitivement affecté au Garde-Meuble de la Couronne. Entre Pâques et la Toussaint, ses galeries, aménagées par le savant Pierre-Élisabeth de Fontanieu étaient ouvertes au public tous les premiers mardis du mois.

 

Le premier Valet de Chambre de Louis XVI, Thierry de Ville-d'Avray, y fit aménager un appartement pour Marie-Antoinette lors de ses séjours à Paris. En 1789, il accueillit le Secrétaire d'État à la Marine.

 

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En septembre 1792, des voleurs y dérobèrent les diamants de la Couronne, dont le célèbre « Régent » qui fut retrouvé, avenue Montaigne, sous un tas de gravats...

 

Sous l'Empire, un télégraphe Chappe fut établi sur le toit de l'hôtel, pour remplacer celui qui se dressait sur la tour de l'Horloge du Vieux-Louvre.

 

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Ce télégraphe optique par sémaphore, placé sur une tour, fut élaboré par Claude Chappe en 1794.

 

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L'architecte Jacques-Ignace Hittorff (1792-1867) élabora le décor actuel de la place qui, ne l'oublions pas, dessine un octogone.

 

Entre 1836 et 1840, sous le règne de Louis-Philippe, furent aménagés huit petits pavillons d'angle surmontés de statues monumentales assises.

 

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Huit statues symbolisent les principales villes de France.

 

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En 1772, la place était bordée par de larges fossés, entourés par une balustrade et chevauchés par six ponts de pierre. Aux huit angles se dressait un petit pavillon abritant l'escalier qui conduisait aux parterres de verdure et de fleurs, aménagés dans les fossés. Chaque pavillon devait accueillir un groupe allégorique, symbolisant les vertus de Louis XV: Jupiter et la Clémence, Apollon et la Poésie, Minerve et l'Étude, Mercure et la Richesse, Cérès et le Travail, Hercule et la Modération, Mars et la Justice, Neptune et la Fortune.

 

A leur emplacement trônent de puissantes dames de pierre.

 

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Brest, par Jean-Pierre Cortot, la tête ceinte d'une couronne de laurier, assise sur un canon.

 

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Rouen, par Jean-Pierre Cortot, assise sur des ballots de marchandises, la tête couronnée de feuilles de pommier.

 

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Sa main droite repose sur un écusson aux armes de la ville.

 

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Elle tient le caducée du commerce, emblème du dieu Mercure.

 

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Nantes, par Louis-Denis Caillouette. Assise sur un navire, elle tient un caducée dans la main droite et présente un écusson de la main gauche.

 

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Bordeaux, par Louis-Denis Caillouette. La tête ceinte de feuilles de vigne et de grappes de raisin, elle tient une corne d'abondance.

 

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Marseille, par Louis Petitot. Assise sur un navire, la tête couronnée d'olives et d'épis de blé, elle tient une branche d'olivier dans la main droite et un aviron dans la main gauche.

 

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Lyon, par Louis Petitot. Assise sur un rocher entouré de roseaux, elle appuie son bras droit sur une corbeille remplie d'écheveaux de soie et tient un caducée dans la main gauche. De part et d'autre, les eaux fécondes du Rhône et de la Saône s'échappent de deux urnes renversées.

 

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Strasbourg, par James Pradier. Assise sur un rocher où grimpe un pied de vigne, elle tient une épée dans la main gauche et des clefs dans la main droite. Elle a le pied posé sur un canon.

 

En 1871, suite à la défaite de la France contre l'Allemagne, elle fut drapée de noir.

 

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Lille, par James Pradier. Appuyée sur un canon et assise sur un rocher, elle brandit l'épée protectrice de la ville.

 

Vingt colonnes rostrales, des lampadaires et des candélabres forment une « ceinture de lumière » autour de la place.

 

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De part et d'autre de l'obélisque, deux somptueuses fontaines imitent celles qui se dressent sur la place Saint-Pierre de Rome.

 

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Au nord, la fontaine des fleuves célèbre la navigation sur le Rhône et le Rhin.

 

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Des génies anguipèdes (aux queues serpentines) tiennent des poissons qui crachent avec force des jets d'eau vers le ciel.

 

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Les allégories fluviales, appuyées sur des rostres de navires, brandissent des symboles de fécondité: épis de blé, grappes de raisin, fleurs...

 

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Alchimie des corps et des couleurs qui s'entremêlent dans les gouttes d'or aquatiques...

 

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Au sud, la fontaine des mers célèbre la Méditerranée, les puissances de l'océan et la pêche.

 

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Cette mythologie aquatique évoque la prospérité, la force et la félicité retrouvées après la terreur et le chaos.

 

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Qui a oublié ses bottes de sept lieues?

 

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L'obélisque fut offert en 1831 par Méhémet-Ali, vice-roi d'Égypte, à Louis-Philippe qui le fit ériger, le 25 octobre 1836, là où nous le contemplons désormais. Le souverain assista au spectacle, depuis les fenêtres de l'Hôtel de la Marine.

 

 

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Sur ses différentes faces, des hiéroglyphes relatent les évènements des règnes de Ramsès II et de Ramsès III. A sa base, se dressaient autrefois des singes cynocéphales en érection, qui furent relégués dans une salle des antiquités égyptiennes du Musée du Louvre, pour ne pas effaroucher la société prude de l'époque!

 

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Ce monument sacré de l'Égypte ancienne évoque un rayon de soleil figé et serait une manifestation du grand dieu solaire Atoum-Rê. Il provient de la résidence des rois de Thèbes à Louqsor.

Il encadrait jadis, avec son jumeau, l'entrée somptuaire du palais de Ramsès II. Les deux obélisques furent offerts à la France mais un seul, désigné, par l'égyptologue Jean-François Champollion, fut transporté vers Paris.

 

Un bateau, le Louqsor, construit pour la circonstance, accueillit le monolithe, sous la surveillance de l'ingénieur Jean-Baptiste Apollinaire Lebas (1797-1873).

 

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Une gravure, sur le haut piédestal, relate cette épopée.

 

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De puissantes machines élévatrices et de grands cabestans furent nécessaires pour dresser le monolithe en granit rose, haut d'une trentaine de mètres, vers le ciel. Pour l'anecdote, il pèse environ 222 tonnes et s'appuie sur un piédestal de 240 tonnes.

 

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L'obélisque vibre, au centre d'un réseau subtil dont il est le fer de lance. Le granit rose s'imprègne des variations atmosphériques et s'élève jusqu'au pyramidion d'or et de bronze, placé en 1998 au sommet de l'édifice.

 

Cette aiguille monolithique, appelée « la Pierre Haute », se dresse au coeur d'un cadran solaire, constitué par la place elle-même. Au-delà du ciel, l'obélisque jaillit vers les mystères de l'Univers où se lovent les dieux.

 

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La place de la Concorde dessine un vaste espace orienté vers les points cardinaux de la ville. Des lignes réelles et imaginaires la relient à des monuments qui symbolisent le pouvoir (Assemblée Nationale), la spiritualité (Église de la Madeleine), le triomphe (Champs-Élysées) et l'héritage culturel de la France (Louvre).

 

Les « Chevaux de Marly », réalisés par Guillaume Coustou et mis en place, en 1794, à l'entrée des Champs-Élysées, s'apprêtent à galoper vers les mondes antiques, peuplés de chimères et de héros.

 

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De part et d'autre de la voie triomphale, un homme cherche à maîtriser un cheval cabré dont la crinière ruisselante semble s'animer dans la lumière.

 

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Aujourd'hui, ces groupes magnifiques sont des copies mais à l'instar des colonnes rostrales, des lampadaires et des statues, ils rythment, par leur fougueuse verticalité, l'étendue horizontale de la place.

 

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Dans le cadre de sa politique de grands travaux, le Baron Haussmann voulut faire retirer l'obélisque et les fontaines mais il n'obtint heureusement pas gain de cause.  Comme dans une Rome intemporelle, les figures archétypales de la Concorde, étroitement liées à la puissance maritime de Paris et de la France, rayonnent entre l'eau vive et le ciel...

 

Bibliographie

 

Amaury DUVAL: Les Fontaines de Paris, anciennes et nouvelles. Nouvelle édition, Paris: Bance aîné, 1828.

 

Pierre-Thomas-Nicolas HURTAUT: Dictionnaire historique de la ville de Paris et de ses environs.

 

Adolphe JOANNE: Paris illustré. Paris: Hachette, 1863.

 

Pierre KJELLBERG: Le nouveau guide des statues de Paris. Paris: la Bibliothèque des Arts, 1988.

 

Marquis DE ROCHEGUDE: Promenades dans toutes les rues de Paris. Paris: Hachette, 1910

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #facade, #mathurins, #paris, #rue, #theatre

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En ce Printemps ressuscité, je vous propose un « safari artistique » dans l'un des quartiers les plus fréquentés mais aussi les plus méconnus de Paris, celui de la Madeleine.

 

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Cherchant de « mystérieux » animaux de métal et de pierre, j'ai longé, en sortant de la gare Saint-Lazare, la façade ensoleillée du Printemps qui donne sur la rue du Havre.

 

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Ce temple de la mode et de la décoration a conservé des éléments indissociables de sa splendeur historique.

 

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Les statues des saisons, réalisées par Henri Chapu (1833-1891), ont retrouvé leur blancheur initiale, grâce aux travaux de restauration entrepris en 2011.

 

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Admirons les coupoles somptuaires, surmontées de clochetons et couronnées de caducées, puis traversons la route pour rejoindre la rue Auber.

 

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Au numéro 19, ce beau mascaron jaillit d'un enchevêtrement de feuilles et de branches de chêne.

 

La rue des Mathurins est toute proche. Elle recèle un riche bestiaire sculpté, abrite de célèbres théâtres et préserve le souvenir des infortunés Louis XVI et Marie-Antoinette. Son histoire est des plus passionnantes.

 

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Elle suit le tracé d'un vieux chemin qui traversait, au XIIIe siècle, les terrains de la ferme des Mathurins. Ancienne « rue Neuve-des-Mathurins », elle doit son nom aux moines de l'Ordre des Mathurins, appelé aussi Ordre de la Très Sainte Trinité pour la Rédemption des Captifs ou Ordre des Trinitaires.

 

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Cet ordre, fondé en 1194 à Cerfroid, dans l'Aisne, par Saint-Jean de Matha et Saint-Félix de Valois rachetait les chrétiens prisonniers des pirates barbaresques. Les Mathurins, qualifiés de « Frères aux ânes » parce que leur règle ne les autorisait pas à monter à cheval, continuent d'apporter leur aide aux prisonniers.

 

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Les terres agricoles des moines s'étendaient là où nous nous promenons aujourd'hui. Les plus vieux bâtiments de la rue ont disparu mais, au numéro 18, cette façade néo-mauresque est celle d'un ancien hammam.

 

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Cet établissement de bains fut construit, en 1876, par Albert Duclos et William Klein.

 

D'après le Guide du Baigneur, l'intérieur abritait « (...) une immense salle voûtée en plein cintre, éclairée par des étoiles de vitraux de couleur. » On y trouvait de magnifiques mosaïques de marbre, une salle de massage, un café-restaurant, un salon de coiffure et de pédicure, et une librairie. Le long d'une grande nef, des salons accueillaient les baigneurs sur de confortables divans. Certains jours, les dames empruntaient une entrée plus discrète, située au 47, boulevard Haussmann.

 

L'engouement pour les bains exotiques évoquait la perspective de plaisirs hédonistes, l'influence des Mille et Une Nuits, rééditées plusieurs fois à la fin du XIXe siècle, et la vogue de l'éclectisme en architecture.

 

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De grandes fenêtres aux arcs outrepassés sont insérées dans la maçonnerie polychrome.

 

L'arc outrepassé désigne une variante de l'arc courant, dit en plein-cintre. Ses pointes accentuées, qui se rapprochent, lui donnent l'aspect d'un fer à cheval. Caractéristique de l'art hispano-mauresque, on le trouve aussi dans l'architecture préromane.

 

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Le « Hammam Turc » de la rue des Mathurins a été détruit mais la façade a heureusement été conservée et restaurée.

 

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En me dirigeant vers l'ouest, j'apprécie les façades rythmées par de belles ferronneries et les gracieux mascarons, baignés de soleil, entre deux giboulées.

 

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De prestigieux hôtels particuliers, comme l'hôtel du marquis de Louvois ou le magnifique hôtel « Brongniart », etc... occupaient autrefois le vaste « clos des Mathurins » mais les bâtiments qui les ont remplacés nous offrent un répertoire décoratif de toute beauté.

 

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Des agrafes sculptées ornées de coquilles, de palmettes et de masques fantastiques.

 

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De belles avancées de pierre et de subtils jeux de transparence.

 

Les percées haussmanniennes ont engendré une écriture nouvelle de l'espace urbain, fondée sur la théâtralité des façades situées aux angles des rues.

 

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Après avoir traversé la rue Tronchet, qui conduit à l'église de la Madeleine, je me dirige vers le Théâtre des Mathurins.

 

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La « Salle des Mathurins » fut inaugurée, le 10 octobre 1898, par la comédienne et chanteuse d'opérette Marguerite Deval, à l'emplacement d'une ancienne salle de concert.

 

Appelé « Théâtre de Monsieur » en 1910 puis « Les Mathurins Nouveaux », le théâtre ferma ses portes en 1912. Il rouvrit en 1919, à l'initiative de Sacha Guitry qui y fit aménager un bar servant de galerie d'exposition et rebaptisa les lieux « Théâtre de Sacha Guitry ».

 

En 1922, l'architecte Charles Siclis (1889-1942) agrandit le bâtiment et modifia sa décoration.

 

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Jouant audacieusement avec les volumes, il élabora une façade « moderniste », plaquée sur les trois premiers niveaux d'un immeuble de rapport du XIXe siècle. Au-dessus de l'entrée, un balcon ciselé d'arabesques florales forme une avancée plastique devant trois petites baies surmontées de frontons triangulaires.

 

Trois oculus marquent une césure créative entre la partie basse, occupée par le théâtre et les étages où se dévoile un grand bow-window.

 

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Charles Siclis sera connu pour sa vision nouvelle de l'architecture et son désir de rupture avec les codes hérités de l'époque haussmannienne. Il concevra, entre autres, les théâtres Saint-Georges et Pigalle.

 

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De 1927 à 1939, le Théâtre des Mathurins fut administré par Georges et Ludmilla Pitoëff dont les portraits ornent la façade.

 

La pièce Dernier coup de ciseaux connaît actuellement un franc succès. Un meurtre est commis chaque soir et le public est invité à résoudre l'enquête.

 

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Juste à côté, le Théâtre Michel fut fondé, en 1908, par Michel Mortier, un célèbre boulevardier.

 

La crue de 1910 inonda ce théâtre à l'italienne mais, après les travaux de réfection, le public y applaudit les pièces des plus grands auteurs: Tristan Bernard, Georges Feydeau, Sacha Guitry, Colette, Jean Cocteau...

 

En 1923, la comédienne comique Elvire Popesco se fit connaître dans Ma cousine de Varsovie, une pièce de Louis Verneuil.

 

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Jean Poiret et Michel Serrault y connurent un début de célébrité dans Le train pour Venise, du même auteur.

 

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(J'ai trouvé l'affiche sur le site www.regietheatrale.com. Si les propriétaires des droits me le demandent, je l'enlèverais.)

 

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Le théâtre, construit sur les plans de l'architecte Bertin, présente une façade de style Napoléon III, caractéristique de la vogue de l'éclectisme. L'entrée est de style composite. Le fronton à l'antique, très sobre, repose sur des pilastres d'influence Renaissance.

 

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Ce bel immeuble à pignons, de style flamand, se dresse au croisement de la rue des Mathurins et de la rue de l'Arcade. Ancien centre névralgique de la Compagnie des Wagons-Lits, il révèle une intéressante architecture de briques et un décor raffiné.

 

Cette entreprise française d'origine belge fut créée en 1872 par Georges Nagelmackers qui s'inspira du modèle des trains de nuit, lancés par la Société du colonel Pullman aux États-Unis.

Il fit réaliser en Europe les premières voitures-lits et les premières voitures-restaurant. En 1883, sur son initiative, le Grand Express d'Orient, futur Orient-Express, établit la liaison entre Paris et Constantinople.

 

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Le monogramme aux deux lions devint le logo officiel de la « Compagnie Internationale des Wagons-Lits et des Grands Express Européens », en 1884.

 

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On apercevait autrefois, sous la belle horloge, dans les jeux d'ombre et de lumière, le plan du Transsibérien, reliant Moscou à la Chine et au Japon, en passant par la Sibérie.

 

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Ancien « chemin d'Argenteuil » puis « rue de Pologne », la rue de l'Arcade doit son nom à une ancienne arcade, construite en 1651 pour relier les jardins des Bénédictines de La Ville-l'Évêque, qui s'étendaient de part et d'autre de la route.

 

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Ce passage, fut ouvert en 1839 par un entrepreneur, Monsieur Puteaux, sur l'emplacement du prieuré des Bénédictines de La Ville-l'Évêque. Croyant que la Gare de l'Ouest, actuelle Gare Saint-Lazare, serait édifiée entre la rue Tronchet et la rue de l'Arcade, Mr Puteaux espérait que l'entrée du passage attire de nombreux visiteurs mais la gare fut construite dans le quartier de l'Europe.

 

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Le passage sombra dans l'oubli mais les promeneurs apprécient de redécouvrir son charme suranné et sa jolie verrière couvrant la moitié de l'espace.

 

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Ancien passage Pasquier, il relie la rue de l'Arcade à la rue Pasquier qui rejoint la rue des Mathurins.

 

Je vous conseille de lire, par ce lien, l'excellent article de Mr Jacques Brice, consacré au passage Puteaux, sur son blog intitulé Le Piéton de Paris.

 

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Au croisement de la rue des Mathurins et de la rue Pasquier, se dresse un immeuble aux façades ondulantes, rythmées par de belles verrières et agrémentées d'un décor exotique.

 

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La porte d'entrée finement travaillée.

 

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Entre les rangées de fenêtres, des bas-reliefs représentent la faune luxuriante de l'ancien empire colonial français.

 

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Cet immeuble de bureaux est l'ancien siège de la Société financière française et coloniale, construit en 1929 par les architectes Alexandre et Pierre Fournier.

 

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Le sculpteur Georges Saupique (1889-1961) y élabora un programme iconographique de toute beauté.

 

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Un crocodile, un éléphant, un chameau, un tigre, un serpent, un requin, une gazelle, des poissons et différents oiseaux composent un majestueux bestiaire.

 

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Des matériaux précieux, (marbre de couleur, émaux de Venise et fines mosaïques), subliment ces motifs sculptés.

 

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Georges-Laurent Saupique était un voyageur au long cours et un artiste passionné. Il explora les méandres de la vallée du Nil et étudia, pendant de longues années, l'anatomie et les comportements des animaux dans les jardins zoologiques d'Europe.

 

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Il sculpta un des hauts-reliefs du Mémorial du Mont Valérien, décora le Palais de Chaillot, le paquebot Le Normandie et réalisa, sous la IVe République, un des bustes de notre Marianne nationale.

 

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L'attitude de ce pêcheur de Terre-Neuve témoigne d'une répartition gracieuse et moderne des volumes dans l'espace.

 

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L'immeuble est à contempler dans ses moindres détails. A la limite du toit, des oiseaux s'animent, dans des saynètes pittoresques.

 

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Le talent de Georges Saupique s'accorda brillamment aux fantaisies et à la luxuriance du monde animal. Il réalisa, en 1925, avec un collectif d'artistes, une oeuvre monumentale appelée la Pergola de la Douce France, pour l'Exposition Internationale des Arts Décoratifs.

 

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L'Auroch est une pièce maîtresse au sein de ce monument néoceltique, acquis en 1934 par la ville d'Étampes.

 

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La municipalité le fit d'abord installer dans le bois de Guinette, en contrebas du donjon médiéval appelé la Tour de Guinette. Il a été transféré, en 2005, dans le Square de la Douce France.

L'ensemble s'inspire des alignements mégalithiques de l'ancienne Europe et nous fait voyager à travers la magie des légendes arthuriennes.

 

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Le bestiaire Art Déco de Georges Saupique contemple le Square Louis XVI. Ce jardin, créé en 1865, sur l'ancien cimetière de la Madeleine, abrite la Chapelle Expiatoire.

 

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  Ce monument, de style néo-classique tardif, conçu en 1815 par l'architecte Pierre-François-Léonard Fontaine, se dresse là où Louis XVI et Marie-Antoinette furent inhumés en 1793.

 

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  L'ancien cimetière remplaça, en 1659, le potager des Bénédictines de La Ville-l'Évêque mais aujourd'hui, c'est une rangée de pierres tombales symboliques qui perpétuent le souvenir des gardes suisses tués, le 10 août 1792, lors de l'arrestation du roi aux Tuileries.

 

(Je consacrerai, dans quelques temps, un article entier à l'histoire de la Chapelle et de son jardin. )

 

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Je longe le square jusqu'au croisement de la rue des Mathurins et de la rue d'Anjou où s'élève l'ancienne Banque Coloniale, édifiée en 1927 par l'architecte Paul Farge. Une faune chimérique et exotique y côtoie des personnages de pure fantaisie.

 

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Un masque d'inspiration khmère.

 

La porte d'entrée est encadrée par deux dragons aux ailes déployées, traditionnellement considérés comme des gardiens de trésors. Leur présence était donc plutôt appropriée pour accueillir les visiteurs de l'ancienne banque...

 

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De nos jours, le bâtiment, en travaux, accueille le siège de l'INAO, l'Institut National de l'Origine et de la Qualité, ancien Institut National des Appellations d'Origine.

 

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Cet établissement public, placé sous la tutelle du Ministère de l'Agriculture, identifie l'origine des produits et décerne les labels officiels de qualité.

 

L'AOC ou Appellation d'Origine Contrôlée, le Label Rouge, le label AB, signifiant « Agriculture Biologique » et bien d'autres encore.

 

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D'étranges créatures soutiennent les balcons aux ferronneries ouvragées.

 

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Ce bestiaire onirique nous attire vers de fabuleuses contrées.

 

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Les magnifiques heurtoirs

 

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Ces personnages mystérieux, dotés de corps puissants et de têtes de rapaces, représentent des divinités asiatiques.

 

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Ma promenade s'achève, en compagnie de ces êtres chimériques, mais ce n'est que temporaire car j'ai photographié bien d'autres « façades animées », témoignant de l'intense créativité des artistes de Paris...

 

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Bibliographie

 

Jacques HILLAIRET: Connaissance du vieux Paris. 1956. Éditions Princesse, réédition, 1978.

 

Adolphe JOANNE: Paris illustré. Paris: Hachette, 1863.

 

Théophile LAVALLÉE: Histoire de Paris depuis le temps des Gaulois jusqu'en 1850.Paris: Hetzel, 1852.

 

Jean-Marie PÉROUSE DE MONTCLOS: Le Guide du patrimoine. Paris: Hachette, 1994.

 

Félix DE ROCHEGUDE: Promenades dans toutes les rues de Paris. Paris: Hachette, 1910.

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #jardin, #monceau, #monument, #parc, #paris
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Alors que j'écris la suite des « Trésors de l'Orangerie », je vous propose une récréation romantique au Parc Monceau, un lieu que j'aime profondément.

 

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Ce bel endroit est né, au XVIIIe siècle, sur les terres de Louis-Philippe d'Orléans (1747-1793), le Duc de Chartres.

 

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Philippe d'Orléans en Grand Maître du Grand-Orient de France.

 

Le Duc fit aménager, par l'architecte Louis-Marie Colignon, un pavillon octogonal et un jardin à la française sur une parcelle du village de « Mousseaux ». Il confia ensuite la création d'un jardin de style « anglo-chinois » à l'architecte paysagiste Louis Carrogis de Carmontelle (1717-1806).

 

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Naquit un « pays d'illusions » peuplé de fabriques, monuments qui traduisaient la vogue de l'époque pour l'histoire et l'archéologie. De 1773 à 1778, Carmontelle élabora un jardin-théâtre imprégné d'exotisme et annonciateur des valeurs esthétiques du romantisme. Il le peupla de ruines féodales, de moulins et de tombeaux. Il y édifia une pagode, une pyramide, un obélisque, un temple romain, une naumachie, un minaret, des tentes turques et tartares, des tours et des îles miniatures.

 

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Vue des tentes turques, gravure de Jean-Baptiste Delafosse d'après Carmontelle, 1779.

 

Carmontelle possédait bien des talents. Il fut professeur de mathématiques, dessinateur, peintre, graveur, auteur dramatique, lecteur du Duc d'Orléans, paysagiste, topographe pendant la Guerre de Sept Ans (1756-1763)... Il orchestra également des fêtes somptueuses.

 

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Des petites comédies appelées Proverbes le rendirent célèbre. Elles se composaient d'une trame sur laquelle les personnages de la Cour étaient invités à broder des histoires. Il croquait aussi ses contemporains à travers des portraits au crayon, « lavés d'aquarelle et parfois rehaussés de gouache ou de pastel ». Mais il fut surtout connu pour ses Transparents. Cette technique consistait à tendre un rouleau de toiles peintes entre deux bobines et à l'éclairer par des bougies ou à contre-jour. Des paysages défilaient, fantasmagories élégantes et ludiques où les personnages des Proverbes étaient mis en scène.

 

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Un rouleau de quarante-deux mètres, constitué de 119 feuilles de papier collé, se déroulait et s'enroulait à l'envi, panorama « enchanté » illustrant des scènes de vie champêtre, sur le thème des quatre saisons.

 

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Au sujet du Parc Monceau, Carmontelle écrivit avoir voulu « réunir dans un seul jardin tous les temps et tous les lieux. »

 

La Naumachie

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Dans la Rome antique, elle désignait un bassin de grande taille dans lequel se déroulait un combat naval. Elle pouvait être grandiose, à l'image de celle que Jules César fit réaliser à Rome, en 46 avant J.-C. Plusieurs milliers d'hommes s'affrontèrent dans un décor luxuriant avec de véritables bateaux. A l'intérieur d'un bassin géant, cette reconstitution se voulait un témoignage vivant de la puissance et de la grandeur de Rome mais ce divertissement très spectaculaire fut aussi particulièrement sanglant.

 

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Bordé de colonnes corinthiennes, le bassin ovale du Parc Monceau évoque un passé lointain dont la mise en scène se fondait sur une recherche d'exactitude associée à un goût pour l'anecdotique et l'intemporalité. Les vestiges recomposés traduisaient l'engouement de l'époque pour la quête historique et créaient une atmosphère propice à la rêverie.

 

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La colonnade provient de l'édifice Notre-Dame de la Rotonde à Saint-Denis. Démoli en 1719, ce monument circulaire était destiné à devenir le mausolée des Valois.

 

La Poésie et l'Esthétique des Ruines

 

Avec la découverte des cités d'Herculanum, en 1709, et de Pompéi, en 1748, les ruines, témoignages de la grandeur ensevelie des empires, ont exercé au XVIIIe et au XIXe siècle une puissante fascination sur de nombreux artistes. A la fois éléments de décor et supports de méditation, les ruines étaient l'expression d'une antiquité sublimée, d'un âge d'or pittoresque.

 

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Alexandre le Grand devant le Tombeau d'Achille, 1755-1757, par Hubert Robert (1733-1808).

 

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Au XIXe siècle, les « folies » architecturales étaient à la mode en France. Outre la « folie » de Carmontelle, celle de Bagatelle et le jardin anglo-chinois appelé « Désert de Retz » connurent une grande célébrité.

 

En Angleterre, les aristocrates firent construire des ruines, antiques et médiévales, dans les parcs de leurs châteaux et les jardins de leurs riches demeures.

 

Les archéologues britanniques Nicholas Revett (1720-1804) et James Stuart (1713-1788) ont beaucoup œuvré pour la connaissance des monuments de l'Italie et de la Grèce antiques. Nicholas Revett fut à l'origine du style Greek Revival qui cherchait à recréer l'harmonie et les proportions majestueuses des temples grecs de l'Antiquité.

 

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La recherche archéologique passionna les intellectuels dans un contexte de multiplication des sociétés littéraires et scientifiques, des clubs et des académies. La Société des Dilettanti, une société savante anglaise créée aux alentours de 1733, assura les frais de voyage de Revett et de Stuart dont les ouvrages, richement documentés, favorisèrent l'étude et la compréhension des monuments du passé.

 

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La littérature du XIXe siècle s'empara du thème des ruines et leur associa une réflexion sur le temps qui s'écoule, la déliquescence des empires, le mystère et la mort.

 

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Quand les contours de l'architecture se fondent dans les formes et les couleurs de la Nature, les œuvres humaines retournent à un état « prénatal » mais leur délitement est majestueux. Il émane de la force et de la grandeur de leurs silhouettes rongées. La pierre traverse les âges, se nourrissant des variations de la lumière, des chatoiements de l'eau, des teintes contrastées du ciel...

 

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La Pyramide

 

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Réalisée entre 1769 et 1773 par Bernard Poyet (1742-1824), elle s'inspire de celle de Caïus Cestius à Rome.

 

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A l'époque médiévale, cette pyramide était réputée être le tombeau de Rémus, le frère de Romulus, mythique fondateur de Rome.

 

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Une statue de la déesse Isis, reine voilée et dame noire de Paris était autrefois lovée dans la salle aménagée à la base de la pyramide du Parc Monceau, encadrée par deux effigies de pharaons.

 

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Symbole d'éternité, associée aux puissances de mort et de vie, la pyramide se dresse à la croisée des mondes humain et divin. Symbole de création et d'ouverture sur les anciens mystères, elle est un territoire initiatique.

 

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Une des quatre vasques se dressant à chaque angle de la pyramide dans ce qu'on appelait autrefois le « Bois des Tombeaux ».

 

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La Porte Saint-Jean, ouverte sur le paysage

 

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Cette belle arcade Renaissance est un vestige de l'ancien Hôtel de Ville de Paris qui fut incendié, le 24 mai 1871, pendant la Commune de Paris.

 

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Entre 1781 et 1793, le paysagiste écossais Thomas Blaikie (1750-1838), créateur du Parc de Bagatelle, dessina de nouvelles allées et effectua des aménagements au Parc Monceau. Il fit évoluer la « folie » de Carmontelle en jardin à l'anglaise articulé autour d'un réseau d'allées ombragées et comprenant un jardin d'hiver et une serre chaude. Il élabora une galerie, une grotte mystérieuse peuplée de sombres rochers, des fontaines et fit planter de nombreux arbres. Il fit venir d'Angleterre des plantes qu'il installa dans les serres majestueuses, préalablement agrandies.

 

La Rotonde de Chartres

 

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En 1785, l'architecte Claude-Nicolas Ledoux (1736-1806) édifia la fameuse rotonde de l'entrée qui borde l'actuel boulevard de Courcelles.

 

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Sur une idée du chimiste et fermier général Lavoisier, le contrôleur général des finances, Charles Alexandre de Calonne, donna l'autorisation de dresser une enceinte autour de Paris, le Mur des Fermiers Généraux. Constitué de barrières d'octroi, ce mur devait combattre les activités de contrebande qui se multipliaient.

 

Architecte « utopiste », Claude-Nicolas Ledoux érigea, entre 1785 et 1787, cinquante barrières d'octroi appelées « Propylées de Paris », de style néo-classique. Une formule populaire circulait alors au sujet de ces barrières: « Le mur murant Paris rend Paris murmurant »...

 

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En 1860, la Ville de Paris hérita du terrain et des vestiges de la « folie du Duc de Chartres ». Misant sur la spéculation immobilière, les frères Pereire acquirent plusieurs hectares du parc et se lancèrent, tout autour, dans une politique de lotissement. Les « hôtels Pereire » et les immeubles cossus fleurirent dans les rues attenantes.

 

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Simultanément, Gabriel Davioud, (1823-1881) architecte et inspecteur général des travaux d'architecture de la ville de Paris et Adolphe Alphand, (1817-1891) ingénieur des Ponts et Chaussées, donnèrent au jardin son visage actuel.

 

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Napoléon III inaugura ce nouvel espace romantique en 1861.

 

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Le charmant petit pont vénitien, très apprécié des amoureux...

 

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La transformation du Parc Monceau en jardin public s'inscrivait dans le projet hygiéniste d'embellissement de Paris initié par le Baron Haussmann (1809-1891). Chef d'orchestre des transformations de la capitale sous le Second Empire, il fit ouvrir de grandes avenues, édifier des immeubles spacieux où entrait la lumière et créer une profusion de squares et de parcs.

 

Alors que Paris était engorgé par un lacis de rues étroites, obscures et insalubres, Napoléon III, très marqué par son voyage à Londres, dans les années 1846-1848, voulut offrir à la France une capitale moderne, aérée et recomposée.

 

Le Baron Haussmann s'employa, sur le modèle des quartiers ouest de Londres, reconstruits après le grand incendie de 1666, à favoriser la circulation de l'air et des habitants. Pour autant, l'un de ses buts, moins avoué, consistait à pouvoir étouffer de potentiels soulèvements populaires.

 

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Les somptueuses grilles, émanation du style éclectique en vogue sous Napoléon III, sont l'œuvre de Gabriel Davioud.

 

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Les Statues du Parc Monceau

 

A différents endroits du parc, se lovent des statues et des groupes sculptés d'écrivains, de poètes et de musiciens qui contribuent à créer une ambiance de rêverie romantique. Elle font référence à l'attrait exercé par ce lieu sur les artistes à la fin du XIXe siècle.

 

Le monument à Guy de Maupassant

 

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Ce beau marbre, réalisé par le sculpteur Raoul Verlet en 1897, inaugura la série de monuments consacrés aux artistes. La Société des Gens de Lettres avait ouvert une souscription en 1893, année de la mort de Maupassant. Les fonds recueillis permirent l'érection de ce groupe sculpté qui devait figurer au cimetière du Père Lachaise et fut placé au Parc Monceau.

 

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Sous le buste de l'écrivain, apparaît l'élégante héroïne du roman Fort comme la Mort (1889).

 

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Elle se présente aussi comme l'allégorie d'une jeune femme songeuse après sa lecture.

 

Fort comme la mort est le cinquième roman de Maupassant, édité en mai 1889. Son titre est issu du Cantique des Cantiques: « L'amour est fort comme la mort et la jalousie est dure comme le sépulcre. »

 

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Le monument à Edouard Pailleron

 

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Ce bel ensemble sculpté, caractéristique de la Belle-Époque (1907), est l'œuvre du sculpteur russe Leopold Bernard Bernstamm (1859-1939). Il se dresse à l'est du jardin, près de l'avenue Vélasquez.

 

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Définir Edouard Pailleron (1834-1899) en quelques mots est difficile tant cet esprit brillant a accompli de choses. Il fut auteur dramatique, poète, avocat, journaliste, dragon pendant deux ans, directeur de la Comédie-Française, gendre du fondateur de la Revue des Deux-Mondes dont il devint le codirecteur, membre de l'Académie Française à partir de 1882...

 

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Il déploya dans ses pièces une puissante énergie créatrice et certaines d'entre elles, comme Le monde où l'on s'ennuie, furent jouées plus de mille fois. Ses comédies de moeurs croquèrent avec une verve bien particulière la bourgeoisie de son époque. Il est inhumé au cimetière du Père Lachaise.

 

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La jeune femme qui décore le monument d'une guirlande de roses est l'actrice Jeanne Samary. Égérie de son époque, elle est représentée dans le rôle qu'elle tenait dans l'Étincelle, pièce parue en 1879.

 

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Apprécions le doux modelé de la silhouette, la gracieuse position des bras et le plissé de la robe qui aimante la lumière...

 

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La Tragédie et la Comédie

 

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Rose de pierre

 

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Le jeune faune de Félix Charpentier (1858-1924).

 

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En 1884, cette œuvre gracile fut inspirée par la sculpture antique. Félix Charpentier excellait dans l'art du portrait et la représentation du Nu. Ses sculptures sont imprégnées de grâce, de naturel et de mouvement.

 

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Légendaire protecteur des bois et maître des forces de fécondité, le faune est aussi celui qui murmure aux oreilles des poètes depuis les sombres épaisseurs sylvestres...

 

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Le monument à Alfred de Musset(1810-1857)

 

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En 1889, le banquier Daniel Osiris (1825-1907) commanda le groupe sculpté à Alexandre Falguière (1831-1900) et à Antonin Mercié (1845-1916) mais après la mort de Falguière, Mercié exécuta l'ensemble du monument. Celui-ci fut inauguré le 23 février 1906 devant la Comédie-Française, enlevé en 1964 et installé en 1981 au Parc Monceau.

 

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L'artiste s'est inspiré du poème La Nuit de Mai, paru en 1835. Un dialogue subtil s'établit entre la Poésie et le Poète, confronté aux vicissitudes de la création et lové dans ses souffrances.

 

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Le monument à Charles Gounod (1818-1893)

 

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Ce groupe sculpté, réalisé par Antonin Mercié en 1902, se dresse au sud du jardin, près de l'avenue Ruysdaël.

 

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Le buste du compositeur est entouré de trois figures féminines appuyées sur une nuée. Elles évoquent ses opéras les plus célèbres: Marguerite dans Faust, Juliette dans Roméo et Juliette et Sapho.

 

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Gounod vivait à proximité du parc, au numéro 20 de la Place du Général Catroux.

 

Le monument à Chopin (1810-1849)

 

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Ce groupe de facture romantique fut réalisé en 1906 par Jacques-Froment Meurice (1864-1948).

 

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Le sculpteur immortalise l'instant où Chopin compose au piano la Marche Funèbre.

 

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La Douleur, enveloppée dans un drapé sensuel, sanglote à ses pieds.

 

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Au sommet de l'oeuvre, un ange majestueux déploie ses ailes et répand une pluie de fleurs, allégorie mêlée de la Nuit et de l'Harmonie, muses du créateur... Le travail des figures est d'une grande finesse. Jacques Froment-Meurice était sculpteur et graveur sur médaille, issu d'une famille d'orfèvres renommés.

 

Le monument à Ambroise Thomas(1811-1896)

 

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Alexandre Falguière (1831-1900), sculpteur renommé du Second Empire, réalisa cette oeuvre imprégnée de mélancolie.

 

Directeur du Conservatoire de Musique de Paris, Ambroise Thomas composa des opéras qui lui firent connaître la célébrité. Mignon, d'après Goethe, en 1866 et Hamlet, d'après Shakespeare, en 1868.

 

Écrin, sous la IIIe République, pour ces groupes sculptés élaborés autour d'une thématique commune, le Parc Monceau abrite aussi des arbres remarquables et notamment un vieux platane que je vous invite à admirer.

 

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Ce Platane d'orient (Platanus orientalis) fut planté au début du XIXe siècle. Sa silhouette d'arbre de conte de fées et son « visage » débonnaire se dévoilent le long d'une allée.

 

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De nos jours, le platane se dresse au bord des routes, étirant ses branches tortueuses et formant contre le ciel un maillage d'ombre et de lumière. La plupart du temps, nous passons à côté de lui sans lui accorder d'attention particulière mais dans l'Antiquité, il était vénéré et appelé « fils de Gaïa », la déesse de la terre.

 

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Les dendrophores ou « porteurs d'arbres » menaient, dans les villes et les provinces de la Rome ancienne, la procession du pin sacré en l'honneur d'Attis, le seigneur de la végétation. Au cours de ce qu'ils appelaient « l'arbor intrat », l'arbre divinisé pouvait être le tronc ou les branches d'un platane sacré, transporté au moment de l'équinoxe de printemps.

 

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Un platane majestueux se dressait sur l'île de Kos, dans le temple d'Asclepios, le dieu grec de la médecine. Le célèbre médecin Hippocrate dispensait son enseignement sous son ombrage. Le caducée est une baguette de platane ailée autour de laquelle s'enroulent deux serpents. D'ailleurs plus le platane vieillit, plus son écorce se fissure, formant des écailles qui lui donnent l'aspect d'une peau de serpent.

 

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Dans l'ancienne Carthage, le platane était consacré à Tanit, la déesse de la fécondité. Dans la mythologie grecque, ayant abrité les amours de Zeus et de la nymphe Europe, il fut décidé qu'il ne perdrait plus ses feuilles.

 

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Curiosités du parc

 

Le long d'une allée, une plaque enfoncée dans la végétation a attiré mon regard.

 

Image72 Elle rend hommage à André-Jacques Garnerin (1769-1823), qui s'élança d'un ballon, le 22 octobre 1797, pour accomplir au-dessus du parc, devant une foule médusée, le premier saut en parachute de l'histoire.

Sa fiancée, Jeanne Labrosse, fut la première femme à effectuer un saut en parachute, le 12 octobre 1799.

 

Le Parc Monceau est un lieu à part où se rencontrent différentes époques, où se conjuguent visions oniriques et mise en scène de la réalité. Il suffit de franchir les grilles majestueuses et de s'ébattre jusqu'aux limites de son imagination... Si chaque jardin est l'émanation de la vie, celui-ci est peut-être plus encore le carrefour des désirs, le territoire des gourmandises, la parenthèse indispensable pour se ressourcer.

 

Je terminerai cette promenade à travers la Nature et l'Histoire en citant les vers de l'abbé Jacques Dellile.

 

« J'en atteste, Ô Monceau, tes jardins toujours verts,

Là, des arbres absents, les tiges imitées,

Les magiques berceaux, les grottes enchantées,

Tout vous charme à la fois. Là bravant les saisons,

La rose apprend à naître au milieu des glaçons;

Et les temps, les climats, vaincus par des prodiges,

Semblent, de la féerie, épuiser les prestiges. »

 

Les jardins ou l'art d'embellir les paysages. (1782)

 

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Bibliographie

 

Adolphe ALPHAND: Les promenades de Paris. 1867-1873.

 

Edouard ANDRÉ: L'art des jardins.1879.

 

Abbé Jacques DELLILE: Les jardins ou l'art d'embellir les paysages.Paris, 1782.

 

Jules LACROIX DE MARLÈS: Paris ancien et moderne ou Histoire de France divisée en douze périodes appliquées aux douze arrondissements de Paris, et justifiée par les monuments de cette ville célèbre.Paris: Parent-Desbarres. 1837-1839. 3 volumes.

 

Marquis Félix DE ROCHEGUDE: Promenades dans toutes les rues de Paris par arrondissements. Paris: Hachette, 1910.

 

Catalogue d'exposition: De Bagatelle à Monceau, 1778-1978, les folies du XVIIIe siècle à Paris. Paris. Domaine de Bagatelle, Musée Carnavalet, 1978-1979.

 

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Publié le par maplumefee
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Les orages règnent dans le ciel de Paris et le Génie de la Bastille, vigie dorée de la Liberté, veille au sommet de la Colonne de Juillet. Il inaugure cette promenade poétique et bien trempée qui nous fait découvrir la ville autrement.

 

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Pendant que je photographie la colonne, mon esprit s'éloigne de toute connotation historique, ne songeant qu'au folklore de la pluie, ce fascinant hydrométéore chargé de purifier l'atmosphère. Ne disait-on pas que la Vierge et les déesses des anciennes mythologies lavent leur linge dans les nuages, que le Diable et sa femme se querellent, que les sorcières cuisent leur pain sur des pierres noires et que les renards s'accouplent!

 

Bien que destructrice à ses heures, la pluie est la sève du ciel et sans elle rien ne pousserait. Il suffit d'apprécier combien les arbres sont gigantesques et verdoyants cette année.

 

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Ils forment une luxuriante toison devant l'Hôtel de Ville.

 

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Certains d'entre eux atteignent presque le sommet des toits.

 

Pour nos ancêtres, la pluie tombait à cause de violentes querelles entre les dieux. Les dieux de la guerre jetaient leurs chars contre les nuages où s'affrontaient à coup d'éclairs. Thor, divinité nordique du tonnerre, créait la foudre avec son marteau Mjöllnir pour combattre les géants, forces du chaos.

 

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Thor, peint en 1872 par le peintre suédois Marten Eskil Winge(1825-1896).

 

Les populations redoutaient les farouches Tempestaires ou faiseurs de tempêtes, réputés capables de commander le tonnerre, de diriger la grêle, de détruire les récoltes en les noyant sous des pluies diluviennes.

 

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Les sorciers de la pluie se rendaient près d'une « font qui bout », mystérieuse fontaine sur le perron de laquelle ils versaient de l'eau en convoquant les puissances atmosphériques.

 

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D'après la légende, la célèbre fontaine de Barenton, dans la forêt de Brocéliande, est une « font qui bout ». Elle abrite aussi les amours de l'enchanteur Merlin et de la fée Viviane.

(Merci à Elfie pour cette très jolie photo...)

 

Les meneuses et les meneurs de nuées battaient l'eau des fontaines et des mares, arrosaient des pierres au croisement de plusieurs voies telluriques ou escaladaient un cerisier magique...

 

D'après les almanachs et les ouvrages anciens, on provoquait la pluie en se rendant sous un chêne et en creusant un trou dans la terre avec une baguette fourchue. Puis, en versant du liquide dans le trou (eau, lait, sang, urine...) et en remuant la baguette d'une certaine manière, les nuages libéraient la pluie.

 

On pouvait aussi déclencher l'orage en plaçant dehors à Minuit un balai dans un seau d'eau, en dessinant une spirale de galets dans une prairie où dansent les fées, en cueillant treize fleurs bleues à la crête d'une colline...

 

En Afrique, on suspendait une pirogue miniature dans les branches d'un arbrisseau sacré.

 

Pour conjurer ces phénomènes, la croyance populaire préconisait d'allumer un cierge bénit, de préférence le cierge de la Chandeleur ou la chandelle de Brigit, la déesse blanche des temps anciens, de placer une crémaillère ou un trépied retourné sous un chêne, de sonner les cloches à toute volée ou de verser de l'huile dans un cours d'eau se jetant dans la mer...

 

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Sainte-Agathe, célébrée le 5 février, était réputée, entre autres prodiges, repousser les giboulées, les orages de grêle et la pluie dévastatrice. Les premières gouttes de pluie tombant le jour de la Saint-Laurent (10 août) étaient censées apaiser les brûlures.

 

Lovées dans les pages des grimoires, les croyances d'antan continuent d'aiguiser l'imagination, la première des magies...

 

Dans les sociétés occidentales, la pluie influe plutôt de manière plutôt négative sur le moral des gens. Elle aiguise pourtant la sensibilité poétique. Elle recrée le paysage et pare la ville de couleurs électriques.

 

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A la pointe de l'île Saint-Louis, elle enveloppe le chevet de Notre-Dame dans un camaïeu gris blanc.

 

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On devine, dans un flou artistique, la dentelle d'arcs-boutants qui ceinture le choeur de l'édifice. La sublime flèche d'Eugène-Emmanuel Viollet le Duc (1814-1879) pique les nuages comme une aiguille d'argent.

 

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Malgré les trombes d'eau, je contemple la Seine couleur « encre de tempête » mais quelques instants seulement...

 

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Le crépitement mystérieux de la Seine me fait penser à la crue de 1910, tragédie qui métamorphosa Paris en spectrale Venise...

 

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Crue du quai de Grenelle, photo des frères Neurdein, agence Roger Viollet, trouvée sur le site du Figaro.

 

La moitié du réseau Métropolitain de l'époque fut inondé ainsi que 20 000 immeubles parisiens et presque le double d'habitations en banlieue, sans oublier les disparus, les cultures détruites, les animaux noyés, les bâtiments ravagés...

 

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Photo de l'agence Roger Viollet, trouvée sur le site du Figaro.

 

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Photo de Maurice-Louis Branger, agence Roger Viollet, trouvée sur le site du Figaro.

 

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La Seine grossit mais elle reste dans son lit et les bateaux attendent sagement à quai.

 

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Quand l'eau et la berge se confondent...

 

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La Gare d'Orsay, autrefois formidable « usine à voyager », dresse sous l'orage sa façade éclectique.

 

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Cette ancienne gare, autrefois terminus de la Compagnie du Chemin de Fer de Paris à Orléans devait accueillir les visiteurs de l'Exposition Universelle de 1900. Émanation du goût architectural français, elle fut réalisée par Victor Laloux, Premier Grand Prix de Rome et concepteur de la Gare de Tours.

 

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La passerelle Léopold-Sédar-Senghor, ancienne passerelle Solférino, s'élance au-dessus de la Seine, entre le Jardin des Tuileries et le Quai Anatole France. Elle offre sur la Seine et les variations de l'atmosphère une vue privilégiée.

 

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Le Pont-Royal, photographié depuis la passerelle Sédar-Senghor.

 

Après le Pont-Neuf et le Pont-Marie, il est le troisième plus ancien pont de Paris. Il fut érigé, entre 1685 et 1689, à l'emplacement d'un vieux pont de bois et de l'ancien Bac des Tuileries. Financé par le roi Louis XIV, d'où son nom de pont Royal, il fut construit par Jacques Gabriel, Jules Hardouin-Mansart et François Romain.

 

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La pluie redouble d'intensité et je presse le pas sur les pavés brillants, bien décidée à trouver refuge devant une tasse de chocolat chaud. Mon parapluie se gorge de vent et m'inspire quelques réflexions...

 

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(Image trouvée sur le net.)

 

Le parapluie et l'ombrelle sont vraisemblablement originaires de Chine. Au XIIe siècle avant notre ère, un charpentier chinois offrit à son épouse une ombrelle ou « petite ombre » qu'il avait fabriquée pour se protéger du soleil. Les premières ombrelles étaient constituées de branches de santal et de bambou sur lesquelles on tissait un réseau de feuilles et de plumes. On les utilisait par grand soleil ou temps de pluie.

 

 

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Dans le Japon du XVIe siècle, l'ombrelle devint un accessoire de mode. Mais le port de l'ombrelle et du parapluie revêtait aussi un caractère sacré. Les branches symbolisaient l'équilibre du cosmos et la « toile » protectrice, la voûte étoilée.

 

Dans l'Antiquité Gréco-Romaine, les ombrelles décorées étaient très appréciées pendant les spectacles et les jeux du cirque.

 

Dans l'ancienne Égypte, le parapluie était investi d'une valeur sacrée et associé à Nout, la déesse du ciel.

 

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Nout arquée au-dessus de Geb, son époux, le dieu de la terre.

 

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Nout, la déesse du ciel mystérieux et de la résurrection des morts, mère du soleil et des étoiles. Ses larmes font naître la pluie, son rire engendre le tonnerre. Elle ne touchait le sol que par l'extrémité des orteils et des doigts.

 

Les Égyptiens croyaient que son corps formait la voûte céleste, sorte de pont au-dessus de la terre. Le parapluie, mélange de bois précieux, de papyrus et de plumes de paon, était donc une représentation miniature de la déesse.

 

 

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Les nobles seuls étaient autorisés à s'y abriter et le pharaon l'utilisait pour signifier son statut royal.

 

Le parapluie traversa les âges et ses légendes aussi. D'anciens almanachs rapportent que Saint-Médard, l'évêque de Noyon, fut surpris par un violent orage en se rendant à la cour du roi Clotaire Ier. Dieu lui envoya un aigle qui déploya ses ailes au-dessus de lui pour le protéger, un aigle-parapluie!

 

Ainsi, comme le dit le proverbe:

« Quand il pleut le jour de la Saint-Médard, (8 juin)

Pendant quarante jours il faut prendre son riflard. »

 

Mais il fallut attendre le XVIe siècle, en France, pour que Catherine de Médicis, à l'avant-garde des modes, fasse connaître l'ombrelle-parapluie. Cet objet dérivait de l'ombrellino, destiné à protéger les Papes, les Doges et les Cardinaux.

 

En 1705, un français nommé Jean Marius conçut un prototype de parapluie qui se pliait en trois parties pour être glissé dans une poche. Mais le premier parapluie « moderne » fut élaboré, en 1730, par un artisan parisien. Il utilisa une toile cirée pour remplacer les couvertures en cuir et en peau.

 

Le mot « parapluie » apparut en 1622 dans les Farces de Tabarin, célèbre bateleur du Pont-Neuf mais jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, le parapluie et le parasol désignèrent le même objet. Ils servaient « à se défendre du soleil et de la pluie ». (Dictionnaire de Richelet, 1680 et de Trévoux, 1777.)

 

Sir Jonas Hanway, un aventurier du XVIIIe siècle, introduisit le parapluie en Angleterre mais les fantasques sujets de sa Majesté n'acceptèrent pas facilement de porter « l'umbrella », jugeant que cet étrange objet leur donnait un air efféminé!

 

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Le parapluie est désormais une institution au Royaume-Uni.

 

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Il est indissociable de l'inoubliable Patrick Macnee dans le rôle de John Steed, l'agent secret de la série Chapeau melon et bottes de cuir.

 

Les superstitions entourant le parapluie

 

La plus connue d'entre elles consiste à ne pas ouvrir un parapluie à l'intérieur d'une pièce, sous peine d'attirer le malheur. Cette superstition qui date du XVIIIe siècle trouve son origine dans les nombreux accidents survenus lors des premiers usages du parapluie. Celui-ci se dépliait parfois brusquement et son armature blessait la personne se trouvant à côté.

 

L'ombre du parapluie était un espace tabou dans lequel il ne fallait pas entrer car les âmes s'y réfugiaient.

 

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A Paris, la Maison Antoine est le plus ancien magasin de parapluies.

 

En 1745, Monsieur et Madame Antoine, originaires du Massif Central, s'installèrent sur le Pont-Neuf. Ils ouvrirent deux boutiques situées chacune à une extrémité du pont. Mais, à l'époque, les gentilshommes étaient les seuls à pouvoir acheter des parapluies. Les époux Antoine mirent alors au point un système de location de parapluies destiné à toute personne qui souhaitait franchir le fleuve.

 

En 1760, ils ouvrirent une boutique, dans le quartier du Palais-Royal, au numéro 26 de la galerie Montpensier. Dans ce lieu à la mode, promenade privilégiée des Parisiens, ils fabriquèrent des cannes et des parapluies. En 1885, leurs héritiers créèrent, au 10, avenue de l'Opéra un magasin qui existe toujours. On y trouve des parapluies, des cannes, des ombrelles et des gants de qualité.

 

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La Maison Antoine fut acquise, en 1965, par la famille Lecarpentier, des fabricants de parapluies d'Orléans. (Image trouvée sur le net.)

 

Écrire à propos du parapluie me permet de vous montrer deux tableaux que j'aime particulièrement.

 

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La Place de l'Europe, temps de pluie, 1877, par Gustave Caillebotte(1848-1894). (Art Institute, Chicago).

 

Dans le décor majestueux du Paris Haussmannien, la pluie engendre une atmosphère intimiste. Le cadrage est audacieux, proche d'une réalisation photographique. Dans ce Paris de la modernité, de l'éclairage au gaz, des omnibus et des trottoirs couverts d'asphalte, les personnages de Caillebotte vaquent à leurs occupations quotidiennes.

 

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Les Parapluies, 1886, de Pierre-Auguste Renoir (1841-1919). National Gallery à Londres.

 

L'oeuvre se pare d'une séduisante tonalité bleutée et met en scène une foule animée sous une forêt de parapluies.

 

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La pluie est ici un prétexte pour favoriser la rencontre amoureuse. Par galanterie, un homme propose d'abriter une jeune femme sous son parapluie. Notons que la petite fille, au premier plan, est ravissante et que son regard exprime une délicieuse intensité.

 

Ceux qui comme moi ont conservé leur âme d'enfant apprécieront Totoro et son parapluie!

 

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Dans Mon Voisin Totoro, film d'animation de Hayao Miyasaki, un drôle d'esprit de la forêt tisse une amitié poétique avec la charmante petite Mei et sa soeur Satsuki...

 

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Cet été à Paris, le parapluie est encore et toujours de mise! Mais il paraît que le soleil va bientôt briller...

 

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A travers l'épaisse couche nuageuse, quelques rayons lumineux font scintiller la surface de l'eau. On aperçoit la coupole cuivrée de l'Hôtel de Salm, Musée de la Légion d'Honneur et des ordres de chevalerie.

 

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La Seine vue depuis la pointe nord-ouest de l'île Saint-Louis. On aperçoit sur la droite la mystérieuse Tour Saint-Jacques.

 

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Quai de Bourbon, le petit batelier du Franc Pinot rame sur fond de tempête.

 

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Les gargouilles de Notre-Dame contemplent l'orage qui se réactive.

 

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Mais de temps à autre, le vent violent souffle les nuages et une belle éclaircie apparaît.

 

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L'orage n'a cependant pas dit son dernier mot... A peine le temps de gagner les Tuileries et la houle des nuages enveloppe ce beau vase aux têtes de bélier.

 

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Le jardin se vide peu à peu...

 

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La grande roue de la fête foraine aussi.

 

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Mais dans tout ce gris éclate la chatoyante palette des roses, des églantines et des roses trémières.

 

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Les Alcea Rosea, (plantes vivaces de la famille des Malvacées), dirigent leurs hampes robustes vers le ciel en colère et leurs pétales veloutés nous enivrent de couleurs.

 

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Rose d'Outremer, passerose, primerose, rose papale ou bâton de Jacob, la rose trémière est une enchanteresse qui naît au gré du vent. Les Croisés des XIIe et XIIIe siècles ont bien fait de la ramener d'Orient.

 

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La tradition rapporte que si on fait un voeu en jetant des graines d'alcea par-dessus son épaule gauche, on sera entendu par les fées...

 

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Après cette promenade, dans la soirée, l'orage s'est dissipé. J'ai photographié ce ciel magnifique au-dessus de chez moi, à Sarcelles, dans le Val d'Oise.

 

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Il n'y a pas que du béton à Sarcelles. Nous le verrons dans quelques temps...

 

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A peine rentrée et déjà les nuages d'orage reviennent au galop...

 

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Courage, monsieur le Soleil!



Bibliographie

 

J. P. CHASSANY: Dictionnaire de météorologie populaire. Maisonneuve & Larose.

 

Charles NISARD: Histoire des livres populaires ou de la littérature de colportage.Fac-sim. Paris: 2° éd. en 1 vol. de E. Dentu, 1864. Paris: Amyot, 1854. Fig.

 

Jacques PAYEN et Gordon RATTRAY TAYLOR: Les Inventions qui ont changé le monde. Le Parapluie. Sélection du Reader's Digest, 1982.

 

Jean VERTEMONT: Dictionnaire des mythologies indo-européennes.Faits et Documents, 1997.

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Publié le par maplumefee
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Un franc soleil règne sur la capitale. Les mascarons du Pont-Neuf contemplent la Seine miroitante et je musarde, en délicieuse compagnie, sous les palmiers de Paris Plages...

 

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Du 20 juillet au 19 août 2012, de 8h00 à Minuit, les quais de Paris se transforment en lieux de villégiature estivale et de nombreuses activités gratuites sont au programme.

 

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La 11ème édition de Paris Plages est un peu particulière en raison du chantier qui occupe une partie de la voie Georges-Pompidou. La manifestation se concentre entre le quai des Tuileries et le Pont d'Arcole et plusieurs attractions se déroulent au Bassin de la Villette.

 

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Dans un décor ourlé de grandes vagues de bois, jaillit une forêt de parasols et d'oriflammes.

 

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Il est encore tôt mais dans une heure tout au plus les transats, les chaises et les confortables poufs et coussins aux couleurs anisées seront pris d'assaut.

 

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En attendant, l'occasion est bien trop belle de profiter des berges de la Seine vierges de tout véhicule à moteur et de contempler, d'une autre manière, l'architecture des ponts de Paris.

 

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Quand le soleil sera à son zénith, le jardin des brumes deviendra le refuge d'une foule ravie de se réapproprier l'espace urbain, de si agréable façon.

 

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Paris Plages, c'est aussi Paris verdure et Paris culture. Nous nous installons près de ce pot géant, à côté de la Bibliothèque éphémère Flammarion qui propose, chaque jour, un choix de trois cents ouvrages. De 11 heures à 19 heures, quai de la Mégisserie, il suffit de laisser sa pièce d'identité pour emprunter les livres désirés.

 

Les promeneurs sont séduits par un généreux florilège d'activités: cours de Taï Chi, de danse de salon, chasse aux trésors, Ludo Plage pour les enfants de 3 à 6 ans, boulodrome, espace baby foot, ateliers éducatifs, lecture...

 

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Le service public « Eau de Paris » met à la disposition des visiteurs deux machines à gazéifier et un stand d’eau fraîche avec distribution gratuite de sirop, tous les jours de 16h à 19h. Malgré l'affluence, chacun est servi dans une ambiance sympathique. Des fontaines réparties sur la longueur du parcours permettent également de s'hydrater.

 

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En cas de fortes chaleurs, cette douche insolite permet de se rafraîchir de pied en cap!

 

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Les établissements Lafarge sont l'un des sponsors de la manifestation. Ils sont responsables de l'extraction et de l'acheminement du sable de Paris Plages.

 

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Ce sable alluvionnaire, doux et particulièrement fin, vient de la carrière de Bernières-sur-Seine, dans l'Eure. Son gisement date du Quaternaire (entre 100000 et 800000 ans avant J.-C.) et se situe dans le lit d’un ancien méandre de la Seine.

 

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Roulé par les courants du fleuve, le sable s’est déposé, au fil du temps, sur les terres normandes, près des Andelys. Il est exploité à partir du sous-sol des anciennes boucles de la Seine.

 

Quelques jours avant que ce château soit érigé, j'ai photographié l'installation de la « plage » parisienne.

 

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De grandes barges, actionnées pas un pousseur, remontent la Seine jusqu'à Paris sur près de 180 kilomètres.

 

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Le fleuve est un moyen de transport écologique. Six barges fluviales sont capables d'acheminer le contenu de 250 camions!

 

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Pendant toute la saison de Paris Plages, le sable subit des analyses régulières, un entretien et un nettoyage rigoureux. A la fin de l’évènement, il est récupéré, traité, désinfecté et recyclé dans les jardins, les bacs à sable, les hippodromes, les manèges à chevaux et les équipements sportifs de la ville.

 

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Au cours de l'édition 2011, ce sable aux grains si fins a servi à réaliser le château de la Belle au bois dormant et les adorables Minnie et Mickey.

 

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D'un château à un autre...

 

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Un an plus tard, devant la bibliothèque éphémère, je profite d'une vue imprenable sur la Conciergerie tout juste restaurée. Ce vestige de l'ancien Palais de la Cité a des allures de château féerique mais l'Histoire y a semé son lot de tragédies...

 

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Les tours en poivrière qui rythment la majestueuse façade ont retrouvé depuis peu leur éclat. Les tours jumelles datent du règne de Philippe le Bel (1268-1314) qui fit remodeler et agrandir le palais. La Tour de César, à gauche, fait référence à la présence romaine dans l'Île de la Cité et la Tour d'Argent, à droite, garde le souvenir du trésor royal.

 

La tour isolée ou Tour Bonbec est la plus ancienne de l'édifice. Ses soubassements datent du règne de Saint-Louis (1214-1270) mais elle fut surhaussée au XVIe siècle et coiffée de sa tourelle conique. Elle abritait la sinistre salle où était pratiquée la question.

 

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A l'angle nord-est du palais, se dresse la Tour de l'Horloge, tour de guet rectangulaire au clocheton fin et scintillant. Je vous conterai bientôt son histoire et celle de la magnifique horloge qu'elle abrite...

 

Grâce à l'ouverture des voies sur berge, nous bénéficions d'un panorama exceptionnel sur l'Île de la Cité. Appuyée contre la balustrade, je savoure la subtile palette des couleurs et la beauté porcelainée du ciel.

 

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Les arches gracieuses du Pont au Change chevauchent la Seine, au pied de la Conciergerie, entre la rive droite et l'Île de la Cité.

 

Initialement, un pont fut construit, au IXe siècle, sur le grand bras du fleuve. Ce Grand Pont devint Pont au Change en raison des boutiques de courtiers de change, d'orfèvres et de joailliers qui y étaient installées. Détruit par un incendie en 1621, l'ouvrage fut reconstruit entre 1639 et 1647. Le nouveau pont en maçonnerie, qui comportait sept arches, était alors le plus large de Paris. Il subit des réparations en 1740 mais les maisons qu'il supportait étaient si imposantes et serrées les unes contre les autres qu'elles furent rasées en 1786. On imagine à loisir combien le paysage était différent...

 

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Le pont actuel fut construit, entre 1858 et 1860, sous le règne de Napoléon III et décoré de l'insigne impérial. Le Pont Saint-Michel fut reconstruit à la même époque et sur un modèle identique. Il se situe, dans l'alignement du Pont au Change, entre l'Île de la Cité et la rive gauche de la Seine.

 

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A l'occasion de Paris Plages, les abords du pont se transforment en île aux trésors.

 

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L'imagination s'anime auprès du bateau pirate et de la jolie sirène qui garde ses secrets. Cette plage artificielle dans un lieu insolite rencontre un vif succès, je peux vous l'assurer!

 

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J'aime cheminer sous les arches des ponts. Entre les piles profondes, les remous de l'eau sont électriques et l'écume danse sous les étraves des bateaux. Gorgées de lumière, les algues lèchent les vieux quais.

 

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Alors que j'approche du Pont Notre-Dame, une étrange voix frissonne dans la pierre. A travers le joyeux brouhaha environnant, elle chuchote les splendeurs et les outrages du temps.

 

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Cet ouvrage composite traverse le grand bras de la Seine, entre le quai de Gesvres et le quai de la Corse, sur l'Île de la Cité. Il se dresse, depuis 1853, à l'emplacement d'un des premiers ponts antiques de Paris. Entre 1910 et 1914, ses cinq arches furent réduites à trois et depuis, son arche centrale métallique dessine un bel arc étiré.

 

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Ce mascaron, sculpté sous le Second Empire, décore l'une des arches primitives. Dieu du fleuve nourricier, il sourit aux promeneurs qui découvrent ou redécouvrent ce patrimoine luxuriant.

 

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Bleu des oriflammes qui dansent dans l'air facétieux, bleu du ciel peuplé de nuages moutonnants, encre féerique de l'eau... les couleurs s'entrelacent et composent un magnifique tableau. On aperçoit le dôme du Tribunal de Commerce qui domine l'une des arches de pierre du Pont Notre-Dame, la pointe de la flèche de la Sainte-Chapelle, les tours de la Conciergerie et l'élégante silhouette du Pont au Change.

 

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Les nuages déferlent, le vent souffle des rumeurs de tempête mais le soleil va vite reprendre l'ascendant. Les ponts qui s'enchaînent dessinent un subtil réseau de veines irriguant le coeur flamboyant de la Cité.

 

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Je m'arrête un instant pour contempler le feuillage jade sombre de ce palmier, amusante incongruité dans l'architecture parisienne...

 

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… et me voici revenue vers le Pont-Neuf qui m'a déjà inspiré un article que vous pouvez retrouver en passant par le lien suivant: Les secrets du Pont-Neuf.

 

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Depuis la création de Paris Plages, j'y suis allée chaque année et j'ai vu croître l'engouement pour cette manifestation bon enfant, originellement destinée à accueillir ceux qui ne partaient pas en vacances.

 

Je déplore que des langues de vipère traitent les promeneurs de Paris Plages de « parasites » et les accusent, depuis une décennie, de « vampiriser les impôts des honnêtes gens ». Certains ont prétendu que des virus et des « maladies honteuses » sévissaient dans ce qu'ils qualifient de « sanicrotte géant ». J'ai donc résisté à onze étés de flâneries gourmandes et culturelles dans un pareil endroit!!!

 

Même s'il ne s'agit pas d'une vraie plage, l'opportunité de se détendre, de pique-niquer et de jouir du spectacle des ponts de Paris sous un angle différent séduit un public varié. Quant à la joie des enfants, elle est communicative!

 

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Notre promenade s'achève face au Pont des Arts et à l'Institut de France mais avant de clore cet article, je voudrais vous montrer un de mes lieux préférés. On n'y accède pas cette année à cause des travaux en cours sur la voie Georges-Pompidou.

 

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A l'ombre des piles du Pont Marie, j'ai tissé de bien agréables souvenirs. La vue est peut-être moins spectaculaire qu'ailleurs mais le calme ambiant formait un contraste bienvenu avec la joyeuse agitation ambiante. Lors des précédentes éditions de Paris Plages, la Bibliothèque éphémère Flammarion se situait à côté.

 

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Les solitaires, les rêveurs et les gourmands de lecture aiment cet endroit... J'y ai laissé naviguer mes pensées à fleur d'eau...

 

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J'ai cependant bien apprécié mes visites à Paris Plages en cet été 2012 et j'ai l'intention d'y retourner avant la fin de l’évènement.

 

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Je suis ravie de vous retrouver et je vous remercie pour les gentils messages que vous avez déposés sur mon blog pendant cette pause estivale!

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #carrousel, #fut, #paris, #pont, #seine

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Ce vaste ouvrage, dont l'architecture unit classicisme et modernité, chevauche les eaux changeantes de la Seine, entre le Quai Voltaire et les Guichets du Louvre. Appelé autrefois Pont des Saints Pères, il fut initialement construit dans le prolongement de la rue des Saints Pères, ancienne rue Saint-Pierre, située à la frontière des 6e et 7e arrondissements de Paris.

 

 

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Vue sur le Quai Voltaire avec la coupole de l'Institut de France, à l'arrière-plan.

 

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La même vue sur ce cliché de 1946, trouvé sur le site de la Médiathèque de l'architecture et du patrimoine.

 

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Vue sur les majestueux Guichets du Louvre qui feront l'objet de mon prochain article.

 

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Avant la création du Pont du Carrousel, les marchandises et les matériaux ne pouvaient pas franchir la Seine dans « l'espace » contenu entre le Pont-Neuf et le Pont Royal. Quant au Pont des Arts, édifié en 1804 sur l'initiative de Napoléon Ier, il était réservé aux seuls piétons.

 

Le roi Louis Philippe fut le commanditaire d'un premier pont, voie neuve commerciale élaborée par Antoine-Rémy Polonceau (1778-1847), un ingénieur épris de modernité qui travaillait comme inspecteur divisionnaire aux Ponts et Chaussées. L'ouvrage, baptisé Pont du Carrousel, fut inauguré le 30 octobre 1834.

 

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La tendance de l'époque était aux ponts suspendus mais, entre 1831 et 1834, Polonceau conçut un pont en arc doté d'une audacieuse structure en fonte et en bois. Plusieurs de ses contemporains se déchaînèrent aussitôt contre « l'ingénieuse merveille », critiquant son étrange esthétique et lui reprochant d'être incompatible avec le passage des péniches.

 

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Le Pont du Carrousel, en 1839, dans le Guide pittoresque du Voyageur en France.

 

Les cercles de fer qui décoraient les rambardes et les arcatures du pont reçurent le sobriquet de « ronds de serviette » et l'ouvrage fut ironiquement appelé « hôtel des courants d'air ».

 

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Le Pont du Carrousel dans le Paris Illustré.

 

Il fut ouvert à la circulation en 1835 et en 1847, des statues monumentales signées Louis-Messidor Petitot furent installées à chacune de ses extrémités. Ces allégories de la Ville de Paris, de la Seine, de l'Abondance et de l'Industrie constituent le décor de l'ouvrage actuel.

 

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Les quatre anciens piédestaux étaient en fonte, peints à l'imitation de la pierre. Ils accueillaient les bureaux des percepteurs du droit de péage.

 

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Le Pont du Carrousel vu du Pont Royal, vers 1859, sublime épreuve sur papier albuminé de Gustave Le Gray(1820-1884).

 

La circulation augmentant sous le Second Empire, le Baron Haussmann envisagea de faire élargir l'ouvrage mais le projet fut abandonné à cause du conflit franco-prussien de 1870. En 1883, on remplaça une partie des poutres et des traverses du tablier et en 1906, les éléments en bois disparurent au profit du fer martelé.

 

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En 1896, l'architecte Édouard Bérard (1843-1912) conçut un projet de pont triomphal sur la Seine, face aux Guichets du Carrousel, dans la perspective de l'Exposition Universelle de 1900. Il proposa d'utiliser du ciment armé pour la structure et du plomb et du cuivre pour le décor. Il imagina deux statues monumentales et une proue de navire géante pour symboliser la ville de Paris.

 

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L'esquisse du projet, trouvée sur le site du Musée d'Orsay.

 

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Entre 1935 et 1939, le pont fut entièrement reconstruit, quelques dizaines de mètres en aval, d'après les plans des ingénieurs Henri Lang, Jacques Morane et Henri Malet.

 

 

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Cette merveille de technicité, constituée de trois arches en béton armé, fut insérée dans un revêtement en pierre de taille pour se fondre dans le décor majestueux du Louvre et des quais de la Seine. Sa longueur est de 168 mètres pour une largeur de 33 mètres.

 

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Pénétrer dans ses profondeurs est un mystérieux voyage, rythmé par les chuchotements de l'eau.

 

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La reconstruction du Pont du Carrousel, 1936, par Jean Texcier(1888-1957).

 

Ce tableau, conservé au musée Carnavalet, décrit l'importance des travaux effectués et la puissance des infrastructures déployées pour la circonstance. Les berges de la Seine furent réaménagées et les ports du Louvre et des Saints-Pères disparurent au profit d'un mode de vie plus industrialisé.

 

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Quand les Ponts et Chaussées sollicitèrent le sculpteur ferronnier Raymond Subes (1893-1970) pour l'éclairage des lieux, celui-ci se heurta à plusieurs contraintes. A cause de la proximité du Louvre, les lampadaires ne devaient pas paraître trop « modernes » ni s'élever à plus de 13 mètres (la hauteur des toitures du palais). Il fallait aussi que la portée des lumières soit de 20 mètres.

 

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Il conçut alors un ingénieux dispositif composé d'obélisques télescopiques atteignant 12 mètres de hauteur le jour et 22 mètres la nuit. Ils ont été hors service pendant de longues années mais la Ville les a fait restaurer dans le cadre des illuminations liées au passage à l’an 2000.

 

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L'ossature d’acier fut recouverte d’une tôle de cuivre repoussé et le mécanisme originel remplacé par un système de treuil automatisé, permettant à ces insolites pylônes-candélabres de retrouver leur fonction initiale, pour un coût de 6,8 millions de francs...

 

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En 1940, comme tous les stocks de cuivre devaient être répertoriés par l'administration d'Occupation, Raymond Subes dissimula les lampadaires dans les souterrains du pont et poursuivit son travail en secret. Il les restaura après la Libération et les fit installer, en 1946, aux extrémités du monument, sur les plans de l'architecte Gustave Umdenstock.

 

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Depuis plusieurs décennies, la silhouette Art Déco de ces étonnantes vigies crée une animation singulière et colorée dans le paysage.

 

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Les statues qui décoraient l'ancien pont du Carrousel ont été installées aux angles de l'ouvrage moderne. Elles sont l'oeuvre du sculpteur Louis-Messidor Petitot (1794-1862) qui fut l'élève et le collaborateur du maître Pierre Cartellier (1757-1831).

 

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La Ville de Paris, sur la rive gauche, en amont du fleuve.

 

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Gardienne intemporelle des secrets de l'eau, elle arbore, majestueuse, un sceptre et une couronne à créneaux.

 

Il existe une parenté stylistique entre les allégories du Pont du Carrousel et les statues monumentales des grandes villes de France, sculptées vers 1838, pour la Place de la Concorde. Deux d'entre elles, Lyon et Marseille, sont nées sous le ciseau de Louis Petitot.

 

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La ville de Marseille

 

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La ville de Lyon

 

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La Seine, sur la rive gauche, en aval du fleuve.

 

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Couronnée de palmes et parée de bijoux, elle tient une amphore d'où s'échappe l'eau nourricière, substance vitale de Paris.

 

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L'Abondance, sur la rive droite, en aval de la Seine.

 

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Ses attributs évoquent la prospérité (corne d'abondance, coffret à bijoux) et la prédominance des arts dans la capitale (lyre, couronne...).

 

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Dans la mythologie grecque, la corne d'abondance (cornucopia) ornait le front de la chèvre Amalthée, la nourrice du roi des dieux. Mais d'après certaines légendes, le puissant Hercule ôta une corne au dieu fleuve Achéloos, métamorphosé en taureau et les Nymphes transformèrent cette corne mâle de fécondité en corne d'abondance.

 

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Merci au site de numismatique en ligne sacra-moneta.com pour ces photos de monnaies anciennes.

 

Conque magique, elle est une source inépuisable de richesse, de nourriture et de bienfaits, attribut de Ploutos, le dieu grec de l'abondance et de la Terre Mère sous ses multiples appellations: Gaïa, Tellus, Épona, Fortuna...

 

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L'Abondance, en contrejour, dans ses atours de nuages...

 

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Et sur cette photo de 1940, signée Noël Le Boyer. (Médiathèque de l'architecture et du patrimoine).

 

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L'Industrie, sur la rive droite, en amont de la Seine. La statue revêt les attributs du dieu Mercure: le caducée dans la main droite et le chapeau ailé ou pétase.

 

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Le caducée n'est pas seulement l'emblème de la médecine, il est aussi celui du commerce et il symbolise la force, l'abondance et la prospérité.

 

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La statue tient dans la main gauche un marteau, symbole de l'Industrie et attribut d'Héphaïstos, le dieu grec du feu et de la forge.

 

Appelé Vulcain par les Romains, Héphaïstos était le maître du feu souterrain, des volcans et de la métallurgie. Il forgea les armes des dieux de l'Olympe et leur érigea des palais somptueux. Il fabriqua des armures pour les humains et leur enseigna l'art de travailler le métal. Dieu artisan, démiurge et initiateur, il régnait, d'après certaines traditions, sur les Mystères des Cabires, divinités intermédiaires entre les esprits de la terre et du feu.

 

 

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L'Industrie, photographiée par Charles Marville(1813-1879) en 1852. (The Metropolitan Museum of Art). On aperçoit le petit bureau où l'on devait s'acquitter du droit de péage.

 

 

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Le programme iconographique du Pont du Carrousel exalte la puissance économique de la ville (Abondance et Industrie) et le caractère public de la réalisation (allégories de la Seine et de Paris) mais le monument se réfère aussi à la grandeur passée.

 

Les carrousels étaient des spectacles militaires équestres, originaires d'Italie, qui remplacèrent les tournois interdits en France après la disparition tragique d’Henri II.

 

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Le roi, époux de Catherine de Médicis, fut mortellement blessé le 10 juillet 1559, lors d'une joute l'opposant au comte Gabriel de Montgomery.

 

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La Place du Carrousel s'étend à l'ouest du Palais du Louvre. Elle préserve le souvenir du carrousel donné par Louis XIV, les 5, 6 et 7 juin 1662, pour célébrer la naissance du Dauphin.

 

Le mot «carrousel» fut apporté d’Italie par les armées de Charles VIII. Il dérive du latin carrus sol et de l'italien carozela qui signifie «char du soleil».

 

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Cette huile sur toile, réalisée vers 1670 d'après une gravure d'Israël Silvestre (1621-1691) entra, en 1836, dans les collections du château de Versailles.

 

Un luxueux ouvrage consacré à cet opéra équestre parut en 1670. Trente sept gravures d’Israël Silvestre et de François Chauveau illustrent les textes de Charles Perrault.

 

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(BNF, Estampes et Photographie, RES PD-10B, Folio 25V-Folio 26.)

 

Le carrousel des 5, 6 et 7 juin 1662 se déroula dans ce qu'on appelait à l'époque les jardins de la Grande Mademoiselle, devant 15000 personnes installées dans un amphithéâtre en bois. Une tribune monumentale fut dressée devant le pavillon central du palais des Tuileries, destinée à la reine mère Anne d’Autriche, à la reine Marie-Thérèse et aux dames de la cour. Les participants (au nombre de 1299) se divisèrent en cinq quadrilles portant les noms de puissantes nations. Le décorateur Henri de Gissey (1621-1673) réalisa pour l'occasion de nombreux costumes d'apparat.

 

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Louis XIV, vêtu en empereur de Rome et paré d'attributs solaires, menant les cavaliers Romains.

 

Son écu arborait un soleil resplendissant dont l'éclat somptuaire dissipait les ténèbres.

 

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Les Perses furent guidés par Monsieur, frère du Roi.

 

Monsieur exhibait un bouclier décoré d'une lune et de la devise « Uno sole minor », ce qui signifie «Seul le soleil est plus grand que moi».

 

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Les Turcs, conduits par le prince de Condé.

 

Le prince arborait un croissant orné de la devise « Crescit ut ascipitur », soit «Il augmente selon qu’il est regardé».

 

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Le duc d’Enghien dirigeant les Indiens.

 

Le duc portait pour emblème une planète frappée des mots « Magno de lumine lumen », soit: «Lumière qui vient d’une plus grande»…

 

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Le duc de Guise, costumé en Roi d'Amérique.

 

Les cavaliers s’affrontèrent dans des courses de bagues et de têtes, mêlant jeux de précision et simulacres de combat.

 

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Il s'agissait de saisir une bague, en plein galop, avec la pointe d'une lance et d'atteindre, avec une épée ou une lance, des têtes en papier mâché ou figurées sur une plaque de bois. Ces têtes de turc, de maure ou de Méduse cédaient parfois la place à un faquin, mannequin en paille anthropomorphe. La course de têtes fut remportée par le marquis de Bellefonds, futur Maréchal de France et la course de bagues, par le comte de Sault, héritier de la puissante lignée des Lesdiguières, Pairs de France. Le mot « pair » désignait les vassaux les plus importants du roi de France. Étymologiquement, le mot signifie « égal » du roi.

 

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En cheminant sur les berges du fleuve, je songe à ce ballet équestre, joute de fantaisie d'une ampleur exceptionnelle, qui détermina le choix du nom de l'ouvrage et vit s'affirmer le mythe solaire de Louis XIV.

 

Autrefois, le Pont du Carrousel était désigné de trois façons par les Parisiens. Ils l'appelaient indifféremment Pont du Louvre, Pont des Saints-Pères et Pont du Carrousel mais en 1905, alors que s'affrontaient les partisans de la laïcité et les inconditionnels de l'église catholique, certains se mobilisèrent contre le nom "Saints-Pères". Le Conseil Municipal prit alors la décision, en 1906, de lui attribuer le patronyme de Pont du Carrousel.

 

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Vue sur le Pont Royal et la Gare d'Orsay, à quelques encablures réelles et imaginaires...

 

Aimé des promeneurs et des artistes mais moins fréquenté que le Pont des Arts, le Pont du Carrousel offre une gracieuse perspective sur les bords de Seine.

 

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L'eau y affleure avec sérénité mais ses pierres gardent en mémoire le souvenir d'un sinistre évènement. Le 1er mai 1995, trois manifestants issus du cortège du Front National, ont poussé dans la Seine Brahim Bouarram qui s'est noyé à la verticale du pont.

 

Le principal accusé a été condamné, le 15 mai 1998, à huit ans de prison ferme, par la Cour d'assises de Paris et le 1er mai 2003, le maire de Paris a célébré la mémoire du disparu par la pose d'une plaque commémorative.

 

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Une cérémonie est organisée depuis, chaque année, là où le drame s'est déroulé.

 

Le Pont du Carrousel dans les Arts

 

Les ponts de Paris, les quais et les berges de la Seine ont profondément stimulé l'inspiration des artistes. A travers un florilège d'oeuvres et de sensibilités, le Pont du Carrousel dévoile sa silhouette évolutive, ses beautés classiques et contemporaines, et nous invite à voyager au fil du temps.

 

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Chaland chargé de barils devant le Pont du Carrousel, 1841, par François-Marius Granet(1775-1849).

 

Dans ce paysage hivernal, surgit la silhouette fantomatique du pont qui domine la Seine gelée et se fait absorber par un épais brouillard. L'oeuvre suscite une mystérieuse impression, comme si les structures de la modernité se délitaient irrémédiablement face aux puissances de la Nature.

 

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Le Pont du Carrousel, 1879, par Edmond Yarz (1846-1920).

 

Plusieurs oeuvres de cet artiste décorent la Salle des Illustres du Capitole de Toulouse, sa ville natale.

 

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Le Pont du Carrousel, 1886, par Vincent Van Gogh(1853-1890).

 

Le pont fut l'un des thèmes privilégiés de l'artiste, émanation de ses recherches sur les vibrations de l'atmosphère et la poétique des éléments. Force réelle autant que mystique unissant les éléments du paysage, le pont symbolise la communication mais aussi le passage entre les âges de la vie. Cette toile est caractéristique de l'époque où Vincent rejoignit son frère Théo, galeriste à Montmartre et où il enrichit sa vision de l'art par l'exploration des techniques impressionnistes et néo-impressionnistes.

 

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Le Louvre et le Pont du Carrousel, Effet de Nuit, 1890, par Maximilien Luce(1858-1941), peintre néo-impressionniste.

 

Sa touche est représentative de la technique du pointillisme, développée par Georges Seuratet Paul Signac.Elle consiste à juxtaposer des petites touches de couleurs primaires (rouge, bleu, jaune) et complémentaires (orange, violet, vert). Le regard recrée alors une alchimie subtile entre les couleurs secondaires, les ombres miroitantes et la lumière. L'artiste nous offre ici un spectacle nocturne de pure beauté, à fleur de Seine et de ciel.

 

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Vers 1903, Pierre Bonnard (1867-1947) nous livre sa vision des lieux dans cette toile intitulée Sur le Pont du Carrousel et conservée au Los Angeles County Museum of Art.

 

L'artiste adorait saisir le spectacle des espaces urbains et décrire, avec une palette toute en légèreté, la vie de leurs habitants, absorbés dans leurs rêveries ou leurs activités quotidiennes, délicatement sublimées. Son oeuvre, empreinte de recueillement et de spiritualité, est représentative de l'art des Nabis, mouvement anti-académique né vers 1888 et préfigurant les recherches et les codes picturaux de l'Art Nouveau.

 

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En 1907, Edward Hopper (1882-1967) peignit le Pont du Carrousel dans le brouillard. Le « peintre de l'Amérique profonde » fut séduit par ce pont qui exprimait la puissance industrielle de son époque et les angoisses d'un monde en pleine mutation.

 

De par sa position géographique privilégiée, le pont du Carrousel a « envoûté » de nombreux artistes. Le romancier Henry Miller (1891-1980) adorait y flâner, à l'orée de ses pages d'écriture. Anatole France (1844-1924) appréciait tout particulièrement les statues de Louis Petitot. Le pont apparaît dans une poésie de Rainer Maria Rilke (1875-1926) et dans les Chants de Maldoror du Comte de Lautréamont (1846-1870)...

 

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En 1890, dans cet autoportrait-paysage intitulé Moi-même,le Douanier Rousseau (1844-1910) se représenta, avec son habituelle originalité, devant le pont du Carrousel. Les éléments de la composition (bateau au mât décoré de petits drapeaux, montgolfière, cheminées des bâtiments en arrière-plan, Tour Eiffel que l'on devine en filigrane, couple miniature au bord de l'eau) façonnent un univers empreint de féerie et d'élégante modernité.

 

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La Senna, al mattino, da Pont du Carrousel, une oeuvre de l'artiste contemporain Paolo Frongia.

 

Le 24 janvier 2012, Juliette Gréco a offert à son public un album intitulé Ça se traverse et c'est beau. Elle y évoque, avec éclectisme et limpidité, les ponts de Paris, le temps qui s'écoule et la Seine au gré de ses métamorphoses. Elle s'est entourée pour l'occasion de nombreux artistes: Marc Lavoine, Mélody Gardot, Abd al Malik, Amélie Nothomb, Philippe Sollers... Cette ode aux cycles de la vie, aux émotions et aux Belles-Lettres sonne comme une croisière musicale, prélude à de fascinantes traversées...

 

« Rue des Saints-Pères jusqu'à la Seine

Le Pont du Carrousel serait un détour

Rendez-vous Cour Carrée avec mon amour

Dans deux minutes. Il faudrait que j'y coure

Le long du quai Malaquais jusqu'au Pont des Arts

En deux minutes, c'est impossible. Je serai en retard

Juliette est une diva, Juliette n'attendra pas

il manque un pont à Paris. Le Pont Oblique,

Qui relie la Cour Carrée à la rue des Saints-Pères.

Pourquoi Diable aurait-on inventé la Seine,

Si ce n'est pour qu'elle coule sous des ponts ? » (Amélie Nothomb).

 

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Sources et Bibliographie

 

Corinne DOUCET: Les académies d'art équestre dans la France d'Ancien Régime. 2007.

 

Henry-Louis DUBLY: Les ponts de Paris. Paris: Veyrier, 1973.

 

Charles DUPLOMB: Histoire générale des ponts de Paris. Paris, 1911.

 

R. FILIPPI: Le nouveau pont du Carrousel, à Paris, dans "La Technique des Travaux", mai 1937.

 

Marc GAILLARD: Quais et Ponts de Paris. Amiens: Martelle Editions, 1996; p. 205.

 

Jacques LE LONG et Charles M. FEVRET DE FONTETTE: Bibliothèque Historique de la France. 1775.

 

Bernard MARREY: Les ponts modernes, vingtième siècle. Paris: Picard, 1995; p. 279.

 

Serge MONTENS: Les plus beaux ponts de France. Paris, Bonneton, 2001; p. 199.

 

Pylônes d'éclairage du pont du Carrousel à Paris, dans "Ossature métallique", décembre 1949, v. 14.

 

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #alexandre, #iii, #paris, #pont, #sculptes

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Je vous invite à cheminer dans un théâtre à ciel ouvert où s'épanouit une forêt de candélabres baroques. La fantaisie est de mise dans cet univers raffiné où les couleurs fusionnent avec les reflets de l'eau et du ciel.

 

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Il y a quelques mois, ce superbe ouvrage m'a inspiré un article mais j'ai souhaité en écrire un second, agrémenté de photos prises dans la belle lumière de l'été.

 

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Le Pont Alexandre III se situe entre le 7e et le 8e arrondissement de Paris, dans l'axe somptuaire de l'esplanade des Invalides. Il fut construit à partir de 1897 et inauguré en même temps que l'Exposition Universelle de 1900.

 

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Il dessine un arc très étiré qui chevauche la Seine sur une longueur de 107 mètres et conduit à deux prestigieux édifices: le Grand et le Petit Palais. L'ensemble mesure environ 160 mètres.

 

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Les ingénieurs Jean Résal et Amédée Alby et les architectes Joseph Cassien-Bernard et Gaston Cousin orchestrèrent cette prouesse technique et artistique.

 

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Sous la direction d'Alfred Picard, commissaire général de l'Exposition Universelle de 1900, et de Joseph Bouvard, directeur de l'architecture, ils élaborèrent un pont métallique très surbaissé, le premier du genre, lié à chaque rive par un viaduc de maçonnerie.

 

En raison de la très importante poussée horizontale, il fallut renforcer les berges de la Seine et répartir la charge entre les immenses fondations.

 

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Le pont symbolise l'amitié franco-russe, initiée par le tsar Alexandre III, empereur de toutes les Russies, roi de Pologne et grand-duc de Finlande. Ce dernier signa en 1893 l'Alliance franco-russe avec le Président français Sadi Carnot et l'entente se poursuivit après la mort des deux hommes en 1894.

 

Nicolas II, le fils d'Alexandre III, posa la première pierre de l'ouvrage, le 7 octobre 1896, en compagnie du Président Félix Faure.

 

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Le 14 avril 1900, le Président Émile Loubet ouvrit l'Exposition Universelle et inaugura le Pont Alexandre III, axe d'élégance reliant l'esplanade des Invalides à l'avenue Winston Churchill.

 

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Quatre majestueux pylônes de 17 mètres de hauteur, couronnés par des statues dorées, se dressent aux extrémités de l'ouvrage.

 

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Ils soutiennent des groupes sculptés qui représentent « la Renommée tenant Pégase. »

 

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Pégase, le cheval ailé, naquit du sang de la gorgone Méduse, décapitée par le héros grec Persée. En frappant la terre d'un coup de sabot, il donna naissance à la source des Muses, appelée Hippocrène. Le héros Bellérophon le chevaucha pour décimer la Chimère, un monstre terrifiant.

 

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Célébré par les poètes et représenté dans l'art depuis l'Antiquité, Pégase est l'émanation d'une ancienne divinité du ciel et des orages. Quand il galope dans les nuages, il engendre les éclairs et le tonnerre ou dissipe le temps troublé.

 

Lié à la symbolique des sources et des eaux vives, il apparaît aussi comme la résurgence d'un dieu chthonien. Il tisse l'énergie tellurique et établit, à l'instar des chamanes, une communication subtile entre les mondes. Son vol est interprété comme une allégorie de l'immortalité de l'âme.

 

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Il fut métamorphosé en constellation par Zeus, le seigneur de l'Olympe. (Image Futura Sciences).

 

Invoqué par les poètes pour faire jaillir l'inspiration, il est le compagnon ou la monture de la Renommée.

 

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Dans la Grèce ancienne, cette divinité ailée, fille de la déesse Gaïa, la Terre, était dotée d'une myriade d'yeux et de bouches et se présentait comme la messagère des dieux. Dans la Rome antique, elle devint une gracieuse jeune femme tenant une trompette.

 

La Renommée des Arts

 

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Réalisée par Emmanuel Fremiet (1824-1910), sculpteur incontournable de la IIIe République, elle tient fièrement la bride de Pégase. Ses ailes de fée semblent pulser dans la lumière. Associée à la Victoire et à la Vertu, elle brandit parfois, en plus de la trompette, une corne d'abondance ou un rameau d'olivier.

 

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La France de Charlemagne, oeuvre d'Alfred-Charles Lenoir, trône, appuyée sur des lions, à la base du pilier.

 

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Elle tient dans la main gauche une pomme vermeille ou crucifère.

 

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Ce globe surmonté d'une croix est un emblème de pouvoir terrestre, céleste et universel. Il évoque aussi l'abondance et la paix. Appelé Pomme d'Empire, il était le symbole de l'Empire Byzantin et du Saint-Empire romain germanique.

 

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Ce fruit solaire, hypostase végétale de la Pierre Philosophale, est l'un des symboles de l'Art Royal ou Alchimie. Matrice de connaissance, ouvrant la voie vers l'immortalité, la pomme crucifère est le signe alchimique de la terre, fertile, guérisseuse et sage, associée au légendaire Nicolas Flamel.

 

Gardienne du lever de l'aurore, la pomme crucifère symbolise aussi le O, cercle de l'amour universel attribué à la déesse Vénus. Pour les hermétistes de la Renaissance, elle représentait une version stylisée de l'Ankh, la croix ansée égyptienne.

 

En tenant le globe crucifère, la France s'impose comme l'héritière légitime de la Rome antique. Elle évoque l'émergence d'une nouvelle ère et la victoire sur les forces obscures.

 

La Renommée de l'Agriculture

 

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Elle fut réalisée par Gustave Michel, ainsi que la France Contemporaine ou Pacifique, située en dessous.

 

La Renommée porte des épis de blé et brandit une branche feuillue. L'arabesque de son bras accompagne le mouvement gracieux des ailes de Pégase. Dans les grimoires d'iconologie, elle est représentée avec une chaîne en or et un pendentif en forme de coeur.

 

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Couronnée de feuilles de chêne, la France revêt une tenue finement parsemée de feuilles et de rinceaux. Son visage s'inspire de celui de la tsarine Alexandra Feodorovna.

 

La Renommée au Combat

 

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Créée par Pierre Granet, elle souffle dans la trompette pour appeler les forces divines. Son bras droit levé reflète l'attitude de Pégase, cabré pour s'élancer dans les airs. On aperçoit la Toison d'Or à tête de bélier, emblème de conquête guerrière et de virilité.

 

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Sur la colonne est appuyée la France de Louis XIV, sculptée par Laurent Honoré Marqueste.

 

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La majestueuse allégorie soutient une petite Victoire dorée ou Niké. Cette déesse ailée, vêtue d’une longue robe drapée, tient une couronne de laurier et la palme du triomphe, offerte aux vainqueurs des compétitions sportives et des jeux du cirque. Elle est souvent représentée sur les trophées et les boucliers.

 

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Admirez la finesse du bouclier fleurdelysé...

 

La Renommée de la Guerre

 

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Réalisée par Clément Steiner, elle entraîne Pégase dans une charge héroïque.

 

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La France Renaissante ou France de la Renaissance, sculptée par Jules-Félix Coutan, se situe en dessous.

 

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La draperie qui l'entoure dessine un mouvement sensuel et mystérieux. Sa grande épée d'or scintille dans la lumière. Une petite statue se love contre son flanc gauche.

 

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Les Génies des Eaux

 

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L'enfant au poisson ou le génie au trident, sculpté par André Massoule. Il se dresse en amont, sur le parapet gauche du pont, comme une vigie suspendue entre le ciel et l'onde.

 

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La fillette à la coquille, sculptée par Léopold Morice.

 

On la rencontre en amont, sur la rive droite du pont. Elle nous attire avec douceur vers les secrets de la mer qui chuchotent à son oreille.

 

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L'enfant au poisson fantastique, sculpté par Léopold Morice. Il appartient au cortège de la belle Amphitrite, néréide et déesse marine, et se situe en aval, sur la rive droite du pont.

 

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Messager de Poséidon, le dieu des océans qui s'éprit d'Amphitrite, le dauphin devint une constellation, en remerciement de ses bons et loyaux services.

 

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La Néréide, sculptée par André Massoule.

 

Cette gracieuse figure, issue du cortège de Poséidon, se situe en aval, sur le parapet gauche du pont. Elle est l'une des cinquante filles de Nérée, dieu marin primitif, et de Doris, une océanide, gardienne des eaux de fécondité.

 

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Le Bestiaire des lieux

 

Un monde luxuriant de créatures aquatiques s'offre à notre regard. Cet ensemble décoratif caractéristique de la Belle-Époque a survécu, avec le Grand et le Petit Palais, à l'Exposition Universelle de 1900.

 

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Des poissons aux lignes ondoyantes, voluptueusement caressés par la lumière...

 

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Les cadenas que l'on aperçoit sont laissés par des amoureux qui les considèrent comme des amulettes de bonheur et de chance. Le Pont des Arts, situé face au Louvre, est, à cet égard, particulièrement apprécié.

 

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De belles grenouilles qui contemplent la Seine...

 

Symboles de vie et de résurrection, gardiennes des eaux et des âmes, elles incarnent la terre fécondée par la pluie. Elles aimantent par leur chant l'énergie lunaire et la force nourricière des nuages.

 

 

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Le lézard, symbole de vigilance et de vivacité, émanation du feu créateur et de la terre féconde... Il évoque, par ses mues, les cycles calendaires et jaillit, selon certaines traditions, des reflets solaires mêlés à l'eau d'un puits, d'une fontaine ou d'une source sacrée.

 

Gardien des richesses matérielles et spirituelles, il accueille le promeneur au bord du fleuve.

 

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Un dauphin fantastique appuyé sur des congélations, des guirlandes de coquillages et de flore aquatique, des oursins et des escargots de mer...

 

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Symboles d'opulence et de fécondité, les coquillages sont les « enfants des dieux ». Jaillis du souffle de l'Océan primordial, ils sont bercés par les déesses de l'amour et de la fertilité. On peut entendre, en les frôlant, l'enivrante gamme des sons originels...

 

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  Ce délicat mascaron se love dans un songe gracieux...

 

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Des sirènes et des rostres de navires décorent la partie basse des piliers.

 

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Laissons-nous envahir par un chant mystérieux mais gare à ne pas passer par-dessus bord!

 

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Sur chaque rive, un lion et un enfant, réalisés par Georges Gardet (rive gauche) et Jules Dalou (rive droite), ornent l'extrémité de la balustrade.

 

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Les Candélabres

 

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La fée lumière triomphe, avec poésie et magnificence, grâce aux trente deux candélabres répartis le long de la promenade. Vingt huit candélabres à trois branches et quatre candélabres à cinq branches composent, à fleur de ciel, une forêt de laiton et de cristal.

 

Ils rappellent ceux du Pont de la Trinité, à Saint-Pétersbourg, sur la Néva.

 

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La première pierre de ce pont-levant fut posée, le 24 août 1897, en présence du président français Félix Faure, de l'empereur Nicolas II et de Jules Goüin, le président de la Société de construction des Batignolles, entrepreneur du Pont Alexandre III. Le Pont de la Trinité fut inauguré en 1903. (Image Structurae). 

 

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A l'entrée du Pont Alexandre III, des angelots, réalisés par le sculpteur Henri Désiré Gauquié, forment une ronde animée autour de ce candélabre à cinq branches.

 

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Les trépieds des candélabres sont décorés de motifs en alliage cuivreux.

 

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Les armes de la ville de Paris.

 

L'emblème de la puissante corporation des Nautes ou Hanse des Marchands de l'Eau qui administrait la municipalité au Moyen Âge: « Fluctuat nec mergitur », « Il flotte mais il ne sombre pas ».

 

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L'aigle bicéphale de la Russie des tsars.

 

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Le coq gaulois, emblème du soleil et de la France.

 

Symbole du dieu Hermès dans l'Antiquité, il annonce avec fierté le lever de l'aurore. Il chante au point du jour, annonçant l'achèvement de l'Oeuvre Alchimique. Il est « l'Helios ixis », « celui qui arrive au soleil », gardien de l'Élixir, « l'eau d'or » ou « or de l'aura », né dans l'athanor de la Nuit...

 

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Le R et le F entrelacés de la République Française, sur un fond luxuriant de feuilles de chêne.

 

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De superbes vases se dressent au bord des escaliers.

 

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De part et d'autre du pont, des Nymphes monumentales ont été réalisées par Georges Récipon, l'auteur des Quadriges du Grand Palais tout proche. On trouve en aval les Nymphes de la Seine et en amont, celles de la Néva, fleuve russe mythique.

 

 

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L'ossature du pont se compose de puissants arcs d'acier et d'une forêt de poutrelles.

 

Élaboré dans les Usines du Creusot, le pont fut mis en place à partir d'éléments préfabriqués, ce qui constituait un procédé novateur pour l'époque. Il fallut une autorisation spéciale pour l'utilisation de l'acier, encore réservé aux constructions militaires.

 

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Cette porte ouvragée est celle du Showcase, une boîte de nuit située côté rive droite, dans les contreforts du pont. Aménagée dans un hangar à bateaux désaffecté, elle accueille, depuis fin 2006, des concerts et des enregistrements d'émissions télévisées.

 

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Au crépuscule...

 

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Tel un monde enchanté, peuplé de créatures mythologiques, le Pont Alexandre III nous dévoile sa riche iconographie consacrée au thème de la mer. Il nous invite à contempler la Seine où scintille l'âme de Paris. Depuis le dôme doré des Invalides, la perspective qui le traverse nous conduit vers les Champs-Élysées, contrée des héros antiques. Sa beauté romantique conjugue le souffle des légendes et les splendeurs théâtralisées d'une époque d'intenses bouleversements. Il incarne une féerie suspendue, entre ciel et eau, qui se mêle aux innovations techniques, caractéristiques d'une nouvelle ère.

 

Personnalités associées à la création du Pont Alexandre III

 

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Le Tsar Alexandre III (1845-1894).

 

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Le Président français Sadi Carnot (1837-1894). Portrait réalisé par Théobald Chartrain.

 

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Le Tsar Nicolas II (1868-1918).

 

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Le Président Félix Faure (1841-1899).

 

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Le Président Émile Loubet (1838-1929).

 

Alfred Picard (1844-1913): Ingénieur, administrateur public, polytechnicien, il fut aussi Ministre de la Marine et occupa de nombreux postes . Il dirigea d'importants travaux dans les domaines militaire et ferroviaire. Il fut le Commissaire Général de l'Exposition Universelle de 1900.

 

Joseph Bouvard (1840-1920): De 1897 à 1911, il dirigea les services d'Architecture, des Promenades, des Plantations, de la Voirie et du Plan de la Ville de Paris. Il organisa de nombreuses fêtes et des expositions publiques, comme les Expositions Universelles de 1889 et de 1900.

 

Jean Résal (1854-1919): Ingénieur.

 

Amédée Alby (1862-1942): Ingénieur.

 

Joseph Cassien-Bernard (1848-1926): architecte, élève de Charles Garnier (1825-1898), le constructeur de l'Opéra qui porte son nom.

 

Gaston Cousin : architecte.

 

Emmanuel Fremiet (1824-1910): sculpteur.

 

Alfred-Charles Lenoir (1850-1920): sculpteur.

 

Gustave Michel (1851-1924): sculpteur.

 

Pierre Granet (1843-1910): sculpteur.

 

Laurent Honoré Marqueste (1848-1920): sculpteur.

 

Clément Steiner (1853-1899): sculpteur.

 

Jules-Félix Coutan (1848-1939): sculpteur.

 

André Massoule(1851-1901): sculpteur.

 

Léopold Morice(1846-1920): sculpteur.

 

Henri Désiré Gauquié (1858-1927): sculpteur.

 

Georges Récipon (1860-1920): sculpteur.

 

Georges Gardet (1863-1939): Sculpteur animalier, il fut l'élève d'Emmanuel Fremiet.

 

Aimé-Jules Dalou (1838-1902).

 

Bibliographie

 

Emmanuel BÉNÉZIT: Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs.Édition de 1999. 14 volumes.

 

Marc GAILLARD: Quais et Ponts de Paris. Amiens: Martelle, 1996.

 

Félix LAZARE: Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments. Paris: Vindun, 1844-1849.

 

Gustave PASSARD: Nouveau Dictionnaire Historique de Paris. 1904.

 

Félix DE ROCHEGUDE: Promenades dans toutes les rues de Paris. Paris: Hachette, 1910.

 

Paul VIAL: L'Europe et le Monde de 1848 à 1914. Paris: Éditions de Gigord, 1968.

 

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Au-delà des miroitements de la Seine, vibre la splendide verrière du Grand Palais...

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #dame, #montent, #paris, #rose, #tour

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Je vous remercie pour vos nombreux messages d'amitié, vos cartes postales, vos pensées gorgées de réconfort et votre soutien sans faille.

 

Tout doucement mais sûrement, mon énergie se reconstitue. J'espère reprendre mes activités fin octobre ou début novembre.

 

En attendant, je vous offre cette belle aux atours voluptueux, accompagnée d'un florilège de vues de Paris. Promenons-nous, pour le plaisir, entre lieux intimistes et monuments connus, sur les chemins buissonniers de la capitale...

 

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J'ai rêvé que le coeur de Paris battait près de l'eau, dans un coffret de pierre moussue, ciselé par les gargouilles de Notre-Dame.

 

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Et la clef du coffret était suspendue, à la barbe des nuages, sur l'échine de la Tour Eiffel...

 

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Notre-Dame et la Dame de Fer préservent les secrets de Paris. Bibliothèques d'Art et d'Histoire aux piliers de Poésie, tant de siècles les séparent et pourtant...

 

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Elles se mirent dans le ciel, s'enivrent des rumeurs de l'eau, s'élancent, avec une éternelle jeunesse, entre les racines de la ville et les mystères étoilés.

 

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La Tour Eiffel, entre deux averses estivales, bienveillante envers la joyeuse cohue qui s'étire entre ses drôles de jambes. Chaque fois que je la contemple, le vent chuchote à mon oreille ce poème de Maurice Carême (1899-1978).

 

 

« Mais oui, je suis une girafe,

M’a raconté la tour Eiffel,

Et si ma tête est dans le ciel,

C’est pour mieux brouter les nuages,

Car ils me rendent éternelle.

Mais j’ai quatre pieds bien assis

Dans une courbe de la Seine.

On ne s’ennuie pas à Paris :

Les femmes, comme des phalènes,

Les hommes, comme des fourmis,

Glissent sans fin entre mes jambes

Et les plus fous, les plus ingambes

Montent et descendent le long

De mon cou comme des frelons

La nuit, je lèche les étoiles.

Et si l’on m’aperçoit de loin,

C’est que très souvent, j’en avale

Une sans avoir l’air de rien. »

 

Ce festin d'écriture, aux allures de comptine, célèbre celle qui a essuyé tant de mépris à ses débuts. Certains esprits se crispent avant d'évoluer, c'est ainsi...

 

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Celle qui chevauche les modes fut taxée de monstre, de Tour de Babel, de gribouillis d'encre infâme sur le ciel de Paris. On voulut éclater « son corps de cheminée d'usine » alors que d'autres voyaient en elle une reine de puissance mathématique, un nouvel arbre de vie, une vigie des utopies...

 

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Je l'ai photographiée de près comme de loin, dans la ronde des saisons...

 

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Entre 1887 et 1889, son audacieuse ossature jaillit d'un magma de gravier, d'un lacis de poutrelles métalliques, d'une forêt de boulons d'ancrage et de puissants arbalétriers. Elle fut inaugurée par Gustave Eiffel, le 31 mars 1889, et ouverte au public le 15 mai 1889, pour l'Exposition Universelle.

 

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Elle fut chantée, en 1893, par la facétieuse Yvette Guilbert (1865-1944).

 

« Le bon Dieu, les saints et les saintes

Regardent par les trous du ciel

L'instrument que Monsieur Eiffel

Vient de dresser dans nos enceintes.

Ils discutent. Le Dieu des dieux,

Qui, vu son âge, est un peu myope,

Prononce : "C'est un télescope."

Jésus dit : "Papa devient vieux !"

 

Pierre, craignant pour sa ferrure,

Dit : "Nous sommes perdus, Seigneur,

C'est une pince-monseigneur

Pour crocheter notre serrure."

Jésus, depuis sa passion,

Redoutant toujours la souffrance,

Dit : "Ça, c'est un pal que la France

Élève à mon intention."

 

"Non, c'est une échelle hardie",

Dit Michel le conquérant.

"C'est un flambeau", dit saint Laurent

Qui craint toujours quelque incendie.

Alors la Vierge qui sourit

Dit à son tour, et toute rose :

"C'est un mystère, quelque chose

Dans le genre du Saint-Esprit ! »

 

(Paroles et musique de Léon Xanrof, 1867-1953).

 

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Cette vigie de 300 mètres faillit disparaître au premier janvier 1910, date à laquelle se terminait la concession accordée à Gustave Eiffel! Mais elle survécut grâce au Réseau Télégraphique sans Fil (TSF) dont l'importance fut hautement stratégique pendant la Première Guerre Mondiale. Au fil du temps, elle se révéla indissociable des évolutions technologiques et de l'histoire « moderne » de Paris.

 

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La Dame de Fer était autrefois appelée « l'épingle à chapeaux ».

 

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Fascinante verticalité de la tour, des lampadaires et des pylônes du Pont Alexandre III,
dominé par Pégase et la Renommée d'or.

 

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En cheminant le long de la Seine, dans le sillage des bateaux de songes, nous évoluons d'une dame à une autre. De l'ère du fer aux secrets maçonniques de la pierre, du Paris du futur à celui des légendes et des roses de lumière, le temps s'écoule à rebours...

 

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Aux merveilles de Notre-Dame, j'ai prévu de consacrer plusieurs articles. A l'ombre de ses délicates broderies, j'ai noirci les pages de nombreux carnets, escaladé sa flèche d'argent, emporté dans mes nuits son fabuleux bestiaire.

 

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Quand mes textes auront suffisamment « décanté » dans le creuset alchimique de mes pensées, je vous les offrirai...

 

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Au chevet de la cathédrale, les roses sont reines. Tendons l'oreille, en frôlant leurs sublimes livrées de velours et d'épines, et nous entendrons peut-être chuchoter les mystères du vieux Paris, danser les sabots des licornes et crépiter le souffle des dragons...

 

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Des jupons soyeux, des courbes parfumées...

 

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Des roses d'automne dont les appas se fanent sous les assauts de la pluie...

 

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Au gré du macadam, Paris devient jardin, pépinière de couleurs, de sons et de parfums. La Nature et la ville savent dialoguer, s'entrelacer, réinventer le paysage.

 

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Dans de nombreux endroits, la Nature n'est pas ordonnancée. Elle s'épanouit à sa guise et s'enrichit des graines semées aux quatre vents par des urbains qui rêvent de campagne et façonnent autour d'eux un petit monde bucolique.

 

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Aux Tuileries se révèle une majestueuse géométrie de l'espace, un subtil équilibre entre rigueur à la française, luxuriance et fantaisie. Dans ce royaume chatoyant, j'écoute respirer le marbre des vasques et des statues.

 

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La douce atmosphère du petit matin...

 

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Avant que tombent les voiles de la nuit...

 

Au Palais-Royal, je me love dans les frondaisons des tilleuls et le rire de l'eau, pendant que les roses dévoilent leurs secrets.

 

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Sub rosa, « Sous le sceau du silence. »

 

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On peut ouvrir son coeur dans le parfum des roses... Lors des festins antiques, quand on échangeait des propos sous une rose suspendue, on se plaçait sous la protection d'Harpocrate, le dieu du silence. La confidentialité des mots partagés était alors de mise.

 

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Au Luxembourg, je musarde sous le regard des Blanches Dames, Reines de France et Femmes illustres qui, depuis le règne de Louis-Philippe (1830-1848), couronnent la partie haute du jardin.

 

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Clémence Isaure, la mythique fondatrice des Jeux Florauxde Toulouse, à l'époque médiévale. Elle fut superbement sculptée par Auguste Préault, en 1848.

 

Paris fait palpiter l'imagination. On y rencontre des cavaliers dans les arbres, de mystérieux totems, des amants éternels...

 

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Le long de la Promenade du Cours-la-Reine, se dresse le monument équestre à Albert Ier (1875-1934), le Roi des Belges. Cet arrière petit-fils du roi Louis-Philippefit son possible pour assurer la neutralité de la Belgique à la veille de la Première Guerre mondiale. Il refusa d'accorder le passage à l'armée allemande mais, le 3 août 1914, son pays fut envahi. Il prit la tête de ses troupes et s'efforça de relever sa chère patrie, dévastée par le conflit. Quand il perdit la vie dans un accident, les Français, attristés, lancèrent une souscription pour honorer ce valeureux allié, à travers un portrait équestre, réalisé par le sculpteur Armand Martial (1884-1960).

 

Dans quelques temps, je consacrerai un article au Cours-la-Reine et au monument à Albert Ier. Mais cette rencontre dans les vertes frondaisons m'a donné l'occasion de saluer et de remercier pour leur gentillesse mes ami(e)s de Belgique.

 

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Le chevalier des ombres...

 

A travers les branches qui semblent jaillir d'un conte hivernal, il galope, insensible au tumulte de la ville.

 

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A deux pas de l'Espace Champerret, dans le XVIIe arrondissement de Paris, ce mystérieux totem est une porte insolite vers un lieu mythique des années 1980: la Main Jaune, première boîte de nuit d'Europe réservée aux patins à roulettes. Mais après être restés à l'abandon et avoir accueilli un collectif d'artistes, les lieux seront bientôt revendus. Quelle sera leur vocation nouvelle?

 

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Les pas des amoureux résonnent sur les pavés de Paris mais la Fortune en a réuni certains « pour l'éternité », de manière réelle ou symbolique, à différents endroits de la capitale.

 

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Acis et Galatée, dans les moirures de la Fontaine Médicis.

 

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Le tombeau d'Héloïse et Abélard, amants réels à la passion mythique, au cimetière du Père-Lachaise. Arraché au supplice de l'absence, leur souvenir est étendu parmi les tombes moussues ou fracassées par le temps.

 

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Regards croisés d'Héloïse et d'Abélard, sur une porte d'époque Louis-Philippe.

           
 

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Il y a toujours dans Paris un coin de nature, une bulle verdoyante, une émulsion de couleurs et de parfums, un monument qui attise ma soif d'écrire et mon imagination.

 

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La Tour Saint-Jacques, vestige de l'église Saint-Jacques de la Boucherie (XIIe siècle, reconstruite au XVIe siècle et démolie en 1797), emporte mes pensées vers le ciel. Au carrefour de la rue de Rivoli et du boulevard de Sébastopol, ce monument gorgé de mystère domine un square où j'adore m'installer.

 

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Située dans l'axe de la rue Nicolas Flamel, la tour est considérée comme un chef d'oeuvre du gothique flamboyant. Sa riche ornementation est associée, depuis fort longtemps, aux secrets de l'alchimie.

 

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D'après la tradition populaire, un fabuleux trésor serait enterré, dans les entrailles de Paris, et accessible par les profondeurs de la tour. Mes pas m'ont guidée tant de fois vers cette gardienne des légendes de Paris...

 

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Mais il est temps de redescendre, après cette ascension vertigineuse, et de succomber au charme de cette fleur à la robe immaculée.

 

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Puisse-t-elle exprimer l'amitié que je ressens pour vous!

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #aime, #gre, #incipit, #paris, #rues
Entre Paris et moi une rouge attirance
Tissée au gré du vent et toujours plus intense
Cité d'eau et de pierre aux encres chimériques
Je vogue par ses rues réelles et féeriques...

 

Oh oui, j'aime Paris!
Son histoire foisonnante, ses cours secrètes, ses nids de verdure et ses ponts anciens et modernes qui chevauchent la Seine.
Au fil de ce blog, je vous invite dans mes territoires poétiques, au rythme des saisons, là où j'aime écrire, flâner, rêver et me régaler. J'espère vous communiquer la passion qui m'anime pour les petits détails cueillis au gré d'une promenade et susciter le plaisir...sans modération!

 

 

Référencement sur http://www.etoile-blog.com

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