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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

apollon

Publié le par maplumefee
Publié dans : #apollon, #chione, #deesse, #dieu, #neige

 

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La neige qui a recouvert le paysage le week-end dernier m'a donné envie de consacrer un billet à sa blancheur onirique et à la déesse de la mythologie grecque Chioné que j'avais évoquée il y a plusieurs hivers.

 

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© Chris Ortega, Dancing in the snow

 

Sans oublier le Poème du Mardi, en souvenir de Lady Marianne qui demeure dans nos cœurs et nos pensées... Un poème brodé de séduisante poudreuse, né sous la plume d'une poétesse contemporaine, Corinne Albaut, qui a écrit des « Comptines pour le temps de Noël », publiées chez Actes Sud Junior.

 

Le Bonhomme de Neige

 

Au nord de la Norvège

Vit un bonhomme de neige.

Il n'a pas peur de fondre,

Là-bas, la neige tombe

Pendant de très longs mois,

Il y fait toujours froid.

 

Et le bonhomme de neige,

Bien assis sur son siège,

Regarde les flocons

Voler en tourbillons.

 

Sais-tu ce que j'en pense ?

Il a bien de la chance

Pour un bonhomme de neige

D'habiter la Norvège.

 

Corinne Albaut

 

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Déesse de la neige dite Chioné, nuit de Noël, 1905, par René-Jules Lalique (1860-1945).

 

Déesse qui règne sur les météores du froid, entité de la glace, du givre et de la neige, Chioné investit les paysages des villes et des champs, tissant de blanches dentelles et des soieries de nacre et d'argent au gré de sa progression.

 

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Dans la Grèce antique, Chioné/ Khiónê (Χιονη), principe féminin hivernal, déployait sa magie sur le corps ensommeillé de Dame Nature. Le terme Khiôn signifie « la neige ».

 

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Trois Chioné sont connues dans la mythologie.

 

La première Chioné est la fille de Borée, le dieu du vent du Nord et d'Orythie, séduisante princesse athénienne. Chioné eut un fils nommé Eumolphos avec Poséidon, le dieu de la mer. Un fils qu'elle n'éleva pas et qui fut confié à Benthésicymé, une princesse des eaux. (Les noms ne s'improvisent pas!)

 

Des auteurs comme le poète Homère (fin du VIIIe siècle avant J.-C.), dans l'Odyssée ; le grammairien Hygin (64 avant J.-C-14 après J.-C), dans Les Fables ; le géographe Pausanias (115-180 après J.-C.), dans la Périégèse ou encore le mythographe et encyclopédiste Apollodore (actif à Athènes vers 150 avant J.-C), dans La Bibliothèque évoquent les « aventures » d'une autre Chioné.

 

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Chioné par © Emily Balivet

 

Cette Chioné là, que l'on nommait « Blanche-Neige », était la fille d'un guerrier appelé Dédalion, un guerrier révéré pour sa vaillance et sa force au combat.

 

Dédalion était le fils d'Eosphoros, le « Porteur de la Lumière de l'Aurore » que l'on appelait également Étoile du Matin, Phosphoros, plus connu sous le nom de Lucifer. Eosphoros était le gardien du char de sa mère, la sublime Eos aux doigts de rose.

 

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A l'âge de quatorze ans, Chioné qui était déjà fort belle comptait de nombreux soupirants parmi lesquels se trouvaient les dieux Mercure et Apollon.

 

« Apollon et le fils de Maïa, revenant l'un de Delphes, l'autre, du mont Cyllène, en même temps ont vu Chioné, en même temps ils sont atteints d'une flamme imprévue. Apollon jusqu'à la nuit diffère ses plaisirs. Mercure, plus impatient, touche Chioné de son caducée, et soudain à ce dieu le sommeil la livre sans défense. Déjà la nuit semait d'étoiles l'azur des cieux; Apollon, à son tour, paraît sous les traits d'une vieille femme, et sous cette forme, il trompe la fille de Dédalion ». (Ovide, Métamorphoses).

 

Chioné fit l'amour la même nuit avec Apollon et avec Mercure. Neuf mois plus tard, elle donna naissance à des jumeaux qui n'avaient pas le même père : Autolycos (le fils de Mercure) et Philammon (le fils d'Apollon).

 

Autolycos, « Loup Véritable », devint l'un des plus célèbres voleurs de l'Antiquité, une sorte de Robin de Bois connu pour ses ruses et son panache. Il reçut de son père le don de ne jamais se faire prendre et des pouvoirs magiques. Il pouvait notamment changer l'apparence des animaux (il dérobait souvent des troupeaux) qu'il convoitait.

 

L'un des descendants d'Autolycos est le célèbre Ulysse, héros de l'Odyssée.

 

Philammon, le fils d'Apollon était quant à lui un jeune homme « doué pour les arts ». Devenu un musicien talentueux, il créa un chœur de jeunes filles dont les voix étaient réputées pour leur tessiture « céleste ».

 

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Chioné, Snow Bride par © Nene Thomas

 

Chioné, encore embellie par la maternité, continua d'être désirée par les mâles qui croisaient son chemin. Fière de ses attraits et d'avoir été aimée par deux dieux, elle osa comparer ses charmes à ceux de la déesse Artémis et prétendre qu'elle était plus séduisante que la déesse de la Lune et de la Chasse.

 

Artémis en prit ombrage. Elle mit en garde Chioné mais celle-ci persista dans ses dires. La déesse prit alors son arc d'argent et transperça d'une flèche la langue de Chioné.

 

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Nicolas Poussin (1594-1665), La mort de Chioné, 1622. Musée des Beaux-Arts de Lyon.

 

« Mais que sert à Chioné d’être mère de deux enfants, et d’avoir inspiré de l’amour à deux divinités ? Que lui sert d’avoir un père illustre et Jupiter pour aïeul ? Hélas ! la gloire elle-même n’est-elle pas fatale à plusieurs ? Ne le fut-elle pas à Chioné ? Elle osa se préférer à Diane et mépriser la beauté de la déesse. Diane irritée : « Peut-être, s’écrie-t-elle, ne mépriseras-tu pas mes flèches ». Aussitôt elle courbe son arc, tend la corde, et une flèche va traverser la langue de la criminelle Chioné. Elle veut parler ; sa langue est impuissante ; elle perd tout à la fois et son sang et sa vie. » Les Métamorphoses, Ovide, Livre onzième (441-442).

 

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Pour des auteurs comme Hygin et Ovide, on peut interpréter cette partie du mythe comme le retour des forces printanières. Chioné incarnant la blanche neige, le sang coulant de sa bouche favoriserait la naissance des fleurs sur la terre encore engourdie par le froid.

 

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Après la mort de Chioné, son père Dédalion, anéanti par le chagrin, se jeta du haut du Mont Parnasse mais le dieu Apollon décida de le sauver. Invoquant la lumière du soleil, il changea Dédalion en faucon ou en épervier.

 

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Chioné par © Michael Whelan

 

Une troisième Chioné associée à la neige était la fille du dieu fleuve Nil et de l'Océanide Callirhoé. Mariée à un époux brutal, un propriétaire terrien, elle fut délivrée par le dieu Mercure, sur l'ordre de Zeus, le seigneur des Olympiens. Emportée dans le ciel, elle fut transformée en un doux amas de nuages susceptibles d'apporter la neige.

 

D'après certaines croyances, elle pouvait apparaître sous la forme d'une fée...

 

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© Kat Mary

 

En vous souhaitant une myriade de belles choses, je vous dis merci pour votre fidélité...

 

Prenez bien soin de vous... Amicales pensées !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #apollon, #daphne, #dieu, #musee, #peintre

 

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Aux Tuileries, à Versailles, à Marly, à Sceaux..., dans une infinité de parcs et de jardins s'ébattent, au rythme capricieux des saisons, deux célèbres personnages de la mythologie gréco-romaine.

 

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A Sceaux, dans les Hauts de Seine, près du bassin de l'Octogone, dans une partie agréablement boisée du domaine qui entoure le château musée de l'Île de France, Apollon saisit Daphné qui se cambre dans un essai de fuite. L’œuvre est un moulage de pierre créé dans la deuxième moitié du XVIIe siècle à partir d'un marbre conservé dans l'Orangerie locale et qui n'est pas accessible. Ce marbre reproduit une sculpture de Gian Lorenzo Bernini, dit Le Bernin (1598-1680).

 

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Photo RMN

 

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Photo RMN

 

En 1622, le Cardinal Scipione Caffarelli-Borghèse (1577-1633) commanda cette œuvre éperdument baroque et le groupe original, achevé en 1625 et illustrant un passage des Métamorphoses d'Ovide (43 avant J-C-17 ou 18 après J-C), se laisse admirer à la Galerie Borghèse de Rome.

 

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Le mouvement suscité par les lignes foisonnantes et les corps en déséquilibre happe le regard.

 

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Daphné est une nymphe, fille du dieu fleuve Pénée et de la déesse Terre.

 

Après avoir vaincu le monstrueux serpent Python, Apollon rencontra Cupidon sur le bord du chemin. Il se vanta de sa réussite en raillant les sortilèges du chérubin. Piqué au vif, Cupidon décocha deux flèches, l'une, en or, sur Apollon qui s'éprit de la ravissante Daphné, et l'autre, en plomb, dans le cœur de la nymphe. Elle en éprouva de la répulsion pour les plaisirs charnels mais Apollon la poursuivit de ses assiduités. Épuisée, Daphné sollicita l'aide de son père et le dieu fleuve la métamorphosa en un bosquet de laurier rose (rhododaphné). Apollon la désigna alors comme son arbre sacré.

 

« (...) Une lourde torpeur envahit ses membres, une mince écorce ceint sa délicate poitrine, ses cheveux poussent en feuillage, ses bras s'allongent en rameaux ; ses pieds, il y a un instant, si rapides sont fixés au sol par de solides racines, la cime d'un arbre occupe sa tête ; de sa beauté, ne demeure que l'éclat.

 

Phébus, cependant, brûle de la même passion, la main droite posée sur le tronc, il sent encore, sous la nouvelle écorce, battre le cœur ; entourant de ses bras les rameaux - qui étaient les membres de Daphné - il étouffe le bois de baisers ; mais les baisers du dieu, le bois les refuse. Alors le dieu lui dit : " Puisque tu ne peux être ma femme, tu seras, du moins, mon arbre " ; laurier, tu pareras toujours ma chevelure, ma cithare, mon carquois ; (...) Péan avait fini de parler; alors le laurier inclina ses jeunes rameaux et on le vit agiter sa cime comme une tête. » (Péan est une épiclèse, c'est à dire une épithète associée à Apollon. )

 

Apollon rattrape Daphné au moment où débute la métamorphose. La nymphe lève les bras. L'écorce l'enveloppe jusqu'aux hanches et son corps dessine une arabesque souple et passionnée. Son sang devient sève et sa peau, ses doigts, sa chevelure se changent en feuilles ondoyantes. Simultanément, une expression d'effroi se lit sur son visage. Apollon saisit sa taille d'une main mais il ne peut la faire revenir à son humanité.

 

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Photo de Alvesgaspar

 

La sculpture du Bernin est une œuvre de jeunesse qui appartenait à un ensemble de quatre statues et groupes sculptés. Elle était placée de telle sorte que les visiteurs découvraient Apollon de dos, s'élançant à la poursuite de la nymphe qui commençait à se métamorphoser.

 

La présence de ce groupe sensuel et païen dans la villa du cardinal fut « justifiée » par un adage composé en latin par le cardinal Maffeo Barberini, futur pape Urbain VIII. Des mots gravés sur la base et disant : « Celui qui aime à poursuivre les formes fugaces du plaisir ne trouve que feuilles et fruits amers sous sa main. » Il fallait bien se justifier, en effet... Sourires !

 

 

Au fil des siècles, le mythe d'Apollon et de Daphné a profondément inspiré les artistes...

 

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Apollon et Daphné sont représentés à Pompéi, dans la Maison de l'Éphèbe, vers 70 après J.-C.

 

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On les retrouve dans les pages d'un recueil de sonnets italiens datant du XVe siècle.

 

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 Ils s'ébattent dans un tableau du peintre Antonio del Pollaiuolo (1429/33-1498), réalisé entre 1470-1480 et conservé à la National Gallery de Londres.

 

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J'aime beaucoup cette représentation de Daphné en argent ciselé, surmontée par une ramure de corail. Cet ornement de table fut créé, vers 1550, par Wenzel Jamnitzer (1507/08-1585), un célèbre orfèvre de Nuremberg. On peut l'admirer au Musée National de la Renaissance, à Écouen.

 

L'artiste décrit le moment où s'opère la métamorphose de Daphné. L’œuvre élégante et influencée par la statuaire antique révèle aussi le goût des artistes de la Renaissance pour l’exotisme et les univers marins.

 

Daphné repose sur un socle décoré de têtes d’anges et de mufles de lion d'où émergent des fragments de roches métamorphiques. Un certain mystère entoure cette pièce d'argenterie. Était-elle un luxueux centre de table associé aux armoiries d'un prince germanique, un ustensile médiéval appelé « languier » où l’on suspendait des « langues de serpent », dents de requin fossilisées utilisées pour détecter le poison, ou une « merveille », (mirabilia) recherchée par des collectionneurs?

 

Pêché en grande profondeur en Méditerranée, le corail rouge était réputé pour ses vertus prophylactiques. On le considérait comme une espèce étrange qui oscillait entre végétal et minéral. Très apprécié pour sa beauté, il était fréquemment utilisé dans les arts à la Renaissance.

 

 

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Apollon et Daphné par Paolo Caliari dit Véronèse (1528-1588), entre 1560 et 1565.

 

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Apollon et Daphné par Pierre Paul Rubens (1577-1640).

 

Cette huile sur bois conservée au musée Bonnat-Helleu, le musée des Beaux-Arts de Bayonne, est une étude réalisée en vue d'une commande pour le roi Philippe IV d'Espagne. On y retrouve les principales qualités artistiques de Rubens soit l'intensité du mouvement, le lyrisme narratif, les couleurs bruissantes.

 

 

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 A Versailles, Apollon et Daphné d'Antoine Coypel (1661-1722) se laissent admirer parmi les joyaux du Salon de Mercure.

 

 

Aux Tuileries, Apollon et Daphné s'animent au-dessus du bassin de l'exèdre sud, dans leurs atours de marbre blanc et semblent prendre leur élan.

 

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Daphné poursuivie par Apollon et d'Apollon poursuivant Daphné.

 

Le dieu du soleil, sculpté par Nicolas Coustou (1658-1733), et la nymphe des bois, réalisée par Guillaume Coustou (1677-1746), ornèrent, vers 1713–1714, un des bassins des Carpes du Parc de Marly. En 1798, on les plaça dans l'exèdre Sud des Tuileries où ils demeurèrent jusqu'en 1940.

 

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On les installa après la guerre au musée du Louvre où ils sont conservés.

 

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Apollon

 

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Daphné

 

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Apollon et Daphné, 1625, par Nicolas Poussin (1594-1665).

 

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Apollon et Daphné, 1681, par le peintre baroque Carlo Maratta (1625-1713).

 

 

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Apollon et Daphné, 1702, par Paolo de Matteis (1662-1728), peintre baroque italien.

 

 

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 Apollon et Daphné par René-Antoine Houasse (1645-1710), peintre décorateur du Grand Siècle et l'un des plus fidèles collaborateurs de Le Brun aux Tuileries et à Versailles.

 

 

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Cet éventail du XVIIIe siècle, conservé au Musée des Arts Décoratifs de Bordeaux, nous offre, par ses couleurs précieuses et son dessin raffiné, sa vision plus apaisée du mythe d'Apollon et Daphné.

 

 

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 Toujours sur le même thème, le Département des Arts Graphiques du Louvre conserve cette jolie miniature signée Jean-Honoré Fragonard (1732-1806).

 

 

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 Au musée Calvet à Avignon, on peut admirer ce tableau de l'école romaine du XVIIIe siècle, attribué à Pietro Bianchi (1694-1740) et très apprécié des historiens d'art pour la qualité de ses couleurs.

 

 

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 Ce bas-relief montrant Daphné surprise par Apollon provient de l'ancienne Folie de la Bouëxière, autrefois située dans le 18e arrondissement de Paris. Réalisé par Sébastien-Nicolas Adam (1705-1778), il est aujourd'hui conservé au Musée Carnavalet.

 

 

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Apollon et Daphné par Francesco Trevisani (1655-1746), peintre italien représentatif du Baroque tardif. L’œuvre est conservée au Musée de l'Ermitage.

 

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Apollon et Daphné par le graveur néerlandais Pieter Van Gunst (1659-1731).

 

 

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Apollon et Daphné par Michele Rocca (1671-1751), peintre baroque italien.

 

 

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Apollon et Daphné par le portraitiste et peintre d'histoire Jean-François de Troy (1679-1752). La sensualité de l’œuvre est remarquable !

 

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Apollon et Daphné, 1736, par Jean-Étienne Liotard (1702-1789), peintre, pastelliste et miniaturiste orientaliste qui s'est inspiré de la sculpture du Bernin.

 

 

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 Apollon, Daphné et le dieu fleuve, père de Daphné, par le maître vénitien Giambattista Tiepolo (1696-1770), toile conservée à la National Gallery de Washington.

 

 

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 Apollon et Daphné, 1771, par Johann Heinrich Tischbein l'Ancien (1722-1789). L’œuvre se trouve au musée de Cassel en Allemagne. Le travail de métamorphose au niveau des mains de Daphné est particulièrement réussi.

 

 

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Apollon et Daphné par le peintre italien néo-classique Andrea Appiani (1754-1817). L’œuvre est conservée à la Pinacothèque de Brera.

 

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 L'une de mes visions préférées du mythe d'Apollon et Daphné est sans conteste celle du peintre romantique et orientaliste Théodore Chassériau (1819-1856). Elle date de 1844.

 

La transformation de Daphné est sublimée par les couleurs voluptueuses, la pureté des lignes, la grâce et le romantisme qui émanent de la composition. Le corps lunaire, chrysalide sensuelle sur fond de sylve, et l'attitude suppliante d'Apollon nous offrent un spectacle d'une troublante beauté.

 

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 Je suis également sous le charme de la composition de John William Waterhouse (1849-1917) : Apollon poursuivant Daphné, 1908.

 

Le peintre, de sensibilité préraphaélite, nous livre une vision intime du mythe, centrée sur les jeux de regards et l'élégance des attitudes. La métamorphose s'opère dans un monde luxuriant où la femme devient une sorte de prêtresse épousant les forces de la Nature. Le tableau de Waterhouse révèle aussi une complexe attirance entre les personnages... On ne sent pas particulièrement de rejet mais des possibilités...

 

 

La manière dont les artistes représentent Apollon et Daphné est très souvent renouvelée comme en témoignent les œuvres que nous contemplons.

 

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Beauté formelle, conventionnelle et un brin glacée du couple, en 1810, par Robert Lefèvre (1756-1830), portraitiste et peintre d'histoire.

 

 

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 Ardeur et spiritualité avec Apollon et Daphné, en 1919, sous le pinceau d'Armand Point (1860-1932), le créateur de la Confrérie d'Hauteclaire à Marlotte, dans la forêt de Fontainebleau, un phalanstère d'art aux inspirations Symbolistes.

 

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Daphné, imaginée par l'illustrateur de féerie et de fantasy Arthur Rackham (1867-1939).

 

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Apollon et Daphné par George Spencer Watson (1869-1934), grand admirateur de l'art de la Renaissance Italienne, une course poursuite enflammée...

 

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Apollon et Daphné, 1940, par le sculpteur allemand Arno Breker (1900-1991).

 

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Apollon et Daphné, particulièrement « ravageurs » en 1969, dans la vision de l'illustrateur de fantasy Boris Vallejo, né en 1941.

 

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 Quelle intensité des regards et quel charme de la chair dans la représentation d'Apollon et Daphné par Hélène Knoop, une artiste norvégienne née en 1979 et inspirée par le Symbolisme et l'art de la Renaissance !

 

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Apollon et Daphné, en état de transe onirique, par l'artiste surréaliste espagnole Beatriz Martin Vidal.

 

Les relations d'Apollon et de Daphné, fascinantes, s'exercent à la fois dans le jardin et dans la sylve. Le mythe originel nous conte une histoire d'amour à la fois impossible et peut-être bien possible et l'on peut interpréter les rapports qui unissent le dieu et la nymphe de plusieurs manières.

 

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Apollon et Daphné par Georges Patsouras (Ggaddict sur DeviantArt)

 

-Daphné, victime d'un sort orchestré par le facétieux Cupidon (capable de donner autant que de reprendre, attention à ne pas contrarier ce sacré Chérubin!), est prise de frayeur à l'idée de vivre une passion charnelle avec Apollon. Elle s'échappe donc à travers la métamorphose, troquant son corps de femme contre une apparence végétale. L'amour ressenti par le dieu ne s'éteint pas pour autant...

 

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-Daphné, à la fois nymphe et vierge n'a pas encore opéré les transformations naturelles de son corps de femme. Elle a peur de vivre les modifications liées à la perte de la virginité et demande l'aide de son père afin d'échapper à l'amant fougueux représenté par Apollon... Le soleil qui brûle le sang ! L'état végétal peut donc être assimilé à un état de chrysalide verte dans lequel Daphné prend le temps nécessaire à la maturation de ses désirs et de ses sentiments.

 

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New Life par MrDexArts sur DeviantArt

 

-Daphné incarne les cycles de la Nature... En tant que « femme verte », elle est l'un des avatars de la Grande Déesse des temps anciens. Elle se refuse d'abord aux désirs du dieu puis elle se livre lorsque celui la rejoint, sur un même plan d'initiation...

 

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Tomasz Alen Kopera, artiste surréaliste né en 1976.

 

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Séverine Pineaux, Les Amants de la Sylve.

 

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Delphine Gache

 

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Joséphine Wall, Nature's Embrace...

 

A force de se poursuivre...wink2

 

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Gros bisous et merci de votre fidélité !

Plume

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Chers aminautes, je vous invite à poursuivre notre exploration des fabriques de la propriété Caillebotte, à Yerres. Après l'histoire des lieux, l'étude du terme « fabrique » dans l'art des jardins et la contemplation du kiosque, de la glacière et de la chaumière normande, nous voici, devisant, devant l'exèdre.

 

Dans l'antiquité gréco-romaine, l'exèdre était une composition architecturale destinée à former un espace de réunion. On y disposait des bancs en demi-cercle dans le but de favoriser la conversation.

 

Dans plusieurs grandes villes de l'Antiquité, les exèdres étaient des monuments très sophistiqués, richement décorés de statues qui représentaient des dieux et des donateurs et elles étaient parfois intégrées dans les façades des bâtiments publics : thermes, hippodromes, forums...

 

Les maisons patriciennes possédaient fréquemment une exèdre que l'on appelait « pièce de conversation », située le plus souvent face à la cour d'honneur ou « cour péristyle » de la demeure.

 

L'exèdre de la propriété Caillebotte, essentiellement décorative, est un hommage rendu à ces « possibilités » philosophiques d'autrefois.

 

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Des piliers surmontés de têtes sculptées rayonnent autour d'une statue centrale : L'Enfant à l'oie qui domine une vasque. Cet enfant est considéré comme le fils d'Asclépios, le dieu grec de la médecine. Il est censé combattre la fièvre paludéenne représentée par l'oie mais j'y reviendrai tout à l'heure.

 

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Les différentes têtes qui couronnent les piliers évoquent des personnages antiques : héros, dieux, philosophes mais elles ont été déplacées plusieurs fois et aucun document ne relate dans quel ordre elles se trouvaient à l'époque où la famille Caillebotte vivait dans la propriété. Aujourd'hui, nous pouvons reconnaître parmi elles...

 

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Asclépios, dieu médecin, fils d'Apollon et de Coronis, princesse de Thessalie (terre de haute magie) dont le nom signifie « corneille ». Dans sa jeunesse, Asclépios fut initié aux sciences, à la littérature et à l'art par le centaure Chiron.

La déesse Athéna lui fit don de deux fioles contenant le sang de la terrible Méduse. Ces fioles représentaient l'essence même de la médecine. Avec l'une d'elles, on obtenait un poison violent et avec l'autre, un puissant élixir de guérison.

 

Au XIXe siècle, on pouvait admirer près d'Asclépios des bustes de Pomone et de Vertumne, divinités protectrices des fruits et des jardins. Ils ont hélas disparu.

 

Il demeure le buste du philosophe Platon (-428/-348) qui rend hommage à l'esprit de discussion associé à la conception de l'exèdre.

 

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Platon

 

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A côté de Platon, un visage jeune et empreint de noblesse, longtemps assimilé à celui du dieu Vertumne, évoque Antinoüs (111-130 après J.-C.), favori infortuné de l'empereur Hadrien.

 

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Si vous désirez approfondir vos connaissances au sujet d'Antinoüs et d'Hadrien, je vous conseille la lecture des articles de monsieur Richard Lejeune, sur son blog Égyptomusée.

 http://egyptomusee.over-blog.com/2016/09/les-devenirs-d-antinous-de-la-fiction-romanesque-a-la-realite-archeologique.html

 (Il y a plusieurs articles, il suffit de suivre les liens...)

 

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Aux extrémités de l'exèdre, on aperçoit des vases qui sont des répliques de ceux réalisés par le sculpteur grec Sosibios d'Athènes vers l'an 50 avant J.-C.

 

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Méconnu aujourd'hui, Sosibios travaillait à Rome à la fin de la République et bénéficiait d'une aura de succès dans les milieux aisés. Plusieurs originaux de ses œuvres se trouvent au Louvre.

 

L'enfant à l'oie

 

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Au cœur de la composition, il nous séduit par la « joliesse » de ses lignes et la puissance de ses mouvements. Nombre de promeneurs qui passent par là pensent qu'il joue or ce n'est pas le cas. Il serre le cou de l'oie et selon les interprétations, soit il combat la fièvre paludéenne soit il impose sa domination sur l'oie pour lui faire rejoindre ses congénères sacrées du Temple d'Asclépios.

 

L’œuvre originale, en bronze, a été attribuée à Boéthos de Chalcédoine, sculpteur en activité vers l'an 200 avant J.-C. On en découvrit, en 1792, une copie antique en marbre sur la Via Appia, au sud de Rome, dans la Villa dite des Quintilii. En 1799, elle fit partie des saisies napoléoniennes et fut placée au Louvre, au Département des Antiquités grecques, étrusques et romaines.

 

Boéthos s'était inspiré d'une statuette citée dans Les Mimes du poète grec Hérondas qui vécut au IIIe siècle avant J.-C.

 

Les Mimes étaient dans l'Antiquité des petites scènes comiques représentant des gens de condition modeste dans l'ordinaire de leur vie. La statuette évoquait un enfant étranglant une oie et favorisant par ce geste la guérison de ceux qui la touchaient.

 

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Sur cette photo vous apercevez l'une des façades du Casin, bâtiment dont je vous ai parlé dans mon premier article consacré à la propriété Caillebotte. Les statues que l'on devine sont celles de Vénus et d'Apollon.

 

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L'enfant à l'oie a été représenté sur un timbre datant de 1955 et vendu au profit de la Croix-Rouge. Ce timbre a été dessiné et gravé par Jules Piel, artiste spécialisé dans ce qu'on appelle « l'art des figurines postales ».

 

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Bien connu des collectionneurs de timbres, d'enveloppes premier jour, de monnaies et de médailles commémorative, Jules Piel (1882-1978) a également dessiné des billets de banque et illustré des livres. Il a notamment réalisé de belles planches pour Les Lettres de mon moulin d'Alphonse Daudet et Le Cantique des Cantiques.

 

Je ne saurais que trop vous conseiller, si vous passez par Yerres, d'aller voir cette remarquable exèdre qui nous parle de culture, d'art et de philosophie. Ses éléments ont été « reconstitués » (du moins une partie) en 1998, par l'atelier de moulage du musée du Louvre, à l'occasion du 150e anniversaire de la naissance de Gustave Caillebotte (1848-1894).

 

A très bientôt, chers aminautes, pour la suite de cette promenade essonnienne. Prenez bien soin de vous en ces temps de fortes chaleurs. J'ai de grosses difficultés à me servir de mon ordinateur. Mes pages se « voilent », mon traitement de texte va à une vitesse de limaçon et les photos sont très difficiles à publier en dépit de leur poids et de leur taille considérablement diminués. Christophe a passé un temps fou à tenter de mettre cet article en ligne alors j'espère qu'il sera visible en entier... J'ai renoncé à y ajouter d'autres photos parce que ce n'était pas possible.

Merci de votre fidélité, gros bisous !

 

PS : Pour les amoureux des oiseaux...

 

Les oies photogéniques qui se dandinent sur le blog de Véronique (les oies du parc du château de Rambouillet)

http://www.laparisienneetsesphotos.com/les-oies-du-parc-du-chateau-de-rambouillet-a130519550

 

Les bébés mésanges de Laure (Mon jardin du bonheur) qui prennent si joliment leur envol (les petits ont quitté le nid)

 http://laurefeerie.canalblog.com/archives/2017/06/20/35390905.html

 

La famille cygne et les pigeons très amoureux qu'Annick a immortalisés avec son APN

 http://annick-amiens.eklablog.com/monsieur-et-madame-cygne-nous-presentent-leurs-petits-a130390858

 http://annick-amiens.eklablog.com/des-cygnes-aux-pigeons-a130415466 (attention, article classé X!!!)

 

 Un grand bol d'air marin avec le « voyage » de Zaza sur son île aux couleurs chatoyantes ! Il fait bon voler par là-bas pour se rafraîchir.

 http://zazarambette.fr/arrivee-a-bon-port/#more-6641

 

La poésie « Saturnine » de Jill qui m'a enchantée

 http://jill-bill.eklablog.com/saturnine-a130530194

 

La baignade de l'accenteur sur le blog de Shuki

 https://le-monde-de-shuki.blogspot.fr/2017/06/baignade-de-laccenteur.html

 

La balade médiévale de Canelle avec de drôles d'oiseaux en armure...

http://www.dinclo56.com/2017/06/fouras-et-les-medievales.html

 

Les oiseaux de Charles Trénet sur le blog de Gérard (Paris à nu)

 http://www.paris-a-nu.fr/les-oiseaux-de-paris-charles-trenet-1938/

 

Petit clin d’œil amical « à tire-d'ailes » à Linda et à Picasso

 http://ekla-de-nature.eklablog.com/asperule-odorante-a130462038

 

Ainsi qu'à Mamie Lucette

 http://chezmamielucette.eklablog.com

 

 

 

Chers aminautes, j'aime profondément ce que vous faites. Je ne fais pas de favoritisme, j'ai pris le thème avicole avec du premier et du second degré et si je vous ai oublié(s) ou si je n'ai pas vu vos billets du jour, j'en suis désolée...

 

 

 

A très bientôt

 

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #apollon, #daphne, #deux, #exedre, #fut

 


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De part et d'autre de la Grande Allée, deux bassins s'étendent sous les arbres, dans une atmosphère apaisante et romantique. Couronnés par un banc semi-circulaire appelé exèdre, ils sont parés de sculptures et bordés par une végétation luxuriante.

 

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Ils furent réalisés après la Révolution, quand le jardin devint « bien national ». La Convention décida la restauration des parties dégradées et la mise en oeuvre d'un programme d'embellissements.

 

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Dans ce contexte, le projet de restructuration du domaine des Tuileries fut confié, en 1794, au peintre Jacques Louis David (1748-1825), également député et grand ordonnateur des fêtes de la Révolution.

 

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Autoportrait de l'artiste, 1794.

 

Assisté par son beau-frère, l'architecte Auguste Cheval de Saint-Hubert, Louis David devait élaborer un ensemble monumental composé de galeries, de propylées, d'une palestre et des deux exèdres mais le projet fut désavoué après la chute de Robespierre.

 

Demeurent les fameuses exèdres, insérées dans la végétation et décorées de statues qui proviennent du Château de Marly, dans les Yvelines. Aujourd'hui, ce sont des moulages que nous contemplons, les originaux étant conservés au Musée du Louvre.

 

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Une exèdre est un édicule de pierre semi-circulaire ou rectangulaire qui dessine un banc, parfois décoré de niches et de statues. Dans la Grèce antique, cette structure architecturale était un élément privilégié des lieux publics, des sanctuaires, des agorae et des voies sacrées.

 

L'exèdre est associée à la conversation et à la philosophie. Espace de réunion où se réunissaient autrefois les poètes et les philosophes, elle offrait des banquettes de pierre décorées de dauphins, de rinceaux et de grandes feuilles d'acanthe. Parfois, on y représentait les donateurs qui les avaient fait ériger.

 

Dans la Rome antique, elle s'inséra, agrémentée de niches et de statues, dans les façades des monuments publics.

 

Les exèdres des Tuileries sont l'émanation d'une volonté patriotique se référant aux grandeurs helléniques.

 

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La séduisante Vénus Callipyge  de François Barois (1656-1726) règne sur l'exèdre Sud.

 

 

 

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On peut admirer au Louvre le marbre originel des années 1683-1686.

 

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Vénus Callipyge soulève son péplos et contemple ses courbes avenantes par dessus son épaule.

 

Les mots kallos: « beauté » et  pygos: « fesse » sont à l'origine du terme « Callipyge » et le mot « kalligloutos » se traduit par « aux jolies fesses ».

 

D'après l'érudit grec Athénée (IIe-IIIe siècle après J.-C.), il existait un temple dédié à Aphrodite des belles fesses, à Syracuse, en Sicile.

 

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Vénus Callipyge au musée archéologique national de Naples.

 

Les deux filles d'un fermier demandèrent à un jeune homme qui passait de désigner celle qui avait le plus joli postérieur. Après une observation assidue, il choisit l'aînée et s'éprit de sa beauté. Il retrouva ensuite son jeune frère à la ville et l'encouragea à aller contempler les charmes de la campagne. Le cadet suivit son conseil et fut séduit par la plus jeune soeur. Malgré les réticences de leur père, riche et âgé, les garçons épousèrent leurs sensuelles dulcinées. Elles fondèrent alors, en guise de remerciement, un temple dédié à la déesse aux jolies fesses.

 

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Les rotondités de la Vénus des Tuileries ont été voilées par le sculpteur Jean Thierry (1669-1739) afin de ne pas outrager la pudeur des dames!

 

D'après le théoricien chrétien Clément d’Alexandrie (vers 150 après J.-C.-vers 220), un culte érotique était dédié à la déesse aux courbes avenantes. Elle traversa les époques et inspira, au XVIIe siècle, un conte en vers au fabuliste Jean de La Fontaine (1621-1695).

 

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Les Contes sont aux adultes ce que les Fables sont aux enfants.

 

Les Contes et Nouvelles en vers furent écrits entre 1660 et 1693. Bien que frappés par la censure officielle, ils connurent un succès immense et s'imposèrent comme une oeuvre majeure de la culture galante. Les amateurs de littérature libertine apprécieront ces truculentes saynètes et les charmantes illustrations de Jean-Honoré Fragonard (1732-1806).

 

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Conte tiré d'Athénée

 

« Du temps des Grecs, deux sœurs disaient avoir

Aussi beau cul que fille de leur sorte;

La question ne fut que de savoir

Quelle des deux dessus l’autre l’emporte:

Pour en juger un expert étant pris,

À la moins jeune il accorde le prix,

Puis l’épousant, lui fait don de son âme;

À son exemple, un sien frère est épris

De la cadette, et la prend pour sa femme;

Tant fut entre eux, à la fin, procédé,

Que par les sœurs un temple fut fondé,

Dessous le nom de Vénus belle-fesse;

Je ne sais pas à quelle intention;

Mais c’eût été le temple de la Grèce

Pour qui j’eusse eu plus de dévotion. »

 

Quelques siècles plus tard, la Vénus Callipyge refleurit sous la plume de notre Georges Brassens national.

 

 

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« Que jamais l'art abstrait, qui sévit maintenant

N'enlève à vos attraits ce volume étonnant

Au temps où les faux culs sont la majorité

Gloire à celui qui dit toute la vérité

 

Votre dos perd son nom avec si bonne grâce

Qu'on ne peut s'empêcher de lui donner raison

Que ne suis-je, madame, un poète de race

Pour dire à sa louange un immortel blason

 

En le voyant passer, j'en eus la chair de poule

Enfin, je vins au monde et, depuis, je lui voue

Un culte véritable et, quand je perds aux boules

En embrassant Fanny, je ne pense qu'à vous

 

Pour obtenir, madame, un galbe de cet ordre

Vous devez torturer les gens de votre entour

Donner aux couturiers bien du fil à retordre

Et vous devez crever votre dame d'atours

 

C'est le duc de Bordeaux qui s'en va, tête basse

Car il ressemble au mien comme deux gouttes d'eau

S'il ressemblait au vôtre, on dirait, quand il passe

" C'est un joli garçon que le duc de Bordeaux ! "

 

Ne faites aucun cas des jaloux qui professent

Que vous avez placé votre orgueil un peu bas

Que vous présumez trop, en somme de vos fesses

Et surtout, par faveur, ne vous asseyez pas

 

Laissez-les raconter qu'en sortant de calèche

La brise a fait voler votre robe et qu'on vit

Écrite dans un cœur transpercé d'une flèche

Cette expression triviale : " A Julot pour la vie "

 

Laissez-les dire encor qu'à la cour d'Angleterre

Faisant la révérence aux souverains anglois

Vous êtes, patatras ! tombée assise à terre

La loi d'la pesanteur est dur', mais c'est la loi.

 

Nul ne peut aujourd'hui trépasser sans voir Naples

A l'assaut des chefs-d'œuvre ils veulent tous courir

Mes ambitions à moi sont bien plus raisonnables:

Voir votre académie, madame, et puis mourir.

 

Que jamais l'art abstrait, qui sévit maintenant

N'enlève à vos attraits ce volume étonnant

Au temps où les faux culs sont la majorité

Gloire à celui qui dit toute la vérité. »

 

 

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Vénus Callipyge

 

Ces illustrations sont d'Alain Bonnefoit, maître en lithographie. Pour les contempler, vous pouvez visiter le beau site de la Galerie-jpm.com.

 

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A l'extrémité opposée du bassin, ces deux statues semblent prendre leur élan. Il s'agit de Daphné poursuivie par Apollon et d'Apollon poursuivant Daphné.

 

Ce groupe illustre un passage des Métamorphoses d'Ovide. Le dieu du soleil, sculpté par Nicolas Coustou (1658-1733), et la nymphe des bois, réalisée par Guillaume Coustou (1677-1746), ornèrent, vers 1713–1714, un des bassins des Carpes du Parc de Marly. En 1798, on les plaça dans l'exèdre Sud des Tuileries où ils demeurèrent jusqu'en 1940.

 

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Daphné est une nymphe, fille du dieu fleuve Pénée et de la déesse Terre.

 

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Après avoir vaincu le monstrueux serpent Python, Apollon rencontra Cupidon sur le bord du chemin. Il se vanta de sa réussite en raillant les sortilèges du chérubin. Piqué au vif, Cupidon décocha deux flèches, l'une, en or, sur Apollon qui s'éprit de la ravissante Daphné, et l'autre, en plomb, dans le coeur de la nymphe. Elle en éprouva de la répulsion pour les plaisirs charnels mais Apollon la poursuivit de ses assiduités. Épuisée, Daphné sollicita l'aide de son père et le dieu fleuve la métamorphosa en un bosquet de laurier rose (rhododaphné). Apollon la désigna alors comme son arbre sacré.

 

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« (...) Une lourde torpeur envahit ses membres, une mince écorce ceint sa délicate poitrine, ses cheveux poussent en feuillage, ses bras s'allongent en rameaux ; ses pieds, il y a un instant, si rapides sont fixés au sol par de solides racines, la cime d'un arbre occupe sa tête ; de sa beauté, ne demeure que l'éclat.

 

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Phébus, cependant, brûle de la même passion, la main droite posée sur le tronc, il sent encore, sous la nouvelle écorce, battre le cœur ; entourant de ses bras les rameaux - qui étaient les membres de Daphné - il étouffe le bois de baisers ; mais les baisers du dieu, le bois les refuse. Alors le dieu lui dit : " Puisque tu ne peux être ma femme, tu seras, du moins, mon arbre " ; laurier, tu pareras toujours ma chevelure, ma cithare, mon carquois ; (...) Péan avait fini de parler; alors le laurier inclina ses jeunes rameaux et on le vit agiter sa cime comme une tête. » (Péan est une épiclèse, c'est à dire une épithète associée à Apollon. )

 

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Apollon au Louvre.

 

Au fil des siècles, le mythe d'Apollon et Daphné a profondément inspiré les artistes.

 

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Un manuscrit du XVe siècle...

 

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Apollon et Daphné, 1470-1480, par Antonio del Pollaiuolo (1429/33-1498). Ce tableau est conservé à la National Gallery de Londres.

 

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Daphné en argent ciselé, surmontée par une ramure de corail. Cet ornement de table fut réalisé, vers 1550, par Wenzel Jamnitzer (1507/08-1585), un célèbre orfèvre de Nuremberg.

 

Il décrit le moment où s'opère la métamorphose de Daphné. L'oeuvre élégante et influencée par la statuaire antique révèle aussi le goût des artistes de la Renaissance pour l’exotisme et les univers marins.

 

Daphné repose sur un socle décoré de têtes d’anges et de mufles de lion d'où émergent des fragments de roches métamorphiques. Un certain mystère entoure cette pièce d'argenterie. Était-elle un luxueux centre de table associé aux armoiries d'un prince germanique, un ustensile médiéval appelé « languier » où l’on suspendait des « langues de serpent », dents de requin fossilisées utilisées pour détecter le poison, ou une « merveille », (mirabilia) recherchée par des collectionneurs?

 

Pêché en grande profondeur en Méditerranée, le corail rouge était réputé pour ses vertus prophylactiques. On le considérait comme une espèce étrange qui oscillait entre végétal et minéral. Très apprécié pour sa beauté, il était fréquemment utilisé dans les arts à la Renaissance.

 

 

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On retrouve Apollon et Daphné sur cette vignette de François Chauveau (1613-1676), extraite de la traduction des Métamorphoses d'Ovide (43 avant J.-C.-17) par Isaac de Benserade (1613-1691). L'ouvrage intitulé « Métamorphoses d'Ovide en rondeaux, imprimés et enrichis de figures » parut en 1676 à Paris, sous les presses de l'Imprimerie Royale.

 

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A Versailles, Apollon et Daphné, d'Antoine Coypel (1661-1722) se laissent admirer parmi les joyaux du Salon de Mercure.

 

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Apollon et Daphné, 1622-1625, par Gian Lorenzo Bernini, dit Le Bernin(1598-1680).

 

Cette oeuvre baroque fut commandée par le Cardinal Borghèse en 1622. Le mouvement suscité par les lignes foisonnantes et les corps en déséquilibre aspire le regard.

 

Apollon rattrape Daphné au moment où débute la métamorphose. La nymphe lève les bras. L'écorce l'enveloppe jusqu'aux hanches et son corps dessine une arabesque souple et passionnée. Son sang devient sève et sa peau, ses doigts, sa chevelure se changent en feuilles ondoyantes. Simultanément, une expression d'effroi se lit sur son visage. Apollon saisit sa taille d'une main mais il ne peut la faire revenir à son humanité.

 

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Cet éventail du XVIIIe siècle, conservé au Musée des Arts Décoratifs de Bordeaux, nous offre, par ses couleurs précieuses et son dessin raffiné, sa vision plus apaisée du mythe d'Apollon et Daphné.

 

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Le Département des Arts Graphiques au Louvre conserve cette jolie miniature signée Jean-Honoré Fragonard (1732-1806).

 

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Au musée Calvet à Avignon, on peut admirer ce tableau de l'école romaine du XVIIIe siècle, attribué à Pietro Bianchi (1694-1740) et très apprécié des historiens d'art pour la qualité de ses couleurs.

 

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Ce bas-relief provient de l'ancienne Folie de la Bouëxière, autrefois située dans le 18e arrondissement de Paris. Réalisé par Sébastien-Nicolas Adam (1705-1778), il est aujourd'hui conservé au Musée Carnavalet.

 

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Apollon et Daphné, vers 1844, par Théodore Chassériau(1819-1856).

 

La transformation de Daphné est sublimée par les couleurs voluptueuses, la pureté des lignes, la grâce et le romantisme qui émanent de la composition. Le corps lunaire, chrysalide sensuelle sur fond de sylve, et l'attitude suppliante d'Apollon nous offrent un spectacle d'une troublante beauté.

 

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Apollon poursuivant Daphné, 1908, par John William Waterhouse (1849-1917).

 

Le peintre nous livre une vision intime du mythe, centrée sur les jeux de regards et l'élégance des attitudes. La métamorphose s'opère dans un monde luxuriant où la femme devient prêtresse, échappant aux lois de la réalité et aux désirs de l'homme pour épouser les forces de la Nature. Le tableau de Waterhouse révèle aussi une complexe attirance entre les personnages...

 

Quittons Vénus Callipyge, Apollon et Daphné pour rejoindre l'exèdre Nord.

 

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Elle est conçue de la même manière que l'exèdre Sud mais le programme iconographique est différent.

 

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Le faune au chevreau, oeuvre de Pierre Le Pautre (1659-1744), réinterprète une statue antique, exhumée en 1675.

 

 

 

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Le marbre originel, datant de 1685, fut placé à Marly, dans une « salle verte », aux alentours de 1695 puis déplacé, en 1707, au bosquet du Couchant. Il fut transporté aux Tuileries en 1797.

 

 

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On aperçoit une flûte de Pan, aérophone attribué au dieu Pan, maître de la fertilité des bois et des troupeaux. Dans les réceptacles où circule le son, circulent aussi la magie et les forces de fécondité.

 

Pan tomba éperdument amoureux de la nymphe Syrinx mais celle-ci, effrayée par la puissance érotique du dieu, se jeta dans le fleuve Ladon pour lui échapper. Là où elle disparut, jaillirent des roseaux qui bruissèrent, comme une voix, dans le vent. Pan les coupa et en assembla quelques-uns pour fabriquer une flûte qu'il baptisa Syrinx. Ainsi, par la magie du souffle, l'union de Pan et de Syrinx put s'accomplir.

 

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Pan et Syrinx, 1657, par Michel Dorigny (1617-1665).

 

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A l'extrémité du bassin, se dressent deux statues formant un groupe appelé « les coureurs ». Il s'agit d'Hippomène et d'Atalante.

 

Hippomène fut commandé à Guillaume Coustou pour faire pendant à Atalante, copie d'antique par Pierre Le Pautre. Le groupe illustre un passage des Métamorphoses d'Ovide relatant l'histoire d'une farouche chasseresse qui défiait ses prétendants à la course.

 

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Fille d'un roi qui désirait un fils, Atalante fut abandonnée dans la forêt mais une ourse l'allaita. Elle fut recueillie ensuite par des chasseurs et se révéla dotée de qualités physiques hors du commun. A la fois athlète accomplie, lutteuse redoutable et pouvant courir à une vitesse exceptionnelle, elle participa à l'expédition des Argonautes, conduite par le héros Jason.

 

Voulant rester vierge, elle résolut de défier à la course les hommes qui souhaitaient l'épouser. Elle gagnait à chaque fois et ses prétendants étaient exécutés mais le jeune Hippomène choisit de relever le défi.

 

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Il sollicita la déesse de l'amour qui lui offrit trois pommes d'or du Jardin des Hespérides, merveilleux jardin où, parmi des sources d'ambroisie, se dressait un arbre enchanté... Pendant la course qui l'opposait à Atalante, Hippomène fit rouler les précieux fruits sur le sol et la chasseresse s'arrêta pour les ramasser. Elle perdit pour la première fois.

 

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La course d'Hippomène et d'Atalante, 1765, par Noël Hallé (1711-1781).

 

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Atalante et Hippomène, 1618-1619, par Guido Reni (1575-1642).

 

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La très sensuelle Toilette d'Atalante, 1850, par James Pradier (1790-1852) dans l'aile Richelieu au Louvre.

 

Observons un moment les sculptures qui décorent les côtés des deux exèdres. Au bord des bassins qui semblent endormis, se dévoilent des sphinges, les femelles des sphinx, créatures fabuleuses au corps mi-léonin mi-humain.

 

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Ces êtres mystérieux sont les gardiens des métamorphoses et des secrets mais chut, je prépare un article sur les sphinx et les sphinges de Paris...

 

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L'exèdre Nord par Pierre-Antoine Mongin (1761-1827).

 

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Ces bassins historiés sont des réceptacles de vie. Une végétation luxuriante s'y épanouit, attirant les insectes et les oiseaux qui viennent s'y reproduire en toute tranquillité.

 

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Les iris en robes satinées se gorgent de soleil.

 

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Les jardiniers ont installé une petite planche pour que demoiselles et damoiseaux à plumes puissent goûter les joies de l'eau.

 

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Par leur conception, les exèdres des Tuileries sont des lieux à part dans l'évolution complexe du jardin. Elles exaltent l'amour, le désir et la beauté et célèbrent, de manière intemporelle, les vertus des philosophies antiques. Elles nous attirent au bord de l'eau, à fleur de rêve, où la lumière tisse ses enchantements...

 

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Bibliographie

 

Louis-Eustache AUDOT: Traité de la composition et de l'ornement des jardins, avec cent soixante et une planches représentant, en plus de six cents figures, des plans de jardins, des fabriques propres à leur décoration et des machines pour élever les eaux. Paris: Audot, éditeur du Bon Jardinier, 1839.

 

Yves GIRAUD: La Fable de Daphné: essai sur un type de métamorphose végétale dans la littérature et les arts jusqu'à la fin du XVIIe siècle. Droz, 1968.

 

Aubin Louis MILLIN: Description des statues des Tuileries. Paris: Fuchs, 1798.

 

Claude-Henri WATELET: Dictionnaire de peinture, sculpture et gravure. Paris: Prault, 1792.

 

La chanson de Brassens : Venus callipyge

 

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