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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

louis

Publié le par maplumefee
Publié dans : #jpg, #louis, #marly, #seine, #« la

 

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Rivières et Fleuves aux Tuileries, Chapitre Deux sur Quatre

 

Merci pour vos très gentils messages et pensées d'amitié...

 

Je vous retrouve avec grand plaisir pour la suite de notre promenade aux Tuileries, au niveau de l'aménagement du Fer à Cheval créé par André Le Nôtre (1613-1700) dont je vous parlais il y a quelques semaines.

 

Après avoir contemplé « La Loire et le Loiret », moulage réalisé au début du XVIIIe siècle d'après l’œuvre originale de Corneille Van Clève, nous nous arrêtons devant « La Seine et la Marne », groupe sculpté issu de l'ambitieux programme politico-culturel orchestré par Jules-Hardouin Mansart (1646-1708), Surintendant des Bâtiments du Roi à partir de 1699.

 

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« La Seine et la Marne » ornait le Bassin des Nappes du château de Marly, résidence bucolique de Louis XIV située dans les Yvelines. Le Roi Soleil appréciait tout particulièrement cet ensemble élégant qui illustrait l'un de ses projets somptuaires à caractère mythologique.

 

Depuis les années 1660, Louis XIV (1638-1715) œuvrait pour une politique de grands travaux artistiques qui furent menés avec autant d'attention à Versailles qu'à Marly. Il cherchait à créer une Nouvelle Rome fondée sur une puissante assise politique et une plénitude culturelle. Les jeux d'eau étant des éléments indispensables de la scénographie des jardins, des allégories de rivières et de fleuves furent créées pour animer des espaces destinés tout autant à paraître qu'à jouir de l'instant présent.

 

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Marly fut construit, à 7 kilomètres au nord-ouest de Versailles, dans un vallon boisé qui dominait la Seine, château de plaisance réalisé à partir de 1679 par Jules-Hardouin Mansart (1646-1708) et Robert de Cotte (1656-1735) qui fut maître et mentor de nombreux architectes. Louis XIV visita les lieux pour la première fois le 23 juillet 1684. Il prenait plaisir à dire « J'ai fait Versailles pour ma Cour, Trianon pour ma famille, Marly pour mes amis. »

 

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Le grand jet d'eau de Marly, par Auguste-Alexandre Guillaumot (1815-1892).

 

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Pierre-Denis Martin (1663-1742), Marly, 1724.

 

Les séjours du Roi et de ses invités dans ce lieu de réjouissances étaient appelés « Les Marlys ». L'étiquette, tellement rigide et indispensable à Versailles, était abolie en grande partie à Marly, « château-jardin » dont l'esthétique était des plus remarquables. Au centre d'une composition très élaborée, sur un plan dit « éclaté », se dressait le Pavillon Royal et de part et d'autre d'une perspective animée de bosquets, de bassins, de petits bois, d'allées et de charmilles, se déployaient deux files de pavillons destinés aux nobles invités. La décoration des pavillons était associée aux signes du Zodiaque et une impressionnante machine hydraulique, chef-d’œuvre d'ingénierie, appelée « la Machine de Marly » permettait d'alimenter en eau jaillissante les bassins et les jardins du château.

 

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Gravure, 1700

 

Marly fut hélas détruit sous le Premier Empire. Ses trésors furent en grande partie dispersés après la Révolution. On y installa une filature, on pilla les belles matières associées à la Monarchie. Des propriétaires criblés de dettes se succédèrent et l'ensemble sombra dans un marasme qui eut raison de la splendeur architecturale des lieux. Les façades des pavillons ornés de somptueux décors polychromes et le magnifique Bassin des Nappes que j'évoque n'existent donc plus... Il demeure « La Seine et la Marne » et quelques œuvres sculptées ainsi que des gravures à contempler dans les musées ou les jardins nationaux. Certaines statues de Marly ont « voyagé » de Paris à Brest où elles sont restées quelques temps avant d'être définitivement transportées au Musée du Louvre. Une histoire à conter dans un autre billet...

 

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Château de Marly par Gabriel Pérelle (1603-1677).

 

Quand Louis XIV mourut, le jeune roi Louis XV (1710-1774) s'établit aux Tuileries, protégé par le Régent Philippe d'Orléans (1674-1723) qui fit décorer le palais parisien avec des sculptures venant de Marly. Ces sculptures originales furent remplacées par des copies en 1993. Les marbres « d'époque » se situent dans la Cour Marly au Musée du Louvre.

 

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Photo RMN/©René Ojéda

 

 

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Le groupe sculpté de « La Seine et la Marne » fut conçu dès l'origine pour être regardé de tous les côtés et multiplier les reflets dans le Bassin des Nappes attenant à la Rivière de Marly. Cette Rivière, hélas disparue, était une cascade réalisée vers 1704 qui constituait une perspective complexe et magnifique au cœur des jardins.

 

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Avec « La Seine et la Marne », le sculpteur Nicolas Coustou a représenté la rencontre des principaux fleuves d'Île-de-France. La Seine est ici masculine. Un dieu barbu tient une rame et s'appuie sur une corne d'abondance d'où jaillissent des fruits, les dons précieux de la Nature irriguée par la force des eaux. Emblème de luxuriance et de puissance, la corne d'abondance est en résonance avec la rame, instrument qui évoque la possibilité de naviguer sur l'élément aquatique pour découvrir des terres fécondes et des espaces favorables à l'expansion humaine.

 

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La corne d'abondance, « mère des fruits », en référence à la chèvre Amalthée qui fut la nourrice de Zeus, le seigneur des dieux de l'Olympe.

 

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La rame

 

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La Marne est présentée à la manière d'une nymphe, séduisante et gracieuse.

 

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Élégante à travers la rotation et la position penchée de son corps, elle est accompagnée de deux enfants, génies aquatiques altérés par le temps...

 

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Ce petit génie aquatique joue avec un cygne, hélas abîmé. Le cygne, oiseau qui appartenait au cortège d'Apollon, le dieu des Arts et du Soleil, représentait pour Louis XIV une image d'abondance et de force. Le cygne était aussi associé au dieu nordique Balder, divinité de la jeunesse, de la force et du soleil et à bien d'autres puissances mythologiques mais ceci est une autre histoire... Dans un autre article...

 

Quant au second génie, il tenait une écrevisse, symbole de la Lune, de la fertilité et de l'ambivalence des eaux. Cette partie de l’œuvre n'existe plus.

 

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Cette photo réalisée par Eugène Atget (1857-1927) et conservée au Musée Carnavalet montre l’œuvre dans un bien meilleur état. On aperçoit le majestueux dieu Seine, maître de la rame, emblème de navigation et de la corne d'abondance qui déploie ses trésors ; la Marne, joliment penchée et les deux petits génies. On voit aussi le cygne... Une restauration ne serait vraiment pas de trop !

 

En attendre de poursuivre nos promenades sculptées, je veux vous dire merci, chers Aminautes, pour votre fidélité et vous adresser de belles pensées... Avec mon Amitié !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #antoine, #barye, #lion, #louis, #sculptor

 

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La semaine dernière, nous nous sommes promenés dans le Square Barye où l'on peut admirer un monument dédié à l'une des figures majeures de la sculpture française.

 

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Antoine-Louis Barye apparaît surtout comme le maître incontesté de la sculpture animalière dont il révolutionna le genre à travers des œuvres qui témoignent d'une fougue créatrice acharnée.

 

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Son portrait, en 1889, par Léon Bonnat (1833-1922).

 

Fils d'un orfèvre, il devint apprenti chez le sieur Fourier, graveur sur acier et créateur de matrices qui servaient à fabriquer les éléments métalliques des uniformes militaires. Dès l'âge de treize ans, il apprit les différents métiers du traitement du métal (fondeur, ciseleur, modeleur...) et il entra, en 1818, à l'École des Beaux-Arts où il étudia avec le peintre Antoine-Jean Gros (1771-1835) et le sculpteur François-Joseph Bosio (1768-1845) Mais se retrouvant chargé de famille, il se fit embaucher en 1823 chez le sieur Fauconnier, orfèvre de son état, qui lui commanda des gravures d'animaux.

 

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Tigre se roulant sur lui-même (1838-1842), New York, Brooklyn Museum.

 

Avec son ami Eugène Delacroix (1798-1863), Antoine Barye étudiait les animaux exotiques au Jardin des Plantes et réalisait des croquis sur nature qu'il traduisait ensuite dans la peinture et dans la sculpture.

 

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Le tigre du Bengale, aux alentours de 1840.

 

Il se fit connaître du public et de la critique en exposant au Salon de 1831 une œuvre intitulée Tigre et Gavial.

 

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Image Sotheby's.com

 

La « révolution Barye » était en marche. En confrontant le public à des œuvres profondément expressives où les animaux étaient saisis sur le vif, dans la puissance de leurs instincts, aux antipodes des représentations figées qui avaient précédemment connu la gloire, il fit preuve d'une turbulence de style, caractéristique du Romantisme, qui ne laissa personne indifférent.

 

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Fasciné par les grands fauves, il représenta les félins qui avaient été ramenés à la Ménagerie du Jardin des Plantes suite à la prise d'Alger par les troupes françaises, en 1830. Épris de sculpture, il excellait aussi dans l'art du dessin et fréquentait les artistes de l'École de Barbizon. Il vécut dans la rue principale de ce village situé en forêt de Fontainebleau où se réunissaient des artistes désireux de travailler « par nature ».

 

Nombreux furent ceux qui l'apprécièrent mais il eut aussi une quantité conséquente de détracteurs, ce qui ne l'empêcha pas d'être nommé en 1854 professeur de dessin au Muséum d'Histoire Naturelle, d'obtenir un atelier au Louvre, une chaire de professeur de dessin d'histoire naturelle à l'École d'Agronomie de Versailles et de recevoir la Grande Médaille à l'Exposition Universelle de 1855. Il fut élu, en 1867, à l'Académie des Beaux-Arts.

 

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En 1833, Louis-Philippe (1773-1850) lui commanda une sculpture intitulée Le Lion au serpent. Destiné à être installé dans le Jardin des Tuileries, à côté de l'Orangerie, cet animal rugissant devait représenter « une allégorie de la monarchie écrasant la sédition », trois ans après les sanglantes émeutes de 1830.

 

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Comme au Square Barye, ce lion farouche est aux prises avec un serpent qui ne résistera pas longtemps à ses féroces mâchoires. La sculpture en question est une copie du bronze original, conservé au Musée du Louvre.

 

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Le lion original (photographie de Thierry Ollivier pour le musée du Louvre.)

 

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« Le mouvement du lion qui éprouve un effroi convulsif à la vue du reptile est rendu avec une énergie, une vérité effrayante et les plus petits détails du pelage et des ongles de l'animal sont exprimés avec cette exactitude que l'on ne pourrait attendre que de la patience d'un savant. » Le Moniteur Universel, 1833.

 

En 1846, Antoine Barye fut chargé par Louis-Philippe de réaliser un pendant pour cette œuvre très appréciée. Il termina ce Lion assis en 1847 mais il fallut attendre l'année 1867 pour que le grand fauve soit placé sur le Quai des Tuileries, à l'entrée du Guichet de l'Empereur.

 

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On adjoignit à ce lion un « jumeau » et les deux fauves formèrent, côté sud, vers la Seine, les gardiens majestueux de la Porte des Lions.

 

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Ce prédateur incarne la majesté et la sérénité. Le traitement romantique de son expression le fait tendre vers l'anthropomorphisme. Il offre un contraste saisissant avec le lion de Giuseppe Franchi (1731-1806) qui regarde, depuis l'année 1819, en direction de la place de la Concorde.

 

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Ce lion héraldique de marbre fut réalisé en 1806 d'après l'antique. Il est très élégant mais il nous fait prendre la mesure de toute l'originalité du travail d'Antoine Barye, fondé sur une explosion sauvage du mouvement.

 

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Le lion au serpent du square Barye.

 

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Un lion signé Antoine Barye orne le socle de la Colonne de Juillet (1835-1840), place de la Bastille, dominée par le Génie de la Liberté d'Augustin Dumont (1801-1884). Cette commande est d'autant plus intéressante que Barye était à ce moment-là exclu des expositions officielles en raison de sa trop grande liberté de ton. On lui demanda d'apaiser l'élan de son trait romantique mais malgré tout ce lion reflète son potentiel de vigueur créatrice et l'énergie qu'il aimait insuffler à ses réalisations.

 

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Les éditions miniatures des bronzes de Barye furent très recherchées par les collectionneurs. De ses jeunes années passées dans un atelier d'orfèvrerie, il avait conservé le goût de la polychromie, du contact particulier avec le métal et de l'harmonie complexe des placages de matière. Il fut un remarquable décorateur, apprécié pour la qualité de ses bronzes d'ornement, ses candélabres et ses grandes garnitures de cheminée.

 

Outre les fauves dont les représentations ont nourri sa célébrité, il aimait sculpter toutes sortes d'animaux ainsi que des créatures fantastiques, des personnages historiques et des héros de la littérature.

 

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Angélique et Roger montés sur l'hippogriffe, 1840. (Image Sotheby's.com.)

 

Les personnes intéressées pourront trouver ICI les détails de l'histoire d'une statue disparue, celle de Napoléon III à cheval, réalisée pour les Guichets du Louvre.

 

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Antoine Barye passa ses derniers moments face à la Seine, dans une demeure située le long du quai Henri IV, à proximité du square qui porte son nom. J'ai pu prendre la photo de la plaque apposée sur la façade de l'immeuble mais je n'ai pas pu réaliser de cliché du lieu en question, un établissement scolaire où mon appareil photo, en raison de l'État d'Urgence, n'était pas le bienvenu.

 

Il repose dans la division 49 du Cimetière du Père-Lachaise mais le buste qui ornait sa tombe (réalisation d'Hippolyte Moulin) a été dérobé en 2006...

 

J'espère vous avoir fait découvrir ou redécouvrir un de nos plus grands artistes et donné envie de contempler ses œuvres, au gré de vos promenades.

 

Bibliographie

 

BENGE G. F., Antoine-Louis Barye, Sculptor of romantic realism, Pennsylvanie, 1984.

 

BENOIST Luc, La Sculpture romantique, 1928, nouvelle éd. par Isabelle Lemaistre, Paris, 1994.

 

BRESC G. et PINGEOT A., Sculptures des jardins du Louvre, du Carrousel et des Tuileries (II), Paris : 1986.

 

LEMAISTRE Isabelle, « La Griffe et la dent : Antoine-Louis Barye, sculpteur animalier (1795-1875) », in Les dossiers du Musée du Louvre n 51, Paris, 1996, pp.38-44.

 

POLETTI Michel, Monsieur Barye. Lausanne : Acatos, 2002.

 

POLETTI Michel et RICHARME Alain, Barye, Catalogue raisonné des sculptures. Paris:Gallimard, 2000.

 

 

Antoine-Louis Barye (1795-1874)

 

Je vous souhaite une excellente semaine, merci de votre fidélité. Mes pensées affectueuses pour les aminautes qui ont de nombreux soucis de santé en ce moment et qui se reconnaîtront.

 

Cendrine

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #antoine, #barye, #celestin, #louis, #square

 

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Je vous invite à découvrir un lieu paisible et romantique... Un square qui fut créé en 1938, à la pointe orientale de l'Île Saint-Louis, pour rendre hommage au sculpteur animalier et aquarelliste Antoine-Louis Barye (1795-1875) dont la renommée est associée à des sculptures de grands fauves décorant de nombreux parcs et jardins de Paris.

 

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Le square Barye se love derrière cette épaisse muraille de verdure. Dominant la Seine, il se situe à proximité du Quai Henri IV, du Pavillon de l'Arsenal, de la Caserne des Célestins, de l'Institut du Monde Arabe, du Pont Sully, du Jardin Tino Rossi ou encore du Jardin des Plantes.

 

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Il se déploie là où s'étendaient les anciens jardins du couvent des Célestins, nécropole royale qui se situait entre l'actuel boulevard Henri IV et la rue du Petit-Musc.

 

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Il forme un écrin de végétation luxuriante où s'épanouissent des paulownias, des cèdres du Liban, des ormes pleureurs, des robiniers faux acacias, des acacias de Constantinople, des ifs d’Irlande et un magnifique savonnier de Chine (que j'espère pouvoir photographier en pleine floraison).

 

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Planté le 18 octobre 1993 par Rafic (ou Rafiq) Hariri, Premier Ministre du Liban, et Jacques Chirac alors Maire de Paris, ce cèdre majestueux symbolise l'amitié qui unit, depuis des décennies, la France et le Liban. (Rafic Hariri a été assassiné à Beyrouth le 14 février 2005.)

 

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A l'extrémité du square, s'ouvre un balcon sur la Seine. On y bénéficie d'une vue imprenable sur le fleuve, ses berges, ses installations industrielles, ses péniches et l'eau y approfondit le bleu du ciel.

 

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On aperçoit le pont d'Austerlitz, le ministère des Finances et les tours de la Bibliothèque François Mitterrand.

 

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Avant le square

 

En 1352, les premiers Célestins s'installèrent dans l'ancien couvent des Carmes situé à proximité de l'Hôtel Saint-Pol ou Saint-Paul, résidence privilégiée du roi Charles V (1338-1380). Grâce aux largesses du souverain et à de nombreuses donations, le couvent se développa. Renommé pour son cloître aux cinquante colonnes corinthiennes, son église et sa chapelle de marbre, ses jardins luxuriants et ses riches terrains bordant la Seine, il formait un immense quadrilatère.

 

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Nous apercevons, sur cette gravure, la statue de Charles V (1338-1380) et celle de la reine Jeanne de Bourbon (1338-1378) dressées sous un dais gothique. Elles encadrent l'effigie de Pierre de Morrone (1210-1296), ermite des Abruzzes, fondateur de l'Ordre des Célestins et élu pape sous le nom de Célestin V.

 

Le couvent des Célestins était la plus importante nécropole royale et princière après la basilique Saint-Denis. Il abritait d'illustres personnages à l'instar de Louis d'Orléans, frère du roi Charles VI, mais aussi l'un des fils de Philippe VI de Valois ou d'Anne de Bourgogne, la fille de Jean sans Peur. Le cœur du connétable Anne de Montmorency y fut également déposé.

 

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(Photo Gérard Blot/Christian Jean pour la Réunion des Musées Nationaux.)

 

Germain Pilon (1537-1590) est l'auteur de ce monument destiné à accueillir les cœurs d’Henri II (1519-1559), de Catherine de Médicis (1519-1589), de François II (1544-1560) et de Charles IX (1550-1574).

 

Après avoir subi des déprédations pendant la Révolution, le couvent fut démantelé en 1790 mais le médiéviste Alexandre Lenoir (1761-1839), concepteur et conservateur du Musée des Monuments Français (ouvert en 1795), également administrateur des tombeaux de la basilique Saint-Denis sous le règne de Louis XVIII (1755-1824), parvint à retrouver et à collecter plusieurs pierres tombales.

 

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 Ce qui restait du couvent fut démoli et remplacé par une caserne, construite entre 1895 et 1901 par Jacques Hermant (1855-1930). Il s'agit de la Caserne des Célestins, affectée à l’État major de la Garde Républicaine mais là n'est pas notre sujet... Revenons au square...

 

Le monument à Antoine-Louis Barye

 

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Ce monument de forme pyramidale et de facture néo-classique fut réalisé en 1894 par Laurent Marqueste (1848-1920), élève de François Jouffroy (1806-1882) et d'Alexandre Falguière (1831-1900). Grand Prix de Rome en 1871, Marqueste effectua des copies en marbre de deux allégories sculptées par Antoine Barye pour le pavillon Denon au Louvre: la Force protégeant le Travail et l'Ordre triomphant.

 

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La Force

 

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L'Ordre

 

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Les statues originales furent commandées par Hector Lefuel (1810-1880) pour décorer le pavillon Denon au Louvre.

 

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Le fondeur d'art Ferdinand Barbedienne (1810-1892) édita plusieurs bronzes à partir de ces statues, recherchées par les collectionneurs. Deux sont conservés à Baltimore dans le Maryland et deux se trouvent au musée des Beaux-Arts de Reims.

 

Ferdinand Barbedienne créa en 1839 un atelier prestigieux dans laquelle il fit reproduire en bronze et en taille réduite de nombreuses sculptures conservées dans les musées d'Europe. Animé par une volonté de « démocratiser » l'art, il favorisa une large diffusion de la connaissance du répertoire antique et contemporain. Il édita les oeuvres de plusieurs sculpteurs de son temps comme Emmanuel Fremiet, Antoine Barye, Georges Gardet, Henri Chapu, Pierre-Jules Mène...

 

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Au sommet du monument, un groupe sculpté décrit le combat du héros Thésée et du centaure Biénor. Une énergie farouche, caractéristique de la manière romantique de Barye, émane de ces corps enchevêtrés.

 

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Thésée tua Biénor pendant la bataille qui opposait les Centaures et les Lapithes. Dans Les Métamorphoses, le poète latin Ovide (43 avant J.-C.- 17 ou 18 après J.-C.) relate que « le fils d’Égée (...) sauta sur le gigantesque Biénor, dont la croupe jusque-là n’avait jamais porté que lui-même; il pressa ses côtes du genou; il tira en arrière sa chevelure, qu’il avait saisie de la main gauche, et avec le tronc noueux du chêne il fracassa son visage, son front menaçant et les dures parois de ses tempes. »

 

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Ce groupe tumultueux fut fondu pendant l'Occupation allemande. L'ensemble sculpté que nous admirons actuellement est une fonte contemporaine, offerte par la fondation taïwanaise Chi Mei Culture, créée en 1977 autour d'un collectif de mécènes et de collectionneurs. Cette fondation possède une impressionnante collection d'objets d'art, de peintures et de sculptures.

 

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Comme vous le constatez, sur cette photo datant de l'été 2013, le monument n'est pas complet car la sculpture intitulée le Lion au serpent -elle occupait l'avancée située entre le Travail et l'Ordre- a également disparu pendant l'Occupation.

Mais au cours de l'été 2014, une copie sponsorisée par la fondation Chi Mei Culture a été installée sur le socle vide. La voici, à la bonne position...

 

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Le lion original apparaît sur ces anciennes cartes postales.

 

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Le Lion au Serpent

 

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Puissance et férocité, maîtrise du mouvement, quête de l'émotion extrême... cette œuvre est une expression remarquable de la fougue romantique d'Antoine-Louis Barye.

 

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« Le lion en bronze de monsieur Barye est effrayant comme la nature. Quelle vigueur et quelle vérité ! Ce lion rugit ! » Alfred de Musset (1810-1857).

 

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En vous souhaitant une excellente semaine, je vous invite à poursuivre, dans quelques jours, la suite de cet article consacré à Antoine-Louis Barye. Merci pour vos vœux et vos gentils messages, grosses bises et amicales pensées !

 

Cendrine

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #bercy, #entrepot, #louis, #paris, #vin

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 Une rose pour vous dire merci!

 Merci d'avoir pris, si gentiment, de mes nouvelles pendant les semaines « troublées » que j'ai vécues. Vous avez toujours été là et vos petits mots, vos cartes postales et vos mails m'ont beaucoup touchée. Je vous souhaite, ainsi qu'à vos familles, une excellente rentrée.

 

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Les vignes de Bercy

 

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En cheminant vers l'automne, je vous invite à une promenade, gorgée de mille et une saveurs entre les vignes de Bercy. Elles s'épanouissent dans un parc aux ombrages luxuriants, aménagé en 1995 à l'emplacement d'entrepôts viticoles qui ont été fermés aux alentours de 1970. (Les premières fermetures ont débuté dans les années cinquante.)

 

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Les rues pavées, traversées par des rails sur lesquels circulaient les wagons remplis de tonneaux, ont été conservées.

 

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Le parc nous offre une grande variété de paysages, entre végétation exotique, ilots romantiques, orangerie, roseraie, bassins peuplés de nénuphars et de poissons, labyrinthe et jardin de senteurs mais bien avant que l'âge d'or du vin ne rayonne en ces lieux, Bercy fut une terre de prédilection pour les peuples qui venaient du fleuve.

 

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Le long d'un chenal de la Seine, on retrouva en 1991 les vestiges d'un village âgé de 6000 ans: des outils, des figurines, des céramiques, un arc en bois d'if et un ensemble de pirogues monoxyles (taillées dans une seule pièce) de chêne qui ont rejoint les collections permanentes du musée Carnavalet.

 

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(Photo musée.)

 

Avant Bercy, il y eut Percy, nom qui apparut au XIIe siècle dans un acte de donation du roi Louis VI le Gros (1081-1137) aux moines de l’abbaye de Montmartre. Puis il y eut la « Grange de Bercix » et, en 1415, l'établissement de la première Seigneurie de Bercy, sous l'obédience de la puissante famille de Montmorency.

 

Les demeures de plaisance se développèrent sous le règne de Louis XIII (1601-1643) et le village de Bercy connut un formidable essor au temps de Louis XIV (1638-1715).

 

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Au XIXe siècle, Bercy avait la réputation d'être le plus grand centre mondial de négoce de vins et de spiritueux mais, au XIIIe siècle, le vignoble parisien était déjà considéré comme l'un des plus importants d'Europe.

 

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Les Vendanges, d'après le manuscrit des Très Riches Heures du Duc de Berry (début du XVe siècle).

 

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A l'origine du premier entrepôt vinicole

 Un jour de 1704, Louis XIV assistait à la messe à l'église Notre-Dame-de-Bercy quand son attention fut attirée par un homme qui semblait se tenir debout parmi les fidèles agenouillés. Un garde se précipita mais il constata que l'homme, un vigneron de Bourgogne, était bel et bien à genoux. Solide comme un chêne et doté d'une taille de géant, il dominait de plusieurs têtes chaque membre de l'assemblée. A la fin de l'office, le roi voulut le rencontrer. Le vigneron s'empressa de lui expliquer les difficultés qu'il rencontrait pour créer un commerce à Paris. Amusé par son étonnante stature et son franc parler, Louis XIV lui assura qu'il pourrait vendre chaque année ses vins, affranchis de tous droits, sur la grève de Bercy. Cette promesse fit date. Ainsi naquit le premier entrepôt.

 

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Extrait du plan de la ville de Paris de Roussel, établi aux alentours de 1730.

 Bercy devint, aux portes de la capitale, un territoire prisé des seigneurs de la Cour et des puissants financiers, aimantés par le prestige de certaines demeures et le fastueux Château de Bercy.

 

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 Celui-ci fut édifié, à partir de 1658, par François Le Vau (1613-1676), frère du célèbre architecte Louis Le Vau, pour Charles Henri de Malon de Bercy, marquis de Nointel, petit-neveu de Colbert et intendant des finances de Louis XIV.

 

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 André Le Nôtre y réalisa de magnifiques jardins, comme en témoignent les tableaux de Pierre-Denis Martin (1663-1742), peints vers 1725-1730 et conservés dans la salle à manger du château de Brissac (Maine-et-Loire). Derrière la façade principale du château, on distingue le donjon du château de Vincennes.

 

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 Nous ne pouvons qu'apprécier la finesse des topiaires d'if et des parterres de broderies sans oublier les silhouettes animées des deux jardiniers qui brandissent pelle et râteau.

 

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 Cette vue cavalière du château nous montre que les jardins, qui s'étageaient jusqu'à la Seine, attiraient de nombreux visiteurs.

 

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 On aperçoit l'une des chaloupes de Bercy, embarcations très en vogue et richement décorées qui longeaient les berges du fleuve.

 

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 Des lions bordaient l'allée centrale qui se déployait jusqu'à une « terrasse du bord de l'eau ».

 

Le château de Bercy était également connu pour ses boiseries, somptueux témoignage de l'Art Rocaille. Certaines furent préservées et réinstallées au Palais de l'Élysée et dans plusieurs hôtels particuliers de Paris.

 

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 Ces deux photographies d'Eugène Atget (1857-1927), datées de 1909, montrent l'une des portes du château remontée dans l'hôtel de la comtesse de Cosnac, au numéro 33 de la rue de l'Université, dans le VIIe arrondissement de Paris.

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Très dégradé après la disparition du dernier héritier de la famille Malon de Bercy, le château fut détruit en 1861 et de nombreuses auberges et guinguettes s'installèrent sur les bords de Seine. Dans ce qu'on appela le « Joyeux Bercy » se mélangèrent négociants, ouvriers, amateurs de vins avec ou sans le sou, artistes en goguette ou en quête d'inspiration. Ils fréquentaient des établissements comme le Rocher de Cancale, les Marronniers, la Pomme d'Or et le Soleil d'Or...

 

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Les premiers magasins à vin furent établis sur les rives de la Seine mais au XIXe siècle des entrepôts furent construits à l'emplacement des magnifiques propriétés des XVIIe et XVIIIe siècles qui portaient des noms évocateurs de fortune et de villégiature: le Petit-Bercy, la Folie Rambouillet (fort appréciée pour ses vastes jardins ouverts au public) ou le domaine des frères Paris. Les entrepôts se dressaient à l'extrémité de la barrière d'octroi de la Rapée, ainsi les vins n'étaient pas soumis à l'impôt.

 

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La barrière de La Rapée, d'après un dessin de Sébastien-Joseph Misbach (1775-1853). (http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b77.)

 

Cette barrière, érigée par Claude-Nicolas Ledoux (1736-1806), appartenait à une ceinture de monuments néoclassiques appelés « Propylées de Paris ». Elle se situait au niveau du pont de Bercy et portait le nom d'un ancien commissaire aux guerres du roi Louis XV.

 

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Gravure issue du Moniteur Vinicole, Journal de Bercy et de l'Entrepôt.

 

En 1825, le baron Joseph-Dominique Louis (1755-1837), ministre des Finances, acquit plusieurs terrains sur lesquels se trouvaient de vieux entrepôts qu'il fit réaménager.

 

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En 1860, la commune indépendante de Bercy fut dissoute et partagée entre Paris et Charenton. Dans le même temps, la consommation de vin augmenta dans la capitale.

 

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Les bateaux remontaient la Seine, chargés de tonneaux, et leur précieuse cargaison était acheminée par wagon-citerne, depuis la gare de La Rapée (aujourd'hui disparue) jusqu'aux chais qui abritaient une profusion de vins de Bourgogne et du Beaujolais.

 

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A partir de 1869, les entrepôts furent rénovés et agrandis et, en 1877, deux grands entrepôts furent construits, sur les plans d'Eugène Viollet-le-Duc (1814-1879), près de la prospère Halle aux Vins.

 

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Wagons-foudre photographiés par Jacques Boyer.

 Vers 1880, ces wagons composés d'un ou deux tonneaux de chêne fixés sur une surface plate, dévolus au transport du vin, se généralisèrent.

 

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Le lieu devint une fourmilière pour de nombreux corps de métiers.

 

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Les tonneliers, vers 1900.

 

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Les soutireurs de vin.

 

Le soutirage du vin consiste à changer le vin de contenant afin de l'oxygéner et à retirer les premières lies issues de la fermentation, sans les agiter. Il faut être vigilant pour éviter l'oxydation du breuvage.

 

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Le dépotage du vin, opération visant à ôter les sédiments de fond de cuve, les débris végétaux et certaines cristallisations.

 

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Le filtrage ou clarification du vin, photographie de Jacques Boyer. A cet effet, on utilisait du blanc d'oeuf aussi croisait-on, le long des entrepôts, un personnage chargé de vendre les jaunes récupérés. On l'appelait le « jaune d'oeuf ».

 

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Le contrôle des vins.

 

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La berge des entrepôts en 1900, agence Roger Viollet (LL-28242A).

 

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Le quai de Bercy, 1907, par Maurice Branger (BRA-28878).

 

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Pendant la crue de 1910, la Seine transforma Bercy en une ville lacustre, créant une étendue d'eau plus de cinq mètres de profondeur et hissant tonneaux et fûts, à certains endroits, jusque dans les arbres et sur le toit des maisons.

 

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Image Le Monde.fr


L'architecture des entrepôts fait aujourd'hui partie intégrante d'un quartier neuf et d'une zone de commerces et de loisirs qui porte le nom d'une ville d'Aquitaine, célèbre pour ses grands crus et son patrimoine historique exceptionnel: Saint-Émilion.

 

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Les ruines des entrepôts, photographiées en 1984.

 

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Les Chais Lheureux, appelés aujourd’hui Pavillons de Bercy, bordent la rue des Pirogues de Bercy. Créés en 1886 par Louis-Ernest Lheureux (1827-1898), élève de Victor Baltard, le célèbre architecte des Halles de Paris, ils furent l'épicentre d'une activité intense, activité qui déclina avec la destruction des fortifications de Thiers entre 1920 et 1929. Restitués dans leur état d’origine, ils présentent des murs épais en pierre de meulière et de belles ouvertures voûtées. Ils dominent des rues aux noms évocateurs (Chablis, Mâcon, Pommard...) dont les pavés ont été classés à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques.

 

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Une vue des lieux en 1908.

 

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On y trouve aujourd'hui un cinéma, d'agréables boutiques, des restaurants et d'excellents salons de thé.

 

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Un des anciens chais a été conservé dans le parc. Tout en briques, il domine un potager pédagogique et constitue pour les amis des jardins un agréable lieu de rencontre et de rêverie.

 

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Chaque année, plusieurs milliers de petits parisiens viennent s'y familiariser avec les techniques du jardinage biologique. Ils y font pousser des fleurs mellifères, des fruits savoureux et des herbes aromatiques grâce à du compost et du mulch faits maison.

 

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Le mulch est constitué, dans le potager de Bercy, de fragments de bois, de paille, de tontes de gazon, de feuillages divers, d'ortie et de fougère. Dans le commerce, il se compose d'un mélange d'écorces de pin, de paillettes de lin ou de chanvre et de coquilles de fèves de cacao concassées appelées mulcao. Il est utilisé contre les herbes indésirables au printemps, contre la sécheresse estivale et les premiers froids de l'automne. Il permet aussi d'améliorer la structure des sols.

 

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Les enfants y rivalisent de créativité. Je vous présente Blue Pom, l'épouvantail fétiche de l'école Pommard, dans le 12e arrondissement de Paris.

 

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Et monsieur Chat, l'ami de la sorcière des bois...

 

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Les fleurs s'offrent, luxuriantes, à la caresse du soleil.

 

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En quittant le chai et en suivant les anciens rails, on découvre une insolite cheminée tronconique de brique rouge autour de laquelle s'épanouissent 400 pieds de chardonnay et de sauvignon ainsi que du raisin de table de grande qualité: muscat de Saumur et de Hambourg, raisin bleu de Frankenthal et chasselas de Fontainebleau aux grains d'or.

 

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Le vignoble de Bercy se déploie sur une superficie de 660 m2, au voisinage des tours de la Bibliothèque Nationale de France.

 

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Après avoir disparu dans les années 1940, en grande partie à cause du phylloxera et du mildiou, la vigne est aujourd'hui de plus en plus représentée dans le tissu francilien. On en trouve à Suresnes, au Clos du Pas Saint-Maurice, dans les Hauts-de-Seine; au flanc de la Butte Montmartre; au pied des vestiges de l'ancienne abbaye de Saint-Germain-des-Prés, dans le square Félix Desruelles (VIe arrondissement de Paris); dans le jardin du presbytère de l’Eglise Saint-François Xavier, Boulevard des Invalides (VIIe arrondissement); au Parc Georges Brassens (XVe arrondissement ), au Parc de Belleville, à Bagatelle, à Bagneux ou encore au Trianon de Versailles.

 

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Depuis des années, des passionnés redonnent vie à ces vins franciliens qui fournissaient autrefois les tables les plus prestigieuses.

 

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D'après le journaliste Alain Poret, auteur d'un ouvrage intitulé Histoire du grand vignoble d'Île-de-France, de la Gaule à nos jours: «A son apogée, au XVIIIe siècle, l'Île-de-France était la plus grande région viticole de France avec 42 000 ha, contre 35 000 à la Champagne et 18 000 pour l'Alsace.»

 

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Bibliographie

 AUDOT Louis-Eustache: Traité de la composition et de l'ornement des jardins: avec cent soixante et une planches représentant, en plus de six cents figures, des plans de jardins, des fabriques propres à leur décoration, et des machines pour élever les eaux. Paris: Audot, éditeur du Bon Jardinier, 1839. (Rue du Paon, 8, école de Médecine.)

 

BERTOUT DE SOLIÈRES F: Fortifications de Paris à travers les âges. Rouen: Girieud, 1906.

 

CHADYCH Danielle: Le guide du promeneur, 12e arrondissement. Paris: Parigramme, 1995.

 

PORET Alain: Histoire du grand vignoble d'Île de France, de la Gaule à nos jours. Presses de Valmy, Daniel Bontemps éditeur.

 

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Le parc de Bercy recèle encore bien des trésors que je vous ferai découvrir dans un prochain article. En attendant que mûrissent les grains rubis et or, je vous souhaite une excellente visite, en remerciant ceux qui m'ont écrit pendant ma pause et ceux qui se sont promenés, silencieusement, dans mon espace ainsi que mes nouveaux abonnés.

 

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Soyez gourmands, faites vous plaisir et consommez « avec modération » le précieux élixir de la Dive Bouteille!

 

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George E Forster (1817-1896): Fruits et vin blanc.

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #fut, #louis, #mai, #paris, #place

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Ce lieu emblématique de l'histoire de Paris révèle, entre le jardin des Tuileries, les Champs-Élysées,le pont de la Concorde et la rue Royale, sa grandiose scénographie.

 

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Au fil des saisons, cette place octogonale qui abrite le célèbre obélisque de Louqsor se pare de sublimes couleurs. A des moments privilégiés, on savoure à loisir les jeux d'eau des fontaines et les variations de la lumière sur le métal et la pierre.

 

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La place de la Concorde a changé de nom plusieurs fois. Jusqu'au milieu du XVIIIe siècle, l'« esplanade du Pont-Tournant » était une fondrière, peuplée de malandrins et de filles de joie.

 

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La place peinte par Alexandre-Jean Noël (1752-1834).

 

Entre 1754 et 1772, la place Louis XV fut édifiée sur les plans de l'architecte Ange-Jacques Gabriel (1698-1782). Elle devait accueillir la statue équestre du roi qui avait recouvré la santé, après une grave maladie.

 

Là où se dresse aujourd'hui l'obélisque, trônait l'effigie royale, réalisée par Edme Bouchardon (1698-1762). Elle reposait sur un piédestal aux angles duquel s'élevaient quatre allégories (la Paix, la Prudence, la Force et la Justice) sculptées par Jean-Baptiste Pigalle (1714-1785).

 

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La statue fut renversée en 1792 et la place Louis XV, devenue place de la Révolution, accueillit, jusqu'en 1800, la Liberté de François Lemot (1772-1827), une représentation en plâtre colossale, recouverte d'un enduit couleur bronze.

 

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La déesse Liberté, vêtue d'un drapé à la romaine et coiffée d'un bonnet phrygien, était assise, la lance à la main, sur le piédestal de la statue de Louis XV. Le globe qu'elle soutenait de la main droite abritait un nid de tourterelles.

 

La place devint place de la Concorde en 1795, par décret de la Convention. Elle redevint place Louis XV en 1814, fut rebaptisée place Louis XVI en 1826 et place Louis XV en 1828. Elle reprit en 1830 son nom de place de la Concorde!

 

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Quand on contemple ce remarquable décor, on imagine avec difficultés les évènements macabres qui ont émaillé l'histoire des lieux.

 

Le 30 mai 1770, à l'occasion du feu d'artifice tiré en l'honneur du mariage du Dauphin (Louis XVI), il se produisit dans la foule un mouvement de panique qui coûta la vie à 133 personnes et plus de trois cents blessés périrent dans les jours qui suivirent. Le sentiment d'effroi qui s'empara des parisiens engendra des histoires de spectres et de malédictions.

 

La sinistre guillotine fut transportée de la place du Carrousel à la place de la Révolution pour l'exécution de Louis XVI, le 21 janvier 1793. Dressée entre la statue de la Liberté et l'entrée des Champs-Élysées, elle ôta la vie à 1119 personnes. L'odeur de sang était paraît-il si forte que les animaux se cabraient à son approche...

 

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L'exécution du roi.

 

Au nord, la place est bordée par deux majestueux hôtels-jumeaux, dotés de colonnades corinthiennes, qui dessinent un décor de théâtre. Érigés de 1763 à 1772 sur des dessins de Gabriel, ils s'inspiraient de la colonnade du Louvre de Claude Perrault et devaient accueillir des logements pour les ambassadeurs.

 

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En 1788, le comte François Félix de Crillon fit l'acquisition de l'Hôtel d'Aumont, situé à gauche sur l'image. Le bâtiment, construit par l'architecte Louis-François Trouard(1729-1794), fut transformé en hôtel de luxe au début du XXe siècle.

 

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La façade fut classée monument historique en 1900.

 

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Chaque fronton est orné de trophées et d'allégories d'une grande finesse. La Ville personnifiée est entourée par les génies de l'abondance.

 

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L'actuel Hôtel de la Marine fut primitivement affecté au Garde-Meuble de la Couronne. Entre Pâques et la Toussaint, ses galeries, aménagées par le savant Pierre-Élisabeth de Fontanieu étaient ouvertes au public tous les premiers mardis du mois.

 

Le premier Valet de Chambre de Louis XVI, Thierry de Ville-d'Avray, y fit aménager un appartement pour Marie-Antoinette lors de ses séjours à Paris. En 1789, il accueillit le Secrétaire d'État à la Marine.

 

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En septembre 1792, des voleurs y dérobèrent les diamants de la Couronne, dont le célèbre « Régent » qui fut retrouvé, avenue Montaigne, sous un tas de gravats...

 

Sous l'Empire, un télégraphe Chappe fut établi sur le toit de l'hôtel, pour remplacer celui qui se dressait sur la tour de l'Horloge du Vieux-Louvre.

 

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Ce télégraphe optique par sémaphore, placé sur une tour, fut élaboré par Claude Chappe en 1794.

 

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L'architecte Jacques-Ignace Hittorff (1792-1867) élabora le décor actuel de la place qui, ne l'oublions pas, dessine un octogone.

 

Entre 1836 et 1840, sous le règne de Louis-Philippe, furent aménagés huit petits pavillons d'angle surmontés de statues monumentales assises.

 

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Huit statues symbolisent les principales villes de France.

 

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En 1772, la place était bordée par de larges fossés, entourés par une balustrade et chevauchés par six ponts de pierre. Aux huit angles se dressait un petit pavillon abritant l'escalier qui conduisait aux parterres de verdure et de fleurs, aménagés dans les fossés. Chaque pavillon devait accueillir un groupe allégorique, symbolisant les vertus de Louis XV: Jupiter et la Clémence, Apollon et la Poésie, Minerve et l'Étude, Mercure et la Richesse, Cérès et le Travail, Hercule et la Modération, Mars et la Justice, Neptune et la Fortune.

 

A leur emplacement trônent de puissantes dames de pierre.

 

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Brest, par Jean-Pierre Cortot, la tête ceinte d'une couronne de laurier, assise sur un canon.

 

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Rouen, par Jean-Pierre Cortot, assise sur des ballots de marchandises, la tête couronnée de feuilles de pommier.

 

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Sa main droite repose sur un écusson aux armes de la ville.

 

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Elle tient le caducée du commerce, emblème du dieu Mercure.

 

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Nantes, par Louis-Denis Caillouette. Assise sur un navire, elle tient un caducée dans la main droite et présente un écusson de la main gauche.

 

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Bordeaux, par Louis-Denis Caillouette. La tête ceinte de feuilles de vigne et de grappes de raisin, elle tient une corne d'abondance.

 

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Marseille, par Louis Petitot. Assise sur un navire, la tête couronnée d'olives et d'épis de blé, elle tient une branche d'olivier dans la main droite et un aviron dans la main gauche.

 

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Lyon, par Louis Petitot. Assise sur un rocher entouré de roseaux, elle appuie son bras droit sur une corbeille remplie d'écheveaux de soie et tient un caducée dans la main gauche. De part et d'autre, les eaux fécondes du Rhône et de la Saône s'échappent de deux urnes renversées.

 

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Strasbourg, par James Pradier. Assise sur un rocher où grimpe un pied de vigne, elle tient une épée dans la main gauche et des clefs dans la main droite. Elle a le pied posé sur un canon.

 

En 1871, suite à la défaite de la France contre l'Allemagne, elle fut drapée de noir.

 

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Lille, par James Pradier. Appuyée sur un canon et assise sur un rocher, elle brandit l'épée protectrice de la ville.

 

Vingt colonnes rostrales, des lampadaires et des candélabres forment une « ceinture de lumière » autour de la place.

 

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De part et d'autre de l'obélisque, deux somptueuses fontaines imitent celles qui se dressent sur la place Saint-Pierre de Rome.

 

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Au nord, la fontaine des fleuves célèbre la navigation sur le Rhône et le Rhin.

 

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Des génies anguipèdes (aux queues serpentines) tiennent des poissons qui crachent avec force des jets d'eau vers le ciel.

 

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Les allégories fluviales, appuyées sur des rostres de navires, brandissent des symboles de fécondité: épis de blé, grappes de raisin, fleurs...

 

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Alchimie des corps et des couleurs qui s'entremêlent dans les gouttes d'or aquatiques...

 

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Au sud, la fontaine des mers célèbre la Méditerranée, les puissances de l'océan et la pêche.

 

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Cette mythologie aquatique évoque la prospérité, la force et la félicité retrouvées après la terreur et le chaos.

 

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Qui a oublié ses bottes de sept lieues?

 

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L'obélisque fut offert en 1831 par Méhémet-Ali, vice-roi d'Égypte, à Louis-Philippe qui le fit ériger, le 25 octobre 1836, là où nous le contemplons désormais. Le souverain assista au spectacle, depuis les fenêtres de l'Hôtel de la Marine.

 

 

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Sur ses différentes faces, des hiéroglyphes relatent les évènements des règnes de Ramsès II et de Ramsès III. A sa base, se dressaient autrefois des singes cynocéphales en érection, qui furent relégués dans une salle des antiquités égyptiennes du Musée du Louvre, pour ne pas effaroucher la société prude de l'époque!

 

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Ce monument sacré de l'Égypte ancienne évoque un rayon de soleil figé et serait une manifestation du grand dieu solaire Atoum-Rê. Il provient de la résidence des rois de Thèbes à Louqsor.

Il encadrait jadis, avec son jumeau, l'entrée somptuaire du palais de Ramsès II. Les deux obélisques furent offerts à la France mais un seul, désigné, par l'égyptologue Jean-François Champollion, fut transporté vers Paris.

 

Un bateau, le Louqsor, construit pour la circonstance, accueillit le monolithe, sous la surveillance de l'ingénieur Jean-Baptiste Apollinaire Lebas (1797-1873).

 

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Une gravure, sur le haut piédestal, relate cette épopée.

 

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De puissantes machines élévatrices et de grands cabestans furent nécessaires pour dresser le monolithe en granit rose, haut d'une trentaine de mètres, vers le ciel. Pour l'anecdote, il pèse environ 222 tonnes et s'appuie sur un piédestal de 240 tonnes.

 

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L'obélisque vibre, au centre d'un réseau subtil dont il est le fer de lance. Le granit rose s'imprègne des variations atmosphériques et s'élève jusqu'au pyramidion d'or et de bronze, placé en 1998 au sommet de l'édifice.

 

Cette aiguille monolithique, appelée « la Pierre Haute », se dresse au coeur d'un cadran solaire, constitué par la place elle-même. Au-delà du ciel, l'obélisque jaillit vers les mystères de l'Univers où se lovent les dieux.

 

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La place de la Concorde dessine un vaste espace orienté vers les points cardinaux de la ville. Des lignes réelles et imaginaires la relient à des monuments qui symbolisent le pouvoir (Assemblée Nationale), la spiritualité (Église de la Madeleine), le triomphe (Champs-Élysées) et l'héritage culturel de la France (Louvre).

 

Les « Chevaux de Marly », réalisés par Guillaume Coustou et mis en place, en 1794, à l'entrée des Champs-Élysées, s'apprêtent à galoper vers les mondes antiques, peuplés de chimères et de héros.

 

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De part et d'autre de la voie triomphale, un homme cherche à maîtriser un cheval cabré dont la crinière ruisselante semble s'animer dans la lumière.

 

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Aujourd'hui, ces groupes magnifiques sont des copies mais à l'instar des colonnes rostrales, des lampadaires et des statues, ils rythment, par leur fougueuse verticalité, l'étendue horizontale de la place.

 

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Dans le cadre de sa politique de grands travaux, le Baron Haussmann voulut faire retirer l'obélisque et les fontaines mais il n'obtint heureusement pas gain de cause.  Comme dans une Rome intemporelle, les figures archétypales de la Concorde, étroitement liées à la puissance maritime de Paris et de la France, rayonnent entre l'eau vive et le ciel...

 

Bibliographie

 

Amaury DUVAL: Les Fontaines de Paris, anciennes et nouvelles. Nouvelle édition, Paris: Bance aîné, 1828.

 

Pierre-Thomas-Nicolas HURTAUT: Dictionnaire historique de la ville de Paris et de ses environs.

 

Adolphe JOANNE: Paris illustré. Paris: Hachette, 1863.

 

Pierre KJELLBERG: Le nouveau guide des statues de Paris. Paris: la Bibliothèque des Arts, 1988.

 

Marquis DE ROCHEGUDE: Promenades dans toutes les rues de Paris. Paris: Hachette, 1910

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