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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

sculpture

Publié le par maplumefee
Publié dans : #eluard, #jpg, #poeme, #sculpture, #yeux

 

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Je continue avec plaisir la tradition du Poème du Mardi, un rendez-vous que j'aime beaucoup, en souvenir de Lady Marianne, avec des pensées pour sa famille et ses ami(e)s.

 

J'ai choisi un poème que j'aime intensément depuis longtemps et que je me récite souvent.

 

Je veux « l'offrir » en ce mardi 16 juin à mon Christophe adoré en lui souhaitant un très Joyeux Anniversaire avec plein de facéties et de gourmandises à partager, la tête dans les étoiles et nos cœurs dans le même brasier...

 

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©Marie Cardouat

 

 

« La courbe de tes yeux fait le tour de mon cœur,

Un rond de danse et de douceur,

Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,

Et si je ne sais plus tout ce que j’ai vécu

C’est que tes yeux ne m’ont pas toujours vu.

 

Feuilles de jour et mousse de rosée,

Roseaux du vent, sourires parfumés,

Ailes couvrant le monde de lumière,

Bateaux chargés du ciel et de la mer,

Chasseurs des bruits et sources des couleurs,

 

Parfums éclos d’une couvée d’aurores

Qui gît toujours sur la paille des astres,

Comme le jour dépend de l’innocence

Le monde entier dépend de tes yeux purs

Et tout mon sang coule dans leurs regards. »

 

Paul Eluard (1895-1952), poème écrit en 1926.

 

Pour les personnes intéressées, voici un lien pour accéder à une excellente biographie et à une chronologie des œuvres d'Eluard.

 

https://eluard.org/

 

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J'illustre ce poème avec une sculpture que j'aime infiniment pour sa force et sa simplicité. Elle est issue d'un ensemble de sculptures réparties dans le Quartier de la Défense, le long de l'Esplanade du Général de Gaulle, qui mène à la Grande Arche. Ces sculptures regroupées sous le terme « La Danse » sont des jardinières qui mêlent le béton et le grès, des émanations de matière « intense » et matricielle, situées dans ce qu'on appelle le Jardin de la Place Basse. Je vous en reparlerai bientôt avec des articles sur La Défense.

Cette sculpture d'amour, datant de 1983, entre joliment en résonance, je trouve, avec les mots de Paul Eluard. Elle est l’œuvre de Shelimo Selinger, artiste Franco-Israélien né en 1928 en Pologne. Interné dans les camps nazis, l'artiste ne cessa, en contraste avec ce qu'il avait vécu, de multiplier les œuvres « douces ». Il choisit la beauté et l'amour pour s'exprimer. En 1989, François Mitterrand l'a fait Chevalier de la Légion d'Honneur. Il est appelé « le sculpteur de lumière ».

 

 

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Très Joyeux Anniversaire à mon Christophe et aussi à l'une de mes amies qui se reconnaîtra, sous le signe du Farfadet... Sourires et secrets murmurés sur un chemin bordé de pavots...

 

Avec une infinité de gros bisous !

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #bercy, #Florence de Ponthaud-Neyrat, #jpg, #marbre, #neyrat, #sculpture

 

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MERCI BEAUCOUP POUR VOS VŒUX D'ANNIVERSAIRE !

 

Et vos pensées concernant ma santé... Je suis très touchée... par ce que plusieurs d'entre vous m'ont écrit, par vos poèmes et par les créations que vous avez réalisées pour moi. Je vous dis de tout cœur...

 

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A quelques pas de la Place des Vins de France, dans le Quartier de Bercy-Village, on contemple, devant la façade miroitante d'un hôtel de luxe, une statue en marbre de Carrare.

 

Assise en tailleur sur une dalle qui semble flotter sur l'eau, elle se nomme Plénitude et elle a été réalisée en l'an 2000 par l'artiste plasticienne Florence de Ponthaud-Neyrat.

 

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De manière songeuse et sensuelle, elle se penche et mire son reflet dans une étendue où plongent les formes des bâtiments alentour.

 

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Ce marbre resplendit par sa pureté dans un univers empreint d'une modernité qui peut paraître froide mais à peu de distance, on pénètre dans un écrin de Nature, le Parc de Bercy à la très belle scénographie.

 

Plénitude est là, telle une déesse à fleur d'eau. Puissance matricielle qui incarne le féminin sacré entre ciel et moires aquatiques.

 

Et le marbre se fait chair...

 

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Florence de Ponthaud-Neyrat est née en 1944 à Chalon-sur-Saône. Artiste profondément accomplie et pleine de sensibilité, elle pratique la sculpture monumentale, « en pierre unique » et dans toutes sortes de matières : bois, marbre, fer, bronze, terre cuite, verre...

 

Entre 1971 et 1975, elle a étudié à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris et au fil des années, elle a travaillé auprès de maîtres de la sculpture, en l'occurrence :

 

César Baldaccini, dit César (1921-1998), enfant terrible de l'art désigné comme Nouveau Réaliste en 1960.

 

Étienne-Martin, sculpteur et plasticien, créateur de La Demeure, en 1968, œuvre à laquelle j'ai consacré un article : La Demeure, Étienne-Martin, été 2018

 

Jean Cardot (né en 1930), maître sculpteur, Président de l’Académie des Beaux-Arts en 1992 et 1997, spécialiste en grandes commandes publiques.

 

Germaine Richier (1902-1959), créatrice de créatures fantasmagoriques.

 

Nino Bruschi, artiste emblématique de l'art à Carrare en Italie, terre de prédilection pour de merveilleux marbres...

 

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https://www.florencedeponthaud.com/

 

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Florence de Ponthaud-Neyrat posant à côté de son œuvre intitulée Le brame du cerf, photo © Hervé Desvaux.

 

Elle a dirigé l'entreprise de son père, André Neyrat, héritier d'une maison de fabrication de parapluies depuis 1865 et elle se voue à son art, pleinement, depuis l’année 2000. Attirée par la Nature, l’Art Sacré, l'expression des grands mythes créateurs à travers la matière, les effets de texture et le mouvement...

 

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Aux Aguets, œuvre réalisée entre 2015 et 2016 par Florence de Ponthaud-Neyrat, en bois de châtaignier, bambous et fer à béton.

 

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 L’œuvre nid et oiseau est visible à Yerres, dans la Propriété Gustave Caillebotte, en Essonne.

 

Je vous ai fait visiter ce lieu bucolique et peuplé de ravissantes fabriques à travers une série d'articles :

 

La Propriété Gustave Caillebotte à Yerres

 

La Propriété Gustave Caillebotte : Notre-Dame du Lierre

 

La Propriété Caillebotte : L'Exèdre et l'Enfant à l'Oie

 

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Irriguant le charme et la vigueur retenue de son mode d'expression artistique, la rencontre de Florence Ponthaud-Neyrat avec Robert Couturier (1905-2008), élève d'Aristide Maillol (1861-1944), a été d'une importance capitale pour ses marbres monumentaux.

 

Je conseille aux personnes intéressées par la sculpture contemporaine, l'excellent site de la Galerie Martel Greiner :

 

https://www.martel-greiner.fr/artists/robert-couturier/

 

https://www.martel-greiner.fr/artists/florence-de-ponthaud-neyrat/

 

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La Belle se laisse admirer dans un quartier très riche sur un plan artistique. Je vous ai conté l'histoire des lieux dans plusieurs articles et billets :

 

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La roseraie et les parterres de Bercy

 

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Le Jardin Romantique de Bercy

 

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Les vignes de Bercy

 

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Le magnifique musée des Arts Forains se situe également à proximité. J'ai pris plein de photos de ce lieu insolite et fascinant. Je lui consacrerai un article dans quelques temps...

 

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Je vous souhaite de belles journées de Plénitude Printanière, merci encore pour vos vœux d'anniversaire et votre fidélité. Gros bisous !

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #demeure, #etienne, #jpg, #martin, #sculpture

 

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A Bercy, dans le parc où j'apprécie tout particulièrement de flâner, se dresse La Demeure, fascinante sculpture contemporaine conçue, en 1968, par le sculpteur et plasticien Étienne-Martin. Le trait d'union entre Étienne et Martin n'est pas une coquille. L'artiste a choisi de le placer entre son prénom et son nom.

 

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Installée sur un îlot qui domine un tapis de nénuphars, il s'agit de la dixième des vingt « Demeures » réalisées par l'artiste.

 

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Divinité gardienne des cycles du temps, la Demeure 10 semble se nourrir des frissons de l'eau, des métamorphoses des couleurs, du souffle des éléments et des trilles des oiseaux. « Œuvre-lieu » puissamment fantasmagorique, elle épelle de silencieuses sonorités vers les « mondes en contrebas » et se dévoile à fleur d'eau, au-dessus d'un magma d'ombres vertes et de lacis de lumière.

 

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Corps enchevêtrés qui forment une maison-visage, émanation du ventre et de l'abri originels, la sculpture incarne le désir de se lover dans la hutte primordiale, la crypte matricielle du fond des âges et des eaux/os.

 

« Elle s'enracine dans la nuit des réminiscences originelles; elle est à la fois l'idole caverneuse, l'infernale demeure et le vestige reconstitué, transposé en termes plastiques, des maisons des souvenirs de l'artiste. » Pierre Volboudt (1906-1987), critique d'art.

 

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Étienne-Martin (1913-1995) est né à Loriol, dans la Drôme. A l'âge de 16 ans, il s'est inscrit à l'École des Beaux-Arts de Lyon, et, après un apprentissage qualifié de « traditionnel », il a décidé d'étudier la sculpture, de 1934 à 1939, à l'Académie Ranson de Paris, auprès de Charles Malfray (1887-1940), maître sculpteur, tailleur de pierre et survivant des tranchées de Verdun.

 

La sculpture était pour lui quelque chose de profondément sensuel et matriciel, un art des creux, des gouffres et des cavités que l'on ne peut aborder autrement qu'avec le corps et en faisant appel à tous les sens.

 

Inspiré par les « spiritualités mystérieuses », il a travaillé, de 1951 à 1956, à un « Hommage à l'écrivain Howard Phillips Lovecraft » qui s'appelait initialement « le Grand Rythme ». Ce plâtre monumental n'existe plus mais le souvenir de ses structures alvéolées complexes perdure dans les anfractuosités des Demeures où s'entrelacent les cauchemars et les rêves.

 

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H P Lovecraft (1890-1937) est un auteur américain rendu célèbre par ses récits fantastiques, oniriques, macabres, ses contes d'horreur et ses ouvrages de Dark Fantasy et de Science-Fiction. Un petit clin d’œil aux aficionados du Necronomicon et du Mythe de Cthulhu...

 

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Étienne-Martin a commencé en 1954 la série des Demeures et a reçu en 1966 le grand prix de sculpture à la 33e Biennale de Venise. Il existe vingt Demeures de taille variée, réalisées chacune dans des matériaux différents. Elles le ramènent toutes à la maison natale de Loriol dont il dira: « Un jour, j’ai été obligé de me séparer de ma maison, là où j’étais né, et j’en ai été choqué et peiné. Mais elle est restée tellement présente en moi que j’ai eu le désir de l’explorer. (…) En travaillant sur ce thème, j’ai retrouvé la forme, la lumière, les gens, tout ce qui constituait l’âme de cette maison.»

 

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« Construire, c'est pénétrer dans la matière, traverser l'épaisseur où se lovent les hantises originelles... »

 

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Étienne-Martin aimait les sculptures d'Océanie aux cavités gorgées de « sacré », les tabernacles et les sculptures-tombeaux étrusques. Il était également fasciné par l'art égyptien monumental, les pyramides et les colosses d'Abou Simbel. Il invoquait sous ses doigts d'artiste ce qui naît, meurt et renaît dans la terre et le sable.

 

Il considérait le bois comme la matière primordiale et la pierre comme une source de résonances infinies. Les végétaux aux formes étranges, les fleurs séductrices et les plantes dotées de profondes racines l'inspiraient aussi...

 

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Rendez-vous dans quelques jours pour une autre promenade d'été...

 

Gros bisous !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #jardin, #jpg, #loire, #sculpture, #tuileries

 

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Décembre se poudre de lumière festive et Saturne l'Ancien nous invite au jardin, en compagnie de ses amis Cérès, Pomone et Vertumne. Pour retrouver l'histoire de ces élégantes statues, il suffit de cliquer ICI.

 

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Saturne, dieu de l'hiver, maître des Saturnales que nous célébrons toujours sous le nom de Yule ou de Noël, est une force sereine, un gardien du temps et des usages magiques qui rythment cette période de l'année. Vous apprécierez la puissance évocatrice de ses mains et le travail de sculpture effectué sur le brasero qu'il tient.

 

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Le regard de Cérès, déesse des moissons, se perd dans le bleu intense et glacé du ciel.

 

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L'année s'achève et la Nature, doucement, sombre dans un sommeil poétique. L'atmosphère du jardin devient plus propice à l'introspection.

 

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Malgré le froid ambiant, la rondeur avenante des bassins où s'ébattent canards et mouettes attire les promeneurs.

 

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Le long des arcades de la rue de Rivoli, le Grand Couvert ou zone boisée du jardin nous offre une vaste respiration. Divisé en deux parties par la grande allée dessinée par André Le Nôtre (1613-1700), il accueille des statues anciennes et des œuvres contemporaines.

 

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 L'Hercule Farnèse de Giovanni Comino (actif en 1670 et mort en 1708) se dore au soleil. Ce marbre, créé entre 1670 et 1672, fut placé en 1790 dans le jardin.

 

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Autour de nous, les grands platanes n'ont pas encore perdu toutes leurs feuilles. Il reste de l'or en suspension.

 

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Les arbres prennent, avec leurs branches croches, des allures de créatures de contes de fée...

 

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 Dernière parure d'automne avant le règne de l'hiver.

 

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La Grande Roue de la place de la Concorde clôt la perspective du jardin. Elle se dresse sur l'axe est/ouest voulu par Le Nôtre et qui se déploie, depuis les jardins du Carrousel, vers l'Arc de Triomphe et les tours contemporaines de la Défense.

 

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Horloge futuriste et gardienne des secrets de la ville, avec l'obélisque de la place de la Concorde en guise d'aiguille, elle rythme la période des fêtes. Roue des cycles calendaires et du temps qui s'écoule, elle nous offre, dès que la nuit s'anime, ses mouvantes lumières.

 

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Photo prise avec mon téléphone portable

 

Intéressons-nous à présent au remarquable agencement dit du « fer à cheval » créé par André Le Nôtre. Vous l'apercevez au pied de la roue : deux rampes qui encadrent un bassin hexagonal conduisent à deux vastes terrasses, la terrasse du Bord-de-l'Eau, côté sud, qui mène à l'Orangerie et la terrasse des Feuillants, côté nord, où se dresse l'élégant Jeu de Paume entouré de parterres fleuris.

 

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Les pans coupés des deux terrasses et les rampes en fer à cheval dont la pente douce enserre les bordures du grand bassin se fondent avec majesté dans le paysage. Depuis 1719, on admire en ces lieux quatre groupes sculptés, représentations allégoriques de fleuves et de rivières soit :

  • Le Tibre de Pierre Bourdict (sculpteur connu entre 1684 et 1711),
  • Le Nil de Lorenzo Ottoni (1648-1736),
  • La Seine et la Marne de Nicolas Coustou (1658-1733),
  • La Loire et le Loiret de Corneille Van Cleve (1645-1732).

 

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 La Loire et le Loiret, moulage réalisé au début du XVIIIe siècle d'après l’œuvre originale de Corneille Van Cleve.

 

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Nous sommes entre automne et hiver mais j'ai rajouté à mon article deux photos de ce beau groupe sculpté, prises au début du printemps.

 

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 La Seine et Marne, moulage réalisé au début du XVIIIe siècle d'après l’œuvre originale de Nicolas Coustou.

 

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 La Seine et la Marne et La Loire et le Loiret sont le fruit d'un ambitieux programme politico-culturel orchestré par Jules-Hardouin Mansart (1646-1708), Surintendant des Bâtiments du Roi à partir de 1699.

 

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Mansart commanda quatre grands groupes pour le Bassin des Nappes du château de Marly, résidence bucolique de Louis XIV située dans les Yvelines. Le Roi Soleil apprécia tout particulièrement cet ensemble élégant qui illustrait l'un de ses grands projets à caractère mythologique.

 

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 Les marbres de Corneille Van Cleve et de Nicolas Coustou étaient associées à des Nymphes (disparues), œuvres d'Anselme Flamen (1647-1717) et de Simon Hurtrelle (1648-1724) qui comptèrent parmi les meilleurs sculpteurs de Versailles.

 

En 1719, La Seine et la Marne et La Loire et le Loiret furent installés aux Tuileries, au pied du fer à cheval imaginé par Le Nôtre. Le régent Philippe d'Orléans (1674-1723) fut à l'initiative de ce déplacement car les Tuileries, magnifique jardin de broderies n'accueillait pas encore de statues. Le Régent voulait également offrir au jeune Louis XV, installé aux Tuileries après la mort de son arrière grand-père Louis XIV, un cadre familier.

 

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 Le Nil

 

Le Nil et Le Tibre rejoignirent aux Tuileries les prestigieux marbres de Marly. Il s'agit de copies d'antiques réalisées par des sculpteurs de la Rome baroque.

 

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Pauvre petit génie qui a perdu sa tête !

 

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 Le dieu Nil est accompagné d'un sphinx et de 16 petits génies qui représentent les seize coudées du niveau d'eau maximal atteint par le fleuve lors de sa crue.

 

A la Révolution, d'autres sculptures de Marly furent saisies et placées dans le « Jardin National » des Tuileries et à partir de 1870, le musée du Louvre eut pour mission de protéger ces statues du vandalisme et des morsures du climat parisien.

 

En 1993, dans la lignée des travaux de la Pyramide du Louvre, les marbres de Marly ont été installés dans la Cour Marly. Les sculptures que nous contemplons aux Tuileries sont des copies altérées par le temps. Elles sont si jolies, une restauration ne serait pas de trop !

 

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Le Tibre

 

La statue originale du Tibre fut découverte à Rome, en 1512, sur le site de l'ancien sanctuaire des dieux Isis et Sérapis. Le dieu fleuve est représenté de manière traditionnelle c'est à dire barbu et à demi-couché. Il tient une rame, symbole de la navigation et sa grande corne d'abondance évoque les vertus nourricières de l'eau qui traverse la Ville Éternelle.

 

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 Il est accompagné par la Louve romaine et les jumeaux Romulus et Rémus.

 

L'iconographie du Nil et du Tibre nous ramène à l'époque d'Hadrien (117-138 après J.-C) mais les chercheurs ignorent quand les originaux de ces statues ont pu être réalisés. Un mystère qui sera peut-être percé un jour ?

 

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Vue printanière sur le côté sud du fer à cheval avec l'Orangerie, les copies d'antiques et les marbres de Marly que je vous ai présentés.

 

Gageons que Le Nôtre aurait apprécié de voir son magnifique jardin à la française ainsi paré et qu'il serait satisfait que tant de visiteurs se pressent, chaque année, dans cette galerie de sculptures à ciel ouvert !

 

Je vous souhaite, chers aminautes, d'excellents préparatifs de Noël et vous remercie de votre fidélité. Amicales pensées !

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #oeuvre, #orage, #rodin, #sculpture, #sous

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En ce Printemps capricieux, je vous invite à franchir les grilles du Jardin des Tuileries et à vous diriger, sous les magnifiques voûtes de verdure, vers le Musée de l'Orangerie.

 

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Marronniers et tilleuls dessinent, sur notre parcours, une luxuriante forêt...

 

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L'Orangerie est ce bâtiment tout en longueur, remarquable d'élégance et de sobriété, qui se dresse face à la Place de la Concorde, à l'extrémité occidentale de la Terrasse du Bord de l'Eau. Il accueille une sélection raffinée de peintures impressionnistes et post-impressionnistes et forme un écrin privilégié pour les célèbres Nymphéas de Claude Monet.

 

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La Terrasse du Bord de l'Eau domine, d'un côté, la Seine et ses quais ombragés et, de l'autre, de ravissants parterres fleuris.

 

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Dans ce monde « en vert », s'épanouissent de délicats orangers, réminiscences de ceux qui peuplèrent, pendant des siècles, l'allée centrale du jardin.

 

A la Belle-Époque, l'Allée des Orangers formait une promenade particulièrement prisée. Bordée de grands marronniers, elle constituait une galerie d'exposition à ciel ouvert pour les Parisiennes qui y déployaient leurs accessoires de mode. Les jeunes gens s'y donnaient rendez-vous sous les frondaisons parfumées. Ils venaient y « sourire à des amours écloses l'hiver; sous les lustres, et maintenant épanouies au sein de la verdure, sous les brises embaumées du Printemps. » Edmond Texier: Tableau de Paris, 1852-1853.

 

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Originaire de Chine, l'oranger (citrus sinensis), pénétra en Europe à l'époque des Croisades (XIe-XIIIe siècle), par la voie méditerranéenne. De la Perse au Bassin Méditerranéen, l'orange amère ou bigarade parvint en Sicile et se diffusa ensuite dans le reste de l'Europe. L'orange douce fut découverte en Chine au XVIe siècle par les navigateurs portugais qui la rapportèrent en Europe.

 

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L'orange est associée au mythe du Jardin des Hespérides. Dans ce merveilleux jardin, situé à l'Extrême-Occident, au bord de l'Océan, coulaient des sources d'ambroisie destinées aux dieux. Un arbre fabuleux, porteur de « fruits d'or », s'y épanouissait, sous la garde d'un dragon à cent têtes, appelé Ladon et des gracieuses Hespérides.

 

Selon les mythes et les auteurs, les Hespérides étaient les filles d'Hesperus, le Couchant personnifié, ou celles du géant Atlas et de Nyx, la déesse de la Nuit. Les anciens récits les considèrent comme les filles de la Nuitet de l'Érèbe, les Ténèbres primordiales ou du Titan Phorcys, « le Monstrueux », divinité de la mer profonde et de Céto, la Sirène originelle...

 

Elles veillaient sur les précieuses pommes d'or, symboles d'immortalité, scintillant comme les étoiles dans le ciel.

 

L'arbre était un présent de Gaïa, la terre mère, à Héra, la reine des dieux, lors de son mariage.

 

Le héros grec Héraclès pénétra dans le jardin pour dérober les fameux fruits, pommes de lumière assimilées aux luxuriantes oranges...

 

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Héraclès et les Hespérides, villa Albani à Rome.

 

L'orange est un symbole de fécondité, de protection et de prospérité. Fruit précieux donné comme cadeau de Noël aux enfants, à la Belle-Époque, dans l'Entre-Deux-Guerres et après...

 

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La fleur d'oranger était offerte, sous forme de couronnes parfumées, aux jeunes mariées.

 

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L'Orangerie fut érigée à partir de 1853, sur les plans de Firmin Bourgeois, pour accueillir les orangers des Tuileries, entreposés jusque là dans une galerie du Louvre. Ludovico Visconti (1791-1853), architecte de l'empereur Napoléon III, termina la construction de ce grand vaisseau de pierre.

 

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Ses lignes classiques s'harmonisent avec celles des grands Hôtels de la Place de la Concorde (l'Hôtel de Crillon et l'Hôtel de la Marine).

 

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Une orangerie est traditionnellement un bâtiment clos, doté de vastes fenêtres tournées vers le Sud. Il y règne une température agréable et bien régulée. Les agrumes en bacs ou en pots et les végétaux fragiles, comme les palmiers, y sont protégés contre le gel.

 

La mode des orangeries date de la Renaissance et vient d'Italie. Les orangers étaient gardés, à l'abri des intempéries, dans des « limonaiae ».

 

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Pendant la IIIe République, l'Orangerie des Tuileries fut transformée en salle de concert et en lieu d'exposition pour du matériel industriel et horticole, des objets artisanaux et des chiens de race. Elle accueillit, pendant la Première Guerre Mondiale, des soldats mobilisés et servit de dépôt d'armement.

 

Elle fut attribuée, en 1921, à l'administration des Beaux-Arts et destinée, comme son pendant, le Jeu de Paume, à devenir une annexe du Musée du Luxembourg. Mais Georges Clémenceau (1841-1929) proposa à Claude Monet (1840-1926) d'y installer Les Nymphéas et, le 17 mai 1927, le Musée de l'Orangerie ouvrit ses portes.

 

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A l'est et à l'ouest, les portes monumentales sont surmontées de frontons qui décrivent des sujets agricoles, sculptés par Gallois-Poignant, un des artistes du Louvre de Napoléon III (1808-1873).

 

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Les orangers d'aujourd'hui passent l'hiver dans l'Orangerie de Meudon. Ils s'épanouissent aux Tuileries pendant les beaux jours.

 

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Des sculptures d'époques variées contemplent l'écrin verdoyant du jardin et la forêt de petits agrumes.

 

bImage22.jpg Cette étrange silhouette, appelée Reclining Figure, accueille le visiteur au pied de l'escalier menant à la Terrasse du Bord de l'Eau. Création du sculpteur Henry Moore (1898-1986), elle date de 1951.

 

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Sa peau de bronze, scintillante après l'averse, est sublimée par les variations de la lumière.

 

L'art contemporain semble parfois hermétique ou peut ne pas correspondre à l'idée que l'on se fait du « beau » mais le pouvoir de l'imaginaire moderne nous réserve bien des surprises.

 

Ainsi, cette statue mystérieuse, récurrente dans l'oeuvre d'Henry Moore, évoque une sculpture maya appelée Chac Mool.

 

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En 1925, l'artiste découvrit au cours d'une exposition parisienne une des versions du Chac Mool. Il la déclinera, sous des formes particulières, tout au long de sa vie, avec les Reclining Figures.

 

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La lumière entre dans les cavités de ces corps étranges, passerelles entre les mondes anciens et l'écriture de la modernité. Cet art mystérieux nous fait osciller entre les royaumes mayas et les paysages enchantés du Yorkshire, comté d'Angleterre, où naquit l'artiste.

 

Henry Moore réinterpréta des figures emblématiques des civilisations anciennes et façonna des bronzes abstraits monumentaux liés, de manière sensuelle, maternelle et mystique, à la féminité.

 

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Les formes organiques et les divinités des mondes lointains ont constitué pour lui une source d'inspiration majeure.

 

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Fascinants Chac Mool

 

Bien qu'on la rencontre ailleurs, cette figure sacrée est très présente à Chichén Itzá, une ancienne ville toltèque et maya, considérée comme le principal centre religieux du Yucatán.

 

La cité s'est développée autour de deux puits naturels, appelés cenotes. Imprégnée de mystère, elle est associée aux forces calendaires, aux puissances guerrières et aux divinités aquatiques.

 

Le nom même de Chichén Itzá révèle cette présence « sacrée » de l'eau. Chi signifie bouche, Chén évoque le puits et Itzá désigne le sorcier de l'eau. On y honorait Chac, le dieu de la pluie, appelé Tlaloc par les Aztèques.

 

Des sacrifices étaient offerts au seigneur de l'eau. Les avis des historiens diffèrent au sujet des victimes précipitées au fond des cenotes sacrés: jeunes gens vierges, enfants morts très jeunes, prisonniers capturés lors de raids dans des cités rivales... Les « infortunés » étaient purifiés dans un bain de vapeur (temazcal) avant d'être jetés au fond des puits avec des offrandes: perles de jade, petits miroirs de pyrite, boules de copal, cristaux, figurines en forme de jaguar et de serpent...

 

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Inventé en 1875 par l'explorateur Auguste Le Plongeon, le terme Chac Mool signifie « Grand Jaguar Rouge » en maya yucatèque. Ce personnage de pierre est appuyé sur les coudes, dans une position demi couchée. Un plateau destiné à recevoir le coeur des sacrifiés repose sur son ventre.

 

Médiateur entre les hommes et les dieux, il se dresse au sommet du Temple des Guerriers Jaguar, précédant deux superbes piliers posés sur deux têtes de serpents géants.

 

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(Image trouvée sur le site Mexico Travel.)

 

Chac, Chaac ou Chaahk, frappe les nuages avec sa hache de foudre pour susciter le tonnerre et la pluie. A l'instar d'autres dieux mayas, il est à la fois un et multiple. Chaque point cardinal est associé à un Chac. Un rouge se situe à l'est, un blanc au nord, un jaune au sud et un noir à l'ouest.

 

Chac et ses avatars, les faiseurs de pluie, heurtent avec leurs haches de silex ou de foudre les serpents célestes qui crachent la pluie.

 

Protecteur des cultures et gardien des montagnes sacrées dans lesquelles le maïs a été dissimulé, Chac est un dieu de la fécondité, veillant sur les jeunes filles en âge de concevoir.

 

Il revêt parfois le masque de Tlaloc, le dieu aztèque de la pluie et de la végétation, pourvu de crocs allongés et de grands yeux ronds entourés de serpents.

 

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  Le Chac Mool du Templo Mayor à Mexico. Au lieu du plateau rituel, il tient un cuanhxicalli ou « réceptacle de l'aigle », vase sacré destiné à recevoir le coeur des sacrifiés.

 

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Le Chac Mool est le gardien des mystères de la pluie et de l'orage fécondant. Il préside à la métamorphose du guerrier en jaguar, animal sacré de la Mésoamérique. Conteur silencieux, il nous fait cheminer vers le splendeurs de la Grande Pyramide de Chichén Itzá, précédant les 364 marches qui convergent vers le plateau central, représentation grandiose des 365 jours de l'année.

 

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Lors des deux équinoxes, le soleil dessine un étonnant jeu d'ombre à la surface des escaliers et façonne le corps fantastique du Quetzalcoatl ou Kukulkan, le Serpent à Plumes.

 

Cette figure initiatique a profondément inspiré Henry Moore.

 

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L'artiste l'a féminisée et a fait jaillir de blocs de pierre, de bois ou de métal, de grandes formes étendues, réceptacles de puissance et de fécondité.

 

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Entre vallées profondes et excavations énigmatiques, cavités et réseaux de veines multiples, la magie serpente, nous rappelant que tout art renferme une dimension sacrée.

 

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L'art d'Henry Moore établit un lien intime avec les formes prénatales. Il sublime la mort et la vie, la courbe, le creux et la maternité. Les volumes ondulants font référence au corps du dieu maya de la pluie que l'artiste a réinterprété en le dotant d'attributs féminins.

 

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Fasciné par les éléments organiques et les êtres en métamorphose, Henry Moore est également connu pour sa collection « d'éléments ramassés »: coquillages, bois flottés, silex, crânes, os et squelettes de divers animaux...

 

Émanation des forces primitives, sa Reclining Figure trône depuis l'an 2000 au pied de l'Orangerie. Elle a remplacé L'Hommage à Cézanne, une sculpture d'Aristide Maillol datant de 1912.

 

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  La belle nymphe en plomb offre aux promeneurs ses lignes épurées.

 

Aristide Maillol (1861-1944) élabora des sculptures monumentales évoquant la statuaire grecque archaïque mais ouvrant, par leur volonté de rupture avec l'art descriptif du XIXe siècle, la voie vers l'abstraction.

 

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Habillés de verdure, les abords du Musée de l'Orangerie composent une séduisante promenade peuplée de sculptures hétéroclites. Lovons-nous, pour mieux les apprécier, sous les tilleuls aux frondaisons sucrées...

 

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 Ce lion farouche, aux prises avec un serpent qui ne résistera pas longtemps à ses féroces mâchoires est l'oeuvre d'Antoine-Louis Barye (1795-1875), artiste romantique, célèbre pour ses tableaux et ses sculptures de grands fauves.

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En compagnie de son ami Eugène Delacroix, Antoine Barye étudia les animaux exotiques au Jardin des Plantes et réalisa des croquis sur nature qu'il traduisit dans la peinture et la sculpture. En 1833, Louis-Philippe lui commanda Le Lion au serpent, pour le Jardin des Tuileries. Cet animal rugissant est une allégorie de la Monarchie écrasant la sédition, trois ans après les sanglantes émeutes de 1830.

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L'animal que nous contemplons est une copie du lion en bronze original, conservé au Musée du Louvre.

 

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En 1846, Louis-Philippe passa commande à Antoine Barye d'un pendant pour Le Lion au serpent. Le magnifique Lion assis fut terminé en 1847 et placé en 1867 sur le Quai des Tuileries, à l'entrée du Guichet de l'Empereur.

 

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On lui adjoignit un « jumeau » et les deux fauves formèrent les gardiens majestueux de la Porte des Lions.

 

Ce prédateur magnifique incarne la majesté et la sérénité. Le traitement romantique de son expression le fait tendre vers l'anthropomorphisme.

 

aImage44 Ce lion farouche offre un contraste saisissant avec celui de Giuseppe Franchi (1731-1806).

 

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Un élégant lion de marbre, emblème héraldique, réalisé en 1806 d'après l'antique, et installé en 1819 face à la Place de la Concorde.

 

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(Vous pouvez cliquer ici pour consulter mon article sur la Place de la Concorde.)

 

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Il est un endroit que j'aime particulièrement...

 

De l'autre côté de l'Orangerie, vers les bassins fleuris bordant le bassin octogonal des Tuileries, trois statues d'Auguste Rodin (1840-1917) se dressent sur une vaste pelouse.

 

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« L'Homme d'Airain » nous livre un florilège de son art: Ève(1881-vers 1899), Méditation avec bras (1881-vers 1905) et L'Ombre(1881-vers 1904).

 

 

aImage49.jpg Ève est l'incarnation de la féminité universelle. Ses attitudes sont à la fois sensuelles et retenues; ses courbes, des torrents de lumière.

 

aImage50.jpg Son corps est une offrande qui semble jaillir du rocher.

 

Rodin a exalté la femme en création et la mère en devenir. Le modèle choisi était une ravissante italienne, surnommée la « panthère » par l'artiste. Au fil des séances de pose, Rodin, insatisfait, modifiait constamment ses volumes jusqu'à ce que la jeune femme lui révèle qu'elle était enceinte. Il choisit alors de laisser l'oeuvre inachevée, dans sa beauté brute et voluptueuse...

 

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La Méditation ou la Voix intérieure fut créée en hommage à un recueil poétique de Victor Hugo.

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Dansante et repliée sur elle-même, sereine et cependant tendue, elle exprime un mouvement secret, un état particulier de réflexion qui nous attire vers les songes...

 

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L'Ombre ou Adam, tout en virtuosité, reflète le chaos qui habite le personnage après son exclusion du Jardin d'Eden. Dans l'oeuvre alchimique de Rodin, le corps sensuel épouse les convulsions de l'esprit...

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L'artiste crée une mosaïque de tensions et de formes apaisées, comme les pleins et les déliés d'une magistrale écriture.

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La musculature de ses personnages impressionna tant ses contemporains que certains l'accusèrent de mouler ses sculptures sur modèle vivant (surmoulage).

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Une liberté créatrice intense, quasi-pulsionnelle, caractérise l'art de Rodin. Son travail sur l'anatomie et la matière est le fruit d'une écriture très personnelle. Celle-ci explore des courants anciens, comme le maniérisme, et rend hommage au génie créateur de Michel-Ange.

 

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La vie de Rodin fut une suite de luttes et de défis. Atteint d'une forte myopie, il fit des études médiocres mais développa, de manière très intime, son sens du toucher. Il apprit la sculpture auprès de maîtres comme Antoine-Louis Barye et Albert-Ernest Carrier-Belleuse mais échoua au concours d'entrée de l'École des Beaux-Arts. Il fut recalé trois fois à l'épreuve de sculpture en raison d'un style trop éloigné des conventions néo-classiques mais il fut engagé dans plusieurs ateliers.

 

Son amour des femmes et ses nombreux voyages (Belgique, Italie, Angleterre...) nourrirent son inspiration. La postérité retint surtout le nom de Rose Beuret, (modèle, maîtresse et épouse) et de l'infortunée Camille Claudel...

 

La passion de l'art et de la vie émane de chacune de ses créations. En 1877, il présenta l'Âge d'Airain, une sculpture si novatrice qu'il fut accusé d'avoir pratiqué un moulage sur modèle, mais l'oeuvre marqua le début de sa carrière d'artiste « reconnu ».

 

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L'Homme d'Airain ou l'Homme qui se réveille...

 

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La Porte de l'Enfer (1880-1917) apparaît comme une compilation grandiose de plusieurs de ses créations.

 

Ève et Adam encadrent l'oeuvre monumentale. La Divine Comédie de Dante (1265-1321), voyage allégorique à travers l'Enfer, le Purgatoire et le Paradis, a enflammé l'esprit de Rodin.

 

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Il s'est souvenu de la Porte du Paradis, merveille de bronze doré signée Lorenzo Ghiberti(1378-1455), pour le baptistère de Florence.

 

La Porte de l'Enfer est couronnée par les Trois Ombres qui représentent une triple version d'Adam.

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Les Trois Ombres au Musée Rodin.

 

La réunion de ces trois figures forme une vision instantanée de la même oeuvre sous des profils différents. Elles ont été présentées à l'Exposition Rodin de 1900 sous le titre « Les Vaincus ».

 

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 Avant de poursuivre mon chemin, mon regard est attiré par ce personnage à la faucille qui couronne une des grandes fenêtres de l'Orangerie. Il tient l'attribut de la terre nourricière et des dieux des moissons.

 

Emblème de mort et de renaissance, d'espoir et de fertilité, la faucille est liée au sang de la terre et revêt la forme du croissant lunaire.

 

Dans la mythologie grecque, Gaïa, la Terre, façonne une faucille de silex pour castrer son époux Ouranos, le Ciel. Le couple divin avait engendré les Titans, les Titanides, les Cyclopes et les Hécatonchires, redoutables créatures dotées de cent bras et de cinquante têtes. Effrayé par sa progéniture, Ouranos la fit enfermer au fond du Tartare, lieu de désolation, mais Gaïa en prit ombrage. Elle remit la faucille à Chronos, son plus jeune fils, afin qu'il castre son père.

Le sang et la semence jaillirent, engendrant les Géants, les terrifiantes Erinyes, les Nymphes et la voluptueuse Aphrodite, déesse de l'amour...

 

La faucille est imprégnée de cette charge symbolique et mythologique. Elle représente le courage et la paysannerie, comme sur le drapeau soviétique.

 

Au Japon, où elle est considérée comme sacrée et protectrice contre la foudre, on la place sur le toit des maisons.

 

L'Orme de l'Orangerie et le Grand Commandement Blanc

 

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Près de l'entrée du musée, ce grand arbre au port majestueux, un Orme champêtre (Ulmus procera), étire son feuillage vers le ciel.

 

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Il est un des très rares rescapés de la graphiose, maladie qui décima, en 1980, la quasi-totalité des ormes de Paris.

 

Sous les règnes de François Ier et d'Henri IV, de nombreux ormes furent plantés dans l'espace urbain, autour des fermes et des châteaux. Au XVIIe siècle, l'orme était la première essence d'arbre dans la capitale.

 

Dans la Grèce antique, l'orme était l'arbre d'Hermès, le messager des dieux, maître de l'alchimie, gardien des routes et des carrefours. On l'associait aussi à Oneiros, le dieu des songes et de la nuit mystérieuse.

Pour les anciens Nordiques, l'orme était lié à Embla, la première femme, amante de Ask, le frêne.

 

L'orme est un arbre vénéré car on rendait autrefois la justice sous ses branches. Les traces de cet usage demeurent dans le quartier du Marais, près de l'église Saint-Gervais-Saint-Protais. (A découvrir dans un prochain article...)

 

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De curieuses formes blanches se lovent sous son ombrage.

 

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Cette oeuvre d'Alain Kirili, qui date de 1985, se nomme le Grand Commandement Blanc.

 

Il s'agit d'un champ de signes abstraits, mélange d'alphabet et de formes géométriques évoquant des sortes de « cadrans solaires » qui projettent, à certaines heures de la journée, leurs ombres sur la pelouse. Ces mystérieuses polices de caractères en relief ont été installées à cet endroit en 2000. Elles sont en acier soudé et en peinture polyuréthane.

 

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Notre promenade autour de l'Orangerie se termine en compagnie du Baiser d'Auguste Rodin. L'érotisme triomphant de l'oeuvre l'a rendue célèbre dans le monde entier.

 

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Le thème du couple est majeur et inépuisable dans l'oeuvre de l'artiste. A l'origine, le Baiser est une sculpture en marbre d'un couple enlacé, réalisé à la demande de l'État Français pour l'Exposition Universelle de 1889.

 

Le groupe devait décrire les tragiques amours de Paolo et de Francesca, issues de la Divine Comédie de Dante. Les amants furent assassinés par le mari de Francesca pendant qu'ils lisaient la légende arthurienne de la reine Guenièvre et du chevalier Lancelot.

 

Face à la plénitude de la composition, Rodin renonça à placer les amants sur la Porte de l'Enfer. Le Baiser vola en quelques sorte de ses propres ailes et fut commandé dans de nombreuses versions.

 

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Après une exposition à succès au Salon de Paris en 1898, le fondeur Ferdinand Barbedienne proposa à Rodin un contrat pour exécuter des réductions en bronze de son chef-d'oeuvre.

 

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Le Baiser est l'apothéose du sentiment amoureux. Les amants fusionnent dans ce corps à corps d'une beauté inouïe. Leurs lèvres se donnent, s'épousent et leurs formes se dévoilent avec un bonheur émerveillé. L'impudicité dont Rodin fut accusé en son temps n'a heureusement plus cours aujourd'hui!

 

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L'oeuvre aimante, fascine et fait jaillir l'émotion. Sous la voûte de feuilles, le spectacle des amants est un pur ravissement.

 

Je vous laisse savourer ce délicieux Baiser et vous donne rendez-vous dans quelques jours pour la visite intérieure de l'Orangerie. Les célèbres Nymphéas de Claude Monet et les charmes de l'univers impressionniste seront à l'honneur. A bientôt...

 

Bibliographie

 

Jean-Pierre DELARGE: Dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains. Paris: Gründ, 2001.

 

Pierre KJELLBERG: Le nouveau guide des statues de Paris. Paris: la Bibliothèque des Arts, 1988.

 

François NOËL: Dictionnaire de la fable ou Mythologie grecque, latine, égyptienne, celtique.Paris: Le Normant, 1810;

 

Gustave PESSARD: Nouveau dictionnaire historique de Paris.Paris: Lejay, 1904.

 

Félix DE ROCHEGUDE: Promenades dans toutes les rues de Paris. Paris: Hachette, 1910.

 

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