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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #edouard, #fut, #jeanne, #jpg, #pailleron, #samary

 

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Sous les grands arbres du Parc Monceau, parmi les fabriques romantiques de Carmontelle, un monument sculpté rend hommage à deux esprits brillants : la comédienne prodige Jeanne Samary que je présenterai tout à l'heure et l'auteur dramatique Édouard Pailleron (1834-1899).

 

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Édouard Pailleron fut également poète, avocat, journaliste, dragon pendant deux ans, directeur de la Comédie-Française et Académicien. Il avait coutume de dire : « Le seul bonheur qu'on a vient du bonheur qu'on donne. »

 

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Une rue ouverte en 1903 dans le 19e arrondissement de Paris porte son nom.

 

Docteur en droit et passionné de littérature, Édouard Pailleron fut le gendre de François Buloz, le fondateur de « La revue des Deux-Mondes » dont il devint le codirecteur. En 1882, il fut élu à l'Académie Française.

 

A travers ses œuvres, il déploya une formidable énergie créatrice et certaines de ses pièces, comme « Le monde où l'on s'ennuie » furent jouées plus de mille fois ! Un succès prodigieux. Il est inhumé au cimetière du Père Lachaise et le Parc Monceau accueille un ensemble sculpté qui célèbre son talent.

 

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« Quand le désir la touche,

Notre âme n'attend pas les mots de notre bouche. » Édouard Pailleron, Le Parasite.

 

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Le monument commémoratif, couronné par une statue en buste du prolifique homme de lettres fut créé en 1906 par le sculpteur Léopold Bernard Bernstamm (1859-1939).

 

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Léopold Bernstamm était un sculpteur allemand, né dans l'actuelle Lettonie. Il fit ses classes, à partir de 1872, dans l'atelier du sculpteur danois David Jensen, élève du maître danois Bertel Thorvaldsen (1770-1844) puis il entra, en 1874, à l'Académie Impériale des Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg.

 

Artiste voyageur, il découvrit en Italie les splendeurs de Florence et de Rome et en 1885, il se rendit à Paris où il décida de s'installer.

 

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Périodiquement, il revint à Saint-Pétersbourg et réalisa de nombreux portraits sculptés de grands personnages russes et français, près de trois cents semble-t-il, parmi lesquels on trouve l'empereur Nicolas II (1868-1918), le tsar Alexandre III (1845-1894), des membres de la famille impériale russe, des artistes et des personnalités comme Anton Rubinstein (1829-1894), Fiodor Dostoïevski (1821-1881), Alexandre Pouchkine (1799-1837)... ou du côté français, Émile Zola (1840-1902), Gustave Flaubert (1821-1880), Victorien Sardou (1831-1908), Ernest Renan (1823-1892), Alexandre Falguière (1831-1900)...

 

A Paris, très apprécié, il fut l'élève d'Antonin Mercié (1845-1916) et fut sollicité par le musée Grévin pour créer un nombre conséquent de personnages de cire.

 

Au fil de sa carrière, il fut récompensé au Salon des Artistes Français et aux Expositions Universelles (il reçut la médaille d'argent en 1889 et la médaille d'or en 1900). En 1891, il fut nommé Chevalier de la Légion d'Honneur puis Officier et Commandeur.

 

 

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En 1906, outre le monument dédié à Édouard Pailleron, il a réalisé une grande sculpture en plâtre intitulée « Deux jeunes filles en mouvement ». (Image Antiquités Lassaussois.com)

 

Les deux jeunes filles sont saisies par l'artiste dans un élan facétieux. L'une d'elle tente, auprès de son amie couronnée de feuilles de vigne, de s'emparer d'un masque qui représente l'allégorie du théâtre.

 

 

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Une élégante et séduisante jeune femme est représentée au pied du monument. Il s'agit de la comédienne (Léonie Pauline) Jeanne Samary (1857-1890), égérie du Tout-Paris en son temps et figure de proue de la Comédie-Française, qui fut peinte, dans l'éclat de sa jeunesse, par Auguste Renoir (1841-1919).

 

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Issue de la lignée des Brohan, (Suzanne, Augustine et Madeleine, des comédiennes prestigieuses), Jeanne reçut le Premier Prix au Conservatoire en 1875 après avoir été l'élève de Jean-Baptiste Prosper Bressant (1815-1886). A l'âge de dix-sept ans, elle se fit remarquer en interprétant Dorine dans Tartuffe et devint très rapidement l'une des interprètes les plus recherchées pour les soubrettes du théâtre de Molière. Jeune femme pleine de charme, d'élégance et de joie de vivre, industrieuse et facétieuse, elle excella dans les pièces de Molière mais aussi dans les œuvres de Marivaux, Regnard, Victor Hugo, Victorien Sardou, Octave Mirbeau, Jean Richepin et n'oublions pas les œuvres d'Édouard Pailleron (Le Monde où l'on s'ennuie, Petite Pluie, L'Étincelle, La Souris...).

 

Elle entra à la Comédie-Française en 1875 et devint Sociétaire en 1879. Coqueluche du Paris des Arts, elle épousa en 1882 Paul Lagarde, le frère du peintre Pierre Lagarde et le couple eut trois enfants.

 

Jeanne apparaît dans la Balançoire (1876) d'Auguste Renoir (1841-1919) et le Déjeuner des Canotiers (1880/1881). Clin d’œil à mon aminaute Alain Yvars, du blog Si l'art était conté...

 

http://www.httpsilartetaitconte.com/apps/search?s=le+d%C3%A9jeuner+des+canotiers&search-submit-box-search-364419=OK

 

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Portrait de Jeanne Samary ou La Rêverie par Renoir, 1877.

 

Dans ce tableau, le visage de Jeanne Samary resplendit sur un fond rose impressionniste où se dessine la signature de Renoir. Ses yeux brillent comme des saphirs et son charme est intense (peau nacrée, lèvres rubis, chevelure de feu...), dans un monde investi par des couleurs précieuses (le bleu vert de la robe est magnifique).

 

Jeanne venait poser chez Renoir à cette époque et Renoir prenait grand plaisir à aller admirer Jeanne sur scène.

 

L’œuvre qui se trouve exposée aujourd'hui au Musée Pouchkine à Moscou fut présentée en 1877 à la troisième exposition des Impressionnistes et le ressenti des critiques et des visiteurs ne fut pas élogieux... Jeanne s'en trouva contrariée.

 

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Jeanne en robe de bal et peinte en pied, en 1878, toujours par Auguste Renoir. L’œuvre est conservée au Musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg.

 

Entre 1877 et 1880, Renoir a peint la jeune femme plus d'une douzaine de fois mais au fil du temps, les relations se compliquèrent entre les deux artistes, Jeanne reprochant à Renoir de ne pas la mettre suffisamment en valeur à travers son style très personnel et préférant se rapprocher des peintres du mouvement Académique.

 

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Jeanne Samary dans le Déjeuner des Canotiers. Les couleurs de ce détail ne sont pas identiques au tableau dans son ensemble mais, pour mes amis « puristes », j'ai fait comme j'ai pu avec ce que j'ai trouvé. wink2

 

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Jeanne Samary a aussi été peinte en 1880 par Louise Abbéma (1853-1927), une artiste prolifique et très célèbre à son époque, portraitiste attitrée et amante de Sarah Bernhardt (1844-1923).

 

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Jeanne inspirant le peintre naturaliste Jules Bastien-Lepage (1848-1884).

 

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Jeanne en déesse de la Lune, maîtresse femme photographiée par l'atelier Nadar

 

Particulièrement douée pour le théâtre, Jeanne était très aimée et sollicitée par une myriade d'auteurs hélas la fièvre typhoïde l'emporta à l'âge de 33 ans alors qu'elle allait jouer La Parisienne d'Henry Becque (1837-1899). Le peintre académique Ferdinand Humbert (1842-1934) a réalisé un portrait d'elle juste avant sa mort.

 

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Si vous vous promenez dans le Parc Monceau, vous prendrez sûrement plaisir à saluer la délicieuse Jeanne et le pétillant Édouard Pailleron, présentés selon la vision Belle-Époque de Léopold Bernstamm. Jeanne rend hommage à son ami écrivain et dramaturge en parant son monument avec une guirlande de roses après lui avoir offert deux masques qui représentent la Comédie et la Tragédie.

 

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Jeanne Samary est l'auteur d'un livre pour enfants intitulé Les Gourmandises de Charlotte, illustré par le talentueux Jacques Onfroy de Breville (1858-1931) dit JOB et dont la préface fut rédigée par Édouard Pailleron.

 

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Cette fable moralisatrice, parue en 1890 chez Hachette & Cie et rééditée en 1902 et en 1914, relate l'histoire d'une fillette capricieuse qui ne mange que des sucreries. Ce mode de vie la fait rapetisser, vivre dans une boîte d'allumettes et devenir la servante d'un rat. Au fil de l'histoire, Charlotte décide de manger autre chose que des gourmandises mais elle se met à grossir plus que de raison.

 

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A la fin du livre, elle retrouve une corpulence normale en consommant une alimentation équilibrée et se métamorphose en « la plus jolie petite fille de Paris. »

 

L'ouvrage est en résonance avec les préoccupations hygiénistes de l'époque à laquelle vivait Jeanne Samary.

A la fin du XIXe siècle, toutes les audaces gastronomiques étaient encouragées et de nombreuses personnes s'empiffraient littéralement (ce qui nous rappelle que des gens agissent hélas ainsi de nos jours...). Face à cette hécatombe de trop copieuse chère et dans un contexte favorable aux cures thermales et à l'expression positive du corps etc, des médecins entreprirent d'expliquer aux parents la nécessité de surveiller l'alimentation de leurs enfants. Le livre de Jeanne Samary est donc emblématique d'une vogue qui fournira les principes de la diététique moderne.

 

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Illustration de JOB

 

Sur ces considérations qui demeurent très actuelles, je vous souhaite de belles journées de janvier et vous adresse une myriade de cœurs d'amitié...

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #Café, #cler, #fut, #gros, #jpg, #Roussillon., #rue

 

 

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A l'angle de la rue Cler et de la rue de Grenelle, au numéro 23, dans le 7e arrondissement de Paris, on découvre un bâtiment sobre et puissant, doté d'un bien joli décor. Construit en 1911, il abrite le Café Roussillon.

 

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Plusieurs zones d'ombre entourent la création de cet immeuble. Le nom de l'architecte et celui du sculpteur n'apparaissent pas et la peau d'ombellifères luxuriante où se lovent des figures de femmes et d'enfants revêt un charme énigmatique.

 

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Cette broderie invite le promeneur à suspendre le cours de sa marche.

 

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Femmes et enfants se lovent parmi les feuilles et les fleurs d'une forêt imaginaire.

 

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Les ornements floraux épousent les lignes structurelles du bâtiment et créent une forme d'enchantement entre ombre et lumière.

 

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Le motif des ombellifères est récurrent dans l'Art Nouveau mais on le rencontre plus souvent sur les vases et les ouvrages de marqueterie que dans l'architecture.

 

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Aquarelle « Ombellifères » de l'atelier d'Émile Gallé (1846-1904), Musée d'Orsay.

 

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La porte d'entrée est décorée d'un magnifique motif en fer forgé sur le thème de l'ombelle.

 

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Après cette halte devant le Café Roussillon, il suffit de traverser la rue de Grenelle pour s'engager dans la partie piétonne de la rue Cler.

 

J'ai déjà emmené certains lecteurs en promenade, via mon blog, dans cette rue semi-piétonne du 7e arrondissement de Paris mais c'était au tout début de mon aventure sur la toile. Bordée, sur sa moitié, par des commerces et des restaurants, la rue Cler s'insère dans ce qu'on appelait autrefois « le bourg du Gros-Caillou »et rencontre la rue du Champ-de-Mars, la rue Saint-Dominique et la rue de Grenelle. Elle s'achève, vers le sud, au niveau de l'avenue de la Motte-Picquet.

 

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Au numéro 36, on admire cette jolie porte dont le décor évoque Héloïse et Abélard, amants tragiques et passionnés.

 

 

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Ancienne « rue Neuve-de-l'Église » puis « rue de l'Église », la rue Cler changea de nom en 1864, pour rendre hommage au Général Jean Joseph Gustave Cler (1814-1859), vainqueur de l'Alma et tué à la bataille de Magenta. Photo ci-dessus.

 

 

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Le Bourg du Gros-Caillou

 

Ce quartier fort agréable, à la fois huppé et populaire, se situe à l'ouest du 7e arrondissement. L'une de ses originalités est d'avoir conservé, à différents endroits, l'apparence d'un village du XVIIIe siècle. Plusieurs rues ont gardé leur nom et leur tracé d'avant la Révolution et leur ancien pavement a été préservé.

 

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La rue Cler vers 1900

 

Jusqu'au milieu du XVIIe siècle, une « garenne verdoyante » (garanella: grenelle) s'étendait à l'emplacement du quartier actuel. Elle était couverte de vignes et de prés, de vergers et de potagers. On y chassait la caille et le lièvre.

 

L'abbaye de Saint-Germain-des-Prés et l'abbaye de Sainte-Geneviève se partageaient la jouissance de cet espace luxuriant. La rue de Grenelle était appelée le « grand chemin des Vaches » et la rue Saint-Dominique, « rue aux Vaches » car les vaches du Faubourg Saint-Germain la remontaient pour aller paître dans le Pré aux Clercs.

 

L'église Saint-Pierre-du-Gros-Caillou se dresse au croisement des rues Cler et Saint-Dominique près de l'endroit où jadis, un gros caillou marquait la limite entre les terres des deux abbayes.

 

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Cette église, conçue par l'architecte néo-classique Étienne-Hippolyte Godde (1781-1869), prend la forme d'une basilique romaine. Elle est précédée d'un péristyle dorique. Dans le fronton, une inscription latine fait référence à l'apôtre Pierre et à la pierre de bornage.

 

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Ce « Gros-Caillou » était un énorme bloc alluvial qui servait de point de repère dans le paysage et délimitait la frontière entre les abbayes établies sur la plaine de Grenelle. D'après le géographe Charles Pomerol, le caillou aurait été détruit, avec des explosifs, en 1738 mais le nom de l'église a perpétué son souvenir.

 

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De nombreux artisans s'établirent dans le quartier lorsque Louis XIV décida la construction de l'Hôtel des Invalides pour y loger les vétérans de l'armée. Des lavandières affluèrent pour blanchir le linge des anciens soldats. Elles exerçaient leur activité dans des blanchisseries flottantes, les bateaux-lavoirs. Sous l'impulsion des habitants du bourg, une église fut édifiée à partir de 1738, à l'extrémité de la rue Cler mais le bâtiment devint rapidement trop petit. L'édifice actuel fut construit, en majeure partie, entre 1822 et 1829.

 

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Le bourg connut donc un formidable essor grâce à la proximité des Invalides. Entre 1786 et 1858, une pompe à feu monumentale, créée par les frères Périer, alimenta en eau le quartier du Gros-Caillou, l'École Militaire, les Invalides et le faubourg Saint-Germain.

 

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A la fin du XVIIIe siècle, les « pompes à feu » remplacèrent les « pompes hydrauliques », du type de celle de la Samaritaine (mise en service sur le Pont-Neuf en 1608 à l'initiative d'Henri IV et du duc de Sully).

 

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Vue de la « pompe à feu de Chaillot », prise depuis le Gros-Caillou. Le dessin est de Jean-Baptiste Lallemand. Source: Gallica.bnf.fr/Bibliothèque nationale de France.

 

La première pompe à feu fut installée à Chaillot, sur la rive droite, en 1781. En 1788, la pompe du Gros-Caillou fut mise en place sur la rive gauche (Quai d'Orsay).

 

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La tour que l'on aperçoit mesurait 35 mètres de hauteur. Elle contenait un réservoir géant et desservait les différents quartiers grâce à d'imposantes machines à vapeur, fabriquées en Angleterre. Elle fut abandonnée en 1851.

 

Le port du Gros-Caillou fut aménagé pour transporter les matériaux nécessaires à la construction des Invalides. Il ne cessa de se développer, de la fin du XVIIIe siècle au milieu du XIXe siècle. Anecdote intéressante, une école de natation fut créée, dans le port, en 1822. La première école de natation fut fondée à Paris, en 1785, par le sieur Turquin, l'inventeur des Bains Chinois (des cabinets de bains réputés hygiéniques) et le créateur de la première piscine (Piscine Deligny), en 1801, le long des berges du Quai d'Orsay.

 

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En 1810, une manufacture de tabac fut implantée sur une vaste parcelle de terrain située dans la partie nord du bourg. Cette gravure, qui provient du site de la BNF, est de Joris Minne d'après une illustration de A. Jahandier.

 

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Manufacture des Tabacs, 1905. Photographie de Jean-Eugène Durand, trouvée sur le site culture.gouv.fr.

 

Comme vous l'aurez compris, l'histoire de ce quartier est passionnante à explorer et je ne manquerai pas de vous en faire découvrir d'autres aspects, au fil du temps.

 

Petit clin d’œil à Isa-Marie et à son blog Grelinette et Cassolettes pour qui la rue Cler revêt une importance toute particulière...

 

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Gros bisous et merci de votre fidélité...

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #art, #artiste, #fut, #peintre, #realise

 

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Illustration de © Miharu Yokota.

 

Chers aminautes, je vous souhaite une excellente rentrée 2018 ! Avec mes meilleures pensées pour les écoliers, les parents et les professeurs qui font de leur mieux, au fil des jours, pour dispenser les savoirs fondamentaux.

 

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Johann Georg Meyer Von Bremen (1813-1886), peintre de genre allemand. La petite écolière.

 

Que le plaisir de lire, de découvrir des mondes à l'infini à travers une myriade d'ouvrages et de partager de captivantes impressions littéraires soit au rendez-vous !

 

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Charles Roka (1912-1999), peintre hongrois, L'instant de la lecture.

 

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Johann Georg Meyer Von Bremen (1813-1886), Une fillette lisant.

 

Je pense bien à vous. Merci à celles et ceux qui ont si gentiment lu et commenté mes articles d'été et que la reprise sur nos blogs respectifs soit riche de beaux échanges d'amitié !

 

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© Alfredo Rodriguez, artiste mexicain né en 1954, reconnu et récompensé, de manière internationale, pour ses peintures qui décrivent, avec sensibilité, l'Ouest américain.

 

Vive les livres, nos royaumes d'imagination !

 

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© Cindy Grundsten, CindyArt sur DeviantArt, spécialiste en art digital.

 

 

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© George Hartley, artiste né en 1933. Son art oscille entre Réalisme et Réalisme Magique.

 

 

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Jean-Baptiste Greuze (1725-1805), L'enfant endormi sur son livre, dit Le petit paresseux, 1755, Montpellier, Musée Fabre.

 

Artiste majeur du XVIIIe siècle, Jean-Baptiste Greuze naquit à Tournus, en Saône-et-Loire, en 1725. Son père, maître couvreur, le plaça en apprentissage chez un peintre de Lyon, nommé Charles Grandon (1691-1762), auprès duquel il apprit à copier des tableaux anciens. En 1750, il se rendit à Paris et suivit les cours du maître Charles-Joseph Natoire (1700-1777) à l’Académie Royale de Peinture et de Sculpture.

 

Tout au long de sa vie, Greuze s'employa, avec douceur et générosité, à rendre un éloge esthétique à la Vertu. Il fut aimé des philosophes, à l'instar de Diderot mais il connut quelques déconvenues, ne parvenant pas à être considéré comme un peintre d'histoire. En revanche, il fut très apprécié comme peintre de genre et nombre de ses œuvres, considérées comme « édifiantes » furent diffusées, en grande quantité, par les ateliers de gravure.

 

Jean-Baptiste Greuze voyagea en Italie mais la vogue de l'antique ne l'intéressa pas plus que cela. Il préféra étudier le charme des visages et la richesse pittoresque des scènes familiales et populaires pittoresques.

 

Se spécialisant dans la représentation des mœurs du peuple et de la bourgeoisie, il rompit avec la mode des tableautins galants et des scènes mythologiques de son temps et son « originalité » le fit reconnaître comme un grand peintre par de célèbres critiques d'art comme les Frères Goncourt.

 

Son « Petit Paresseux » a été reproduit de nombreuses fois...

 

 

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James Charles (1851-1906), portraitiste et peintre de genre anglais qui oscilla, tout au long de sa carrière, entre le Réalisme et l'Impressionnisme. Jeune fille lisant pendant que son chien la regarde, 1895.

 

 

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James Francis Day (1863-1942), Le temps de la lecture. Ce peintre et designer américain étudia d'abord à New York puis il se rendit à l'École des Beaux-Arts de Paris où il suivit un cursus auprès des maîtres Luc-Oliver Merson (1846-1920) et Ernest Hébert (1817-1908).

 

 

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« Lire auprès de ma poupée »... par Mechtaniya sur @DeviantArt.com

 

 

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Elliott Bouton Torrey (1867-1949), La petite liseuse.

 

Ce peintre américain, de sensibilité Impressionniste, étudia l'art à Paris, à Florence et dans des villes américaines comme New York, Boston ou encore San Diego. Il est peu connu en Europe mais les musées américains conservent une part importante de ses oeuvres composées de paysages et de portraits animés par une vibration délicatement personnelle des couleurs.

 

 

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Winslow Homer (1836-1910), Le Nouveau Roman, 1877.

 

Peintre américain, Winslow Homer fut d'abord attiré par l'Impressionnisme avant d'orienter sa palette entre Réalisme et Symbolisme. Reporter dessinateur pendant la Guerre de Sécession, il peignit le quotidien des militaires puis s'intéressa au monde rural, aux animaux et aux mouvements à la fois réalistes et oniriques de l'océan. Il réalisa de nombreuses marines, des scènes de pêche et aussi des portraits.

 

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Honor Charlotte Appleton (1879-1951), Fille lisant.

 

Illustratrice anglaise prolifique, Honor Charlotte Appleton (1879-1951) a réalisé de fines aquarelles en s'inspirant d'artistes comme Kate Greenaway (1846-1901) et Annie French (1872-1965).

 

Kate Greenaway a écrit et illustré de nombreux livres pour enfants. Les costumes délicats de ses personnages ont influencé considérablement la mode enfantine de son époque. Elle fut aussi une source d'inspiration pour la célébrissime Cicely Mary Barker (1895-1973), l'auteur des Flower Fairies...

 

Quant à Annie French, elle a exercé ses talents de peintre, d'illustratrice et de décoratrice auprès des membres de l'École de Glasgow, qui mêlaient des influences celtiques, japonisantes aux techniques de design et d'artisanat issues du mouvement Arts & Crafts.

 

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Honor Charlotte Appleton, Dans la bibliothèque.

 

 

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Nicolas van der Waay (1855-1936), peintre, aquarelliste, dessinateur et lithographe néerlandais. La jeune liseuse.

 

 

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Albert Edelfelt (1854-1905), Portrait de Bertha Edelfelt, soeur de l'artiste, en 1881.

 

Cet artiste finlandais étudia en Suède, à l’Université d'Helsinki puis à Anvers, à l'Académie des Beaux-Arts. En 1874, il suivit à Paris les cours de la prestigieuse École des Beaux-Arts et du maître néo-grec Jean-Léon Gérôme (1824-1904).

 

Il fut abondamment récompensé, dans les salons officiels, pour la qualité de son œuvre et en 1886, il reçut la Légion d'Honneur pour avoir réalisé le portrait de Louis Pasteur, chimiste et biologiste émérite.

 

Très apprécié dans les milieux littéraires et artistiques, il se lia d'amitié avec des peintres comme Jules Bastien-Lepage (1848-1884), Gustave Courtois (1852-1923), Pierre Puvis de Chavannes (1824-1898) et de grands écrivains comme Émile Zola (1840-1902) et Alphonse Daudet (1840-1897).

 

Il a contribué à faire connaître en France certains aspects de l'art finlandais.

 

 

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Rêverie enfantine par © Komako Sakaï, illustratrice japonaise née en 1966.

 

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Je souscris volontiers à ces mots et je vous souhaite à nouveau, avec d'amicales pensées, une...

 

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A nos lectures !!!

 

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Image Pinterest

 

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Carte de 1920...

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #fut, #hotel, #jpg, #rue, #tresor

 

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Et si nous nous donnions rendez-vous dans une charmante impasse ombragée, située au cœur du Marais, où l'on chemine à des années lumière de l'agitation des grandes voies parisiennes ?

 

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Abordons cette rue pleine de fleurs (les rhododendrons y éclatent de beauté !) qui doit son nom à un trésor véritable, exhumé en 1882 quand fut démoli l'Hôtel d'Effiat, joyau architectural du XVIIe siècle, remplacé, au nom de la sacro-sainte spéculation immobilière (!), par une série d'immeubles de rapport.

 

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Dans les décombres de l'hôtel, on découvrit un vase de cuivre qui renfermait un trésor composé de monnaies d'or, des francs à cheval du roi Jean II le Bon (1319-1364) et des francs à pied de Charles V (1338-1380), le tout atteignant une somme de 7882 livres.

 

La rue qui fut alors percée à l'emplacement de l'hôtel, entre les rues Vieille-du-Temple et des Écouffes (les noms Écouffes ou Escouffes désignaient autrefois les Prêteurs sur Gages), fut appelée rue du Trésor.

 

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Au XVIe siècle, se dressait à cet emplacement un imposant manoir, bâti sur les vestiges d'un fief médiéval, le fief d'Autonne. Le manoir Renaissance et ses dépendances étaient la propriété de la puissante famille de Marle qui compta parmi ses membres des hauts dignitaires du royaume (en l'occurrence un Conseiller du Roi, un avocat au Parlement Royal, un Prévôt des Marchands et un magistrat du Tribunal Royal).

 

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Vous apprécierez le décor d'abondance en métal ouvragé de la jolie porte, de style « Monarchie de Juillet » (1830-1848).

 

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Au début du XVIIe siècle, l'ensemble fut acquis par le Maréchal Jacques Vignier d'Effiat, père de Cinq-Mars, célèbre favori du roi Louis XIII et Surintendant de la Maison et des Finances du Prince de Condé.

 

Après la mort du Maréchal, sa veuve, Marie de Fourcy, sollicita le célèbre architecte Clément Métezeau (1581-1652) pour agrandir la demeure et l'agrémenter d'une élégante façade.

 

L'hôtel fut cédé, en 1696, par les descendants de Marie de Fourcy à Claude Le Peletier (1631-1711) Prévôt des Marchands qui devint Contrôleur Général des Finances à la mort de Jean-Baptiste Colbert (1619-1683). Des aménagements furent entrepris (agrandissement du corps de logis et du jardin qui était à l'époque l'un des plus beaux du Marais et dont il ne reste rien...).

 

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Après la Révolution, l'hôtel fut mis en location et en 1800, des négociants venus de l'Aisne, les Mareuse, en firent l'acquisition.

 

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Au fil des années, le bâtiment fut géré par une bourgeoisie nouvelle, implantée dans les hôtels particuliers du Marais, et investi par des boutiques de négoce et d'artisanat. Il accueillit notamment le domicile d'Auguste Mariage, fondateur d'une célèbre maison de thé, véritable institution parisienne.

 

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Exemples de belles vitrines...

 

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Puis l'hôtel d'Effiat devint la propriété de la Compagnie Foncière de France et d'Algérie qui décida de le faire raser pour que soient érigés, à partir de 1882, sous la direction de l'architecte et maître d’œuvre Paul Fouquiau, huit petits immeubles de rapport.

 

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A l'extrémité de la rue, on installa une fontaine dominée par le moulage du relief qui décorait jadis l'une des façades de l'hôtel d'Effiat mais le moulage n'est plus visible et la fontaine n'est plus en eau.

 

Le relief se situait là où l'on aperçoit une petite fenêtre qui a été percée illégalement (!) et rebouchée depuis la précédente photo...

 

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Le relief original, en pierre, intitulé « Allégorie du Commerce ou du Bon Gouvernement » fut offert au Département des Sculptures du Musée du Louvre par Paul Fouquiau, en 1882.

 

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Relief original © Musée du Louvre/P. Philibert

 

C'est donc une partie conséquente de l'histoire du Marais et de l'art de vivre au XVIIe siècle qui a disparu mais le souvenir de l'hôtel d'Effiat, indissociable de cette façade fontaine lovée dans les fleurs continue de hanter les lieux.

 

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Et grâce à des photographes du vieux Paris, nous avons la possibilité de contempler des documents précieux où s'inscrivent des lambeaux de ce qui fut l'une des plus remarquables demeures aristocratiques de la capitale.

 

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Souvenirs de l'hôtel d'Effiat, par Henri Chapelle (1850-1925), auteur d'un magnifique recueil de dessins à la plume recherché par les collectionneurs.

 

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Hôtel d'Effiat en démolition, photographie attribuée à Henri Godefroy (1837-1913), l'un des photographes témoins les plus assidus des transformations de Paris, avec Charles Marville (1813-1879), Édouard Denis Baldus (1813-1889), Gustave Le Gray (1820-1884) et Eugène Atget (1857-1927)... Crédit photo musée Carnavalet/Roger-Viollet

 

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Aujourd'hui, la rue du Trésor est une voie pleine de charme qui s'offre au visiteur, une halte délicieusement fleurie dans la ville.

 

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Rénovée en 2004, elle accueille de charmantes boutiques. Le lieu est vraiment plaisant mais en 1930 voici ce qu'en disait un journaliste nommé Marius Richard : « Poursuivons notre chemin par le passage que des portes ferment, ou ne ferment pas, le soir. Les murs en sont criblés d'éraflures, de marques de coups d'on ne sait trop quoi... Les habitants du quartier ont les coudes bien pointus. C'est l'hiver qu'il faut venir dans ce boyau, lorsqu'un mauvais vent y pousse la pluie mêlée à la lumière sale du bec de gaz. Mais alors c'est un guet-apens où les courants d'air vous assassinent. »

 

Que de changements !

 

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Quant au véritable trésor, il est réparti entre le Musée Carnavalet (Musée d'Histoire de la Ville de Paris) qui a fait l'acquisition du vase de cuivre et de plusieurs pièces et les collections de numismates privés. Comme je vous le disais au début de cet article, il se compose de francs à cheval et de francs à pied.

 

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Image Musée Carnavalet

 

Sur le franc à cheval, on distingue le roi Jean II le Bon (chevauchant son destrier, armé d'un écu à fleur de lys et brandissant son épée avec le terme «Francorum Rex» (Roi des Francs). L'autre face montre une croix feuillue, lovée dans un quadrilobe. Il s'agit du premier franc frappé en or (1360) afin de payer la rançon du souverain, capturé par les Anglais à Poitiers, en 1356.

 

Dans ce contexte particulièrement troublé, les Français durent s'acquitter d'une rançon considérable, versée après plusieurs années de captivité. Le franc à cheval coûtait d'ailleurs si cher que la frappe en fut abandonnée, dès l'avènement de Charles V, en 1364.

 

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Image Musée Carnavalet

 

Le franc à pied de Charles V date de 1365. Le roi est représenté debout et couronné, sous un dais accosté de lys. Il porte la cotte d'armes fleurdelisée et tient l'épée et la main de justice dans le but d'affirmer la vaillance de la dynastie des Valois face au pouvoir vorace des Plantagenêt.

 

Le temps s'est écoulé... Le trésor est constitué de nos jours par une parenthèse fleurie dans la toile ambivalente de la ville et l'on chemine en cette rue, accompagnés de rêveries qui prennent les couleurs soyeuses des rhododendrons...

 

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Je vous souhaite un très bel été, avec d'amicales pensées en farandole !

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #fut, #grand, #luxembourg, #pepiniere, #verger

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Les sens aux aguets, mon carnet à la main, je m'imprègne en souriant des énergies de l'automne. Les teintes sont chaudes. L'agitation de la rentrée s'est dissipée. Dans la rouille dorée de l'atmosphère, palpitent les forces décroissantes...

 

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« Luco », bulle verte du Quartier Latin, mélange harmonieux d'allées sinueuses et rectilignes, est un nuancier de pourpre, de brun, de jaune, d'orange, de violet... Cela donne un éclat particulier aux cent six statues qui peuplent ce lieu remarquable...

 

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Je salue le Faune dansant de monsieur Lequesne... Vous vous en rappelez sûrement car sa plastique et sa propension à la joie et au plaisir, mesdames, ne vous avaient pas laissées indifférentes !

 

 

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Puis je contemple les arbres qui bordent le chemin : marronniers, châtaigniers, platanes, chênes, savonniers... et je progresse, rêveuse, sur un tapis de feuilles rousses (beaucoup ont déjà été ramassées), en direction du Sénat.

 

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Dans la lumière automnale, le bâtiment resplendit et la majesté de ses lignes s'accorde à la fine scénographie végétale.

 

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Le palais fut construit par Salomon de Brosse (1571-1626), petit-fils du célèbre graveur et architecte Jacques Ier Androuet Du Cerceau (vers 1515-1584), pour la reine Marie de Médicis (1575-1642). Veuve d'Henri IV et mère de Louis XIII, nostalgique des charmes florentins du Palais Pitti de son enfance, Marie délaissa le Louvre après l’assassinat du roi. Elle fit l'acquisition d'un vaste domaine qui appartenait la communauté monastique des Chartreux et devint propriétaire de la résidence du Prince de Piney-Luxembourg qui bordait, à quelques encablures, le chemin de Vaugirard.

 

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Statues qui baignent leurs élégantes formes de marbre blanc dans la lumière d'or... Déesses, dieux, poètes, héros, esprits de la nature et dames illustres de l'Histoire de France nous attendent, au gré d'une série d'articles consacrés à ce merveilleux jardin...

 

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A partir de 1615, Marie de Médicis fit édifier le palais de style florentin où siège le Sénat. Elle y vécut de 1625 à 1631 et commanda au maître flamand Pierre Paul Rubens (1577-1640) vingt-quatre toiles destinées à illustrer les moments importants de sa vie.

 

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Une exposition intitulée « Rubens, portraits princiers » est visible au musée du Luxembourg jusqu'au 14 janvier 2018 mais, pour le moment, ce n'est pas notre propos. Revenons devant le Sénat.

 

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L'édification du palais permit de rattacher le domaine du Luxembourg à la ville de Paris car les terres des Chartreux se trouvaient jusque là excentrées par rapport au reste de la capitale.

 

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On aperçoit la coupole du Panthéon récemment rénovée, la balustrade de marbre qui borde la terrasse supérieure du jardin, des statues, des vases et de magnifiques Dattiers des Canaries (Phoenix canariensis).

 

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Au sommet de la colonne, se dresse, depuis 1840, une Vénus sortant du bain, réalisée d'après l'antique et dont l'auteur n'est pas connu. Mon appareil a zoomé autant que possible...

 

 

Dans quelques jours, nous reviendrons devant le Sénat pour contempler, autour du Grand Bassin, un bel ensemble de statues antiques mais en attendant, je poursuis mon chemin dans la symphonie des couleurs automnales.

 

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Au rythme de mes pas, les feuilles crissent, craquent, crépitent...

 

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Arbres et arbustes sont chargés de fruits...

 

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Je prends la direction du Verger et j'aborde le Pavillon Davioud.

 

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Ce petit bâtiment qui abritait autrefois un café restaurant appelé « Buffet de la Pépinière »fut construit, en 1867, dans l'enceinte du Jardin du Luxembourg, par Gabriel Davioud (1823-1881), l'un des architectes les plus en vogue à l'époque de Napoléon III.

 

Le lieu accueille des expositions de peinture et de sculpture, des conférences culturelles, les cours publics et gratuits de l’École d’Horticulture du Luxembourg et les cours payants de la Société Centrale d’Apiculture.

 

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Je bifurque sur la gauche en direction du Rucher, un endroit que j'apprécie tout particulièrement.

 

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Créé en 1991 par la Société Centrale d'Apiculture, il perpétue la tradition du rucher-école, fondé en 1856, par Henri Hamet (1815-1889), le père de l'apiculture française.

 

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Les pensionnaires des lieux sont en pleine effervescence. Elles s'affairent, attirées par les fleurs des grands parterres, les tilleuls et les orangers et n'oublions pas à quel point elles sont précieuses ! Près de 30% des colonies d'abeilles disparaissent chaque année alors souhaitons que l'Union Européenne interdise enfin, de manière définitive, ces ignominies que sont les néo-nicotinoides...

 

Elles voltigent autour de la petite fontaine destinée à les rafraîchir puis elles vont butiner, si rapides qu'il n'est pas aisé de les photographier. Au Luxembourg, on prend grand soin de ces petites guérisseuses et nourricières, menacées par les pesticides, les O.G.M, les changements climatiques et tellement indispensables à la survie de l'Humanité.

 

Le miel collecté est vendu, chaque année, en automne, à l'Orangerie.

 

 

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Environnée de bourdonnements dorés, je continue ma route vers le Verger et je longe une pelouse où se dresse un émouvant groupe sculpté appelé « Joies de la Famille ». Je vous l'avais montré, il y a quelques années...

 

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Cette description d'un couple amoureux et de leur enfant penché vers un petit chien, emblème de fidélité conjugale (entre autres vertus attribuées à nos amis canins) est très avenante mais il serait appréciable de restaurer le bras du pauvre bébé...

 

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Son auteur, Horace Daillion (1854-1946) présenta au Salon de 1885 un modèle en plâtre appelé « Bonheur » et l'ensemble définitif en marbre, doté d'un nouveau nom, fut apprécié à l'Exposition Universelle de 1889.

 

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Le ciel est changeant... Le bleu, tantôt se dissipe, tantôt réapparaît... Plus intense ou plus clair... Magie d'automne et couleurs enivrantes... La brume qui m'a accompagnée pendant un certain temps cède la place à une agréable éclaircie.

 

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Me voici arrivée au Verger ou Pépinière de Paris où pommiers et poiriers en espalier donnent de luxuriantes récoltes. Les jardiniers du Luxembourg y travaillent assidûment et leurs cours d’horticulture, dispensés au Pavillon Davioud, sont très réputés.

 

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Le Verger se déploie sur une partie de l'ancienne pépinière des Chartreux, riche d'une exceptionnelle collection d'arbres fruitiers. La « pépinière impériale du Luxembourg » fut instituée à l'emplacement de l'ancienne pépinière de la Chartreuse par Jean-Antoine Chaptal (1756-1832), comte de Chanteloup et ministre de l'Intérieur de Napoléon Ier et un cours « public et gratuit pour la culture des arbres fruitiers » fut créé, en 1809, par son successeur : Emmanuel Cretet, comte de Champmol.

 

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La pépinière fut déplacée, quelques années plus tard, lors du percement de la rue Auguste Comte, une rue importante du Quartier Latin, dans le cadre des grands travaux haussmanniens, mais en 1866, sur un subtil tracé du célèbre paysagiste Jean-Pierre Barillet-Deschamps (1824-1873), elle fut replantée à l'endroit où je me promène actuellement.

 

 

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« Un verger conservatoire de variétés et de formes fruitières comprenant plus de six cents variétés de pommes et de poires. On y trouve près d'un millier de plantes, arbres et arbustes. »

 

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Et voilà, chers amis, notre promenade touche à sa fin... Après quelques facéties d'Halloween, je vous donne rendez-vous en novembre devant le Grand Bassin... Passez d'agréables moments en compagnie de vos proches. Merci de votre fidélité, grosses bises et à très bientôt !

 

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Encore de gros bisous...

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #Acis, #fontaine, #fut, #Galatée, #jardins italiens, #jpg, #Marie de Médicis, #medicis, #néréide, #nymphées, #paris, #Polyphème, #XVIe, #XVIIe

 

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Entre lumière et ombre, Acis et Galatée « incarnent » l'esprit luxuriant et sensuel de cette fontaine qui s'inspire des nymphées en vogue dans les jardins italiens aux XVIe et XVIIe siècles.

 

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Dans l'écrin de verdure du Palais du Luxembourg, la reine Marie de Médicis (1575-1642) voulut recréer une scénographie proche de celle des jardins florentins de son enfance. Elle en confia l'élaboration à l'architecte Salomon de Brosse (1571-1626) et à l'ingénieur Thomas Francine (Tommaso Francini, 1571-1651) qui dessina les plans de la « Grotte Médicis » aux alentours de 1630.

 

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Dans la Grèce antique, le nymphée était un sanctuaire consacré aux nymphes, les gardiennes des bois, des montagnes et des sources. A proximité d'une source, le nymphée était une grotte naturelle ou une fausse grotte constituée de rochers et d'un décor de rocaille.

 

Dans la Rome ancienne, le nymphée devint une fontaine monumentale décorée de sculptures et sublimée par des jeux d'eau. Il contemplait un grand bassin ou un ensemble de bassins.

 

Au XVIIe siècle, pour alimenter le nymphée du Luxembourg ou « Grotte Médicis », Thomas Francine, Intendant Général des Eaux et Fontaines Royales, fut à l'origine d'un ingénieux système destiné à acheminer les eaux de Rungis, via l'aqueduc d'Arcueil, vers les faubourgs de Paris. Son travail inspira la construction du nymphée du château de Wideville, en 1636, dans les Yvelines.

 

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(Le nymphée de Wideville. Cette gravure provient du site du Sénat).

 

La façade de la « Grotte Médicis » était composée de trois niches en cul de four que séparaient quatre colonnes toscanes au fût bagué orné de bossages et de congélations.

 

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Un grand fronton portant les armes d'Henri IV et des Médicis la couronnait. Il était surmonté par des pots à feu et encadré par deux figures allongées représentant le Rhône et la Seine, réalisées par le sculpteur Pierre Biard (1592-1661). De chaque côté, s'étendait un mur décoré d'arcades. (Gravure datant de 1752, parue dans l'ouvrage de Jean-François Blondel, Architecture française, t. II, planche 189.)

 

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Le Rhône

 

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La Seine

 

Après la Révolution, la grotte fut restaurée par Jean-François-Thérèse Chalgrin (1739-1811). Architecte du palais depuis 1780, il réaménagea le jardin et sollicita, pour restituer les allégories fluviales, les sculpteurs Ramey, Duret et Talamona. Une petite statue de la déesse Vénus (visible sur la gravure ci-dessous) fut placée dans la niche centrale. Les armes de France et des Médicis disparurent au profit d'un rectangle à congélations et la grotte évolua davantage en fontaine.

 

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Dessin de la grotte par Jean-Baptiste Maréchal, en 1786. De grands arbres entouraient le monument pour lui donner un aspect plus pittoresque encore.

 

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Cette photographie de la grotte, trouvée sur le site du Sénat, fut réalisée vers 1860.

 

En 1862, la rue Médicis fut ouverte à l'initiative du Préfet Haussmann (1809-1891) et la fontaine dut être déplacée et rapprochée du palais, « d'environ trente mètres ». Une scénographie nouvelle fut alors orchestrée par l'architecte Alphonse de Gisors (1796-1866) qui commanda des statues au sculpteur Auguste Ottin (1811-1890) et fit réaliser devant la fontaine un bassin d'une cinquantaine de mètres.

 

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Le bassin, en direction du palais.

 

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Magnifique voie d'eau menant à la fontaine...

 

Les sculptures décrivent la tragique histoire des amants Acis et Galatée, relatée par le poète latin Ovide (43 avant J.C-17 après J.C) dans Les Métamorphoses.

 

Fille de Nérée, le dieu de la mer primitive, et de Doris, une océanide, Galatée est une néréide. Le cyclope Polyphème tomba passionnément amoureux de cette nymphe marine, « à la peau blanche comme le lait », mais Galatée lui préféra le charmant berger Acis. Fou de douleur et de jalousie, Polyphème écrasa son rival sous un rocher.

 

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Les amants ont l'air seuls au monde mais le danger les domine sous les traits de Polyphème.

 

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Polyphème le cyclope est l'incarnation des forces brutes de la Nature. Fils de Gaïa, la Terre, il prend appui sur le rocher et s'apprête à « punir » les amoureux. Sa rude silhouette de bronze et son visage empreint d'une cruauté désespérée s'opposent aux lignes voluptueuses et pures des corps de marbre blanc.

 

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La légende de ces amants infortunés connut son œuvre de gloire au XVIIe siècle. En 1686, Jean-Baptiste Lully (1632-1687) composa l'opéra « Acis et Galatée ». Cette « pastorale » grandiose fut jouée pour la première fois devant le Grand Dauphin, fils de Louis XIV et, pendant de nombreuses années, elle fut donnée régulièrement et toujours très appréciée du public.

 

 

De part et d'autre du cyclope, se dressent deux statues de pierre, réalisées par Auguste Ottin et situées chacune dans une niche surmontée d'un masque de satyre. Il s'agit d'un faune et d'une chasseresse.

 

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Un faune (une interprétation du dieu Pan)

 

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Une chasseresse (la déesse Diane)

 

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Trogne grimaçante et pittoresque évoquant celles des mascarons du Pont-Neuf.

 

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Devant le rectangle à congélations, Alphonse de Gisors fit restituer les armes de France et des Médicis et en 1862, lors du déplacement de la fontaine Médicis, il fit adosser à celle-ci un monument que l'on appelait fontaine du Regard.

 

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Construite en 1807 pour distribuer les eaux de Rungis, cette fontaine devait son nom à un ancien regard, édifice qui permettait d'accéder aux structures profondes de l'aqueduc d'Arcueil.

 

La fontaine de Léda, ancienne fontaine du Regard

 

Autrefois située au carrefour de la rue de Vaugirard et de la rue du Regard, elle fut démontée en 1856, dans le cadre des grands travaux d'Haussmann, lors du percement de la rue de Rennes.

 

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Édifiée sur les plans de François-Jean Bralle (1750-1831), ingénieur en chef des Ponts et Chaussées et maître d’œuvre des travaux hydrauliques de la Ville de Paris, elle appartenait à un ensemble de quinze fontaines commandées par Napoléon Ier (1769-1821) dans le but d'assainir et de moderniser la capitale.

 

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Alphonse de Gisors la fit agrémenter d'un nouveau soubassement (quatre pilastres encadrent trois mascarons de bronze) et d'un nouveau fronton flanqué de deux nymphes ou naïades allongées.

 

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Il fit restaurer les élégants pots à feu.

 

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Les deux jolies naïades qui s'ébattent sur les rampants du fronton couronnant le bas-relief sont l’œuvre du sculpteur Jean-Baptiste-Jules Klagmann (1810-1867).

 

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La gracieuse demi-coupole permet de raccorder la fontaine de Léda, de la manière la plus esthétique possible, à la fontaine Médicis.

 

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Sur l'inscription, la mention à l'architecte Jacques de Brosse est une erreur. Il s'agit de l'architecte Salomon de Brosse qui construisit pour la reine Marie de Médicis le magnifique palais où siège le Sénat. J'ai eu l'occasion d'en visiter l'intérieur et je vous en montrerai les beautés. Patience, patience... wink2

 

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Encadré par des dauphins fantastiques dont les queues enlacent les instruments du dieu Neptune (gouvernail, trident...), le bas-relief qui donne son nom à la fontaine est, comme je l'écrivais plus haut, une réalisation du sculpteur Achille Valois (1785-1862). En remplacement d'un aigle impérial, il représente Léda en compagnie de Jupiter métamorphosé en cygne, sous le regard de Cupidon.

 

La belle caresse le cou de son amant cygne dont le bec de bronze crachait autrefois l'eau dans un bassin elliptique.

 

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Je ne peux que vous souhaiter de belles promenades et rêveries autour de ces deux fontaines qui, par l'entremise d'une subtile scénographie, n'en forment désormais qu'une. Merci à ceux qui prennent si gentiment de mes nouvelles. Merci de votre fidélité. Gros bisous et à très bientôt !

 

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Sources et Bibliographie

 

Gallica.bnf.fr/ Bibliothèque Nationale de France. (Le dessin de la Grotte Médicis par Jean-Baptiste Maréchal: gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b77).

 

Charles BAUCHAL: Nouveau dictionnaire des architectes français. Paris: André, Daly fils et Cie, 1887, 842 p.

 

Spire BLONDEL: L'Art intime et le Goût en France. Grammaire de la curiosité. Paris: E. Rouyere et G. Blond.

 

L'Art pendant la Révolution: beaux-arts, arts décoratifs. Paris: H. Laurens, 1888.

 

Amaury DUVAL: Les Fontaines de Paris, anciennes et nouvelles. Nouvelle édition, Paris: Bance aîné, 1828.

 

Pierre KJELLBERG: Le nouveau guide des statues de Paris. Paris: la Bibliothèque des Arts, 1988.

 

Jean-Charles KRAFFT et Nicolas RANSONNETTE: Plan, coupe, élévation des plus belles maisons et des hôtels construits à Paris et dans les environs. 1801 et années suivantes. Paris: Ch. Pougens et Levrault, in-fol.

 

Théophile LAVALLÉE: Histoire de Paris depuis le temps des Gaulois jusqu'en 1850. Paris: Hetzel, 1852.

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #daesh, #eglise, #fut, #julien, #paris, #saint

 

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 A quelques encablures de Notre-Dame, une séduisante petite église au destin complexe borde le square Viviani. Accessible par un lacis de rues ayant échappé aux grands travaux haussmanniens, elle nous ramène, avec l'église Saint-Germain-des-Prés, aux premiers temps de la mémoire religieuse de Paris.

 

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 L'église, photographiée entre 1898 et 1927 par Eugène Atget (1857-1927). Épreuve sur papier albuminé à partir d'un négatif verre au gélatino-bromure d'argent, conservée au Musée d'Orsay.

 

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 Élégance et pureté des lignes du chevet actuel. À l'abside principale sont accolées des absidioles appuyées sur des contreforts dont l'allure est caractéristique des constructions du XIIe siècle.

 

Marquant l'intersection de deux importantes voies romaines -dont le cardo maximus, axe principal orienté nord sud qui passait par la rue Saint-Jacques-, elle fut construite, à une date incertaine, là où se dressait un oratoire du VIe siècle destiné à accueillir les pèlerins de Compostelle. D'après l'historien Grégoire de Tours (538-594), afin de lui assurer une renommée durable, l'évêque Saint-Germain (490-576) aurait séjourné dans ses dépendances et l'aurait dotée des reliques de Saint-Julien de Brioude, un soldat romain converti au christianisme qui aurait subi le martyre en 304.

 

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En réalité, plusieurs « Julien » ont été honorés en ce lieu : Julien le Martyr, évêque de Brioude, Julien le Confesseur, évêque du Mans dit Julien le Pauvre et Julien l'Hospitalier.

 

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Les invasions normandes ne l'épargnèrent pas mais il n'existe pas d'ouvrage décrivant l'état dans lequel elle se trouva. Devenue la propriété de deux seigneurs laïques (Étienne de Vitry et Hugues de Munteler), elle fut cédée par les descendants de ces derniers au puissant Ordre de Cluny. En 1045, le roi Henri Ier (1008-1060) la donna au Chapitre de Notre-Dame.

 

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L'église en 1880 vue du côté nord. On aperçoit bien les contreforts et les absidioles dont je parlais plus haut.

 

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Aux alentours de 1120, Saint-Julien passa sous l'obédience de l'abbaye de Longpont, une abbaye cistercienne fortifiée située dans l'Aisne. De 1165 à 1220, les Cisterciens la firent reconstruire pour accueillir les pèlerins et les voyageurs désargentés. Définitivement consacrée à Saint-Julien le Pauvre, elle accueillit jusqu'en 1524 les houleuses assemblées de l'Université et en 1651, elle fut donnée à l'Hôtel-Dieu qui « étouffait » dans ses bâtiments. Très dégradée, elle subit de profondes transformations. La façade actuelle date de cette époque-là.

 

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 Les chapiteaux que nous voyons aujourd'hui ont été réalisés à la fin du XIIIe siècle.

 

Utilisée au fil des siècles comme magasin, dépôt de laine et même grenier à sel pendant la Révolution, la petite église « aux allures de chapelle de campagne » accueillit plusieurs confréries (maçons, couvreurs, charpentiers, fondeurs, papetiers...) Elle échappa de justesse à la désacralisation et fut rendue au culte en 1826 par Monseigneur Hyacinthe-Louis de Quélen (1778-1839), 125ème archevêque de Paris. On l'associa au rite catholique grec byzantin ou melchite, premier rite oriental célébré dans la capitale, à partir de 1889 ou de 1892. Les dates varient suivant les auteurs et les inscriptions retrouvées.

 

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Pendant plusieurs siècles, sa cloche romane au timbre cristallin rythma la vie estudiantine du Quartier Latin et fut considérée comme la gardienne de la première Sorbonne. La cloche sonnait le début des cours, à cinq heures du matin en été et à six heures en hiver et les clercs s'installaient, sur des bottes de foin, à l'emplacement du square actuel, pour écouter les leçons des maîtres de l'Université.

 

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 Sur cette photographie d'Eugène Atget, prise entre 1898 et 1927, on aperçoit la tourelle qui abritait la cloche indispensable au bon déroulement des activités d'alors.

 

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Le foin, appelé autrefois « feurre », était récupéré en quantité importante dans les rues voisines aux noms évocateurs : rue du Fouarre, rue de la Huchette, rue de la Bûcherie...

 

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 Le poète florentin Dante Alighieri (1265-1321) fréquenta, en 1304, ce creuset d'effervescence culturelle mais d'autres illustres personnages s'y succédèrent : Pierre Abélard (1079-1142), Thomas d'Aquin (1225-1274), Pétrarque (1304-1374), François Villon (1431-1463), Rabelais (1494-1553)... Le portrait de Dante, anonyme, est conservé au Musée Communal du château de Blois.

 

Saint-Julien fut aussi très appréciée par les artistes du mouvement Dada qui furent les contradicteurs, pendant la Première Guerre Mondiale, des conventions et des contraintes idéologiques, esthétiques et politiques de leur temps.

 

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 Les voici à l'emplacement de l'actuel square Viviani. Ils regardent en direction de Saint-Julien et Notre-Dame est en arrière-plan. Parmi eux on trouvait André Breton, Louis Aragon, Tristan Tzara, Paul Eluard et bien d'autres...

 

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Entre 1920 et 1921, ils ont photographié l'entrée de Saint-Julien (image ci-dessus). A l'époque, on pouvait voir la grille d'un puits du VIIe siècle se trouvant jadis à l'intérieur de l'église.

 

De l'autre côté, près du chevet, il demeure les traces d'une source réputée miraculeuse dont les eaux, destinées à guérir les problèmes oculaires, étaient vendues au profit des bonnes œuvres de Saint-Julien.

 

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Les racines architecturales et spirituelles de l'église Saint-Julien sont profondes mais il est presque « miraculeux » qu'elle soit parvenue jusqu'à nous. Édifiée sur un îlot appelé « le clos de Mauvoisin », « le mauvais voisin », en raison des colères et des crues de la Seine, elle appartenait à un bourg constitué de ruelles sinueuses, de maisons gothiques, de commerces de poisson et de viande, « d'hostelleries » aux noms pittoresques et de « maisons de joie » où les colères estudiantines et les révoltes historiques des habitants de Paris firent de nombreux dégâts.

 

Elle fut souvent le théâtre de querelles opposant les étudiants aux plus hautes instances de l'Université et certains jours, à l'intérieur comme à l'extérieur, on assistait à de véritables émeutes.

 

En 1525, lors de l'élection du recteur, les « escholiers » s'enflammèrent, brisant les portes et les fenêtres et jetant toutes sortes de projectiles sur les personnes en train de voter. Suite à ce chaos, le Parlement décida que l'élection aurait lieu aux Mathurins, dans l'actuel 8e arrondissement de Paris et, quelques temps plus tard, l'Université fut transférée sur la Montagne Sainte-Geneviève.

 

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Elle faillit être sérieusement endommagée pendant la Libération de Paris quand les combats firent rage dans le fortin de la Huchette, place du Petit Pont, en face de Notre-Dame, en août 1944. Et il y a quelques semaines, c'est juste « à côté » qu'un « gang » de femmes abruties, disciples des idées mortifères de Daesh ont abandonné une voiture remplie de bonbonnes de gaz qui n'ont pas explosé...

 

Heureusement, la plupart du temps, quand elle apparaît dans les médias c'est pour servir de décor aux scènes d'un film ou d'une série. On la voit, entre autres, dans plusieurs saisons de la série fantastique Highlander ou dans Sœur Thérèse.com.

 

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Vers 1900, une iconostase ou barrière d'icônes fut créée pour séparer le chœur de la nef. On utilisa pour la circonstance des essences de bois précieux: de l'olivier, du figuier, du chêne, de l'abricotier, du palissandre et du bois de rose.

 

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L'iconostase de Saint-Julien est une cloison de bois enluminée, percée de trois portes, qui accueille plusieurs rangées d'icônes. Transférée de Damas, elle a remplacé le chœur du XIIIe siècle, soutenu par des piliers aux chapiteaux sculptés de feuilles d'acanthe, de flore aquatique et de masques féminins, chapiteaux qui servirent de source d'inspiration aux sculpteurs de Notre-Dame. La grande majorité de ces sculptures a hélas été détruite.

 

L'un des chapiteaux les plus célèbres illustre le thème de la femme oiseau, la sirène harpie qui séduit les imprudents et joue les initiatrices auprès de l'âme du pêcheur.

 

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Désolée pour la piètre qualité de ma photo, je n'ai pas réussi à faire mieux !

 

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L'iconostase, photographiée par Atget. Source gallica.bnf.fr

 

Une « légende noire » -et pourtant bien ancrée dans la réalité- est rapportée par l'écrivain Joris-Karl Huysmans (1848-1907). Elle est associée à la tragédie vécue, au XVIIe siècle, par Julien de Ravalet et sa sœur Marguerite, adolescents très amoureux l'un de l'autre en dépit de leurs liens fraternels. Ils s'enfuirent pour vivre leur passion, eurent un enfant et furent condamnés pour inceste, crime de fornication et adultère aggravé (Marguerite avait été mariée de force). On les décapita à l'épée de justice, le 2 décembre 1603, en place de Grève et leurs têtes furent conservées, pendant un laps de temps incertain, dans l'église Saint-Julien le Pauvre. Leurs corps auraient dû être jetés dans le charnier de Montfaucon mais, en raison de leur noble lignage, Henri IV (1553-1610) accepta qu'ils soient inhumés en l'église Saint-Jean en Grève.

 

On lisait sur leur pierre tombale :

« Cy gisent le frère et la sœur

Passant, ne t'informe point

De la cause de leur mort

Passe et prie Dieu

Pour leur âme. »

 

Si vous désirez connaître les détails de leur histoire romantique et tourmentée, je vous conseille le roman d'Yves Jacob intitulé Les anges maudits de Tourlaville. Sur le même thème, un film intitulé Julien et Marguerite, réalisé par Valérie Donzelli, a fait partie, en 2015, de la sélection et de la compétition officielle du Festival de Cannes.

 

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Écrivain, critique d'art, esthète, infatigable promeneur... Huysmans était fasciné par le vieux Paris des ombres et des mystères où se love la petite église Saint-Julien. Il y fait référence dans de remarquables ouvrages comme Les églises de Paris ou A Paris qui célèbre l'atmosphère vivante, pittoresque, ambivalente des quartiers de la capitale.

 

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A travers ses flâneries inspirées, il invite le lecteur à le suivre, pas à pas, là où crépitent les vieilles pierres. J'aime énormément cet auteur qui était aussi un grand amoureux des chats !

 

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Cette promenade à Saint-Julien le Pauvre s'achève mais d'autres articles sur l'histoire des rues alentour sont en préparation alors, si vous le voulez bien, nous nous retrouverons bientôt. En vous remerciant de votre fidélité et de vos si gentilles pensées concernant ma santé, je vous souhaite de radieuses journées d'automne. Gros bisous !

 

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Bibliographie

 

BÉRAUD et DUFEY : Dictionnaire historique de Paris, 1828.

 

Jacques-Antoine DULAURE: Histoire de Paris. Paris: Gabriel Roux, 1853.

 

HURTAUT et MAGNY : Dictionnaire de la ville de Paris et de ses environs, 1779.

 

Abbé LEBEUF : Histoire de la ville et du diocèse de Paris, 1754.

 

Jean-Baptiste de SAINT-VICTOR : Tableau historique et pittoresque de Paris, 1822.

 

Henri SAUVAL: Histoire et recherches des antiquités de la ville de Paris. Paris, 1724. 3 volumes in-8°.

 

Héron de VILLEFOSSE: Histoire de Paris. Grasset, coll. « Livre de Poche », 1995.

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #fut, #jardin, #lieu, #saison, #tuileries

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 Aux Tuileries, les saisons forment ronde autour des arbres, des sculptures et des parterres fleuris et deux fois dans l'année, la Grande Roue se déploie, à l'assaut des nuages et du ciel de Paris. On la découvre, scintillante, Place de la Concorde, pour les fêtes de fin d'année et l'été, elle se dresse face aux arcades de la rue de Rivoli. En cette période de vacances et jusqu'au dimanche 24 août 2014, elle domine, depuis l'un des plus beaux endroits de la capitale, une fête foraine qui fait le bonheur des petits et des grands.

 

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On dit que le Jardin des Tuileries est rempli d'ombres vaporeuses qui chuchotent, tout au long de l'année, sous les grands marronniers. Elles ont des noms célèbres ou confidentiels, elles accompagnent en secret les promeneurs qui arpentent les allées du plus grand jardin à la française de Paris et ont insufflé, au cours des siècles, leur vision de l'art du paysage à cet espace protéiforme et prestigieux.

 

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Il y eut Catherine de Médicis (1519-1589) qui décida de quitter l'hôtel des Tournelles, après la mort accidentelle de son époux Henri II, le 10 juillet 1559. Elle fit construire un palais, entre 1564 et 1578, par les architectes Philibert Delorme et Jean Bullant, là où s'étendaient, depuis le XIIIe siècle, les « vieilles tuileries », domaine des potiers, des céramistes et des tuiliers installés en bordure de Seine. Mais le jardin prit forme dès 1563, sous la houlette du florentin Bernard de Carnesse, et en 1570 on pouvait admirer un somptueux espace à l'italienne décoré de fontaines, d'un labyrinthe et de petits bâtiments pittoresques appelés « fabriques ». La plus célèbre de ces fabriques était une grotte ornée de motifs naturalistes en terre cuite émaillée, réalisée par Bernard Palissy. (Je reviendrai sur cette période de l'histoire du jardin, après la rentrée, dans une série d'articles consacrés au Louvre et aux Tuileries.)

 

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Il y eut André le Nôtre (1613-1700), petit-fils de Pierre le Nôtre (architecte de Catherine de Médicis), que Louis XIV et Colbert ont chargé, à partir de 1664, de redessiner le jardin en créant une subtile alchimie entre le château, ses dépendances et les espaces verts. Naissent alors les perspectives des allées et de luxuriants parterres. Les terrasses se développent et les plantations de cyprès, de sapins et d'ifs se succèdent mais le jardin est dépourvu de statues, ce qui contraste fortement avec la vision que nous en avons aujourd'hui. (Je publierai, après la rentrée, mes travaux sur le sujet.)

 

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La chronologie historique et artistique des Tuileries est d'une richesse infinie. Après l'empreinte de Catherine de Médicis et celles de Louis XIV et d'André le Nôtre, il y eut les modifications « mondaines » du XVIIIe siècle et l'avènement du jardin théâtralisé qui accueillit, à l'initiative des Bâtiments du Roi, des groupes sculptés provenant de Versailles et de Marly. Les premières installations eurent lieu entre 1716 et 1717. Elles se poursuivirent pendant des décennies. Puis survinrent les affres de la Révolution et la fin de l'Ancien Régime mais les aménagements républicains comprirent le transfert de nouvelles statues issues des principaux domaines royaux (Fontainebleau, Versailles, Marly...).

 

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Le jardin ne cessa de pulser au rythme frénétique de l'Histoire et des confidences murmurées sous les grands arbres ou dans les loges de verdure. Il servit ensuite les desseins fastueux de Napoléon Bonaparte (1769-1821) qui s'installa aux Tuileries le 19 février 1800.

 

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Sous la Restauration (1814-1830), il devint la promenade préférée des Parisiens qui venaient y contempler des entrées somptuaires et des défilés militaires. Il subit au fil du temps de nombreuses déprédations mais heureusement, aimé de la population, il fut maintes fois réaménagé.

 

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Tableau du peintre néerlandais Siebe Johannes Ten Cate (1858-1908).

 

Après la destruction du palais, pendant la Commune, dans la soirée du 23 mai 1871, le jardin fut dominé, pendant une douzaine d'années, par les vestiges calcinés des façades mais sa situation exceptionnelle au cœur de Paris et l'engouement populaire qu'il suscitait favorisèrent sa remise en état. Il s'impose aujourd'hui comme un lieu privilégié de villégiature et un musée à ciel ouvert qui exalte la sculpture classique tout en offrant une place de choix à l'art contemporain.

 

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(Vue sur les orangers, le Grand Bassin et le haut des arcades de la rue de Rivoli.)

 

De tout cela, je vous reparlerai abondamment après les vacances. Pour le moment, je vous laisse admirer les statues des saisons qui se dressent, un brin rêveuses, à l'orée de la grande allée.

 

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Les Termes des Saisons

 

En 1722, la partie occidentale du grand bassin fut décorée de trois termes de marbre représentant les Saisons. Il s'agissait de Pomone, appelée aussi Flore ou le Printemps et réalisée en 1696 par François Barois, de Vertumne ou l’Automne, également sculpté par François Barois, et de l’Hiver, œuvre de Jean Raon datant de 1712. Le quatrième terme, intitulé Cérès ou l’Été, fut ciselé par Guillaume Coustou en 1726 et installé en 1735.

 

Un « terme » est un buste de femme ou d'homme, dont la partie inférieure se termine en gaine, et qui sert d'ornement dans les jardins.

 

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Les blanches silhouettes visibles au fond de l'image sont celles des termes qui voisinent avec des statues de héros et d'héroïnes de l'Antiquité.

 

Le Printemps

 

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On dit que Pomone, la déesse des fruits, est pure grâce et pensées embaumées.

 

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Sa beauté attira Vertumne, le dieu de l'Automne, qui multiplia les efforts et les ruses pour la séduire (tempérament de déesse oblige...). Je m'arrête là dans mes explications. Je réserve au thème des amours de Pomone et Vertumne, très important dans l'histoire de l'art, un article à part.

 

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A l'instar de Flore, avec qui elle est parfois confondue, Pomone veille sur les bourgeons gorgés de sucre et de lumière.

 

 

L'Été

 

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Cérès, la déesse latine de l'agriculture et des moissons, est couronnée de blé mûr. Assimilée à la déesse grecque Déméter, elle apprit aux hommes à cultiver les céréales et fut très longtemps invoquée pour protéger les récoltes, faire croître la végétation et attirer la fécondité sur les foyers. Sa fleur symbolique est le pavot.

 

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L'Automne

 

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Il n'est pas représenté ici par Dionysos ou Bacchus, le dieu de la vigne et de l'ivresse initiatique mais par Vertumne, le dieu des vergers, maître des métamorphoses et profondément épris de la belle Pomone. (Comme je l'ai écrit plus haut, je consacrerai un article à leurs truculentes et romantiques amours.)

 

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L'Hiver

 

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Ce terme, probablement commandé pour le parc de Versailles, fut commencé par le sculpteur Jean Raon et achevé en 1712 par son fils Jean-Melchior. Il fut placé à proximité du bassin occidental du jardin des Tuileries en 1722. Le marbre original fut remplacé par un moulage en 1993. Il est actuellement visible au musée du Louvre.

 

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L'hiver, c'est le vieux Saturne, barbu et imperturbable...

 

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Maître du temps, de ses mystères et de ses exigences, Saturne se nourrit de soleil, nous rappelant qu'aux Tuileries, lieu pourtant chargé de tant d'histoires et d'évènements dramatiques, nous sommes loin du temps chronophage car la flamme de l'instant savouré réchauffe, à toute saison, les cœurs et les âmes.

 

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Chaque saison est indissociable de celle qui la suit et de celle qui la précède. Nous prenons place dans cette ronde, guidés par nos expériences et notre ressenti, comme le murmurent ces statues érodées par les âges mais résistant à l'oubli, témoins de nos émotions de passage et réceptacles de nos pensées vagabondes...

 

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Le Jardin des Tuileries se livre à notre contemplation tout au long de l'année et la magie du lieu nous invite à constamment le redécouvrir.

 

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Je termine cette promenade avec les mots de Boileau (1636-1711) qui exaltent la connaissance du temps, de sa nature secrète, de son âpreté et de ses voluptés qui toujours se renouvellent.

 

« Jeune et tendre arbrisseau, l'espoir de mon verger,

Fertile nourrisson de Vertumne et de Flore

Des faveurs de l'hiver redoutez le danger,

Et retenez les fleurs qui se pressent d'éclore

Séduites par l'éclat d'un beau jour passager.

 

Imitez la sage anémone

Craignez Borée et ses retours

Attendez que Flore et Pomone

Vous puissent prêter leur secours

 

Philomène est toujours muette (Philomène est la figure du rossignol personnifié.)

Progné craint de nouveaux frissons (Progné est l'hirondelle.)

Et la timide violette

Se cache encore sous les gazons.

 

Imitez la sage anémone

Craignez Borée et ses retours

Attendez que Flore et Pomone

Vous puissent prêter leur secours

 

Soleil, père de la nature

Viens répandre en ces lieux tes fécondes chaleurs

Dissipe les frimas, écarte les froidures

Qui brûle nos fruits et nos fleurs

Cérès plein d'impatience

N'attend que ton retour pour enrichir nos bords

Et sur ta fertile présence

Bacchus fonde l'espoir de ses nouveaux trésors.

 

Les lieux d'où tu prend ta course,

virent ses premiers combats

Mais loin des climats de l'ourse

Il porta toujours ses pas.

 

Quand ses amours favorables

voulurent le rendre heureux,

Ce fut sur des bords aimables

Qu'échauffaient tes plus doux feux

 

Les lieux d'où tu prend ta course,

virent ses premiers combats

Mais loin des climats de l'ourse

Il porta toujours ses pas. »

 

Nicolas Boileau, « Sur un arbrisseau »

 

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Merci pour vos gentils petits mots, bonnes vacances et gros bisous !

 

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #fontaine, #force, #fut, #justice, #michel, #saint

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 La Fontaine Saint-Michel, la plus haute fontaine de Paris, se dresse sur la Place Saint-Michel, dans le 6e arrondissement de la capitale. Emblématique des travaux orchestrés par le Baron Haussmann sous le Second Empire, elle attire de nombreux parisiens, des franciliens, des visiteurs de province et du monde entier.

 

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 Conçue comme un décor de théâtre, elle est un célèbre point de rendez-vous et une vitrine du Paris moderne, érigé sur les vestiges de rues médiévales aux noms évocateurs: rue de la Harpe, rue des Rats ou de la Pomme d'or... Je vous invite à découvrir ou à redécouvrir les détails de cette composition urbaine dédiée à l'archange Saint-Michel, protecteur de l'Île de la Cité et de ses alentours.

 

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 La fontaine Saint-Michel est l'émanation d'une volonté particulière, celle de Georges Eugène Haussmann (1809-1891) de mettre en oeuvre un plan de réaménagement et d'embellissement de la capitale, fondé sur l'aération du tissu urbain. Doté d'une forte personnalité, comme en témoigne ce portrait d'Henri Lehmann (1814-1882) conservé au musée Carnavalet, il dirigea une campagne de travaux pharaoniques, inspirée par les théories hygiénistes de son temps.

Excellent orateur, écrivain, haut fonctionnaire et défenseur acharné d'une nouvelle politique de la Ville, il fut nommé Préfet de la Seine en 1853.

Avec une ardeur infatigable, il entreprit de faire percer de nouvelles voies pour favoriser la circulation des véhicules et des piétons. Des boulevards, des avenues et de grandes perspectives virent le jour et un luxuriant maillage de squares et de jardins fut créé.

Dans le prolongement de l'esprit des « Lumières », la Ville devint, à l'époque de Napoléon III (1808-1873), un espace maîtrisé, doté d'un ample quadrillage, de promenades plantées et d'immeubles somptuaires mais Haussmann voulait aussi faciliter le déploiement de troupes militaires en cas de soulèvements civils. Il fut, à cet égard, particulièrement décrié.

 

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La fontaine Saint-Michel reflète les critères architecturaux et esthétiques édictés par le Baron. Construite à partir de 1858 et inaugurée en 1860, en bordure du boulevard Saint-Michel (terminé en 1859) et de la rue Danton qui descend vers la Place Saint-André-des-Arts, elle se situe dans l'axe du boulevard du Palais qui traverse l'Île de la Cité.

 

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 Élaborée dans un style éclectique par l'architecte Gabriel Davioud (1824-1881), elle se présente comme une sorte d'arc de triomphe antique, destiné à commémorer la victoire de l'archange Saint-Michel sur son adversaire.

 

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Sa structure est celle d'une fontaine-mur, à l'instar de la Fontaine Médicis au Jardin du Luxembourg et de la Fontaine des Quatre-Saisons située rue de Grenelle, dans le 7e arrondissement de Paris.

 

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La Fontaine Médicis

 

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La Fontaine des Quatre Saisons, érigée par Edme Bouchardon, entre 1739 et 1745.

 

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La fontaine Saint-Michel est l'un des plus remarquables monuments de Paris mais sa mise en scène complexe et son décor foisonnant et polychrome, lié à l'utilisation de marbre rose et vert du Languedoc, de pierre bleue de Soignies (Belgique) et de calcaire jaune de Saint-Ylie (Jura), ne firent pas l'unanimité lors de sa construction.

 

« Dans ce monument exécrable,

On ne voit ni talent ni goût,

Le Diable ne vaut rien du tout;

Saint-Michel ne vaut pas le Diable »

(Quatrain anonyme)

 

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Au-dessus d'un rocher sculpté par Félix Saupin, Saint-Michel, le chef des milices célestes, brandit son épée flamboyante et prend l'ascendant sur le Diable déchu.

 

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 Ce groupe fut exécuté par Francisque Duret (1804-1865) qui s'inspira d'un tableau de Raphaël (1483-1520), « Le Grand Saint-Michel », aujourd'hui visible au Louvre.

 

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 L'oeuvre, datée de 1518, fut commanditée par le pape Léon X (Jean de Médicis). Destinée à symboliser la bonne entente entre les peuples, elle fut offerte au roi François Ier à l'occasion du mariage de Laurent de Médicis, neveu du pape, avec Madeleine de la Tour d'Auvergne. Cette union donna naissance à Catherine de Médicis (1519-1589).

 

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A l'origine du projet, la niche centrale devait accueillir une statue monumentale de Napoléon Ier mais le choix du thème de Saint-Michel s'imposa, en référence à un ancien lieu de culte consacré à l'archange libérateur, à proximité de l'Île de la Cité.

 

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Deux imposantes chimères, créations d'Henri-Alfred Jacquemart dit Alfred Jacquemart, se dressent de part et d'autre du grand bassin.

 

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Alfred Jacquemart (1824-1896) se spécialisa dans la sculpture d'animaux et de créatures fantastiques. Il réalisa deux lions pour l'Hôtel de Ville de Paris, les lions de la fontaine de la place Félix Éboué, les aigles des colonnes rostrales de l'Opéra Garnier, le rhinocéros du parvis du Musée d'Orsay et les sphinx de la fontaine aux palmiers de la place du Châtelet. Il conçut en 1869 la statue équestre de Louis XII pour l'Hôtel de Ville de Compiègne et la maquette en cire de la statue de Napoléon III, destinée à orner les Guichets du Louvre.

 

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Très appréciées à leur époque et dans les décennies qui suivirent, les chimères de la place Saint-Michel servirent de modèle pour créer des figurines en bronze, des serre-livres et des presse-papiers.

 

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 Chimère, monstre composite, mosaïque d'êtres issus des profondeurs de l'inconscient, messagère de mondes mystérieux, gardienne des forces telluriques... Mélange de lion (tête), de quadrupède pas vraiment déterminé (corps), de serpent ou de dragon (queue) et d'oiseau (grandes ailes). Pour certains auteurs, elle aurait deux têtes, celle d'une chèvre et celle d'un lion. Pour d'autres, elle serait la fille des Titans Typhon et Echidné, à la fois mère des tempêtes, des eaux sombres et des éruptions volcaniques, incarnation des fantasmes, des peurs et des désirs inassouvis... Elle fut combattue par le héros Bellérophon qui chevauchait Pégase, le féerique cheval ailé.

 

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Dans la partie haute du monument, s'élèvent quatre statues qui représentent les Vertus Cardinales, soit la Prudence, la Justice, la Force et la Tempérance. Elles s'appuient sur l'entablement des colonnes en marbre rose et dominent des écussons à tête de lion.

 

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La Prudence, sculptée par Jean-Auguste Barre (1811-1896), a pour attributs le miroir et le serpent.

 Souvent considérée comme une femme aux deux visages, elle tient un miroir, oeil magique qui permet d'accéder à la connaissance de soi, à la conscience de ce qui fut, de ce qui est et de ce qui pourrait advenir. Les ouvrages anciens la représentent parfois casquée d'un heaume doré et entouré d'une guirlande de feuilles de mûrier; accompagnée d'un cerf qui rumine ou d'un oiseau de nuit; tenant une flèche et un petit poisson appelé rémora, une clepsydre (horloge à eau), un livre ou un compas. Avec le miroir, son principal attribut est le serpent. Gardien des secrets, démiurge, porteur et passeur de connaissance, le serpent qui s'enroule autour de son bras est appelé « le vigilant ».

« La Prudence, selon Aristote, est une habitude active, accompagnée d'une vraie raison, qui agit sur les choses possibles, pour atteindre à la félicité de la vie, en suivant le bien et fuyant le mal. » Iconologie ou explication nouvelle de plusieurs images, emblèmes et autres figures hiéroglyphiques des Vertus, des Vices, des Arts, des Sciences, des Causes naturelles, des Humeurs différentes et des Passions humaines. Tirées des recherches et des figures de César Ripa, moralisées par Jean Baudoin. A Paris, chez Mathieu Guillemot, 1644. P.164.

 

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Le serpent de la Prudence rappelle celui de la déesse Hygie (voir mon article intitulé La Fontaine de Mars et Hygie).

 

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La Justice, armée de son glaive, est l'oeuvre d'Élias (Louis-Valentin) Robert (1821-1874).

 Gardienne de l'équilibre cosmique, la Justice incarne l'ordre et la sagesse qui s'opposent à l'obscurantisme et au chaos. « C'est l'opinion de Platon que rien ne peut échapper aux yeux de la Justice (Maât) et qu'à raison de cela les anciens Prêtres des Égyptiens, disaient que par la force de la vue elle pénétrait dans le fonds de toutes choses. De là vient aussi qu'Apulée jure par l'oeil du Soleil et de la Justice ensemble, pour montrer que l'un est aussi clairvoyant que l'autre. » Iconologie de César Ripa, seconde partie, p.56.

Elle est représentée par la déesse Thémis (la justice divine) et par Dicé ou Diké, fille de Zeus et de Thémis et personnification de la justice humaine. Dicé est l'une des Heures. Ses soeurs sont Eunomie (la Loi et l'Ordre) et Eiréné (la Paix). On la nomme également Astrée, la « femme-étoile » ou « l'éclair brillant ». D'après les Métamorphoses d'Ovide, Astrée vécut parmi les Hommes pendant la période de l'Âge d'Or mais quand arriva l'Âge du Fer, pour échapper à la corruption de l'humanité, elle fut placée par Zeus dans le ciel et devint la constellation de la Vierge, avec pour attribut principal la balance.

 

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(Oeuvre de Kinuko Y Craft, artiste contemporaine.)

 Vengeresse des crimes, elle porte l'épée de Némésis, le châtiment divin.

 

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 « Le glaive de la Justice n'a pas de fourreau ». Cette citation du philosophe Joseph de Maistre (1753-1821) souligne l'importance du combat contre « la corruption des caractères et des habitudes qui engendre les venins les plus mortels ».

 

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La Tempérance est l'oeuvre de Charles Gumery (1827-1871).

 « On la dépeint avec une bride à la main (…) car cette vertu apporte la modération requise, hors de laquelle les choses qui vont dans l'excès détruisent entièrement le sujet où elles s'attachent, comme par leur débordement les grandes rivières ravagent tout ce qu'elles rencontrent. » Iconologie, p.187.

 

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La Force, création d'Eugène Guillaume (1822-1905), revêt la peau du Lion de Némée et s'appuie sur la massue en chêne d'Hercule.

 « Elle porte la physionomie d'une personne robuste (…), la taille belle, les épaules larges, les membres nerveux... Ses armes (lance, massue) sont des symboles de la force de son corps et le rameau qu'elle tient en main en est un de celle de son esprit. Par l'un elle résiste aux armes matérielles et par l'autre, aux spirituelles, qui sont les vices. Ce qui nous est démontré par le Chêne, arbre que les poètes ont toujours cru plus fort que les autres. » Iconologie, p.77.

 

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Ces quatre Vertus soulignent la victoire de Saint-Michel, guerrier des forces de lumière, sur le Diable au visage humain.

 

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Au sommet de la fontaine, veillent les allégories de la Puissance et de la Modération.

 

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 De gracieux angelots se fondent dans un décor néo-renaissance composé de palmes et de rinceaux.

 

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 Ces ornements sont l'oeuvre de Marie-Noémi Cadiot (1828-1888) alias Noémie Constant, femme de lettres et sculpteur, activement féministe. Elle fut l'élève de James Pradier (1790-1852) et l'épouse du célèbre occultiste Éliphas Lévi (1810-1875), de son vrai nom Adolphe-Louis Constant.

 

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Les armoiries de Paris dominent la niche centrale, rappelant la toute puissance économique de Paris, initiée par la Hanse ou Guilde des marchands de l'eau d'où l'emblème « fluctuat nec mergitur »: « il est battu par les flots mais ne sombre pas ».

 

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Une plaque, installée sur un côté de la fontaine, nous rappelle que, du 19 au 25 août 1944, la place Saint-Michel fut le théâtre de nombreux combats. De par sa situation sur la rive gauche de la Seine, elle était un lieu de passage obligatoire pour les troupes allemandes qui se dirigeaient vers l'est ou le nord de la capitale. Ces mots gravés célèbrent la mémoire des insurgés qui luttèrent le long du boulevard Saint-Michel, rebaptisé « boulevard de la mort ».

 

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Témoignage grandiose ou grandiloquent (selon les goûts) de la politique d'embellissement du Second Empire et d'une vision nouvelle de l'espace urbain, la fontaine Saint-Michel est plus que jamais un lieu de partage, de rencontre et de rendez-vous. Elle offre un très beau panorama sur la Seine et Notre-Dame et constitue le point de départ de plusieurs promenades à travers les méandres du Quartier Latin.

 

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Vue sur le quai des Orfèvres et la flèche de la Sainte-Chapelle depuis la fontaine Saint-Michel.

 

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Vue sur les atours de Notre-Dame mais ceci est une autre histoire...

 

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #fut, #historique, #loi, #monuments, #patrimoine

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Aux portes de l'équinoxe d'automne, alors que tourbillonnent les premières feuilles mordorées, les Journées du Patrimoine nous invitent à commémorer le centenaire de la loi du 31 décembre 1913, texte fondateur de la loi de protection des monuments historiques en France.

 Il s'agit d'un double anniversaire car, depuis trois décennies, les Journées européennes du Patrimoine sont une résonance de l'héritage transmis par la loi de 1913.

 

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Cette trentième édition a pour but de stimuler la volonté des citoyens de s'engager au nom de la sauvegarde du patrimoine. Elle fait aussi revivre les grandes dates de l'histoire de la préservation des monuments historiques.

 

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Le musée de Cluny photographié depuis le square Paul Painlevé.

 

Après la Révolution Française, des intellectuels, des hommes politiques et des citoyens prirent conscience de l'importance du patrimoine dont ils avaient hérité. Cette « révélation » se nourrissait du sentiment d'appartenance à la Nation.

 

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Les premières initiatives de protection des monuments historiques furent mises en place sous la Monarchie de Juillet mais il faut saluer des initiatives plus anciennes comme celle d'Alexandre Lenoir (1761-1839), médiéviste amateur qui fut témoin de la destruction des tombeaux royaux de la basilique Saint-Denis, décrétée par la Convention, le 1er août 1793.

 

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Portrait d'Alexandre Lenoir par Jacques-Louis David (1748-1825).

 

Il s'employa à lutter contre le vandalisme révolutionnaire et parvint à soustraire de nombreuses oeuvres à la fureur populaire en les installant dans la cour de l'ancien cloître du couvent des Petits-Augustins (actuelle école des Beaux-Arts). En 1795, il ouvrit au public le Musée des monuments français, qu'il administra pendant une trentaine d'années. Son courage et sa ténacité nous permettent de contempler aujourd'hui des vestiges fondamentaux de notre histoire.

 

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Pendant la Monarchie de Juillet, naquit une « conscience patrimoniale » qui permit de sauver de nombreux édifices endommagés par le temps.

 

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La Monarchie de Juillet (1830-1848) est le régime monarchique constitutionnel instauré en France après les Trois Glorieuses, soit après les journées des 27, 28, 29 juillet 1830 qui firent tomber Charles X de Bourbon au profit de Louis-Philippe Ier d'Orléans. Le tableau décrit les combats sur le Pont-Neuf et l'attaque du Louvre pendant la journée du 29 juillet 1830. Cette oeuvre, issue de l'école française de la première moitié du XIXe siècle, est conservée au musée Carnavalet.

 

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Eugène Delacroix (1798-1863), La Liberté guidant le peuple, 1830.

 

L'oeuvre magistrale de Delacroix traduit, avec une fougue romantique et un fascinant réalisme, les évènements qui précipitèrent l'avènement de la Monarchie de Juillet. Résolument novatrice, la composition met en scène l'allégorie de la Liberté qui franchit les barricades pour guider le peuple, après la remise en cause des acquis de la Révolution de 1789 par Charles X et son très impopulaire ministre, le Prince de Polignac.

 

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La structure pyramidale de l'oeuvre exalte la puissance de l'assaut final. La Liberté guide la foule, dans un fracas de poussière, vers le camp adverse. Elle est à la fois déesse, fille du peuple et incarnation de la Révolution de 1789. Coiffée du bonnet phrygien, elle arbore un habit jaune qui laisse apercevoir sa poitrine tout en rappelant subtilement les drapés antiques. Elle brandit de la main droite le drapeau de la révolte et tient dans la main gauche un fusil, modèle 1816.

 

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Sa silhouette de Victoire antique, à la forte et sensuelle musculature, se découpe sur un panache de fumée. Le drapeau, qui ondule comme une flamme, attire le regard du spectateur vers la toile rouge, imprégnée d'une lumière de sang.

 

Delacroix a particulièrement soigné la description des personnages qui l'entourent et notamment les gamins de Paris, forces vives de la ville et du nouvel âge qui s'annonce.

 

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Celui qui se tient à sa gauche, du côté du fusil, exhorte par un cri les insurgés à poursuivre le combat. Il symbolise la jeunesse révoltée par l'injustice et annonce, avec son béret de velours noir, le personnage de Gavroche que l'on trouvera dans les Misérables de Victor Hugo trente ans plus tard. Il porte une giberne en bandoulière (boîte recouverte de cuir dans laquelle les soldats plaçaient les cartouches et différents objets pour l'entretien des armes) et brandit un pistolet de cavalerie dans chaque main.

 

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De l'autre côté du tableau se dresse un ouvrier manufacturier, coiffé d'un béret et vêtu d'un pantalon à pont (ou pantalon de marine) et d'un tablier. Il arbore la cocarde blanche des monarchistes et le nœud rouge des libéraux. Il brandit un sabre des compagnies d’élite d’infanterie, modèle 1816, ou briquet. Le pistolet qu'il tient à la ceinture est retenu par un foulard qui symbolise le mouchoir rouge de Cholet, barré de raies blanches, évoquant le souvenir du sang des Vendéens.

 

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A côté de lui, apparaît un homme coiffé d'un chapeau haut de forme. Agenouillé sur les corps, il est vêtu d'une veste noire et d'un pantalon large tenu par une ceinture de flanelle rouge. Il brandit une arme de chasse appelée tromblon, à deux canons parallèles. Certains critiques d'art ont cru reconnaître en lui le visage de Delacroix ou d’un de ses amis.

 

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Aux pieds de la Liberté, un homme au foulard noué sur la tête, ensanglanté, parvient à réunir ses forces pour se redresser. Sa chemise bleue et sa ceinture rouge font écho aux couleurs du drapeau.

 

Au premier plan, se trouvent des cadavres de soldats et au fond de l'image, des étudiants, dont un polytechnicien au bicorne bonapartiste.

 

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Le paysage est un personnage à part entière du tableau. Nous apercevons les tours de Notre-Dame qui percent le panache de fumée et la lumière du soleil couchant. Les constructions situées entre la cathédrale et le fleuve sont issues de l'imagination de l'artiste.

 

L'oeuvre de Delacroix symbolise tout autant la révolution citoyenne que la révolution picturale moderne et romantique. Mais elle fut rejetée par la critique et dut attendre pour connaître la célébrité qu'on lui connaît.

 

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Elle entra en 1863 au musée du Luxembourg et fut transférée au Louvre en 1874. Entre 1978 et 1995, elle illustra les billets de cent francs.

 

Depuis décembre 2012, elle est exposée dans l'exposition La Galerie du Temps au Louvre-Lens.

 

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C'est sous la Monarchie de Juillet que se mirent en place, grâce au ministre François Guizot (1787-1874) et aux inspecteurs généraux Prosper Mérimée (1803-1870) et Ludovic Vitet (1802-1873), les premières mesures de protection légale des monuments historiques.

 

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Portrait de François Guizot, homme d'État et historien, par Jehan Georges Vibert (1840-1902), au musée national du château de Versailles.

 

L'«ère Guizot» fut celle des « lois d'affaires » qui favorisèrent l'essor de la haute bourgeoisie et l'expansion industrielle de la France, en grande partie grâce au développement du chemin de fer.

 

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Portrait de Prosper Mérimée par Simon Jacques Rochart (1788-1872), conservé au Musée Carnavalet, Paris.

 

Écrivain de renom, grand voyageur, ami de la famille impériale, inspecteur général des monuments historiques puis sénateur, il fut à l'origine d'une politique de consolidation et de restauration active de grands édifices.

 

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On aperçoit sur ces photographies, signées Séraphin-Médéric Mieusement (1840-1905), le démontage des maçonneries du déambulatoire de la Cathédrale de Sées, dans l'Orne, vers 1850, en vue d'une restauration. (Crédit photographique: Médiathèque de l'architecture et du patrimoine.)

 

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Ludovic Vitet (1802-1873) obtint, auprès du ministre François Guizot, la création et le poste d'inspecteur général des monuments historiques, rattaché au ministère de l'Intérieur. Il effectua plusieurs voyages en France pour répertorier les monuments, les musées, les bibliothèques, les archives et les écoles d'enseignement artistique. Le rapport qu'il écrivit en 1831 fut utilisé par Victor Hugo quand ce dernier publia sa « Guerre aux démolisseurs », en 1832.

 

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Vitet était un grand érudit, président de la commission des Monuments historiques, créée à son initiative, jusqu'en 1848. Il entretint avec Mérimée une relation épistolaire. Il fut membre de l'Académie Française et député.

 

Après les troubles de la Commune et une courte période d'emprisonnement, il fut réélu député et devint le rapporteur de la loi du député Rivet qui institua la Troisième République. Il retrouva sa place de président de la Commission des monuments historiques.

 

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Salamandre photographiée dans le square Léopold Achille, à proximité du musée Carnavalet. Ce vestige d'un hôtel particulier de la Renaissance a été préservé grâce à la politique instituée sous la Monarchie de Juillet.

 

Grâce aux nombreuses publications de Ludovic Vitet, des listes de monuments majeurs, classés par ordre d'importance, virent le jour entre 1842 et 1875.

 

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En 1825, Victor Hugo (1802-1885) écrivit « Il faut arrêter le marteau qui mutile la face du pays. Une loi suffirait; qu’on la fasse!

 

Quels que soient les droits de la propriété, la destruction d’un édifice historique et monumental ne doit pas être permise à ces ignobles spéculateurs que leur intérêt aveugle sur leur honneur; misérables hommes, et si imbéciles, qu’ils ne comprennent même pas qu’ils sont des barbares ! Il y a deux choses dans un édifice, son usage et sa beauté. Son usage appartient au propriétaire, sa beauté à tout le monde; c’est donc dépasser son droit que de la détruire. »

 

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Le roman Notre-Dame de Paris, publié en 1831, se présenta comme un manifeste en faveur de la sauvegarde des monuments anciens. Nous contemplons ici la reproduction de la première page du manuscrit. L'original est conservé à la BNF.

 

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Vue sur le chevet de la cathédrale depuis le quai d'Orléans, en bordure de l'Île Saint-Louis.

 

« En attendant les monuments nouveaux, conservons les monuments anciens. Inspirons, s'il est possible, à la nation l'amour de l'architecture nationale. C'est là, un des buts principaux de ce livre. » écrivit-il dans sa préface de 1831. Deux ans plus tard parut sa Lettre sur le vandalisme en France.

 

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A son initiative, la première loi française sur les monuments historiques fut adoptée le 30 mars 1887 mais comme elle ne fut pas jugée véritablement « satisfaisante », elle vit son contenu évoluer pour donner naissance à la loi du 31 décembre 1913.

 

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Portrait de Victor Hugo, vers 1884, par Nadar (alias Gaspard-Félix Tournachon, 1820-1910).

 

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A cause de la première Guerre Mondiale, le décret d'application de la loi ne fut adopté que le 18 mars 1924.

 

Il fallut intervenir auprès de monuments classés et très endommagés comme la cathédrale de Reims et intégrer à la liste des monuments répertoriés les monuments commémoratifs, les stèles individuelles et collectives, les cimetières militaires et même les champs de bataille.

 

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La cathédrale de Reims avec les ruines de la rue de Vesle au premier plan. Photographie de. J. J. Moreau © Archives Larousse.

 

Pendant la seconde guerre mondiale, il y eut plusieurs arrêtés de classement destinés à placer des biens sous la protection de l'article 56 de la Convention de La Haye afin d'éviter la réquisition et la destruction de nombreuses oeuvres. Mais comme en vertu d'une loi promulguée par le Gouvernement de Vichy, le 11 octobre 1941, les statues métalliques non ferreuses devaient être fondues, les allemands firent disparaître de nombreuses sculptures dans les jardins et sur les places de Paris.

 

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Dans ce contexte, la statue du Général Thomas Alexandre Dumas (1762-1806) qui se dressait autrefois sur la place du Général Catroux, dans le 17e arrondissement de Paris, fut détruite par les allemands en 1942. Vous pouvez retrouver son histoire dans un des premiers articles paru sur mon blog et intitulé Flânerie dans la rue Georges Berger.

 

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Le 25 février 1943, sous le Gouvernement de Vichy, une loi de « visibilité » des monuments historiques offrit un rôle majeur aux architectes des Bâtiments de France, chargés de s'assurer que les travaux effectués près des monuments classés et inscrits ne puissent endommager ces derniers.

 

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Trois ministres s'illustrèrent, pendant la seconde moitié du XXe siècle, en matière de reconnaissance de l'architecture moderne: André Malraux (1901-1976), Michel Guy (1927-1990) et Jack Lang, né en 1939.

 

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Le premier immeuble du XXe siècle à être classé, en dehors des bâtiments liés aux conflits mondiaux, fut le théâtre des Champs-Elysées, en 1957.

 

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Ce théâtre fut construit en 1911, dans un style mixte classique et art déco, par Auguste Perret (1874-1954), assisté de ses frères Claude et Gustave. Perret fut l'un des premiers entrepreneurs à utiliser le béton armé dans la construction.

 

La façade, recouverte de marbre blanc, présente des bas-reliefs d'Antoine Bourdelle (1861-1929) qui ont pour thème l'histoire des Muses et d'Apollon.

 

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La Danse, 1912.

 

Bourdelle représente ici la célèbre danseuse Isadora Duncan (1878-1927), morte étranglée par un foulard qui s'entortilla dans les rayons de la roue d'une voiture en marche.

 

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Portrait d'André Malraux (1901-1976).

 

Le 4 octobre 1962, la loi dite « Malraux » sur les secteurs sauvegardés a mis en lumière une vision nouvelle du patrimoine consistant à classer des ensembles urbains comme ceux de Lyon (1962), de Besançon (1964), de Sarlat-la-Canéda (1964) et de Saint-Germain-en-Laye (1964).

 

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La loi du 8 janvier 1993 a créé des zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager. Elle a été renforcée par la loi dite « Grenelle II » du 12 juillet 2010.

 

L'attention se porte désormais vers de « nouvelles catégories de biens » comme les chemins de fer et leur histoire complexe et mouvementée; les usines, les châteaux d'eau, les mines, les véhicules hippomobiles, les machines de construction, les voitures et les avions.

 

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Cette photographie montre une automotrice Rowan de la Compagnie Générale des Omnibus au terminus de la ligne TK, devant le Louvre. Ces automotrices furent conçues par l'ingénieur anglais Rowan et essayées à Copenhague en 1875. Elle apparurent à Paris en 1889, pour l'Exposition universelle, et furent utilisées à Lyon et Tours. Elles circulèrent à Paris jusqu'au 15 novembre 1913.

 

Les années 1990 ont été marquées par des débats sur le « patrimoine culturel immatériel de l'humanité », débats qui ont abouti, le 17 octobre 2003, à la Convention de l'UNESCO pour la sauvegarde de ce patrimoine particulier. Cette Convention a été ratifiée par la France en 2006. Ainsi, des pratiques et des savoir-faire comme la tapisserie d'Aubusson, le Fest-noz breton ou le Compagnonnage ont été inscrits en 2010 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

 

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L'éducation d'Apollon, d'après un carton de Charles Coypel (1694-1752). Tapisserie en laine et soie de la manufacture royale d'Aubusson, milieu du XVIIIe siècle.

 

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Enseigne des Compagnons du Devoir, place Saint-Gervais, dans le 4e arrondissement de Paris.

 

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A une époque où certaines mairies choisissent de détruire leur église ou les vestiges de certains châteaux sous prétexte que cela coûte trop cher de les conserver, n'oublions pas que nos villes et nos campagnes sont des musées à ciel ouvert. Les édifices anciens, qu'ils soient religieux on non, font partie intégrante du paysage et sont les réceptacles de l'histoire et de la vie de nos ancêtres.

 

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L'église Saint-Pierre Saint-Paul de Sarcelles, située près de chez moi. Je vous en reparlerai bientôt.

 

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Je vous souhaite de très belles journées du patrimoine. Réjouissez-vous, explorez les cours secrètes, les jardins archéologiques, les galeries qui serpentent sous la terre et les forteresses dans les nuages. Ouvrez les portes closes et pénétrez dans des cryptes façonnées par la ferveur des Hommes. Élevez votre regard vers les cimes célestes et contemplez le savoir-faire des bâtisseurs du patrimoine. Que vos pensées s'entrelacent avec les spires du temps...

 

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Vous pouvez retrouver le programme de ces belles journées à l'adresse suivante:

 www.journeesdupatrimoine.culture.fr

 

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Pour répondre aux ami(e)s qui me l'ont demandé, j'ai l'intention de retourner visiter le Palais du Luxembourg. J'avais exploré les salles de ce bâtiment magnifique, lors de précédentes Journées du Patrimoine, mais mon appareil photo avait un zoom moins puissant que mon appareil actuel.

 

Et de séduisantes découvertes s'annoncent ensuite...

 

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Je vous remercie pour les nombreux messages que vous m'avez envoyés à l'occasion du deuxième anniversaire de mon blog. Ils m'ont beaucoup touchée.

 

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Avec mon amitié, ce petit panier de roses...

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