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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

Publié le par maplumefee
Publié dans : #jardin, #jpg, #loire, #sculpture, #tuileries

 

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Décembre se poudre de lumière festive et Saturne l'Ancien nous invite au jardin, en compagnie de ses amis Cérès, Pomone et Vertumne. Pour retrouver l'histoire de ces élégantes statues, il suffit de cliquer ICI.

 

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Saturne, dieu de l'hiver, maître des Saturnales que nous célébrons toujours sous le nom de Yule ou de Noël, est une force sereine, un gardien du temps et des usages magiques qui rythment cette période de l'année. Vous apprécierez la puissance évocatrice de ses mains et le travail de sculpture effectué sur le brasero qu'il tient.

 

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Le regard de Cérès, déesse des moissons, se perd dans le bleu intense et glacé du ciel.

 

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L'année s'achève et la Nature, doucement, sombre dans un sommeil poétique. L'atmosphère du jardin devient plus propice à l'introspection.

 

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Malgré le froid ambiant, la rondeur avenante des bassins où s'ébattent canards et mouettes attire les promeneurs.

 

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Le long des arcades de la rue de Rivoli, le Grand Couvert ou zone boisée du jardin nous offre une vaste respiration. Divisé en deux parties par la grande allée dessinée par André Le Nôtre (1613-1700), il accueille des statues anciennes et des œuvres contemporaines.

 

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 L'Hercule Farnèse de Giovanni Comino (actif en 1670 et mort en 1708) se dore au soleil. Ce marbre, créé entre 1670 et 1672, fut placé en 1790 dans le jardin.

 

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Autour de nous, les grands platanes n'ont pas encore perdu toutes leurs feuilles. Il reste de l'or en suspension.

 

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Les arbres prennent, avec leurs branches croches, des allures de créatures de contes de fée...

 

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 Dernière parure d'automne avant le règne de l'hiver.

 

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La Grande Roue de la place de la Concorde clôt la perspective du jardin. Elle se dresse sur l'axe est/ouest voulu par Le Nôtre et qui se déploie, depuis les jardins du Carrousel, vers l'Arc de Triomphe et les tours contemporaines de la Défense.

 

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Horloge futuriste et gardienne des secrets de la ville, avec l'obélisque de la place de la Concorde en guise d'aiguille, elle rythme la période des fêtes. Roue des cycles calendaires et du temps qui s'écoule, elle nous offre, dès que la nuit s'anime, ses mouvantes lumières.

 

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Photo prise avec mon téléphone portable

 

Intéressons-nous à présent au remarquable agencement dit du « fer à cheval » créé par André Le Nôtre. Vous l'apercevez au pied de la roue : deux rampes qui encadrent un bassin hexagonal conduisent à deux vastes terrasses, la terrasse du Bord-de-l'Eau, côté sud, qui mène à l'Orangerie et la terrasse des Feuillants, côté nord, où se dresse l'élégant Jeu de Paume entouré de parterres fleuris.

 

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Les pans coupés des deux terrasses et les rampes en fer à cheval dont la pente douce enserre les bordures du grand bassin se fondent avec majesté dans le paysage. Depuis 1719, on admire en ces lieux quatre groupes sculptés, représentations allégoriques de fleuves et de rivières soit :

  • Le Tibre de Pierre Bourdict (sculpteur connu entre 1684 et 1711),
  • Le Nil de Lorenzo Ottoni (1648-1736),
  • La Seine et la Marne de Nicolas Coustou (1658-1733),
  • La Loire et le Loiret de Corneille Van Cleve (1645-1732).

 

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 La Loire et le Loiret, moulage réalisé au début du XVIIIe siècle d'après l’œuvre originale de Corneille Van Cleve.

 

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Nous sommes entre automne et hiver mais j'ai rajouté à mon article deux photos de ce beau groupe sculpté, prises au début du printemps.

 

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 La Seine et Marne, moulage réalisé au début du XVIIIe siècle d'après l’œuvre originale de Nicolas Coustou.

 

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 La Seine et la Marne et La Loire et le Loiret sont le fruit d'un ambitieux programme politico-culturel orchestré par Jules-Hardouin Mansart (1646-1708), Surintendant des Bâtiments du Roi à partir de 1699.

 

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Mansart commanda quatre grands groupes pour le Bassin des Nappes du château de Marly, résidence bucolique de Louis XIV située dans les Yvelines. Le Roi Soleil apprécia tout particulièrement cet ensemble élégant qui illustrait l'un de ses grands projets à caractère mythologique.

 

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 Les marbres de Corneille Van Cleve et de Nicolas Coustou étaient associées à des Nymphes (disparues), œuvres d'Anselme Flamen (1647-1717) et de Simon Hurtrelle (1648-1724) qui comptèrent parmi les meilleurs sculpteurs de Versailles.

 

En 1719, La Seine et la Marne et La Loire et le Loiret furent installés aux Tuileries, au pied du fer à cheval imaginé par Le Nôtre. Le régent Philippe d'Orléans (1674-1723) fut à l'initiative de ce déplacement car les Tuileries, magnifique jardin de broderies n'accueillait pas encore de statues. Le Régent voulait également offrir au jeune Louis XV, installé aux Tuileries après la mort de son arrière grand-père Louis XIV, un cadre familier.

 

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 Le Nil

 

Le Nil et Le Tibre rejoignirent aux Tuileries les prestigieux marbres de Marly. Il s'agit de copies d'antiques réalisées par des sculpteurs de la Rome baroque.

 

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Pauvre petit génie qui a perdu sa tête !

 

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 Le dieu Nil est accompagné d'un sphinx et de 16 petits génies qui représentent les seize coudées du niveau d'eau maximal atteint par le fleuve lors de sa crue.

 

A la Révolution, d'autres sculptures de Marly furent saisies et placées dans le « Jardin National » des Tuileries et à partir de 1870, le musée du Louvre eut pour mission de protéger ces statues du vandalisme et des morsures du climat parisien.

 

En 1993, dans la lignée des travaux de la Pyramide du Louvre, les marbres de Marly ont été installés dans la Cour Marly. Les sculptures que nous contemplons aux Tuileries sont des copies altérées par le temps. Elles sont si jolies, une restauration ne serait pas de trop !

 

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Le Tibre

 

La statue originale du Tibre fut découverte à Rome, en 1512, sur le site de l'ancien sanctuaire des dieux Isis et Sérapis. Le dieu fleuve est représenté de manière traditionnelle c'est à dire barbu et à demi-couché. Il tient une rame, symbole de la navigation et sa grande corne d'abondance évoque les vertus nourricières de l'eau qui traverse la Ville Éternelle.

 

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 Il est accompagné par la Louve romaine et les jumeaux Romulus et Rémus.

 

L'iconographie du Nil et du Tibre nous ramène à l'époque d'Hadrien (117-138 après J.-C) mais les chercheurs ignorent quand les originaux de ces statues ont pu être réalisés. Un mystère qui sera peut-être percé un jour ?

 

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Vue printanière sur le côté sud du fer à cheval avec l'Orangerie, les copies d'antiques et les marbres de Marly que je vous ai présentés.

 

Gageons que Le Nôtre aurait apprécié de voir son magnifique jardin à la française ainsi paré et qu'il serait satisfait que tant de visiteurs se pressent, chaque année, dans cette galerie de sculptures à ciel ouvert !

 

Je vous souhaite, chers aminautes, d'excellents préparatifs de Noël et vous remercie de votre fidélité. Amicales pensées !

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #hotel, #laffemas, #paris, #rue, #saint

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Au numéro 14 de la rue Saint-Julien le Pauvre, face à la petite église orthodoxe dont je vous ai parlé ICI, se dressent les élégants vestiges de l'Hôtel de Laffemas. Cette demeure du XVIIe siècle fut édifiée pour Isaac de Laffemas (1583-1657), lieutenant civil de la Prévôté de Paris, avocat, maître des requêtes et conseiller au Parlement de Bordeaux, à l'emplacement d'un bâtiment du XIVe siècle : la Maison de Carneaulx dont il subsiste quelques pierres incluses dans un morceau de façade.

 

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L'hôtel ne se visite pas mais le fronton de sa porte monumentale est classé. Il abrite des sculptures de belle facture.

 

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 Thémis, la déesse de la Justice, de l'Ordre et de la Loi, est étendue entre des branches d'olivier. Accompagnée d'un angelot qui brandit une rose, elle tient la balance de l'Équité.

 

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 Sa présence se réfère aux hautes fonctions juridiques exercées par le maître des lieux.

 

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 Fille de Gaïa, la déesse de la Terre, Thémis eut avec Zeus, le seigneur des Olympiens, trois filles nommées Équité, Loi et Paix Universelle. Considérée comme une entité clairvoyante et une gardienne des secrets, elle est également décrite dans certains textes comme la mère du titan Prométhée. La fleur qu'elle serre dans sa main droite évoque l'irrémédiable fuite du temps alors qu'au fil des époques, la justice perdure.

 

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Une belle agrafe sculptée domine la porte.

 

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 Le visage que nous observons est celui du héros Hercule paré de la dépouille du Lion de Némée. Ce motif est récurrent au-dessus des entrées de manoirs et d'hôtels particuliers.

 

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 Surtout connu pour ses activités de lieutenant civil et criminel de la Prévôté de Paris, à partir du 10 mars 1637, Isaac de Laffemas était un singulier personnage qui s'illustra dans sa jeunesse en tant que poète, acteur, dramaturge et auteur de Mazarinades.

 La mazarinade est un pamphlet satirique, un libelle en prose burlesque publié à l'époque de la Fronde et visant le cardinal Mazarin (1602-1661). Il y eut des mazarinades particulièrement assassines et d'autres écrites en faveur du ministre afin de contrer les accusations des frondeurs.

 Avocat au Parlement de Paris, Isaac de Laffemas devint conseiller du roi en 1613 et procureur en la chambre de justice en 1620. Dès qu'il entra au service du cardinal de Richelieu (1585-1642), il fut violemment décrié et quand il devint, après 1625, maître de requêtes au conseil privé du roi, ses détracteurs le firent convoquer devant ses pairs.

 Malgré les oppositions farouches qu'il rencontra, il prouva que son passé artistique était compatible avec de hautes fonctions politiques et il occupa, soutenu par Richelieu, d'autres postes élevés : conseiller au parlement de Bordeaux, intendant en Champagne, dans le Pays Messin, dans la généralité d'Amiens...

 L'Histoire a essentiellement retenu son comportement implacable envers les ennemis du Cardinal. À l'origine de la torture et de l'assassinat d'un grand nombre de personnes, il reçut les surnoms de « maître étrangleur » et de « bourreau de son Éminence ».

 Victor Hugo (1802-1885) écrivit à son sujet dans la pièce Marion Delorme, créée le 11 août 1831 au théâtre de la Porte Saint-Martin : « Démon, j'ai dans les yeux la sinistre flamme de ce rayon d'Enfer qui t'illuminait l'âme. »

 

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 Marion Delorme relate l'histoire d'une courtisane qui vécut sous le règne de Louis XIII (1601-1643). L'affiche est signée Léon Choubrac (1847-1885).

 

 Qui sait si le fantôme d'Isaac de Laffemas ne continue pas de hanter les couloirs de l'hôtel où il vécut ?

 

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 Le portail et les vestiges de sa demeure, photographiés en août 1899 par Eugène Atget (1857-1927). Paris, Musée Carnavalet. Les vieilles friches des dépendances de l'Hôtel-Dieu sont visibles au premier plan.

 

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 Le portail apparaît sur cette autre photographie d'Atget, prise avant la démolition du mur de l'annexe de l'Hôtel-Dieu. A cet emplacement, s'étend désormais le Square Viviani.

 

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 La rue Galande et la rue Saint-Julien le Pauvre en 1895, photographiées par Charles Marville (1813-1879). On aperçoit le portail de l'Hôtel de Laffemas.

 

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 Et sur ma photo, émanation d'un passé complexe et tourmenté, il se dresse encore.

 

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 La rue Saint-Julien le Pauvre, riche de monuments ancrés dans la mémoire du vieux Paris, est agréable et pittoresque, comme un petit coin de village niché dans la ville.

 

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 Juste à côté de l'Hôtel de Laffemas, on aperçoit cette devanture.

 

Ribouldingue est un mot populaire qui signifie faire la bringue, la java, la noce, la nouba, la foire... Quand on fait la ribouldingue, -on -riboule et on dingue, d'après de vieux langages régionaux-, on fait bombance sans modération !

 

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 Ribouldingue, Croquignol et Filochard sont les trois Pieds Nickelés, héros d'une BD caustique et pleine d'aventures comico-féroces qui fit voyager les lecteurs pendant la Première Guerre Mondiale, l'Exposition Coloniale de Paris en 1931 ou encore la Prohibition aux États-Unis.

 

Sur le web, le restaurant Ribouldingue est présenté comme fermé depuis quelques temps.

 

En vous remerciant de votre fidélité, je vous souhaite de belles journées de décembre et une joyeuse Saint-Nicolas. Gros bisous !

 

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Plume

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Publié le par maplumefee

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Chers Aminautes, certains d'entre vous connaissent le problème : sur Eklablog, depuis quelques temps, les newsletters se perdent et, comme me l'ont fait remarquer plusieurs d'entre vous, des commentaires ne sont pas validés. Du coup, je me suis rendue compte que parmi les commentaires que j'avais déposés sur vos blogs certains ne sont plus en ligne...

En espérant que la situation évolue positivement, je publie ces quelques photos en remerciant le petit oiseau trop mignon qui a gentiment posé pour moi dans le square Viviani.

Je vous souhaite une belle semaine, amicalement !

Cendrine

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #enseigne, #galande, #julien, #rue, #saint

 

 

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Dans une rue pleine de charme épargnée par la frénésie des travaux haussmanniens, je vous invite à poursuivre une promenade commencée, il y a quelques semaines, près du square Viviani. Avec ses maisons médiévales, ses pavés, son allure en courbe et l'étroitesse de ses trottoirs, la rue Galande nous fait voyager, à proximité de la Seine et de Notre-Dame, dans la mémoire ambivalente du vieux Paris.

 

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Photographie d'Eugène Atget (1857-1927)

 

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Photographie de Roland Marguinaud (1924-1965), prise à la fin des années 1950.

 

Elle fut ouverte, en 1202, le long des vignes du clos de Garlande, propriété d'Étienne de Garlande (1070-1150) qui était l'archidiacre de Notre-Dame sous le règne de Louis VI le Gros (1081-1137). Peuplée de petits commerces et d'hôtelleries, elle suivait le tracé de la route gallo-romaine reliant Lutèce à Fontainebleau et permettait d'accéder à un vieux cimetière juif. Elle abritait aussi la chapelle de Saint-Blaise et de Saint-Louis, bâtie en 1476, siège de la confrérie des maçons et des charpentiers de Paris dont il demeure quelques fondations inaccessibles aux promeneurs.

 

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L'étal de la marchande de légumes et de fruits a été remplacé par ces commerces.

 

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 Juste en face, au numéro 52, ces petits personnages sculptés nous content une histoire bien sombre : celle du Caveau des Oubliettes...

 

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 Il s'agissait autrefois d'une prison considérée comme une « succursale » des sinistres geôles du Châtelet. Créée, à l'époque de Philippe-Auguste (1165-1223), sous le niveau de la Seine, elle « accueillait » les prisonniers qui avaient -prétendument- porté atteinte à l'intégrité de la Couronne ou pratiqué la magie noire. Sans aucune forme de procès, les accusés étaient précipités dans l'oubliette via une trappe s'ouvrant sous leurs pieds. Ne pouvant se redresser, ils souffraient de fractures et de plaies infectées et mouraient dans d'atroces conditions. Ils étaient d'ailleurs souvent noyés par les crues de la Seine toute proche.

 Au XIXe siècle, il y eut à cet endroit un étrange cabaret. On venait y frissonner devant des cages de fer remplies de crânes et d'ossements et boire de l'hydromel hallucinogène. On y honorait, en tant que symbole des lieux, une ceinture de chasteté médiévale placée sur scène.

L'ancienne salle des gardes était un musée rempli d'objets de torture : tisonniers, pinces, instruments tranchants, chevalets, chaises à clous et à dents... Ces objets accompagnaient une guillotine datant de 1793 et un théâtre de poupées morbides, fabriqué par un prisonnier qui avait gratté la chaux des murs de son cachot. La salle muséale donnait accès aux profondeurs des catacombes.

 De nos jours, on y écoute du jazz moderne, teinté de soul et de pop, dans une ambiance intimiste. Les cruautés qui se sont déroulées entre les épais murs de pierre font partie de la mémoire « gothique » de Paris.

 

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 Au numéro 42, une enseigne médiévale domine l'entrée d'un cinéma d'Art et d'Essais, le Studio Galande. Consacrée à la légende de Saint-Julien, elle est considérée comme la plus ancienne de Paris. On trouve parfois de « vénérables » enseignes dans l'espace public mais elles sont conservées, pour la plupart, au musée Carnavalet, près de la Place des Vosges.

 

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 Pour la petite histoire et les cinéphiles avertis, le Studio Galande projette, depuis plus de 38 ans, le film culte The Rocky Horror Picture Show.

 

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 Revenons à l'enseigne de Saint-Julien. D'après certains historiens, elle appartenait à l'église Saint-Julien le Pauvre mais d'après des documents datés de 1380, il semble qu'elle ait été associée, dès le départ, à une maison de la rue Galande : « la maison où au-dessus est l'ensaingne de Saint-Jullian ». En 1441, il s'agissait de la « maison ouquel est à présent élevée en pierre de taille l'Ymaige de Saint-Jullian ».

 Patron des voyageurs, des pèlerins et des âmes de passage, Saint-Julien était très apprécié des aubergistes et des hôteliers qui plaçaient leurs établissements sous sa protection. Le vieux quartier qui se déploie autour de la rue Galande, du square Viviani et de l'église Saint-Julien le Pauvre regorgeait d'auberges et de restaurants qui l'honoraient comme saint tutélaire.

 

La légende de Saint-Julien

 Un cerf doté de dons de prophétie prédit à Julien qu'il tuerait un jour ses parents. Effrayé, Julien se maria loin de son pays natal mais ses parents le retrouvèrent. En son absence, ils se présentèrent à leur belle-fille qui leur offrit le gîte et le couvert. Quand Julien rentra, il fut confronté, dans l'obscurité, à deux personnes « inconnues » dans son lit. Pris de panique, il les tua, accomplissant, de manière involontaire, la prophétie du cerf. Suite à ce parricide, il fit vœu de pauvreté et s'installa, avec sa femme, au bord d'un fleuve dangereux pour faire office de passeur.

 Le bas-relief décrit Julien et sa femme dans une barque, de part et d'autre du Christ auréolé. Le Christ s'est présenté à eux sous l'apparence d'un lépreux et ils l'ont accueilli chaleureusement. Julien, pardonné, pourra rejoindre, avec sa femme, le Paradis pour l'éternité.

 

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 Le thème de la barque de Saint-Julien « interprété » par Georges Jeanclos, artiste aux œuvres étranges et profondément mystiques dont je vous ai présenté les travaux dans l'article suivant :

 La fontaine Saint-Julien le Pauvre ou fontaine Jeanclos

 Comme je l'écrivais au début de cette page, les travaux d'Haussmann n'ont pas altéré l'allure générale des lieux. Un immeuble haussmannien est visible à l'entrée de la rue mais d'élégantes maisons médiévales sont restées debout.

 

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 L'immeuble haussmannien au croisement de la rue Dante et de la rue Galande.

 

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 Au numéro 31, on admire un grand pignon de bois daté de 1480.

 

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 A cet endroit, vécut le médecin et professeur de génétique Jérôme Lejeune (1926-1994) qui fut à l'origine, avec le professeur Raymond Turpin, de la découverte de l'anomalie chromosomique responsable de la Trisomie 21. Le professeur Lejeune identifia aussi la maladie du cri du chat, un trouble génétique dû à l'altération du cinquième chromosome.

 

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 En flânant dans la rue, on aperçoit de beaux mascarons, gardiens de la mémoire des lieux.

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Et au numéro 65 bis, on ne résiste pas à l'envie de pousser les portes de la librairie CYBELE, spécialisée dans les publications liées à l'Égyptologie.

 

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 J'en profite pour faire mes amitiés au professeur Richard Lejeune dont le blog Égyptomusée est une mine d'informations sur les trésors de l'Égypte antique. Un grand merci, cher professeur, pour la générosité qui émane de vos écrits !

 

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En vous remerciant, chers aminautes, de votre fidélité, je vous envoie de gros bisous...

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #automne, #brigitte, #fort, #mots, #nouvelles

 

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Coucou les ami(e)s, le vent souffle fort des feuilles de toutes les couleurs. Vous m'avez demandé des nouvelles de ma santé et je vous en remercie. Je pense aussi bien fort à vous. Le mois qui m'attend est chargé en examens afin d'étudier l'évolution de ma méningite. De plus, les médecins essayent toujours de trouver une solution à mes crises d'épilepsie. Je dois retourner plusieurs fois à l'hôpital et faire des tests sanguins complexes que très peu de laboratoires pratiquent. J'ai une longue liste de choses à faire dans les jours à venir, je suis un protocole de médecine alternative qui, je l'espère, portera ses fruits et je vois une naturopathe qui m'aide beaucoup. J'essaie de me reposer dès que je le peux et j'essaie aussi d'écrire des articles pour me changer les idées mais ce n'est pas évident. En attendant de vous retrouver, je vous souhaite une belle semaine. Merci de votre sollicitude envers moi, sachez qu'elle est profondément réciproque. Je vous embrasse affectueusement et vous offre un petit florilège de couleurs d'automne...

 

Avec mes pensées les plus tendres pour mon aminaute Brigitte (La Table de Brigitte) dont j'ai appris le décès tout à l'heure. Je suis très triste et je songe à sa famille... Je n'ai pas vraiment les mots. De grosses bises pour tous ceux qui l'aiment et qu'elle repose en paix... Je ne l'oublierai pas et je me souviendrai de sa générosité, sa gentillesse, son talent de pâtissière...

 

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Rosa chinensis sanguinea

 

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Arbre à perruque (Cotinus coggygria, Anacardiacées).

 

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Pommier à fleurs (Malus X Zumi, variété « Golden Hornet », Rosacées).

 

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Jasmin de Virginie (campsis radicans, Bignoniacées)

 

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Gros bisous !

Plume

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Publié le par maplumefee

 

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Molly Harrison, Le chemin de la sorcière.

 

Nuit de liesse magique, nuit d'or et de ténèbres... revoici Halloween, ma fête préférée !

L'automne est plus profond, la métamorphose des couleurs se poursuit alors je vous souhaite de profiter des jolies choses qui nous entourent. Gardons l'espoir en ce monde triste et troublé et savourons, chaque fois que nous le pouvons, les petits bonheurs du quotidien.

 Pour lire ou relire mes articles au sujet d'Halloween, notre très vieille Samain, il suffit de cliquer...

 

Avec de tendres pensées, sans oublier nos chers disparus...

 

Je vous laisse en compagnie des sorcières de Molly Harrison, artiste fantasy dont le site www.mollyharrisonart.com regorge de créatures fantasmagoriques. Gros bisous !

 

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Octobre enchanté

 

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Rêverie d'automne

 

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Sorcière d'automne

 

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Sortilège gothique

 

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Balade d'automne

 

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Les récoltes d'octobre

 

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Flamme d'octobre

 

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Les vents d'octobre

 

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Attention à la chouette rouge tachetée

 

Amicalement vôtre !

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #daesh, #eglise, #fut, #julien, #paris, #saint

 

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 A quelques encablures de Notre-Dame, une séduisante petite église au destin complexe borde le square Viviani. Accessible par un lacis de rues ayant échappé aux grands travaux haussmanniens, elle nous ramène, avec l'église Saint-Germain-des-Prés, aux premiers temps de la mémoire religieuse de Paris.

 

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 L'église, photographiée entre 1898 et 1927 par Eugène Atget (1857-1927). Épreuve sur papier albuminé à partir d'un négatif verre au gélatino-bromure d'argent, conservée au Musée d'Orsay.

 

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 Élégance et pureté des lignes du chevet actuel. À l'abside principale sont accolées des absidioles appuyées sur des contreforts dont l'allure est caractéristique des constructions du XIIe siècle.

 

Marquant l'intersection de deux importantes voies romaines -dont le cardo maximus, axe principal orienté nord sud qui passait par la rue Saint-Jacques-, elle fut construite, à une date incertaine, là où se dressait un oratoire du VIe siècle destiné à accueillir les pèlerins de Compostelle. D'après l'historien Grégoire de Tours (538-594), afin de lui assurer une renommée durable, l'évêque Saint-Germain (490-576) aurait séjourné dans ses dépendances et l'aurait dotée des reliques de Saint-Julien de Brioude, un soldat romain converti au christianisme qui aurait subi le martyre en 304.

 

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En réalité, plusieurs « Julien » ont été honorés en ce lieu : Julien le Martyr, évêque de Brioude, Julien le Confesseur, évêque du Mans dit Julien le Pauvre et Julien l'Hospitalier.

 

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Les invasions normandes ne l'épargnèrent pas mais il n'existe pas d'ouvrage décrivant l'état dans lequel elle se trouva. Devenue la propriété de deux seigneurs laïques (Étienne de Vitry et Hugues de Munteler), elle fut cédée par les descendants de ces derniers au puissant Ordre de Cluny. En 1045, le roi Henri Ier (1008-1060) la donna au Chapitre de Notre-Dame.

 

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L'église en 1880 vue du côté nord. On aperçoit bien les contreforts et les absidioles dont je parlais plus haut.

 

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Aux alentours de 1120, Saint-Julien passa sous l'obédience de l'abbaye de Longpont, une abbaye cistercienne fortifiée située dans l'Aisne. De 1165 à 1220, les Cisterciens la firent reconstruire pour accueillir les pèlerins et les voyageurs désargentés. Définitivement consacrée à Saint-Julien le Pauvre, elle accueillit jusqu'en 1524 les houleuses assemblées de l'Université et en 1651, elle fut donnée à l'Hôtel-Dieu qui « étouffait » dans ses bâtiments. Très dégradée, elle subit de profondes transformations. La façade actuelle date de cette époque-là.

 

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 Les chapiteaux que nous voyons aujourd'hui ont été réalisés à la fin du XIIIe siècle.

 

Utilisée au fil des siècles comme magasin, dépôt de laine et même grenier à sel pendant la Révolution, la petite église « aux allures de chapelle de campagne » accueillit plusieurs confréries (maçons, couvreurs, charpentiers, fondeurs, papetiers...) Elle échappa de justesse à la désacralisation et fut rendue au culte en 1826 par Monseigneur Hyacinthe-Louis de Quélen (1778-1839), 125ème archevêque de Paris. On l'associa au rite catholique grec byzantin ou melchite, premier rite oriental célébré dans la capitale, à partir de 1889 ou de 1892. Les dates varient suivant les auteurs et les inscriptions retrouvées.

 

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Pendant plusieurs siècles, sa cloche romane au timbre cristallin rythma la vie estudiantine du Quartier Latin et fut considérée comme la gardienne de la première Sorbonne. La cloche sonnait le début des cours, à cinq heures du matin en été et à six heures en hiver et les clercs s'installaient, sur des bottes de foin, à l'emplacement du square actuel, pour écouter les leçons des maîtres de l'Université.

 

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 Sur cette photographie d'Eugène Atget, prise entre 1898 et 1927, on aperçoit la tourelle qui abritait la cloche indispensable au bon déroulement des activités d'alors.

 

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Le foin, appelé autrefois « feurre », était récupéré en quantité importante dans les rues voisines aux noms évocateurs : rue du Fouarre, rue de la Huchette, rue de la Bûcherie...

 

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 Le poète florentin Dante Alighieri (1265-1321) fréquenta, en 1304, ce creuset d'effervescence culturelle mais d'autres illustres personnages s'y succédèrent : Pierre Abélard (1079-1142), Thomas d'Aquin (1225-1274), Pétrarque (1304-1374), François Villon (1431-1463), Rabelais (1494-1553)... Le portrait de Dante, anonyme, est conservé au Musée Communal du château de Blois.

 

Saint-Julien fut aussi très appréciée par les artistes du mouvement Dada qui furent les contradicteurs, pendant la Première Guerre Mondiale, des conventions et des contraintes idéologiques, esthétiques et politiques de leur temps.

 

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 Les voici à l'emplacement de l'actuel square Viviani. Ils regardent en direction de Saint-Julien et Notre-Dame est en arrière-plan. Parmi eux on trouvait André Breton, Louis Aragon, Tristan Tzara, Paul Eluard et bien d'autres...

 

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Entre 1920 et 1921, ils ont photographié l'entrée de Saint-Julien (image ci-dessus). A l'époque, on pouvait voir la grille d'un puits du VIIe siècle se trouvant jadis à l'intérieur de l'église.

 

De l'autre côté, près du chevet, il demeure les traces d'une source réputée miraculeuse dont les eaux, destinées à guérir les problèmes oculaires, étaient vendues au profit des bonnes œuvres de Saint-Julien.

 

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Les racines architecturales et spirituelles de l'église Saint-Julien sont profondes mais il est presque « miraculeux » qu'elle soit parvenue jusqu'à nous. Édifiée sur un îlot appelé « le clos de Mauvoisin », « le mauvais voisin », en raison des colères et des crues de la Seine, elle appartenait à un bourg constitué de ruelles sinueuses, de maisons gothiques, de commerces de poisson et de viande, « d'hostelleries » aux noms pittoresques et de « maisons de joie » où les colères estudiantines et les révoltes historiques des habitants de Paris firent de nombreux dégâts.

 

Elle fut souvent le théâtre de querelles opposant les étudiants aux plus hautes instances de l'Université et certains jours, à l'intérieur comme à l'extérieur, on assistait à de véritables émeutes.

 

En 1525, lors de l'élection du recteur, les « escholiers » s'enflammèrent, brisant les portes et les fenêtres et jetant toutes sortes de projectiles sur les personnes en train de voter. Suite à ce chaos, le Parlement décida que l'élection aurait lieu aux Mathurins, dans l'actuel 8e arrondissement de Paris et, quelques temps plus tard, l'Université fut transférée sur la Montagne Sainte-Geneviève.

 

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Elle faillit être sérieusement endommagée pendant la Libération de Paris quand les combats firent rage dans le fortin de la Huchette, place du Petit Pont, en face de Notre-Dame, en août 1944. Et il y a quelques semaines, c'est juste « à côté » qu'un « gang » de femmes abruties, disciples des idées mortifères de Daesh ont abandonné une voiture remplie de bonbonnes de gaz qui n'ont pas explosé...

 

Heureusement, la plupart du temps, quand elle apparaît dans les médias c'est pour servir de décor aux scènes d'un film ou d'une série. On la voit, entre autres, dans plusieurs saisons de la série fantastique Highlander ou dans Sœur Thérèse.com.

 

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Vers 1900, une iconostase ou barrière d'icônes fut créée pour séparer le chœur de la nef. On utilisa pour la circonstance des essences de bois précieux: de l'olivier, du figuier, du chêne, de l'abricotier, du palissandre et du bois de rose.

 

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L'iconostase de Saint-Julien est une cloison de bois enluminée, percée de trois portes, qui accueille plusieurs rangées d'icônes. Transférée de Damas, elle a remplacé le chœur du XIIIe siècle, soutenu par des piliers aux chapiteaux sculptés de feuilles d'acanthe, de flore aquatique et de masques féminins, chapiteaux qui servirent de source d'inspiration aux sculpteurs de Notre-Dame. La grande majorité de ces sculptures a hélas été détruite.

 

L'un des chapiteaux les plus célèbres illustre le thème de la femme oiseau, la sirène harpie qui séduit les imprudents et joue les initiatrices auprès de l'âme du pêcheur.

 

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Désolée pour la piètre qualité de ma photo, je n'ai pas réussi à faire mieux !

 

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L'iconostase, photographiée par Atget. Source gallica.bnf.fr

 

Une « légende noire » -et pourtant bien ancrée dans la réalité- est rapportée par l'écrivain Joris-Karl Huysmans (1848-1907). Elle est associée à la tragédie vécue, au XVIIe siècle, par Julien de Ravalet et sa sœur Marguerite, adolescents très amoureux l'un de l'autre en dépit de leurs liens fraternels. Ils s'enfuirent pour vivre leur passion, eurent un enfant et furent condamnés pour inceste, crime de fornication et adultère aggravé (Marguerite avait été mariée de force). On les décapita à l'épée de justice, le 2 décembre 1603, en place de Grève et leurs têtes furent conservées, pendant un laps de temps incertain, dans l'église Saint-Julien le Pauvre. Leurs corps auraient dû être jetés dans le charnier de Montfaucon mais, en raison de leur noble lignage, Henri IV (1553-1610) accepta qu'ils soient inhumés en l'église Saint-Jean en Grève.

 

On lisait sur leur pierre tombale :

« Cy gisent le frère et la sœur

Passant, ne t'informe point

De la cause de leur mort

Passe et prie Dieu

Pour leur âme. »

 

Si vous désirez connaître les détails de leur histoire romantique et tourmentée, je vous conseille le roman d'Yves Jacob intitulé Les anges maudits de Tourlaville. Sur le même thème, un film intitulé Julien et Marguerite, réalisé par Valérie Donzelli, a fait partie, en 2015, de la sélection et de la compétition officielle du Festival de Cannes.

 

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Écrivain, critique d'art, esthète, infatigable promeneur... Huysmans était fasciné par le vieux Paris des ombres et des mystères où se love la petite église Saint-Julien. Il y fait référence dans de remarquables ouvrages comme Les églises de Paris ou A Paris qui célèbre l'atmosphère vivante, pittoresque, ambivalente des quartiers de la capitale.

 

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A travers ses flâneries inspirées, il invite le lecteur à le suivre, pas à pas, là où crépitent les vieilles pierres. J'aime énormément cet auteur qui était aussi un grand amoureux des chats !

 

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Cette promenade à Saint-Julien le Pauvre s'achève mais d'autres articles sur l'histoire des rues alentour sont en préparation alors, si vous le voulez bien, nous nous retrouverons bientôt. En vous remerciant de votre fidélité et de vos si gentilles pensées concernant ma santé, je vous souhaite de radieuses journées d'automne. Gros bisous !

 

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Bibliographie

 

BÉRAUD et DUFEY : Dictionnaire historique de Paris, 1828.

 

Jacques-Antoine DULAURE: Histoire de Paris. Paris: Gabriel Roux, 1853.

 

HURTAUT et MAGNY : Dictionnaire de la ville de Paris et de ses environs, 1779.

 

Abbé LEBEUF : Histoire de la ville et du diocèse de Paris, 1754.

 

Jean-Baptiste de SAINT-VICTOR : Tableau historique et pittoresque de Paris, 1822.

 

Henri SAUVAL: Histoire et recherches des antiquités de la ville de Paris. Paris, 1724. 3 volumes in-8°.

 

Héron de VILLEFOSSE: Histoire de Paris. Grasset, coll. « Livre de Poche », 1995.

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #americain, #artiste, #automne, #paysage, #peinte

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Thomas Benjamin Kennington (1856-1916), Automne. Peintre de genre et portraitiste anglais, également représentatif du « réalisme social ».

 

J'aime profondément l'Automne. La Nature nous conte ses couleurs précieuses tout en glissant vers le plus mystérieux des sommeils, celui de l'Hiver. On s'enivre de clarté changeante, on se régale de fruits et de légumes chatoyants, on cède à la poésie de la brume et on se laisse emporter avec les feuilles qui dansent.

 

Source d'inspiration pour de nombreux artistes, l'Automne nourrit les recherches sur les ombres, les matières lumineuses et les métamorphoses de l'atmosphère. Voyage auquel je vous convie par l'observation de tableaux choisis, œuvres qui m'enchantent...

 

Parmi les œuvres que je présente, plusieurs ne sont pas datées. Ce n'est pas un oubli de ma part. Il n'y a tout simplement pas assez de précisions (ou il existe des contradictions) concernant le moment de leur réalisation et les lieux où elles sont conservées.

 

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Albert Bierstadt (1830-1902), L'automne dans les bois, 1886. (New York Historical Society).

 

Peintre américain d'origine allemande, amoureux des paysages de l'Ouest américain, Bierstadt appartenait à l'Hudson River School, mouvement artistique caractérisé par sa vision romantique de l'art, fondée sur la passion des grands espaces et des merveilles naturelles, comme les Montagnes Rocheuses, le tout sublimé par un travail très approfondi, quasi mystique, sur la lumière.

 

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Albert Bierstadt, Automne en Amérique, dans le comté d'Oneida (il s'agit de l'un des 62 comtés de l'État de New York).

 

Les pigments d'automne sont des sucres enchantés, des caramels luxuriants dont la splendeur crépite entre ciel et terre.

 

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Vincent Van Gogh (1853-1890), Paysage d'automne, 1885.

 

Onirisme puissant, recherches sur la texture ensorcelante de l'air, l'artiste devient le messager des métamorphoses de la Nature qui font écho aux saisons de son âme.

 

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Vincent Van Gogh, Paysage d'automne, 1884 ou 1885.

 

Jardins, bois et forêts s'embrasent et nous offrent un florilège de teintes chaudes, éphémère jeunesse retrouvée avant l'apparition des premiers frimas.

 

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John Joseph Enneking (1841-1916), peintre impressionniste américain, Prémices d'automne.

 

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John Joseph Enneking, Joyaux d'automne

 

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John Joseph Enneking, Bois profonds en automne.

 

Tout flamboie, tout pétille et le regard se fond dans une élégante symphonie de jaune, d'orangé, de pourpre, d'or et de brun.

 

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John Atkinson Grimshaw (1836-1893), Automne d'or.

 

Artiste de l'époque Victorienne, préoccupé par les modifications industrielles de son temps, Grimshaw excellait à peindre les clairs de lune, les effets de lumière changeante et les paysages urbains et ruraux.

 

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John Atkinson Grimshaw, A golden beam (Un faisceau d'or).

 

Chemin de feuilles rousses, ombres crépitantes et patines mystérieuses, l'automne transforme la réalité en surprenante fantasmagorie.

 

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Hans Anderson Brendekilde (1857-1842), Chemin boisé en automne.

 

Cet artiste danois, orienté vers le réalisme, excellait à peindre les « effets d'atmosphère », les vibrations de la lumière, la sensualité des matières, l'or, le jaune, le brun et le rouge des transformations.

 

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Hans Anderson Brendekilde, Le jardin japonais, vers 1900.

 

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Willard Leroy Metcalf (1858-1925), Chêne rouge, 1911.

 

Cet impressionniste américain, amoureux des paysages de la Nouvelle-Angleterre, était membre des Ten American Painters et proche du groupement d'artistes de Old Lyme, dans le Connecticut. Comme de nombreux peintres américains de son époque, il étudia dans sa jeunesse à Paris, à l'Académie Julian où il eut pour maîtres Jules Joseph Lefebvre et Gustave Boulanger. Il s'inspira des oeuvres bucoliques et sylvestres de l'École de Barbizon mais il préféra l'Impressionnisme. Après avoir visité Pont-Aven, Grez-sur-Loing et Giverny, il fonda, avec Théodore Robinson (1852-1896), une colonie d'artistes américains à proximité de la demeure de Claude Monet.

 

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Willard Leroy Metcalf, Gloire d'automne.

 

Marcher sous les arbres et sentir l'automne qui mûrit, danse et palpite...

 

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Winslow Homer (1836-1910), Automne, 1877.

 

Cet artiste américain fut attiré par l'Impressionnisme avant d'orienter sa palette entre le Réalisme et le Symbolisme. Reporter dessinateur pendant la Guerre de Sécession, il peignit le quotidien des militaires puis s'intéressa au monde rural, aux animaux, aux vues océanes et à l'intimité des êtres et des saisons.

 

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Vassili Dmitrievitch Polenov (1844-1927). Femme sur un chemin forestier.

 

Ce peintre russe, de sentiment réaliste, appartenait au mouvement des Ambulants ou des Itinérants (1863-1890), artistes en rupture avec les méthodes d'enseignement et les sujets traditionnels de l'Académie Impériale des Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg. Les Ambulants furent profondément intéressés par le thème des inégalités sociales.

 

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Léon de Smet (1881-1966), Forêt d'automne.

 

Cet artiste belge luministe, amoureux de l'art du paysage, était le frère du peintre Gustave de Smet (1877-1945) et le fils de Jules de Smet, dramaturge, photographe et décorateur. Portraitiste recherché par les écrivains, à l'instar de Joseph Conrad et de George Bernard Shaw, Léon de Smet se réfugia à Londres pendant la Première Guerre Mondiale. En 1917, appelé au front, il peignit différents portraits et, après la guerre, il se replongea dans l'atmosphère londonienne qu'il appréciait. Il revint en Belgique en 1925 et à partir de 1932, il s'impliqua, avec son frère, auprès des artistes du groupe Vlanderen qui faisaient la promotion de l’art belge contemporain. L'Impressionnisme et surtout le Pointillisme (appelé aussi Divisionnisme ou Néo-Impressionnisme) furent ses sources d'inspiration.

 

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George Inness (1825-1894), Automne à Montclair.

 

Ce peintre américain, épris de l'Écosse où il mourut était une célébrité de l'art du paysage et l'un des membres les plus éminents de l'Hudson River School, école de paysagistes américains qui regroupa de nombreux artistes nés après 1800. Ses membres développèrent un « art sensible » fondé sur une admiration quasi religieuse des beautés de la nature, creuset des spiritualités. Ils identifièrent des paysages vierges et sauvages, les assimilèrent aux paysages bibliques et se lancèrent dans une sorte de quête de la Terre Promise.

 

Entre ténèbres vivantes et turbulences de lumière, l'Automne revêt dans ses œuvres une dimension puissamment mystique.

 

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Thomas Moran (1837-1926), Automne.

 

Ce paysagiste américain autodidacte, ami d'Albert Bierstadt, William Keith et Thomas Hill, fut associé à l'Hudson River School. Amoureux des Rocheuses et du White Mountain Art (art des Montagnes Blanches), il peignit des vues de l'Ouest américain qui furent présentées au Congrès américain et favorisèrent la création du parc national de Yellowstone.

 

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John Frederick Kensett (1816-1872), Lac George.

 

Cet artiste américain, né dans le Connecticut, s'inspirait des grands sites naturels, à l'instar des Rocheuses et des paysages de la Nouvelle-Angleterre. Peintre luministe et graveur émérite, il fut associé à la seconde génération des artistes de l'Hudson River School. Il a participé, entre autres, à la fondation du Metropolitan Museum of Art de New York.

 

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Frits Thaulow (1847-1908), Automne d'or en Bretagne.

 

Peintre norvégien, amoureux de la nature sauvage aux reflets changeants mais aussi peintre de l'eau sous ses différentes formes (pluie, lacs, rivières, torrents, neige, givre, glace, flocons, cristaux...), Fritz Thaulow était fasciné par les atmosphères mystérieuses. Grand voyageur, aimant l'Europe, Paris, Venise et les États-Unis, il restitua, tout au long de sa carrière l'éternelle beauté des paysages naturels qu'il découvrait. Peintre du temps qui s'écoule, il fut le beau-frère de Paul Gauguin et l'ami de Claude Monet, d'Auguste Rodin et de Pierre Puvis de Chavannes. Il fonda le Salon du Champ de Mars et fut membre du jury de l'Exposition Universelle de 1889.

 

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Paul Gauguin (1848-1903), Le cours d'eau, Automne, 1885.

 

Le regard du spectateur est aimanté par la puissance impressionniste de l’œuvre, panaché de couleurs flamboyantes, par la lumière d'or qui éclate, rebelle aux conventions et l'arbre qui irradie sur la toile comme une flamme. Gauguin peignit ce tableau un an avant la naissance du courant Symboliste qui s'opposa au « manifeste » Impressionniste. La couleur fut l'émanation de sa vision esthétique, que ce soit à travers le Cloisonnisme (créé en 1886 et inspiré de la technique du vitrail), le Synthétisme (théorie picturale conçue en 1888 et nourrie de Symbolisme) et le Primitivisme (mouvement pictural apparu en Russie qui privilégia l'imagerie populaire et les formes naïves de l'Art). La couleur était pour lui « vibration de même que la musique ».

 

Les teintes suraiguës qu'il affectionnait (jaune citron, ocres rouges, verts intenses, indigo et rose ardent) influencèrent les adeptes du Fauvisme.

 

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Claude Monet (1840-1926), Effet d'automne à Argenteuil, 1873. Courtauld Institute Galleries à Londres.

 

Peinte en bord de Seine où Monet capturait avec passion le reflet des arbres dans l'eau, l’œuvre est une symphonie de mouchetures de lumière. Les couleurs forment une partition claire, une harmonie d'orange brun et de bleu mêlé de rose fin, le tout rehaussé par des touches de vert jade. Au fond de la scène, les maisons d'Argenteuil se fondent dans une palette gris bleutée, une sorte d'horizon fantasmé.

 

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Francis Picabia (1879-1953), Canal de Moret, effet d'automne, 1909. Collection privée.

 

L’œuvre de cet artiste atypique (à la fois peintre, graphiste, écrivain) se confronte au Surréalisme et au Dadaïsme mais ses travaux de jeunesse traduisent une influence impressionniste et un goût prononcé pour le Luminisme. Mouvement hétéroclite, le Dadaïsme, né pendant la Première Guerre Mondiale, se fonde sur l'extravagance et la liberté d'expression et se caractérise par une remise en cause des règles et des contraintes idéologiques, esthétiques et politiques.

 

Moret sur Loing, petite cité médiévale construite au bord de l'eau, était l'un des berceaux de l'Impressionnisme. Les artistes y savouraient la qualité de la lumière, la douceur de vivre et les splendeurs naturelles et historiques de la vallée du Loing.

 

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Lynn Shaler, L'Automne à Brooklyn, 1955. Cette artiste américaine contemporaine exerce son talent entre New York et Paris où elle expose régulièrement.

 

Dans la ville, l'automne déploie aussi ses parures d'or patiné. Cette œuvre me plaît tout particulièrement par le choix de son cadrage et l'harmonie subtile des couleurs, la touche vive et délicate de rose qui éclate sur le gris de l'architecture et ce « je ne sais quoi » qui la rend émouvante.

 

J'ai beaucoup aimé partager avec vous ce petit tour d'automne en peinture. J'ai, bien sûr, d'autres œuvres à vous montrer mais je dois prendre congé. D'autres visites à l'hôpital m'attendent ainsi que bien d'autres « soins » alors je vous dis « à bientôt ». Je pense à vous. Gros bisous !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #bougies, #cinq, #fee, #paris, #plume

 

 

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Eugène Grasset (1845-1917), Affiche publicitaire pour l'encre Marquet, 1892.

 

Chers Aminautes,

Et voilà, mon blog a eu cinq ans !

Je suis émue car j'ai failli en fermer les portes plusieurs fois à cause de mes problèmes de santé mais je suis toujours là et surtout, vous l'êtes aussi. De tout cœur, je vous en remercie. J'aimerais publier plus souvent mais c'est la qualité de nos échanges qui compte ainsi que les liens qui se sont tissés entre nous.

Un nouvel automne palpite alors puissions-nous écrire, sur ses pages d'or, une myriade de mots d'amitié !

Je vous embrasse très affectueusement !

Cendrine

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #fontaine, #georges, #jeanclos, #jpg, #julien

 

 

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Dans le square Viviani, face au parvis de Notre-Dame, une mystérieuse sculpture-fontaine attire notre attention. Conçue par Georges Jeanclos (1933-1997), un artiste qualifié « d'atypique », elle a été installée, en 1996, dans ce bel espace circulaire auquel on accède en passant sous des arceaux de roses.

 

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Profondément marqué par la barbarie nazie, la souffrance des survivants du génocide juif mais aussi par les « petites détresses » et les douleurs qui naissent au quotidien, l'art de Georges Jeanclos est un appel à la tendresse instinctive qui se love en chacun de nous, tendresse destinée à apaiser les maux des promeneurs.

 

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Georges Jeanclos (Jeankelowitch pour l'état civil) fit des études à l'école nationale des Beaux-Arts et reçut un Premier Grand Prix de Rome, en 1959. Il effectua ensuite un séjour de quatre années à la Villa Médicis, sous l'égide du peintre Balthus (1908-2001).

 

Dans son atelier de Bastille, il concevait des formes en terre glaise qu'il enroulait pour créer des personnages mystérieux, à l'image de ses Dormeurs aux visages lisses et sans cheveux, sortes de « gisants modernes » aux lignes épurées.

 

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Personnages d'argile, hiératiques et secrets, qui ont été transposés, dans les années 1970, en biscuits de porcelaine à la manufacture de Sèvres. Cette expérience, qualifiée d'alchimique, l'incita à fonder l'atelier de recherches de Sèvres, lieu de rencontre entre artistes et artisans.

 

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En marge des académismes contemporains, Georges Jeanclos a expérimenté « toutes les possibilités de la terre ». Ses créations s'inspirent de très anciennes formes d'art sacré qui exaltent la force et la fécondité de la terre mère.

 

« Aujourd'hui je ne peux plus prier mais saisir l'argile du commencement entre mes paumes ouvertes, la terre portée à bout de bras. Balancement de la tête aux pieds, les jambes pliées, les reins arqués.

La terre sanctifiée par les flexions, incantation de tout le corps, l'argile laminé sur le sol, appel aux profondeurs qui résonne sur le béton de l'atelier, scansions de la matière qui fait apparaître la faille, épiphanie de l'autre, étalée en lettres carrées sur la face des dormeurs, ultime prière modelée comme un piège du sacré. »

 

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L'Extase, 1990.

 

Les arts du Japon, le bouddhisme zen, les traditions précolombiennes, les statues étrusques et la spiritualité de l'Égypte ancienne l'ont profondément influencé.

 

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Kamakura 1

 

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Kamakura 2

 

Une impression de fragilité et de sérénité émane de ses personnages enlacés, intemporels et sans cheveux, qui se lovent dans des draperies douces, des lambeaux de matière et des suaires mystérieux, aux rives d'un pas de deux mystique et puissamment sensuel.

 

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Embarquement pour Cythère

 

En 1984, à l'initiative de François Mitterrand (1916-1996), grand admirateur de son art, il a réalisé le Monument Hommage à Jean Moulin, sur les Champs-Élysées.

 

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Dans le creuset de l'oeuvre, installée près de la Grille du Coq du Palais Présidentiel, se fondent des passages du Chant des Partisans et des fragments du Kaddish, l'un des récits les plus importants de la liturgie juive.

 

En 1986, il a remplacé le portail de l'église Saint-Ayoul à Provins, détruit à la Révolution, par un nouveau portail et en 1987, il a conçu la grande porte en bronze du Ministère des Finances à Bercy.

 

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Étude pour le portail de l'église Saint-Ayoul. (C) ADAGP, Paris. Crédit photo (C) RMN-Grand Palais (Sèvres, Cité de la céramique)/Martine Beck-Coppola.

 

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Bercy, l'entrée du Ministère...

 

A Paris comme en Province, il laisse une oeuvre abondante, inclassable et profondément teintée de mystère.

 

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La fontaine du square Viviani fait allusion à la légende de Saint-Julien.

 

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Un jour, Julien rencontra un cerf qui possédait des dons de prophétie. Le cerf prédit à Julien qu'il tuerait ses parents. Julien ne le crut pas mais c'est hélas ce qui arriva. Je vous conterai la légende entière, prochainement, avec l'histoire de la petite église Saint-Julien le Pauvre.

 

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Georges Jeanclos s'inspira de ce récit popularisé par La Légende Dorée de Jacques de Voragine (1228-1298) et d'une nouvelle de Gustave Flaubert (1821-1880), publiée dans Les Trois Contes, en 1877.

 

Le thème de l'étreinte, qui lui était si cher, est visible à travers les différents groupes situés aux angles de la fontaine. Compassion, tendresse et soutien de l'autre au coeur de la peine nourrissent les mouvements des personnages : parents et enfants qui ont pour « mission » de cheminer vers un monde plus apaisé.

 

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En s'écoulant de trois têtes de cerf, l'eau doit « désaltérer les passants venus du monde entier » mais la fontaine n'est généralement pas en activité... Pour l'anecdote, la fontaine Saint-Julien a remplacé une fontaine Wallace.

 

Tout au long de son parcours artistique, Georges Jeanclos a tissé des passerelles entre le thème de la mort et celui de la fécondité. Fécondité qui exulte partout où le regard se pose, comme en témoignent les nombreuses proéminences qui émanent de la « peau » de l'oeuvre. Ces proéminences représentent des seins, les mamelles de la terre qui se gorgent d'eau pour restituer, inlassablement, la vie.

 

Elles ornent aussi la fontaine Éphésienne, installée en 1989 près de la Place Stalingrad, dans le 19e arrondissement de Paris.

 

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Au sommet d'un pilier, « veille » un dormeur, personnage dont je vous ai parlé tout à l'heure. Cette étrange fontaine est consacrée à Artémis d'Éphèse, déesse mère célébrée dans l'ancienne Asie Mineure. Sa statue était agrémentée de nombreux seins, ce qui la faisait qualifier de « polymaste ».

 

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Ceux qui apprécient l'art de Georges Jeanclos se régaleront avec ce très beau livre signé Jacques Sojcher, écrivain belge et professeur d'esthétique et de philosophie né en 1939.

 

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En vous remerciant de votre fidélité et de votre sollicitude à propos de ma santé, je vous offre cette vue sur Notre-Dame, ses lignes de force et ses remarquables « dentelles ». Une vue prise depuis la fontaine Jeanclos.

 

Je vous souhaite plein de belles choses et vous envoie de gros bisous !

Plume

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