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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

Publié le par maplumefee
Publié dans : #fee, #paris, #roses, #ton, #trois

 

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Trois années se sont écoulées depuis la création de mon blog. Fidèles lectrices et lecteurs, depuis septembre 2011, les liens que nous avons créés nous ont permis de nous connaître davantage alors je vous remercie, vous qui déposez dans mon univers les couleurs de vos émotions. Votre constance et votre sensibilité me réjouissent!

 

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Heurtoir de l'Hôtel de Sully, dans le Marais.

 

Je continuerai avec passion de vous montrer Paris au gré de mes articles et de vous inviter à voyager entre histoire de l'art, poésie, songe, folklore et mythologie.

 

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A l'occasion de cet anniversaire, je vous offre un poème qui célèbre la rose et son pouvoir capiteux.

 

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Les roses émaillent la ville de leur beauté poudrée d'ambivalence et tissent autour des monuments leur irrésistible féerie. Elles expriment le plaisir que j'éprouve à flâner dans Paris, le regard aux aguets, tout en laissant caracoler mon inspiration entre « autrefois » et la « modernité ». Miroirs parfumés des pensées bohèmes, elles ornent le paysage avec autant d'élégance que de simplicité.

 

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John William Waterhouse (1849-1917), Boutons de roses. 1908 ?

 

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Mystérieuse au bord du chemin

Sous le ciel métamorphosée

Ta pourpre au vent, précieux destin

Qui tremble à travers la rosée

 

Chair opaline et coeur mêlé

De musc et de poussière d'or

Plus sibylline que l'aurore

Lorsqu'elle éclate au ciel d'été

 

Ton sang fertile a dessiné

Comme un vitrail sur nos accords

Un labyrinthe satiné

Où la lumière nous dévore

 

Qui t'a fait naître ainsi parée

Rose altissime qui m'inspire

Autour de toi le temps secret

Berce les saisons qui chavirent

 

Notes d'encens souples fragrances

Cire de fée que l'on pétrit

Mort sensuelle et renaissance

Au baiser de ton alchimie...

 

                                                Cendrine

 

 

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Pour ces trois années de bonheur et de partage, je veux vous dire à nouveau...

 

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et vous embrasser chaleureusement !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #fontaine, #gaillon, #goncourt, #hotel, #paris

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A l'angle de la place Gaillon et de la rue de la Michodière, dans le IIe arrondissement de Paris, une élégante fontaine (ancienne fontaine Louis le Grand puis fontaine d'Antin) est adossée à la façade d'un hôtel particulier du 17e siècle. L'hôtel, qui abrite aujourd'hui un restaurant, fut construit par Jules Hardouin-Mansart (1646-1708) en 1672 pour le sieur Nicolas de Frémont (1622-1696), gardien du trésor royal.

 

 

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 Dessin de Frederick Nash (1782-1856), peintre, aquarelliste et lithographe anglais. Source gallica.bnf.fr.

 

Le duc de Lorge, gendre de Nicolas de Frémont, fit agrandir l'hôtel et démolir à cet effet la porte Gaillon qui marquait la limite de l'enceinte construite à partir de 1638, sous le règne de Louis XIII.

 

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Gravure de Charles Heath (1785-1848) d'après un dessin de Auguste Charles Pugin (1769-1832).

 

L'hôtel de Lorge connut plusieurs propriétaires. Il fut appelé hôtel de Travers puis hôtel de Chamillard, hôtel d'Antin et hôtel de Richelieu. Il accueillit le duc de Richelieu, l'ambassadeur d'Espagne et la princesse de Bourbon-Conti, fille de Louis XIV.

 

 

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La fontaine fut érigée en 1707 au carrefour de Gaillon, entre les rues du Port-Mahon et de la Michodière, par Jean Beausire (1651-1743), architecte, contrôleur et inspecteur des bâtiments de la Ville de Paris.

 

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Située entre les égouts de la rue Neuve Saint-Augustin et de la rue Gaillon, elle fut remplacée en 1828 par un édifice conçu par Louis Visconti (1791-1853), architecte émérite, maître du projet de restauration du Louvre et de réunion du Louvre et des Tuileries. Les sculptures, façonnées par Georges Jacquot (1794-1874), ont été restaurées en 1971 par Emmanuel Oberdoerffer, architecte voyer de la ville de Paris.

 

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Dans une grande niche hémisphérique, flanquée de deux colonnes composites finement ciselées et décorées de poissons fantastiques, un jeune triton chevauche un dauphin. Il portait auparavant un trident dont il ne reste que le manche.

 

La Fontaine Gaillon

 Photographie trouvée sur le net, je n'en connais pas l'auteur.

 

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L'enfant au dauphin appartient au cortège de la belle Amphitrite, néréide, déesse marine, et parfois gardienne des fontaines et des sources. Messager de Poséidon, le dieu des océans qui s'éprit d'Amphitrite, le dauphin devint une constellation, en remerciement de ses bons et loyaux services.

 

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Autrefois, l'eau s'écoulait dans une vasque ornée de gargouilles léonines qui crachaient l'eau recueillie dans une large vasque appuyée sur un socle décoré de poissons et de plantes aquatiques.

 

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Symboles d'opulence et de fécondité, les ornements de la fontaine (oves, rinceaux, algues, coraux, épis de blé, ajoncs, roseaux, fleurs, cornes d'abondance, poissons, coquillages, chimères aquatiques...) témoignent d'une grande finesse d'exécution.

 

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Aux extrémités de la fontaine, des dragons marins veillent à la bonne circulation des eaux de la ville.

 

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Ces créatures symbolisent l'énergie qui serpente, sous forme liquide, dans les entrailles de la terre. Elles évoquent les forces primitives de la Nature et les esprits familiers de l'eau, gardiens de l'élément source de la vie.

 

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Symboles de luxuriance et de fécondité, les coquillages sont les « enfants des dieux ». Jaillis du souffle de l'Océan primordial, ils sont bercés par les déesses de l'amour et de la fertilité. On peut entendre, en les frôlant, l'enivrante gamme des sons originels. Un peu comme si l'on frappait, avec un objet sacré, sur le perron d'une ancienne fontaine pour susciter la pluie.

 

 

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Des vases à anses fantastiques, de style renaissance, reposent au sommet des colonnes qui encadrent la niche principale.

 

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La fontaine Gaillon décore aujourd'hui la terrasse d'un restaurant qui appartient à Gérard Depardieu. L'adresse est très connue. Au fil de mes lectures, j'ai constaté que les avis concernant la qualité de la cuisine étaient plutôt partagés. Certains la trouvent excellente, d'autres considèrent que c'est surfait et affichent leur déception. N'y ayant pas mangé, je ne me prononcerai pas.

 

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Je suis surtout intéressée par la fontaine. Hélas, les parasols ouverts altèrent la beauté de l'ensemble. Je précise que cette photo n'a pas été prise en été mais au moment de Noël, en 2013. Il faisait froid et les parasols empiétaient pourtant sur la fontaine. Dans mon dos, des gens s'activaient pour décharger des cartons sur le trottoir. J'essayais de ne pas prendre trop de place mais je sentais bien que ma présence n'était pas souhaitée. S'ils avaient pu me virer de là ils l'auraient fait... Bref, on est censé venir consommer et non contempler une oeuvre d'art qui fait partie de notre patrimoine urbain.

 

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 Photographie répertoriée sous le nom d'Armand Guérinet (libraire-éditeur actif de la fin du XIXe siècle aux années 1920).

 

La petite grille au pied de la fontaine et les deux lampadaires ont disparu.

 

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 Photographie d'Eugène Atget (1857-1927). Source gallica.bnf.fr, cote Est Eo 109b bte3.

 

La fontaine Gaillon se dresse face au restaurant Drouant qui se niche dans un bel immeuble d'angle en pierre de taille.

 

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En ce haut lieu de l'histoire romanesque, artistique et gastronomique de Paris, le Prix Goncourt est décerné chaque année.

 

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En 1880, un alsacien nommé Charles Drouant ouvrit un café qui devint rapidement l'un des restaurants les plus courus du tout Paris. Les artistes (Renoir, Monet, Pissarro, Rodin, Colette, Apollinaire, Daudet père et fils, Octave Mirbeau...) venaient y déguster des vins blancs renommés, des poissons savoureux et des huîtres fines de Bretagne. Sous la houlette du chef Antoine Westermann, le lieu continue de séduire par la qualité de sa cuisine, son aura de temple de la littérature et ses imposants murs clairs aux ornements de style rocaille.

 

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Les façades du Drouant sont rehaussées de lignes souples, de volutes et de cartouches aux fines découpures. Les fenêtres ont de beaux garde-corps en fer forgé.

 

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Des balconnets en encorbellement animent la structure générale par des jeux d'ouverture subtils et la fantaisie de leurs lignes courbes.

 

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A l'intérieur, les visiteurs admirent des bas-reliefs, un escalier en fer forgé et des glaces gravées qui datent des années 1920. Elles sont l'oeuvre du décorateur Jacques-Émile Ruhlmann (1879-1933). J'aurais aimé pouvoir les photographier...

 

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Image lesRestos.com

 

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Le restaurant Drouant accueillit, le 31 octobre 1914, la réunion des « Dix » de l'Académie Goncourt qui se retrouvaient « sans table » après la fermeture du Café de Paris. En ce lieu typique des charmes de la capitale se « mitonnent » depuis un siècle les prix littéraires, en souvenir des frères Goncourt : Edmond et Jules, liés par une passion commune.

 

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Le premier mardi de chaque mois, sauf en été, les académiciens déjeunent dans le salon Goncourt du premier étage.

 

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Le Prix Goncourt est décerné tous les ans au début du mois de novembre (l'attribution du premier prix Goncourt date de décembre 1903.) L'auteur désigné reçoit un chèque de dix euros mais surtout l'assurance d'un tirage très important et la reconnaissance de ses pairs. Le salon Goncourt est situé près du salon Renaudot où, depuis 1926, le jury décerne son prix le même jour et à la même heure que les «Dix».

 

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Les Goncourt : Edmond (1822-1896) et Jules (1830-1870).

 

L'amour fraternel des Goncourt fut à l'origine d'un curieux « prénom collectif », sorte de signature créatrice : « Juledmond ». Pendant la deuxième moitié du XIXe siècle, ces « mangeurs d'art » fréquentèrent le tout Paris.

 

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Leur Journal témoigne de l'intensité de leur relation, de leurs amours artistiques et du talent de Jules pour l'écriture. Après la mort de ce dernier, Edmond poursuivit les travaux littéraires engagés tout en menant ses activités de collectionneur.

 

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Inspiré par son grand-père Huot de Goncourt et sa mère, Annette Cécile Guérin, qui fréquentait le dimanche les antiquaires du Faubourg Saint-Antoine, il réhabilita le XVIIIe siècle dans le goût français et fut l'initiateur du Cercle des Japonisants.

 

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La grande vague de Kanagawa par Katsushika Hokusai (1760-1849), artiste polyvalent, maître de la peinture et du dessin. Il s'agit de la première estampe de la série des « Trente-six vues du mont Fuji ».

 

Edmond de Goncourt fut, par la publication de monographies consacrées aux maîtres de l'ukiyo-e, « peinture du monde éphémère » ou « images du monde flottant », l'un des tous premiers auteurs (si ce n'est le premier) à présenter au monde occidental les merveilles de cet art.

 

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Ne manquez pas de visiter, si l'occasion se présente, à deux pas de l'Opéra Garnier, la place Gaillon et sa jolie fontaine ainsi que le Drouant et ses pépites gustatives (sauf bien sûr en cas de remise de prix littéraire car l'accès est strictement réglementé et toute approche non accréditée impossible).

Le quartier regorge de petites places, de squares ombragés et de rues calmes qui contrastent avec l'effervescence régnant sur les Grands Boulevards. Alors bonne promenade !

 

Bibliographie

 

Amaury DUVAL: Les Fontaines de Paris, anciennes et nouvelles. Nouvelle édition, Paris: Bance aîné, 1828.

 

Guy LE HALLÉ: Histoire des fortifications de Paris. Paris: Horvath, 1995.

 

Pierre-Thomas-Nicolas HURTAUT: Dictionnaire historique de la ville de Paris et de ses environs. Paris : Moutard, 1779.

 

Adolphe JOANNE: Paris illustré. Paris: Hachette, 1863.

 

Pierre KJELLBERG: Le nouveau guide des statues de Paris. Paris: la Bibliothèque des Arts, 1988.

 

Théophile LAVALLÉE: Histoire de Paris depuis le temps des Gaulois jusqu'en 1850. Paris: Hetzel, 1852.

 

 

Je vous souhaite, ainsi qu'à vos proches, une excellente rentrée... Amicales pensées!

 

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Image trouvée sur le net, merci à la personne qui l'a créée et diffusée.

 

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #affiche, #annee, #espace, #paris, #plage

 

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Depuis le samedi 19 juillet, le long des quais de Seine et dans le cadre du bassin de la Villette, les promeneurs peuvent se réapproprier l'espace urbain, entre rêverie romantique, flânerie culturelle, loisirs et farniente. Il est possible d'en profiter jusqu'au dimanche 17 août 2014.

 

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La manifestation, qui connaît un franc succès depuis 2002, est rythmée par de nombreuses animations sportives et culturelles gratuites: bibliothèque éphémère Flammarion, terrains de pétanque et de beach-volley, espace baby foot, ateliers d'art plastique, cours de taï-chi, d'escrime et de fitness, séances de danse de salon, loisirs nautiques (…) et possibilité de se dorer au soleil sur la plage bordée par de grandes vagues de bois.

 

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A Paris Plages, chacun trouve aisément son espace. Il y a ceux qui apprécient de se « regrouper » et ceux qui -comme moi- préfèrent se mettre en retrait de la foule. J'aime y apporter mes carnets, laisser papillonner ma plume et vagabonder mon esprit. J'aime aussi lire en plein air, installée sous un parasol et savourer l'instant d'une sieste réparatrice. Alors je souris chaque fois que j'entends « ah je n'ose pas y aller car il y a trop de monde... » Tout dépend où l'on se place. On peut éviter la foule si on se donne la peine de marcher un peu plus loin...

 

Outre les activités proposées, l'occasion est bien trop belle de profiter des berges de la Seine vierges de tout véhicule à moteur et de contempler, d'une autre manière, la superbe architecture des ponts et des monuments de Paris.

 

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Vue sur le pont Marie, dont la première pierre fut posée à l'initiative de Christophe Marie, entrepreneur-général des ponts de France, le 11 décembre 1614... (L'étude de ce bel ouvrage n'est pas le propos de cet article.)

 

Chaque année, le retour de Paris Plages est illustré par une affiche. Celles que j'ai collectées (je ne les ai pas toutes) sont particulièrement réussies.

 

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Jacques de Loustal, romancier et auteur de bandes dessinées et de carnets de voyage est le créateur de l'affiche de l'été 2014. Son travail, élaboré à l’encre de chine, nous séduit par sa mise en œuvre à l’aquarelle, sa fraîcheur et sa vitalité.

 

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L'artiste a déclaré : « Je suis très sensible à l’eau et à l’architecture. En me promenant, j’ai fait quelques photos, puis j’ai commencé de petites esquisses. Il y a eu des dessins très graphiques, d’autres qui suggéraient seulement l’idée de Paris ou celle de la plage… Très vite m’est apparue l’histoire d’un petit piéton, le piéton de Paris, qui se promène le long des berges. »

 

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Ce petit piéton sait qu'il n'évolue pas sur une « vraie » plage mais qu'importe ! Il laisse les méchantes langues distiller leur venin et préfère se nourrir de la part d'imaginaire qui palpite en ces lieux.

 

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Part d'imaginaire qui se cultive si l'on sait préserver son âme d'enfant et apprécier ce temps privilégié où la ville se recrée. La respiration trop hâtive du reste de l'année s'apaise pour que nous puissions ressentir l'espace autrement, faire une pause chez le glacier en contemplant les ponts de Paris et la magnifique façade de la Conciergerie, nous rafraîchir au jardin des brumes, regarder les bateaux mouches, les péniches et les navettes fluviales tracer leur chemin d'écume à la surface des eaux chatoyantes, engager de ci de là une conversation sympathique et écouter chuchoter nos pensées. C'est un plaisir qui ne se boude pas.

 

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En 2013, le dessinateur de presse Kiraz, de son vrai nom Edmond Kirazian, célèbre pour ses Parisiennes au charme désinvolte et malicieux, a signé l'affiche de Paris Plages. Une exposition retraçant l'évolution de son travail s'est déroulée en 2008, au Musée Carnavalet.

 

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Nées dans les années 1950, ces Parisiennes piquantes se sont laissées admirer pendant près de vingt ans dans les pages du magazine Jours de France mais aussi dans Paris-Match, Elle, Marie-Claire... Elles continuent de prendre leurs aises dans les pages de la version américaine du magazine Playboy. La publicité leur a souvent fait les yeux doux.

 

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En 2011 et en 2012, la Ville de Paris a confié la réalisation des affiches au dessinateur François Avril qui est aussi plasticien, auteur de bandes dessinées et d'ouvrages pour enfants.

 

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Cet artisan du dessin, très prolifique, aime explorer différentes techniques et utiliser au gré de son inspiration les encres, l'acrylique, la mine de plomb ou les crayons de couleur.

 

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Son trait, minimaliste, est particulièrement accrocheur. Les couleurs sont douces, presque rêvées, et l'ensemble traduit une grande finesse d'exécution.

 

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En 2010, l'artiste peintre Michel Quarez, considéré comme le dernier grand affichiste français contemporain, a posé ses couleurs vitaminées et son trait d'une vitalité intense sur un fond bleu saphir.

 

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2009 a marqué un tournant dans le décor de Paris Plages avec un changement de mobilier et l'introduction d'une nouvelle gamme chromatique fondée sur un mélange de variations de bleu (azur, cobalt, turquoise) et de vert (anis, verveine, tilleul).

 

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En 2008, l'Agence Auditoire Images a créé cette affiche à la fois simple et poétique sur le thème des oriflammes bleus qui claquent et dansent au vent de Paris. Ornés d'un semis d'étoiles dorées, ils rappellent que la France a présidé l'Union Européenne pendant six mois. L'affiche rend aussi un hommage discret au film de Jacques Tati (1907-1982) : « Les vacances de Monsieur Hulot », 1953.

 

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A fleur d'eau et de ciel, on contemple les tours en poivrière qui rythment la majestueuse façade de la Conciergerie. Les tours jumelles datent du règne de Philippe le Bel (1268-1314) qui fit remodeler et agrandir le palais. La Tour de César, à gauche, fait référence à la présence romaine dans l'Île de la Cité et la Tour d'Argent, à droite, garde le souvenir du trésor royal. La tour isolée ou Tour Bonbec est la plus ancienne de l'édifice. Ses soubassements datent du règne de Saint-Louis (1214-1270) mais elle fut surhaussée au XVIe siècle et coiffée de sa tourelle conique. Elle abritait la sinistre salle où était pratiquée la question.

 

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J'apprécie à chaque promenade ces flammes de tissu en mouvement sans oublier le poétique arrière-plan sur les tours « coiffées » et la statue d'Henri IV qui veille au loin sur le Pont-Neuf.

 

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Paris Plages s'est encore développé en 2007 en investissant le bassin de la Villette. L'Été du Canal y bat actuellement son plein, à travers une myriade d'activités.

 

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En 2006, l'illustrateur Nicolas Tourette a réalisé l'affiche de Paris Plages sur le thème de la Polynésie. L'espace de promenade s'est agrandi d'un kilomètre cette année-là, la piscine Joséphine Baker a vu le jour et Paris-Plage est devenu Paris Plages, avec un « s » à la fin.

 

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Le nom Paris-Plages évoque la station balnéaire du Touquet-Paris-Plage, créée en 1882 par Alphonse Daloz (1800-1885) sur une idée d'Hippolyte de Villemessant (1810-1879), le fondateur du Figaro.

 

La mairie de Paris a lancé en 2002 « l’opération Paris-Plage » pour offrir aux parisiens et aux franciliens qui ne partent pas en vacances l'opportunité de profiter des bords de Seine. Elle a déposé l’appellation « Paris-Plage » et intenté un procès à la commune du Touquet pour que celle-ci ne puisse pas exploiter commercialement l'appellation Paris-Plage.

 

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Mais la mairie de Paris a été déboutée en 2006 et a dû ajouter un « s » au nom Paris-Plage. Elle a profité de l'occasion pour ouvrir une nouvelle « plage », sur la rive gauche, face à la Bibliothèque Nationale.

 

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Loin des querelles de sable et de clochers, Paris Plages, lieu de villégiature éphémère, suscite chaque année l'adhésion de plusieurs millions de visiteurs. Depuis sa création en 2002 et pour la treizième année consécutive, c'est une vraie réussite et un plaisir bon enfant. Très fréquenté certes mais cependant peuplé de petits coins intimistes que j'évoquais au début de mon article...

 

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Mon blog tourne au ralenti mais je ne vous oublie pas. Je vous remercie de votre fidélité et je vous souhaite un excellent mois d'août. Bises amicales !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #fut, #jardin, #lieu, #saison, #tuileries

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 Aux Tuileries, les saisons forment ronde autour des arbres, des sculptures et des parterres fleuris et deux fois dans l'année, la Grande Roue se déploie, à l'assaut des nuages et du ciel de Paris. On la découvre, scintillante, Place de la Concorde, pour les fêtes de fin d'année et l'été, elle se dresse face aux arcades de la rue de Rivoli. En cette période de vacances et jusqu'au dimanche 24 août 2014, elle domine, depuis l'un des plus beaux endroits de la capitale, une fête foraine qui fait le bonheur des petits et des grands.

 

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On dit que le Jardin des Tuileries est rempli d'ombres vaporeuses qui chuchotent, tout au long de l'année, sous les grands marronniers. Elles ont des noms célèbres ou confidentiels, elles accompagnent en secret les promeneurs qui arpentent les allées du plus grand jardin à la française de Paris et ont insufflé, au cours des siècles, leur vision de l'art du paysage à cet espace protéiforme et prestigieux.

 

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Il y eut Catherine de Médicis (1519-1589) qui décida de quitter l'hôtel des Tournelles, après la mort accidentelle de son époux Henri II, le 10 juillet 1559. Elle fit construire un palais, entre 1564 et 1578, par les architectes Philibert Delorme et Jean Bullant, là où s'étendaient, depuis le XIIIe siècle, les « vieilles tuileries », domaine des potiers, des céramistes et des tuiliers installés en bordure de Seine. Mais le jardin prit forme dès 1563, sous la houlette du florentin Bernard de Carnesse, et en 1570 on pouvait admirer un somptueux espace à l'italienne décoré de fontaines, d'un labyrinthe et de petits bâtiments pittoresques appelés « fabriques ». La plus célèbre de ces fabriques était une grotte ornée de motifs naturalistes en terre cuite émaillée, réalisée par Bernard Palissy. (Je reviendrai sur cette période de l'histoire du jardin, après la rentrée, dans une série d'articles consacrés au Louvre et aux Tuileries.)

 

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Il y eut André le Nôtre (1613-1700), petit-fils de Pierre le Nôtre (architecte de Catherine de Médicis), que Louis XIV et Colbert ont chargé, à partir de 1664, de redessiner le jardin en créant une subtile alchimie entre le château, ses dépendances et les espaces verts. Naissent alors les perspectives des allées et de luxuriants parterres. Les terrasses se développent et les plantations de cyprès, de sapins et d'ifs se succèdent mais le jardin est dépourvu de statues, ce qui contraste fortement avec la vision que nous en avons aujourd'hui. (Je publierai, après la rentrée, mes travaux sur le sujet.)

 

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La chronologie historique et artistique des Tuileries est d'une richesse infinie. Après l'empreinte de Catherine de Médicis et celles de Louis XIV et d'André le Nôtre, il y eut les modifications « mondaines » du XVIIIe siècle et l'avènement du jardin théâtralisé qui accueillit, à l'initiative des Bâtiments du Roi, des groupes sculptés provenant de Versailles et de Marly. Les premières installations eurent lieu entre 1716 et 1717. Elles se poursuivirent pendant des décennies. Puis survinrent les affres de la Révolution et la fin de l'Ancien Régime mais les aménagements républicains comprirent le transfert de nouvelles statues issues des principaux domaines royaux (Fontainebleau, Versailles, Marly...).

 

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Le jardin ne cessa de pulser au rythme frénétique de l'Histoire et des confidences murmurées sous les grands arbres ou dans les loges de verdure. Il servit ensuite les desseins fastueux de Napoléon Bonaparte (1769-1821) qui s'installa aux Tuileries le 19 février 1800.

 

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Sous la Restauration (1814-1830), il devint la promenade préférée des Parisiens qui venaient y contempler des entrées somptuaires et des défilés militaires. Il subit au fil du temps de nombreuses déprédations mais heureusement, aimé de la population, il fut maintes fois réaménagé.

 

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Tableau du peintre néerlandais Siebe Johannes Ten Cate (1858-1908).

 

Après la destruction du palais, pendant la Commune, dans la soirée du 23 mai 1871, le jardin fut dominé, pendant une douzaine d'années, par les vestiges calcinés des façades mais sa situation exceptionnelle au cœur de Paris et l'engouement populaire qu'il suscitait favorisèrent sa remise en état. Il s'impose aujourd'hui comme un lieu privilégié de villégiature et un musée à ciel ouvert qui exalte la sculpture classique tout en offrant une place de choix à l'art contemporain.

 

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(Vue sur les orangers, le Grand Bassin et le haut des arcades de la rue de Rivoli.)

 

De tout cela, je vous reparlerai abondamment après les vacances. Pour le moment, je vous laisse admirer les statues des saisons qui se dressent, un brin rêveuses, à l'orée de la grande allée.

 

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Les Termes des Saisons

 

En 1722, la partie occidentale du grand bassin fut décorée de trois termes de marbre représentant les Saisons. Il s'agissait de Pomone, appelée aussi Flore ou le Printemps et réalisée en 1696 par François Barois, de Vertumne ou l’Automne, également sculpté par François Barois, et de l’Hiver, œuvre de Jean Raon datant de 1712. Le quatrième terme, intitulé Cérès ou l’É, fut ciselé par Guillaume Coustou en 1726 et installé en 1735.

 

Un « terme » est un buste de femme ou d'homme, dont la partie inférieure se termine en gaine, et qui sert d'ornement dans les jardins.

 

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Les blanches silhouettes visibles au fond de l'image sont celles des termes qui voisinent avec des statues de héros et d'héroïnes de l'Antiquité.

 

Le Printemps

 

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On dit que Pomone, la déesse des fruits, est pure grâce et pensées embaumées.

 

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Sa beauté attira Vertumne, le dieu de l'Automne, qui multiplia les efforts et les ruses pour la séduire (tempérament de déesse oblige...). Je m'arrête là dans mes explications. Je réserve au thème des amours de Pomone et Vertumne, très important dans l'histoire de l'art, un article à part.

 

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A l'instar de Flore, avec qui elle est parfois confondue, Pomone veille sur les bourgeons gorgés de sucre et de lumière.

 

 

L'É

 

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Cérès, la déesse latine de l'agriculture et des moissons, est couronnée de blé mûr. Assimilée à la déesse grecque Déméter, elle apprit aux hommes à cultiver les céréales et fut très longtemps invoquée pour protéger les récoltes, faire croître la végétation et attirer la fécondité sur les foyers. Sa fleur symbolique est le pavot.

 

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L'Automne

 

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Il n'est pas représenté ici par Dionysos ou Bacchus, le dieu de la vigne et de l'ivresse initiatique mais par Vertumne, le dieu des vergers, maître des métamorphoses et profondément épris de la belle Pomone. (Comme je l'ai écrit plus haut, je consacrerai un article à leurs truculentes et romantiques amours.)

 

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L'Hiver

 

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Ce terme, probablement commandé pour le parc de Versailles, fut commencé par le sculpteur Jean Raon et achevé en 1712 par son fils Jean-Melchior. Il fut placé à proximité du bassin occidental du jardin des Tuileries en 1722. Le marbre original fut remplacé par un moulage en 1993. Il est actuellement visible au musée du Louvre.

 

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L'hiver, c'est le vieux Saturne, barbu et imperturbable...

 

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Maître du temps, de ses mystères et de ses exigences, Saturne se nourrit de soleil, nous rappelant qu'aux Tuileries, lieu pourtant chargé de tant d'histoires et d'évènements dramatiques, nous sommes loin du temps chronophage car la flamme de l'instant savouré réchauffe, à toute saison, les cœurs et les âmes.

 

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Chaque saison est indissociable de celle qui la suit et de celle qui la précède. Nous prenons place dans cette ronde, guidés par nos expériences et notre ressenti, comme le murmurent ces statues érodées par les âges mais résistant à l'oubli, témoins de nos émotions de passage et réceptacles de nos pensées vagabondes...

 

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Le Jardin des Tuileries se livre à notre contemplation tout au long de l'année et la magie du lieu nous invite à constamment le redécouvrir.

 

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Je termine cette promenade avec les mots de Boileau (1636-1711) qui exaltent la connaissance du temps, de sa nature secrète, de son âpreté et de ses voluptés qui toujours se renouvellent.

 

« Jeune et tendre arbrisseau, l'espoir de mon verger,

Fertile nourrisson de Vertumne et de Flore

Des faveurs de l'hiver redoutez le danger,

Et retenez les fleurs qui se pressent d'éclore

Séduites par l'éclat d'un beau jour passager.

 

Imitez la sage anémone

Craignez Borée et ses retours

Attendez que Flore et Pomone

Vous puissent prêter leur secours

 

Philomène est toujours muette (Philomène est la figure du rossignol personnifié.)

Progné craint de nouveaux frissons (Progné est l'hirondelle.)

Et la timide violette

Se cache encore sous les gazons.

 

Imitez la sage anémone

Craignez Borée et ses retours

Attendez que Flore et Pomone

Vous puissent prêter leur secours

 

Soleil, père de la nature

Viens répandre en ces lieux tes fécondes chaleurs

Dissipe les frimas, écarte les froidures

Qui brûle nos fruits et nos fleurs

Cérès plein d'impatience

N'attend que ton retour pour enrichir nos bords

Et sur ta fertile présence

Bacchus fonde l'espoir de ses nouveaux trésors.

 

Les lieux d'où tu prend ta course,

virent ses premiers combats

Mais loin des climats de l'ourse

Il porta toujours ses pas.

 

Quand ses amours favorables

voulurent le rendre heureux,

Ce fut sur des bords aimables

Qu'échauffaient tes plus doux feux

 

Les lieux d'où tu prend ta course,

virent ses premiers combats

Mais loin des climats de l'ourse

Il porta toujours ses pas. »

 

Nicolas Boileau, « Sur un arbrisseau »

 

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Merci pour vos gentils petits mots, bonnes vacances et gros bisous !

 

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #bonne, #fete, #feu, #juillet, #vacances

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 Voici la fin des examens, les grandes vacances, le 14 juillet et la période des bals populaires... L'été tarde à nous offrir ses rutilances mais quand elles s'épanouiront, elles n'en seront que plus appréciées.

 

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Dans la nuit du 14 juillet 2014, la tour Eiffel dévoilera son panache d'or et se livrera, plus belle encore, dans une tempête de feu qui fera crépiter mille couleurs au-dessus de Paris.

 

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Photo Nyhabitat.com

 

L'année dernière, l'impressionnant spectacle pyrotechnique a illustré la devise de la République : « Liberté, Égalité, Fraternité »... à méditer en des temps de trouble et de défiance... mais revenons à l'esprit de la fête...

 

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 Cette année, le feu d’artifice sera tiré à 23h depuis la tour sur le thème « Guerre et paix », dans un contexte de commémoration, celui du Centenaire de la Première Guerre mondiale. Le spectacle, prévu pour durer 35 minutes, mêlera musique solennelle et tableaux pyrotechniques destinés à célébrer l'énergie des combattants, à rendre hommage aux victimes, à exalter la paix et à saluer l'élan de solidarité qui initia la reconstruction de la France.

 

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France Télévisions diffusera en direct le feu d'artifice, après le grand concert de musique classique, organisé au Champ de Mars, à partir de 21h30.

 

Bien sûr, les feux du 14 juillet ne scintilleront pas que dans le ciel de Paris. Nombre de villes et de villages illumineront la nuit alors bravo à tous ceux qui se donnent du mal pour offrir du bonheur en étincelles et que la ferveur populaire soit au rendez-vous, comme pour le défilé militaire sur les Champs-Élysées.

 

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Je vous souhaite, ami(e)s lectrices, lecteurs, un délicieux été, en vous remerciant de votre gentillesse et de votre fidélité. Régalez-vous de toutes les brindilles de bonheur, suaves et ensoleillées, qui se manifestent au quotidien.

 

Mes pensées vous accompagnent ainsi que les personnes qui ne partent pas en vacances et qui sont encore plus confrontées à la solitude et à la souffrance que pendant le reste de l'année. Gros bisous...

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #feu, #jean, #nuit, #saint, #soleil

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John Simmons (1823-1876), Ici vit Titania, 1872.

 

Sous un voile luminescent, dans une clairière où s'épanouit la magie des anciens mondes, évolue Titania, l'un des esprits féeriques les plus sensuels et fascinants du folklore anglo-saxon. Reine du Petit Peuple et ambivalente héroïne du Songe d'une nuit d'été de William Shakespeare (1564-1616), elle incarne le mystère de la plus longue nuit de l'année, celle du solstice d'été ou fête du soleil purificateur et fécondant.

 

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Edward Robert Hughes (1851-1914), Midsummer Eve, 1908, préraphaélisme.

 

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Le solstice d'été fut célébré dans toute l'Europe pré-chrétienne (mais aussi par les peuples amérindiens) et « christianisé », du moins en apparence, en nuit de la Saint-Jean. Toujours vivantes dans les pays baltes, les territoires scandinaves et dans plusieurs régions de France et d'Europe, les festivités se déroulent entre le 21 et le 25 juin. Elles évoquent les « esprits brûlants », ceux des feux sauvages qui jaillissent dans l'obscurité de la nuit, les êtres intermédiaires et les divinités du paganisme, à l'instar de Janus Bifrons, le dieu romain des portes, des seuils et des passages.

 

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Le pendant de la Saint-Jean d'été (Saint Jean-Baptiste) est la Saint-Jean d'hiver (Saint Jean-l'Évangéliste), fêtée le 27 décembre. Ces deux fêtes marquent la résurgence d'une mémoire archaïque, indispensable pour assurer la compréhension des cycles du Temps.

 

Parèdre de Vesta, la déesse du feu, du foyer, des villes et de la terre profonde dont les célébrations se déroulaient vers la mi-juin, Janus, le maître des clefs, veille sur le feu sacré et les mystérieux passages guidant l'initié à travers les deux portes solsticiales. Il est celui qui règne sur la « Voie des Dieux » et les chemins initiatiques de l'année.

 

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Sous son obédience, le feu déploie sa crinière d'or qui symbolise le soleil régénéré, sortilège de puissance.

 

Au solstice d'été, les peuples anciens rendaient hommage au Soleil, le maître des moissons passées, présentes et futures. Les célébrants actuels perpétuent les gestes associés à cette magie de la terre et du ciel, à la fois intime et collective.

 

La nature est à l'apogée de sa puissance. On célèbre le soleil à son zénith tout en prenant conscience de son déclin. Comme les jours raccourcissent après la nuit de Midsummer (appelée aussi Litha, Alban Hefin, Adonia, Jani, Kupala...), les rituels pré-chrétiens du solstice d'été incluaient un combat symbolique entre le dieu du chêne (maître de l'année croissante) et le dieu du houx (maître de l'année décroissante). Ce dernier remportait la victoire et régnait sur les forces de l'année jusqu'au solstice d'hiver (Yule).

 

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La roue de l'année

 

Dans la tradition celtique, le feu s'élève à partir de sept essences considérées comme sacrées : le chêne, le hêtre, le bouleau, le pin, le frêne, l'orme et le tremble. Autour du bûcher de Midsummer, se dressent neuf pierres spiralées, imprégnées de la magie des éléments. Les jeunes filles en font le tour, une baguette d'orpin à la main. Les garçons portent des torches et certains d'entre eux, choisis pour la circonstance, aident les jeunes filles à « chevaucher le feu » quand elles ont fini de danser autour des pierres gardiennes.

 

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La veille du Solstice est appelée « Jour des Herbes ». Herbes et fleurs sont tressées en couronnes, en guirlandes, entrelacées pour former des bouquets dont les vertus guérisseuses et protectrices sont réputées optimales. Les femmes parent leur chevelure avec des couronnes parfumées, les hommes avec des guirlandes de feuilles de chêne.

 

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Goutte de soleil en suspension dans une gangue brillante, l'ambre possède une valeur sacrée, très recherchée à la période du solstice d'été.

 

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De même qu'à Samhain (31 octobre) et à Beltane (30 mai), le voile entre les mondes s'affine à Midsummer. Les légendes relatent qu'on peut apercevoir des représentants du Petit Peuple sur les chemins et que les esprits des défunts traversent plus facilement la frontière qui les sépare des vivants. Les grimoires murmurent aussi que si l'on piétine du millepertuis le soir de Litha, on se retrouvera happé au pays des fées...

 

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Sir Joseph Noël Paton (1821-1901), artiste écossais préraphaélite. « The Fairy raid : carrying off a changling-Midsummer eve », 1867. Kelvingrove art gallery and museum, Glasgow.

 

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Sir Joseph Noël Paton : Elfes et Fées.

 

Si le 21 juin est aussi la fête de la musique, ce n'est pas un hasard... La musique a toujours accompagné les célébrations du solstice en créant une ivresse enchantée, à l'instar des mouvements du feu, et en ouvrant les portes d'un cycle incantatoire qui rend hommage au soleil et à son avatar, la flamme, divinisée depuis l'aube des temps.

 

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Dante Gabriel Rossetti (1828-1882), Préraphaélisme, « Le Charme de la Mer ».

 

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Charles Cottet (1863-1925), Les feux de la Saint-Jean, 1901.

 

Dans l'Europe chrétienne, le 24 juin, on célébrait autrefois « Monsieur Jean. » On le célèbre encore sur les places des villages, dans les clairières et les lieux élevés, lieux de rencontre privilégiés entre le ciel et la terre : collines, rochers, montagnes, promontoires naturels ou taillés par la main de l'Homme.

 

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Édition du 30 juin 1912 du Petit Journal, quotidien parisien fondé en 1863 par Moïse Polydore Millaud (1813-1871).

 

Dans les campagnes, comme à Noël et à Pâques, les enfants accomplissaient une tournée de quête pour récolter l'aumône nécessaire à l'élaboration de la fête et des feux. Aux dires des Anciens, conteurs et folkloristes, les feux qui s'allumaient à la tombée du soir se multipliaient sous les vivats de la foule et la terre vibrait d'une clameur que rien ne semblait pouvoir éteindre. Elle devenait le miroir du ciel étoilé dont elle happait les « clartés supérieures » pour en diriger la puissance vers les champs à féconder.

 

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Les jeunes filles dansaient autour des grands bûchers. Si elles se rendaient auprès de neuf feux pendant la nuit de la Saint-Jean, elles étaient censées se marier dans l'année.

 

Afin de protéger les troupeaux contre les maléfices et des maladies, les paysans faisaient sauter les animaux par-dessus les braises rougeoyantes.

 

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Dans plusieurs régions de France, comme en Bretagne et en Corse, on conservait un tison du feu de Saint-Jean que l'on plaçait dans un coffret, avec une part du gâteau des Rois et un morceau de buis bénit le dimanche des Rameaux, pour repousser les orages violents.

 

L'expression « Il est allé ramasser un charbon de Saint-Jean » désignait une personne qui se couchait tard dans la nuit. Les charbons de Saint-Jean possédaient, dans l'esprit des populations, des propriétés magiques. En Bretagne, un charbon recueilli dans les cendres du tantad, le feu de joie, était censé protéger l'habitation contre les incendies, les orages violents et la foudre. Les vieux ouvrages rapportent « qu’en balançant les nouveau-nés devant la flamme de trois tantads, on les gardait à tout jamais contre le mal de la peur. ».

 

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Roses de Simon Saint-Jean (1808-1860).

 

On suspendait au sommet des bûchers de Saint-Jean des guirlandes de fleurs, et notamment des roses, dotées de pouvoirs apotropaïques (qui détournent les maux). On faisait danser les lumières, virevolter les tisons et les brindilles enflammées. De longs rubans rougeoyants formaient dans les vergers et les champs une chorégraphie sacrée. Les fiancés passaient entre deux rangées de torches dressées pour attirer la protection et la prospérité sur leur union future.

 

On élisait une reine et un roi de la Jeunesse que l'on parait de fleurs sauvages et de feuilles de chêne. Entourés de chanteurs et de danseurs itinérants, ils sautaient par-dessus les braises du plus grand feu.

 

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A Paris, sous l'Ancien Régime, la foule assistait à l'allumage du feu de la Saint-Jean sur la place de Grève (actuelle place de l'Hôtel de Ville) par le roi de France accompagné de sa cour. Philippe Walter, dans son ouvrage intitulé Mythologie chrétienne : Fêtes, rites et mythes du Moyen Âge, nous précise que « Louis XI, Henri II et Louis XIV respectèrent cet usage. » Ils ne furent pas les seuls.

 

« Au milieu de la place de Grève était placé un arbre de soixante pieds de hauteur, hérissé de traverses de bois auxquelles on attacha cinq cents bourrées et deux cents cotrets ; au pied étaient entassées dix voies de gros bois et beaucoup de paille. Cent vingt archers de la ville, cent arbalétriers, cent arquebusiers, y assistaient pour contenir le peuple. Les joueurs d’instruments, notamment ceux que l’on qualifiait de grande bande, sept trompettes sonnantes, accrurent le bruit de la solennité. Les magistrats de la ville, prévôt des marchands et échevins, portant des torches de cire jaune, s’avancèrent vers l’arbre entouré de bûches et de fagots, présentèrent au roi une torche de cire blanche, garnie de deux poignées de velours rouge ; et Sa Majesté, (le roi Charles IX), armée de cette torche, vint gravement allumer le feu. » Jacques-Antoine Dulaure, Histoire physique, civile et morale de Paris depuis les premiers temps historiques jusqu'à nos jours. Paris, Guillaume,‎ 1829.

 

Louis XIV fut le dernier monarque à allumer le feu de la Saint-Jean. Le prévôt des marchands et les échevins s'acquittèrent ensuite de cette tâche.

 

Dans les Vosges, dans le Poitou, en Moselle, etc... on enflammait une roue de charrette entourée de paille avec un cierge en cire d'abeille. La roue brûlante et dorée, image du soleil en mouvement, était promenée dans la campagne afin de fertiliser les champs, d'accroître la vigueur sexuelle des animaux qui l'approchaient et d'attirer les énergies bienfaisantes sur les couples qui renouvelaient leurs vœux ou qui s'étaient formés dans l'année. Cette tradition de la roue enflammée, réminiscence de cultes druidiques, fut également vivace en Allemagne et dans les Pays Nordiques. Elle existe toujours.

 

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Dans les cultes druidiques, on allumait des « roues solaires » le long des voies sacrées. Ces roues qui embrasaient le paysage jusqu'à l'horizon célébraient Teutatès, le père du feu, protecteur des enfants nés dans l'année.

 

Les célébrations joyeuses de la Saint-Jean évoquent d'anciens rites d'exorcisme, associés à des sacrifices d'animaux de grande ampleur. On enfermait des animaux vivants, jugés nuisibles, dans des sacs de toile, et on les brûlait vifs pour éloigner les maladies et les créatures maléfiques. Ainsi, de nombreux chats, des renards, des serpents, des crapauds, des rongeurs, des oiseaux et même des ours payèrent, au milieu des festivités, un lourd tribut.

 

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Victimes des superstitions et des peurs irrépressibles, les chats noirs furent les victimes expiatoires les plus recherchées. Sur de nombreuses places de village, la coutume voulait que treize chats noirs, censés incarner Lucifer et ses meilleurs lieutenants, brûlent chaque année dans le feu de Saint-Jean.

 

Mon papa m'a raconté qu'il avait caché, entre 1936 et 1938, avec son frère et d'autres enfants, autant de chats que possible dans le grenier familial au moment de la Saint-Jean. Près de Tarbes, dans les Hautes-Pyrénées, les pauvres félins continuaient d'être jetés dans les réminiscences des feux de joie. Un jour, un voisin a voulu battre mon père et son frère pour récupérer les chats. Mon grand-père s'en est mêlé, d'autres voisins ont ajouté leur grain de sel, certains en faveur des enfants, les autres non et une partie du village a failli se bagarrer violemment... Cette histoire de chats et la cruauté de gens qui, n'hésiteraient pas, j'en suis persuadée, à balancer dans le feu un enfant ou un adulte si ça devait servir leurs intérêts, les a profondément marqués. Mon père, mon oncle, mon grand-père me l'ont racontée comme ils m'ont raconté la guerre et les souffrances vécues. Mon grand-père pensait qu'être incapable d'empathie envers les animaux, ne pas s'interroger sur leurs souffrances était la porte ouverte aux pires cruautés envers toute espèce vivante.

 

Combien de chats et d'animaux sauvages ou domestiques périrent dans les flammes au fil des siècles ? Nul ne le sait mais on peut lire dans les registres de la ville de Paris: « Payé à Lucas Pommereux, l’un des commissaires des quais de la ville, cent sous parisis pour avoir fourni, durant trois années finies à la Saint-Jean 1573, tous les chats qu’il falloit audit feu, comme de coutume, et même pour avoir fourni, il y a un an où le roi y assista, un renard pour donner plaisir à Sa Majesté, et pour avoir fourni un grand sac de toile où estoient lesdits chats. » Et quand le roi y assistait, on ajoutait aux chats des animaux plus sauvages : « ours, loup, renard, dont l’autodafé constituait un divertissement de haut goût ». Les cendres des animaux étaient aussi censées faire fuir les revenants et les êtres féeriques.

 

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John Simmons (1823-1876) : détail de l'oeuvre intitulée « Hermia et Lysandre » (extrait du Songe d'une nuit d'été).

 

Entretenue par les sermons de l'Église, la peur des populations se cristallisait autour de « l'élément sauvage » et la nécessité de combattre une myriade d'êtres réputés malfaisants au moment de la Saint-Jean. On craignait les dragons, à la voracité sans limites et propagateurs d'un feu incontrôlable, les loups verts, sortes de loups-garous à la peau couleur de feuillage, les chats démons, les sorcières cannibales ou métamorphosées en diverses créatures qui tenaient sabbat sur les montagnes, les bêtes rousses aux griffes acérées et les âmes errantes, susceptibles de venir demander des comptes aux vivants. L'Église faisait tout pour lutter contre les souvenirs du paganisme, encore puissamment ancrés dans la géographie magique des terroirs et l'inconscient collectif mais cela ne fonctionna pas... La féerie n'a jamais cessé de chuchoter à l'oreille de ceux qui écoutent plus avant et refusent de se laisser enfermer dans un cercle d'hypocrisie et de paranoïa.

 

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John Simmons, Le songe d'une nuit d'été, 1866.

 

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Jules Breton (1827-1906), Les feux de la Saint-Jean, 1891.

 

L'Église diabolisa également la danse, accusée de stimuler « les humeurs bestiales » du corps, de provoquer des avortements spontanés et de favoriser la venue des démons sur la terre. De nombreux ecclésiastiques dénoncèrent au moment de la Saint-Jean ces élans du corps qui aboutissaient (forcément) à des phénomènes de possession collective et au « mal Saint-Jean » : une forme d'épilepsie proche de la danse de Saint-Guy ou de Saint-Vit. Mais les populations continuèrent de virevolter autour des feux crépitants. Les jeunes et les moins jeunes chantèrent et dansèrent, unis par une ivresse sacrée proche de celle des Bacchanales de l'Antiquité.

 

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« Le solstice d'été apparaît dans les rites médiévaux comme une période particulièrement dangereuse et fatidique. A milieu du VIIe siècle, une Vie de Saint-Éloi dénonce tous ceux qui, à la fête de la Saint-Jean, « célèbrent les solstices et se livrent à des danses tournantes ou sautantes, à des caroles ou à des chants diaboliques. » Ces interdictions laissent penser qu'au VIIe siècle de tels actes étaient fort répandus et que l'Église cherchait à les faire disparaître définitivement. Elle eut certainement beaucoup de mal pour atteindre son but si l'on en croit la chronique. » (Philippe Walter, Mythologie chrétienne, P. 153.).

 

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La pierre Fritte de Brunoy, dans l'Essonne, auprès de laquelle se déroulaient des cultes druidiques solaires.

 

L'Église s'efforça aussi de lutter, sans succès, contre les pèlerinages effectués près des vieilles pierres, le soir du solstice d'été ou pendant la nuit de la Saint-Jean. Elle maudit les concrétions minérales, les sources et les arbres sacrés à l'époque celtique mais de nombreuses personnes continuèrent de vénérer ces témoignages « vivants » des pratiques spirituelles de leurs ancêtres. La mémoire archaïque survécut, de même que les divinités de la fécondité et les rochers aux noms évocateurs.

 

Dans plusieurs régions de France (Bretagne, Normandie, Auvergne...), on laissait des offrandes près de grandes pierres plates appelées « pierres aux Mânes » sur lesquelles venaient s'asseoir les âmes des défunts de l'année. On allumait un feu entre ces pierres et quand le feu s'éteignait, les braises recueillies étaient précieusement conservées car elles avaient la réputation de guérir la fièvre, de protéger de l'orage, de repousser les bêtes enragées et d'attirer la prospérité sur les foyers.

 

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L'eau est aussi sacrée que le feu au moment du solstice d'été. Système circulatoire en mouvement constant, intimement associée aux pouvoirs de la Terre-Mère, elle est un passage vers le monde des esprits.

 

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Ivan Ivanovitch Sokolov (1823-1918), les feux de Kupala (Saint-Jean slave) sur la rivière.

 

L'eau a nourri les « herbes de la Saint-Jean » qui ont fait l'objet de nombreux récits mentionnant leurs vertus légendaires, leurs pouvoirs mystérieux et leur force protectrice. Il fallait les cueillir avant le lever du soleil pour conserver la rosée ou « eau de longue vie » déposée pendant la nuit sur les feuilles et les fleurs. Verveine, millepertuis, armoise, fenouil, menthes, fougères... avaient la réputation de chasser les démons, de guérir la fièvre et d'annihiler le pouvoir mortifère des plantes vénéneuses.

 

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La Saint-Jean actuelle tisse, entre les croyances d'autrefois et la modernité, un lien riche d'enseignement. En Espagne, on pratique toujours la coutume du « bouquet protecteur ». Elle consiste à cueillir, le soir du 23 juin, du romarin, du fenouil, de la mauve, des feuilles de fougère mâle, des roses sauvages, de la menthe et du millepertuis afin de composer un bouquet qui passera la nuit dans un vase posé sur le rebord de la fenêtre. Le matin du 24 juin, on se nettoie le visage avec l'eau aromatique et on suspend le bouquet derrière la porte de l'habitation pour repousser les sorcières, les voleurs et les personnes jalouses.

 

Le soir de la Saint-Jean, au coucher du soleil, on allume les feux (cacharelas, en Galice) destinés à absorber les esprits malveillants et à dissiper l'influence des meigas (les fées malfaisantes). On mange des sardines grillées sur des braises, accompagnées de pain de maïs (boroa) et de vin rouge. On boit aussi la «Queimada», boisson galicienne typique réalisée avec de l’eau-de-vie et du sucre, mélangés dans un récipient en terre cuite où macèrent des écorces de citron et d’orange, du café très noir et/ou du vin rouge. Tout en récitant des conjurations devant le feu, on enflamme cette boisson qui signifie « brûlée ».

 

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Image www.estaentumundo.com

 

En Catalogne, le 23 juin, on honore une flamme qui brûle toute l’année dans une lampe accrochée au Castillet (le Musée Catalan des Arts et Traditions Populaires) à Perpignan. La flamme « sacrée » est régénérée avec des fagots de sarments de vigne et hissée au sommet du pic du Canigou, la montagne sacrée des Catalans (2784, 66 m). Elle est ensuite propagée dans les villages environnants et apportée jusqu'en Provence en témoignage de paix et d’amitié.

 

Le « bouquet de Saint-Jean » se compose en Catalogne de quatre végétaux (noyer, millepertuis, immortelle, orpin) cueillis le matin du 23 juin. Accroché aux portes de l'habitation, le bouquet est réputé attirer le bonheur et la chance. Le soir de la St Jean, des petits bouquets décorés d'un ruban rouge et or sont vendus aux personnes qui participent à la fête.

 

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En Bretagne, la Saint-Jean est accompagnée du fameux fest-noz ou « fête de nuit », manifestation folklorique classée par l'UNESCO, depuis le 5 décembre 2012, au Patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

 

Les couronnes de fleurs accrochées au sommet du bûcher revêtaient jadis une importance très particulière. Elles étaient considérées comme des talismans contre les maladies du corps et les souffrances de l’âme. Les jeunes filles les suspendaient à leur poitrine avec une tresse de laine rouge, utilisée pour apaiser les migraines et les douleurs nerveuses.

 

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Grands bûchers pyramidaux ou petits bûchers composés de fagots secs, de sarments de vigne et de bois aromatiques, les feux de la Saint-Jean attirent autour d'eux des ombres dansantes et des silhouettes colorées, joyeux fantômes qui s'éparpillent en rondes facétieuses.

 

En Alsace et dans les vallées vosgiennes, des bûchers appelés « fackel » sont érigés sur les hauteurs. Ces monuments de bois à l'esthétique très travaillée sont érigés autour d'un mât en sapin. Il y a deux « fackel »  par célébration : un grand et un petit sur lequel le grand semble veiller. Le petit est allumé en premier. L'allumage du grand s'accompagne d'un bal et de feux d’artifice.

 

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Le bûcher de la Saint-Jean dans la vallée de la Thur (Vosges). Photo Daniel Nussbaum.

 

Ces constructions que l'on appelle aussi chavandes sont liées au culte de Belenos, le dieu gaulois du soleil.

 

Tant de villages de France et d'Europe célèbrent la Saint-Jean qu'il faudrait écrire un très gros ouvrage pour en faire la liste.

 

En Belgique, dans la ville de Mons, la tradition du feu de la Saint-Jean a pu renaître de ses cendres en 1990, après plus de cent cinquante ans de « sommeil », grâce à la mobilisation de la population. Les festivités sont rythmées par une traversée de la ville aux flambeaux et le boutage (allumage) du feu sur la Place Nervienne. Elles se dérouleront cette année les 27 et 28 juin. A Bergues (Flandre), la Saint-Jean est toujours célébrée le dernier samedi du mois de Juin.

 

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Au Québec, la Saint-Jean désigne la fête nationale. Au début du XVIIe siècle, les Français apportèrent en « Nouvelle-France » les coutumes du « feu d'été ». En 1908, Saint Jean-Baptiste devient le patron du Canada français sur décision du pape Pie X et en 1925, le 24 juin fut institué comme jour férié. En 1977, la Saint Jean d'été devint officiellement la fête nationale du Québec.

 

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Ivan Ivanovich Sokolov, Kupala, 1856.

 

Les peuples slaves continuent de célébrer « Kupala », ou « Ivan Kupala », la nuit de la Saint-Jean, sous l'obédience des Ancêtres. Ils honorent le feu et l'eau, le soleil et la lune, le ciel et la terre et ceux qui leur ont octroyé du lait, des fruits et des troupeaux abondants. Ils prient pour les moissons futures. Pendant la nuit de Kupala, on échange aussi des cadeaux et des promesses d'amour. En Russie, en Ukraine, en Pologne, en Biélorussie, etc... la Saint-Jean d'été est en quelque sorte assimilée à la Saint-Valentin. En Finlande et en Lituanie, c'est un jour férié et une fête très importante pour la cohésion sociale.

 

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Autour des brasiers qui font palpiter leurs crinières d'étoiles et de feux follets, on salue le règne de Kupala, la déesse slave des herbes, de la magie, de l'amour charnel et du solstice d'été. (La Déesse, peinte en 1897 par Wojciech Gerson (1831-1901), artiste et historien d'art polonais.).

 

En Russie, en Pologne, en Lettonie, en Estonie, en Islande... on danse autour d'un poteau qui symbolise l'Arbre de Vie. On se baigne dans les rivières. Les jeunes filles, vêtues de blanc, laissent glisser des fleurs blanches, des couronnes de fleurs sauvages et des petites bougies à la surface de l'eau.

 

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Image trouvée sur le net, j'ignore qui en est l'auteur.

 

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La nuit de Kupala, par Anastasia Chemikos (anastasiachemikos.com)

 

On entreprend aussi la quête de la fleur de fougère, fleur légendaire dotée de propriétés magiques bienfaisantes qui est censée ne pousser qu'une fois par an, la nuit du solstice d'été.

 

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Fleur de fougère pendant la nuit de la Saint-Jean, 1875, par Witold Pruszkowski (1846-1896). Musée national de Varsovie.

 

Cette fleur est d'importance capitale dans la mythologie slave, en Europe de l'Est et pour le peuple tzigane. « La fleur de fougère est une fleur enchantée, qui la cueille connaît la richesse, son avenir et celui de tous les hommes... » Partir à l'aventure pour la trouver est aussi le prélude à des jeux amoureux.

 

Dans de très anciennes légendes, son emplacement est révélé à une jeune fille innocente par la Sorcière du Sapin, appelée Grand-Mère aux yeux perçants. Elle scintille comme un diamant, elle attire les rayons lunaires qui soulignent ses courbes féeriques, elle est plus précieuse que tous les châteaux, les joyaux et la soie la plus fine. Certains donneraient tout, même leur âme pour la posséder, ne fut-ce qu'un instant, mais l'innocente résiste à la tentation de la cueillir. L'avoir contemplée représente pour elle le plus merveilleux des présents.

 

En Lettonie, la fleur de fougère fleurit sur les pas de Mère Fortune. Sa lumière d'or peut offrir d'innombrables richesses, stimuler la guérison, attirer l'amour et la fécondité. On la nomme aussi « fleur des devineresses ».

 

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Laurits Andersen Ring (1854-1933), peintre symboliste danois. Soir d'été sur le fjord de Roskilde, vers 1885.

 

En Suède, au Danemark, en Finlande, la Saint-Jean (Johannus) est appelée la « nuit blanche »car la nuit est particulièrement claire et brillante. Le soleil est couché mais il ne plonge pas suffisamment sous la ligne d'horizon.

 

Les festivités s'accompagnent d'un grand nettoyage des maisons. On balaye dans le sens du soleil, on change les rideaux, on décore les pièces principales avec des bouquets composés de rameaux de bouleau, de lilas, de roses, de fleurs sauvages et de feuilles de merisier à grappes.

 

La nuit de la Saint-Jean est fêtée au bord des lacs où l'on dresse de longues perches décorées de fleurs et de feuillages. On fait des libations à la terre avec de la bière et on offre de la tarte aux fraises aux lutins (comme en Islande, le Petit Peuple est très respecté). On rend également hommage au drapeau national.

 

En Pologne, la Saint-Jean est la fête de Kupala (appelé aussi Lada). Kupala est cette fois-ci un dieu masculin, celui du soleil, du bonheur, de la beauté, de la jeunesse et de l'amour. Son nom apparaît dans les vieilles chansons populaires qui célèbrent le soleil renaissant après le long hiver des contrées du nord. Les jeunes filles portent des robes blanches et des ceintures d'armoise. Elles s'assemblent autour d'une « mère » qui pratique une forme de divination chamanique dans les flammes et les braises.

 

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La poésie du feu est universelle et la célébration du soleil aussi. Toutes les civilisations ont vénéré l'astre doré et son avatar, la flamme dansante qui symbolise la renaissance et la continuité. Le soleil était sacré dans l'Égypte ancienne (Rê, Râ, Amon, Atoum), chez les Sumériens (Utu), les Babyloniens (Shamash l'omniscient), les Perses (Mithra), les Mayas (Kinich Ahau ou dieu G), les Aztèques (Tonatiuh, Huitzilopochtli « colibri de la guerre et du soleil »), en Chine (Chen-Noug, protecteur du feu du solstice et de la terre défrichée avec la triade feu/soleil Zhurong, Suiren et Huilu et tant d'autres dieux qu'il est impossible de les citer), au Japon (Atago le veilleur, Amaterasu la fondatrice), dans la Grèce antique (Hélios, Apollon), en Inde (Surya), dans les tribus celtiques (Belenos) et dans les pays slaves (Svarog, dieu soleil descendu sur la terre « sous la forme d'une larme incandescente »)...

 

Les Incas, grands adorateurs du soleil, nommèrent la flamme divinisée « Nina ». Au solstice d'été, le grand prêtre ranimait « Mosoc Nina », le feu sacré, précieusement gardé par douze vierges du soleil.

 

Le soleil est toujours honoré, à travers les rituels néo-païens et les festivités ardentes de la Saint-Jean, même si ce n'est plus forcément « en conscience ». Je vous souhaite de trouver ce qui stimulera votre flamme et je remercie tous ceux qui ont pris de mes nouvelles quand mon ordinateur ne fonctionnait plus.

 

Merci également pour votre soutien concernant ma santé. Je termine cet article dans un état peu enviable, avec l'aggravation de ma pathologie orpheline et de nombreuses zones d'ombre concernant le futur mais l'enthousiasme est profondément inscrit dans ma nature et ma flamme continue de briller et de danser...

 

Ami(e)s sincères qui vous reconnaîtrez, je vous souhaite un Joyeux Midsummer !

 

Cendrine

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #bonne, #fete, #maman, #mere, #toi

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Ami(e)s lectrices, lecteurs,

Je reprendrai, dès que possible, mes activités sur la blogosphère mais en attendant sachez que je ne vous oublie pas. Avec mes amicales pensées.

 

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Charles Gates Sheldon (1889-1960), illustrateur américain.

 

Bonne fête à toutes les mamans... mamans aimantes qui nous prennent sous leur aile protectrice et nous insufflent la vigueur et la joie d'exister, apaisent nos sanglots, encouragent nos qualités à se développer, ne limitent jamais nos rêves à des considérations sociales ou des compromis familiaux.

 

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Gustav Klimt (1862-1918), Mère à l'enfant, 1905.

 

Bonne fête à toi, maman chérie, qui t'es envolée bien trop tôt vers des contrées où, je l'espère, règne l'apaisement que tu mérites. Pas un jour ne s'est écoulé sans que tu sois avec moi, rayonnante comme tu l'as toujours été, à la fois combative et si douce, rebelle aux idées préconçues, gourmande de vivre, créative et le visage éclairé par ce merveilleux sourire qui transcendait chaque infortune du chemin.

Cette année je peux m'adresser à toi sans que mon cœur se brise alors je souffle vers l'horizon nébuleux les mots qui pulsent dans mon être. L'écriture qui m'est si chère fut et demeure notre alchimie à nous, à travers ce verger de livres où tu m'as enseigné la subtilité des Correspondances, la volupté de la connaissance, les couleurs et l'ivresse de la poésie et du temps.

 

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Rose tu palpites en moi, avec le parfum jamais dissipé de ton amour, mais la brûlure de l'épine qui t'a transpercée n'a pu s'estomper et goutte à goutte, le sang versé au fil de ton absence me rapproche de toi...

 

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Lilla Cabot Perry (1848-1933), Mère et enfant, 1910.

 

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Mary Cassatt (1844-1926), Mère et enfant, 1886.

 

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Arthur Hughes (1832-1915), Mère et fillette dans un jardin.

 

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Amicalement vôtre et à très bientôt !

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #joie, #joyeux, #mai, #premier, #sante

 

Chers amis,

Je vous souhaite, avec ces délicates clochettes, un Joyeux Premier Mai! Puissent-elles vous apporter la joie, la santé et la prospérité!

 

Il y a eu beaucoup de travail dans mon ordinateur. Je reprends doucement possession de mon « espace » mais le réseau fonctionne encore au ralenti aussi je ne peux facilement passer vous voir ni publier un article de la taille habituelle.

 

Amicales pensées, gros bisous!

 

Cendrine

 

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #informatiques, #jour, #mails, #problemes, #temps

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Chers amis,

Depuis quelques jours, je suis confrontée à des choses « étranges » sur mon ordinateur et à des problèmes de réseau qui n'ont fait que s'amplifier.

Hier, ma messagerie est devenue complètement « folle »: des mails dupliqués chacun plus de trente fois, des centaines de mails se retrouvant dans la corbeille et la corbeille qui se vide toute seule, des fenêtres n'arrêtant pas de s'ouvrir et de se fermer ou de se dupliquer et les icônes de mon bureau atteintes par la danse de Saint-Guy. Mes documents sens dessus dessous et plein de choses du même acabit. J'ai perdu de nombreux mails importants. Aujourd'hui, ça continue...

 

Plusieurs jours seront nécessaires pour venir à bout de ce qui tourmente ma machine et qui a trompé l'anti-virus. Il ne détectait rien mais heureusement le flair et le talent d'informaticien de Christophe ont débusqué la « vilaine créature » qui s'est immiscée dans mon système. Il faut désormais la tuer et surtout réparer les dégâts occasionnés ce qui va prendre du temps vu le caractère vicieux de la « bête ».

 

En plus du grand « toilettage » nécessaire, le réseau fonctionne très mal. Internet se coupe une dizaine de fois par jour et nous avons des problèmes électriques à répétition, les fusibles qui sautent, etc...

 

Bref, soyons patients, laissons le temps au temps et tout rentrera peu à peu dans l'ordre.

 

Nous avons dîné à la lampe de poche et à la bougie et évidemment, pas moyen d'entreprendre le nettoyage de l'ordinateur et la réinstallation de ce qui a été altéré sans un réseau électrique qui marche correctement.

 

Je ne pourrai donc lire vos messages ni passer vous voir dans les prochains jours mais je penserai bien à vous.

 

Je suis ennuyée pour les mails perdus mais quand la « technique » nous fait défaut il ne sert à rien de s'énerver et de gaspiller son énergie.

 

Merci à Annette de m'avoir hébergée le temps de publier ce message.

 

Je souhaite que les derniers jours d'avril vous soient favorables et je vous dis à bientôt pour célébrer les premiers jours de Mai.

 

Gros bisous, amicales pensées!

 

Cendrine

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #2014, #adresse, #fete, #joyeuses, #paques

 

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Chers amis, je vous souhaite de très belles fêtes de Pâques!

 

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(Cartes de ma collection personnelle.)

 

Si vous êtes intéressés par le folklore et l'histoire de cette fête aux origines fort complexes, vous pouvez lire ou relire mon article intitulé MYSTÈRES ET TRADITIONS DE PÂQUES.

 

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Que le lièvre messager des forces de reverdie fasse germer les graines de vos projets et que votre gourmandise s'exprime pleinement!

 

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Tant de trésors pour affoler nos papilles...

 

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Toqué de chocolat!!!

 

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Sur ces notes succulentes, je vous adresse mes plus amicales pensées et un florilège de bisous aux couleurs du Printemps...

 

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Merci pour les adorables petits mots que vous m'avez adressés à l'occasion de mon anniversaire...

 

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Plume

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