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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

Publié le par maplumefee
Publié dans : #antoine, #barye, #lion, #louis, #sculptor

 

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La semaine dernière, nous nous sommes promenés dans le Square Barye où l'on peut admirer un monument dédié à l'une des figures majeures de la sculpture française.

 

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Antoine-Louis Barye apparaît surtout comme le maître incontesté de la sculpture animalière dont il révolutionna le genre à travers des œuvres qui témoignent d'une fougue créatrice acharnée.

 

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Son portrait, en 1889, par Léon Bonnat (1833-1922).

 

Fils d'un orfèvre, il devint apprenti chez le sieur Fourier, graveur sur acier et créateur de matrices qui servaient à fabriquer les éléments métalliques des uniformes militaires. Dès l'âge de treize ans, il apprit les différents métiers du traitement du métal (fondeur, ciseleur, modeleur...) et il entra, en 1818, à l'École des Beaux-Arts où il étudia avec le peintre Antoine-Jean Gros (1771-1835) et le sculpteur François-Joseph Bosio (1768-1845) Mais se retrouvant chargé de famille, il se fit embaucher en 1823 chez le sieur Fauconnier, orfèvre de son état, qui lui commanda des gravures d'animaux.

 

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Tigre se roulant sur lui-même (1838-1842), New York, Brooklyn Museum.

 

Avec son ami Eugène Delacroix (1798-1863), Antoine Barye étudiait les animaux exotiques au Jardin des Plantes et réalisait des croquis sur nature qu'il traduisait ensuite dans la peinture et dans la sculpture.

 

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Le tigre du Bengale, aux alentours de 1840.

 

Il se fit connaître du public et de la critique en exposant au Salon de 1831 une œuvre intitulée Tigre et Gavial.

 

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Image Sotheby's.com

 

La « révolution Barye » était en marche. En confrontant le public à des œuvres profondément expressives où les animaux étaient saisis sur le vif, dans la puissance de leurs instincts, aux antipodes des représentations figées qui avaient précédemment connu la gloire, il fit preuve d'une turbulence de style, caractéristique du Romantisme, qui ne laissa personne indifférent.

 

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Fasciné par les grands fauves, il représenta les félins qui avaient été ramenés à la Ménagerie du Jardin des Plantes suite à la prise d'Alger par les troupes françaises, en 1830. Épris de sculpture, il excellait aussi dans l'art du dessin et fréquentait les artistes de l'École de Barbizon. Il vécut dans la rue principale de ce village situé en forêt de Fontainebleau où se réunissaient des artistes désireux de travailler « par nature ».

 

Nombreux furent ceux qui l'apprécièrent mais il eut aussi une quantité conséquente de détracteurs, ce qui ne l'empêcha pas d'être nommé en 1854 professeur de dessin au Muséum d'Histoire Naturelle, d'obtenir un atelier au Louvre, une chaire de professeur de dessin d'histoire naturelle à l'École d'Agronomie de Versailles et de recevoir la Grande Médaille à l'Exposition Universelle de 1855. Il fut élu, en 1867, à l'Académie des Beaux-Arts.

 

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En 1833, Louis-Philippe (1773-1850) lui commanda une sculpture intitulée Le Lion au serpent. Destiné à être installé dans le Jardin des Tuileries, à côté de l'Orangerie, cet animal rugissant devait représenter « une allégorie de la monarchie écrasant la sédition », trois ans après les sanglantes émeutes de 1830.

 

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Comme au Square Barye, ce lion farouche est aux prises avec un serpent qui ne résistera pas longtemps à ses féroces mâchoires. La sculpture en question est une copie du bronze original, conservé au Musée du Louvre.

 

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Le lion original (photographie de Thierry Ollivier pour le musée du Louvre.)

 

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« Le mouvement du lion qui éprouve un effroi convulsif à la vue du reptile est rendu avec une énergie, une vérité effrayante et les plus petits détails du pelage et des ongles de l'animal sont exprimés avec cette exactitude que l'on ne pourrait attendre que de la patience d'un savant. » Le Moniteur Universel, 1833.

 

En 1846, Antoine Barye fut chargé par Louis-Philippe de réaliser un pendant pour cette œuvre très appréciée. Il termina ce Lion assis en 1847 mais il fallut attendre l'année 1867 pour que le grand fauve soit placé sur le Quai des Tuileries, à l'entrée du Guichet de l'Empereur.

 

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On adjoignit à ce lion un « jumeau » et les deux fauves formèrent, côté sud, vers la Seine, les gardiens majestueux de la Porte des Lions.

 

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Ce prédateur incarne la majesté et la sérénité. Le traitement romantique de son expression le fait tendre vers l'anthropomorphisme. Il offre un contraste saisissant avec le lion de Giuseppe Franchi (1731-1806) qui regarde, depuis l'année 1819, en direction de la place de la Concorde.

 

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Ce lion héraldique de marbre fut réalisé en 1806 d'après l'antique. Il est très élégant mais il nous fait prendre la mesure de toute l'originalité du travail d'Antoine Barye, fondé sur une explosion sauvage du mouvement.

 

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Le lion au serpent du square Barye.

 

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Un lion signé Antoine Barye orne le socle de la Colonne de Juillet (1835-1840), place de la Bastille, dominée par le Génie de la Liberté d'Augustin Dumont (1801-1884). Cette commande est d'autant plus intéressante que Barye était à ce moment-là exclu des expositions officielles en raison de sa trop grande liberté de ton. On lui demanda d'apaiser l'élan de son trait romantique mais malgré tout ce lion reflète son potentiel de vigueur créatrice et l'énergie qu'il aimait insuffler à ses réalisations.

 

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Les éditions miniatures des bronzes de Barye furent très recherchées par les collectionneurs. De ses jeunes années passées dans un atelier d'orfèvrerie, il avait conservé le goût de la polychromie, du contact particulier avec le métal et de l'harmonie complexe des placages de matière. Il fut un remarquable décorateur, apprécié pour la qualité de ses bronzes d'ornement, ses candélabres et ses grandes garnitures de cheminée.

 

Outre les fauves dont les représentations ont nourri sa célébrité, il aimait sculpter toutes sortes d'animaux ainsi que des créatures fantastiques, des personnages historiques et des héros de la littérature.

 

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Angélique et Roger montés sur l'hippogriffe, 1840. (Image Sotheby's.com.)

 

Les personnes intéressées pourront trouver ICI les détails de l'histoire d'une statue disparue, celle de Napoléon III à cheval, réalisée pour les Guichets du Louvre.

 

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Antoine Barye passa ses derniers moments face à la Seine, dans une demeure située le long du quai Henri IV, à proximité du square qui porte son nom. J'ai pu prendre la photo de la plaque apposée sur la façade de l'immeuble mais je n'ai pas pu réaliser de cliché du lieu en question, un établissement scolaire où mon appareil photo, en raison de l'État d'Urgence, n'était pas le bienvenu.

 

Il repose dans la division 49 du Cimetière du Père-Lachaise mais le buste qui ornait sa tombe (réalisation d'Hippolyte Moulin) a été dérobé en 2006...

 

J'espère vous avoir fait découvrir ou redécouvrir un de nos plus grands artistes et donné envie de contempler ses œuvres, au gré de vos promenades.

 

Bibliographie

 

BENGE G. F., Antoine-Louis Barye, Sculptor of romantic realism, Pennsylvanie, 1984.

 

BENOIST Luc, La Sculpture romantique, 1928, nouvelle éd. par Isabelle Lemaistre, Paris, 1994.

 

BRESC G. et PINGEOT A., Sculptures des jardins du Louvre, du Carrousel et des Tuileries (II), Paris : 1986.

 

LEMAISTRE Isabelle, « La Griffe et la dent : Antoine-Louis Barye, sculpteur animalier (1795-1875) », in Les dossiers du Musée du Louvre n 51, Paris, 1996, pp.38-44.

 

POLETTI Michel, Monsieur Barye. Lausanne : Acatos, 2002.

 

POLETTI Michel et RICHARME Alain, Barye, Catalogue raisonné des sculptures. Paris:Gallimard, 2000.

 

 

Antoine-Louis Barye (1795-1874)

 

Je vous souhaite une excellente semaine, merci de votre fidélité. Mes pensées affectueuses pour les aminautes qui ont de nombreux soucis de santé en ce moment et qui se reconnaîtront.

 

Cendrine

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #antoine, #barye, #celestin, #louis, #square

 

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Je vous invite à découvrir un lieu paisible et romantique... Un square qui fut créé en 1938, à la pointe orientale de l'Île Saint-Louis, pour rendre hommage au sculpteur animalier et aquarelliste Antoine-Louis Barye (1795-1875) dont la renommée est associée à des sculptures de grands fauves décorant de nombreux parcs et jardins de Paris.

 

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Le square Barye se love derrière cette épaisse muraille de verdure. Dominant la Seine, il se situe à proximité du Quai Henri IV, du Pavillon de l'Arsenal, de la Caserne des Célestins, de l'Institut du Monde Arabe, du Pont Sully, du Jardin Tino Rossi ou encore du Jardin des Plantes.

 

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Il se déploie là où s'étendaient les anciens jardins du couvent des Célestins, nécropole royale qui se situait entre l'actuel boulevard Henri IV et la rue du Petit-Musc.

 

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Il forme un écrin de végétation luxuriante où s'épanouissent des paulownias, des cèdres du Liban, des ormes pleureurs, des robiniers faux acacias, des acacias de Constantinople, des ifs d’Irlande et un magnifique savonnier de Chine (que j'espère pouvoir photographier en pleine floraison).

 

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Planté le 18 octobre 1993 par Rafic (ou Rafiq) Hariri, Premier Ministre du Liban, et Jacques Chirac alors Maire de Paris, ce cèdre majestueux symbolise l'amitié qui unit, depuis des décennies, la France et le Liban. (Rafic Hariri a été assassiné à Beyrouth le 14 février 2005.)

 

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A l'extrémité du square, s'ouvre un balcon sur la Seine. On y bénéficie d'une vue imprenable sur le fleuve, ses berges, ses installations industrielles, ses péniches et l'eau y approfondit le bleu du ciel.

 

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On aperçoit le pont d'Austerlitz, le ministère des Finances et les tours de la Bibliothèque François Mitterrand.

 

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Avant le square

 

En 1352, les premiers Célestins s'installèrent dans l'ancien couvent des Carmes situé à proximité de l'Hôtel Saint-Pol ou Saint-Paul, résidence privilégiée du roi Charles V (1338-1380). Grâce aux largesses du souverain et à de nombreuses donations, le couvent se développa. Renommé pour son cloître aux cinquante colonnes corinthiennes, son église et sa chapelle de marbre, ses jardins luxuriants et ses riches terrains bordant la Seine, il formait un immense quadrilatère.

 

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Nous apercevons, sur cette gravure, la statue de Charles V (1338-1380) et celle de la reine Jeanne de Bourbon (1338-1378) dressées sous un dais gothique. Elles encadrent l'effigie de Pierre de Morrone (1210-1296), ermite des Abruzzes, fondateur de l'Ordre des Célestins et élu pape sous le nom de Célestin V.

 

Le couvent des Célestins était la plus importante nécropole royale et princière après la basilique Saint-Denis. Il abritait d'illustres personnages à l'instar de Louis d'Orléans, frère du roi Charles VI, mais aussi l'un des fils de Philippe VI de Valois ou d'Anne de Bourgogne, la fille de Jean sans Peur. Le cœur du connétable Anne de Montmorency y fut également déposé.

 

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(Photo Gérard Blot/Christian Jean pour la Réunion des Musées Nationaux.)

 

Germain Pilon (1537-1590) est l'auteur de ce monument destiné à accueillir les cœurs d’Henri II (1519-1559), de Catherine de Médicis (1519-1589), de François II (1544-1560) et de Charles IX (1550-1574).

 

Après avoir subi des déprédations pendant la Révolution, le couvent fut démantelé en 1790 mais le médiéviste Alexandre Lenoir (1761-1839), concepteur et conservateur du Musée des Monuments Français (ouvert en 1795), également administrateur des tombeaux de la basilique Saint-Denis sous le règne de Louis XVIII (1755-1824), parvint à retrouver et à collecter plusieurs pierres tombales.

 

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 Ce qui restait du couvent fut démoli et remplacé par une caserne, construite entre 1895 et 1901 par Jacques Hermant (1855-1930). Il s'agit de la Caserne des Célestins, affectée à l’État major de la Garde Républicaine mais là n'est pas notre sujet... Revenons au square...

 

Le monument à Antoine-Louis Barye

 

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Ce monument de forme pyramidale et de facture néo-classique fut réalisé en 1894 par Laurent Marqueste (1848-1920), élève de François Jouffroy (1806-1882) et d'Alexandre Falguière (1831-1900). Grand Prix de Rome en 1871, Marqueste effectua des copies en marbre de deux allégories sculptées par Antoine Barye pour le pavillon Denon au Louvre: la Force protégeant le Travail et l'Ordre triomphant.

 

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La Force

 

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L'Ordre

 

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Les statues originales furent commandées par Hector Lefuel (1810-1880) pour décorer le pavillon Denon au Louvre.

 

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Le fondeur d'art Ferdinand Barbedienne (1810-1892) édita plusieurs bronzes à partir de ces statues, recherchées par les collectionneurs. Deux sont conservés à Baltimore dans le Maryland et deux se trouvent au musée des Beaux-Arts de Reims.

 

Ferdinand Barbedienne créa en 1839 un atelier prestigieux dans laquelle il fit reproduire en bronze et en taille réduite de nombreuses sculptures conservées dans les musées d'Europe. Animé par une volonté de « démocratiser » l'art, il favorisa une large diffusion de la connaissance du répertoire antique et contemporain. Il édita les oeuvres de plusieurs sculpteurs de son temps comme Emmanuel Fremiet, Antoine Barye, Georges Gardet, Henri Chapu, Pierre-Jules Mène...

 

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Au sommet du monument, un groupe sculpté décrit le combat du héros Thésée et du centaure Biénor. Une énergie farouche, caractéristique de la manière romantique de Barye, émane de ces corps enchevêtrés.

 

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Thésée tua Biénor pendant la bataille qui opposait les Centaures et les Lapithes. Dans Les Métamorphoses, le poète latin Ovide (43 avant J.-C.- 17 ou 18 après J.-C.) relate que « le fils d’Égée (...) sauta sur le gigantesque Biénor, dont la croupe jusque-là n’avait jamais porté que lui-même; il pressa ses côtes du genou; il tira en arrière sa chevelure, qu’il avait saisie de la main gauche, et avec le tronc noueux du chêne il fracassa son visage, son front menaçant et les dures parois de ses tempes. »

 

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Ce groupe tumultueux fut fondu pendant l'Occupation allemande. L'ensemble sculpté que nous admirons actuellement est une fonte contemporaine, offerte par la fondation taïwanaise Chi Mei Culture, créée en 1977 autour d'un collectif de mécènes et de collectionneurs. Cette fondation possède une impressionnante collection d'objets d'art, de peintures et de sculptures.

 

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Comme vous le constatez, sur cette photo datant de l'été 2013, le monument n'est pas complet car la sculpture intitulée le Lion au serpent -elle occupait l'avancée située entre le Travail et l'Ordre- a également disparu pendant l'Occupation.

Mais au cours de l'été 2014, une copie sponsorisée par la fondation Chi Mei Culture a été installée sur le socle vide. La voici, à la bonne position...

 

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Le lion original apparaît sur ces anciennes cartes postales.

 

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Le Lion au Serpent

 

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Puissance et férocité, maîtrise du mouvement, quête de l'émotion extrême... cette œuvre est une expression remarquable de la fougue romantique d'Antoine-Louis Barye.

 

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« Le lion en bronze de monsieur Barye est effrayant comme la nature. Quelle vigueur et quelle vérité ! Ce lion rugit ! » Alfred de Musset (1810-1857).

 

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En vous souhaitant une excellente semaine, je vous invite à poursuivre, dans quelques jours, la suite de cet article consacré à Antoine-Louis Barye. Merci pour vos vœux et vos gentils messages, grosses bises et amicales pensées !

 

Cendrine

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #2016 , #annee, #bonne, #image, #jour

 

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Ami(e)s lectrices, lecteurs,

 

La vieille année a perdu ses pétales et l'année qui éclot exhale de délicieux parfums.

Parmi les flammes des bougies, s'éveillent des fragrances d'orange, de mandarine et d'épices douces, poudrées de notes de vanille et de chocolat fondant... Alors laissons nos sens se régaler et partageons autant de bonheur que possible !

Je vous souhaite, ainsi qu'à tous ceux que vous aimez, une très belle année 2016 ! Puisse-t-elle apaiser les douleurs et les traumatismes de l'année écoulée et nous permettre d'imaginer des temps meilleurs, conscients de nos différences mais pleins de bonne volonté.

Je pense à vous, je vous remercie de votre fidélité et je vous présente tous mes vœux de santé, d'amour et de prospérité.

Je vous dis « à dans quelques jours, nous commencerons de nouvelles aventures ensemble ». Merci pour tout ce que vous m'avez apporté... et encore Bonne Année !!!

Cendrine

 

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Hiver par Joséphine Wall

 

N'oubliez pas que vous pouvez « prendre » les images que je publie y compris mes photos signées. Le net est un lieu de partage ou du moins il est censé l'être. Vous avez été nombreux à me demander si vous pouviez récupérer les images de mon billet de Noël et la réponse est bien évidemment « oui ». Je ne bloque pas le clic droit de l'image. De toute façon cela ne sert à rien. Une personne qui « sait faire » récupère en deux secondes ce qui est prétendument verrouillé.

J'ai rappelé dans la marge de mon blog les règles élémentaires de savoir-vivre sous un jour légal mais du moment qu'on laisse une signature sur une photo ou qu'on précise le nom de l'auteur, ce n'est pas un vol mais la diffusion d'une image qu'on aime bien et ce n'est pas plus compliqué que ça.

 

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Quelques décors photographiés devant l'Hôtel de Ville de Paris...

 

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Les images qui suivent viennent de ma collection de cartes papier mais aussi de musées des arts et traditions populaires alors bonne cueillette ! Je sais que nombre d'entre vous sont friands de ces cartes anciennes. Je les adore aussi !

 

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #2015 , #foyers, #joyeux, #noel, #sereine

 

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Ami(e)s lectrices, lecteurs,

Avec cette petite fée qui sourit, mes pensées papillonnent vers vous pour vous souhaiter tout le bonheur possible. Que la magie de Noël rayonne dans vos foyers, sereine et généreuse aux portes de l'année nouvelle! Je vous remercie pour ce que nous avons partagé, au fil des saisons, et j'adresse de tendres vœux aux personnes seules qui vivent avec difficultés ces moments festifs.

 

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Manneles, bonshommes de neige, lutins facétieux et tous ceux qui le veulent se joignent à moi pour vous embrasser bien fort ainsi que vos proches.

 

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A très vite !

 

Cendrine

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #barbe, #noël, #nuages, #pere, #traineau, #vers

 

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Dans le ciel de Paris, imprégné d'une douce lumière d'automne, dans le bleu et le blanc qui s'harmonisent, on aperçoit, rutilant, le traîneau du Père Noël.

 

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Suspendu là où les nuages s'effilochent, comme des fils de barbe à papa ou des chimères de crème Chantilly, il attend que la nuit tombe pour s'élancer et suivre un parcours onirique, sous les yeux émerveillés des enfants.

 

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Cette année, la position de ce traîneau, à proximité de la Grille du Coq du Palais de l'Élysée, suscite craintes et polémiques.

 

Lien vers l'article du journal 20 Minutes du 23 novembre 2015.

http://www.20minutes.fr/societe/1736555-20151123-attentats-paris-traineau-pere-noel-menace-securite-francois-hollande

 

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Préférons penser à des choses plus positives, sans négliger d'être prudents, et n'oublions pas qu'il est encore temps de poster nos lettres au Père Noël...

 

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Avant de s'élancer dans son traîneau, il mérite bien une petite pause, notre Santa débonnaire à barbe blanche, car dans son quartier général du Pôle Nord c'est l'effervescence qui règne, foi de lutin !

 

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Je souffle vers vous de gros bisous. Plus que quelques jours avant le réveillon alors soyez sages les ami(e)s... Je plaisante !!!

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #automne, #chers, #rudbeckia, #soleil, #temps

Chers aminautes, vous avez été nombreux à demander de mes nouvelles. Ne m'en veuillez pas de ne pas m'être manifestée plus tôt. Comme plusieurs d'entre vous l'ont deviné, j'ai subi plusieurs crises d'épilepsie (sept en treize jours dont trois très violentes) et je répare mes blessures (hématomes, ligaments tordus, problèmes de vue...). Je ne vous oublie pas. Comme vous le savez, l'opération tentée au printemps 2015 n'a pas fonctionné et je résiste à tout traitement à cause des particularités orphelines de mon système nerveux. Médecines douces et traitements alternatifs me soutiennent, heureusement, mais c'est surtout l'amour et l'amitié que je reçois qui me sont bénéfiques. Je vous remercie de vous inquiéter pour moi et je vous embrasse bien fort. Prenez soin de vous et de ceux que vous aimez. Gros bisous !

 

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En ces temps sombres où toute forme de lumière est la bienvenue, je voulais vous offrir des soleils sur tige, des rudbeckias photographiés, au fil du temps, au gré de mes déplacements.

 

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J'adore ces superbes marguerites d'automne, originaires d'Amériques du Nord, aux couleurs éclatantes et au cœur saillant, souvent corseté de velours noir. Les papillons et les abeilles les aiment beaucoup aussi.

 

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Il existe plus d'une trentaine d'espèces de rudbeckias. Elles appartiennent à la famille des Astéracées ou Composées qui regroupent une infinité de plantes. Certaines sont dans ma pharmacopée et m'apportent beaucoup de soutien. Que ferais-je chaque mois sans l'armoise, l'achillée millefeuille, la camomille, le calendula, l'estragon, la pâquerette, la chicorée... ou encore la fameuse stévia ? Une encyclopédie n'y suffirait pas!

 

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On prête au rudbeckia des vertus cicatrisantes et anti-inflammatoires, fort utiles en cas de rhume, de grippe ou de fatigue généralisée.

 

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La palette magique des couleurs d'automne : jaune, or, cuivre, orange, rouge, marron, chocolat... est ainsi dévoilée...

 

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... et je ne me lasse pas de contempler ces jupons veloutés et ces cœurs poudrés de pollen légèrement boisé.

 

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Rudbeckias Cherry Brandy (photographie du net).

 

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L'échinacéa, très belle fleur parée de nombreuses vertus médicinales est une cousine du rudbeckia. Je l'utilise sous diverses formes pour prévenir les affections hivernales et me défendre quand l'épilepsie me met à plat car elle fonctionne très bien sur mon système immunitaire.

 

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Avec ces rayons de soleil en pétales, je vous adresse de grosses bises et je vous souhaite un joli temps de l'Avent.

 

A bientôt chers aminautes !

 

Cendrine

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #13 novembre 2015, #attentat, #autre, #bien, #Charlie, #Daesh, #terroriste, #vie, #visages

 

Edvard Munch (1863-1944), Le Cri, 1893.

 

Ce texte, je l'écris à chaud, à 2h38 du matin, dans la nuit du 13 au 14 novembre 2015.

Habitée par une colère noire, aussi épaisse que le sang et par une tristesse abyssale... Les mots ont-ils encore un sens ou un pouvoir en cet instant, je veux croire que oui même je n'en suis pas convaincue...

Nauséeuse, je pense à ceux qui ont perdu un proche, luttent pour survivre à leurs blessures, ont assisté au carnage et resteront marqués à vie...

Je pense à ceux dont l'existence a basculé dans un magma sombre et poisseux parce que des enfoirés, imbus de leur ignominie, sont venus dézinguer des innocents ou se faire exploser, mus par une bêtise crasse et une cruauté pathologique... La tempête a eu lieu et je me sens impuissante. Mon cœur et mon esprit sont écorchés vifs...

 

Nous sommes en guerre. Aucun de nous ne peut se dire « je ne serai pas une cible » mais nous devons continuer d'avancer et nous battre, pour ce que nous sommes, pour notre mode de vie et ce qui compose notre identité métissée. Nous ne devons pas nous replier sur nous-mêmes et laisser des bonimenteurs ultra-nationalistes profiter de ce qui s'est passé pour chercher à obtenir le pouvoir. N'oublions pas que parmi les victimes se trouvent des personnes de confession musulmane qui ne voulaient rien d'autre que vivre en paix et que ces enfoirés d'assassins se réclamant de l'Islam pourraient tout aussi bien se réclamer d'autre chose.

 

Nous avons eu nos fanatiques aussi. Ils portaient des croix et ils évangélisaient dans le sang, avec des lames bien aiguisées. Ils n'ont pas hésité, il y a des siècles, à détruire des villages entiers le long du Rhin (ce n'est qu'un exemple parmi d'autre et hélas pour ces crimes il n'y a aucun devoir de mémoire) parce qu'ils chassaient de prétendues sorcières. A cet effet, mettre à mort des centaines de femmes et de fillettes ne leur posait aucun souci. Je pourrais vous en citer des livres sur lesquels j'ai travaillé à ce sujet, dans le cadre de mes études ! Les faits historiques parlent d'eux-mêmes. Au XVIe siècle, dans certains villages de Rhénanie, il n'y avait plus, après leur passage, une femme ou une fillette vivante. Et si je vous disais ce qu'ils « s'amusaient » à faire dans de nombreux villages de France, vous vomiriez sur le champ... Ces fanatiques étaient chrétiens mais ils ne représentaient pas tous les chrétiens. C'est la même chose aujourd'hui, avec une autre religion.

 

A chaque époque ses démons, ses fous furieux, ses inhumanités alors ne nous offrons pas en pâture à ceux qui ne veulent que semer le chaos. Vivons et ne nous divisons pas ! Les assassins de Daesh ont théorisé sur le fait de fracturer la société davantage, de monter les gens les uns contre les autres et d'accentuer les clivages... ne tombons pas dans le piège !

 

J'habite à proximité de Stade de France. Nous y passons à chaque fois que nous prenons le RER et nous avons failli y être vendredi, à l'heure en question... Quant aux lieux visés dans Paris, ils nous sont tellement familiers... Il y a des noms et des visages que je n'oublierai jamais. Pour eux, continuons de vivre et accueillons cette fin d'année avec autant d'espoir que possible car l'espoir c'est ce qui reste au fond de la boîte de Pandore lorsque s'échappent les fléaux.

 

Prenez bien soin de vous et de vos proches mes ami(e)s ! Ce sont des temps sombres mais nous avons bien plus de ressources qu'ils ne le pensent et nous continuerons à aimer la vie, notre vie parce que nos cœurs sont libres.

 

A ceux qui ont payé le prix de ces attaques en série, j'adresse toute ma compassion, en lettres majuscules.

 

J'adresse également mon soutien aux services de l'État, aux médecins urgentistes et au personnel soignant ainsi qu'à notre Président, à notre premier ministre et à tous les ministres et les fonctionnaires qui font ce qu'ils peuvent pour nous protéger. Ils ne sont pas des surhommes et s'il était facile de lutter contre la menace que nous subissons ça se saurait !

 

De belles choses sont à souligner, comme l'attitude profondément altruiste de ceux qui ont ouvert leur porte aux personnes qui ne pouvaient pas rentrer chez elles et la démarche des chauffeurs de taxi qui ont ramené gratuitement des gens à leur domicile.

 

Gardons foi en ceux que nous aimons !

 

Je pense à vous... Je crois en nous...

 

Cendrine

 

Le Cri

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #citrouille, #hallowed, #monde, #nuit, #samain

 

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William Henry Hunt (1790-1864), The turnip lantern, 1838, New Walk Museum & Art Gallery de Leicester.(Turnip signifie navet).

 

Nous revoici à l'heure d'Halloween, fête mêlée de flammes et de ténèbres qui ressuscite les secrets de la très ancienne Samain. Si vous souhaitez lire ou relire mes travaux concernant le folklore automnal, les symboles d'Halloween, la Toussaint ou le Jour des Morts en Amérique du Sud, il vous suffit de cliquer sur le titre ci-dessous :

Sortilèges d'Halloween et traditions de la Toussaint.

 

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L'article en question étant d'une taille « conséquente », laissez-moi vous rappeler ce que désignait Samain.

 

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Samain, qui signifie « réunion », était la nuit mystérieuse qui ouvrait les portes de l'année sombre. Appelée Samhain, Soween ou Oiche Shamhna: « la nuit de la fin de l'été » en Irlande, Samhuinn en Écosse, Samon ou Samonios en Gaule, elle rassemblait les tribus celtes autour de grands brasiers.

 

Fête des récoltes émanant de rites agraires du Néolithique, elle se ranimait, cycliquement, dès que les puissances de l'obscurité déferlaient sur le monde humain et célébrait, de manière étrange et flamboyante, l'entrée dans le monde hivernal.

 

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Charles Wysocki (1928-2002), peintre et illustrateur américain. Les moissons d'Halloween.

 

L'année celtique commençait dans la nuit du 31 octobre lorsque s'ouvraient les portes de Samain, fête de l'entrée dans l'hiver, dont Halloween est la résurgence. Elle se divisait en deux périodes: une période sombre s'écoulant de Samain à Beltane, (du 31 octobre au 30 avril) et une période claire qui s'étendait de Beltane à Samain, (du 30 avril au 31 octobre).

 

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Célébrée dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre, principalement aux États-Unis, au Canada et dans les pays anglo-saxons mais pas seulement, Halloween plonge ses racines complexes dans les croyances et la mythologie celtiques. Elle réveille aussi un code symbolique commun à plusieurs régions de France.

 

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Au XIXe siècle, ayant survécu à la christianisation sur le Vieux Continent, les traditions de Samain furent transportées en Amérique du Nord par les Irlandais, les Écossais et les Gallois, contraints par millions de quitter leur pays en raison de la famine qui y sévissait. Elles s'implantèrent dans le Nouveau Monde et s'adaptèrent, avec certaines contradictions, aux contraintes de cette terre en friche, creuset de populations variées et de religions multiples.

 

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D'après les anciennes croyances, à l'orée de Samain, le voile entre le monde humain et le monde des esprits s'amoindrissait. Trois jours avant la nuit fatidique et trois jours après, les populations festoyaient autour de grands feux afin de bannir les créatures dangereuses qui hantaient l'obscurité mais certaines célébrations pouvaient s'étendre sur une durée de 31 jours.

 

La communication avec le Sidh, l'Autre Monde de la tradition celtique, était favorisée. Intimement lié à la féerie, aux dieux et aux esprits, cet Autre Monde était accessible à des êtres qui portaient d'étranges marques de naissance, détenaient certains dons ou souffraient d'épilepsie. Les héros et les êtres au sang vif étaient happés sur ces mystérieux chemins.

 

Inversement, des créatures inquiétantes, venues du Sidh, pouvaient pénétrer dans le monde humain mais des êtres protecteurs, d'une sagesse intemporelle, évoluaient parmi les ombres de la nuit.

 

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Très présentes dans l'imaginaire d'Halloween, les sorcières jouent le rôle d'initiatrices auprès des enfants. Dans les représentations populaires, elles insufflent la connaissance et transmettent leurs secrets avec bienveillance.

 

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La magie de Samain est restée vivante dans les célébrations d'Halloween, à travers la volonté de repousser les entités néfastes et d'attirer les faveurs des esprits en revêtant leur apparence par le biais de déguisements et de masques.

 

Elle a perduré dans la tradition des soul cakes, « gâteaux d'âmes » ou « gâteaux pour les âmes », toujours vivace dans plusieurs régions d'Écosse, d'Irlande, de France, dans les comtés d'Angleterre et dans certains pays d'Europe de l'Est et d'Europe du Nord. Autrefois, les femmes y dissimulaient une bague pour déterminer qui se marierait en premier; une figurine en terre cuite pour connaître l'identité de celle qui deviendrait mère dans l'année; une pièce de monnaie pour attirer les richesses; un petit morceau de bois destiné à honorer un proche défunt. Des enfants et de pauvres hères, appelés soulers, recevaient ces gâteaux et allaient chanter, de maison en maison, des prières pour les disparus.

 

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Aujourd'hui, ces biscuits, qui célèbrent le All Souls'Day, « le jour de toutes les âmes », ressemblent davantage à des cookies.

 

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On disait, pendant la nuit de Samain, que les âmes des personnes aimées venaient se réchauffer au feu de l'âtre familier ou près des bougies allumées sur le rebord des fenêtres. On chuchotait aussi que les spectres de personnes décédées de mort violente cherchaient à exercer leur vengeance... La «chandelle des âmes» était donc allumée pour repousser les fantômes malveillants et montrer aux défunts «débonnaires» la voie souhaitée pour atteindre le repos éternel. Pour éloigner les présences non désirées, on plaçait autour des lits des fèves, des graines de fenouil et des brins de lavande.

 

On laissait également de la nourriture sur la table familiale, sur le seuil de la porte ou devant la cheminée, pour les esprits du lieu.

 

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Il était fortement déconseillé de balayer après le coucher du soleil pendant les trois jours qui suivent le 31 octobre car, à cette période, le balai domestique détient le pouvoir d'absorber les esprits familiers, protecteurs du foyer. Seul le balai de sorcière, rituellement consacré à Aradia, dame lunaire des croisées de chemins et avatar de la sombre Hécate, pouvait être utilisé.

 

On ne devait ni coudre, ni filer, ni laver le linge, de crainte que les couturières, les fileuses ou les lavandières de nuit (âmes errantes, damnées et carnassières) jettent des sorts aux vivants et sucent leur sang pendant le sommeil.

 

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De nos jours, les anciens rituels se lovent dans les coutumes populaires. Les pommes, fruits fétiches des sorcières et les citrouilles ciselées, décorées avec de petites bougies et promenées devant les maisons sont autant de gourmandises et de visages facétieux destinés à faire fuir les entités maléfiques.

 

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Noms et Etymologie d'Halloween

« Hall » est lié à la racine germanique « hel », qui a donné le mot anglais « hell » signifiant « enfer », mais ces termes ne doivent pas être interprétés dans un sens chrétien.

Halloween, que l'on appelle aussi Hallowmas, est la contraction des termes suivants:

« Hallowed Even » signifiant « Nuit Sacrée ».

« Alls-Souls-Eve » désignant la « Veille de toutes les âmes ».

« All Hallow's Eve/Evening » ou « Veille de la Toussaint ».

 

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Les Citrouilles d'Halloween

 

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Évidées, sculptées et garnies de bougies, elles défient l'obscurité de la nuit et sont considérées, dans les récits de veillée, comme très efficaces pour repousser les bêtes voraces et les esprits tourmenteurs.

 

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(Image du net)

 

Ces têtes lumineuses, rendues « vivantes » par les flammes des bougies, sont une réminiscence des feux que l'on allumait jadis à la limite des villages et des villes. Protectrices contre la peur du noir et les cauchemars associés au monde de l'enfance, elles favorisent la transmission des secrets et perpétuent une forme de connaissance orale qui nous prépare à affronter le monde de l'hiver.

 

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Elles sont omniprésentes dans les pays anglo-saxons où les enfants et les adultes, costumés et masqués, défilent dans les rues en brandissant des lanternes, des balais de sorcière et différents objets magiques. Les enfants frappent aux portes des maisons et prononcent la phrase consacrée « Trick or Treat » qui signifie « un bonbon ou un sort » ou « tu payes ou tu as un sort! » Messagers ludiques du monde des esprits, ils reçoivent des sucreries et de l'argent dans un sac ou un petit chaudron.

 

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Traditionnellement, les lampes d'Halloween étaient creusées dans de gros légumes que l'on ramassait vers l'équinoxe d'automne, aux alentours du 21 septembre. Racines, rhizomes et tubercules étaient transformés en lanternes flamboyantes pour repousser les démons tapis dans le noir.

 

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Pour conjurer le mauvais sort, les têtes lumineuses étaient placées à la croisée de plusieurs chemins (lieux associés aux apparitions du Diable et aux rituels des sorcières), à l'entrée des cimetières ou devant les bâtiments en ruines, repaires de rôdeurs maléfiques...

 

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La tradition des Rommelbootzen ou « têtes de mort de la Toussaint » existe toujours en Lorraine et en Moselle. De grosses betteraves creusées, ciselées en forme de visages grotesques sont illuminées par une myriade de bougies. Elles sont ensuite placées aux croisées de chemins, au pied des calvaires et sur le rebord des fenêtres. La coutume veut que les sculpteurs de betteraves y « transfèrent » un peu de leur âme.

 

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Image www.quevaucamps.be

 

Les racines relient le monde des profondeurs, celui de la mort nourricière et des esprits chthoniens, au monde de la surface où évoluent les vivants. Dans le folklore du nord de l'Europe, certaines racines sont « habitées » par de mystérieux esprits dont il faut se concilier les faveurs. Les légendes allemandes font référence à Rübezahl, le «compteur de navets» que l'on appelle aussi «Maître Jean», «Seigneur Jean» ou «Sire Jean», des noms qui désignent le Maître Obscur/le Diable.

 

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En Wallonie, ce sont les Lumerottes ou Grinche-Dents/Grignedins qui ont la cote auprès du public et surtout des enfants. Ils creusent des betteraves fourragères, appelées «racines d'abondance», et placent des bougies à l'intérieur. Ils accrochent chaque betterave à un fil et suspendent le fil à un bâton. Ils vont collecter des bonbons en faisant danser ces lumières étincelantes.

 

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Affiche du festival des « Betteraves Grimaçantes » qui se déroule tous les ans au château Saint Sixte de Freistroff, près de Bouzonville en Moselle. En 2015, les festivités auront lieu les 25, 28 et 31 octobre.

Pour effrayer les créatures de l'hiver qui approche, on glisse parfois des allumettes rouges dans la « bouche » des betteraves.

 

Le 11 Novembre, dans le Pas-de-Calais, des adultes et des enfants, réunis en processions joyeuses pour fêter Saint-Martin, tiennent des lanternes fantastiques constituées de courges, de betteraves, de potirons ou de pommes de terre. Ces masques végétaux, éclairés par des bougies, ravivent la tradition des Têtes flamboyantes qui marquaient la fin des travaux agricoles (fête des guénels).

 

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En Écosse, les enfants promènent une neepy candle, visage brasillant creusé dans un gros rutabaga (neep), destiné à chasser les êtres malveillants et à stimuler la venue des fées protectrices.

 

Qui peut donc prétendre qu'Halloween est purement américaine et n'a aucun lien avec «nous» alors que nous sommes en présence d'un fonds culturel commun qui a traversé les âges et s'est profondément enraciné dans l'inconscient collectif?

 

Les Citrouilles Indiennes

Quand les Irlandais, victimes de la famine, s'expatrièrent en masse vers les États-Unis, leurs croyances trouvèrent un écho dans celles des Amérindiens. Ces derniers célébraient l'arrivée des jours sombres et le retour sur la terre des âmes des défunts, venues donner du courage et de la force aux vivants.

 

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Winslow Homer (1836-1910), la Citrouille, 1878, aquarelle.

 

Peintre américain, Winslow Homer fut attiré par l'Impressionnisme avant d'orienter sa palette entre Réalisme et Symbolisme. Reporter dessinateur pendant la Guerre de Sécession, il peignit le quotidien des militaires et s'intéressa au monde rural, aux animaux et aux mouvements oniriques de l'océan. Il aimait illustrer d'anciennes comptines et des chansons associées au folklore anglo-saxon.

 

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Winslow Homer, « For to be a Farmer's boy », 1887.

 

Dans cette aquarelle qui évoque une chanson populaire anglaise, liée au thème du soleil couchant, la belle couleur gourmande de la citrouille se dévoile à travers les brumes de novembre. L'artiste met en scène un jeune garçon dans un univers empreint d'une douceur mystérieuse, sublimé par le moment où la clarté du soleil se dilue derrière les collines. Fantasmagorique, le monde des citrouilles entre en symbiose avec les forces nourricières et mortifères de l'automne tout puissant.

 

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Originaires d'Amérique, les grosses citrouilles oranges (pumpkin), se développent sur des lianes luxuriantes. Leur peau épaisse se partage en quartiers. Leurs grandes feuilles vert vif forment des vrilles décoratives. Leurs fleurs jaune d'or en forme d'entonnoir se forment à la fin du printemps. Gorgées de graines au moment d'Halloween, elles évoquent la mort et la fécondité, la connaissance et les liens subtils entre les mondes. Leurs graines rissolées sont des trésors de vitamines et d'énergie.

 

Dans certaines tombes mayas, on a retrouvé des citrouilles fossilisées, âgées de plus de 6500 ans.

 

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Le potiron vient aussi des Amériques. Ce beau fruit se distingue par ses couleurs variées, du rouge vif au vert foncé en passant par l'orange lumineux. Sa chair appétissante excite les papilles et stimule l'imagination des gourmands. Sa chair est moins filandreuse et plus sucrée que celle de la citrouille.

 

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Courges musquées, butternut ou spaghetti, giraumons, potimarrons, pâtissons... le monde des cucurbitacées nous régale de ses saveurs. Avec leurs couleurs solaires et leurs étranges silhouettes, ces «merveilles végétales» sont les emblèmes d'Halloween.

 

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La légende de Jack O'Lantern

 

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Jack était un fermier irlandais, buveur impénitent qui écumait les pubs et les auberges de son petit village. Une nuit d'Halloween, alors qu'il déambulait dans les rues en quête d'une âme désireuse de lui offrir à boire, il aperçut un jeune homme élégant à la croisée de plusieurs chemins. Il l'interpella et l'inconnu se transforma en pièce luisante qui roula sur le sol. Jack ramassa la pièce et se précipita vers la première taverne venue. Sans le savoir, il avait conclu un pacte avec le Diable mais comme sa bourse était protégée par une serrure en forme de croix, Satan dut lui accorder une année supplémentaire de vie, en toute tranquillité.

 

Une fois le délai écoulé, le Diable vint chercher Jack mais ce dernier le berna en le faisant grimper dans un arbre. Incapable d'en redescendre, Satan dut accepter que Jack ne soit jamais emporté en Enfer.

 

Quand Jack mourut, les portes du Paradis se refermèrent devant lui en raison de ses nombreux pêchés. Il devint une âme errante et dut s'éclairer dans l'obscurité avec un gros navet qu'il avait rempli d'un peu de braise, subtilisée aux abords de l'Enfer.

 

On peut le rencontrer, la nuit d'Halloween, sur les vieilles voies ténébreuses. Solitaire, il porte une énorme citrouille sur le dos...

 

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Ainsi, dans la nuit « entre les temps », à l'instar de Jack O'Lantern, vont les moissonneurs d'âmes, enfants de la Faucheuse. Ils se déplacent à pied ou empruntent des charrettes, des barques et des carrosses inquiétants. Présente sous une multitude de formes, dans les légendes celtiques, la mort est initiatique et nourricière. Dans les légendes celtes, elle attend le roi et ses guerriers au creux d'un chaudron magique, puits ouvert sur le monde d'en bas, espace temps d'épreuves et de dangers qui régénèrent l'impétrant et renouvellent les forces de la communauté. Entre Halloween et la Toussaint, la mort creuse ses inéluctables sillons mais la vie est là, dans la chaleur ondoyante des flammes, les gourmandises partagées, les facéties des enfants...

 

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Vous pourrez trouver dans l'article cité plus haut (Sortilèges d'Halloween et traditions de la Toussaint) des renseignements plus approfondis encore sur le thème de la chevauchée des sorcières, l'histoire de la Toussaint en France et en Europe, le personnage de l'Ankou en Bretagne, les célébrations du Jour des Morts au Mexique, la symbolique du chrysanthème...

 

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Illustration de Richard Lank

 

En attendant nos prochains échanges, je vous souhaite un mois de Novembre riche d'une multitude de petits bonheurs et de plaisirs gourmands à partager avec ceux que vous aimez. Mes pensées volent aussi vers les personnes qui souffrent et les êtres chers qui ne sont plus là...

 

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Prenez bien soin de vous, merci encore pour vos gentils messages et gros bisous !

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #cain, #hotel, #musee, #paris, #square

 

 

 

Chers aminautes, les messages que vous m'avez envoyés à l'occasion du quatrième anniversaire de mon blog m'ont fait très plaisir. Merci également pour votre soutien concernant ma santé. Je pense bien fort à vous. Gros bisous.

 

 

 

 

 

 

Loin du tumulte de la ville, au coeur du quartier du Marais, s'ouvre un lieu paisible au charme romantique, jardin muséal où les saisons dansent sur les vestiges de l'histoire de Paris. Mes photos ont été prises à différentes périodes, ce qui permet de découvrir une myriade de couleurs et d'atmosphères.

 

 

 

 

 

 

Au XIIIe siècle, l'espace était occupé par des terrains maraîchers, baptisés couture/culture Sainte-Catherine. Ils étaient la propriété des chanoines de Sainte-Catherine-du-Val-des-Écoliers, protégés par Saint-Louis (1214-1270) et Philippe III dit le Hardi (1245-1285).

 

 

 

 

 

 

Le square Georges Cain fut créé en 1923 à l'emplacement des jardins de l'Hôtel Le Peletier de Saint-Fargeau, construit en 1688 sur les plans de Pierre Bullet (1639-1716), architecte du Roi et de la Ville, pour le compte de Michel Le Peletier de Souzy (1640-1725), conseiller d’État et Intendant des finances du royaume.

 

 

 

En 1863, les jardins de l'Hôtel furent transformés en Compagnie Générale de la Poste aux Paquets et des Transports Internationaux. L'activité de cette Poste Centrale ou « gare du factage parisien » dura jusqu'en 1913.

 

 

 

 

 

 

En 1989, l'Hôtel Le Peletier de Saint-Fargeau fut rattaché à l'Hôtel Carnavalet, devenu musée de l’Histoire de Paris mais notre visite concerne le square Georges Cain.

 

 

 

 

 

 

Ouvert au public en 1931, il est attenant au musée Carnavalet et borde la rue Payenne et ses élégants hôtels particuliers. On y admire les sobres façades de l'ancienne orangerie de l'Hôtel Le Peletier de Saint-Fargeau.

 

 

 

 

 

 

L’orangerie fut construite, à la fin du XVIIe siècle, à l'emplacement de ce qu'on appelait le Petit Arsenal. Rythmée par douze grandes fenêtres symétriques, elle forme un écrin autour des collections archéologiques de la Ville de Paris. On peut y contempler les objets découverts à Bercy en 1991.

 

 

 

Le long d'un chenal de la Seine, ont été retrouvés les vestiges d'un village âgé de 6000 ans: des outils, des figurines, des céramiques, un arc en bois d'if et un ensemble de pirogues monoxyles (taillées dans une seule pièce) de chêne qui ont rejoint les collections permanentes du musée Carnavalet.

 

 

 

Des photos de ces découvertes sont visibles dans mon article intitulé : Le jardin romantique de Bercy.

 

 

 

 

 

 

Le square porte le nom de Georges Cain (1856-1919), peintre, illustrateur, écrivain et conservateur du musée Carnavalet, de 1897 à 1914. Fils du célèbre sculpteur animalier Auguste Cain (1821-1894) et frère du romancier, dramaturge, peintre et graveur Henri Cain (1857-1937), il est l'auteur d'ouvrages consacrés au Paris d'autrefois, comme Les pierres de Paris (1910), Promenades dans Paris, Anciens théâtres de Paris ou encore Guide explicatif du musée Carnavalet (1903).

 

 

 

Le Square Georges Cain

 

 

 

Cet espace vert est aussi un dépôt lapidaire destiné à abriter des vestiges de monuments disparus, la plupart ayant été détruits par les incendies de la Commune. Ces pièces archéologiques ressuscitent l'histoire mouvementée de Paris.

 

 

 

 

 

 

On découvre ainsi la rosace d'un plafond de l'ancien Hôtel de Ville, des éléments du pavillon central des Tuileries, des chapiteaux, des mascarons et des morceaux de colonnes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette photographie d'Hippolyte-Auguste Collard (prise entre 1871 et 1874 et conservée au musée Carnavalet (Ph 9714), décrit les ruines de l'Hôtel de Ville, érigé par Dominique de Cortone dit Le Boccador (1465-1549).

 

Le 24 mai 1871, le bâtiment fut dévoré par un incendie allumé sur l'ordre de Jean-Louis Pindy (1840-1917). Les flammes détruisirent une bibliothèque de près de cent mille volumes, une collection unique de cartes et de plans, les registres paroissiaux d'état civil du XVIe siècle à 1860 et une profusion de sculptures, de meubles et de tableaux.

 

 

 

Hippolyte-Auguste Collard est connu pour avoir effectué, entre 1857 et 1885, des reportages photographiques sur la construction des ponts et des ouvrages d’art parisiens. Pendant la Commune, il immortalisa le souvenir des barricades dressées dans Paris et réalisa une remarquable série de vues des ruines de la capitale après l'embrasement du 24 mai 1871.

 

 

 

 

Un encadrement de fenêtre issu de l'hôtel de Thou, autrefois situé au numéro 14 de la rue des Poitevins, dans le 6e arrondissement de Paris.

 

 

 

 

 

 

Sur cette photo datant de 1868 et réalisée par Charles Marville (1813-1879), on aperçoit -tout au fond- la porte de l’hôtel de Thou qui abritait le siège de la librairie-imprimerie de Charles-Joseph Panckoucke (1736-1798), célèbre éditeur du XVIIIe siècle. Il accueillait aussi les bureaux de la Gazette de France, du Mercure de France, du Journal de Genève, de l’Encyclopédie Méthodique et plus tard du Moniteur Universel, qui deviendra le Journal officiel de la République Française. (Photo Musée Carnavalet).

 

 

 

 

 

 

Des ornements issus du Palais des Tuileries mais aussi du château de Saint-Germain-en-Laye, comme ces Renommées du XVIIe siècle, ont « survécu » aux affres du temps, dans le square Georges Cain.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette photo décrit les restes fantomatiques du Palais des Tuileries avec, en arrière-plan, l’Arc de Triomphe du Carrousel. Inauguré en 1809, il fut construit entre 1806 et 1808 par Charles Percier (1764-1838) et Pierre Fontaine (1762-1853).

 

 

 

 

 

 

Le Palais, né du souhait de Catherine de Médicis (1519-1589), fut incendié pendant la Commune par une trentaine de fédérés sous les ordres d’un garçon boucher du nom de Benot. La dernière résidence des rois de France brûla pendant trois jours.

 

 

 

La décision fut prise de démolir les restes du monument en 1879. Les ruines furent rasées en 1883, les vestiges dispersés dans Paris et le fronton du Palais, orné de trophées, fut installé dans le square Georges Cain.

 

 

 

 

 

 

Voici ce qu'il en reste aujourd'hui, avec l'horloge noircie par le feu. Les armes des rois de France ont disparu.

 

 

 

 

 

 

Dans le Musée Noir (1946), l'auteur surréaliste André Pieyre de Mandiargues (1909-1991) écrit, au sujet du square : « Il s'agit d'une sorte de jardin tzigane ou parfois les séraphins s'exaltent, et parfois les démons, où ne s'ouvrent parfois les grilles que sur un décor silencieux et vide devant lequel s'érige, avec autant de présence que dans un désert roux, la silhouette et les monolithes depuis trente siècles éclatés, l'attente, cette cathédrale morose hantée par le solitaire. »

 

 

 

 

 

 

Entre ombre et lumière, quand on traverse le jardin musée on peut se demander où vont mourir les vieilles pierres, celles qui sont jetées ici-bas après avoir été arrachées à l'ossature des palais et des temples ? Qu'ont-elles gardé de la mémoire des évènements et comment les regardons-nous aujourd'hui ? Avons-nous bien conscience de leur importance et de leur fragilité ? Ne meurent-elles pas plus vite si notre attention leur fait défaut ?

 

 

 

 

 

 

Ainsi, des éléments de sarcophages mérovingiens et des stèles anciennes émergent de l'herbe haute mais leur histoire a été oubliée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les secrets qui hantent ces visages se délitent parmi les fleurs...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La provenance de ces oeuvres n'est pas précisée.

 

 

 

 

 

 

Le Temps, qui continue à faire son oeuvre, est personnifié par un vieillard aux ailes déployées, au fond du square, sur le fronton de la façade arrière de l'hôtel Le Peletier de Saint-Fargeau.

 

 

 

 

 

 

«Saturne tenant d’une main sa faux, ayant à ses pieds une horloge de sable et s’appuyant sur une colonne brisée où l’on a tracé les heures pour servir de cadran» domine une façade perpendiculaire à l’Orangerie, bâtiment d’un étage surmonté d’un comble brisé, éclairé par treize fenêtres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La porte-fenêtre centrale est surmontée d’un fronton où une figure de la Vérité fait écho au Temps de la façade principale. Ces deux hauts-reliefs sont attribués à Laurent Magnier (1615-1700), sculpteur dont les oeuvres sont particulièrement représentées à Versailles et aux Tuileries.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le miroir de la Vérité est orienté vers le vieux Saturne, gardien de la mémoire des lieux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A la tombée du soir, les visiteurs découvrent une oeuvre d'art contemporaine : Le Rossignol de Heinz. Cette création sonore est emblématique du travail atypique d'Éric Samakh, artiste né en 1959. Grâce à un capteur solaire, un module acoustique « analyse les paramètres climatiques qui influent sur le comportement d'un oiseau, et commande un lecteur de disque compact qui diffuse le chant d'un rossignol philomèle, enregistré au château de Sauvigny en mai 1990. » (Extrait d'une notice parue sur le site du Musée Rodin.)

 

 

 

Erik Samakh est enseignant à l'école supérieure d'Art des Pyrénées et reconnu internationalement pour ses réalisations qui composent une alchimie d'éléments naturels et de technologies modernes. Grâce à des travaux très poussés sur le son, il cherche à établir un dialogue subtil entre l'homme et son environnement. Là où l'image est dominante, il s'emploie à attirer notre attention sur l'importance du son et l'art d'écouter.

 

 

 

 

 

 

Comme vous le constatez, le square Georges Cain est un lieu particulièrement remarquable. En son coeur, se dresse « Île de France », beauté de bronze dont Aristide Maillol (1861-1944) fut le concepteur. Je vous conterai l'histoire de cette statue dans un prochain article.

 

 

 

En attendant de vous retrouver, je vous souhaite plein de belles choses... Tendres pensées !

 

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #annees, #bougies, #certains, #operation, #quatre

 

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Les couleurs de Paris aux Tuileries...

 

Le temps caracole... Fidèles lectrices et lecteurs, quatre années se sont écoulées depuis la création de mon blog. Depuis septembre 2011, vous semez des pensées d'amitié dans mon jardin de la toile et les liens que nous avons tissés me sont précieux. Merci pour vos attentions multiples, votre constance et votre sensibilité!

 

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En fonction des contraintes dues à mon état de santé, je continuerai avec passion de vous montrer Paris au fil de mes articles, guidée par le plaisir de voyager entre histoire de l'art, poésie, folklore, songe et mythologie... J'aimerais être plus présente mais ma pathologie se rappelle à moi très douloureusement, plusieurs fois par jour, en dépit de l'opération que j'ai subie.

 

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Comme certains d'entre vous le savent déjà, l'opération n'a pas fonctionné. Pendant deux mois, la situation semblait meilleure, nous avons espéré une réelle amélioration et nos espoirs ont été « douchés ». J'ai passé l'été à souffrir, aux prises certains jours avec quatre à cinq crises d'épilepsie et des douleurs intolérables. Les médecins sont désolés... Je vous donnerai des nouvelles dès que j'aurai reçu les résultats de mes derniers examens. N'oubliez pas que je pense à vous, même si je limite mes venues sur le net, et que je me réjouis de partager photos et textes quand je le peux.

 

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Malgré l'adversité, l'avenir nous tend les bras alors pour ces quatre années de joie, de partage et pour tout ce que vous m'avez apporté je veux vous dire à nouveau...

 

MERCI

 

et vous embrasser chaleureusement !

 

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Plume

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