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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

Publié le par maplumefee
Publié dans : #bercy, #entrepot, #louis, #paris, #vin

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 Une rose pour vous dire merci!

 Merci d'avoir pris, si gentiment, de mes nouvelles pendant les semaines « troublées » que j'ai vécues. Vous avez toujours été là et vos petits mots, vos cartes postales et vos mails m'ont beaucoup touchée. Je vous souhaite, ainsi qu'à vos familles, une excellente rentrée.

 

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Les vignes de Bercy

 

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En cheminant vers l'automne, je vous invite à une promenade, gorgée de mille et une saveurs entre les vignes de Bercy. Elles s'épanouissent dans un parc aux ombrages luxuriants, aménagé en 1995 à l'emplacement d'entrepôts viticoles qui ont été fermés aux alentours de 1970. (Les premières fermetures ont débuté dans les années cinquante.)

 

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Les rues pavées, traversées par des rails sur lesquels circulaient les wagons remplis de tonneaux, ont été conservées.

 

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Le parc nous offre une grande variété de paysages, entre végétation exotique, ilots romantiques, orangerie, roseraie, bassins peuplés de nénuphars et de poissons, labyrinthe et jardin de senteurs mais bien avant que l'âge d'or du vin ne rayonne en ces lieux, Bercy fut une terre de prédilection pour les peuples qui venaient du fleuve.

 

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Le long d'un chenal de la Seine, on retrouva en 1991 les vestiges d'un village âgé de 6000 ans: des outils, des figurines, des céramiques, un arc en bois d'if et un ensemble de pirogues monoxyles (taillées dans une seule pièce) de chêne qui ont rejoint les collections permanentes du musée Carnavalet.

 

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(Photo musée.)

 

Avant Bercy, il y eut Percy, nom qui apparut au XIIe siècle dans un acte de donation du roi Louis VI le Gros (1081-1137) aux moines de l’abbaye de Montmartre. Puis il y eut la « Grange de Bercix » et, en 1415, l'établissement de la première Seigneurie de Bercy, sous l'obédience de la puissante famille de Montmorency.

 

Les demeures de plaisance se développèrent sous le règne de Louis XIII (1601-1643) et le village de Bercy connut un formidable essor au temps de Louis XIV (1638-1715).

 

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Au XIXe siècle, Bercy avait la réputation d'être le plus grand centre mondial de négoce de vins et de spiritueux mais, au XIIIe siècle, le vignoble parisien était déjà considéré comme l'un des plus importants d'Europe.

 

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Les Vendanges, d'après le manuscrit des Très Riches Heures du Duc de Berry (début du XVe siècle).

 

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A l'origine du premier entrepôt vinicole

 Un jour de 1704, Louis XIV assistait à la messe à l'église Notre-Dame-de-Bercy quand son attention fut attirée par un homme qui semblait se tenir debout parmi les fidèles agenouillés. Un garde se précipita mais il constata que l'homme, un vigneron de Bourgogne, était bel et bien à genoux. Solide comme un chêne et doté d'une taille de géant, il dominait de plusieurs têtes chaque membre de l'assemblée. A la fin de l'office, le roi voulut le rencontrer. Le vigneron s'empressa de lui expliquer les difficultés qu'il rencontrait pour créer un commerce à Paris. Amusé par son étonnante stature et son franc parler, Louis XIV lui assura qu'il pourrait vendre chaque année ses vins, affranchis de tous droits, sur la grève de Bercy. Cette promesse fit date. Ainsi naquit le premier entrepôt.

 

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Extrait du plan de la ville de Paris de Roussel, établi aux alentours de 1730.

 Bercy devint, aux portes de la capitale, un territoire prisé des seigneurs de la Cour et des puissants financiers, aimantés par le prestige de certaines demeures et le fastueux Château de Bercy.

 

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 Celui-ci fut édifié, à partir de 1658, par François Le Vau (1613-1676), frère du célèbre architecte Louis Le Vau, pour Charles Henri de Malon de Bercy, marquis de Nointel, petit-neveu de Colbert et intendant des finances de Louis XIV.

 

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 André Le Nôtre y réalisa de magnifiques jardins, comme en témoignent les tableaux de Pierre-Denis Martin (1663-1742), peints vers 1725-1730 et conservés dans la salle à manger du château de Brissac (Maine-et-Loire). Derrière la façade principale du château, on distingue le donjon du château de Vincennes.

 

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 Nous ne pouvons qu'apprécier la finesse des topiaires d'if et des parterres de broderies sans oublier les silhouettes animées des deux jardiniers qui brandissent pelle et râteau.

 

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 Cette vue cavalière du château nous montre que les jardins, qui s'étageaient jusqu'à la Seine, attiraient de nombreux visiteurs.

 

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 On aperçoit l'une des chaloupes de Bercy, embarcations très en vogue et richement décorées qui longeaient les berges du fleuve.

 

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 Des lions bordaient l'allée centrale qui se déployait jusqu'à une « terrasse du bord de l'eau ».

 

Le château de Bercy était également connu pour ses boiseries, somptueux témoignage de l'Art Rocaille. Certaines furent préservées et réinstallées au Palais de l'Élysée et dans plusieurs hôtels particuliers de Paris.

 

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 Ces deux photographies d'Eugène Atget (1857-1927), datées de 1909, montrent l'une des portes du château remontée dans l'hôtel de la comtesse de Cosnac, au numéro 33 de la rue de l'Université, dans le VIIe arrondissement de Paris.

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Très dégradé après la disparition du dernier héritier de la famille Malon de Bercy, le château fut détruit en 1861 et de nombreuses auberges et guinguettes s'installèrent sur les bords de Seine. Dans ce qu'on appela le « Joyeux Bercy » se mélangèrent négociants, ouvriers, amateurs de vins avec ou sans le sou, artistes en goguette ou en quête d'inspiration. Ils fréquentaient des établissements comme le Rocher de Cancale, les Marronniers, la Pomme d'Or et le Soleil d'Or...

 

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Les premiers magasins à vin furent établis sur les rives de la Seine mais au XIXe siècle des entrepôts furent construits à l'emplacement des magnifiques propriétés des XVIIe et XVIIIe siècles qui portaient des noms évocateurs de fortune et de villégiature: le Petit-Bercy, la Folie Rambouillet (fort appréciée pour ses vastes jardins ouverts au public) ou le domaine des frères Paris. Les entrepôts se dressaient à l'extrémité de la barrière d'octroi de la Rapée, ainsi les vins n'étaient pas soumis à l'impôt.

 

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La barrière de La Rapée, d'après un dessin de Sébastien-Joseph Misbach (1775-1853). (http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b77.)

 

Cette barrière, érigée par Claude-Nicolas Ledoux (1736-1806), appartenait à une ceinture de monuments néoclassiques appelés « Propylées de Paris ». Elle se situait au niveau du pont de Bercy et portait le nom d'un ancien commissaire aux guerres du roi Louis XV.

 

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Gravure issue du Moniteur Vinicole, Journal de Bercy et de l'Entrepôt.

 

En 1825, le baron Joseph-Dominique Louis (1755-1837), ministre des Finances, acquit plusieurs terrains sur lesquels se trouvaient de vieux entrepôts qu'il fit réaménager.

 

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En 1860, la commune indépendante de Bercy fut dissoute et partagée entre Paris et Charenton. Dans le même temps, la consommation de vin augmenta dans la capitale.

 

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Les bateaux remontaient la Seine, chargés de tonneaux, et leur précieuse cargaison était acheminée par wagon-citerne, depuis la gare de La Rapée (aujourd'hui disparue) jusqu'aux chais qui abritaient une profusion de vins de Bourgogne et du Beaujolais.

 

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A partir de 1869, les entrepôts furent rénovés et agrandis et, en 1877, deux grands entrepôts furent construits, sur les plans d'Eugène Viollet-le-Duc (1814-1879), près de la prospère Halle aux Vins.

 

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Wagons-foudre photographiés par Jacques Boyer.

 Vers 1880, ces wagons composés d'un ou deux tonneaux de chêne fixés sur une surface plate, dévolus au transport du vin, se généralisèrent.

 

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Le lieu devint une fourmilière pour de nombreux corps de métiers.

 

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Les tonneliers, vers 1900.

 

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Les soutireurs de vin.

 

Le soutirage du vin consiste à changer le vin de contenant afin de l'oxygéner et à retirer les premières lies issues de la fermentation, sans les agiter. Il faut être vigilant pour éviter l'oxydation du breuvage.

 

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Le dépotage du vin, opération visant à ôter les sédiments de fond de cuve, les débris végétaux et certaines cristallisations.

 

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Le filtrage ou clarification du vin, photographie de Jacques Boyer. A cet effet, on utilisait du blanc d'oeuf aussi croisait-on, le long des entrepôts, un personnage chargé de vendre les jaunes récupérés. On l'appelait le « jaune d'oeuf ».

 

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Le contrôle des vins.

 

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La berge des entrepôts en 1900, agence Roger Viollet (LL-28242A).

 

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Le quai de Bercy, 1907, par Maurice Branger (BRA-28878).

 

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Pendant la crue de 1910, la Seine transforma Bercy en une ville lacustre, créant une étendue d'eau plus de cinq mètres de profondeur et hissant tonneaux et fûts, à certains endroits, jusque dans les arbres et sur le toit des maisons.

 

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Image Le Monde.fr


L'architecture des entrepôts fait aujourd'hui partie intégrante d'un quartier neuf et d'une zone de commerces et de loisirs qui porte le nom d'une ville d'Aquitaine, célèbre pour ses grands crus et son patrimoine historique exceptionnel: Saint-Émilion.

 

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Les ruines des entrepôts, photographiées en 1984.

 

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Les Chais Lheureux, appelés aujourd’hui Pavillons de Bercy, bordent la rue des Pirogues de Bercy. Créés en 1886 par Louis-Ernest Lheureux (1827-1898), élève de Victor Baltard, le célèbre architecte des Halles de Paris, ils furent l'épicentre d'une activité intense, activité qui déclina avec la destruction des fortifications de Thiers entre 1920 et 1929. Restitués dans leur état d’origine, ils présentent des murs épais en pierre de meulière et de belles ouvertures voûtées. Ils dominent des rues aux noms évocateurs (Chablis, Mâcon, Pommard...) dont les pavés ont été classés à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques.

 

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Une vue des lieux en 1908.

 

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On y trouve aujourd'hui un cinéma, d'agréables boutiques, des restaurants et d'excellents salons de thé.

 

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Un des anciens chais a été conservé dans le parc. Tout en briques, il domine un potager pédagogique et constitue pour les amis des jardins un agréable lieu de rencontre et de rêverie.

 

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Chaque année, plusieurs milliers de petits parisiens viennent s'y familiariser avec les techniques du jardinage biologique. Ils y font pousser des fleurs mellifères, des fruits savoureux et des herbes aromatiques grâce à du compost et du mulch faits maison.

 

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Le mulch est constitué, dans le potager de Bercy, de fragments de bois, de paille, de tontes de gazon, de feuillages divers, d'ortie et de fougère. Dans le commerce, il se compose d'un mélange d'écorces de pin, de paillettes de lin ou de chanvre et de coquilles de fèves de cacao concassées appelées mulcao. Il est utilisé contre les herbes indésirables au printemps, contre la sécheresse estivale et les premiers froids de l'automne. Il permet aussi d'améliorer la structure des sols.

 

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Les enfants y rivalisent de créativité. Je vous présente Blue Pom, l'épouvantail fétiche de l'école Pommard, dans le 12e arrondissement de Paris.

 

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Et monsieur Chat, l'ami de la sorcière des bois...

 

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Les fleurs s'offrent, luxuriantes, à la caresse du soleil.

 

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En quittant le chai et en suivant les anciens rails, on découvre une insolite cheminée tronconique de brique rouge autour de laquelle s'épanouissent 400 pieds de chardonnay et de sauvignon ainsi que du raisin de table de grande qualité: muscat de Saumur et de Hambourg, raisin bleu de Frankenthal et chasselas de Fontainebleau aux grains d'or.

 

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Le vignoble de Bercy se déploie sur une superficie de 660 m2, au voisinage des tours de la Bibliothèque Nationale de France.

 

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Après avoir disparu dans les années 1940, en grande partie à cause du phylloxera et du mildiou, la vigne est aujourd'hui de plus en plus représentée dans le tissu francilien. On en trouve à Suresnes, au Clos du Pas Saint-Maurice, dans les Hauts-de-Seine; au flanc de la Butte Montmartre; au pied des vestiges de l'ancienne abbaye de Saint-Germain-des-Prés, dans le square Félix Desruelles (VIe arrondissement de Paris); dans le jardin du presbytère de l’Eglise Saint-François Xavier, Boulevard des Invalides (VIIe arrondissement); au Parc Georges Brassens (XVe arrondissement ), au Parc de Belleville, à Bagatelle, à Bagneux ou encore au Trianon de Versailles.

 

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Depuis des années, des passionnés redonnent vie à ces vins franciliens qui fournissaient autrefois les tables les plus prestigieuses.

 

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D'après le journaliste Alain Poret, auteur d'un ouvrage intitulé Histoire du grand vignoble d'Île-de-France, de la Gaule à nos jours: «A son apogée, au XVIIIe siècle, l'Île-de-France était la plus grande région viticole de France avec 42 000 ha, contre 35 000 à la Champagne et 18 000 pour l'Alsace.»

 

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Bibliographie

 AUDOT Louis-Eustache: Traité de la composition et de l'ornement des jardins: avec cent soixante et une planches représentant, en plus de six cents figures, des plans de jardins, des fabriques propres à leur décoration, et des machines pour élever les eaux. Paris: Audot, éditeur du Bon Jardinier, 1839. (Rue du Paon, 8, école de Médecine.)

 

BERTOUT DE SOLIÈRES F: Fortifications de Paris à travers les âges. Rouen: Girieud, 1906.

 

CHADYCH Danielle: Le guide du promeneur, 12e arrondissement. Paris: Parigramme, 1995.

 

PORET Alain: Histoire du grand vignoble d'Île de France, de la Gaule à nos jours. Presses de Valmy, Daniel Bontemps éditeur.

 

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Le parc de Bercy recèle encore bien des trésors que je vous ferai découvrir dans un prochain article. En attendant que mûrissent les grains rubis et or, je vous souhaite une excellente visite, en remerciant ceux qui m'ont écrit pendant ma pause et ceux qui se sont promenés, silencieusement, dans mon espace ainsi que mes nouveaux abonnés.

 

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Soyez gourmands, faites vous plaisir et consommez « avec modération » le précieux élixir de la Dive Bouteille!

 

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George E Forster (1817-1896): Fruits et vin blanc.

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #eau, #ile, #paris, #pont, #seine

 

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Je vous invite sur les bords de Seine, en cet été 2013 où flâner dans la capitale et laisser voguer rêves et pensées au fil de l'eau est particulièrement agréable.

 

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La Seine se déploie, majestueuse, entre les berges bordées de monuments historiques et la treizième édition de Paris Plages nous offre un accès privilégié aux ponts et aux couleurs changeantes du fleuve.

 

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Nous profitons d'une exposition intitulée « Regardez Monsieur Monet comme la Seine a changé! »

 

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Cette exposition dont je vous parlerai en détail à la rentrée est fondée sur la mise en perspective de reproductions d'oeuvres de Claude Monet et de photographies illustrant les changements des bords de Seine depuis un siècle.

 

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La Seine, gigantesque serpent d'eau nourricier aux mémorables « colères », est indissociable de la naissance, de l'expansion et de la prospérité de Paris.

 

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Elle est la voie navigable la plus fréquentée de France et une source d'inspiration pour les artistes depuis des siècles. En pleine Révolution Industrielle, Claude Monet fut un témoin privilégié de ses humeurs et de ses transformations. Il décrivit aussi les promenades au fil de l'eau et les loisirs nautiques prisés par une société en quête de villégiature.

 

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La Seine à Argenteuil, 1875.

 

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Le canal Saint-Martin, le 4 mars 1894.

 

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Autrefois, quand elle n'était pas retenue par de fortes digues, la Seine charriait beaucoup de sable, de grosses pierres, des arbres et différents déchets organiques. Tour à tour placide et tempétueuse, elle formait une myriade de petites îles et de bancs limoneux. Certaines de ces îles, bordées de roseaux et de saules, étaient exploitées au Moyen-âge. Hormis l'île de la Cité et l'île Saint-Louis, constituée de l'île Notre-Dame et de l'île aux Vaches, elles ont aujourd'hui disparu.

 

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Une journée radieuse, le regard suspendu entre le ciel et les moires de l'eau...

 

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avant de contempler les façades de l'Île Saint-Louis, hiératiques derrière les arbres ivres de lumière.

 

L'île est environnée de quatre quais en pierre de taille garnis de beaux et puissants parapets, le quai Bourbon, le quai d'Orléans, le quai de Béthune et le quai d'Anjou. Je publierai bientôt des articles sur le sujet ainsi qu'une abondante bibliographie.

 

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La plupart des hôtels qui dominent l'eau étaient autrefois habités par des magistrats de cours souveraines. Sous les grands ombrages, l'île Saint-Louis nous invite à redécouvrir ses secrets et pour cela, il faut traverser le pont Marie, construit à l'initiative de Christophe Marie, entrepreneur-général des ponts de France. Le roi Louis XIII, alors âgé de treize ans, posa la première pierre de ce pont à cinq arches, le 11 décembre 1614, sous la régence de sa mère Marie de Médicis.

 

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Le pont fut ouvert à la circulation en 1635 et surmonté de cinquante maisons mais, dans la nuit du 1658, une crue de la Seine emporta deux arches et vingt-deux maisons, ce qui coûta la vie à près de soixante personnes. La communication avec l'île ne fut rétablie qu'aux alentours de1660, grâce à un pont de bois.

 

Les deux arches de pierre ne furent reconstruites qu'en 1667 et à partir de 1769, la décision fut prise de démolir les maisons érigées sur les ponts dans la crainte de nouvelles crues.

 

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A travers les arches du pont Marie, on aperçoit le pont Louis-Philippe qui subit de nombreuses modifications après la pose de la première pierre, le 29 juillet 1833. Le pont actuel fut construit entre août 1860 et avril 1862, un peu plus en amont que le précédent ouvrage.

 

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Je vous emmènerai bientôt visiter l'île Saint-Louis, ses quais, ses portes, ses façades remarquables, ses détails d'architecture et ses ornements mystérieux. J'ai collecté de nombreuses photos depuis des années et des centaines de gravures et de plans dans le cadre de mon Doctorat alors je prends le temps nécessaire pour bien partager cette documentation.

 

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L'été, les berges de la Seine deviennent d'agréables lieux de villégiature que se réapproprient les touristes et les franciliens.

 

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Il est bien agréable de pouvoir se promener là où passent habituellement les voitures.

 

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Dans le vent et l'écume, les hommes du fleuve filent à toute allure.

 

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Il est encore tôt, la promenade est à nous!

 

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Ceux qui ont lu mes précédents articles sur Paris Plages savent que j'apprécie tout particulièrement la bibliothèque éphémère Flammarion, située à l'ombre du Pont Marie.

 

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Cette année je me suis installée dans ces drôles de poufs verts, ultra gonflés, hybrides de chamallows et de cocons ventrus...

 

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Une agréable invitation à la sieste et à la lecture.

 

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Ce n'est pas Christophe qui me contredira!

 

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Ou cette dame qui a dévoré son livre tout au long de l'après-midi...

 

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Demoiselle libellule bronze dans la lumière d'or.

 

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Rêveries littéraires dans le doux et mystérieux clapotis de la Seine.

 

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Lors des journées caniculaires de juillet, l'atmosphère très rafraîchissante du jardin des brumes était la bienvenue.

 

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Cette année encore, dans le contexte de Paris Plages, je me suis régalée à cheminer le long de la Seine et à photographier les charmes de la capitale au bord de l'eau.

 

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Tôt le matin, quand les couleurs semblent jaillir de la palette de monsieur Monet...

 

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et quand le soleil descend, aimanté par les scintillements de l'eau. A contrejour, de sombres mystères crépitent dans les profondeurs de la Conciergerie et dans les pierres de Notre-Dame.

 

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Laissons la ville écrasée de chaleur s'endormir doucement... Je vous conterai plus tard l'histoire des lieux, le marchand de sable m'enveloppe de son souffle doré.

 

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La plume fée se pose quelques temps. En attendant de vous retrouver, je vous souhaite un très agréable mois d'août. Je pense bien à vous, merci de votre fidélité!

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #artiste, #lanterne, #lumiere, #nuit, #peintre

BLOG EN MODE BUISSONNIER

 

Je vous souhaite un très bel été!

 

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Arthur Rackham (1867-1939), Le songe d'une nuit d'été, 1908.

 

Lovée dans la chaleur, suspendue au bleu de mes pensées, je contemple les étoiles et l'envie de laisser danser ma plume sur le papier monte, comme une vague, dans l'encrier de la nuit.

 

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Maxfield Parrish (1870-1966), Rêveries, 1913.

 

Nuit d'été

 

Valse rubis frisson d'argent

Au clair de lune miroitant

Le feu délie son écriture

Et nos secrets sous la ramure

 

Étreins ce chant né de la terre

Ivre de braise à l'horizon

Le chemin rouge de lumière

Serpente au souffle des moissons

 

La nuit a bercé le soleil

Courons au verger mystérieux

Ravir les étranges merveilles

Gorgées de la sève des dieux

 

Sais-tu que mon âme a dansé

Jusqu'aux nacres de l'océan

Insaisissable au bal des fées

Nue sous le chêne des amants

 

L'arbre où fusionnent les murmures

Et les sortilèges du temps

L'or émeraude et les diaprures

Le miel de l'ombre avec mon sang...

 

                                           Cendrine

 

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Maxfield Parrish, Étoiles.

 

A l'heure où les sirènes dansent

Le vent file sur son rouet

Cette étrange luminescence

Qui s'évapore en mots de fée...

 

Magiques nuits d'été...

 

Des paysages ambivalents de l'Angleterre Victorienne aux incomparables lumières du Nord de l'Europe, elles se parent de mystère et dévoilent leur beauté, inspirant de nombreux peintres au fil des époques.

 

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John Simmons (1823-1876), Nuit d'été.

 

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John Simmons, Une fée parmi les liserons.

 

Ce peintre, originaire de Bristol en Angleterre, exerça d'abord le métier de miniaturiste d'où l'extrême précision apportée aux détails entourant chacun de ses personnages. En pleine vogue préraphaélite, il se spécialisa dans la peinture de nus féeriques.

 

L'observation de la Nature était primordiale pour les artistes victoriens. La fée devint une muse de l'histoire naturelle, insufflant à l'artiste le désir de peindre le vivant, les pulsations des couleurs, les scintillements de la rosée, de la lumière et de l'eau.

 

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L'étoile du soir

 

Le ciel d'été est tapissé de nombreuses étoiles, diamants dont la luminosité envoûte ceux qui cheminent dans les méandres de la nuit. Au crépuscule jaillit Vénus, « l'étoile du berger », en orbite autour du soleil, qui se love dans le ciel du soir ou dans le ciel du matin.

 

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L'étoile du matin

 

Vénus nous aimante vers les nacres stellaires de la Voie Lactée. Les anciennes croyances nous chuchotent que les rêves s'y forment et que les voeux papillonnent dans l'immensité, gorgés du lait de la déesse Héra qui s'est répandu dans le ciel après que le héros Héraclès, encore nourrisson, l'ait tété en secret pour acquérir l'immortalité.

 

Au-dessus de nos têtes, nébuleuses et constellations tourbillonnent et serpentent dans le vaste univers entre sombres veines et filaments argentés.

 

De temps à autre, mue par une fabuleuse énergie gravitationnelle une étoile tombe dans un fracas de poussière opalescente.

 

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Witold Pruszkowski (1846-1896), peintre et illustrateur polonais, Étoile tombante, 1884.

 

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John Atkinson Grimshaw (1836-1893), Esprit de la nuit, 1879.

 

Artiste de l'époque Victorienne, préoccupé par les modifications industrielles de son temps, il excellait à peindre les clairs de lune, les effets de lumière changeante et les paysages aussi bien urbains que ruraux. Cette fée d'une nuit d'été est une émissaire de la magie des Anciens Mondes.

 

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Aux êtres sensibles d'ouvrir les yeux et de laisser cette beauté rayonnante leur emplir le coeur et l'esprit!

 

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Le pont de Battersea, 1885.

 

Dans l'Europe du Nord, les peintres nous dévoilent la magie des « Sommernacht » où règne le mystère, où l'impalpable se révèle aux heures confondues du jour et de la nuit, à la période du soleil de minuit.

 

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Edvard Munch (1863-1944), Sommernacht.

 

L'oeuvre est imprégnée de cette lumière bleutée typique des nuits de l'été nordique. Les tons se rencontrent dans un savant ruissellement d'énergie animé de forts contrastes. Cette puissance chromatique fut remarquée par les artistes phares du Fauvisme: Raoul Dufy, Albert Marquet, André Derain, Henri Matisse...

 

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Prince Eugène (Eugen) Napoléon Nicolas de Suède (1865-1947), Nuages de nuit.

 

Ce prince du Nord était un collectionneur et un paysagiste émérite.

 

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Nuit d'été

 

Il décrivit avec une remarquable finesse cet état mystérieux où la Nature ne s'endort pas. Grâce à une facture douce, sensible et une imprégnation profonde de la beauté des éléments, le paysage se dévoile au coeur de la fine brume de nuit.

 

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Laurits Andersen Ring (1854-1933), peintre symboliste danois. Soir d'été sur le fjord de Roskilde, vers 1885.

 

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Eilif Peterssen (1852-1928), Nuit d'été, 1886.

 

Une oeuvre néo-romantique qui ressemble à une photographie et qui nous aimante vers le reflet du ciel et de la lune au creux de l'étang.

 

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Un subtil mélange de nuances variées de bleu compose la palette de ce ciel d'été nordique. En ces lieux, la nuit ne tombe pas et le ciel se mélange à la beauté réelle et fantasmée de l'eau, dans un concert de notes saphir, émeraude, jade et violacées.

 

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Eilif Peterssen, Nocturne, 1887.

 

Les nuits d'été ont leurs muses et leurs nymphes, leurs beautés rêveuses ou alanguies dans la moiteur enveloppante.

 

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Albert Joseph Moore (1841-1893), Argent. Troublante et lunaire féminité.

 

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Nuit d'été au gynécée, rayonnante de sensualité.

 

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Midsummer, 1886.

 

La nuit du solstice d'été, personnifiée avec élégance, par cet artiste victorien, né dans le Yorkshire, un vieux comté d'Angleterre. Fasciné par l'Antique, il fit preuve d'une extrême minutie dans l'utilisation des couleurs dont la vibration oscille entre douceur et puissance.

 

L’Esthétisme domine dans cette oeuvre qui préfigure le Symbolisme et la couleur orange, teinte de prédilection des artistes du mouvement victorien, nous invite dans les reflets du soleil couchant, aux portes du domaine des rêves.

 

Le orange représente à la fois l'ardeur extrême et la douceur de l'instant, la joie de vivre, l'éveil des sens et la force de la création. Elle est associée aux Muses et à Dionysos, le Seigneur de l'Inspiration. Elle est aussi la couleur des Épicuriens.

 

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Lord Frederick Leighton (1830-1896), peintre et sculpteur victorien. June flamboyante, 1895.

 

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Sir Lawrence Alma-Tadema (1836-1912), Le Tepidarium, 1881.

 

Sir Alma-Tadema fut l'un des artistes les plus en vogue du XIXe siècle victorien. Ce passionné d'Antiquité gréco-romaine et d'archéologie égyptienne décrivit avec une minutie spectaculaire des scènes de la vie antique, juxtaposant des éléments réels et des éléments fantasmés.

 

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George Frederic Watts (1817-1904), peintre et sculpteur victorien et symboliste. La jeune fille à la plume de paon.

 

Les nuits d'été attisent l'imaginaire et nous apportent un surcroît de douceur après les feux des journées caniculaires. Nuits brillantes où s'émoussent les contours de la réalité pour se recomposer sous le frisson du mystère.

 

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Winslow Homer (1836-1910), Nuit d'été, 1890.

 

J'ai eu le plaisir de contempler ce nocturne poétique à l'Orangerie des Tuileries, lors de l'exposition consacrée à la musique de Claude Debussy (1862-1918). Deux silhouettes féminines, quasi fantomatiques et lovées dans un fascinant clair-obscur, dansent au bord de la mer, emportées par le chant du ciel et des éléments.

 

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Peintre américain, Winslow Homer fut d'abord attiré par l'Impressionnisme avant d'orienter sa palette entre Réalisme et Symbolisme. Reporter dessinateur pendant la Guerre de Sécession, il peignit le quotidien des militaires puis s'intéressa au monde rural, aux animaux et aux mouvements oniriques de l'océan.

 

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Au clair de lune...

 

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Edward Henry Potthast (1857-1927), Été, nuit impressionniste.

 

Calme et puissance des impressions fugitives, magistrale présence de la lumière au creux de la nuit et la lune qui s'offre, telle un miroir évanescent, aux spectateurs de son étrange beauté...

 

Fantasmagoriques nuits d'été où s'allument des lanternes, chimères d'or et de papier...

 

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Charles Courtney Curran (1861-1942), Lanternes impressionnistes, 1913.

 

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Ulpiano Checa y Sanz (1860-1916), peintre et illustrateur espagnol, précurseur de l'Impressionnisme. Barque aux lampions du solstice d'été (Carnival Eve).

 

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Percy William Gibbs (1894-1937), Promenade sur la rivière.

 

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Tavik Frantisek Simon (1877-1942), Soir de fête à Paris.

 

Cet artiste tchèque, amoureux de Paris, peignit avec passion les jardins, les squares, les places, les monuments et les rues pittoresques de la capitale. Pendant la première guerre mondiale, il retrouva sa patrie mais n'oublia jamais les atmosphères de la Ville Lumière. Il sombra dans l'oubli après avoir connu le succès en son temps. Espérons qu'il soit redécouvert...

 

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Henri Le Sidaner (1862-1939), artiste impressionniste et réaliste. Table avec lanternes à Gerberoy.

 

Fleurs et souffles de papier traduisent la délicieuse évanescence de ces moments privilégiés où le temps ralentit sa course pour un subtil « arrêt sur image ».

 

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John Singer Sargent (1856-1925), Lys, roses et oeillets, 1886. (Londres, Tate Gallery).

 

Peintres de la lumière, influencés par la clarté sublime émanant des oeuvres de la Renaissance florentine.

 

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Luther Emerson Van Gorder (1861-1931), Lanternes japonaises, 1895.

 

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Maxfield Parrish (1870-1966), peintre et illustrateur américain aux oeuvres oniriques. Les porteurs de lanternes, 1908.

 

Pierrots lunaires, magiciens des ombres de la nuit...

 

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Konstantin Alexeïevitch Korovin (1861-1939), peintre impressionniste et décorateur de théâtre russe. Lanternes de papier.

 

Nuits d'été gorgées de lumière et de fragrances fleuries qui se conjuguent avec la sensualité de l'air.

 

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Marguerite Pearson (1898-1978), Lanternes.

 

« La seule matière de la peinture, c'est la lumière. » Gilles Genty, historien de l'art.

 

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Delphin Enjolras (1857-1945), peintre aquarelliste, paysagiste et portraitiste. L'installation des lanternes.

 

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Pati Bannister, artiste anglaise née en 1929, Fleurs et lanternes.

 

Nuits ensorcelées, propices à la rencontre des désirs et des rêves, nuits de liesse et d'amour où les émotions palpitent en farandole.

 

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Louis-Adolphe Tessier (1858-1915), peintre de genre et d'histoire. Tourbillon, 1911.

 

« La vie est une lumière dans le vent. » Proverbe japonais.

 

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Gaston de Latouche (1854-1913), artiste post-impressionniste. Intrigue nocturne.

 

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Max Carlier (1872-1938), Les préparatifs de la fête.

 

Cet artiste belge était spécialisé dans les natures mortes, les compositions florales, les scènes de genre et la peinture de chats.

 

Sous les lampions, les couleurs de la nuit se métamorphosent et nous happent vers d'autres réalités, dans la moiteur et la brillance du clair de lune estival.

 

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Gene Pressler (1893-?), illustrateur américain.

 

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Gene Pressler, la jeune fille à la lanterne, 1921.

 

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Delphin Enjolras, Nuit d'été, la lanterne japonaise.

 

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Frederick Childe Hassam (1859-1935), peintre impressionniste américain. Nuit de Juillet, 1898.

 

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Soir d'été à Paris, 1889.

 

« Que serait la lumière sans les êtres qui la perçoivent? »: Philippe Montillier (explorateur et photographe).

 

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Ludwig Knoefel (1851-1933), La belle à la lanterne.

 

Je vous souhaite de savoureuses nuits d'été, dans la palette conjuguée des parfums, des rêves et des émotions. Prenez le temps, prenez soin de vous et merci de votre fidélité!

 

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Mon ciel d'été, juste avant la nuit...

 

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Avec mes plus douces pensées...

 

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #ange, #fleur, #papilio, #secret, #symbole

(L'univers enchanté de Joanna Sierko-Filipowska)

 

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Je vous souhaite un très bel été!

 

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Le Temps

 

La nuit était profonde, je papillonnais sur la toile et mon regard s'est posé sur une oeuvre à l'étrange beauté qui avait capturé l'essence des fleurs et les sortilèges de l'instant. J'ai retrouvé l'émotion ressentie en découvrant, il y a quelques années, les tableaux de cette artiste polonaise, créatrice d'une troublante « fantasy ».

 

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Ange du mystère

 

Elle glisse sur l'or des chemins

Patinés de mélancolie

Où les nuages de satin

Soufflent d'étranges broderies

 

Parée de ciel aux feux d'aurore

Amante du sauvage É

Nue sous des lèvres carnivores

Ou vêtue d'ombre ensanglantée

 

Spectrale en ce jardin secret

Où les papillons du sommeil

Attisent la flamme sucrée

En étouffant son cri vermeil

 

Elle se dévoile au vent des neiges

Moitié sorcière et moitié fée

L'horizon bleu se désagrège

Au chant de sa féminité

 

Fièvre de lune en ses prunelles

Couleur de foudre et de forêt

Les roses tremblent à son appel

Elle vampirise leur baiser...

 

                              Cendrine

 

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Quelques renseignements biographiques

 

http://www.joannasierko.pl/

 

Joanna Sierko-Filipowska est née le 13 février 1960 à Byalistok, en Pologne. Elle a reçu son diplôme de l'Académie des Arts Graphiques du département des Beaux-Arts de Varsovie en 1985 et a travaillé sa technique picturale au Studio des Arts Graphiques du professeur Halina Chrostowska (1929-1990), l'un des maîtres de l'estampe dans les années 1970.

 

Son oeuvre est le fruit d'une alchimie puissante entre symbolisme et réalisme. Elle met en scène des personnages énigmatiques dans des paysages où se mélangent des tons mystérieux, tantôt chauds, tantôt froids ou profondément « incertains ».

 

Son imaginaire romantique et élégant façonne le monde, les heures, les saisons, les paysages, le temps et donne vie aux anges et aux représentants du Petit Peuple: elfes, lutins, fées...

 

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Pêcheur de solitude

 

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Le marin de la solitude

 

Au rythme des saisons

 

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Le réveil des meules de Nieborów

 

Les saisons dansent. L'hiver fond doucement.

Les forces de fécondité se raniment et la fiancée de l'été apparaît comme un rêve dans sa robe gorgée de lumière et de rosée.

Son parfum caracole à l'orée des bois sombres où se tapissent les créatures du froid.

 

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Adoration du Printemps

 

Le Petit Peuple des légendes ou smäfolk des pays scandinaves, démiurge et gardien des forces de la Nature en pleine éclosion.

 

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Été, saveurs d'enfance

 

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A la croisée de l'automne et de l'hiver, les citrouilles de Samain/Halloween aux graines fécondes deviennent de mystérieuses lanternes orangées.

 

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Automne

 

Rayonnante, dans son magistère doré, sous les arbres dont le déclin façonne une voluptueuse alchimie de couleurs et de reflets.

 

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Hiver, la reine des sortilèges, radieuse et sensuelle dans ses voiles diamantés.

 

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Dans le parc, broderies enneigées, spirales mélodieuses...

 

Les amoureux

 

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Premiers émois sous des arceaux de roses, dans la ronde enchantée de l'air et des parfums. Bonheur secret, l'instant rayonne mais déjà se fanent les premiers pétales. Il faut cueillir le jour dès qu'il nous offre sa beauté.

 

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De capiteux secrets, entre soleil et ondée, frissonnent au royaume des fleurs.

 

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 Art mystérieux, féeriques glacis, rencontre de l'enfance et de l'éternité...

 

A la lisière des brumes, quand le paysage se fond dans les songes de la matière, l'âme se contemple à travers les sortilèges du ciel.

 

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Et vogue l'iris... Barque brimborion sur les eaux de l'Autre Monde, nef ensorcelée...

 

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Paysages enchantés

 

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Jardin d'Éden après l'orage, la Nature est gourmande...

 

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Été, le dîner inachevé

 

Magie de l'instant, réminiscence d'un rendez-vous amoureux, sensuel aparté sous un lustre féerique entre des ombellifères géantes.

 

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Hiver, le dîner inachevé

 

Effets de plume et de cristaux, rutilances et transparences, draperie abandonnée...

 

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Dans ce jardin où règne la luxuriance, les roses sont profondément sensuelles et les fruits rouges ressemblent à des joyaux. Symboles de fécondité, les grenades offrent leur chair juteuse et leurs graines rubis. Elles sont associées aux déesses des mystères: Cybèle, Perséphone, Déméter, Astarté, Aphrodite, Héra, Athéna... Leur suc rouge est né du sang de Bacchus, le dieu de l'ivresse. Des nymphes à la peau parfumée, les Rhoai, veillent sur les fleurs écarlates du grenadier.

 

 

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Énigmatique féminité

 

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La plume perdue

 

Une envoûtante palette de gris se déploie sur des notes de rose cendré. La lumière ruisselle, avec une farouche intensité, dans les plis de la robe.

 

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Plumes ravies aux couleurs de l'atmosphère, à la mélancolie des nuées...

 

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Mi-ange mi-banshee, la belle nous attire, avec les sortilèges de la pomme, dans la toile du féminin sacré.

 

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Métamorphose de la pomme en escarpin à la peau rubis, friandise réelle et fantasmée...

 

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Dualité, gémellité

 

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Rhapsodie en bleu majeur

 

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Quintessence

 

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Dans le sillage des esprits...

 

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Le cygne, oiseau des Muses et des déesses de la fécondité, messager de la lumière, attribut d'Apollon, le dieu solaire et incarnation de Zeus pour séduire Léda. Dans les légendes du Nord, de mystérieuses femmes-cygnes ont le don de prophétie et se métamorphosent en fonction des cycles de la lune...

 

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Soleil de Septembre

 Le dindon représente la force du partage et la connaissance des secrets de la terre. Symbole d'abondance, il était considéré comme sacré par les anciens peuples chamaniques.

 

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Réminiscence

 

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Récoltes d'hiver

 

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Autoportrait

 

 

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Récurrence des souliers bleus, de la draperie et du papillon, émanation de l'âme et de la psyché du personnage. Une Cendrillon, mi-ange mi-farouche qui apparaît sur le bord du chemin.

 

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Les Papillons

 

Les papillons hantent les créations de Joanna Sierko-Filipowska. Souvent solitaires, ils semblent, dans certaines oeuvres, se multiplier à l'infini.

 

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Symbole d'évanescence et de beauté délicate, le papillon incarne le mystère des métamorphoses et les apparences que nous revêtons, au fil de l'existence.

 

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Né de l'étrange chrysalide où s'élabore l'alchimie de la vie, traduisant par son vol le cheminement de l'âme à travers le ciel et les lieux sacrés, le papillon est un être psychopompe et l'émissaire d'Hypnos, le dieu des rêves, appelé Somnus en latin.

 

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Arrosage du jardin des rêves

 

Les êtres chimériques sont fréquemment représentés avec des ailes de papillon. Le papillon (psyché en grec, papilio en latin) fut sculpté sur les tombes anciennes, célébré par les poètes antiques et consacré aux divinités gardiennes des portes, des songes et du temps. Incarnation de l'âme, il voltige au vent du destin.

 

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Au Japon, le papillon est associé aux cycles de la féminité. Il est également considéré comme un symbole d'amour et de bonheur conjugal.

 

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En Chine, le papillon est un séducteur, il incarne un esprit du désir qui aspire le suc des fleurs et les fluides féminins. Fantôme aux changements de saison, il peut jaillir d'une tombe et déployer ses ailes turquoises, vertes ou blanches veinées d'argent. Représenté sur une fleur de prunier, il annonce le bonheur et la longévité.

 

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Rêve

 

Les tribus Aztèques vénéraient le papillon, emblème du dieu Xochipilli, le seigneur de la Végétation. Il était le feu qui danse, la flamme douce et la vitalité solaire (papalotl). La déesse Itzpapalotl, esprit nocturne des étoiles flamboyantes, était représentée par un papillon « bordé de couteaux de pierre ». Il était aussi le symbole de l'âme des parturientes défuntes.

 

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En relation avec les fluides de mort et de vie, le papillon est un symbole profondément érotique, un émissaire des rêves les plus complexes Dans la peinture victorienne, à l'instar de la chauve-souris, il apparaît comme le compagnon des sorcières et des fées.

 

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Dans de nombreuses traditions, un papillon porte les voeux quand on souffle sur ses ailes...

 

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« La plume de l'écrivain est aux pensées ce que le filet du chasseur est aux papillons ». Paul Carvel, écrivain et éditeur belge né en 1964.

 

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« Papillon, ce billet doux plié cherche une adresse de fleur. » Jules Renard (1813-1877).

 

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« Les papillons ne sont que des fleurs envolées un jour de fête où la nature était en veine d'invention et de fécondité. » George Sand (1804-1876), Contes d'une grand-mère, 1875.

 

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La draperie aux papillons

 

Dans le sillage écarlate d'une héroïne de conte de fées...

 

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Invitation pour le thé

 

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Allégorie du Temps et des Secrets

 

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Vénus au creux de l'étang

 

Sur ces notes de vert enchanté, je m'éclipse en vous souhaitant de très belles nuits et de rayonnantes journées d'été...

 

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Merci de votre fidélité!

 

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Gros bisous lumineux et sucrés!

 

 

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Plume

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Publié dans : #fin, #paris, #plage, #sable, #seine

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Je vous souhaite un très bel été!

 

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Du samedi 20 juillet au dimanche 18 août, le long des quais de Seine et dans le cadre superbe du bassin de la Villette, les installations de Paris Plages offriront aux promeneurs la possibilité de se réapproprier l'espace urbain, entre rêverie romantique, flânerie culturelle, loisirs et farniente.

 

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N'en déplaise à ses détracteurs, la manifestation, qui connaît un franc succès depuis douze ans, est rythmée par de nombreuses animations sportives et culturelles gratuites: bibliothèque éphémère Flammarion, terrains de pétanque et de beach-volley, espace baby foot, ateliers d'art plastique, cours de taï-chi, d'escrime et de fitness, séances de danse de salon, loisirs nautiques (…) et possibilité de se dorer au soleil sur la plage bordée par de grandes vagues de bois.

 

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L'affiche de Paris Plages 2013 est signée Kiraz, de son vrai nom Edmond Kirazian. Ce dessinateur de presse est célèbre pour ses Parisiennes au charme désinvolte et malicieux qui ont fait l'objet d'une exposition, en 2008, au Musée Carnavalet.

 

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A Paris Plages, chacun trouve aisément son espace. Il y a ceux qui apprécient de se « regrouper » et ceux qui comme moi préfèrent se mettre un peu en retrait de la foule. J'aime y écrire en plein air, installée sous un parasol, à proximité d'un glacier, emplacement hautement stratégique!

 

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Une jolie sirène veille sur la plage aux enfants. Certains d'entre vous l'ont vue l'année dernière mais elle méritait bien d'être à nouveau contemplée.

 

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Touristes et franciliens sont conquis par ces espaces ombragés.

 

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Paris en mode apaisé...

 

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Palmiers sur Seine

 

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Les amateurs de vieilles pierres sont ravis de contempler de plus près la superbe Conciergerie récemment restaurée...

 

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et de saluer les mascarons du Pont-Neuf aux trognes irrésistibles!

 

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Les secrets du Pont-Neuf.

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Tôt le matin, avant que la foule ne vienne investir la promenade, l'air est particulièrement agréable.

 

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Pour répondre aux interrogations d'une lectrice qui s'inquiétait l'été dernier, aucune voiture ne passe en ces lieux. Les piétons musardent là où les véhicules se suivent habituellement, pare-choc contre pare-choc. C'est ce qui suscite la colère d'un certain nombre de gens qui préfèrent que la ville soit constamment polluée par les voitures et qui refusent de se « commettre », avec le commun des mortels, dans les transports urbains!!!

 

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Programme des festivités

 

Le Festival Fnac Live se déroulera, du 18 juillet au 21 juillet, sur le parvis de l’Hôtel de Ville. Plus d’une trentaine d’artistes (comme Olivia Ruiz, Jacques Higelin, Granville, Alex Beaupain...) seront au rendez-vous. Des concerts plus intimistes auront lieu, pour la première fois, dans le salon des Arcades de l'ancienne Maison aux Piliers.

 

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Tous les vendredis et samedis, du 26 juillet au 18 août, huit spectacles live (concerts, opéra, danse…) seront retransmis sur un écran géant installé sur le parvis de l’Hôtel de Ville.

 

A la Rotonde du bassin de la Villette, la Fédération française du sport automobile proposera aux enfants un circuit de kart électrique. Une tyrolienne reliera les deux rives du bassin. Les visiteurs les plus zélés trouveront aussi 45 embarcations, « des plus classiques aux plus insolites », destinées à leur faire vivre d'inoubliables sensations nautiques. Les manèges, les pédalos et les sphères flottantes seront nombreux sans oublier les pièces de théâtre et le cinéma en plein air.

 

A la Base Nautique, reviendra le Dragon Boat, grand canoë avec une tête de dragon en guise de proue.

 

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Atmosphères de Paris Plages

 Je publie dans ce chapitre des parties de mon article de l'année dernière, intitulé Sous le soleil de Paris Plages, et j'y ajoute de nouvelles photos.

 

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Pendant que butinent les abeilles de Paris, on choisit un transat ou un pouf confortable aux couleurs anisées et on s'installe près de la Bibliothèque éphémère Flammarion où, moyennant le prêt de sa pièce d'identité, on peut emprunter gratuitement des livres et des bandes dessinées.

 

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Un de mes endroits favoris.

 

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A tout âge, on rêve devant les châteaux de sable...

 

Les établissements Lafarge sont l'un des sponsors de la manifestation. Ils sont responsables de l'extraction et de l'acheminement du sable de Paris Plages.

 

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Ce sable alluvionnaire, doux et particulièrement fin, vient de la carrière de Bernières-sur-Seine, dans l'Eure. Son gisement date du Quaternaire (entre 100000 et 800000 ans avant J.-C.) et se situe dans le lit d’un ancien méandre de la Seine.

 

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Roulé par les courants du fleuve, le sable s’est déposé, au fil du temps, sur les terres normandes, près des Andelys. Il est exploité à partir du sous-sol des anciennes boucles de la Seine.

 

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J'ai photographié l'installation de la « plage » parisienne. De grandes barges, actionnées par un pousseur, remontent la Seine jusqu'à Paris sur près de 180 kilomètres.

 

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Le fleuve est un moyen de transport écologique. Six barges fluviales sont capables d'acheminer le contenu de 250 camions!

 

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Pendant toute la saison de Paris Plages, le sable subit des analyses régulières, un entretien et un nettoyage rigoureux. Il est ratissé chaque soir et passé à la vapeur d'eau tous les deux jours. A la fin de l'évènement, il est récupéré, traité, désinfecté et recyclé dans les jardins, les bacs à sable, les hippodromes, les manèges à chevaux et les équipements sportifs de la ville.

 

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Ce sable aux grains très fins est apprécié par les artistes.

 

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Je ne vous avais pas montré cette création, photographiée à la fin de la saison 2012.

 

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Vous aviez été nombreux à apprécier Minnie, Mickey et le château de la Belle au bois dormant, au cours de l'été 2011.

 

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En 2011, l'été était pluvieux mais les promeneurs étaient tout de même au rendez-vous.

 

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Dès que le soleil devient trop ardent, on se rafraîchit dans la douce vapeur aquatique du jardin des brumes et on s'hydrate grâce aux fontaines installées le long du parcours.

 

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Le service public « Eau de Paris » met à la disposition des visiteurs deux machines à gazéifier et un stand d’eau fraîche avec distribution gratuite de sirop, tous les jours de 16h à 19h. Malgré l'affluence, chacun est servi dans une ambiance sympathique et de nombreuses fontaines émaillent le parcours.

 

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Outre les activités proposées, l'occasion est bien trop belle de profiter des berges de la Seine vierges de tout véhicule à moteur et de contempler, d'une autre manière, la superbe architecture des ponts de Paris.

 

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Je vous souhaite de profiter de l'été qui resplendit et je vous dis « à très bientôt ». Ma plume et mon APN sont en goguette...

 Merci de votre fidélité, amicales pensées!

 Cendrine

 

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Plume

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BLOG EN MODE BUISSONNIER

 

Je vous souhaite un très bel été!

 

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Un cri strident, reconnaissable entre mille, un plumage iridescent et un caractère frondeur, voici la pie bavarde ou pica pica, l'une des espèces de corvidés les plus répandues dans nos villes et dans nos campagnes.

 

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Elle se plaît dans ma rue, territoire arboré sur lequel elle étend son influence avec une énergie farouche, volant dans les plumes des pigeons, des merles et des étourneaux qui croisent son chemin, provoquant avec malice ses cousines les corneilles, utilisant le toit des voitures pour s'ébattre au soleil et ne supportant pas qu'on lui objecte quoi que ce soit.

 

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Observer les pies au fil des jours m'amuse beaucoup. J'aime leur opiniâtreté, leur tempérament facétieux et leurs tentatives de séduction toujours renouvelées pour obtenir des privilèges et des gourmandises.

 

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Elles adorent baigner leurs poussins dans les soucoupes d'eau accrochées à nos rebords de fenêtres mais j'ai beau m'armer de patience, je n'arrive jamais à photographier ces scènes charmantes tant elles se méfient et s'envolent vite.

 

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Dans les dialectes de nos campagnes, la pie est appelée agace (Provence), agasse (Poitou) ou encore agache (Picardie)... mais elle tend à régresser de plus en plus dans les milieux ruraux, en raison de la modification des paysages, des cultures intensives et de l'usage de pesticides. Souvent chassée et peu appréciée dans le monde rural européen, elle s'est rapprochée des villes et s'est bien implantée dans les zones urbaines.

 

La pie est reconnaissable à son cri rauque et « explosif » que certains détestent mais que j'écoute avec plaisir (environnée de pies, je les entends « râler » toute la journée). Elle arbore un plumage noir majestueux sur le dessus du corps, au niveau de la tête, de la poitrine et de la partie sous-caudale, et blanc au niveau du ventre, des flancs, des rémiges primaires et à la base des ailes. Ce plumage noir d'encre a de magnifiques reflets métalliques, bleuâtres sur les ailes, violacés sur le corps et la tête, et verdâtres au niveau de sa longue queue. Le bec est noir, de même que les pattes et l'iris des yeux qui ressemblent à des perles d'obsidienne.

 

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La pie bavarde, dessin naturaliste de Wilhelm von Wright (1810-1887).

 

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Les pies vivent en moyenne une quinzaine d'années mais certaines ont dépassé l'âge de vingt ans.

 

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Oiseau nécrophage, la pie joue dans la nature un rôle sanitaire conséquent en faisant disparaître les cadavres de nombreux petits animaux. Gourmande et omnivore, elle se nourrit d'insectes, de limaces et de vers, d'oeufs qu'elle dérobe dans les nids d'autres espèces, de jeunes poussins, de petits rongeurs, de lézards, de graines et de fruits, de détritus récupérés en ville et dans les jardins publics où elle perce les sacs poubelles avec une frénésie équivalente à celle de sa cousine, la corneille. Elle aime aussi le poisson.

 

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Dans le tissu urbain, cet oiseau grégaire, irrépressiblement curieux, a trouvé de quoi s'épanouir.

 

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La pie bavarde est attirée par les objets brillants, trait de caractère à l'origine de sa réputation de voleuse. Les études des biologistes et des ornithologues ont aussi démontré qu'elle est dotée d'une intelligence supérieure à celle d'autres espèces. Elle est capable de mémoriser, avec beaucoup de précision, l'emplacement de ses cachettes de nourriture et la configuration complexe des paysages. Elle est parvenue à s'adapter remarquablement aux contraintes de l'environnement et elle est le premier oiseau à avoir eu conscience de se « voir » dans un miroir.

 

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Face à un prédateur, les pies se regroupent et agissent avec stratégie pour éloigner la menace. Elles ne supportent pas les chats. Elles décrivent des cercles au-dessus d'eux et les touchent brusquement avec leurs pattes ou leur queue, finissant par les chasser dans un concert de vocalises rauques et de claquements furibonds. Un spectacle qui vaut le détour!

 

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Commune en Europe, en Asie, au nord-ouest de l'Afrique et en Amérique du Nord, la pie est de tempérament sédentaire et fidèle à son nid. Il lui arrive de migrer lors de grandes vagues de froid mais elle se contente surtout de « vagabonder » en hiver.

 

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A partir de février, les couples de pies construisent un ou plusieurs nids dans les arbres ou sur les pylônes. Ces nids de forme ronde ou ovoïde, constitués d'un noyau de terre entouré de petites branches et de brindilles, peuvent être confondus avec des boules de gui. On y trouve toutes sortes d'objets brillants que la pie chaparde au gré de ses déplacements.

 

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Une fois par an, la femelle pond de trois à dix œufs qu'elle couve seule pendant environ trois semaines. Après l'éclosion, les poussins restent dans le nid pendant un mois et sont nourris par les deux parents.

 

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Un oeuf de pie, consacré aux divinités lunaires par les peuples chamaniques de l'ancienne Europe.

 

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Une petite pie (Photographie de Dirk Baunack).

 

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La pie aime les petits bois, les lieux riches en bosquets, les parcs arborés et les jardins spacieux des zones urbaines. Elle ne niche pas dans les forêts denses et son taux de fécondité et de survie est désormais plus élevé en ville qu'à la campagne.

 

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Les arbres préférés des pies de mon quartier.

 

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En dépit de son rôle important dans l'élimination des dépouilles animales, la pie reste mal aimée, à l'instar de la corneille, dans une grande partie de l'Europe. Les corvidés sont encore bien souvent considérés comme « nuisibles » et victimes de piégeage.

 

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Protégée en Belgique et dans plusieurs pays de l'Union européenne, la pie ne l'est pas en France mais à cause de la régression de sa population dans les campagnes certaines associations interviennent auprès des autorités pour qu'elle soit préservée.

 

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Ébouriffée dans la tempête!

 

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En position stratégique

 

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Rendez-vous galant

 

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Dotée d'un caractère bien trempé, la pie peut également s'apprivoiser et se montrer affectueuse avec les humains. En raison de ses talents d'imitatrice, on la surnommait autrefois « Margot », nom qu'elle parvenait à prononcer facilement.

 

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(Photographie DDM, P.C. - DDM pour la depeche.fr)

 

Le texte qui suit, entre guillemets, vient du site du journal La Dépêche. Il décrit la belle relation qui s'est établie entre une pie et le patron du café l'Amphore à Tarbes.

 

« Tarbes. La pie qui fume

 

Elle n'a pas de nom. Pour tous, elle est « La Pie ». Jolie pie bavarde, authentique pica pica qui, depuis le printemps, a adopté Philippe, le patron de l'Amphore. Ses clients. Mais aussi tous les habitués de l'avenue de la Marne qui connaissent son vice : le tabac. Car la pie de Philippe n'a pas son pareil pour venir se poser aux tables, en terrasse, tenter de se faire offrir un verre et prendre dans son bec les cigarettes des consommateurs ou du patron, cigarettes qu'elle ne rend jamais, partant vite se percher sur son balcon pour les y abandonner.

 

Bref, une pie qui est devenue rapidement plus qu'une attraction, l'oiseau fétiche, la mascotte du lieu où elle n'hésite pas non plus à venir piquer les petites cuillères. Agaçant ? Non, puisqu'elle amuse tout le monde. Et parce que chacun sait que la pie agace lorsqu'elle ne bavarde pas, ni ne jase ni ne jacasse ». C.C

 

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Photographies de Rein Hofman.

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La réputation de voleuse de la pie n'est plus à faire.

 

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Elle a donné son nom à l'opéra de Gioachino Rossini (1792-1868): La gazza ladra (La pie voleuse) et ses facéties rythment le scénario de la bande dessinée d'Hergé: Les Bijoux de la Castafiore, paru en 1963.

 

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Chapardeuse invétérée

 

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Autrefois, des gangs de voleurs dressaient des pies afin qu'elles dérobent, dans les échoppes et les riches demeures, des bijoux et des pièces d'argenterie.

 

D'une toute autre manière, la pie est l'héroïne du tableau éponyme de Claude Monet (1840-1926).

 

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 Cette huile sur toile, réalisée sur le motif entre 1868 et 1869, est conservée au Musée d'Orsay.

 

A la fin des années 1860, Claude Monet se passionna pour la peinture des états transitoires ou fugitifs de la nature. Il chercha à capter la sensation, la couleur de l'instant, à rendre la magie des textures et des matières. Initiateur de cette nouvelle manière de créer, il entraîna à sa suite Camille Pissarro, Auguste Renoir et Alfred Sisley.

 

Entre éclats de soleil et danse des ombres, effets de brume et de neige, foisonnement des écorces et des matières, l'artiste nous aimante vers ce monde en blanc à la clarté intense et féerique, qui s'épanouit dans la campagne d'Étretat. Mais en raison de son audace et de sa nouveauté, ce défi pictural fut refusé par le jury du Salon de 1869.

 

Unique personnage vivant du tableau, la pie est juchée sur une barrière de bois rudimentaire qui sépare le tableau en deux parties. Minuscule dans le paysage ensorcelé, elle est l'élément majeur de la composition.

 

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Elle règne sur une gamme de couleurs claires et brillantes, une diversité de nuances de blanc mêlées de touches de bleu, de brun et de noir qui se fondent avec virtuosité dans la lumière naturelle.

 

Le thème des paysages enneigés est récurrent dans l'oeuvre de Monet qui travaillait en plein air et cherchait à restituer les formes dans l'espace par le jaillissement de la lumière et l'émulsion des couleurs. La poésie des effets fugitifs de la nature le fascinait autant que les sensations éprouvées dans la contemplation de l'instant.

 

Pendant que la France connaissait de grands bouleversements dus à la révolution industrielle et que les habitants des campagnes se déplaçaient vers les villes, Monet choisit d'illustrer la splendeur des paysages ruraux. Peinte environ cinq ans avant la naissance officielle de l'Impressionnisme, l'oeuvre est profondément d'avant-garde.

 

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Soulignons cependant que la pie, choisie comme emblème d'un monde naturel et antinomique avec la noirceur industrielle des villes, trouve aujourd'hui bien moins sa place dans les campagnes que dans le tissu urbain.

 

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Une pie apparaît dans le tableau de Francisco de Goya (1746-1828) intitulé Portrait de Don Manuel Osorio Manrique de Zuniga (1784–1792).

 

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 Le héros de ce portrait, peint vers 1788, est un jeune comte, vêtu d'un magnifique costume rouge, et jouant avec une pie apprivoisée qui tient dans son bec la carte de visite du peintre.

 

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Mais quelque chose de profondément inquiétant émane du tableau. Trois chats aux regards avides, hallucinés (on n'aperçoit de l'un d'eux que ses prunelles fantomatiques) contemplent fixement la pie, compagne et jouet de l'enfant mais aussi incarnation de son âme. L'âme, souvent figurée par des oiseaux est ici menacée par des forces étranges, représentées par le trio félin. On peut aussi interpréter l'oeuvre comme un préambule à l'initiation spirituelle de l'enfant qui devra affronter le monde des cauchemars et des terreurs nocturnes afin de grandir et de trouver sa place dans le monde qui l'entoure.

 

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Nature morte à la pie, par Lucien Schmidt (1825-1891), conservée au Musée des Beaux-Arts de Pau.

 

A l'instar des autres corvidés, la pie imprègne l'imaginaire collectif par son cri si particulier et les légendes qui lui sont associées.

 

En Europe, elle apparaît comme le symbole des incorrigibles bavards, des voleurs et des filous. Dans les campagnes, elle fut longtemps considérée comme la métamorphose d'une sorcière se rendant au sabbat. Un vol de pies au-dessus d'un arbre foudroyé annonçait la venue du Diable et une malédiction lancée sur un territoire et ses habitants. Mais quand trois pies se manifestaient aux abords d'un site mégalithique, elles annonçaient la venue des déesses du destin.

 

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Oiseau plutôt néfaste en Occident, la pie est perçue en Chine comme un porte-bonheur puissant et appelée « pie de la joie ». Elle est « celle qui apporte les bonnes nouvelles » et prévient de l'arrivée d'hôtes agréables. On la nomme xique ou xiqiao.

 

Une ancienne croyance invitait les époux devant être séparés quelques temps à casser un miroir en deux. Si l'un des deux rompait ses voeux, son morceau de miroir se transformait en pie afin de chuchoter les infidélités commises à l'oreille du conjoint. Des pies, symboles de chance et de bonheur amoureux, à l'instar des canards mandarins, décoraient souvent le cadre des miroirs de bronze.

 

Les émissaires des voeux étaient représentés sous la forme de douze pies environnées de bambous et de pruniers. A l'occasion des mariages, on offrait aux époux des cartes décorées d'un couple de pies.

 

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Apercevoir une pie juchée sur une branche de grenadier ou un arbre formant ses feuilles au tout début du Printemps annonçait une nombreuse descendance.

 

La pie est une émanation de « l'Ancêtre », le Seigneur des Paroles Sages et des Mots Rusés, qui enseigne aux élus les secrets et les subtilités des anciens langages.

 

La légende du Bouvier (étoile Altaïr) et de la Tisserande (étoile Véga) relate que chaque septième jour du septième mois lunaire, les pies s'envolent pour tisser un pont nuptial sur la Voie Lactée.

 

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Le bouvier et la tisserande, de part et d'autre de la « rivière argentée ».

 

Le bouvier était orphelin et menait, depuis l'enfance, une vie rude auprès de son frère et de son indélicate belle-sœur. Seul le bœuf qu'il possédait lui permettait de survivre. Au village, certains murmuraient que ce bœuf était un Immortel condamné, en raison d'un crime, à s'incarner dans le corps d'un boeuf.

 

Touché par la gentillesse et l'infortune du bouvier, le boeuf-divinité entreprit d'aider son maître à trouver l'amour. Il lui apparut en rêve et l'incita à rencontrer, le lendemain, la jolie tisserande qui se baignait dans une rivière appelée la Voie Lactée.

 

Le bouvier se rendit auprès de la rivière magique qui reflétait la voie céleste. Il aperçut de séduisantes fées qui s'ébattaient dans l'eau fraîche et déroba sans hésiter les vêtements de la tisserande. Les fées s'habillèrent en hâte et s'envolèrent, laissant la tisserande dénudée écouter la demande en mariage du bouvier.

 

La tisserande accepta et l'amour unit le jeune couple qui donna naissance à un garçon et à une fille.

 

Sa tâche accomplie, avant de mourir, le vieux bœuf-divinité demanda au bouvier de conserver sa peau. Le couple ôta la peau de l'animal et enterra ses restes sur un versant de la montagne.

 

Quelques temps plus tard, en apprenant le mariage du bouvier et de la tisserande, l'empereur de Jade et la déesse de la lune furent très contrariés. Ils ordonnèrent aux gardiens célestes d'aller chercher la tisserande, fille de l'empereur des nuées et fileuse des couleurs du ciel. Les gardiens profitèrent de l'absence du bouvier pour « emporter » la tisserande.

 

Le vent dit au bouvier ce qui s'était passé. Le bouvier s'enveloppa dans la peau du bœuf, prit ses deux enfants, et se lança à la poursuite des gardiens. Au moment où il allait les rattraper, la déesse ôta de sa chevelure une épingle d'or et accomplit un rituel en direction de la Voie Lactée qui se métamorphosa en un fleuve tempétueux. Le bouvier et la tisserande se regardèrent, les yeux brillants de larmes, de part et d'autre de l'étendue liquide qui les séparait.

 

Émus par la sincérité de leur amour, l'empereur et la déesse leur permirent de se rejoindre chaque année, le septième jour du septième mois lunaire. Ce jour-là, les pies s'envolent vers le ciel étoilé pour créer un pont qui enjambe la Voie Lactée. Ainsi, le bouvier et la tisserande parviennent à se retrouver.

 

On disait que les pies avaient la tête dégarnie à cause du travail exténuant qu'elles accomplissaient à ce moment-là.

 

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Cette légende peut être assimilée à celle de la Saint-Valentin.

 

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La pie est aussi la métamorphose de la fée Chen-niu, fille de Yen-ti, le roi du feu. Un jour, la foudre incendia son nid et elle s'éleva dans les cieux pour y rejoindre les Immortels. A l'instar de la grue, coursier volant des divinités, elle est un symbole de renaissance.

 

Au cours de certains rituels, les nids de pie (vides) étaient brûlés et les cendres récoltées mêlées à l'eau des bains dans lesquels on plongeait les oeufs de vers à soie.

 

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D'après les croyances des indiens Sioux, la pie était la « mère de la connaissance ». Elle était aussi l'oiseau héraldique des peuples de Mandchourie et de Sibérie Orientale. Elle pouvait mettre les secrets en lumière, insuffler la force et la vaillance au combat et elle protégeait les nouveaux-nés.

 

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Dans la Rome antique, des pies étaient sacrifiées au dieu Bacchus afin que, dans les vapeurs du vin, les mensonges soient balayés et les secrets soient révélés.

 

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La mythologie grecque relate la compétition qui opposa les Piérides, neuf jeunes filles ambitieuses, filles du roi Piérus de Macédoine, et les neuf Muses. Vaincues lors d'un concours de chant jugé par Apollon, Pallas et les Nymphes, les Piérides furent métamorphosées en pies.

 

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 Le Défi des Piérides, 1765, par Giovanni Battista di Jacopo dit Rosso Fiorentino (1495-1540), Musée du Louvre.

 

Comme le souligne Jean-Yves Le Moing dans son ouvrage intitulé Les noms des lieux en Bretagne, la pie est bien représentée dans la toponymie bretonne avec les noms Kerbiguet, Kerbiquet, Poulpic, Rest ar Big, Loch ar Big, Castel-Pic etc... Cet oiseau mystérieux, totémique, messager entre l'humain et les forces invisibles, se manifeste sur les arbres sacrés, près des sources guérisseuses, des moulins légendaires et des alignements mégalithiques. Il figure aussi sur certains blasons comme à Bad Elster en Allemagne et d'après certains récits oraux, plusieurs chefs de tribus bretonnes arboraient une représentation de pie sur leur bouclier.

 

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La pie bavarde est aussi une pie gourmande qui nous remémore des douceurs d'enfance à travers les affiches de la marque La Pie qui chante.

 

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Je ne suis pas sponsorisée, j'ai une mémoire gustative!

 

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Pour contempler de jolies vidéos de pies trouvées sur YouTube, vous pouvez cliquer sur les liens suivants.


http://www.youtube.com/watch?v=RXL3h_gw5KY 


http://www.youtube.com/watch?v=tTqSnYXIaI4

 

Profitez bien des journées ensoleillées. Je vous remercie de vos gentils messages et je vous envoie de gros bisous!

 

 

Bibliographie

 

CHEVALIER Jean et GHEERBRANDT Alain: Dictionnaire des Symboles. Éditions Robert Laffont/Jupiter. Collection Bouquins.

 

CHIRON François: Dynamiques spatiale et démographique de la pie bavarde Pica pica en France: implications pour la gestion. Thèse de doctorat en écologie, soutenue le 23 février 2007, PDF, 322 pages.

 

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Je pense à vous!

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #contes, #fable, #fontaine, #illustration, #jean

(Promenade au Ranelagh Chapitre Deux)

 

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Je vous retrouve avec plaisir au Ranelagh, ce bel espace de verdure à l'anglaise qui prolonge la Chaussée de la Muette et ses immeubles pittoresques, dans le 16e arrondissement de Paris. Si vous souhaitez découvrir ou redécouvrir le premier chapitre de cette promenade il vous suffit de cliquer ICI ou sur la photo ci-dessous.

 

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Je vous avais donné rendez-vous devant le monument dédié à Jean de la Fontaine (1621-1695).

 

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A l'intersection de l'avenue Ingres et de l'avenue du Ranelagh, se dresse une imposante statue du fabuliste, accompagné du corbeau et du renard. Le sculpteur portugais Charles Correia (1930-1988) a conçu cet ensemble en 1983 et les personnages en bronze ont été exécutés par la fonderie italienne Mapelli.

 

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Ce monument remplace un groupe sculpté inauguré, le 26 juillet 1891, à l'initiative du Comité La Fontaine.

 

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Créé en 1884, ce Comité comptait parmi ses membres le poète et académicien Sully Prudhomme (1839-1907), le docteur Pierre Marmottan (1832-1914) qui devint maire du 16e arrondissement, Victor Hugo (1802-1885) et Armand Fallières (1841-1931) qui fut tour à tour ministre de l'Intérieur, de la Justice, de l'Instruction Publique et Président de la République, de 1906 à 1913.

 

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Après sept années de travail intensif, l'oeuvre fut financée par une souscription publique, le produit de concerts et d'expositions et diverses subventions de la Ville de Paris. Sculptée en plâtre par Alphonse Achille Dumilâtre (1844-1923), elle fut exécutée en bronze par le fondeur Thiébaut et présentée à l'Exposition Universelle de 1889. Elle fut hélas détruite en 1942 par les allemands.

 

En vertu d'une loi promulguée par le Gouvernement de Vichy, le 11 octobre 1941, les statues métalliques non ferreuses devaient être fondues, ce qui fit disparaître de nombreuses sculptures dans les jardins et sur les places de Paris.

 

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L'oeuvre figure sur une publicité réalisée pour le chocolatier Guérin-Boutron dont l'usine se situait rue du Maroc, aux numéros 23 et 25, dans le 19e arrondissement de Paris. Ce fabricant de fin chocolat aux accents prononcés de vanille possédait deux boutiques dans la capitale, une au numéro 29 du boulevard Poissonnière, la seconde au numéro 28 de la rue Saint-Sulpice. L'image, trouvée sur le site Culture.gouv.fr, appartient à une série de 78 sujets représentant les statues de Paris. Ces images, très prisées des collectionneurs, furent éditées à l'initiative de la maison Guérin-Boutron dont les chocolats reçurent la Médaille d'Or aux Expositions Universelles de 1889 et de 1900.

 

Avant les chocolats Poulain, qui en firent la célébrité, la Maison Guérin-Boutron joignit à ses tablettes de chocolat des petites images lithographiques représentant des personnages historiques ou relevant de l’imaginaire populaire. Ces images étaient publiées en courtes séries dans le but de fidéliser la clientèle.

 

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Le buste de la Fontaine était entouré par une femme ailée, un lion majestueux et différents animaux: un serpent, un renard, un singe, un chat, un corbeau tenant un fromage, des alouettes, deux pigeons...

 

Les personnages étaient appuyés sur un soubassement semi-circulaire signé Frantz Jourdain (1847-1935).

 

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Frantz Jourdain était le premier architecte de la Samaritaine, le fondateur et le président du Salon d'Automne où furent découverts les Impressionnistes. Le soubassement qu'il a créé existe toujours. Il soutient la nouvelle statue de l'écrivain, penchée vers le corbeau et le renard de la célèbre fable.

 

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Le Corbeau et le Renard

 

Maître Corbeau, sur un arbre perché,

Tenait en son bec un fromage.

Maître Renard, par l'odeur alléché,

Lui tint à peu près ce langage :

« Hé ! bonjour, Monsieur du Corbeau.

Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !

Sans mentir, si votre ramage

Se rapporte à votre plumage,

Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois. »

A ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie ;

Et pour montrer sa belle voix,

Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.

Le Renard s'en saisit, et dit : « Mon bon Monsieur,

Apprenez que tout flatteur

Vit aux dépens de celui qui l'écoute :

Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute. »

Le Corbeau, honteux et confus,

Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.

 

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Image d'Épinal

 

Les rencontres et les facéties de ces personnages n'ont cessé d'imprégner nos mémoires et d'inspirer les artistes.

 

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François Chauveau (1613-1676), « graveur illustre du roi », réalisa une suite de dessins et de gravures pour le premier recueil des Fables, paru en 1668, chez Barbin. Dédié au fils aîné de Louis XIV, le Dauphin, alors âgé de six ans, il se composait de 124 fables, réparties en 6 livres.

 

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Illustration de Claude Gillot (1673-1722) conservée au musée Condé de Chantilly. (Culture.gouv.fr.)

 

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Illustration de Sébastien Le Clerc (1637-1714) conservée au musée des Beaux-Arts de Rennes.

 

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Illustration de Jean-Baptiste Oudry (1686-1755) pour la prestigieuse édition des Fables choisies de 1755-1759 (Desaint&Saillant-Durand).

 

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Lithographie d'Hippolyte Lecomte (1781-1857) pour l'édition des Fables choisies de 1818.

 

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Illustration de Jean-Jacques Grandville (1803-1847), célèbre caricaturiste de Nancy, pour l'édition des Fables de 1838.

 

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Le Corbeau et le Renard illustrés par Gustave Doré (1832-1883) pour l'édition des Fables de 1867.

 

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Aquarelle d'Auguste Delierre (1829-1891) pour l'édition des Fables de 1883.

 

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Planche en couleurs de Paul-Émile Colin (1867-1949) pour les Imageries réunies de Jarville-Nancy, 1900.

 

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Gravure sur bois de Pierre Jean Jouve (1887-1976), datée de 1929. (Archives Larbor).

 

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Miniature d'Henry Lemarié (1911-1991) qui illustra les Fables de 1961 à 1967.

 

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Illustration de Dagnélie Tjienke (1918-2001) pour l'édition des Fables de 1964.

 

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Illustration d'André Quellier (1925-2010) pour l'édition des Fables de 1991, d'après les dessins gravés de Jean-Baptiste Oudry.

 

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Le corbeau et le renard, peints par Léon Rousseau (1829-1881), sur un panneau vertical ornant le couloir du musée de Château-Thierry, dans l'Aisne, élégant logis du XVIe siècle et maison natale de Jean de la Fontaine...

 

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et revus par Salvador Dali (1904-1989), en pleine fièvre surréaliste.

 

Ce florilège d'illustrations témoigne de la vitalité des Fables d'où émane une poésie intemporelle, celle de la tradition orale et des narrations devant l'âtre, dans les campagnes d'autrefois.

 

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Dictionnaires et encyclopédies s'accordent sur le fait que Jean de la Fontaine est le plus connu des auteurs français du XVIIe siècle. Tout au long de sa vie, il posa sur la société un regard sans concessions, s'interrogea sur les rapports entre le pouvoir et la nature humaine et donna à la fable, genre mineur de la littérature, ses lettres de noblesse. Il n'oublia pas de « plaire » mais il ne perdit jamais de vue que le désir d'instruire motive toute démarche littéraire digne de ce nom.

 

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Portrait de Jean de la Fontaine par Hyacinthe Rigaud (1659-1743).

 

Il naquit le 7 ou le 8 juillet 1621 dans une famille d'« officiers » de la bourgeoisie provinciale. Son père, Charles, conseiller du roi et maître des Eaux et Forêts, épousa Françoise Pidoux, la veuve d'un négociant à Coulommiers.

 

Touche à tout brillant, il entama des études de rhétorique latine et de droit qu'il interrompit au profit d'un début de noviciat à l'Oratoire mais, faute de vocation, il poursuivit, au bout d'un an et demi, sa formation juridique.

 

A l'âge de vingt-six ans, il épousa Marie Héricart, la cousine de Jean Racine, âgée de quatorze ans. Elle était ravissante et fine d'esprit, ils s'apprécièrent mais ne réussirent pas à s'accorder.

 

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Jules Louis Philippe Coignet (1798-1860), le Chêne et le Roseau, 2e quart du XIXe siècle.

 

En 1652, la Fontaine fit l'acquisition d'une charge de maître des Eaux et Forêts à Château-Thierry, en Picardie. Cette activité le confronta aux différents aspects du monde rural qu'il décrivit, avec une saveur irrésistible, dans les Fables.

 

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Il exerça sa charge pendant une vingtaine d'années avant de s’en dessaisir et de fréquenter assidûment les milieux lettrés. Il se lia avec « les Chevaliers de la Table Ronde », des jeunes gens férus de littérature et de libre pensée.

 

La cour de Fouquet (1658-1661)

 

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En 1658, Nicolas Fouquet (1615-1680), surintendant des Finances et seigneur de Vaux-le-Vicomte, était au faîte de sa puissance. Entouré par une cour d'écrivains, il prit La Fontaine sous sa protection et lui versa une pension.

 

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La Fontaine lui dédia un roman mythologique intitulé Adonis (1658) et une oeuvre composite, le Songe de Vaux, dans laquelle il décrit la construction de la somptueuse demeure.

 

Mais en 1661, Fouquet tomba en disgrâce. Accusé de malversations et de complot contre l'État, il fut emprisonné sur ordre du roi. La Fontaine lui resta fidèle et composa une Élégie aux nymphes de Vaux (1661) et une Ode au roi pour M. Fouquet (1663).

 

Outre une période d’exil à Limoges, son « amitié » envers l'ancien ministre lui valut, pendant des années, l'inimitié de Louis XIV et la rancune du puissant Colbert. Une expérience amère du « théâtre politique » qui imprègne chacune de ses Fables.

 

Le salon de Mme de La Sablière (1673-1693)

 

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Marguerite de la Sablière (1636-1693) peinte par Pierre Mignard (1612-1695).

 

Après une période de flottement, la Fontaine parvint à se placer dans l'entourage des puissantes familles de Conti et de Bouillon et à obtenir un emploi de « gentilhomme » au palais du Luxembourg, au service de la duchesse douairière d’Orléans. Après la mort de celle-ci, il devint, en 1673, le secrétaire et l'ami personnel de Madame de La Sablière qui tenait un salon fréquenté par de brillantes personnalités (médecins, hommes de science, poètes, philosophes...). Une multitude de sensibilités et d'idées nouvelles s'y rencontraient, annonçant le siècle des Lumières.

 

Les succès littéraires (1664-1687)

 

Les Contes, les Fables et bien d'autres oeuvres encore...

 

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En 1665, la Fontaine publia un premier recueil de Contes et de Nouvelles en vers, oeuvres libertines grâce auxquelles il connut la célébrité mais la gloire vint avec les Fables dont le premier recueil parut en 1668.

 

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(Gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k54).

 

L'année 1668 fut très prolifique puisqu'il fit paraître les six premiers livres des Fables et un nouveau recueil de Contes. Il écrivit aussi les Amours de Psyché et de Cupidon, un roman en prose et en vers qui parut en 1669. Il y décrit une conversation entre quatre amis qui se promènent dans les jardins de Versailles.

 

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Versailles, détail du bassin du Dragon.

 

La Fontaine oscilla constamment entre inspiration érotique, verve profane issue du « merveilleux païen » et sentiment religieux qu'il exprima dans les Poésies chrétiennes (1671) et le Poème de la captivité de Saint Malc (1673).

 

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En 1674, la censure interdit la publication des Nouveaux Contes mais le deuxième recueil des Fables (1678-1679) connut un immense succès.

 

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En 1684, après une première élection suspendue au nom du roi (1683), la Fontaine réussit à se faire élire à l’Académie française, à la succession de son ennemi Colbert. Il lut, au moment de sa réception, un Discours-Hommage à Madame de La Sablière.

 

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Pendant la querelle des Anciens et des Modernes, polémique sur les mérites comparés des artistes de l'Antiquité et des artistes de l'époque de Louis XIV, il prit parti pour les Anciens dans l'Épître à Huet (1687).

 

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Gravure de Grandville, aux alentours de 1838.

 

Dans la dernière période de sa vie, La Fontaine, malade, renia les Contes et prit l'engagement, devant une délégation de l’Académie Française, de ne plus écrire que des oeuvres de piété.

 

Quand Madame de La Sablière s'éteignit, en 1693, il se réfugia dans la famille du banquier d'Hervart où il rédigea ses dernières fables. Il mourut le 13 avril 1695.

 

En 1817, son corps fut transporté au cimetière du Père-Lachaise.

 

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Sculpté dans le marbre par Bernard Seurre (1795-1867).

 

La Fontaine n'a cessé de pratiquer « l'esthétique de la variété », s'opposant ainsi aux volontés littéraires de son époque, propice à la distinction des genres et des styles. Il écrivit des pièces de théâtre, des récits en prose, de la poésie héroïque, élégiaque et galante, des poèmes mondains, des discours en vers et en prose, des textes religieux et même un essai de poésie scientifique (Poème du Quinquina, 1682). Il unit les codes de la narration romanesque, du discours et de l’écriture poétique. Il entremêla les genres, l'héroïque et le galant, les vers et la prose, le baroque et le classique. Il prit position pour les Anciens tout en appréciant la verve novatrice des Modernes. Il maniait l'humour et le sérieux avec autant d'aisance.

 

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Il donna libre cours à sa verve libertine dans les Contes qui connurent des parutions régulières tout au long de sa vie: 1665, 1666, 1671, 1674, 1685. Il y prolongea la tradition savoureuse des fabliaux du Moyen-âge et des contes de la Renaissance, dans la lignée de l’Arioste, de Boccace, de Marguerite de Navarre et de Rabelais. Il mit en scène des maris trompés, des nonnes dévergondées et des moines lubriques, pour le plus grand plaisir des lecteurs. Il prit pour cible les gens pétris de bien-pensance et souligna les contradictions sexuelles des ecclésiastiques, ce qui lui valut autant de lecteurs fidèles que d'ennemis.

 

En 1674, les Nouveaux Contes furent interdits par le lieutenant de police mais ils circulèrent « sous le manteau ».

 

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En 1770, Jean-Honoré Fragonard (1732-1806), peintre et illustrateur de génie (j'ai pour lui la plus grande admiration et j'ai effectué, en grande partie, des études d'Histoire de l'Art grâce à l'émotion ressentie devant ses créations), entreprit d'illustrer les Contes. Il composa 57 dessins qu'il rehaussa de lavis de bistre. Ces dessins, conservés au musée du Petit-Palais depuis 1934, sont considérés comme des chefs-d'oeuvre dans le domaine de l'illustration.

 

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Les Fables ont été pour La Fontaine une remarquable manière « d'adapter » les Anciens: le fabuliste grec Ésope et son alter ego latin Phèdre. La fable était pour les latins un propos, une conversation, bien avant d'être un genre populaire. Elle est très étroitement liée à l'idée de « l'oralité » et nous ramène à l'enfance du langage et de la société, tout en s'appuyant sur l'observation de la nature et des caractères humains.

 

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Manuscrit des Fables d'Ésope (bibliothèque.colmar.fr).

 

Les apologues d'Ésope, de courts récits dont on tire une instruction morale, connurent un grand succès auprès des écoliers et des orateurs. La Fontaine s'en inspira mais il rénova profondément les formes traditionnelles des contes et des fables en leur insufflant un rythme poétique et en recherchant en toutes circonstances le naturel et la subtilité.

 

Ainsi, le narrateur occupe une place dominante dans les Fables et la narration en vers libres permet d'interpeller l'esprit du lecteur par des préceptes moraux tout en ciselant un récit riche en rebondissements.

 

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Six feuilles de paravent sur les Fables d'Ésope tissées à la Savonnerie.
(gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53046177x
)

 

Poète de la Nature, la Fontaine représentait celle-ci comme un décor et comme un personnage, nous faisant cheminer volontiers, grâce à la finesse et à l'émotion du langage, à travers ses arcanes mystérieux.

 

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La forêt et le bûcheron, par Gustave Doré (1832-1883).

 

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Sa charge de Maître des Eaux et Forêts lui fit prendre conscience de la beauté de la Nature environnante mais aussi des conditions de vie misérables des paysans et des « dégâts écologiques » résultant de l'exploitation des forêts.

 

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Il s'insurgea également contre la théorie de René Descartes (1596-1650) exposant que les animaux ne pouvaient qu'être dénués d'âme et de pensée. La Fontaine aimait les animaux et les respectait.

 

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Dans l'écrin des forêts, dans les campagnes verdoyantes et les champs cultivés, la Fontaine observa à loisir une myriade d'animaux qui devinrent personnages et lui permirent d'exprimer les travers et les ambiguïtés de son époque.

 

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Sa statue se fond, d'élégante manière, dans la lumière changeante qui filtre sous les grands arbres du Ranelagh. Elle nous invite à redécouvrir les mots, les idées et les passions de son âme de fabuliste et à interroger tout autant notre humanité que la société qui nous entoure.

 

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Au rythme des saisons et tout autour du monument, les couleurs du jardin se métamorphosent...

 

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Le jardin du Ranelagh a encore bien des histoires à nous conter aussi je vous donne rendez-vous dans quelques jours pour le troisième chapitre de cette promenade.

 

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Sources et bibliographie

 

Ma thèse d'Histoire de l'Art et l'abondante iconographie collectée à la Bibliothèque Nationale pour la circonstance.

 

Le musée de Château-Thierry qui regorge de documentation.

 

 

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Fables choisies de La Fontaine, illustrées par Jean-Baptiste Oudry, peintre animalier du roi et professeur à l'Académie Royale de Peinture, directeur de la manufacture de Beauvais pendant vingt ans. Paris: Desaint&Saillant et Durand, 1755-1759. Édition de référence pour laquelle il fallut 44 graveurs et typographes et cinq années de travail. Elle comporte 275 illustrations en couleurs et 200 motifs floraux dessinés par Jean-Jacques Bachelier.

 

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Fables choisies de La Fontaine, ornées de figures de MM. Carle Vernet, Horace Vernet et Hippolyte Lecomte. Paris: Imprimerie Fain, 1818, 2 volumes in-folio oblongs.

 

Fables illustrées par Marc Chagall (1887-1985). Rééditées en 2010. Une vision contemporaine et singulière de l'oeuvre de la Fontaine.

 

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BASSY Alain-Marie: Les Fables de la Fontaine, quatre siècles d'illustration. Cercle de la Librairie, 1986.

 

LANFRANCHI Jacques: Les statues des grands hommes à Paris. Coeurs de bronze. Têtes de pierre. L'Harmattan, 2004.

 

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Je souhaite de belles vacances à celles et ceux d'entre vous qui sont ou seront bientôt en goguette et je vous remercie de votre fidélité!

 

Cendrine

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #2013, #lundi, #orages, #rue, #semaine

 

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John William Waterhouse (1849-1917), Sweet summer, 1912.

 

Une page se tourne dans le grimoire des saisons...

 

L'été 2013 apparaît, dans le fracas des orages, énergie indomptable qui s'unit à la terre gorgée d'eau. Après des années de sécheresse, la pluie nous apporte sa « luxuriance », à fleur de chaos, annonçant les moissons d'or, les fruits écarlates et les fantômes nacrés, papillons des jardins et des champs...

 

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Lundi et mercredi, de violents orages ont détruit la quasi totalité des arbres de ma rue et des rues alentour. Des entrées d'immeubles, des caves et les tranchées des travaux du tramway ont été inondées. Certains arrêts de bus sont encore inaccessibles et des coupures Internet sont prévues pour la fin de semaine et la semaine prochaine... Ce n'est pas comme dans les régions du Sud-Ouest, de la Haute-Garonne, des Pyrénées-Orientales, etc... où tant de maisons ont été endommagées mais je n'avais jamais observé des orages aussi violents à Sarcelles depuis que j'y suis installée. « Quand Dame Nature se manifeste à nous avec une force inouïe, cette force nous rappelle combien il est vain de placer toutes nos aspirations dans le « matériel » » avait coutume de dire une vieille dame chère à mon coeur.

 

Je souhaite aux personnes durement éprouvées de se rétablir au mieux...

 

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« Mon ciel », à onze heures du matin, lundi 17 juin 2013.

 

Le spectacle était grandiose, étrange et quasiment irréel. Une magie sauvage et fascinante était palpable dans l'air.

 

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Photo non retouchée... un étonnant résultat!

 

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Photo Metronews

 

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Création et destruction, beauté et dévastation, ambivalence et mystère feront toujours partie de la Nature où chapitre après chapitre, la vie refleurit et propage ses couleurs...

 

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Coquelicots, pavots et herbes folles, au souffle de mes pensées, là où quelques années auparavant ne s'étendait que du béton.

 

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Églantines aux parfums enchanteurs, absolu de sensualité...

 

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Irrépressible gourmandise!

 

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Le vent a fauché de nombreuses roses mais certaines ont résisté. Les voici, resplendissantes, dans leurs voluptueux atours, pour célébrer la venue de l'été...

 

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Joyeux Midsummer à celles et ceux qui font briller les anciennes croyances et très belle fête de la musique aussi!

 

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Amicales pensées...

 

Je marque une petite pause jusqu'à lundi. Je vous retrouverai la semaine prochaine, avec grand plaisir!

 

Cendrine

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #fut, #juliette, #pari, #ranelagh, #recamier

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 Je vous invite à explorer, dans le 16e arrondissement de Paris, les allées romantiques d'un jardin ombragé par des arbres centenaires. Dans le prolongement de la chaussée de la Muette, cette parenthèse d'élégance et de verdure « à l'anglaise » abrite un kiosque à musique, un théâtre de Guignol, un ancien manège de chevaux de bois et plusieurs statues et groupes sculptés. Les promeneurs apprécieront une représentation de Jean de la Fontaine, notre fabuliste national, ancien Maître des Eaux et Forêts. (Vous découvrirez son monument dans le second chapitre de cette promenade.)

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 J'aime beaucoup lire et musarder en ces lieux. Je m'y suis promenée en compagnie de CHRIS dont je vous encourage à connaître (si ce n'est pas déjà le cas) le blog « Au fil des jours et des menus plaisirs ».

Chère Chris, en souvenir de notre flânerie d'amitié, je t'offre avec tendresse ces quelques fleurs, photographiées en mai 2013.

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 Cet espace bucolique, au plan triangulaire, fut aménagé en 1860, sous la conduite du Préfet Haussmann (1809-1891), par l'ingénieur Jean-Charles Alphand (1817-1891). Il s'étend sur une superficie de plus de 60 000 m2, à l'emplacement du « Petit Ranelagh », lieu très en vogue au XVIIIe siècle.

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 Sur les pelouses du château de la Muette, rendez-vous de chasse traditionnel des rois de France, un garde de la barrière de Passy nommé Morisan fit établir un « salon de danse avec café, restaurant et spectacle » que fréquentèrent assidûment les dames et les gentilshommes de la Cour.

 

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 Il faisait référence à un bal de « grande renommée » instauré à Londres par Lord Ranelagh, un noble irlandais devenu pair d'Angleterre. Ce « personnage » haut en couleurs avait fait installer dans sa propriété de Chelsea une rotonde à musique où se pressaient les membres de la bonne société.

 

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La Rotonde du Ranelagh, 1754, par Giovanni Antonio Canal dit Canaletto (1697-1768).

 

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 (Les peintures et les gravures illustrant mon article viennent du site « The Royal Borough of Kensington and Chelsea Library » et de Gallica.bnf.fr).

 

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 Dès son ouverture, le 25 juillet 1774, le « Petit Ranelagh » fut apprécié par Marie-Antoinette et son beau-frère le comte d'Artois. Il devint le rendez-vous incontournable des nobles en quête de plaisir.

 

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Extrait du film Marie-Antoinette, réalisé par Sofia Coppola (2006).

 

Le comte Charles Philippe d'Artois (1757-1836), futur Charles X, était un grand-ami de Marie-Antoinette qui partageait sa passion pour la fête et le jeu. En octobre 1777, naquit le domaine de Bagatelle, merveilleuse « folie » située à la lisière du bois de Boulogne, grâce à un pari lancé entre les deux jeunes gens.

 

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Jusqu'en 1789, le Ranelagh fut le rendez-vous festif de la Cour et de la Ville. Fermé pendant la Révolution, il rouvrit sous le Directoire (1795-1799) et retrouva son immense popularité.

 

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On y rencontrait les Muses de la capitale et parmi elles, trois figures emblématiques de leur époque. On appelait les « Trois Grâces » ou les « Gloires du Ranelagh ». Il s'agissait de Thérésa Tallien, de Juliette Récamier et de Joséphine de Beauharnais.

 

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Les Trois Grâces dansant, 1799, par Antonio Canova (1757-1822).

 

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Portrait de Theresa Tallien en muse de la poésie par Jean-Baptiste Isabey (1767-1855).

 

Thérésa Cabarrus ou Madame Tallien (1773-1835) fut surnommée « Notre-Dame de Bon Secours » et « Notre-Dame de Thermidor » pour avoir aidé, pendant la Terreur, plusieurs centaines de condamnés à échapper à la guillotine. Emprisonnée, elle incita son amant et futur époux Jean-Lambert Tallien (1767-1820) à provoquer la chute de Robespierre (1758-1794).

 Séduisante et cultivée, amie de nombreux artistes, conteuse et comédienne, elle tenait un salon prestigieux et fut l'un des joyaux du Directoire. Elle eut des enfants avec le vicomte et homme politique Paul Barras (1755-1829) et le financier Gabriel-Julien Ouvrard (1770-1846).

 Elle arborait des tenues d'une grande sensualité, se parfumait au néroli et lança la mode des perruques blondes bouclées, confectionnées avec les cheveux des guillotinées. Ces perruques firent fureur au Ranelagh.

 

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 Muse et mécène, modèle et commanditaire des plus grands peintres, collectionneuse et initiatrice des modes, Juliette Récamier (1777-1844) reçut dans son salon toutes les personnes « importantes » de son temps.

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 Celle que l'on appelait « la belle des belles » était une étoile dont l'éclat et les connaissances aimantèrent les cercles littéraires et artistiques. Son influence sur les arts, les idées et la culture de son temps fut dominante. Épouse d'un banquier, elle gravita dans les milieux de pouvoir et fut initiée à de nombreux projets de conspiration contre Napoléon Ier qu'elle abhorrait. Elle fut l'amie de la sulfureuse, brillante et « féministe » Madame de Staël et l'égérie des plus grands artistes. Elle vécut avec Chateaubriand une passion flamboyante.

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Buste en marbre de Juliette Récamier, 1805-1806, réalisé par Joseph Chinard (1756-1813).

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 Sa beauté, son charme et son intelligence rayonnèrent sur une foule d'admirateurs et firent des merveilles en Angleterre où elle se rendit en 1802. Elle y reçut un accueil digne d'une tête couronnée.

 

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Son portrait, peint vers 1805 par François Baron Gérard (1770-1837) et surnommé «la Joconde de Carnavalet», est considéré comme l’un des plus beaux tableaux de l'histoire de l'art.

 Juliette y apparaît « alanguie » sur une chaise « étrusque », dans un décor rappelant celui d’une salle de bains antique. Elle lança, sous le Directoire, la mode vestimentaire « à la grecque » et joua un rôle de première importance dans la diffusion du goût « Antique » qui allait prévaloir sous l'Empire.

 Elle offrit le tableau, en 1808, à un de ses amoureux éconduits, le prince Auguste de Prusse qui lui fit parvenir ces mots enflammés « Pendant des heures entières, je regarde ce portrait enchanteur et je rêve un bonheur qui doit surpasser tout ce que l’imagination peut offrir de plus délicieux ».

 Après la mort du prince, en 1843, la toile fut restituée à Juliette. Elle entra en 1860 dans les collections de la ville de Paris.

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 Juliette Récamier lança la mode de la robe blanche en mousseline de coton importée des Indes, vêtement à la fois luxueux et imprégné de simplicité qui s'inspirait très largement des tuniques gréco-romaines. Il s'agissait d'une révolution vestimentaire car les dames de la Cour arboraient jusque là des robes en soie très larges et colorées, à paniers.

 

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Juliette Récamier en 1800, par Jacques Louis David (1748-1825).

 Le blanc était sa couleur fétiche, précieux blanc de mousseline apprécié pour sa fluidité, sa légèreté et sa résistance.

 

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Juliette Récamier par Alexandre-Évariste Fragonard (1780-1850).

 Avec un tel vêtement, la femme devient une muse, investie du pouvoir des antiques déesses.

 Les robes étaient agrémentées de nombreux ornements, comme les guirlandes de fleurs brodées ton sur ton. Les bras étaient le plus souvent nus ou couverts de manches translucides donnant à la tenue un côté aérien et angélique.

 

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Portrait de Juliette Récamier, 1801, peint sur ivoire par Augustin Jean-Baptiste Jacques (1759-1832).

 

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Portrait de Juliette Récamier, 1807, par Firmin Massot (1766-1849). Conservé au Musée des Beaux-Arts de Lyon. Portraitiste et peintre de genre, Firmin Massot était l'un des principaux représentants de l’École Genevoise de peinture de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècle.

 

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Eau-forte gravée en 1802 par Antoine Cardon (1739-1822), d'après une miniature de Richard Cosway (1742-1821), collection privée. (Trouvée sur le site du musée des Beaux-Arts de Lyon.)

 

Les accessoires étaient très importants pour Juliette Récamier. Elle raffolait des perles dont elle préférait l'éclat à celui des diamants et qui s'accordaient à merveille avec ses tenues. Elle arborait souvent un châle blanc en cachemire ou un voile de coton blanc, d'une finesse extrême, dans le but de camoufler très légèrement, tout en le sublimant, le grain de la peau. Elle portait des gants montants, parfois imprégnés de parfum, des bas en maille de coton, souvent brodés jusqu'aux chevilles, et des souliers en taffetas de soie blanche ou de couleur qui ressemblaient à des chaussons de ballerine.

 

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Chaussure de Juliette Récamier, époque Restauration, en taffetas de soie lilas. (Paris, les Arts Décoratifs, musée de la Mode et du Textile.)

 

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La Chambre ou Portrait de Juliette Récamier, huile sur bois peinte en 1826 par François-Louis Dejuinne (1786-1844).

 

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Joséphine de Beauharnais (1763-1814) était aussi une « muse des modes ».

 

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Portrait de Joséphine, 1805, par Pierre-Paul Prud'hon (1758-1823).

 

Cette élégante créole, de son vrai nom Marie-Josèphe Rose Tascher de la Pagerie, vit le jour à la Martinique et connut une jeunesse libre et dorée avant d'épouser, en 1779, le chevalier Alexandre de Beauharnais. Deux enfants, Eugène et Hortense, naquirent de cette union.

 Six ans plus tard, séparée de son époux, elle vécut à Paris une vie mondaine en dépit de ses difficultés financières. Elle fut emprisonnée sous la Révolution et faillit connaître un sort funeste mais elle fut libérée après que son mari ait été guillotiné. Elle devint la maîtresse du jeune général Bonaparte et l’épousa quelques jours avant le début de la campagne d’Italie.

 Elle fut couronnée impératrice en 1804 et cristallisa la haine du clan Bonaparte en raison d'un mode de vie souvent très libre et audacieux.

 Elle exerça beaucoup d'influence sur son nouvel époux mais, ne pouvant lui donner un héritier, elle dut consentir au divorce le 15 février 1809.

 

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Joséphine à la Malmaison, 1812, par Firmin Massot. (Musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg).

 

Mais l'Empereur qui l'aimait toujours lui accorda une somptueuse retraite au château de Malmaison et lui fit verser deux millions chaque année.

 

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Les Trois Grâces par Antonio Canova (1757-1822).

 

Les amies des « Trois Grâces du Ranelagh » étaient appelées « Merveilleuses ».

 

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Une Merveilleuse sous le Directoire.

 

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Portrait de Juliette Récamier, vers 1799, par Eulalie Morin (1765-1837).

 

Ces jeunes femmes élégantes et audacieuses suivaient une mode féminine « à l'antique » qui reflétait une plus grande liberté des moeurs et tenait compte des formes et des mouvements du corps. Cette mode permettait de danser et de vaquer à ses occupations avec davantage d'aisance. Les Merveilleuses arboraient des vêtements de couleur claire qui faisaient référence aux tuniques de l'Antiquité. Elles les appelaient tuniques « à la Cérès » et « à la Minerve », robes « à la Flore », « à la Diane » ou « à l'Omphale » ou encore redingotes « à la Galatée ». Leur décolleté était souligné par un ruban. Leurs cheveux étaient bouclés et non poudrés. Elles étaient chaussées de sandales attachées au-dessus de la cheville par des rubans entrecroisés ou des lanières garnies de perles. L'abandon du corset, du panier et des accessoires qui entravaient la liberté du corps se fit en réaction contre la folie sanguinaire de la Révolution.

 

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Sous les vastes allées ombragées du Ranelagh, les Merveilleuses avaient pour habitude de rencontrer les Incroyables ou Muscadins, leurs équivalents masculins, grand amateurs de tenues excentriques et de parfums précieux (musc, muscade...).

 

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Au coeur de cette frénésie des plaisirs, auprès de Juliette Récamier et de Thérésa Tallien, évoluait la délicieuse Fortunée Hamelin (1776-1851).

 

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Fortunée Hamelin en 1798 par Andrea Appiani (1754-1817).

 

De la Révolution Française au Second Empire, elle séduisit par son intelligence, sa turbulence et sa beauté de nombreuses personnalités artistiques et politiques. Bonaparte, Talleyrand, Chateaubriand, Victor Hugo, entre autres, succombèrent à ses charmes. Ce portrait la fait apparaître plutôt « sage » mais la réalité était bien différente. Elle descendit un jour les Champs-Élysées seins nus et faillit provoquer une émeute. Elle était accompagnée de Madame de Châteaurenard, férue d'occultisme et surnommée Minerve et de l'excentrique Madame de Crény qui avait lancé la mode de chapeaux très originaux et d'énormes noeuds attachés dans la chevelure.

 

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Certaines Merveilleuses se rendirent dans les jardins publics parisiens et notamment au Ranelagh vêtues de robes de gaze si diaphanes qu'on disait qu'elles portaient de « l'air tissu ». Le public fut très divisé sur la question. Si de nombreux messieurs appréciaient particulièrement la situation, des voix s'élevèrent pour dénoncer une atteinte impardonnable aux bonnes moeurs. Les « ultra Merveilleuses » durent alors renoncer à cette mise en scène de leur nudité.

 Ces attitudes débridées étaient une manière d'exorciser les violences révolutionnaires. Dans ce contexte « épidermique », les Merveilleuses et les Muscadins qui avaient perdu des membres de leur famille pendant la Terreur éprouvaient le besoin de faire leur deuil de manière théâtrale et « inconvenante ».

 

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Le temps des « Grâces » disparut lorsque les pays européens s'allièrent contre l'Empire de Napoléon et l'occupation de la capitale par les cosaques, après la Bataille de Paris, le 30 mars 1814, eut raison de l'âge d'or du Ranelagh.

 Les cosaques pillèrent le Ranelagh afin de récupérer du bois de chauffage. Ces « guerriers indomptables », venus des steppes du sud de la Russie et de l'Ukraine, avaient intégré, dans le dernier quart du XVIIIe siècle, les troupes tsaristes. Leur férocité légendaire était fortement redoutée.

 

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 En 1818, le Ranelagh fut reconstruit pour retrouver sa vocation première. On le transforma en bal en 1830 puis on le détruisit en 1848 et le nouveau Ranelagh fut aménagé à partir de 1860.

 

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 Le Ranelagh est remarquable par ses grands arbres qui dessinent de majestueuses voûtes de verdure. Certains sont âgés de plus de deux cents ans.

 

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 Au fil des saisons, on se régale à contempler les métamorphoses de la lumière dans les feuillages.

 

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Au fil des allées, des statues Belle Époque se dévoilent dans cet écrin romantique de verdure et de fleurs.

 

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Le marbre de Caïn, réalisé en 1871 par le sculpteur nantais Joseph-Michel Caillé (1836-1881).

 

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« Méditation », aux charmes empreints de volupté.

 

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Ce marbre naquit, en 1882, sous le ciseau d'Edme Anthony Paul Noël, dit Tony Noël (1845-1909). Ce sculpteur très prolifique travailla pour le Louvre après la destruction des Tuileries, le Grand Palais, l'Hôtel de Ville de Paris (…) et réalisa de nombreux portraits sculptés (Molière, Le Nôtre, La Boétie, Roméo et Juliette...) ainsi que des monuments commémoratifs.

 

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Un pêcheur ramène dans ses filets la tête d'Orphée.

 

Démembré par les Bacchantes jalouses de son amour pour la belle Eurydice, Orphée fut jeté dans le fleuve Euros au large de l'île de Lesbos, terre d'ivresse poétique.

 

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Le mouvement imprègne l'oeuvre, datée de 1883 et signée Louis Eugène Longepied (1849-1888).

 

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La lumière nous attire dans un cercle de verdure émaillé de fleurs chatoyantes.

 

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 D'après la légende, des chants mystérieux émanent de la tombe d'Orphée et des statues qui le représentent, entre ombre et lumière, aux changements de saison, quand le vent éparpille les nuages et les couleurs de la nuit... On dit aussi que le « souffle d'Orphée » propage les voeux d'amour et fait croître la végétation.

 

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 Je clos sur cette évocation poétique le premier chapitre de cette promenade et je vous donne rendez-vous, dans quelques jours, au pied du monument commémoratif à Jean de la Fontaine. Le fabuliste attend au Ranelagh les amoureux des Belles-Lettres et les visiteurs qui ont conservé leur âme d'enfant...

 

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A bientôt donc si vous le désirez...

 

Bibliographie

 

CASTELOT André: Napoléon. Paris: Tallandier, 1969.

 

HERRIOT Édouard: Madame Récamier et ses amis. Paris: Plon-Nourrit, 1909.

 

JOANNE Adolphe: Paris illustré. Paris: Hachette, 1863.

 

KJELLBERG Pierre: Le nouveau guide des statues de Paris. Paris: la Bibliothèque des Arts, 1988.

 

PESSARD Gustave: Nouveau dictionnaire historique de Paris. Paris: Lejay, 1904.

 

 

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Merci de votre fidélité, gros bisous!

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Publié le par maplumefee
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Sur la place Colette, face à la Comédie-Française, une création de lumière et de feu cristallisé, signée Jean-Michel Othoniel, habille la bouche de métro Palais-Royal-Musée du Louvre.

 

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Son charme insolite m'a déjà inspiré un article et donné envie d'entreprendre, en ce printemps 2013, un autre voyage d'écriture, agrémenté de nouvelles photos.

 

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La composition du Kiosque des Noctambules est fascinante et singulière. Deux coupoles ajourées, serties de perles de verre de Murano, s'appuient sur d'étranges piliers en fonte d'aluminium. L'oeuvre dessine un huit, symbole de l'infini, d'harmonie et d'éternité. Elle se fond et se dévoile dans l'écrin de la ville, ravivant des rêveries enfantines à travers les formes fantastiques, les moirures et les reflets du verre.

 

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Les yeux dans le ciel, les promeneurs se laissent happer par les rondeurs mystérieuses de ces bijoux géants.

 

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Le travail de Jean-Michel Othoniel s'inscrit dans une volonté d'hommage au métropolitain de Paris dont les bouches d'entrée furent créées par Hector Guimard en 1900. Cette commande de la RATP, passée en 1997 et installée en 2000, a suscité une réécriture de l'esthétique des lieux.

 

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Juillet 1900, dans la station Palais-Royal. (Collection AMTUIR/RATP).

 

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Les entourages fantastiques des stations de métro Guimard témoignent de foisonnantes recherches structurelles et ornementales, tant décriées à leur époque.

 

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Les formes issues de la Nature se déploient, avec poésie et panache, dans le paysage urbain.

 

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Ainsi parée, la bouche de métro nous offre un point de vue différent, quasi féerique, parmi les sobres façades qui bordent la place Colette.

 

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Émanation d'un monde où la Nature et l'Art se confrontent, s'enlacent et se recomposent, dans la frénésie du quotidien.

 

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Deux personnages en verre soufflé, emblématiques du thème de la gémellité, se dressent au sommet des coupoles. Incarnations graciles de la lune et du soleil, ils règnent sur une gamme de couleurs qui oscillent entre le chaud et le froid.

 

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Le soleil en totem...

 

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...et sa parèdre la lune qui se confond presque avec l'azur.

 

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Incandescences au crépuscule...

 

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Gouttes d'or cristallisé, perles rubis qui rayonnent sous les feuillages...

 

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Ces joyaux translucides, nés du savoir-faire des souffleurs de verre vénitiens, dessinent, sur l'autre coupole, une palette au sillage turquoise et saphir.

 

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Les anneaux de métal argenté qui bordent l'escalier évoquent des ronds dans l'eau, des orifices mystérieux, des cercles de rêve et de croissance...

 

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Bagues martelées, « passages » incrustés de cabochons et de dragées de verre, miroirs féeriques où dansent les rayons du jour. Des cicatrices de lumière, dans l'éphémère...

 

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Sculptures de verre qui, à l'opposé de la pratique habituelle consistant à rendre invisible le travail des souffleurs, portent des cicatrices et révèlent des bulles de matière. Jean-Michel Othoniel a délibérément choisi de créer ces « imperfections », de cabosser le verre afin d'en révéler, au-delà des camaïeux de blanc et de gris des monuments de la ville, la beauté d'une autre manière.

 

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Un petit banc, lové dans la résille argentée, attend le rêveur de midi ou de minuit...

 

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A propos de l'auteur

 

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(Image actuart.org)

 

Jean-Michel Othoniel est un artiste plasticien né en 1964 à Saint-Étienne. Après avoir obtenu son diplôme de l'École nationale supérieure d'arts de Paris-Cergy en 1988, il connaît un début de notoriété grâce à d'étonnantes sculptures en soufre (une substance qui évoque les transmutations de la matière et la souffrance, au coeur de toute chose...) Puis, à partir de 1993, il se met à explorer et à expérimenter les possibilités, les formes et les couleurs du verre, matériau alchimique.

 

En 1996, il est accueilli comme artiste pensionnaire à la Villa Médicis à Rome.

 

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(Image artfrance.org)

 

Créateur, poète et scénographe de la lumière, il expose autour du monde des colliers géants, des pendeloques baroques, des mobiles et des noeuds constitués de perles de verre et de cristal.

 

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Les Lacets bleus, 2008. (Galerie Emmanuel Perrotin)

 

« Noeuds de Janus », « noeuds de Lacan », « lassos bicolores » ou « arborescences de rêve » qui expriment la beauté ambivalente du verre et composent la signature magistrale de l'artiste.

 

Ses sculptures en soufre sont imprégnées d'une poésie intense et dérangeante à laquelle je suis particulièrement sensible.

 

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L'Hermaphrodite, 1993.

 

Cet « autoportrait en creux », en soufre moulé et en coquilles d'escargot, suscite, à l'instar du matériau principal, attirance et répulsion. Né dans le ventre des volcans, le soufre est associé à différents jeux de mots poétiques: « sulfureux, souffreteux... ». Othoniel le sculpte et exploite à l'envi ses capacités de corrosion.

 

La fascination pour les formes éphémères et fantasmagoriques hante la plupart de ses travaux et notamment ses Insuccès Photographiques (1987-1988).

 

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(Galerie Perrotin.com)

 

La poésie de l'oeuvre résulte de la rencontre d'éléments inattendus: soufre, plaque de lanterne magique, papillon, sable d'arène, peinture sous verre...

 

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 Dans les Femmes Intestines, Othoniel modèle et sublime un monde viscéral, grouillant, organique.

 

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 Le Collier-Cicatrice devient, à partir de 1997, un emblème de son art. Constitué de petites perles de verre rouge, il évoque le sang et les meurtrissures de la vie et rend hommage à son ami, l'artiste Félix Gonzales Torres (1957-1996). Ce dernier devint célèbre pour ses amas de bonbons, réflexions régressives et colorées sur la réalité (la guerre, la propagation des maladies) et les moments initiatiques de l'existence.

 

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(Image shape-and-colour.com).

 

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La thématique de l'oeil et de l'orifice est récurrente dans le travail d'Othoniel. Maître des métamorphoses, il oscille entre l'organique et le minéral, dans un monde empreint de sensualité et de sexualité, à travers les cercles de la mort et de la vie, symbolisés par des perles et des cabochons féeriques.

 

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En 2003, la Fondation Cartier pour l'art contemporain a accueilli Crystal Palace, une exposition peuplée d'oeuvres monumentales en verre de Venise et en broderie d'or de Rochefort.

 

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Le Bateau de Larmes, 2005. (Image artcontemporain.fr)

 

Une composition dédiée au calvaire des boat-people, à la fragilité de leurs existences et à l'espoir d'un avenir, représenté par des gouttes de soleil et d'azur en suspension.

 

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Mon lit, 2003. (Image artcontemporain.fr).

 

Ce lit à baldaquin est serti dans une résille de métal argenté, rappelant celle du Kiosque des Noctambules. Des « perles enchantées » explorent les thèmes de la magie et de l'absence. Une cage entrouverte, l'entrée d'une grotte, une amande, une vulve...

 

Un artiste alchimiste

 Jean-Michel Othoniel s'est illustré par ses recherches sur l'obsidienne, lave vitrifiée qui tapisse les entrailles des volcans et dont il a cherché à obtenir artificiellement la mystérieuse robe noire.

 

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Vase aztèque, source essentielle d'inspiration. (Roches ornementales.com).

 

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Contrepet d'obsidienne (Galerie Perrotin.com).

 

Des orifices volcaniques aux orifices du corps, des miroirs divinatoires aux gouttes luisantes où la magie palpite, l'obsidienne devient, sous les doigts de l'artiste, une passerelle entre les mondes.

 

Il a également utilisé, dans ses « utopies de création », le phosphore, la cire et le papier pour photo.

 

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The Wishing Wall, 1995.

 

Sur cet immense grattoir de phosphore, les visiteurs craquent une allumette en formulant un voeu et leurs désirs chuchotent dans les crépitements du feu.

 

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(Image Koreatimes.co.kr)

 

Le Petit Théâtre de Peau d'Âne

 

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(Image trouvée sur le site « La Maison de Pierre Loti ».)

 

Cette oeuvre de pure féerie exalte la passion d'Othoniel pour le verre, matériau de tous les possibles, tantôt poudre, cristal, liquide, solide, songe et réalité...

 

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Dans un décor fantasmagorique, l'artiste a inséré des figurines retrouvées dans la maison de l'écrivain Pierre Loti (1850-1923) à Rochefort. Quatre dressoirs de bois laqué, appelés « Table du Monstrueux », « Table du Temps », « Table du Soleil » et « Table de la Lune », soutiennent des édicules en verre filé.

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(Images: La Maison de Pierre Loti.)

 

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Entre 1857 et 1862, Pierre Loti conçut, avec sa famille, un petit monde de rêves inspiré du conte Peau d'Âne de Charles Perrault. Il conserva dans des boîtes, à l'intérieur d'un coffre, ces personnages fabriqués par ses mains d'enfant et nourrit l'espoir qu'ils seraient préservés, bien au-delà de son époque.

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« Un jour futur, [...], ces successeurs inconnus, en furetant au fond des plus mystérieux placards, feront l'étonnante découverte de légions de petits personnages: nymphes, fées et génies, qui furent habillés par nos mains ». Pierre Loti, Le Roman d'un enfant, 1890.

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Jean-Michel Othoniel nous livre la frêle et délicieuse poésie de cette oeuvre intime à travers une mise en scène qui célèbre, pour reprendre les mots de Pierre Loti, « l'homme né de l'enfant ».

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(Photo iesanetwork.com)

 

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 Fantasmagorie au théâtre de la Coupe d'or, à Rochefort.

 

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De l'autre côté du voile, le regard se déploie à travers de fines installations. La lumière et les ombres brillantes émanent de délicates bulles de verre baroques, comme suspendues hors du temps.

 

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Kiosque miniature, pagode, petite gloriette, grotte romantique, bateau de larmes, palanquins de sucre d'orge... c'est tout un monde qui prend vie, sublimé par des gouttes de verre rouge qui font pulser la lumière.

 

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La petite coupole rappelle la structure du Kiosque des Noctambules.

 

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Bateau de larmes en quête d'espoir...

 

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Que dirait Pierre Loti s'il voyait le soin apporté à la mise en scène et à la protection de ses figurines d'enfance?

 

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Des broderies « aux couleurs du soleil, de la lune et du temps » complètent l'installation.

 

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Cette mélodie artistique nous fait songer à l'émouvant Petit Cirque d'Alexander Calder (1898-1976).

 

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Le Petit Cirque, 1926-1931.

 

Inspirations régressives qui nous ramènent à nos passions d'enfance, fantasmagories si fragiles mais tellement essentielles.

 

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Passionné par les transparences, les cristallisations et les écorchures du verre, Othoniel entretient, depuis de longues années, des liens professionnels et amicaux avec les verriers de Murano et notamment avec la verrerie Salviati d'où proviennent les joyaux colorés du Kiosque des Noctambules.

 

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Le verre, à l'origine sable inanimé, devient matrice de vie et « résille de rêves ». Il « entre en osmose avec l'eau, la végétation, la lumière du soleil et de la lune. »

 

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Kokoro, 2009, installation en verre rouge de Murano réalisée pour le Hara Museum Arc à Gunma, au Japon (Image artcontemporainchaquejour.lalibre.be) 

 

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Le Belvédère de Caluire, 2011, verre de Murano, fonte d'aluminium, bois. (Image Projet Rives.fr).

 

Cette oeuvre commandée par le « Grand Lyon », dans le cadre de l’aménagement des Rives de Saône, couronne de perles géantes l'ancienne écluse de Caluire. Face à l'île Barbe, peuplée de légendes druidiques, cette partition de poésie et de lumière réenchante les lieux. Sur la pointe de l'île, trois lanternes brillantes attendent le promeneur.

 

Après ce voyage dans l'art sensuel et puissamment onirique de Jean-Michel Othoniel, revenons au Kiosque des Noctambules.

 

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Le verre offre à l'artiste des possibilités infinies de création et de métamorphose de l'espace urbain.

 

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L'escalier qui descend vers le métro Palais-Royal Musée du Louvre conduit les voyageurs à une sombre grotte où scintillent des amas de perles de verre, lovées dans des cavités transparentes et cerclées de métal.

 

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La bouche de métro devient plus que jamais le lieu d'une quête vers une autre dimension, un passage initiatique, antre sous-marin décoré de hublots où se dévoilent des bijoux-coquillages et des galets chatoyants.

 

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Les verriers de Murano ont développé des techniques qui imitent à merveille la texture et le scintillement des pierres précieuses, exploré les possibilités des cristaux, des émaux, des filigranes d'or et créé une impressionnante palette de couleurs et d'effets de matière.

 

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Cire magique née dans les entrailles du feu, le verre est hanté par les visions de l'artiste qui le modèle au gré de ses désirs et de ses rêves.

 

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En traversant la place Colette, je plonge mon regard dans ces bulles suspendues, coquilles de verre où pulsent les couleurs, à la rencontre des chocs thermiques volontaires qui étoilent la matière. Ils chuchotent que le « beau » est loin d'être caché dans la « perfection ». Des écorchures, des fracas et des fractures, tant de la vie que des matériaux, naît une écriture poétique, sensuelle et flamboyante du quotidien.

 

Bibliographie

 Laurent BOUDIER: Le Kiosque des Noctambules: Une oeuvre de Jean-Michel Othoniel, station Palais Royal-Musée du Louvre. Paris: Flohic, 2000.

 Édith DOOVE: Jean-Michel Othoniel. Colliers. Deurle: Museum Dhondt-Dhaenens, 2001.

 Catherine GRENIER: Othoniel. Paris: Centre Pompidou, 2010.

 Jean-Michel OTHONIEL et Marie DESPLECHIN: Mon petit théâtre de Peau d'Âne. Paris: Éditions courtes et longues, 2011.

 Catalogue de My Way, sa première rétrospective, qui s'est déroulée en 2011 au Centre Pompidou.

 

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(Image Centre Pompidou).

 

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