Eklablog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

Publié le par maplumefee

Image01.gif

 

Image02.jpg

 

Chers amis, nous voici aux portes de l'année nouvelle. Je vous remercie pour vos petits mots gorgés d'affection et pour le plaisir que me procurent vos poésies, vos photographies, vos délicieuses recettes et vos mondes imaginaires...

 

Image03.jpg

 

Que la magie de Noël rayonne dans vos foyers, présage d'une année remplie de joie, d'amour et de sérénité et que la ronde des saisons vous emporte dans sa féerie!

 

Image04.jpg

 

Je pense aussi très fort aux êtres aimés qui ne sont plus là et aux personnes seules en cette période de festivités... J'aimerais pouvoir adoucir leur solitude forcée.

 

Image05.gif

 

Je vous souhaite, avec ce petit conte imprégné de souvenirs d'enfance, un merveilleux Noël!

 

Image06.jpg

 

Autrefois, suspendue aux petits bruits de la nuit, je guettais la venue d'un mystérieux personnage...

 

Les ombres d'or autour de moi frissonnaient doucement et quelque chose de suave emplissait l'air.

 

Le mannele en robe de chocolat croquant semblait me regarder, fillette féline tapie contre le mur de la salle à manger. Quelques instants encore et mon voeu allait être exaucé, dans le cocon que formait la maison de ma grand-mère. J'allais apercevoir une figure jaillie du fond des âges, mi dieu ancien, mi lutin des bois et vénérable grand-père à la barbe de nuages...

 

Image07.jpg

 

Image08.jpg

 

Je m'étais appliquée à préparer des brioches aux écorces d'agrumes et aux pignons de pin, décorées de cabochons d'angélique, et je retenais mon souffle pour me fondre le plus possible dans le décor. J'avais virevolté toute la journée dans les jupes de maman et de mamie, exploré la maison en quête d'un itinéraire à peine visible, chemin de Faérie que seul emprunterait un être de légende, et dessiné une farandole de voeux et de rêves sur les fenêtres scintillantes de givre.

 

Comme nous n'avions pas de cheminée, mamie disposait une myriade de bougies sur une table ovale non loin de l'arbre qui m'émerveillait.

 

Image09.jpg

 

Il exhalait son merveilleux parfum dans la pièce, ensorcelant l'atmosphère avec la chaude résine qui circulait encore dans ses veines et ses aiguilles, sous l'effet de la chaleur ambiante, mêlaient leur senteur balsamique à des effluves d'orange, de mandarine et de cannelle.

 

Image10.jpg

 

Paré de rubans rouges et de sujets brillants, dodus et délicats comme des bulles de cristal, l'Arbre Vert était un phare dans la nuit guidant le vieux monsieur des neiges vers mes petits souliers qui attendaient sagement son entrée en scène.

 

Image11.jpg

 

Ma curiosité était à son comble quand un bruit de clochettes, doux, enivrant et étrangement assourdi résonna derrière moi. J'eus la sensation d'être observée et une voix, au creux de mon esprit, me souffla de retourner immédiatement au lit. Le mystère devait être préservé tel une perle dans son écrin.

 

Je partis en courant vers ma chambre, mes boucles brunes en bataille, mes petons facétieux claquant sur le carrelage du couloir et je m'engouffrai, le coeur battant, sous ma couverture fleurie.

 

Je fouillai l'oreiller, comme je le fais encore avec une fébrilité toute enfantine, et mes doigts caressèrent quelque chose... Je me redressai pour allumer la lampe de chevet et, dans la clarté rosée, sous le regard bienveillant de mes jouets, je trouvai une boîte que j'ouvris avec une folle excitation. Elle contenait un stylo plume bleu ciel et un carnet orné d'un Pierrot et d'un croissant de lune argenté.

 

C'était fabuleux. Qui avait déposé là cette surprise au coeur d'une nuit pas comme les autres? Je n'osais croire que...

 

Image12.jpg

 

Je finis par m'endormir en serrant fort contre moi ces objets magiques...

 

Le lendemain matin, réveillée par une odeur de gâteau au miel et de tartines grillées, je me dépêchai de rejoindre maman et mamie dans le salon. Des paquets chatoyants, tous plus beaux les uns que les autres, entouraient le pied de l'arbre aux merveilles! La magie avait opéré...

 

La journée dansa sur elle-même et, quand vint l'heure de me lover dans la toile de Morphée, je glissai sous l'oreiller mon stylo et mon carnet mystérieux. Les histoires que j'allais y écrire caracolaient déjà, à la crête des nuages d'argent. Le Père Noël, seigneur de l'Hiver, chevauchait de vastes plaines enneigées et les lutins allumaient les étoiles une à une. Elles dessinaient une trame envoûteuse, invitant mes désirs et mes rêves à rejoindre le cortège enchanté.

 

Image13.jpg

 

L'aventure de mon héroïne d'enfance, Flamme Bleue, commençait...

 

                                                                                                                             Cendrine

 

Image14.jpg

 

Image15.gif

Plume4

Voir les commentaires

Publié le par maplumefee
Publié dans : #bois, #diablada, #jardin, #musee, #petits

 A l'ombre de la Tour Eiffel, ce bâtiment élaboré par l'architecte Jean Nouvel vient de fêter ses cinq ans. Projet cher à Jacques Chirac, consacré aux Arts et aux Civilisations d'Afrique, d'Asie, d'Océanie et des Amériques, il contemple la Seine et se dévoile à travers la végétation, le verre et le bois. Son ossature est la rencontre, sur pilotis, de structures unies par des passerelles.

1-CendetParisMurveget

La façade « verte » du musée.

 

2-CendetParisjardinparoiverre

La palissade de verre.

 

3-CendetParisBoit1Boîtes et pilotis.4-CendetParisBoit2

 

5-CendetParisOmbresAngJeux de formes et de matières...pour Antoinette!

 

Le musée se love dans un jardin luxuriant, peau végétale qui accueille le visiteur. Conçu par le paysagiste Gilles Clément, cet espace secret est composé d'herbes hautes et de sentiers, de petites collines et de bassins chatoyants. On y rêve, on y flâne, on s'y restaure. Des concerts, des conférences et des spectacles se succèdent dans le théâtre ouvert.

 

6-CendetParisjardinchemin

7-CendetParisjardincarrefour

 

 

8-CendetParisjardinroulotteUn petit air bohème pour savourer l'été...

 

9-CendetParisCafeUn café et quelques douceurs?

 

10-CendetParismaraishabitantsLes petits habitants du jardin...

 

 

A l'intérieur, tout stimule notre âme d'explorateur...

La « rampe »: un chemin qui serpente en spirale depuis l'entrée et nous emmène vers les collections.

Les immenses totems originaires des Amériques, les masques et les tapas océaniens, les fétiches africains, les peintures aborigènes, les somptueuses tentures et les costumes d'Asie, l'extravagante Diablada d'Oruro, une danse traditionnelle des Andes...

 

 

11-CendetParisTambours Tambour Drum (Côte d'Ivoire, fin du 19e siècle).

 

12-CendetParisTotem   13-CendetParisTotem

  Le Totem du Mât de l'Ours (Canada, Colombie Britannique, vers 1880, bois de cèdre).

 

14-CendetParisdiablada   15-CendetParisOurspeluche

  Personnages de la Diablada d'Oruro (Diable, Diablesse et Ours).

 

 

Des installations multimédias et des bornes de consultation permettent de visionner de nombreux films d'archéologie et d'anthropologie.

 

Dans le Salon de lecture Jacques Kerchache et dans la Médiathèque, chacun peut donner libre cours à son envie d'apprendre et poursuivre son voyage à travers une riche documentation.

 

Dans la Librairie, on trouve une sélection fort alléchante de livres, de revues, de cartes, d'affiches, de CD, de DVD, de tissus, de jouets et de petits objets. En levant les yeux, on peut contempler de belles peintures aborigènes.

 

 

16-CendetParisjardinbatMusée, jardin, forêt...

 

 

17-CendetParisRoseauxRoseaux et reflets...

 

 

18-CendetParisTourEiffel La Tour Eiffel, en venant du musée...

 

Référencement sur http://www.etoile-blog.com

Plume4

Voir les commentaires

Publié le par maplumefee
Publié dans : #classique, #guatemala, #maya, #obsidienne, #terre

Grandioses et complexes, prêtresses d'une poésie cruelle, celle de la Nature où se mêlent puissance, raffinement et sauvagerie flamboyante, les civilisations d'Amérique du Sud jaillissent de la sylve émeraude, gorgée de mystérieuses croyances.


L'exposition intitulée Maya, de l'aube au crépuscule, qui se déroule jusqu'au 2 octobre 2011 au Musée du Quai Branly, m'a aimantée vers ces royaumes perdus.


Un dieu mystérieux, celui de la Mort, est représenté sur l'affiche, comme s'il gardait la porte de ces mondes étranges.

1-OretSangAfficheMayas

160 pièces exceptionnelles témoignent de la richesse artistique des Mayas du Guatemala.


En cheminant à travers des siècles d'iconographie, on découvre des sculptures anthropomorphes et zoomorphes, des vases chatoyants, des parures en jade, des stèles, des plats et des figurines polychromes, de fines pierres taillées, des coquillages, de somptueux encensoirs...



De ces objets étranges, imprégnés de simplicité et de magnificence, à une littérature tentaculaire, entretenue par des prédictions de fin du monde, les connaissances astronomiques des Mayas et la manière dont ils s'adaptaient à leur environnement soulèvent plus que jamais des interrogations. Les études se multiplient à propos des prêtres de Tikal qui maîtrisaient le calcul de la trajectoire des étoiles et des planètes. Leur savoir est-il une clé vers des sciences oubliées ou inconnues?


2-OretSangTikal  

Le Temple 1 de Tikal

Vers 700 après J.-C.


Tikal domine l'épaisse forêt de la région du Petén, au nord du Guatemala. Les alentours de la cité sont riches en silex qui servit à fabriquer des armes et des outils et fut utilisé comme monnaie d'échange.

 

Le temple se dresse sur un socle pyramidal à neuf degrés. Il est surmonté d'une crête faîtière, caractéristique de l'architecture maya et sa colonne vertébrale comporte neuf niveaux. Les Mayas considéraient le chiffre 9 comme celui de la lune et lui attribuaient des vertus guérisseuses.

 

La photo est issue de l'ouvrage intitulé Les Royaumes Précolombiens dans la collection « Les Grands Empires » de Robert Laffont. P.30.


 


Une partie de l'exposition relate les découvertes effectuées à El Mirador, dans les Hautes Terres du Guatemala, près de la frontière avec le Mexique.


De 300 avant J.-C. à 150 après J.-C., cette cité, fortifiée au nord et à l'ouest par un éperon rocheux, n'a cessé de se développer et de braver la puissance de la Nature par son réseau de routes à travers la forêt, ses pyramides géantes et ses temples démesurés. La qualité des arts et de l'écriture y est exceptionnelle. Une frise monumentale, découverte par l'archéologue Richard Hansen, apparaît comme la plus ancienne de la civilisation maya. Elle ornait un bassin destiné à recueillir les eaux de pluie.


3-OretSangCarteEmpire  

La civilisation maya apparut au troisième millénaire avant J.-C. et connut son apogée du IIIe siècle au Xe siècle de notre ère.

Le territoire maya constituait une vaste zone innervée par des routes terrestres, fluviales et maritimes, indispensables à l'économie des grandes villes, où circulaient les marchandises et les matières premières.

 



Les Mayas possédaient un remarquable savoir architectural, astronomique et mathématique. Leurs pyramides monumentales, leurs temples, leurs observatoires et leurs plateformes cérémonielles témoignent de leurs qualités de bâtisseurs. Ils inventèrent la voûte en encorbellement ou fausse-voûte.


Leur économie reposait sur l'agriculture, l'élevage de volailles et l'apiculture. Ils produisaient du maïs, des courges, du cacao, des haricots, du piment et du manioc. Ils cultivaient des arbres fruitiers. Leurs cultures surélevées étaient irriguées grâce à l'eau recueillie dans des citernes ou provenant de cenotes, des puits naturels karstiques.


Les œuvres d'art qu'ils nous ont léguées expriment une dualité fascinante, celle d'un monde qui oscille entre lumière et obscurité.


4-OretSangAneChampignon  5-OretSangAneChampignon


Cette sculpture champignon zoomorphe en roche volcanique date du Préclassique récent (400 ans avant J.C -100 ans après J.-C.) et vient de Kaminaljuyú, dans les Hautes Terres du Guatemala. Elle mesure 29 cm.


Des pierres champignons furent retrouvées dans les hauts plateaux de la région centrale du Guatemala. Il semble qu'elles honoraient une divinité champignon régnant sur les rituels chamaniques liés à la consommation de champignons hallucinogènes.


Au milieu du XVIe siècle, Bernardino (Ribeira) de Sahagun,un missionnaire franciscain espagnol relata, dans son Codex Florentin,les usages divinatoires et magiques de certains champignons chez les Mayas et les Aztèques. Appelés « chair des dieux », « petits enfants des eaux » ou encore « champignons merveilleux »,ils étaient consommés rituellement au cours de cérémonies visant à obtenir de puissantes visions. Leurs effets furent comparés à ceux du peyotl.


En 1656, un ouvrage destiné aux missionnaires espagnols préconisait la destruction des rites chamaniques associés à l'ingestion de champignons sacrés mais les cultes perdurèrent dans le secret.


En 1919, le docteur Blas Pablo Reko publia un ouvrage richement documenté sur la flore et les pratiques magiques en vigueur dans le Mexique ancien. En 1936, son cousin, Victor Reko, poursuivit ses travaux. Sillonnant des territoires mystérieux, il étudia des statues de champignons sacrés et collecta des échantillons qu'il expédia à l'université de Harvard. Il écrivit Poisons Magiques: Toxiques et Narcotiques du Nouveau-Monde.


Dans les années 1950, Roger Gordon Wasson et sa femme Valentina Pavlova voyagèrent dans la région de Oaxaca au Mexique. A force de persévérance, ils purent décrire, dans les plus secrets détails, une cérémonie magique fondée sur l'utilisation des champignons. Ils se lièrent ensuite d'amitié avec Roger Heim, un mycologue français renommé, directeur du Museum National d'Histoire Naturelle à Paris.


Les champignons sacrés sont riches en alcaloïdes et toujours utilisés par les sorcières (curanderas) et les sorciers (curanderos) dans le but de guérir, de retrouver les personnes et les objets perdus et d'obtenir des visions de l'avenir. Dans le Mexique ancien, ils étaient mélangés avec du cacao et du miel et consacrés aux dieux des plantes psychotropes.


Xochipilli,le Prince des Fleurs, vénéré par les Aztèques, était le gardien de la transe hallucinatoire appelée « Rêve Fleuri ».

Piltzintecuhtliou Sept Fleurs régnait, dans la culture Mixtèque, sur des rituels complexes fondés sur l'absorption de champignons magiques. Dans le Codex de Vienne,il est entouré par sept dieux qui tiennent des champignons.

 


Albert Hoffmann (1906-2008), un chimiste suisse, étudia la structure chimique des substances psychoactives que contenaient les champignons. En 1943, Hoffmann découvrit le LSD avec le professeur Arthur Stoll, au cours de recherches qui concernaient les effets de l'ergot de seigle.


Dans les années 1960, Timothy Leary, neuropsychologue et professeur controversé à l'université de Harvard, mena, à partir de la psilocybine (un puissant modificateur de perception présent dans les champignons), des expériences sur plusieurs groupes de personnes. Il explora ensuite les effets du LSD et s'aventura, grâce à ses découvertes, dans certains territoires occultes.


6-OretSangGrossesCuisses  

Figurine anthropomorphe


Kaminaljuyú, Hautes Terres, Guatemala.

Préclassique récent (400 avant J.-C.-100 après J.-C.)

Céramique



Imprégnés de naturel et de surnaturel, les arts mayas révèlent une fascination pour la beauté féroce et l'étrangeté de la Nature.

 


Au Préclassique récent, une architecture puissante et monumentale se généralise. Des observatoires astronomiques voient le jour à Tikal, à Uaxactún ou encore à El Mirador où les arts connaissent un développement remarquable. Baroque et foisonnante, l'écriture sublime la pierre et différents supports. La céramique se caractérise par des engobes oranges ou noirs puis rouges ou noirs. (Un engobe est un revêtement riche en argile appliqué sur de la céramique crue.)

 

Urne anthropomorphe

400 avant J.-C.-100 après J.-C. Céramique.

7-OretSangPrieurDent

 8-OretSangPoterieCrane


Jatte anthropomorphe

La Lagunita, Hautes Terres, Guatemala.

Préclassique récent (400 avant J.-C.-100 après J.-C.)

Céramique

 

 

9-OretSangJarreTeteAnimal


Jarre à effigie zoomorphe

La Lagunita, Hautes Terres, Guatemala.

Préclassique récent (400 avant J.-C.-100 après J.-C.)

Céramique

 10-OretSangVaseCourge


Vase phytomorphe

Hautes Terres, Guatemala.

Préclassique récent-terminal

(400 avant J.-C.-250 après J.-C.)

Céramique

 

 



Les artistes mayas utilisaient des matériaux variés comme la pierre, le bois, la céramique, les coquillages, l'os, le jade, l'ambre et l'obsidienne. Ils façonnaient aussi des ornements et des objets rituels dans du corail, des aiguillons de raie et des dents de requin. Ces matériaux circulaient, dans tout le territoire maya, et bien au-delà, par de nombreuses voies de communication. Des figurines et des bijoux étaient taillés dans des pierres précieuses. Les plumes d'ara, de perroquet et de quetzal aux couleurs magnifiques étaient prisées pour la réalisation de coiffes somptuaires.


L'Obsidienne

 

Cette substance que l'historien grec Hérodote nommait, au Ve siècle avant J.-C., « pierre d'Ethiopie », est née dans le corps fracassé de certains volcans. Elle est le fruit du refroidissement très rapide de la lave, brusquement vitrifiée sous l'effet d'un choc thermique. On rencontre plusieurs variétés:


L'obsidienne noire évoque la nuit et l'obscurité. Elle était utilisée, sous différentes formes, pour repousser le « négatif ».


L'obsidienne flocon de neige ou mouchetée était réputée favoriser la méditation et accroître le pouvoir de clairvoyance.


L'obsidienne Larmes d'Apache était employée, sous forme d'amulettes et de petits objets, pour dissoudre les énergies maléfiques et la mélancolie.


L'obsidienne œil céleste ou obsidienne dorée était associée à des pratiques de Haute Magie.


L'obsidienne était répandue dans l'état d'Oaxaca, un vaste territoire situé dans le sud du Mexique, à l'est du Chiapas et au nord de Veracruz. Elle servait à la fabrication de lames tranchantes, de poignards de combat, d'outils pour découper les peaux, le bois ou la viande, de pointes de lances et de flèches, de miroirs et de bijoux. Le noir profond de sa « robe », unie ou mouchetée, représentait, de manière symbolique, la nuit et le monde des profondeurs.


En frappant des blocs d'obsidienne, des lamelles se détachaient, aiguisées comme des lames de rasoir. Les prêtres plongeaient ces noirs couteaux sacrificiels dans la poitrine des prisonniers. En leur retirant le cœur, ils espéraient attirer la bienveillance des dieux et repousser les phénomènes climatiques dangereux.


Associée à la guerre, aux sacrifices rituels et aux auto-sacrifices, l'obsidienne représentait le sang cristallisé de la terre. On l'utilisait aussi pour façonner des bijoux, des figurines et des amulettes.


Elle était placée sous les autels, les stèles et le seuil des maisons. On semait sous les sépultures des personnages importants une myriade d'éclats d'obsidienne afin de protéger magiquement le défunt.


Une quantité conséquente d'obsidienne, sous forme de coulées brillantes, se situe dans le Yellowstone, en Amérique du Nord. Des pointes de flèches et de javelots, des éléments de parure et des talismans témoignent de son utilisation dans la vie quotidienne des populations.


Dans l'Egypte ancienne, son éclat mystérieux était très apprécié. Pendant les rites d'embaumement, les prêtres utilisaient des couteaux à lame d'obsidienne afin de bannir les énergies malveillantes. De nombreux parures, des pots à onguents, des miroirs, des vases et des statues étaient sculptés dans de magnifiques obsidiennes.


Les yeux des statues étaient souvent façonnés dans de l'obsidienne chatoyante, ce qui leur conférait une force quasi surnaturelle. Les yeux du masque funéraire de Toutankhamon mêlent quartz et obsidienne.


Sur l'île de Pâques, les esprits ou fantômes des ancêtres sont représentés sous forme de petites statuettes: les Kava kava. Leurs yeux, réputés magiques, sont constitués d'os et d'obsidienne.


En Occident, l'obsidienne est associée à la magie des sorcières, à la divination et à la protection contre les forces du mal.


Les Miroirs d'obsidienne


Les Aztèques nommaient l'obsidienne « soleil noir ». Ils l'associaient au dieu Tezcatlipoca auquel ils consacraient des miroirs divinatoires. Le miroir du docteur John Dee, célèbre occultiste anglais de l'époque élisabéthaine, est façonné dans de l'obsidienne. Il est conservé au British Museum. D'après Arnaud Maillet, auteur de l'ouvrage Le miroir noir: enquête sur le côté obscur du reflet, « cette pierre spéculaire est en fait un objet aztèque. »


« Ces miroirs étaient, avec plusieurs autres de même provenance, des miroirs divinatoires utilisés dans le cadre de la sorcellerie et de la nécromancie par différentes civilisations précolombiennes. Leur nature d'obsidienne rattache invinciblement ces objets à la divinité aztèque Tezcatlipoca dont le nom signifie « miroir fumant ». (…)Primitivement représenté avec un miroir d'obsidienne sur la tête, il est figuré plus tard avec ce miroir à la place du pied qu'il perdit dans un combat légendaire avec le monstre Cipactli. (...)Le miroir fumant (parce que relié à l'inframonde ainsi qu'à l'eau et à la terre) à deux faces, permettant de voir et d'être vu, symbole de la connaissance et de l'union des contraires, révélait ainsi les péchés et le destin. » P. 43-44.


Le Jade

 

Pierre de vie, le jade est associé à l'eau de pluie et au maïs, les piliers de la civilisation. Il a la couleur de l'eau céleste, de la forêt luxuriante et des épis avant qu'ils se parent de la couleur dorée de l'astre solaire.


Ce collier témoigne du raffinement des artistes mayas et de l'importance du jade dans leur société.

11-OretSangCollierJade  

Collier en jade

Kaminaljuyú, Hautes Terres, Guatemala.

Classique ancien (250-550 après J.-C.)


D'importantes veines de jade se situent dans la région du Motagua au Guatemala.

Des échanges de pierres vertes entre les Hautes Terres et les Basses Terres se sont probablement produits dans des lieux comme Kaminaljuyú.


Les parures de jade étaient associées à la noblesse mais différents ornements, de taille et de poids conséquents, appartenaient au mobilier funéraire. Elles permettaient à leurs possesseurs d'établir un lien privilégié avec l'au-delà.



Pierre semi-précieuse, le jade est généralement connu pour sa teinte vert profond mais il dévoile, autour du monde, une palette de couleurs variées. Les peuples d'Amérique du Sud, particulièrement les Mayas, les Aztèques, les Toltèques et les Olmèques, le considéraient comme une substance sacrée. Ils lui attribuaient des vertus magiques, alchimiques et curatives.


Les Mayas appréciaient une variété de jade vert d'eau qui réfléchissait la lumière, les Olmèques un jade bleu-vert aux reflets chatoyants. De nombreux objets sacrés aux nuances bleutées furent retrouvés au Costa Rica.


Symbole des eaux vives qui fécondent la terre et du sang jaillissant, le jade était utilisé pour fabriquer des masques funéraires, des miroirs, des éléments de parure (colliers, bagues, pendentifs), des plastrons, des armes et des figurines rituelles.


L'eau et la poudre de jade étaient réputées apaiser les douleurs de l'appareil urinaire, les coliques néphrétiques et permettre d'expurger les calculs rénaux.


Les gisements de jade les plus conséquents sont situés dans le Chiapas (une région montagneuse du Mexique qui s'étend à l'est de l'Oaxaca) et au Guatemala.


Les pierres vertes (jade, jadéite, néphrite, serpentine, fuschite, stéatite, pyrophyllite) étaient très importantes pour les Mayas comme en témoigne cette hache originaire de Finca Zunil.

 

12-OretSangHacheJade  

Hache en pierre verte

Finca Zunil. Côte Pacifique, Guatemala.

Classique ancien, récent (250-800 après J. C.)


Sous l'appellation « jade », on désigne en réalité deux roches métamorphiques très résistantes: la jadéite et la néphrite.

La faille de Motagua, qui traverse le Guatemala, est à l'origine de la formation de jade et de roches métamorphiques. La production de ces roches résulterait de la collision de la plaque nord-américaine et de la plaque Caraïbes.



13-OretSangPlaqueJade

Plaque de Jade

Nebaj, Hautes Terres, Guatemala.

Classique récent (550-800 après J.-C.)


Un personnage juché sur un trône fait face à un nain, fréquemment représenté dans les scènes de cour.

Le « suzerain » est doté de parures somptueuses. Il porte un pectoral et des bijoux de jade.

 



Les masques funéraires étaient le plus souvent constitués de jade, de coquillages, d'obsidienne et d'hématite: matériaux associés au monde spirituel, extension du divin. D'après les croyances mayas, le masque permettait d'atteindre le rang de divinité après la mort. Les gouverneurs des cités les plus prestigieuses recevaient un masque de jade pour accomplir leur voyage dans l'au-delà.



Comme l'obsidienne, la pyrite était utilisée pour fabriquer les yeux de certaines statues et des miroirs dont la surface polie, brillante, favorisait la communication avec les entités magiques.


Les os des animaux marins étaient associés à la magie des eaux souterraines.


Le silex évoquait le feu et la lumière du jour.


L'hématite et le cinabre symbolisaient le sang ruisselant, gorgé du pouvoir de fécondité.



A la Période Classique, les Mayas entretiennent une série d'échanges commerciaux et artistiques avec la civilisation de Teotihuacan. Les arts de l'écriture connaissent un raffinement sans précédent. Associés à des caractères énigmatiques, les dieux, les animaux et les créatures mythologiques ornent la pierre et les nombreux objets en céramique.

 

Ecuelle polychrome à couvercle et anse en forme de tête de jaguar

Tikal, Basses Terres, Guatemala.

Classique ancien: 250-550 après J.-C.

Céramique

 

Cette écuelle fut découverte dans une partie du site archéologique de Tikal appelée « Mundo Perdido ».

La tête du jaguar est façonnée en relief sur le couvercle, la gueule ouverte. On aperçoit ses dents acérées. « Le reste du corps est peint sur le couvercle. L'animal, en position d'attaque, est entouré de motifs circulaires qui représentent l'au-delà aquatique. Les parois de l'écuelle sont ornées de panneaux représentant une tête stylisée de serpent et la carène inférieure, de motifs géométriques. »

14-OretSangEcueilJaguar


15-OretSangEcueilJaguar

De nombreux objets de la vie quotidienne ou spirituelle représentent un jaguar, animal emblématique de la civilisation maya.


 

 

Seigneur de la jungle émeraude, le jaguar règne sur les mystères du monde...


Force, rapidité, férocité, magnificence, prunelles dardées sur les secrets anciens, le jaguar est un félin de l'Ancien Monde. Gardien de la jungle luxuriante, il se révèle, dans la spiritualité des peuples amérindiens, comme un initiateur.


Le dieu maya du soleil se métamorphose en jaguar lorsqu'il accomplit son périple nocturne dans le Monde Inférieur. Associé à la mort et à la fertilité, le jaguar détient le pouvoir de renaître.


16-OretSangEcueilAnimal  

Ecuelle à couvercle avec poignée en forme de tête animale.


Tikal, Basses Terres, Guatemala.

Classique ancien (250-550).

Céramique

 

La magnifique polychromie orangée de cet objet caractérise la céramique du Classique ancien. Les motifs qui ornent les parois de l'écuelle sont des bandes symbolisant les eaux à connotation magique.


17-OretSangVaseSiffleur  

Vase siffleur

Kaminaljuyú, Hautes Terres, Guatemala.

Classique ancien, 250-550 après J.-C.


Ce vase pittoresque est constitué de deux corps unis. L'un est ouvert, l'autre fermé. Ce dernier comporte une petite ouverture qui permet d'émettre un son ressemblant à un sifflement.




Volutes aromatiques


Dans un monde où les Hommes entretiennent des rapports étroits avec les Divinités, l'encens joue le rôle d'un messager. Les encensoirs deviennent, au fil du temps, des pièces ornementales de plus en plus complexes.

 

18-OretSangEncensoir


Encensoir Théâtre anthropomorphe

Guatemala, Los Chatos, Côte Pacifique, Céramique, Classique ancien, 250-550.


Les yeux du personnage sont en quartz. Le pectoral est particulièrement somptueux.

 19-OretSangEncensoir


Dans ces magnifiques encensoirs, les Mayas brûlaient du copal pour honorer le dieu du Soleil, Kinish Ahau. On l'appelait aussi ledieu G, époux de Ix Chel, la déesse de la Lune. Il voyageait chaque jour à travers le ciel, maître de la vie, et plongeait dans le monde souterrain après le coucher du soleil. Il se métamorphosait alors en jaguar et chevauchait un caïman. Son glyphe était un chiffre 4.


 

 

Les Mayas appelaient la résine de copal « cerveau du ciel » et pensaient que les volutes parfumées pouvaient atteindre le « cœur du ciel » où se concentraient les plus grands pouvoirs.

 

 

Conque incisée

20-OretSangConque



21-OretSangFigurineFuschite  

Figurine en fuschite

Le personnage est assis, les doigts croisés sur la poitrine. Il fut trouvé sous l'escalier d'accès au Palais Royal de Uaxactún. Sur les joues, il est marqué du glyphe kin, associé au soleil. Ses sourcils forment des motifs incisés en U inversé.


Offrande de fondation, Classique ancien 250-550.


La fuschite verte ou « mica chromifère » est une pierre verte et brillante, un composé de silicate d'aluminium riche en chrome.


Uaxactún, dont le nom signifie « huit pierres », est un site constitué d'une succession de plateformes et d'escaliers, d'un Palais, d'un observatoire astronomique (une pyramide regarde trois temples plus petits dont la position permet d'étudier le lever du soleil aux équinoxes et aux solstices.) et d'un décor baroque de masques en stuc.



22-OretSangFigurineSouriant  

Vase anthropomorphe avec couvercle


Classique ancien (250-550 après J.-C.)

Céramique

21x20 cm, Uaxactún, Basses Terres, Guatemala.

 

La période du Classique ancien est propice à la fabrication de pots et de vases à effigies anthropomorphes et zoomorphes. On en a retrouvé en grande quantité dans les Basses Terres, à Tikal et à Uaxactún, à Kaminaljuyú sur l'Altiplano central et aussi à Teotihuacan dans le Mexique central.





Serpent de roche volcanique

Pasaco, Hautes Terres, Guatemala. Classique récent: 550-800.

 

23-OretSangSerpent  24-OretSangSerpent

 

Il appartient à une catégorie de représentations sculpturales zoomorphes de style Cotzumalguapa.

Enroulé sur lui-même, le serpent se dresse, comme s'il allait attaquer ou se défendre. Son expression est particulièrement travaillée. Ses grands yeux allongés, ses crochets sinueux et sa langue bifide lui donnent une impression de mouvement. Son corps est orné de motifs décoratifs formés par des lignes entrecroisées et des cartouches en forme de losanges.



Mystérieuse écriture

25-OretSangEcriture  

Panneau I de la Corona


La Corona, Basses Terres, Guatemala.

Classique récent.

 

Deux blocs sculptés constituent ce panneau ciselé de 144 hiéroglyphes.

 

 

 

La connaissance de l'écriture mayas'appuie sur la découverte d'environ 5000 textes ciselés dans la pierre, sur des stèles, des linteaux, des parois rocheuses et des marches d'escalier, gravés sur des os, des coquillages, des plaques et des objets en jade, peints sur des murs, des vases et à l'intérieur de certaines grottes.

 

L'écriture apparut chez les Mayas vers l'an 300 avant J.C, sous une forme logographique: un dessin représentait un mot. Elle évolua ensuite vers une forme mixte: logographique etphonétique et vers une division en syllabes. Il y avait plusieurs sons pour un signe et plusieurs sens pour chaque son. Disposés sous forme de colonnes, ces signes ou glyphes se lisaient de gauche à droite et du haut vers le bas.

 

Les Codex Mayas

 

Les Mayas ont fabriqué des Codex, ouvrages constitués de lamelles d'écorce, de feuilles de figuier transformées en pâte à papier ou de peaux très finement tannées. Ils étaient richement documentés mais la plupart d'entre eux disparurent au cours d'autodafés effectués par les Espagnols au XVIe siècle.


En 1562, l'évêque Diego de Landa ordonna de brûler ces ouvrages qui, d'après lui, « ne contenaient que superstitions et mensonges du Diable ». Il n'en demeure que quatre: le Codex de Madrid, le Codex de Dresde, le Codex de Paris et le Codex Grolier (l'authenticité de celui-ci est controversée par certains chercheurs).

 

Les illustrations qui suivent sont extraites du Codex de Madrid. Des personnages et des caractères énigmatiques, d'étranges oiseaux, des créatures et des serpents fantastiques, ornent ses pages. On y trouve des rituels concernant l'invocation de la pluie, le tissage, la chasse, l'élevage des abeilles, les moissons, la sécheresse et les maladies.


26-OretSangSerpent  27-OretSangPersonnageHache  28-OretSangOiseau


 

Tissée par les dieux, l'écriture témoignait de la puissance et de l'histoire des dynasties.


Quand la Pyramide de Copan fut découverte au Honduras, en 1870, un hiéroglyphe complexe figurait sur chaque pierre de l'escalier, appelé Escalier des Hiéroglyphes. Des décennies plus tard, l'archéologue David Stuart déchiffra ces signes et retranscrit la liste des rois de Copan, la date de leur intronisation et de leur décès.

Parmi les masques étranges qui semblent veiller sur le monument, l'écriture, instrument de la connaissance et du divin, transcende l'humanité et devient une parure mystique et une marque de toute-puissance.

 

29-OretSangCalendrier

Calendrier maya


Bien avant les Aztèques, les Mayas établirent un calendrier lunaire, un calendrier solaire et un calendrier fondé sur les mouvements de la planète Vénus.

Ces calendriers leur permettaient de déterminer les dates favorables aux semailles, les saisons des pluies, les éclipses solaires et lunaires, les périodes propices pour se rendre à la chasse et pour mener la guerre.



30-OretSangJeuBalle

Marqueur de terrain de jeu de balle


Cancuén, Basses Terres, Guatemala.

Classique récent (550-800 après J.-C.)

Pierre

 

Le jeu de balle ou « pok ta pok » se pratiquait sur d'immenses esplanades dans toute l'Amérique centrale. On utilisait une balle de latex durci (kik) qui symbolisait le soleil et devait passer dans de grands anneaux de pierre.


31-OretSangJeuBalle  

Les phases majeures du calendrier rythmaient des rencontres dont l'issue déterminait quelle équipe restait en vie et quelle équipe était sacrifiée aux dieux. Les équipes incarnaient la dualité des puissances de création et de destruction, la rencontre des énergies de lumière et des forces de l'inframonde. Leurs mouvements symbolisaient la course du soleil.

 

Les terrains de jeux de balle étaient richement décorés de bas-reliefs qui représentaient des joueurs. Des statues et des pierres étaient utilisées pour délimiter les différents espaces.



Les Mayas entretenaient un rapport particulier avec le sang. Ils accomplissaient des sacrifices rituels et des auto-sacrifices et brûlaient le sang en guise d'offrande aux divinités, créant un sentier subtil entre le monde humain et celui des êtres supérieurs.


Le sang était nécessaire au « vieux » soleil,voyageur nocturne dans les contrées de l'inframonde. Gorgé du rouge et précieux fluide de vie, il pouvait ensuite réapparaître dans le ciel à l'aurore.

 

32-OretSangSteleTete

Stèle 7 (fragment)


Piedras Negras, Basses Terres, Guatemala.

Classique récent (550-800 après J.-C.)

Calcaire

 

De cette stèle brisée, il demeure la partie supérieure sur laquelle on aperçoit le visage du souverain K'inich Yo'nal Ahk II. Coiffé de plumes majestueuses, il semble jaillir des mâchoires d'une créature fantastique. Une gueule de monstre s'enroule autour de lui.

Les autres parties de la stèle décrivaient les parures et les vêtements du souverain, décorés de hiéroglyphes.

 

 

33-OretSangEncensoir  

Encensoir anthropomorphe

Flores, Basses Terres, Guatemala. Céramique, Classique récent: 550-800.

Au-dessus des yeux du personnage se trouve une chauve-souris. En Occident, le Diable revêt des ailes membraneuses et se tapit dans l'obscurité. La chauve-souris est considérée comme l'incarnation d'un démon ou une sorcière métamorphosée. On l'accusait jadis de transmettre des maladies et des fièvres d'origine maléfique mais, chez les Mayas, elle est une divinité protectrice nommée Z'otz.

Même si dans un des mythes des Mayas Quiché « une chauve-souris coupeuse de têtes » hante le monde des profondeurs, cette créature étrange était vénérée et considérée comme positive.

 

 

34-OretSangPlat  

Plat polychrome


El Mirador, Basses Terres, Guatemala.

Classique récent (550-800 après J.-C.)

Céramique

 

 

35-OretSangFigurine  

Camahuil

Région du Chixoy et du Quiché,

Hautes Terres, Guatemala.

Classique: 250-1000 après J.-C.


Ces figurines représentent des petits personnages asexués, « aux traits simples et géométriques », les bras croisés sur la poitrine.

 

 

36-OretSangJarreCourge

Jarre à décor de calebasse


Topoxte, Basses Terres, Guatemala.

Classique, 250-1000 après J.-C.

Céramique

 

 

 

37-OretSangDieuCoquillage  

Mosaïque de coquillages

Basses Terres. Classique récent: 550-800.

Cet étrange personnage dénommé dieu A ou dieu de la Mort est figuré assis. Dans son visage décharné, scintille un œil de pyrite. Il porte deux perles de jade de part et d'autre du cou. Cette mosaïque joyau accompagnait un jeune garçon dans la sépulture 49 trouvée dans l'édifice A de Topoxte, au Petén.

Il s'agit de Kimi, l'un des seigneurs de l'inframonde qui règne sur Xibalba. Dans ce lieu qui représentait l'enfer, les esprits des morts affrontaient des épreuves afin de revenir à la vie pendant les prochains cycles d'existence. De Xibalba émergèrent Xbalanque et Hunahpu, les Héros Jumeaux, sous la forme du Soleil et de la Lune.

 


L'inframondeest un territoire mystérieux, un magma de ténèbres habité par des puissances sauvages et surnaturelles. On pénètre dans ce fabuleux réceptacle de mort, d'énergie et de fécondité par une grotte, passage naturel vers le royaume du soleil couchant. Les plantes s'y enracinent. La race humaine y a été façonnée. Le dieu soleil y voyage chaque nuit. Il traverse les eaux souterraines et se confronte à de multiples dangers. L'inframonde est le territoire du jaguar, double nocturne du soleil fécondant.



Période Postclassique: 1000-1524 après J.-C.

 

Les grandes cités situées plus au nord des Basses Terres se développent, à l'instar de Chichén Itza. Les brillantes civilisations des K'iché et des Kaqchikel s'enracinent dans les Hautes Terres. Elles se caractérisent par un dynamisme artistique et commercial. L'utilisation du cuivre, de l'or et du tumbaga, un alliage d'or, d'argent et de cuivre pour créer des parures et différents objets se généralise.


Mais les fortifications de nombreuses cités témoignent d'une période d'affrontements entre plusieurs royaumes avant l'arrivée des Espagnols au début du XVIe siècle. La division des territoires en une profusion de fiefs belliqueux s'ajoute à une surexploitation des forêts et à des bouleversements climatiques qui suscitent un affaiblissement inexorable de la puissance maya.


38-OretSangDisqueOr

Disque de tumbaga à motif animal.


Guatemala, 900-1500 après J.-C.

 

« Ce disque en tumbaga (alliage d'argent, d'or et de cuivre) à décor repoussé représente un oiseau, peut-être un hibou. Par son motif, cet artefact fait partie du groupe appelé « Disques du Soconusco », daté majoritairement du Classique Récent et provenant d'une aire comprenant la province du Soconusco et l'ouest du Guatemala. »

 


Chez les Mayas, le hibou était associé à la mort. Dans les Basses Terres, le dieu de la mort était doté d'une tête de hibou.

Dans la civilisation de Teotihuacan, le hibou était consacré au dieu de la pluie mais les Aztèques le considéraient comme une incarnation démoniaque et liaient à sa présence des évènements néfastes.


39-OretSangEncensoirJaguar


Grand encensoir subcylindrique à couvercle représentant un jaguar.


Guatemala, 1000-1524 après J.-C.

 40-OretSangEncensoirJaguar


Grand encensoir représentant un jaguar

San Andres Sajcabajà, Hautes Terres. Céramique, Postclassique: 1000-1524 après J.-C.



41-OretSangCruches  

Cruche à effigie aviforme

Asuncion Mita, Hautes Terres, Guatemala.

Céramique à aspect métallique. Postclassique ancien: 1000-1250 après J.-C.

Cette sorte de céramique fut commercialisée sur l'Altiplano du Guatemala et franchit les limites du territoire maya.

La jarre tripode sur la gauche vient de la côte Pacifique.



Le métal et notamment le cuivre, auquel les Mayas attribuaient des pouvoirs divins, représente une innovation technique au Postclassique ancien. Il est utilisé pour fabriquer des ornements « sonores ».


42-OretSangHachesBronze  

Haches de bronze

Ixtahuacán, Hautes Terres, Guatemala.

Postclassique (1000-1524 après J.-C.)

Bronze



43-OretSangTeteOiseauCuivre  

Tête d'oiseau en cuivre


Zaculeu, Hautes Terres, Guatemala.

Postclassique ancien (1000-1524 après J.-C.)

 

Cet objet qui appartenait peut-être à une mosaïque ornementale fonctionnait comme une sorte de grelot permettant d'imiter le chant d'un oiseau.



44-OretSangGrelotsCuivre

Grelots en cuivre


Quirigá, Basses Terres, Guatemala.

Classique terminal-Postclassique ancien

(800-1250 après J.-C.)

 

Ces grelots en forme de poire ont conservé les billes ou les grains qui leur permettent d'émettre un son caractéristique.

 



Ce passionnant « voyage » à travers la réalité quotidienne et la cosmologie maya se conclut par une série de photographies qui présentent les traditions modernes des indiens et la permanence de leur relation avec le sacré: vénération du feu, ballet baroque de cerfs-volants, recréation par le théâtre et la danse de mythes fondateurs.


De l'aube au crépuscule de sa grandeur, la civilisation maya garde une part de mystère et d'insaisissable, à l'instar du dieu Soleil qui plonge chaque nuit dans des contrées profondes, peuplées de créatures effrayantes et initiatiques. Mais le Soleil renaît chaque jour et malgré les évolutions de notre monde, les peuples qui l'ont honoré susciteront encore et toujours notre fascination.


Référencement sur http://www.etoile-blog.com

Plume4

Voir les commentaires

Publié le par maplumefee
Publié dans : #2007, #art, #civilisation, #edition, #maya

 

Bibliographie

 

ALCINA FRANCH, José:

L'Art Précolombien. Nouvelle édition revue et augmentée. Paris:Citadelles&Mazenod, 1996. 612 p.

 

BAUDEZ, Claude-François:

Les Mayas.Paris: Les Belles Lettres, 2005.

Une histoire de la religion des Mayas. Du panthéisme au panthéon.Bibliothèque Albin Michel, Histoire, 2002.

 

BAUDEZ, Claude-François et PICASSO, Sydney:

Les cités perdues des Mayas.Découvertes Gallimard, 1987.

 

COE, Michael D. et KERR, Justin:

L'art maya et sa calligraphie.Editions de la Martinière, 1997.

 

GENDROP, Paul:

Les Mayas.Coll. Que sais-je? N°=1734. 1978.

 

GRUBE, Nikolaï:

Les Mayas. Art et Civilisation.Köneman, 2000.

Les dieux sacrés de la forêt tropicale.(Avec le concours de Eva Eggebrechet et Mathias Seidel). H.F. Ullmann: 2006-2007.

 

LAUGHTON, Timothy:

Les Mayas. Peuples et Cultures.Gründ, 1999.

 

MAILLET, Arnaud:

Le miroir noir: enquête sur le côté obscur du reflet. Editions Kargo, 2005. 244 p..

 

MEYERS, Claude:

Mythologies, histoires, actualités des drogues.Editions L'Harmattan, 2007. 276 p..

 

NORDENSKIÖLD, Erland:

Miroirs convexes et concaves en Amérique. Journal de la Société des Américanistes de Paris, T. 18, 1926, pp. 103-110.

 

THOMPSON, J.E.S.:

Grandeur et décadence de la civilisation maya.Payot, 1958.

 

VOGEL, Susana:

Les Mayas: Histoire, art et archéologie.

Monclem Ediciones: Mexico, 1995.

 

Le Journal de la Société des Américanistes:

-de 1895 à 2000:

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/revue/jsa

 

-de 2000 à 2005:

http://jsa.revues.org/

 

DVD du National Geographic:

L'Aube des Mayas. 2007. (Le site maya d'El Mirador et la fresque de San Bartolo.)

 

Dossier d'Archéologie n°=245. Juillet-Août 1999. Grandes civilisations du Mexique. Olmèques, Zapotèques, Mayas, Aztèques, la civilisation Teotihuacan.

 

Beaux-Arts hors série: Révélations sur la civilisation maya. Juin 2011. Pourquoi et comment elle a disparu.

 

B.D.: Les Voyages d'Alix chez Castermann. Les Mayas, tomes I et II.


Référencement sur http://www.etoile-blog.com

Plume4

Voir les commentaires

Publié le par maplumefee
Publié dans : #ancienne, #arbre, #ecorce, #platane, #sacre

 

Ce platane d'orient (Platanus orientalis) est un « arbre remarquable » qui fut planté au début du XIXe siècle. Sa silhouette d'arbre de conte de fées et son « visage » débonnaire se dévoilent au bord d'une allée.

 

Platane1

 

Platane2

 

 

Platane3Le visage de l'arbre

 

 

Plus le platane vieillit, plus son écorce se fissure, formant des écailles qui lui donnent l'aspect d'une peau de serpent.

Platane4 "Mue" de l'écorce

 

Platane5

 

 

Platane6Griffes d'écorce

 

Petite histoire du platane

 

De nos jours, il se dresse le long des routes, étirant ses branches tortueuses et formant contre le ciel un maillage d'ombre et de lumière. La plupart du temps, nous passons à côté de lui sans lui accorder d'attention particulière mais dans l'Antiquité, il était considéré comme un arbre sacré.

 

Vénéré, à l'instar du chêne, du pin, de l'olivier et du cyprès, il était appelé « fils de Gaïa » et voué à la déesse de la terre.

 

Les dendrophores ou « porteurs d'arbres » menaient, dans les villes et les provinces de la Rome ancienne, la procession du pin sacré en l'honneur d'Attis, le seigneur de la végétation. Au cours de « l'arbor intrat », l'arbre divinisé pouvait être le tronc ou les branches d'un platane sacré, transporté au moment de l'équinoxe de printemps.

 

Un platane majestueux se dressait sur l'île de Kos, dans le temple d'Asclepios, le dieu grec de la médecine. Le célèbre médecin Hippocrate dispensait son enseignement sous son ombrage. Le caducée est une baguette de platane ailée autour de laquelle s'enroulent deux serpents.

 

Les feuilles et l'écorce du platane sont réputées pour leurs propriétés astringentes.

 

Dans l'ancienne Carthage, le platane était consacré à Tanit, la déesse de la fécondité. Dans la mythologie grecque, ayant abrité les amours de Zeus et de la nymphe Europe, il fut décidé qu'il ne perdrait plus ses feuilles.

 

Platane7

 


Référencement sur http://www.etoile-blog.com

Plume4

Voir les commentaires

Publié le par maplumefee
Publié dans : #architecte, #autour, #hotel, #jardin, #parc

Le quartier de la Plaine Monceau naquit sur le territoire de la grande forêt de Rouvray, peuplée, disait-on, par des chênes légendaires. Après la création de plusieurs hameaux et de cultures, notamment des vignes, l'endroit devint « célèbre » grâce à la mise en œuvre du parc.

 

Même si son décor et son architecture originels ont été modifiés, il demeure certains vestiges et des « fragments d'atmosphère » de cette folie anglo-chinoise réalisée au 18e siècle par Louis Carrogis de Carmontelle pour le Duc de Chartres.

 

Monceau1

 

 

Le duc fit l'acquisition, en 1769, d'une parcelle en friche dans ce qu'on appelait alors « le village de Monceau ». Il chargea Carmontelle de concevoir une « folie », palais de fantaisie lové dans un parc élégant peuplé de « fabriques », des édicules ayant l'apparence de vestiges archéologiques.

 

De 1773 à 1778, la scénographie élaborée par Carmontelle réunissait des bâtiments pittoresques: un moulin à vent hollandais, un moulin à eau en ruines, une pyramide égyptienne, un obélisque, une colonnade corinthienne, un temple de Mars, une naumachie (dans la Rome ancienne, ce terme désignait le bassin dans lequel se tenait le spectacle d'une bataille navale), un carrousel chinois, des tentes tartares, un minaret, une tour gothique avec un pont-levis, une allée des tombeaux et même une petite île avec des moutons.

 

Monceau2Les colonnes grecques

 

Le jardin de fantaisie du Duc de Chartres était un monde fantasmé, un parc à rêves où la Nature recomposée formait un théâtre avec l'Architecture.

 

En 1793, Thomas Blaikie, le créateur du Parc de Bagatelle, fit évoluer la « folie » de Carmontelle en jardin à l'anglaise articulé autour d'un réseau d'allées ombragées et comprenant un jardin d'hiver et une serre chaude.

 

Monceau3

 

 

En 1860, la Ville de Paris hérita du terrain et des vestiges de la « folie du Duc de Chartres ». Misant sur la spéculation immobilière, les frères Pereire acquirent plusieurs hectares du parc et se lancèrent, tout autour, dans une politique de lotissement. Les « hôtels Pereire » et les immeubles cossus fleurirent dans les rues attenantes. Simultanément, Gabriel Davioud et Adolphe Alphand donnèrent à ce qui restait du jardin son visage actuel et Napoléon III inaugura ce nouvel espace romantique en 1861.

 

Monceau4

 

 

Il suffit de franchir les grilles majestueuses conçues au 19e siècle par l'architecte Gabriel Davioud pour ressentir les différentes « ambiances ». Ici et là, des amoureux dans leur bulle, des lecteurs, des promeneurs en plein songe, des mariés, des joggeurs et des enfants qui s'ébattent jusqu'aux limites de leur imagination... Si chaque jardin est l'émanation de la vie, celui-ci est peut-être plus encore le carrefour des désirs, le territoire des gourmandises, la parenthèse indispensable pour se ressourcer.

 

 

La rotonde de l'entrée est l'une des barrières d'octroi qui appartenaient au Mur des Fermiers généraux. Ce pavillon qui borde l'actuel boulevard de Courcelles fut érigé en 1787 par l'architecte Claude-Nicolas Ledoux (1736-1806).

 

Monceau5

 

 

Le Mur des Fermiers généraux était une barrière, édifiée autour de Paris, afin de combattre les activités de contrebande qui se multipliaient.

 

La Pyramide

Monceau6

 

Philippe d'Orléans, le Duc de Chartres, était le Grand Maître du Grand Orient de France. Il semble que des réunions secrètes et des rencontres à caractère initiatique se soient tenues à certains endroits du parc.

 

Monceau7

 

La pyramide, oeuvre d'éternité, évoque les anciens mondes et plusieurs rites associés à des pratiques maçonniques. Dans la salle aménagée à l'intérieur de celle-ci se trouvait une statue de la déesse Isis.

 

Monceau8

 

 

Monceau9

 

Au Printemps, de petits arbres aux pétales floconneux exhalent leurs parfums sucrés.

 

Monceau10

 

Monceau11

 

Monceau12

 

 

Autour du Parc Monceau s'étendent de grandes avenues et des rues spacieuses portant le nom de célèbres peintres du 17e siècle, comme les avenues Vélasquez, Ruysdaël etVan Dyck et les rues Rembrandt et Murillo.

 

Au 4, avenue Ruysdaël, on trouve un magnifique hôtel qui abrite le Conseil National de l'Ordre des Pharmaciens.

Monceau13

 

Monceau14

 

 

Les belles gouttières de l'Hôtel Gaillard

 

Monceau15  Monceau16  Monceau17

 

 

Emile Gaillard, régent de la Banque de France et grand collectionneur d'art, décida de faire construire un hôtel particulier au centre de la Plaine Monceau afin de mettre en valeur ses collections. En 1878, il acheta un terrain face à l'hôtel du peintre Meissonier et chargea l'architecte Victor-Jules Février de réaliser la demeure de ses rêves.

 

Entre 1879 et 1884, ce dernier s'inspira des châteaux de Blois et de Gien pour édifier un petit palais de brique et de pierre dans le goût Renaissance.

 

En 1919, l'hôtel fut racheté pour devenir une succursale de la Banque de France.

 

Autour du parc se dressent le musée Cernuschi et le magnifique musée Nissim-de-Camondo mais en attendant d'écrire un article sur le sujet, je vous souhaite une excellente promenade!

Référencement sur http://www.etoile-blog.com

Plume4

Voir les commentaires

Publié le par maplumefee
Publié dans : #ciel, #fleurs, #nature, #rose, #saint

 

Au rythme des saisons, Paris se dévoile, « habitée » par des êtres délicats, dans une symphonie de couleurs vivantes.

Fleur1

 

Fleur2

Vertige rosé

 

Les fleurs ensorcèlent le quotidien et se révèlent les messagères de nos émotions et de nos désirs.

Fleur3

  Les enchanteresses

 

Fleur4

 

Fleur5

Une rose épanouie mais secrète se dissimulant en douceur derrière ses feuilles luisantes.

 

Fleur6

  Roses tournées vers le ciel de Châtelet.

 

Fleur7

Roses sous la pluie

 

Fleur8

De garance et de feu

 

Dans le Quartier Latin, à une courte distance de la Seine, le Square Viviani-Montebello se love au pied de l'église Saint-Julien-le-Pauvre, face à la cathédrale Notre-Dame. Les roses y sont magnifiques mais c'est un très vieil arbre qui a rendu célèbre ce bel espace de verdure: un robinier faux-acacia, planté par le botaniste Jean Robin (1550-1629), au début du 17e siècle.

 

Fleur9

Beauté incarnat

 

Fleur10

  Rouge passion

 

Les roses: double symbole amoureux, érotique à l'envi et puissamment spirituel.

 

Fleur11Un bouquet virginal

 

Les fleurs sont partout. Elles nous accompagnent tout au long de nos existences, sublimant de leurs parfums les petits moments et les grands évènements.

 

 

Fleur13Rêverie multicolore à la Tour Saint-Jacques.

 

 

Fleur14Regard indiscret

 

Fleur15

Clochettes des contes

 

Fleur16

Ciel de fleurs... des flocons rose-thé jaillissent de l'écorce et de l'air entrelacés...

 

Fleur17

Glycine à la Tour Saint-Jacques... des torrents de senteurs...

 

 

Fleur18

La Nature dans la Ville.

 

 

Fleur19

Onde chatoyante au pied de l'Hôtel de Ville.

 

 

Fleur20

Tapis lactescent

 

Fleur21

 

Fleur22

 

Fleur23

  Galantes à la brune, au Palais-Royal.

 

Fleur24

  Les « élégantes »

 

 

Le Jardin Naturel

 

A proximité du cimetière du Père-Lachaise, la Nature reprend ses droits. Les fleurs et les herbes sauvages poussent à profusion. Un sous-bois peuplé d'oiseaux entoure une petite mare. Une prairie parfumée aimante les rayons du soleil.

 

Fleur25

 

 

Fleur26

Ombres et lumières sur l'étang.

 

Fleur27

 

Fleur28

Symphonie de plantes aquatiques.

 

Fleur29

  Miroir de fées

 

Entre le ciel et l'eau, ce sont d'autres promenades qui nous appellent...

 

Fleur30

Velours érubescent dans le jardin du Petit-Palais

 

En attendant les prochaines ivresses bucoliques, respirons ces beautés qui palpitent dans la jungle urbaine, explorons leurs territoires et laissons-les nous capturer...


Référencement sur http://www.etoile-blog.com

Plume4

Voir les commentaires

Publié le par maplumefee
Publié dans : #hotel, #pagode, #parc, #rembrandt, #rue

Cette rue élégante est issue d'une vaste opération de promotion immobilière lancée par les frères Émile et Isaac Péreire autour du Parc Monceau à partir de 1861. Les travaux débutèrent en 1867 et la rue fut baptisée rue Rembrandt en 1868.

 

Prisée par la riche bourgeoisie parisienne du Second Empire, la « promenade Monceau » était associée aux grands travaux initiés par les Péreire. Trois avenues somptuaires (Van Dyck, Ruysdaël, Vélasquez) et trois rues bordées de beaux hôtels (Murillo, Rembrandt, Alfred de Vigny) rayonnent depuis le parc.

Image1

Un immeuble cossu au croisement des rues Rembrandt et Murillo.

 

Venant du parc, je me suis retrouvée face au numéro 7, devant une impressionnante demeure dont la façade est rythmée par des bow-windows.

Image2

 

Image3

 

Gustave Rives, l'architecte en chef des bâtiments civils et des palais nationaux, édifia cette maison de maître, en 1899, sur l'hôtel particulier de l'architecte Antoine Gaétan Guérinot. La structure de l'immeuble s'articule autour de deux grands oriels ou bow-windows. Ces avancées en encorbellement ou littéralement « fenêtres en arc », fréquentes dans l'architecture victorienne, le style Second Empire et l'Art Nouveau si friand de lignes ondoyantes, donnent aux façades un surcroît de lumière et de plasticité.

Image4

 

 

Au numéro 1, se dresse l'hôtel de Baeyens, de style néo-renaissance.

Image5

 

Le baron Ferdinand de Baeyens, (1837-1914), gouverneur de la Société Générale de Belgique en 1894 et président du conseil d'administration de l'Exposition Universelle de Bruxelles, fut le propriétaire des lieux jusqu'en 1910.

 

 

Image6

Une belle porte avec un petit ange.

 

 

Au numéro 4 et au numéro 6, on aperçoit deux hôtels à pignonsqui rappellent les riches demeures de marchands néerlandais du 17e siècle: l'Hôtel Millard et l'Hôtel de Billy.

Image7 6, rue Rembrandt.

 

 

La Pagode Loo

Image8

 

A l'angle de la rue Rembrandt et de la rue de Courcelles, une maison rouge en forme de pagode se dresse parmi les immeubles haussmanniens. Construite en 1928 par François Bloch pour Ching-Tsai Loo, un antiquaire passionné, elle se dévoile comme une invitation au voyage. Aujourd'hui, cette belle maison exotique abrite la galerie C.T. Loo&Cie. Elle se caractérise par son décor extérieur sobre et raffiné et par la luxuriance de son aménagement intérieur. Après avoir franchi une porte de lune, on découvre un cabinet de curiosités, des murs lambrissés, des paravents, des boiseries laquées. On y fabrique toujours, sur commande, des meubles vernis de laque craquelée.

 

Grâce à Ching-Tsai Loo, de prestigieuses collections privées se constituèrent et plusieurs musées d'art asiatiques enrichirent considérablement leur fonds.

 

Image9

Entrée de la Pagode au 48 rue de Courcelles.

 

Image10  Image11

 

 

Les animaux fantastiques

Image12

 

Image13  Image14

 

Image15

 

Image16 Pagode mystérieuse

 

 

 

 

Image17 En revenant vers le parc, un éléphant de verdure...


Référencement sur http://www.etoile-blog.com

Plume4

Voir les commentaires

Publié le par maplumefee
Publié dans : #jardin, #monceau, #monument, #parc, #paris

Comme je l'ai écrit dans un précédent article, le Parc Monceau est né, au 18e siècle, sur les terres de Louis-Philippe d'Orléans (1747-1793), le Duc de Chartres. Après avoir fait aménager un premier jardin à la française, il confia la réalisation d'un jardin de style « anglo-chinois » à l'architecte paysagiste Louis Carrogis de Carmontelle (1717-1806).

 

Carmontelle mit en scène un « pays d'illusions » peuplé de fabriques, des monuments qui traduisaient la vogue de l'époque pour l'histoire et l'archéologie. De 1773 à 1778, il fut le concepteur d'un jardin-théâtre imprégné d'exotisme et annonciateur des valeurs esthétiques du romantisme. Il le peupla de ruines féodales, de moulins et de tombeaux. Il y édifia une pagode, une pyramide, un obélisque, un temple romain, une naumachie, un minaret, des tentes tartares, des tours et des îles miniatures.

Image1

 

Image2 Reflets aquatiques

 

 

Image3 Mur feuillu

 

A propos de Carmontelle

Dessinateur, peintre, graveur, auteur dramatique, paysagiste, topographe pendant la Guerre de Sept Ans (1756-1763)... Carmontelle possédait bien des talents. Il orchestra également des fêtes somptueuses.

 

Des petites comédies appelées Proverbes le rendirent célèbre. Elles se composaient d'une trame sur laquelle les personnages de la Cour étaient invités à broder des histoires. Il croquait aussi ses contemporains à travers des portraits au crayon, « lavés d'aquarelle et parfois rehaussés de gouache ou de pastel ». Mais il fut surtout connu pour ses Transparents. Cette technique consistait à tendre un rouleau de toiles peintes entre deux bobines et à l'éclairer par un système ingénieux. Des paysages défilaient, fantasmagories élégantes et ludiques où les personnages des Proverbes étaient mis en scène.

 

Au sujet du Parc Monceau, Carmontelle écrivit avoir voulu « réunir dans un seul jardin tous les temps et tous les lieux. »

 

 

La Naumachie

Dans la Rome antique, elle désignait un bassin de grande taille dans lequel se déroulait un combat naval. Elle pouvait être grandiose, à l'image de celle que Jules César fit réaliser à Rome, en 46 avant J.-C. Plusieurs milliers d'hommes s'affrontèrent dans un décor luxuriant avec de véritables bateaux. A l'intérieur d'un bassin géant, cette reconstitution se voulait un témoignage vivant de la puissance et de la grandeur de Rome mais ce divertissement très spectaculaire fut aussi particulièrement sanglant.

 

Image5

 

Bordé de colonnes corinthiennes, le bassin ovale du Parc Monceau évoque un passé lointain dont la mise en scène se fondait sur une recherche d'exactitude associée à un goût pour l'anecdotique et l'intemporalité. Les vestiges recomposés traduisaient l'engouement de l'époque pour la quête historique tout en créant une atmosphère propice à la rêverie.

 

La colonnade provient de l'édifice Notre-Dame de la Rotonde à Saint-Denis. Démoli en 1719, ce monument circulaire devait être le mausolée des Valois.

 

 

Image6 La porte sur l'eau...

 

La Poésie et l'Esthétique des Ruines

Avec la découverte des cités d'Herculanum, en 1709, et de Pompéi, en 1748, les ruines, témoignages de la grandeur ensevelie des empires, ont exercé au 18e et au 19e siècle une fascination puissante sur de nombreux artistes. A la fois éléments de décor et supports de méditation, les ruines étaient l'expression d'une antiquité sublimée, d'un âge d'or pittoresque.

 

Au 18e siècle, les « folies » architecturales étaient à la mode en France. Outre la « folie » de Carmontelle, celle de Bagatelle et le jardin anglo-chinois appelé « Désert de Retz » connurent une grande célébrité.

 

En Angleterre, les aristocrates firent construire des ruines, antiques et médiévales, dans les parcs de leurs châteaux et les jardins de leurs riches demeures.

 

Les archéologues britanniques Nicholas Revett (1720-1804) et James Stuart (1713-1788) ont beaucoup œuvré pour la connaissance des monuments de l'Italie et de la Grèce antiques. Nicholas Revett fut à l'origine du style Greek Revival qui cherchait à recréer l'harmonie et les proportions majestueuses des temples grecs de l'Antiquité.

 

La recherche archéologique passionna les intellectuels dans un contexte de multiplication des sociétés littéraires et scientifiques, des clubs et des académies. La Société des Dilettanti, une société savante anglaise créée aux alentours de 1733, assura les frais de voyage de Revett et de Stuart dont les ouvrages, richement documentés, favorisèrent l'étude et la compréhension des monuments du passé.

 

La littérature du 19e siècle s'empara du thème des ruines et leur associa une réflexion sur le temps qui s'écoule, la déliquescence des empires, le mystère et la mort.

 

Quand les contours de l'architecture se fondent dans les formes et les variations colorées de la Nature, les œuvres humaines retournent en quelque sorte à un état « prénatal » mais leur délitement est majestueux. Il émane de la force et de la grandeur de leurs silhouettes rongées. La pierre traverse les âges, se nourrissant des variations de la lumière, des chatoiements de l'eau, des teintes contrastées du ciel...

 

Entre 1781 et 1793, c'est le paysagiste écossais Thomas Blaikie (1750-1838) qui dessine de nouvelles allées et effectue des aménagements, parallèlement à ceux de Bagatelle. Il crée une galerie, une grotte mystérieuse peuplée de sombres rochers, des fontaines et fait planter de nombreux arbres. Il fait venir d'Angleterre des plantes qu'il installe dans les serres majestueuses, préalablement agrandies.

 

Image7

 

 

 

La Pyramide

Symbole d'éternité, associée aux puissances de mort et de vie, la pyramide se situe au carrefour des mondes humain et divin. Symbole de création et d'ouverture sur les anciens mystères, elle est un territoire initiatique.

Image8

 

Image9

 

 

Le Tombeau

Image10

 

Image11

Eros et Thanatos

 

 

Les colonnes jumelles

Image12

 

 

 

La Porte Saint-Jean, ouverte sur le paysage

 

Cette belle arcade Renaissance est un vestige de l'ancien Hôtel de Ville de Paris qui fut incendié, le 24 mai 1871, pendant la Commune.

Image13

 

Image14

 

 

Les statues du Parc Monceau

 

A différents endroits du parc, se lovent des statues et des groupes sculptés d'écrivains, de poètes et de musiciens qui contribuent à créer une ambiance de rêverie romantique. Elle font référence à l'attrait exercé par ce lieu sur les artistes à la fin du 19e siècle.

 

Le monument à Guy de Maupassant

Image15

 

 

Ce beau marbre, réalisé par le sculpteur Raoul Verlet en 1897, montre, au pied du buste de Maupassant, une jeune femme songeuse après la lecture d'un roman.

 

Image16

 

 

Le monument à Edouard Pailleron

 

Image17

 

 

Définir Edouard Pailleron (1834-1899) en quelques mots est difficile tant cet esprit brillant a accompli de choses. Auteur dramatique, poète, avocat, journaliste, dragon pendant deux ans, directeur de la Comédie-Française, gendre du fondateur de « La revue des Deux-Mondes » dont il devint le codirecteur, membre de l'Académie Française à partir de 1882... il déploya une puissante énergie créatrice à travers ses pièces dont certaines, comme Le monde où l'on s'ennuiefurent jouées plus de mille fois. Il est inhumé au cimetière du Père Lachaise.

 

Image18

 

 

Image19 Edouard Pailleron, rêveur...

 

 

Sa statue en buste au Parc Monceau et le monument qui l'accompagne datent de 1906 et sont l'œuvre du sculpteur Leopold Bernard Bernstamm.

 

 

Image20 Masques

 

 

 

Image21 Rose de pierre

 

Le jeune faune de Félix Charpentier (1858-1924).

 

En 1886, cette œuvre gracile fut inspirée par la sculpture antique.

Image22

 

Image23

 

Image24

 

Image25

 

 

 

Les grilles majestueuses

 

Elles sont l'œuvre de Gabriel Davioud (1823-1881), un représentant du style éclectique, « en vogue sous Napoléon III ».

Image26

 

Image27

 

Image28

 

Image29

 

 

 

Les beaux arbres du parc

 

Image30 Silhouettes sylvestres

 

Image31

 

 

Image32 Vieux platane endormi

(Vous pouvez consulter dans ce blog mon article à propos de cet arbre remarquable.)

 

 

Image33 Platane féerique

 

Image34

 

Image35

 

Image36

 

Image37

Non, ce n'est pas un rocher! Mais la partie inférieure d'un platane conséquent qui plonge avec délices ses racines dans l'eau.

 

 

Image38

Petite île romantique

 

 

Image39 « L'arbre est une flamme qui fleurit. » (Novalis)

 

Image40

 

 

Curiosités du parc

 

Le long d'une allée, une plaque enfoncée dans la végétation a attiré mon attention.

 

Image41

 

 

 

Elle rend hommage à André-Jacques Garnerin (1769-1823), l'inventeur du parachute. Le 22 octobre 1797, il s'élança d'un ballon et accomplit, au-dessus du parc, devant une foule médusée, le premier saut en parachute de l'histoire. Sa fiancée, Jeanne Labrosse, fut la première femme à effectuer un saut en parachute, le 12 octobre 1799.

 

Au bout de l'allée Garnerin, on croise l'allée de la Comtesse de Ségur avant d'apercevoir un majestueux bâtiment, situé au numéro 7 de l'avenue Vélasquez. Il s'agit du Musée Cernuschi, consacré aux Arts d'Asie et d'Extrême-Orient.

 

Cet hôtel particulier appartenait à Henri Cernuschi (1821-1896) qui légua ses collections d'art oriental à la Ville de Paris en 1896. Le musée fut inauguré en 1898 et rénové entre 2001 et 2005.

 

Image42

 

Image43

 

Image44

 

Image45

 

Sur la façade du musée, on aperçoit deux médaillons en mosaïque représentant Léonard de Vinci et Aristote.

 

Image46

 

 

 

Je terminerai cette promenade à travers la Nature et l'Histoire en citant les vers de l'abbé Jacques Dellile.

 

« J'en atteste, Ô Monceau, tes jardins toujours verts,

Là, des arbres absents, les tiges imitées,

Les magiques berceaux, les grottes enchantées,

Tout vous charme à la fois. Là bravant les saisons,

La rose apprend à naître au milieu des glaçons;

Et les temps, les climats, vaincus par des prodiges,

Semblent, de la féerie, épuiser les prestiges. »

 

Les jardins ou l'art d'embellir les paysages. (1782)

 

Bibliographie

 

Adolphe ALPHAND: Les promenades de Paris. 1867-1873.

 

Edouard ANDRÉ: L'art des jardins.1879.

 

Abbé Jacques DELLILE: Les jardins ou l'art d'embellir les paysages.Paris, 1782.

 

Jules LACROIX DE MARLÈS: Paris ancien et moderne ou Histoire de France divisée en douze périodes appliquées aux douze arrondissements de Paris, et justifiée par les monuments de cette ville célèbre.Paris: Parent-Desbarres. 1837-1839. 3 volumes.

 

Marquis Félix DE ROCHEGUDE: Promenades dans toutes les rues de Paris par arrondissements. Paris: Hachette, 1910.

 

Catalogue d'exposition: De Bagatelle à Monceau, 1778-1978, les folies du XVIIIe siècle à Paris. Paris. Domaine de Bagatelle, Musée Carnavalet, 1978-1979.

 

Image47

 

 

  encement sur http://www.etoile-blog.com

Plume4

Voir les commentaires

Publié le par maplumefee
Publié dans : #bouche, #masque, #verite, #vert, #« bouches

Image1

 

Ce marbre gracieux, appelé « La Bocca della Verita », se dresse dans le Jardin du Luxembourg. Il fut réalisé par le sculpteur Jules Blanchard (1832-1916) vers 1872.

 

Une jeune femme nue glisse sa main dans la bouche d'un étrange masque, le masque de la Vérité. Selon une légende en vogue dans la Rome antique, on n'en retire sa main intacte que si on ne dissimule aucun mensonge.

 

Le masque repose sur une colonne décorée d'un miroir et d'une branche de laurier. Emblème solaire dans ce cas, le miroir évoque l'impossibilité de cacher ou de travestir la Vérité de quelque manière que ce soit. Les anciens livres d'iconologie nous apprennent que le laurier « est toujours vert, et que la foudre ne le peut endommager, nous en donnons pour cet effet une Couronne à la Vertu, pour ce qu'il n'est point d'ennemi qui la puisse vaincre, et qu'elle ne craint ni les embrassements, ni les disgrâces, non plus que les autres violences de la Fortune. »

Iconologie ou explication nouvelle de plusieurs images, emblèmes et autres figures hiéroglyphiques des Vertus, des Vices, des Arts, des Sciences, des Causes naturelles, des Humeurs différentes et des Passions humaines. Tirées des recherches et des figures de César Ripa, moralisées par Jean Baudoin. A Paris, chez Mathieu Guillemot, 1644. P. 196.

 

Ici, la Vérité et la Vertu se confondent sous une apparence séduisante et une attitude empreinte de sérénité.

Image2

 

 

 

La Bocca della Verita

Il existe à Rome un vieux masque en marbre doté, d'après la croyance populaire, de mystérieux pouvoirs. Datant du 1er siècle après J.-C., il révèle un visage d'homme barbu. Ses yeux, son nez et sa bouche sont creux.

Image3

 

Il fut inséré en 1632 dans le mur du porche de l'église Santa Maria in Cosmedin. Cette belle église en briques rouges se situe non loin du Tibre dans la partie Sud de Rome. Elle se dresse sur les vestiges d'un ancien marché: le Forum Boarium.

 

La fonction initiale du masque n'est pas vraiment établie. Les chercheurs hésitent entre un élément de fontaine, une bouche d'impluvium ou un couvercle d'égout en raison de sa proximité avec le célèbre Cloaca Maxima. Il représentait probablement une divinité aquatique ou fluviale.

 

Le masque était réputé capable de « détecter » les mensonges et la fourberie. Si un menteur introduisait sa main dans la bouche fatidique, celle-ci lui croquait les doigts!

 

Lucas Cranach (1472-1553) a transposé ce thème dans la peinture à travers un conte médiéval, en vogue dans les pays du Nord de l'Europe. Un « automate merveilleux » en forme de lion devait punir les épouses infidèles mais une jeune femme rusée fit revêtir à son amant des habits de fou et lui demanda de la toucher devant une foule inquisitrice. Insérant les doigts dans la bouche de la vérité, elle jura en toute tranquillité que personne n'avait posé la main sur elle en dehors de son mari et...du fou!

Image4

La Bouche de la Vérité, vers 1525-1530.

(L'image provient du site du Musée du Luxembourg.)

 

Ces différentes « bouches » expriment le rapport mystérieux que l'homme entretient avec sa conscience par le biais de l'invisible. Dans le monde antique, des masques et des statues étaient dotés du pouvoir de révéler les secrets. Il existait aussi à Rome, à Venise et à Gênes des « bouches de vérité » ou « bouches de lion » désignées comme « bouches de dénonciation ». Répandues entre le XIVe et le XVIIIe siècles, elles étaient encastrées dans les murs de certains bâtiments, comme au Palais des Doges de Venise.

 

Image5

 

Ces « bouches parlantes » ou « bouches secrètes » figuraient aussi sur des fontaines et des bas-reliefs. Représentées en miniature, elles étaient utilisées comme amulettes.

 

Alors que le vieux masque de Santa Maria in Cosmedin attire chaque jour les visiteurs curieux, le marbre sensuel du Jardin du Luxembourg aimante la douce lumière de l'automne et m'inspire un poème...

 

La Vérité

Je suis nue parmi les parures
Je ne faiblis devant personne
Je brise toutes les armures
Je n'ai ni doute ni couronne

-- --

Tombe le masque je te vois
Dans le lac noir où tu te noies
Les mots fardés sont sans pouvoir
Quand je découvre mon miroir...

 

Image6

Plume4

Voir les commentaires

Articles récents

Hébergé par Eklablog