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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

Publié le par maplumefee
Publié dans : #arbre, #ecorce, #feuillue, #jardin, #paris

Symboles ancestraux de liberté, de force et de sagesse, les arbres sont aussi considérés comme des sources d'énergie, des êtres féeriques et des avatars de divinités. Depuis des temps immémoriaux, de nombreuses traditions invitent l'Homme à caresser leur écorce, à souffler vœux et prières dans leur feuillage, à méditer sous leur ombrage...

 

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Des arbres « remarquables » s'épanouissent dans les jardins et les bois de Paris. Leurs silhouettes variées enchantent le paysage urbain.

 

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Un superbe Marronnier d'Inde avec sa parure d'automne.

 

 

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Un bouquet d'arbres majestueux au Jardin du Luxembourg.

 

 

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La lumière étincelante révèle la magie de ces corps d'écorce...

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Le Jardin du Luxembourg abrite de magnifiques platanes dont certains ont été plantés vers 1810. Les plus anciens se dressent dans l'allée Delacroix et autour de la Fontaine Médicis où leurs branches feuillues tissent un ciel verdoyant.

 

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Ciel sylvestre

 

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Peau d'arbre

 

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Ce magnifique Orme de Sibérie trône à proximité de l'Orangerie du Jardin du Luxembourg.

 

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L'Orme de Sibérie (zelkova carpinifolia) appartient à la famille des Ulmacées. Originaire du Caucase et d'Iran, il fut introduit en Europe en 1760 et à Paris en 1782. Il possède un tronc massif et de nombreuses branches dressées qui se soudent parfois entre elles. Il est considéré comme un symbole de longévité.

 

 

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Ce Ginkgo Biloba « femelle » se métamorphose doucement dans la lumière de l'automne.

 

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Vénéré dans plusieurs pays, il est appelé « arbre aux quarante écus », « arbre aux mille écus », « noyer du Japon », « fontaine de jouvence », « arbre du ciel » ou encore « fossile vivant » et se caractérise par ses feuilles à deux lobes en forme d'éventail, aux puissantes propriétés antioxydantes.

 

Originaire de Chine, le ginkgo biloba est un survivant de la flore de l'ère secondaire. Au Printemps, les inflorescences mâles et femelles naissent sur des arbres « séparés ». Les fruits jaunâtres de ce ginkgo femelle ressemblent à des petites mirabelles. Dès qu'ils mûrissent, ils exhalent une odeur nauséabonde mais la beauté de l'arbre l'emporte sur ce désagrément.

 

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Le nom « ginkgo » dérive d'un vieux mot chinois lu en japonais « ginkyō ». En chinois moderne, le ginkgo ou « yinxing » signifie « arbre aux abricots d'argent ». On associe également à cet arbre ancestral les mots chinois « ya-tchio » qui signifie « patte de canard » et « yin-kuo »: « fruit d'argent ». Il revêt en automne une somptueuse parure dorée.

 

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Arbre d'or

 

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Magnificence

 

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Le majestueux Marronnier d'Inde (aesculus hippocastanum L.), de la famille des Hippocastanacées, est originaire d'Asie Mineure, du Caucase et des Balkans. Un nommé Bachelier, qui revenait du Levant, l'introduisit à Paris en 1615.

 

Ce grand arbre ornemental peut atteindre 30 m de hauteur et vivre plus de 300 ans. Son écorce brun rougeâtre se fissure et se détache sous forme de petites plaques. Ses fleurs blanches ou roses, mouchetées de rouge, sont généralement groupées en thyrses ou bouquets pyramidaux. Ses grandes feuilles caduques sont dotées de cinq ou sept folioles dentelées. Ses bourgeons pointus, gorgés de résine, apparaissent en automne.

 

Son fruit se compose d'une capsule à piquants dans laquelle se love le marron d'Inde, une grosse graine lisse et luisante, de couleur brune. Mais le marron n'est pas comestible pour l'homme. C'est la châtaigne qui est utilisée, sous différentes formes, pour régaler les gourmands.

 

Le marronnier est réputé, depuis fort longtemps, pour ses vertus médicinales. Riches en tanins et en flavonoïdes, son écorce, ses feuilles et ses fleurs agissent de manière bénéfique sur la circulation sanguine et sont préconisées contre la fragilité capillaire, les problèmes de jambes lourdes, les hémorroïdes, les douleurs articulaires et rhumatismales.

En Turquie, on mélangeait la poudre de marron à l'avoine des chevaux pour soigner leurs problèmes pulmonaires.

Pendant la période des guerres napoléoniennes, l'écorce de marronnier pulvérisée était utilisée contre les fièvres, en remplacement du quinquina quand il venait à manquer.

Des études médicales ont montré que certaines substances contenues dans le marronnier pouvaient contribuer à traiter le diabète.

 

Les usages du marron sont variés. Il permet d'obtenir de la saponine, utilisée pour fabriquer des savons et blanchir le linge.

 

Dans le folklore européen, le marron est un puissant protecteur contre les cauchemars. Glissé sous l'oreiller, il attire la chance et repousse les créatures de la nuit.

 

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Arbre chandelier

 

 

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Luxuriance

 

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Dans le Jardin du Luxembourg se love aussi un verger, héritier de la tradition horticole des lieux qui appartenaient jadis aux moines Chartreux.

 

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Le « plus vieil arbre de Paris » s'épanouit dans le Square Viviani-Montebello qui borde l'église Saint-Julien le Pauvre, face à la Cathédrale Notre-Dame de Paris.

 

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Cet arbre vénérable, originaire d'Amérique du Nord, est un Robinier faux acacia (robinia pseudoacacia), de la famille des Fabaceae. En raison de son grand âge et de son poids conséquent, une structure en ciment est nécessaire pour le soutenir.

 

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Le naturaliste anglais John Tradescant (1570-1638) offrit des graines de « robinia » à Jean Robin (1550-1629), le directeur du Jardin des Apothicaires.

 

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Jean Robin le ramena d'Amérique et le planta à Paris en 1602. (Un autre robinier, planté en 1636, se trouve au Jardin des Plantes).

 

Le tronc du robinier est généralement court. Son écorce crevassée dessine des saillies torsadées en fort relief. Ses branches sinueuses forment une ample couronne feuillue.

 

Ses feuilles se composent de plusieurs paires de folioles vert jaunâtre. Vers le mois de juin, apparaissent ses fleurs blanches parfumées qui forment des grappes pendantes.

 

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Il est périodiquement « envahi » par du lierre mais les jeunes pousses de ce « parasite gourmand » sont ôtées chaque année. C'est ce qu'on appelle « la toilette de l'arbre ».

 

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Je voudrais conclure cette promenade en territoire fantastique avec des silhouettes d'arbres particulièrement étranges...

 

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Le Vieux Platane du Parc Monceau aux branches serpentines.

Il a déjà stimulé mon inspiration dans un article que vous pouvez retrouver dans ce blog.

 

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Un platane en tenue de camouflage

 

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Une créature d'écorce et de conte « maléfique »...

 

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Parfois, alors qu'on ne s'y attend pas, la lumière, le réel et le rêve s'entremêlent. L'arbre devient le messager de mondes cachés qui se révèlent pour nous ensorceler...

 

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #fut, #jardin, #observatoire, #paris, #pierre

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Cet angelot regarde en direction de l'avenue de l'Observatoire.

 

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La majestueuse promenade fut créée en 1866 et aménagée par Gabriel Davioud en 1867. Elle relie le Jardin du Luxembourg à l'Observatoire de Paris, en passant par le Jardin des Grands Explorateurs, la Fontaine de l'Observatoire, la Place Camille Jullian et la Maison des Fontainiers.

 

 

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Depuis la Place André Honnorat, on aperçoit la rue Auguste Comte.

 

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Au numéro 7, cet immeuble, érigé par l'architecte Henri Delormel en 1923, ressemble à un gigantesque navire.

 

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Réalisé en belle pierre de taille, il se pare d'un étonnant bestiaire.

 

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Des éléphants et des lions encadrent les fenêtres. Des guirlandes de fleurs et des têtes d'angelots, des putti aux chevelures délicatement bouclées, des rinceaux et de fines palmettes ornent la façade.

 

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L'École Nationale d'Administration Publique, de style néo-mauresque, se dresse face à cet imposant bâtiment.

 

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Ancienne École Coloniale, elle se situe à l'angle de l'avenue de l'Observatoire et de la rue Auguste Comte.

 

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Elle fut édifiée, entre 1895 et 1911, par l'architecte Maurice-Adolphe Yvon (1857-1911).

 

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De grandes fenêtres aux arcs outrepassés sont insérées dans des mosaïques décorées de rinceaux.

 

Un arc outrepassé désigne une variante de l'arc courant, dit en plein-cintre. Ses pointes s'accentuent et se rapprochent l'une de l'autre pour lui donner l'aspect d'un fer à cheval. Il est caractéristique de l'art hispano-mauresque et se retrouve aussi dans l'architecture préromane.

 

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En 1902, la Manufacture de Sèvres réalisa, d'après des dessins de Charles Lameire, de fines mosaïques en grès cérame ressemblant à de la faïence.

 

Le grès cérame est constitué d'argile, de quartz et de feldspath. Il peut imiter la texture et la couleur de la pierre, du marbre, du bois, du métal et du cuir.

 

Charles Lameire (1832-1910) conçut plusieurs décors pour des bâtiments religieux et civils comme l'Église de la Madeleine, l'Hôtel de Ville et le Palais du Trocadéro à Paris.

 

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La Faculté de Pharmacie se situe à côté de l'École Coloniale.

 

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Ce monument tout en longueur, décoré par de nombreux médaillons, fut construit en 1876 par l'architecte Charles Laisné (1819-1891) sur l'ancienne pépinière de l'enclos des Chartreux.

 

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Il se compose d'un bâtiment principal, d'une aile consacrée aux travaux pratiques et d'un jardin botanique.

 

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L'Institut National d'Histoire de l'Art

 

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Construit par l'architecte Paul Bigot (1870-1942), il se présente comme une sorte de synthèse des grands styles et des arts de l'Antiquité, du Moyen-âge et de la Renaissance. Il mêle des références à de prestigieux monuments comme le Palais des Doges à Venise, le Palais Pitti à Florence, l'Alhambra de Grenade ainsi que des influences mauresques.

 

Ses façades de briques rouges recréent « l'habillage » sobre et puissant de certaines demeures de la Renaissance Siennoise et Florentine et de l'Espagne Mudéjar (sous domination arabe).

 

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On aperçoit de petites fenêtres géminées qui s'inspirent de l'architecture des églises romanes.

 

Une frise luxuriante décore chaque pan de l'édifice. Elle est constituée de bas-reliefs qui font renaître des chefs-d'oeuvre de l'Histoire de l'Art, de l'Égypte ancienne à la Renaissance italienne.

 

 

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La silhouette du dieu Anubisse dessine parmi les effets colorés et plastiques de la façade.

 

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Une jeune femme joue de la double flûte ou aulos, un instrument de musique caractéristique de la Grèce antique. D'après la légende, cette flûte fut créée par la déesse Athéna.

 

 

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Les pittoresques bucranes

 

Ce sont des crânes de taureaux ou de boeufs. Leurs cornes sont attachées à des guirlandes végétales ou décorées de rubans et de couronnes de fleurs et de feuilles. Ils constituent des motifs récurrents dans les frises antiques et les décors de la Renaissance.

 

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La Maison du Génie de la Sculpture Décorative

 

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Au numéro 4 de la rue des Chartreux, cette belle maison est appuyée contre la façade de l'Institut d'art et d'archéologie. Le Génie ou l'Ange tient dans la main gauche une branche feuillue et dans la main droite une colonne ionique et une tête de statue.

 

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Un lion gardien de porte

 

 

Le Jardin des Grands Explorateurs

 

Il était réuni, à l'origine, avec le Jardin du Luxembourg, dans une zone peuplée de pépinières et de vergers.

 

Comme je l'ai précédemment écrit, (voir l'article en question), quatre groupes sculptés en marbre blanc rythment la perspective qui se déroule vers l'Observatoire.

 

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Le jardin s'étire vers le sud où se dresse, comme en apothéose, la Fontaine des Quatre Parties du Monde.

 

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Conçue par Gabriel Davioud (1823-1881), elle se compose d'un bassin spacieux dans lequel se reflètent des chevaux marins, des dauphins et des tortues, oeuvres d'Emmanuel Fremiet (1824-1910).

 

Au sommet, quatre figures féminines réalisées par Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875) soutiennent un globe terrestre entouré par les signes du Zodiaque. Elles incarnent l'Europe, l'Afrique, l'Asie et l'Amérique.

 

 

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Le Zodiaque de Pierre Legrain (1889-1929).

 

 

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La Place Camille Jullian

 

Espace de respiration et carrefour de nombreuses voies, elle accueille le monument qui contient les cendres de Francis Garnier.

 

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Ce groupe sculpté par Denys Puech (1854-1942) rend hommage au célèbre explorateur et officier de marine assassiné au Vietnam par les Pavillons Noirs.

 

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La statue du Maréchal Michel Ney(1769-1815)

 

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Figure historique du Premier Empire, il fut accusé de trahison pour s'être rallié à Napoléon, pendant l'épisode des Cent-Jours, alors qu'il devait exécuter les ordres du roi Louis XVIII. La statue qui lui rend hommage se dresse là où il fut fusillé, le 7 décembre 1815.

 

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Le monument consacré à Stéphane Tarnier(1828-1897)

 

Il se situe au coin de l'avenue de l'Observatoire et de la rue d'Assas.

 

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Ce professeur émérite était « le pionnier de l'obstétrique moderne. » Préoccupé par l'hygiène et le bien-être des mères et des nourrissons, il mit au point des moyens de lutter contre les infections puerpérales. Il inventa plusieurs instruments dont le forceps qui porte son nom. Il créa un modèle de couveuse et écrivit un Traité de l'art des accouchements.

 

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Le monument dédié à Théophile Roussel

 

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Il fut érigé en 1906 à l'angle de l'avenue de l'Observatoire et de l'avenue Denfert-Rochereau.

 

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Les figures empreintes d'émotion, réalisées par le sculpteur Jean-Baptiste Champeil (1866-1913), rendent hommage à ce médecin, parlementaire et philanthrope, auteur de lois destinées à protéger les enfants abandonnés et victimes de maltraitance.

 

Son buste était représenté sur les diplômes des nourrices.

 

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« Le mot d'ordre de toute vie c'est bienfaisance et bonté. Protéger l'enfance c'est aimer deux fois les hommes. » Ces mots, signés Théodore Tissier, décorent une des faces du monument.

 

Au fil de notre marche vers l'Observatoire, se révèle une succession de façades raffinées.

 

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De puissants immeubles semblent naviguer...

 

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Le mariage élégant de la brique et de la pierre de taille.

 

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Frontons jumeaux, agrafes ciselées, mascaron gracieux, l'ensemble crée une véritable symphonie ornementale.

 

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Le travail du bois et de la pierre, la qualité de la ferronnerie sont remarquables.

 

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La Maison des Fontainiers (au numéro 42)

 

Entre 1619 et 1623, Marie de Médicis (1575-1642) fit construire un aqueduc pour approvisionner en eau le Palais et le Jardin du Luxembourg ainsi que les habitants de la rive gauche de Paris.

 

Au débouché du fameux aqueduc, un élégant bâtiment en pierre de taille fut érigé par les architectes Salomon de Brosse (1565 ou 1571-1626) et Louis Métezeau (1560-1615). L'ingénieur hydraulicien Thomas Francine (1571-1651) et ses héritiers y habitèrent et s'occupèrent, au XVIIe et au XVIIIe siècle, de la gestion des eaux de Paris, de Versailles et de Saint-Cloud.

 

 

L'Observatoire de Paris (au numéro 61)

 

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Cette sobre construction fut réalisée, entre 1667 et 1671, d'après les plans de Claude Perrault (1613-1688) et de François d'Orbay (1634-1697), sous la direction de Colbert (1619-1683). Le 21 juin 1667, jour du solstice d'été, les mathématiciens de l'Académie marquèrent le tracé de l'Observatoire et du Méridien de Paris.

 

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Les quatre faces du bâtiment sont orientées vers les points cardinaux. Une tour carrée s'élève au nord. Au sud, deux tours octogonales ornées de coupoles livrent la position du soleil au moment des solstices et des équinoxes.

 

Les plus prestigieux astronomes s'y succédèrent:

 

Les Cassini: une brillante dynastie de scientifiques qui « régnèrent » sur l'Observatoire de 1671 jusqu'à la Révolution. Ils effectuèrent le tracé de la première carte topographique de la France ou Carte Cassini.

 

François Arago (1786-1853): célèbre pour ses expériences sur l'optique, il fit placer en 1845 une coupole sur la tour orientale afin d'y installer une grande lunette astronomique.

 

Léon Foucault (1819-1868): inventeur du gyroscope, il est particulièrement connu pour son fameux pendule.

 

Urbain Le Verrier (1811-1877): il découvrit en 1846 la planète Neptune. Sa statue, réalisée par Henri Chapu, se dresse devant la façade nord de l'édifice.

 

 

Au terme de cette riche promenade, je n'ai qu'une envie: explorer davantage ces rues chargées d'histoire qui nous offrent tant de beauté à contempler...

 

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Bibliographie

 

Emmanuel AMOUGOU: Architecture et ethnographie au XIXe siècle. Lecture des conférences de la Société centrale des architectes français. L'Harmattan: 2008.

 

Pierre Thomas Nicole HURTAUT: Dictionnaire historique de la ville de Paris et de ses environs. Moutard, 1779.

 

Antoine QUATREMÈRE DE QUINCY: Dictionnaire historique d'architecture.2 vol. Paris, 1832.

 

Henri SAUVAL: Histoire et recherches des antiquités de la ville de Paris.3 tomes. Paris: Charles Moette et Jacques Chardon, 1724. Réédité sous le titre: Paris ancien et moderne.

 

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #dieu, #fontaine, #gros, #mars, #paris

 

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Elle se dresse au numéro 129 de la rue Saint-Dominique, dans le 7e arrondissement de Paris. Située autrefois face à l'Hôpital Militaire du Gros Caillou, elle s'élève aujourd'hui au coeur d'une élégante petite place bordée d'arcades.

 

Elle fut édifiée en 1806 à partir des plans de François-Jean Bralle (1750-1831), ingénieur en chef des Ponts et Chaussées et maître d'oeuvre des travaux hydrauliques de la Ville de Paris. Son gracieux décor fut réalisé par Pierre-Nicolas Beauvallet (1750-1818).

 

Elle appartenait à un ensemble de quinze fontaines commandées par Napoléon Ier (1769-1821).

 

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Ornée d'un bas-relief qui représente la déesse Hygie apportant ses soins au dieu Mars, elle se compose d'un édicule carré, souligné à chaque angle par un pilastre d'ordre dorique. Une frise de conques marines alternant avec des triglyphes court au sommet de l'édifice.

 

La proximité du Champ de Mars et la position stratégique de l'Hôpital Militaire du Gros Caillou ont déterminé le choix de l'iconographie.

 

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Un vase au décor mythologique est sculpté sur chaque face latérale.

 

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Des créatures chimériques viennent compléter l'ensemble.

 

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Une sorte de « dragon des eaux », doté d'une queue bifide et de pattes palmées, semble jaillir des flots.

 

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Un capricorne marin se pare de belles cornes de bélier. La lumière souligne les enroulements de sa queue et la finesse de ses écailles.

 

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Des mascarons fantastiques versent l'eau dans des bassins en forme de demi-lune. L'eau venait jadis de la pompe du Gros-Caillou.

 

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D'après Amaury Duval: « Le nom de Gros-Caillou, que porte aujourd'hui le faubourg, lui vient (…) de l'enseigne qu'avait prise une maison de débauche placée auprès d'un rocher. C'est au lieu où existait cette pierre et cette maison, qu'a été construite, dans le dernier siècle, l'église dite du Gros-Caillou, comme succursale de Saint-Sulpice. » Les Fontaines de Paris, anciennes et nouvelles. P.98.

 

Érigée en 1859 autour de la fontaine, la place bordée d'arcades s'inspire des loggias de la Renaissance italienne.

 

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Les dieux de la fontaine

 

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Déesse très honorée dans la Grèce antique, Hygie était la fille d'Asclépios, le dieu de la médecine. Protectrice de la santé, elle veillait à la propreté et à la bonne distribution des soins. De son nom dérive le mot « hygiène ».

 

Invoquée pour prévenir les maladies et apaiser la douleur, elle était également associée à des cultes lunaires.

 

Elle tient ici une coupe contenant le remède qu'elle offre au dieu Mars. Un serpent, emblème de purification et de vigilance, s'enroule autour de son bras.

 

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Mars est figuré « à l'antique », dans la nudité du guerrier, mais il porte une moustache et d'impressionnants favoris, à l'instar des grognards de la première Grande Armée.

 

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Il est appuyé contre un bouclier et accompagné d'un coq au torse fièrement bombé.

 

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Depuis l'Antiquité, le coq est un emblème solaire qui annonce, par son cri si caractéristique, la venue du jour. Il était représenté sur les boucliers, les stèles et les camées et considéré comme une redoutable amulette contre les démons nocturnes.

 

Il apparaît sur des monnaies de Grèce et d'Asie Mineure, auréolé de flammes ou couronné par des spirales qui évoquent la course du soleil.

 

Gardien des forces de lumière, il était associé à de nombreuses divinités:

 

Lug/Mercureet Apollon/Belenosdit « le brillant » qui préside au lever du jour. Mars, le dieu de la guerre et du combat contre les puissances maléfiques. Asclépios, le dieu de la médecine, victorieux de la maladie et destructeur des miasmes.

 

D'après la croyance populaire, le coq pouvait éloigner les épidémies grâce à son sang, apaiser la fièvre et déceler l'emplacement des meilleures plantes médicinales. Il favorisait la cicatrisation des blessures. Son regard hypnotisait les malades et guérissait les problèmes oculaires.

 

Des troupeaux de coqs sacrés vivaient dans les sanctuaires d'Asclépios où ils symbolisaient les pouvoirs mêlés de la lumière et de l'hypnose, les vertus des racines et des herbes et l'exploration des rêves.

 

Sentinelle au sommet des tours et des clochers, le coq défend les villes contre les puissances infernales et les vents de tempête. Doté d'une nature farouche et belliqueuse, il est celui qui ressuscite l'aurore après la nuit.

 

Il se dévoile ici comme le compagnon de Mars et l'animal sacré d'Asclépios, le père d'Hygie.

 

 

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La construction de la fontaine est emblématique des changements majeurs survenus dans Paris après l'arrivée de Napoléon au pouvoir.

 

Quand Napoléon devint Premier Consul (en 1799) après le Directoire, il trouva une France épuisée, affamée et insalubre. Les rues de Paris se noyaient dans une atmosphère médiévale et les vieilles fontaines ne pouvaient plus fournir de l'eau aux Parisiens qui devaient s'approvisionner dans la Seine.

 

Napoléon s'employa donc à moderniser et à assainir la capitale dont il fit démolir de nombreuses ruelles. Il fit construire un réseau d'égouts, des trottoirs et des caniveaux, éclairer les rues, édifier des ponts et des fontaines. Il fit aussi numéroter les maisons.

 

A partir de 1806, les chantiers fleurirent dans Paris qui se métamorphosa rapidement. Dans ce contexte, Mars et Hygie apparurent comme les divinités tutélaires de cette politique de conquête et d'embellissement.

 

Pour le promeneur contemporain, la rue Saint-Dominique constitue une fort agréable balade, le long des hôtels particuliers et des vitrines alléchantes, à la découverte d'un monument qui a contribué à offrir de l'eau et des perspectives nouvelles aux habitants de Paris.

 

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Bibliographie

 

André CASTELOT: Napoléon. Paris: Tallandier, 1969.

 

Amaury DUVAL: Les Fontaines de Paris, anciennes et nouvelles. Nouvelle édition, Paris: Bance aîné, 1828.

 

Adolphe JOANNE: Paris illustré. Paris: Hachette, 1863.

 

Théophile LAVALLÉE: Histoire de Paris depuis le temps des Gaulois jusqu'en 1850.Paris: Hetzel, 1852.

 

 

 

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #franco, #fut, #paris, #pont, #sculptes

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Ce monument d'un raffinement extrême fut construit à partir de 1897 et inauguré pour l'Exposition Universelle de 1900. Situé entre le 7e et le 8e arrondissement de Paris, dans l'axe de l'esplanade des Invalides, il offre sur la Seine un panorama remarquable.

 

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Il dessine un arc très étiré qui chevauche la Seine sur une longueur de 107 mètres et conduit à deux prestigieux édifices: le Grand et le Petit Palais. L'ensemble mesure 160 mètres.

 

Cette prouesse technique et artistique fut orchestrée par les ingénieurs Jean Résal et Amédée Alby et les architectes Joseph Cassien-Bernard et Gaston Cousin, sous la direction d'Alfred Picard, commissaire général de l'Exposition Universelle de 1900, assisté de Joseph Bouvard, directeur de l'architecture.

 

Après le renforcement des berges de la Seine, l'importante poussée horizontale fut répartie entre les immenses fondations.

 

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Le pont symbolise l'amitié franco-russe, initiée par le tsar Alexandre III. Ce dernier signa en 1893 l'Alliance franco-russe avec le Président français Sadi Carnot et l'entente se poursuivit après la mort des deux hommes en 1894.

 

Nicolas II, le fils d'Alexandre III, posa la première pierre de l'ouvrage, le 7 octobre 1896, en compagnie du Président Félix Faure.

 

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Le 14 avril 1900, le Président Émile Loubet inaugura le pont et l'Exposition Universelle.

 

 

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Quatre majestueux pylônes, couronnés par des statues dorées, se dressent aux extrémités de l'ouvrage.

 

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Ils soutiennent des groupes sculptés qui représentent « la Renommée tenant Pégase. »

 

Pégase, le cheval ailé, naquit du sang de la gorgone Méduse, décapitée par le héros grec Persée. En frappant la terre d'un coup de sabot, il donna naissance à la source des Muses, appelée Hippocrène. Le héros Bellérophon le chevaucha pour décimer la Chimère, un monstre terrifiant.

 

Célébré par les poètes et représenté dans l'art depuis l'Antiquité, il est l'émanation d'une ancienne divinité du ciel et des orages. Quand il galope dans les nuages, il engendre les éclairs et le tonnerre ou dissipe le temps troublé.

 

Lié à la symbolique des sources et des eaux vives, il apparaît aussi comme la résurgence d'un dieu chthonien. Il tisse l'énergie tellurique et établit, à l'instar des chamanes, une communication subtile entre les mondes.

 

Il fut métamorphosé en constellation par Zeus, le seigneur de l'Olympe.

 

Invoqué par les poètes pour faire jaillir l'inspiration, il est le compagnon ou la monture de la Renommée.

 

 

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Dans la Grèce ancienne, cette divinité ailée, fille de la déesse Gaïa, la Terre, était dotée d'une myriade d'yeux et de bouches et se présentait comme la messagère des dieux. Dans la Rome antique, elle devint une gracieuse jeune femme tenant une trompette.

 

 

La Renommée des Arts

 

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Réalisée par Emmanuel Fremiet (1824-1910), sculpteur incontournable de la IIIe République, elle tient fièrement la bride de Pégase. Ses ailes de fée semblent pulser dans la lumière. Associée à la Victoire et à la Vertu, elle brandit parfois, en plus de la trompette, une corne d'abondance ou un rameau d'olivier.

 

La France de Charlemagne, oeuvre d'Alfred-Charles Lenoir, trône, appuyée sur des lions, à la base du pilier.

 

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Elle tient dans la main gauche une pomme vermeille ou crucifère.

 

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Ce globe surmonté d'une croix est un emblème de pouvoir terrestre, céleste et universel. Il évoque aussi l'abondance et la paix. Appelé Pomme d'Empire, il était le symbole du Saint-Empire romain germanique.

 

 

La Renommée de l'Agriculture

 

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Elle fut réalisée par Gustave Michel, ainsi que la France Contemporaine ou Pacifique, située en dessous.

 

La Renommée porte des épis de blé et brandit une branche feuillue. L'arabesque de son bras accompagne le mouvement gracieux des ailes de Pégase. Dans les grimoires d'iconologie, elle est représentée avec une chaîne en or et un pendentif en forme de coeur.

 

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Couronnée de feuilles de chêne, la France revêt une tenue finement parsemée de feuilles et de rinceaux. Son visage s'inspire de celui de la tsarine Alexandra Feodorovna.

 

 

La Renommée au Combat

 

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Créée par Pierre Granet, elle souffle dans la trompette pour appeler les forces divines. Son bras droit levé reflète l'attitude de Pégase, cabré pour s'élancer dans les airs. On aperçoit la Toison d'Or à tête de bélier, emblème de conquête guerrière et de virilité.

 

Sur la colonne est appuyée la France de Louis XIV, de Laurent Honoré Marqueste.

 

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La majestueuse allégorie soutient une petite Victoire dorée ou Nikê.

 

 

La Renommée de la Guerre

 

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Réalisée par Clément Steiner, elle entraîne Pégase dans une charge héroïque.

 

La France Renaissante ou France de la Renaissance, oeuvre de Jules-Félix Coutan, se situe en dessous.

 

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La draperie qui l'entoure dessine un mouvement sensuel et mystérieux. Sa grande épée d'or scintille dans la lumière. Une petite statue se love contre son côté gauche.

 

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Les Génies des Eaux

 

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L'enfant au poisson ou le génie au trident, sculpté par André Massoule. Il se situe en amont, sur le parapet gauche du pont, telle une vigie suspendue entre le ciel et l'onde.

 

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La fillette à la coquille, sculptée par Léopold Morice.

 

On la rencontre en amont, sur la rive droite du pont. Elle nous attire avec douceur vers les secrets de la mer qui chuchote à son oreille.

 

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L'enfant au poisson fantastique, sculpté par Léopold Morice. Il se situe en aval, sur la rive droite du pont.

 

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La Néréide, sculptée par André Massoule. Elle se situe en aval, sur le parapet gauche du pont.

 

 

Le Bestiaire des lieux

 

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Un monde luxuriant de créatures aquatiques.

 

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Des poissons vigoureux qui ondoient dans la lumière.

 

 

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Les cadenas que l'on aperçoit sont laissés par des amoureux qui les considèrent comme des amulettes de bonheur et de chance. Le Pont des Arts, situé face au Louvre, est, à cet égard, particulièrement apprécié.

 

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Des grenouilles qui contemplent la Seine et d'autres cadenas.

 

 

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Un lézard qui joue peut-être à cache-cache...

 

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Des sirènes et des rostres de navires décorent la partie basse des piliers.

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Le regard envoûté par les chatoiements de l'eau, laissons-nous envahir par un chant voluptueux mais gare à ne pas passer par-dessus bord!

 

 

Les Candélabres

 

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Des angelots, réalisés par le sculpteur Henri Désiré Gauquié, forment une ronde gracieuse autour de ce candélabre à cinq branches.

 

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La fée lumière règne avec poésie et magnificence, grâce aux 32 candélabres répartis le long de la promenade.

 

 

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Les armes de la ville de Paris.

 

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L'aigle bicéphale de la Russie des tsars.

 

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Le coq gaulois, emblème du soleil et de la France.

 

 

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Un des superbes vases qui se dressent au bord des escaliers.

 

 

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Un dauphin fantastique appuyé sur des congélations, des guirlandes de coquillages et de flore aquatique, des mascarons...

 

 

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De part et d'autre du pont, des Nymphes monumentales ont été réalisées par Georges Récipon, l'auteur des Quadriges du Grand Palais tout proche. On trouve en aval les Nymphes de la Seine et en amont, celles de la Néva, fleuve russe mythique.

 

 

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Sur chaque rive, un lion et un enfant, réalisés par Georges Gardet (rive gauche) et Jules Dalou (rive droite), ornent l'extrémité de la balustrade.

 

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L'ossature du pont se compose de puissants arcs d'acier et d'une forêt de poutrelles.

 

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Élaboré dans les Usines du Creusot, le pont fut mis en place à partir d'éléments préfabriqués, ce qui constituait un procédé novateur pour l'époque.

 

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Au crépuscule...

 

Tel un monde enchanté, peuplé de créatures mythologiques, le Pont Alexandre III nous dévoile sa riche iconographie consacrée au thème de la mer. Il nous invite à contempler la Seine où scintille l'âme de Paris. Depuis le dôme doré des Invalides, la perspective qui le traverse nous conduit vers les Champs-Élysées, contrée des héros antiques. Sa beauté romantique conjugue le souffle des légendes et les splendeurs théâtralisées d'une époque. Il incarne une féerie suspendue, entre ciel et eau, qui se mêle aux innovations techniques, caractéristiques d'une nouvelle ère.

 

Personnalités associées à la création du Pont Alexandre III

 

Le Tsar Alexandre III (1845-1894).

 

Le Président français Sadi Carnot (1837-1894).

 

Le Tsar Nicolas II (1868-1918).

 

Le Président Félix Faure (1841-1899).

 

Le Président Émile Loubet (1838-1929).

 

Alfred Picard (1844-1913): Ingénieur, administrateur public, polytechnicien, il fut aussi Ministre de la Marine et occupa de nombreux postes . Il dirigea d'importants travaux dans les domaines militaire et ferroviaire. Il fut le Commissaire Général de l'Exposition Universelle de 1900.

 

Joseph Bouvard (1840-1920): De 1897 à 1911, il dirigea les services d'Architecture, des Promenades, des Plantations, de la Voirie et du Plan de la Ville de Paris. Il organisa de nombreuses fêtes et des expositions publiques, comme les Expositions Universelles de 1889 et de 1900.

 

Jean Résal (1854-1919): Ingénieur.

 

Amédée Alby (1862-1942): Ingénieur.

 

Joseph Cassien-Bernard (1848-1926): architecte, élève de Charles Garnier (1825-1898), le constructeur de l'Opéra qui porte son nom.

 

Gaston Cousin : architecte.

 

Emmanuel Fremiet (1824-1910): sculpteur.

 

Alfred-Charles Lenoir (1850-1920): sculpteur.

 

Gustave Michel (1851-1924): sculpteur.

 

Pierre Granet (1843-1910): sculpteur.

 

Laurent Honoré Marqueste (1848-1920): sculpteur.

 

Clément Steiner (1853-1899): sculpteur.

 

Jules-Félix Coutan (1848-1939): sculpteur.

 

André Massoule(1851-1901): sculpteur.

 

Léopold Morice(1846-1920): sculpteur.

 

Henri Désiré Gauquié (1858-1927): sculpteur.

 

Georges Récipon (1860-1920): sculpteur.

 

Georges Gardet (1863-1939): Sculpteur animalier, il fut l'élève d'Emmanuel Fremiet.

 

Aimé-Jules Dalou (1838-1902).

 

Bibliographie

 

Emmanuel BÉNÉZIT: Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs.Édition de 1999. 14 volumes.

 

Félix LAZARE: Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments. Paris: Vindun, 1844-1849.

 

Gustave PASSARD: Nouveau Dictionnaire Historique de Paris. 1904.

 

Félix DE ROCHEGUDE: Promenades dans toutes les rues de Paris. Paris: Hachette, 1910.

 

Paul VIAL: L'Europe et le Monde de 1848 à 1914. Paris: Éditions de Gigord, 1968.

 

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Au-delà des miroitements de la Seine, on aperçoit la splendide verrière du Grand Palais.

 

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Publié le par maplumefee
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Cette église de style gothique flamboyant se situe rue des Prêtres-Saint Séverin, dans le Quartier Latin. Elle se dressait autrefois dans un lacis de rues et de ruelles tortueuses, peuplées de boutiques et de très vieilles maisons. Première étape du pèlerinage vers Saint-Jacques de Compostelle, en partant de Notre-Dame, elle connut, au fil des époques, de nombreuses métamorphoses.

 

L'édifice que nous contemplons aujourd'hui date en majorité du XVe siècle mais il existait, au VIe siècle, un oratoire où priait l'ermite Saint-Séverin.Ce dernier fut le maître spirituel de Clodoald, petit-fils de Clovis et futur Saint-Cloud.

 

Une chapelle fut édifiée après sa mort mais les Normands la saccagèrent. Une église romane fut érigée à la fin du XIe siècle avant d'être remplacée, au XIIIe siècle, par une église gothique. Sur le bas-côté nord, s'élançait une tour-clocher.

 

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Suite à un incendie, en 1448, des travaux de reconstruction furent engagés par Guillaume d'Estouteville, l'archiprêtre des lieux. Une grande tour (1487), un magnifique chevet (1489-1495) et une série de chapelles (1498-1520) virent le jour.

 

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Le Portail Occidental (XIIIe siècle)

 

En 1837, le portail de l'ancienne église Saint-Pierre-aux-Boeufs fut inséré dans la façade occidentale de Saint-Séverin.

 

De part et d'autre, six colonnes sont décorées de guirlandes végétales. Au-dessus, dans le tympan, la Vierge à l'Enfant reçoit les honneurs de deux anges. Joseph-Marius Ramus (1805-1888) illustra, de cette manière, le thème de l'Espérance.

 

 

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La Tour-Clocher du XVe siècle est la plus haute de Paris. Au sommet de la flèche, trône Macée, une cloche fondue en 1412. Pinacles, lucarnes et lanternon sommé d'une croix couronnent la partie supérieure de la tour.

 

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Les flammèches de la verrière occidentale sont caractéristiques de l'art gothique flamboyant.

 

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Un des masques joufflus, sentinelles de l'église contre les forces du mal.

 

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Sous la forme de créatures chimériques, les gargouilles permettent l'évacuation des eaux de pluie. Nées au XIIIe siècle à Notre-Dame de Paris, elles cristallisent, au XIVe et au XVe siècle, l'imagination des tailleurs de pierre.

 

Elles incarnent, tout autour de l'édifice religieux, une armée de pierre contre les puissances diaboliques.

 

La Nef de Saint-Séverin

 

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Depuis le choeur, on aperçoit les voûtes d'ogives et les grandes orgues qui masquent en partie la rose occidentale.

 

Dans cette nef spacieuse, dotée de doubles collatéraux, des vitraux du XIXe siècle composent un magnifique décor. Ils sont l'oeuvre du dessinateur et verrier Émile Hirsch (1832-1904).

 

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Saint-Louis porte la couronne d'épines.

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Dans les collatéraux, les vitraux ont été réalisés par Émile Hirsch et Édouard-Amédée Didron (1836-1902).

 

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Sainte-Anne et la Sainte-Famille.

 

Dans les travées des étages supérieurs, les vitraux des XIVe et des XVe siècles décrivent des épisodes de la vie des Apôtres et des Saints Martyrs.

 

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Cette clef de voûte, qui date peut-être du XVe siècle, représente un petit château dans lequel un homme et une femme semblent se disputer violemment.

 

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Le buffet d'orgue que nous admirons date de 1745. Le menuisier François Dupré et le sculpteur Jacques-François Fichon l'exécutèrent dans un style Louis XV.Le facteur Alfred Kernde Strasbourg effectua sa restauration en 1960.

 

La qualité de ses ornements rocaille (têtes d'angelots, trophées d'instruments, vases et rinceaux) est remarquable.

 

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La partie haute de la tribune est couronnée par le vitrail de la Vierge à l'Enfant, nimbée de rayons solaires. La verrière de la rose représente l'arbre de Jessé (1500).

 

Le Choeur

 

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Reconstruit entre 1489 et 1495, il est entouré d'une « palmeraie »(forêt de voûtes et de colonnes) et abrite une prouesse architecturale: le « pilier tors ».

 

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Cet arbre de pierre aimante le regard par la finesse de ses nervures et les jeux d'ombre qui serpentent à sa surface. Il trône au chevet de l'église comme une émanation de « l'arbre de vie », incarnant la force de la foi, la renaissance et la victoire de la lumière sur les ténèbres.

 

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Tel Atlas, le géant de la mythologie grecque, qui soutient le monde sur ses épaules, le pilier tors équilibre la structure complexe des voûtes de l'abside. Ses nervures rayonnantes composent, dans un jeu de clair-obscur, une savante broderie. Adulé par le romancier et critique d'art Joris-Karl Huysmans,(1848-1907), il est un superbe exemple du savoir-faire des maîtres-bâtisseurs et des tailleurs de pierre du Moyen-âge.

 

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Un double déambulatoire ceinture le choeur de l'édifice. Il est formé par deux rangées de hautes colonnes voûtées d'ogives.

 

En 1684, la duchesse Anne de Montpensier, cousine de Louis XIV, commanda pour le choeur un décor de marbre. Il fut sculpté par Jean-Baptiste Tuby (1635-1700) d'après un dessin de Charles Le Brun (1619-1690).

 

Dans les chapelles rayonnantes, se dévoile une série de vitraux modernes, réalisés par le peintre Jean Bazaine(1904-2001). Installés en 1970, ils symbolisent les sept sacrements.L'artiste s'inspira d'un vieux puits réputé guérisseur,inséré dans l'église flamboyante. Du bleu (l'Eau), en passant par le jaune (la Lumière), son oeuvre nous fait cheminer vers le rouge (le Feu de l'Esprit), le pourpre et le violacé.

 

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Entre 1852 et1865, des fresques furent exécutées dans les différentes chapelles par des artistes comme Hippolyte Flandrin (1809-1864), Alexandre Hesse (1806-1879), François-Joseph Heim (1787-1865) ou Jean-Léon Gérôme (1824-1904).

 

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L'Arbre de Jessé, (arbre généalogique du Christ), 1859.

 

L'église est aussi un écrin pour des tableaux du XVIIe siècle. Au-dessus de la porte de la sacristie, on aperçoit un tableau de Claude Vignon (1593-1670), l'un des maîtres de la peinture d'époque Louis XIII.

 

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Saint-Paul est en pleine méditation sur la parole qu'il vient d'écrire, appuyé sur une épée.

 

La faible lumière ambiante et les contrastes d'éclairage dans les tableaux ne m'ont pas permis d'obtenir des photos de meilleure qualité.

 

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Saint-Luc écrit son évangile. Cette peinture qui évoque un éclairage à la chandelle est peut-être l'oeuvre de Trophime Bigot (1579-1650) ou d'un élève de l'atelier de Georges de la Tour (1593-1652).

 

Le Territoire des Morts

 

« Bonnes gens qui par ici passez

Priez Dieu pour les trépassés ».

 

Jusqu'au début du XXe siècle, on lisait cette inscription sous le porche de la tour-clocher.

 

Les fondations de Saint-Séverin reposent sur un ancien cimetière. Au XIIIe siècle, de nombreux ossements furent placés dans un charnier, situé au sud de l'église.

 

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Des galeries à arcades étaient autrefois dévolues au culte des défunts. Elles abritaient des autels de dévotion, des ossuaires et des tombeaux pour les notables parisiens. Au centre de la cour, les déshérités étaient enterrés dans une fosse commune. Au XIXe siècle, on y exhuma des sarcophages mérovingiens.

 

Dans cet étrange univers, un condamné à mort qui souffrait de calculs rénaux subit une opération chirurgicale, en 1474. Après son rétablissement, il fut gracié.

 

Au XVIIe siècle, les anciens ossuaires furent transformés en lieux d'habitation pour les prêtres.

 

En 1663, l'architecte Jules-Hardouin Mansart (1646-1708) érigea une chapelle ovale sur une partie de l'ancien charnier attenant à la nef, la Chapelle de la Communion. Ce lieu est, de nos jours, réservé à la prière.

 

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Dans ce jardin où le temps est comme suspendu, une forêt de gargouilles semble prête à s'élancer dans les airs. Il y règne une troublante atmosphère...

 

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La dalle funéraire de Nicolas de Bomont.

 

De retour dans l'église, nous nous arrêtons devant cette pierre sculptée du XVIe siècle. Elle fut placée, en 1842, au-dessus de la porte de l'ancien trésor, à gauche de la sacristie.

 

Marchand parisien, Nicolas de Bomont se fit représenter, avec sa femme Robine de Cuyndel et leurs dix enfants, agenouillés devant Jésus, la Vierge et Saint-Jean.

 

De nombreuses pierres tombales ont été retirées des ossuaires de Saint-Séverin. Elles nous livrent un témoignage capital sur l'iconographie funéraire de la fin du Moyen-âge et de la Renaissance.

 

Outre la dévotion rendue aux défunts, l'église Saint-Séverin abritait deux cultes majeurs: ceux de la Vierge et de Saint-Martin.

 

Au XIIIe siècle, devant la statue de Notre-Dame de Bonne Espérance, les étudiants prêtaient serment de toujours bien se comporter. La Vierge de bois disparut au XVIIIe siècle et fut remplacée par une oeuvre en pierre monumentale, due au sculpteur Bridan.

 

Un puits creusé dans la chapelle de la Vierge était associé à ce culte marial. Son eau était réputée guérir la fièvre et les écrouelles.

 

Saint-Martin faisait aussi l'objet d'une importante vénération. Les voyageurs à cheval brûlaient des cierges en son honneur.

 

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Saint-Martin partageant son manteau. Ce fronton, sculpté en 1853 par Jacques-Léonard Maillet(1823-1895), illustre le thème de la Charité.

 

L'église Saint-Séverin conservait une précieuse relique: une partie du manteau de Saint-Martin offerte par les chanoines de Saint-Martin de Champeaux, dans la Brie.

 

Une vieille coutume magico-religieuse consistait à faire marquer les chevaux avec « la clef de fer, rougie au feu, de la chapelle vouée à Saint-Martin ».

 

Les étudiants se plaçaient sous sa protection. « Ils fixaient, dès leur arrivée dans la ville, les fers de leur monture sur la porte qui s'ouvre, (…), là où la rue des Prêtres prend en écharpe la rue Saint-Séverin. » J-K Huysmans: La Bièvre et Saint-Séverin. 1898.

 

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Autour de Saint-Séverin

 

La rue des Prêtres-Saint-Séverin porta d'abord les noms de ruelle de l'Archiprêtre et de rue aux Prêtres.

 

La rue Saint-Séverin est une ancienne voie gallo-romaine qui rejoignait la rue de la Harpe.

 

Face à l'église, se dressait au XVIIIe siècle une maison à l'Enseigne de l'Ange. Une célèbre Imprimerie, celle de Jacques et Philippe Vincent (père et fils), y avait établi ses quartiers. Ces deux libraires éditèrent le Dictionnaire de Trévoux (1704-1771), un ouvrage charnière qui, sous la houlette des Jésuites, présentait une vision synthétique des dictionnaires des XVIe et des XVIIe siècle.

 

A la fin de l'année 1730, la rue fut le théâtre du « Massacre des Chats ». Dans un élan de rage collective, les ouvriers de l'Imprimerie traquèrent et tuèrent une grande quantité de chats.

 

A la Révolution, l'église fut transformée en dépôt de poudre et de salpêtre mais les vieux ossuaires, une partie du grand « livre de verre » et du mobilier ecclésiastique survécurent à cette période troublée.

 

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Sainte Marie-Madeleine, 1876.

 

Grimoire esthétique et spirituel, Saint-Séverin nous offre son histoire complexe et tissée de croyances mystérieuses. Bien moins célèbre que Notre-Dame, elle mérite amplement d'être visitée. A travers elle, nous cheminons dans les arcanes de Paris, à la rencontre d'un patrimoine d'une surprenante richesse.

 

Bibliographie

 

Jacques-Antoine DULAURE: Histoire de Paris. Paris: Gabriel Roux, 1853.

 

Abbé A. GONDRET: Notice historique et descriptive sur l'église Saint-Séverin. Paris: P. Chéronnet, 1900.

 

Joris-Karl HUYSMANS: La Bièvre et Saint-Séverin. 1898.

 

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Publié le par maplumefee
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La Fontaine Saint-Michel se situe sur la Place Saint-Michel, dans le 6e arrondissement de Paris, à la croisée du boulevard Saint-Michel et de la rue Danton. Sa position évoque les travaux orchestrés par le Préfet Haussmann sous le Second Empire.

 

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Georges Eugène Haussmann (1809-1891), dit le « baron Haussmann », mit en oeuvre un plan de réaménagement et d'embellissement de Paris, fondé sur l'aération du tissu urbain. Il dirigea une immense campagne de travaux, inspirée par les théories hygiénistes de l'époque.

 

Il fit percer de nouvelles voies pour favoriser la circulation des piétons et des véhicules. Des boulevards, des avenues, de grandes perspectives virent le jour et un maillage luxuriant de jardins et de squares fut créé.

 

Dans le prolongement de l'esprit des « Lumières », la Ville devint un espace maîtrisé, doté d'un ample quadrillage, de promenades plantées et de magnifiques immeubles mais Haussmann voulait aussi faciliter le déploiement de troupes militaires en cas de soulèvements civils.

 

Dans ce contexte, la fontaine Saint-Michel fut construite à partir de 1858 et inaugurée en 1860.

 

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Élaborée par l'architecte Gabriel Davioud, dans un style éclectique, elle se présente comme une sorte d'arc de triomphe antique, destiné à commémorer la victoire de Saint-Michel archange sur le Démon.

 

Sa structure est celle d'une fontaine-mur, à l'instar de la Fontaine Médicis au Jardin du Luxembourg et de la Fontaine des Quatre-Saisons, dans la rue de Grenelle.

 

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La Fontaine Médicis

 

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La Fontaine des Quatre Saisons

 

Mais sa mise en scène complexe et son décor foisonnant, associés à des effets de polychromie, ne firent pas l'unanimité en son temps.

 

« Dans ce monument exécrable,

On ne voit ni talent ni goût,

Le Diable ne vaut rien du tout;

Saint-Michel ne vaut pas le Diable ».

(Quatrain anonyme)

 

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L'archange Saint-Michel piétine le Diable déchu.

 

Ce groupe, encadré par des colonnes en marbre rose du Languedoc, fut exécuté par Francisque Duret (1804-1865). Ce dernier s'inspira d'un tableau du maître italien Raphaël, conservé au Louvre. Le rocher sur lequel s'appuient les personnages est l'oeuvre du sculpteur Félix Saupin.

 

Dans le projet initial, la niche centrale devait accueillir une statue de Napoléon mais le choix du thème de Saint-Michel se justifie par la présence d'un très ancien lieu de culte, consacré à l'archange, à proximité de l'Île de la Cité.

 

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Créations d'Henri-Alfred Jacquemart (1824-1896), deux imposantes chimères dressent fièrement leurs ailes de part et d'autre d'un grand bassin.

 

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Gardiennes de la fontaine, elles contribuent, par leur position altière, à sa puissante théâtralité.

 

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Dans la partie supérieure de l'édifice, s'élèvent quatre statues qui représentent les Vertus Cardinales. Elles s'appuient sur l'entablement des grandes colonnes en marbre rose, surmontées par des écussons à tête de lion.

 

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La Prudence, réalisée par Jean-Auguste Barre (1811-1896). Ses attributs sont le miroir et le serpent.

 

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La Justice, armée de son glaive, sculptée par Élias (Louis-Valentin) Robert (1821-1874).

 

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La Tempérance, oeuvre de Charles Gumery (1827-1871).

 

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La Force, création d'Eugène Guillaume (1822-1905).Elle revêt la peau du Lion de Némée et s'appuie sur la massue d'Hercule.

 

Ces Vertus exaltent la prédominance de Saint-Michel, guerrier des forces de lumière, sur le Diable, doté d'un visage humain.

 

Dans le fronton terminal, les armes de Paris sont tenues par les allégories de la Puissance et de la Modération.

 

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Des angelots lovés dans des rinceaux de style néo-renaissance complètent l'ensemble. Ces ornements ont été exécutés par Noémie Constant.

 

Témoignage grandiose ou grandiloquent (selon les goûts) de la politique d'embellissement du Second Empire, la fontaine est aujourd'hui un lieu de partage, de rencontre et de rendez-vous. Elle offre sur la Seine et sur Notre-Dame une belle perspective et constitue le point de départ de plusieurs promenades à travers les méandres du Quartier Latin.

 

Nous traversons le boulevard Saint-Michel en direction de la librairie Gibert Jeune.

 

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Ce beau bâtiment abrite une librairie mythique, fondée en 1888 par Joseph Gibert, professeur de Lettres Classiques au Collège Saint-Michel, à Saint-Étienne. En 1886, il s'installa comme bouquiniste en bordure de Seine et, deux ans plus tard, il ouvrit une librairie sur le boulevard Saint-Michel.

 

La Rue de la Huchette

 

Au début du XIIIe siècle, la rue de la Huchette se nommait rue de Laas. Elle bordait un domaine peuplé de vignes appelé Clos du Laas. Une enseigne, « la Huchette d'Or », dont la présence était attestée à la fin du XIIIe siècle, lui donna son nom.

 

Au XVIIe siècle, cette rue pittoresque était célèbre pour ses auberges, ses tavernes, ses cabarets et ses rôtisseries mais aussi pour ses « coupeurs de bourses ».

 

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Cette vieille enseigne provient du Musée Carnavalet.

 

Elle désignait l'emplacement d'une maison, située au numéro 4, qui connut plusieurs appellations. Qualifiée de Maison de la Heuse au Moyen-âge, elle devint la Petite Cuiller à la fin du XVIe siècle puis la Hure de Sanglier et la Hure d'Or.

 

Le nom « la Huchette d'Or » évoque la présence d'un maître huchier ou menuisier. La huche était un grand coffre de bois rectangulaire, doté d'un couvercle plat.

 

Parmi les vieilles maisons dont l'Histoire a retenu le nom, on trouvait « le Petit More », vers l'actuel numéro un de la rue.

 

Une auberge, « Au Panier Fleuri », accueillait de nombreux artistes, des chanteurs et des écrivains.

 

L'activité des rôtisseries (« La Lamproie-sur-le-grill », « les Pigeons », « la Hure »...) était florissante.

 

Un Bureau des Apothicaires, dont l'enseigne était une lamproie, s'installa dans la rue, à partir de 1714.

 

Il y avait aussi, parmi bien d'autres, une Hôtellerie des Boeufs (établissement de bains féminins), une Hôtellerie de l'Ange, un Hôtel de Pontigny adossé à la Seine...

 

Ce Paris disparu stimule notre imaginaire mais les bâtiments qui ont traversé le temps ont une histoire tout aussi fascinante à nous conter.

 

Le Théâtre de la Huchette

 

Il fut créé par Georges Vitaly en 1948. Depuis le 16 février 1957, les deux premières pièces de Eugène Ionesco, La Cantatrice chauve et La Leçon, y sont jouées sans interruption.

 

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Le Cupidon de la Huchette

 

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Sur cette façade souvent remaniée au fil des siècles, un angelot gracieux aimante le regard. Cupidon (de « Cupido », le désir...), emblème du glacier italien Amorino, suscite d'irrépressibles envies...

 

La rue du Chat-qui-Pêche

 

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Cette venelle insolite fut appelée ruelle des Étuves, rue du Renard(il n'existe aucun rapport avec l'actuelle rue du Renard) et rue des Bouticles. Elle s'étendait jusqu'à la Seine à laquelle on accédait par un escalier. Son étroitesse (elle mesure 1,80 m de largeur pour 26 m de longueur) nous fait voyager à travers un Paris d'un autre temps.

 

En 1607, on la nommait ruelle des Bouticles de Petit-Pont et on y trouvait des « estaulx de marée et d'eau doulce ». Les « Bouticles » étaient des bateaux dans lesquels on conservait le poisson. Une maison des Trois Poissons se dressait à l'angle occidental de la rue de la Huchette.

 

En 1832, elle était close par une grille, à ses extrémités.

 

Dans les années 1930, Jolán Földes, une écrivaine hongroise, vivait dans cette rue qui lui inspira un roman.

 

Légendes du Chat-qui-Pêche

 

L'une d'elles relatait l'existence d'un puits qui communiquait avec le petit bras de la Seine. Les chats du quartier se réunissaient tout autour car le fleuve y faisait remonter une myriade de petits poissons. Les gourmands à quatre pattes n'avaient alors plus qu'à les attraper!

 

Une autre met en lumière l'histoire de Dom Perlet, un chanoine alchimiste, qui avait un chat noir pour familier. Le félin attrapait dans la Seine les poissons avec une telle dextérité que la rumeur prétendit qu'il était l'incarnation de Satan. En l'absence de son maître, trois étudiants se saisirent de lui et le jetèrent dans le fleuve mais l'alchimiste revint, après un voyage, et le chat reparut aussi.

 

Une vieille expression: "aller voir pêcher les chats" désignait quelqu'un se laissant persuader trop facilement.

 

 

A l'angle de la rue de la Huchette, au numéro 14, se trouvait « la Maison à l'Y ». Elle présentait une enseigne ou un médaillon décoré d'un Y, symbolisant les « lie-grègues »: les lacets qui fixent les hauts de chausse à la culotte. Elle appartenait à Thomas Charles de Lastre, un marchand mercier.

 

Le Diable de la Huchette

 

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Le Diable se cache et se dévoile, dans les venelles parisiennes, derrière les vieilles portes, dans les reflets et les ombres. Il régnait autrefois sur un lacis d'obscures ruelles que le jour n'éclaboussait presque jamais, sur des passages fuyants et des façades dévorées par les âges.

 

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Ce mascaron fantasque, qui contemple le Caveau de la Huchette, évoque l'emplacement de messes noires et de cérémonies occultes.

 

Le Caveau de la Huchette

 

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Il abrite un célèbre club de jazz mais son histoire s'enracine dans les légendes et les secrets du Vieux Paris. Il fut autrefois un lieu prisé par les Sociétés Occultes. Des Templiers et des Rose-Croix s'y réunissaient. Au XVIIIe siècle, une Loge Franc-Maçonnique s'établit dans ses caves profondes. Outre deux salles basses superposées, des souterrains menaient jusqu'à l'ossuaire de l'église Saint-Séverin et au Petit-Châtelet.

 

En 1789 et pendant la période qui suivit, il devint le « Caveau de la Terreur » et il accueillit les clubs des Cordeliers et des Montagnards ainsi qu'un Tribunal. Des figures importantes de la Révolution et de la Convention s'y donnaient rendez-vous. Des jugements et des sentences d'exécution y furent prononcés. Des légendes relatent la présence d'un puits très ancien qui « avalait » dans les entrailles de la terre les condamnés à mort.

 

En continuant notre chemin vers la cathédrale Notre-Dame, nous arrivons sur la Place du Petit-Pont où une plaque évoque les combats qui opposèrent les résistants français aux allemands dans le « fortin de la Huchette ».

 

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La Rue du Petit-Pont

 

Le tracé de cette rue était une partie du cardo de l'ancienne Lutèce. Cette voie modelée par les Romains descendait la Montagne Sainte-Geneviève et passait par la rue Saint-Jacques. Elle arrivait jusqu'à la Seine qu'elle franchissait et se poursuivait de l'autre côté...

 

La ville romaine était construite suivant une géométrie réelle et magique. Les axes majeurs formaient une croix orientée vers les points cardinaux. Au coeur de cette croix se dressait le forum, espace consacré aux échanges de la Cité.

 

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Aux numéros 3 et 5 de la rue du Petit-Pont, le bar restaurant Polly Maggoo dévoile, depuis les années 1970, sa belle façade décorée de mosaïques. Ce lieu très apprécié offre une scène musicale de qualité. Son nom fait référence à un film de 1966: « Qui êtes-vous, Polly Maggoo? » Cette comédie satirique en noir et blanc, réalisée par William Klein, reçut le prix Jean Vigo en 1967. Les rôles principaux sont incarnés par Sami Frey, Dorothy Mac Gowan, Alice Sapritch, Jean Rochefort ou encore Philippe Noiret.

 

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La Rue de la Bûcherie

 

Elle accueillait autrefois le « Port aux Bûches » de la capitale. Jusqu'au XVIe siècle, on y déchargeait le bois destiné à la construction et au chauffage. De nombreuses familles de charpentiers y avaient élu domicile.

 

La Faculté de Médecine établit ses quartiers dans cette rue, à partir de 1472. Les maîtres qui y enseignaient étaient clercs et devaient garder le célibat mais, soumis à des tentations continuelles en raison d'une affluence de prostituées dans la rue et dans les rues avoisinantes, ils finirent par obtenir la permission de se marier!

 

Le Petit-Châtelet

 

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Le Petit-Châtelet a bien changé...

 

Il gardait jadis l'accès au Petit-Pont qui reliait l'île de la Cité aux berges de la Seine. Héritier des fortifications romaines préservant la Lutèce antique des envahisseurs, il fut construit d'abord en bois puis rebâti en pierre, vers 1130. Dévasté par une crue de la Seine, à la fin du XIIIe siècle, il fut reconstruit, en 1369, sous le règne de Charles V.

 

Il devint ensuite une prison et fut détruit en 1782 pour permettre la création de la Place du Petit-Pont.

 

Les droits d'entrée des marchandises devaient être acquittés à l'entrée, sous un profond passage voûté. Sous le règne de Saint-Louis (1214-1270), c'est à cet endroit que naquit l'expression « payer en monnaie de singe ». Si un vendeur de singe se présentait à la porte du Petit-Châtelet, il devait payer quatre deniers. S'il s'agissait d'un jongleur, il faisait danser l'animal devant l'administrateur du péage et pouvait faire entrer ses marchandises gratuitement dans la ville. Il payait donc en monnaie de singe!

 

Shakespeare and Company (37, rue de la Bûcherie)

 

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Cette célèbre librairie anglo-saxonne, se situe à proximité de la rue de la Huchette. Sa façade est tournée vers Notre-Dame de Paris.

 

Fondée en 1921 par Sylvia Beach, une américaine, elle se trouvait alors au numéro 12, rue de l'Odéon. (De 1919 à 1921, cette libraire aux goûts cosmopolites avait tenu une librairie, rue Dupuytren, dans le 6e arrondissement de Paris.) Devenue la compagne de l'éditrice et poétesse Adrienne Monnier, elle publia, malgré son aura sulfureuse, le roman Ulysse de James Joyce, en 1922.

 

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La librairie fut fermée sous l'Occupation mais en 1951, l'américain George Whitman ouvrit une nouvelle librairie dans la rue de la Bûcherie. Appelée d'abord « le Mistral », cette caverne de connaissance devint « Shakespeare and Company » après la disparition de Sylvia Beach en 1962.

 

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Sylvia Beach fut la marraine de la « Génération Perdue », un courant littéraire désignant des auteurs américains de l'Entre-deux-Guerres expatriés à Paris.

 

La poétesse, écrivaine, féministe, mécène et collectionneuse Gertrude Stein(1874-1946) leur attribua ce nom. Leurs plus illustres représentants étaient Francis Scott Fitzgerald, Ernest Hemingway, John Steinbeck ou encore John Dos Passos.

 

Cette génération au talent prolifique céda la place à la « Beat Generation », un mouvement artistique, émanation de l'esprit bohême, qui vit le jour aux Etats-Unis en 1950. Son chef de file était Jack Kerouac (1922-1969), auteur du roman manifeste Sur la route, paru en 1957. Avec Kerouac, William Burroughs (Le festin nu), Allen Ginsberg (Howl) et bien d'autres, la créativité de ce mouvement s'articula autour du mythe des grands espaces, de la spiritualité de la Nature, de la quête de la liberté et de l'exploration de mondes « parallèles », sous l'emprise ou non de substances psychoactives.

 

Shakespeare and Co, c'est une atmosphère et un décor. Devant les vitrines agréablement surannées ou le long des rangées de livres, on rencontre des tumbleweeds, voyageurs d'un genre un peu particulier. George Whitman aimait accueillir des personnes pour une ou plusieurs nuits, en échange de deux heures de travail quotidien dans la librairie et de la lecture d'un livre. Sa fille, Sylvia Whitman, a repris le flambeau en 2001. Elle poursuit cette tradition et héberge des écrivains de passage.

 

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Walt Whitman (1819-1892) était l'un des maîtres de la poésie américaine du XIXe siècle. Dans son chef-d'oeuvre intitulé Leaves of Grass (Feuilles d'herbes), il exprime une puissante sensualité, une vision poétique et intemporelle de l'Amérique, une énergie dévorante et généreuse.

 

« Je me célèbre et me chante,

Et mes prétentions seront tes tentations,

Car chaque atome qui m'appartient t'appartient aussi. »

Chant de moi-même

 

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Une élégante fontaine Wallace se dresse devant la librairie.

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Ces charmants édicules en fonte ont été conçus pour distribuer de l'eau potable à différents endroits de Paris. Nous les devons à Sir Richard Wallace (1818-1890), un philanthrope qui offrit aux parisiens une part conséquente de sa fortune, suite à la guerre de 1870. Il fit construire un hôpital pour les victimes et distribuer de la nourriture dans plusieurs rues de Paris. Il dessina lui-même les plans de ses fontaines.

 

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La rue Saint-Julien le Pauvre

 

L'Église Saint-Julien-le-Pauvre

 

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Cette église est l'une des plus anciennes de Paris. Elle se dresse à la croisée de deux importantes voies romaines.

 

En 1045, elle fut cédée par le roi Henri Ier au Chapitre de Notre-Dame. Aux alentours de 1120, elle passa sous l'obédience de l'abbaye de Longpont et jusqu'en 1524, les assemblées de l'Université s'y déroulèrent. En 1651, très dégradée, elle fut « affectée » à l'Hôtel-Dieu et subit alors de profondes transformations. Utilisée comme grenier à sel pendant la Révolution, elle fut rendue au culte en 1826. A partir de 1889, elle fut associée au rite catholique grec byzantin.

 

Comme la librairie Shakespeare and Company, elle apparaît dans plusieurs saisons de la série fantastique Highlander.

 

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Vers 1900, une iconostase ou barrière d'icônes fut créée pour séparer le choeur (où se déroulent les mystères) de la nef. On utilisa pour la circonstance des essences de bois précieux: de l'olivier, du figuier, du chêne, de l'abricotier, du palissandre et du bois de rose.

 

L'iconostase remplaça le choeur du XIIIe siècle, soutenu par des piliers aux chapiteaux sculptés de feuilles d'acanthe, de flore aquatique et de masques féminins.

 

Une « légende noire », rapportée par J-K Huysmans, est associée à la présence d'un tombeau, celui de Julien de Ravalet et de sa soeur Marguerite. Amants incestueux, issus d'une lignée de criminels, ils furent exécutés, le 2 décembre 1603, en Place de Grève et leurs têtes furent conservées dans l'église Saint-Julien.

 

En sortant de l'église, nous admirons, au 14, rue Saint-Julien le Pauvre, un magnifique portail, celui de l'Hôtel de Laffemas.

 

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Isaac de Laffemas (1583-1657) était lieutenant civil de la Prévôté de Paris, avocat, maître des requêtes et conseiller au Parlement de Bordeaux.

 

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Dans le fronton trône Thémis, la déesse de la Justice, tenant la balance de l'Équité. Elle est accompagnée d'un gracieux angelot.

 

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Vue du portail depuis le Square Viviani.

 

Le Square Viviani-Montebello

 

Dans ce square, créé en 1928, s'épanouit le « plus vieil arbre de Paris »: un robinier faux acacia, originaire d'Amérique du Nord, planté en 1602 par Jean Robin (1550-1629), le directeur du Jardin des Apothicaires. (Voir à ce propos mon article sur les Arbres de Paris.)

 

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Derrière le vieux robinier, on aperçoit le chevet de l'église Saint-Julien le Pauvre.

 

Une fontaine en bronze réalisée par le sculpteur Georges Jeanclos (1933-1997) s'élève à l'entrée du square.

 

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Des ornements archéologiques.

 

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A l'ombre du géant feuillu qui habite le square, nous contemplons Notre-Dame, vigie de pierre et de verre dominant la Seine. Indissociable de l'histoire de Paris, elle nous rapproche du sacré d'un seul regard. Nous tournerons bientôt les pages de son Livre Millénaire...

 

Bibliographie

 

Jacques-Antoine DULAURE: Histoire de Paris. Paris: Gabriel Roux, 1853.

 

Félix et Louis LAZARE: Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments. Éditions Maisonneuve&Larose, 1855.

 

Henri SAUVAL: Histoire et recherches des antiquités de la ville de Paris.Paris, 1724. 3 volumes in-8°.

 

Héron de VILLEFOSSE: Histoire de Paris. Grasset, coll. « Livre de Poche », 1995.

 

 

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Publié le par maplumefee
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Sur la Place Colette, face à la Comédie-Française, une oeuvre d'art insolite, création poétique de Jean-Michel Othoniel, habille la bouche de métro Palais-Royal-Musée du Louvre.

 

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Le Kiosque des Noctambules est la rencontre de deux coupoles ajourées, serties de perles de verre de Murano, qui reposent sur d'étranges piliers en fonte d'aluminium.

 

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La composition est singulière et fascinante. Elle se fond et se dévoile dans le paysage urbain, ranimant, à travers les incandescences du verre, des souvenirs d'enfance et d'adolescence.

 

Comme des colliers suspendus qu'une princesse géante aurait confiés au regard des passants, elle nous offre ses rondeurs et sa rêveuse plasticité.

 

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Sous la pluie, les ornements colorés se fondent dans une lumière assourdie.

 

Le travail de Jean-Michel Othoniel s'inscrit dans une volonté d'hommage au métropolitain de Paris, dont les bouches d'entrée furent créées par Hector Guimard en 1900. Cette commande de la RATP a suscité une réécriture de l'esthétique des lieux.

 

Parmi les sobres et classiques façades qui l'entourent, l'oeuvre nous ouvre les portes d'un monde onirique où la Nature et l'Art s'attirent, se mêlent et se recomposent.

 

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Deux petits personnages en verre soufflé, emblématiques du thème de la gémellité, se dressent au sommet des coupoles. Incarnations fragiles de la lune et du soleil, ils règnent sur un monde de couleurs qui oscillent entre le chaud et le froid.

 

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Le rouge, l'ambre et l'or de la lumière diurne.

 

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Des guirlandes de perles translucides, braises poétiques, nées sous les doigts des souffleurs de verre vénitiens, inventent une palette lunaire.

 

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Quand jour et nuit s'entrelacent...

 

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Ces anneaux de métal argenté évoquent des ronds dans l'eau, des cercles mystérieux, incrustés de disques et de dragées de verre.

 

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Des bagues martelées, des miroirs féeriques où  la lumière danse avant de s'engouffrer dans les hypnotiques prunelles de verre. Des cicatrices de lumière, dans l'éphémère...

 

 

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Un petit banc, lové dans la résille argentée, attend le rêveur de midi ou de minuit...

 

A propos de l'auteur

 

Artiste plasticien, Jean-Michel Othoniel est né en 1964 à Saint-Etienne. Il a obtenu son diplôme de l'École nationale supérieure d'arts de Paris-Cergy en 1988. Il acquiert une notoriété grâce à d'étonnantes sculptures en soufre (substance qui évoque les transmutations de la matière et la souffrance, au coeur de toute chose...) Puis, à partir de 1993, il explore et expérimente les possibilités, les formes et les couleurs du verre, matériau alchimique.

 

En 1996, il est accueilli comme artiste pensionnaire à la Villa Médicis à Rome.

 

Créateur, poète et scénographe de la lumière, il expose des colliers géants, des pendeloques, des mobiles et des noeuds constitués de perles de verre et de cristal.

 

Le Collier-Cicatrice est, à partir de 1997, un emblème de son art. Constitué de petites perles de verre rouge, il évoque le sang et les scarifications de la vie et rend hommage à l'artiste Félix Gonzales Torres (1957-1996). Ce dernier, mort du sida, devint célèbre pour ses amas de bonbons qui étaient autant de réflexions sur la réalité (la guerre, la propagation des maladies) et les moments initiatiques de la vie.

 

Jean-Michel Othoniel réalise des portraits photographiques de passants qui portent, lors de l'Europride, ce collier chargé d'émotions, créé en mille exemplaires.

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En 2011, sa première rétrospective, appelée My Way, s'est déroulée au Centre Pompidou. Une poésie intense, fascinante et dérangeante, imprègne ses réalisations.

 

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L'Hermaphrodite, 1993.

 

Cet « autoportrait en creux », en soufre moulé et en coquilles d'escargot, suscite, à l'instar du matériau principal, attirance et répulsion. Né dans le ventre des volcans, le soufre est associé à différents jeux de mots poétiques: « sulfureux, souffreteux... ». Othoniel le sculpte et exploite ses capacités de corrosion.

 

Le thème de la décomposition hante plusieurs de ses travaux et notamment ses Insuccès Photographiques (1987-1988).

 

Dans les Femmes Intestines, il modèle et sublime un monde viscéral, grouillant, organique.

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La thématique de l'oeil et de l'orifice (anal et génital) est récurrente. Maître des métamorphoses, il oscille entre l'organique et le minéral, dans un monde empreint de sensualité et de sexualité, à travers les cercles de la mort et de la vie, symbolisés par des gouttes d'ombre et de lumière.

 

 

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Le Bateau de Larmes 2004

 

Une oeuvre ambivalente, dédiée au calvaire des boat-people, à la fragilité de leurs existences et peut-être à l'espoir d'un avenir, transfiguré par des gouttes de soleil et de ciel.

 

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Mon lit, 2003

 

Un lit à baldaquin est serti dans une résille de métal argenté, rappelant celle du Kiosque des Noctambules. Des « perles enchantées » explorent les thèmes de la magie et de l'absence. Une cage entrouverte, l'entrée d'une grotte, une amande, une vulve...

 

Othoniel s'est également illustré par ses recherches sur l'obsidienne, lave vitrifiée qu'il a extirpée des entrailles des volcans et cherché à obtenir artificiellement. Le noir mystérieux de sa robe est une révélation pour ce « Peter Pan de l'art ». Des orifices volcaniques aux orifices du corps, des miroirs de divination aztèques et mayas aux gouttes figées où se lovent les âmes, l'obsidienne est une passerelle entre les mondes.

 

Il a utilisé le phosphore, la cire et le papier pour photo. The Wishing Wall, réalisé en 1995, est un immense grattoir de phosphore sur lequel les visiteurs craquent une allumette en formulant un voeu.

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Dans le Petit Théâtre de Peau d'Âne, il insère, au coeur d'un décor fantasmagorique, des marionnettes trouvées dans la maison de l'écrivain Pierre Loti. Sur quatre tables (la Table du Monstrueux, la Table du Temps, la Table du Soleil, la Table de la Lune) reposent des petits édicules sous verre où se nichent des figurines.

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Passionné par le feu liquide, les cristallisations et les écorchures du verre, il tisse des liens profonds avec les verriers de Murano et la verrerie Salviati d'où proviennent les joyaux colorés du Kiosque des Noctambules.

 

L'escalier de la station mène à une sombre grotte dans laquelle scintillent des amas de perles de verre, lovées dans des cavités transparentes et cerclées de métal dont le travail rappelle des techniques propres à l'Art Nouveau.

 

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L'artiste dissipe les frontières de la réalité et nous livre une écriture baroque du monde. La bouche de métro devient un passage initiatique, un antre sous-marin décoré de hublots qui dévoilent des bijoux-coquillages et des galets chatoyants.

 

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Le voyageur pénètre dans un souterrain mystérieux qui, tel un château de contes, recèle des trésors ensevelis et tentateurs.

 

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Les verriers de Murano ont développé des techniques qui imitent la texture et le scintillement des pierres précieuses, exploré les possibilités des cristaux, des émaux, des filigranes d'or et créé une impressionnante palette de couleurs et d'effets de matières.

 

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Le verre est une cire magique. Né dans les entrailles du feu, il est hanté par les visions de l'artiste qui le modèle au fil de ses cauchemars et de ses rêves...

 

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Le 14 février 2011, un timbre d'une valeur de 1,40 euros, à l'effigie du Kiosque des Noctambules, a été édité dans la série « l'art dans la ville ».

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Bibliographie

 

Laurent BOUDIER: Le Kiosque des Noctambules: Une oeuvre de Jean-Michel Othoniel, station Palais Royal-Musée du Louvre. Paris: Flohic, 2000.

 

Édith DOOVE: Jean-Michel Othoniel. Colliers.Deurle: Museum Dhondt-Dhaenens, 2001.

 

Catherine GRENIER: Othoniel. Paris: Centre Pompidou, 2010.

 

Jean-Michel OTHONIEL et Marie DESPLECHIN: Mon petit théâtre de Peau d'Âne. Paris: Éditions courtes et longues, 2011.

 

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Publié le par maplumefee
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Cette voie calme et ombragée, bordée par de superbes hôtels particuliers aux façades sculptées, se situe dans le 17e arrondissement de Paris. Née de la spéculation immobilière en vogue dans la Plaine Monceau pendant la deuxième moitié du XIXe siècle, elle faisait originellement partie de la rue Legendre. Elle reçut, en 1912, le nom de Georges Berger.

 

Paul Louis Georges Berger (1844-1910) était ingénieur civil des mines, professeur à l'École supérieure des Beaux-Arts, député et ancien combattant. Il fut le gestionnaire de la section étrangère de l'Exposition Universelle de 1867. Il dirigea l'Exposition Universelle de 1876 puis celle de 1889 avec Jean-Charles Alphand et Alfred Picard. Il siégea dans le comité de direction de l'Exposition de 1900 et participa également aux Expositions d'Amsterdam (1869-1883), de Melbourne (1880) et d'Anvers (1885).

 

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Cette entrée se dévoile, comme celle d'un temple de l'Antiquité, aux abords de la Place de la République Dominicaine.

 

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Sous le fronton triangulaire en fort relief qui couronne la porte, apparaît un personnage barbu coiffé d'une tête de lion. Il s'agit peut-être du héros Hercule paré de la dépouille du lion de Némée.

 

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Le mélange harmonieux de la brique et de la pierre de taille est rehaussé par des frontons miniatures qui composent un décor néo-classique de toute beauté.

 

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La qualité des ferronneries, des agrafes et des ornements sculptés mérite amplement le détour.

 

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Le mascaron qui domine la porte d'entrée est une représentation du dieu Mercure. Il revêt le chapeau ailé ou pétase, symbole de ruse et de vélocité.

 

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Divinité majeure du panthéon antique, Hermès/Mercure était le messager des dieux et celui qui présidait aux nouvelles. Dieu du négoce, protecteur des voyageurs, des bergers et des commerçants, il était aussi le patron des escrocs et des brigands! Dieu civilisateur, il était honoré par des amas de cailloux rassemblés le long des routes et « régnait » sur les bornes milliaires.

 

Psychopompe et psychagogue, il conduisait les âmes aux Enfers et les convoquait par le biais de sortilèges puissants. On l'invoquait également comme gardien du seuil.

 

Hormis le chapeau ailé, ses autres attributs sont les sandales ailées, le caducée, la bourse et des animaux symboliques comme le coq, le bélier, la chèvre, la tortue...

 

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L'entrée raffinée du numéro 4.

 

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Du numéro 6 au numéro 8, deux bâtiments, érigés à la fin du XIXe siècle autour d'une cour, accueillent le Consulat du Portugal.

 

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Au numéro 10, se dresse un hôtel particulier qui était la propriété, en 1878, de l'architecte Achille Hermant. Son fils, Jacques Hermant (1855-1930), en remodela le décor et la structure, entre 1904 et 1905.

 

Au niveau des balcons et des consoles, le travail de sculpture est d'une finesse remarquable.

 

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Un portrait d'inspiration rococo accueille le visiteur, une beauté rêveuse, la muse de l'architecte...

 

Les ferronneries révèlent une influence Art Nouveau. Une gracieuse ombelle, qui semble jaillir d'un monde fantastique, se dessine sur la porte d'entrée.

 

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Jacques Hermant fut architecte en chef de la ville de Paris et professeur à l'École des Beaux-Arts de Paris. Il métamorphosa, entre 1890 et 1905, le Quartier des Célestins, près de la Bastille et il apparut comme un des pionniers de l'utilisation du béton armé, matériau apprécié tant pour sa solidité structurelle que pour des raisons économiques.

 

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La monumentale façade du numéro 11 révèle des ornements sculptés d'une grande qualité. Les refends du rez-de-chaussée opposent avec élégance leurs lignes horizontales aux meneaux des fenêtres.

 

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Une galerie de personnages facétieux observe le promeneur.

 

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Cette trogne très expressive s'inscrit dans la tradition des mascarons du Pont-Neuf, des visages de pierre aux traits grimaçants, bien plus drôles qu'inquiétants, qui représentent des divinités forestières et champêtres.

 

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Ce masque cornu s'inspire de ceux qui ornent les somptueux hôtels particuliers du Marais ou de l'Île Saint-Louis.

 

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La date de 1881 apparaît sous ce curieux visage.

 

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Sous leur apparente fantaisie, ces personnages, nés d'une vogue pour l'exotisme et les grotesques de la Renaissance, jouent un rôle déterminant dans la protection des demeures. A l'instar des gargouilles qui veillent sur les édifices religieux, ils ont pour fonction de repousser le mal. Véritables gardiens du seuil, ils sont l'émanation de très anciennes croyances.

 

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Cet hôtel particulier, situé au 11 bis, fut construit aux alentours de 1900. Il conjugue divers éléments architecturaux de style historiciste. Sa grande porte d'entrée est surmontée par des colonnes d'ordre corinthien. Les balcons ont de puissants gardes-corps en fonte, de style Louis XV. Un oculus couronne une corniche décorée de modillons.

 

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Des cornes d'abondance et de fines guirlandes ornent le gracieux cartouche qui surplombe l'entrée.

 

La Nonciature établit ses quartiers à cet emplacement, sous l'obédience de Mgr Clari, de janvier 1897 à mars 1899, puis de juillet 1899 à 1901, avec Mgr Benoît Lorenzelli. (Merci Mr Jacques Brice pour ce renseignement).

 

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Cet hôtel particulier, de style néo-renaissance, fut édifié à la fin du XIXe siècle. Sa puissante façade en pierre de taille puise son inspiration dans l'architecture des palais italiens. On aperçoit une grande fenêtre à meneaux, caractéristique de l'art du Moyen-Âge et de la Renaissance.

A l'étage supérieur, les fenêtres compartimentées sont encadrées de pilastres. Les corniches sont en fort relief.

 

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D'élégantes baies géminées, réminiscences de l'architecture romane, animent la façade et surmontent un entablement complexe, décoré de vases.

 

Quand la rue Georges Berger s'appelait encore rue Legendre, l'écrivain et homme politique Maurice Barrès vécut, entre 1890 et 1891, à ce numéro. Il fut l'un des mentors du nationalisme et du traditionalisme français. Son oeuvre, constituée d'une profusion de romans, de livres politiques et d'essais, révèle un profond attachement à l'armée, aux valeurs familiales et à la terre de naissance.

 

Dans ses jeunes années, il fut ami avec l'occultiste Stanislas de Guaita.

 

L'année 1906 fut marquée par son élection à l'Académie Française et par sa nomination en tant que député de Paris.

 

 

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Au 11 ter de la rue Georges Berger et à l'angle de la Place du Général Catroux, se dresse une magnifique demeure, réalisée par l'architecte Victor-Jules Février, entre 1878 et 1882, pour le banquier Émile Gaillard. Le bâtiment ressemble à un petit château de la Renaissance. (Je lui consacrerai très prochainement un article à part entière.)

 

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Victor-Jules Février puisa son inspiration dans les châteaux de Gien et de Blois.L'appareil de brique polychrome, les hautes fenêtres, les lucarnes et les ornements sculptés sont caractéristiques de l'art de la Première Renaissance.

 

Après la mort du commanditaire, le monument fut racheté par la Banque de France.

 

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La Place du Général Catroux est une place rectangulaire, créée en 1862, à l'emplacement d'un parc qui appartenait à une certaine Madame de Guingamp. Ancienne Place Malesherbes, elle est bordée par de magnifiques immeubles de style éclectique et historiciste.

 

Elle fut rebaptisée, en 1977, pour rendre hommage à Georges Catroux (1877-1969) qui rejoignit le Général de Gaulle à Londres.

 

Une statue de Sarah Bernhardt dans le rôle de Phèdre, oeuvre du sculpteur François-Léon Sicard (1862-1934), orne, depuis 1926, un des côtés de la place.

 

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Rêveuse et intemporelle, elle apparaît comme une dame blanche devant la somptueuse façade de l'Hôtel Gaillard.

 

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L'actrice (1844-1923) possédait un hôtel particulier à l'angle de la rue de Villiers et de la rue Fortuny.

 

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La Place célébrait autrefois les Trois Dumas.

 

Le Général Thomas Alexandre Dumas (1762-1806) fut représenté en 1912 par Alphonse Emmanuel de Moncel de Perrin (1866-1930). L'oeuvre décrivait le Général, appuyé sur un fusil imposant, mais elle fut hélas détruite par les Allemands en 1942.

 

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En vertu d'une loi promulguée par le Gouvernement de Vichy, le 11 octobre 1941, les statues métalliques non ferreuses devaient être fondues, ce qui fit disparaître de nombreuses sculptures dans les jardins et sur les places de Paris.

 

Aujourd'hui, des fers d'esclaves brisés, oeuvre de Driss Sans-Arcidet , alias Musée Khômbol (2009) rendent hommage au Général métisse, fils naturel d'un aristocrate français et d'une esclave d'origine africaine.

 

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La statue d'Alexandre Dumas Père (1802-1870), dernière réalisation de Gustave Doré (1832-1883), fut inaugurée le 4 novembre 1883, devant un parterre d'admirateurs. Elle fut financée par une souscription publique, lancée par des grands noms de la littérature et des arts comme Jules Verne, Alphonse Daudet, Pierre-Jules Hetzel, Victorien Sardou...

 

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Les architectes Joseph-Antoine Bouvard (1840-1920) et Ulysse Gravigny (1844-1901) sont les concepteurs du piédestal.

 

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Alexandre Dumas Père domine l'ensemble. Il est assis, vêtu d'une robe de chambre, sa plume d'écrivain dans la main droite.

 

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Un groupe en bronze compose une gracieuse allégorie de la lecture. Une jeune lectrice est entourée d'un forgeron et d'un étudiant. « La lecture illuminant l'esprit » peut être considérée comme une allégorie de l'instruction publique, rendue obligatoire par Jules Ferry en 1882.

 

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La signature serpentine de Gustave Doré se dévoile à côté des bottes de l'étudiant.

 

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D'Artagnan dans une position élégante, l'épée hors du fourreau...

 

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Les noms des principaux romans de Dumas Père (Les trois mousquetaires, le Comte de Montecristo, Vingt ans après, le vicomte de Bragelonne...) sont ciselés sur les côtés du monument.

 

 

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Alexandre Dumas Fils (1824-1895) résida au 98, avenue de Villiers. Sa statue fut érigée par René de Saint-Marceaux (1845-1915) et inaugurée le 12 juin 1906. Elle se situe à l'extrémité sud de la Place du Général Catroux.

 

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Autour de l'écrivain assis, gravite une ronde d'allégories féminines: la Douleur, la Résignation et la Jeunesse.

 

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On peut lire le nom de ses principales créations sur une face du piédestal: La Dame aux camélias, L'Étrangère, Denise, L'ami des femmes, Le Demi-monde...

 

René de Saint-Marceaux réalisa aussi le tombeau de l'artiste, enterré à Montmartre.

 

Au numéro 2 de la Place et au croisement du boulevard Malhesherbes (numéro 106), s'élève un bel immeuble en pierre et en brique d'inspiration néo-Renaissance et Louis XIII, érigé par l'architecte Alphonse Fiquet en 1899.

 

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Sa riche ornementation est l'oeuvre du sculpteur Antoine Margotin.

 

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Des bow-windows ornés de portraits en médaillons...

 

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Un décor luxuriant, d'autres portraits, une salamandre...

 

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De superbes fenêtres à meneaux, des personnages grotesques, une façade rythmée par des jeux de transparence et de nombreuses aérations.

 

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Un jeu complexe sur l'irrégularité des volumes, de gracieux mascarons...

 

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Des agrafes décorées de têtes de lions...

 

Au numéro 14, c'est la façade néo-renaissance italienne de l'Hôtel Fournier qui nous enchante.

 

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Il fut érigé par l'architecte Charles-Hippolyte Duttenhofer entre 1877 et 1878. Les fenêtres sont encadrées par un maillage décoratif dit « en pointe de diamant ».

 

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(Merci Mr Jacques Brice, Le Piéton de Paris, pour cette jolie photo).

 

De 1925 à 1940, le bâtiment abrita l'ambassade de Lituanie mais à la suite du pacte germano-soviétique, signé le 23 août 1939, l'Union Soviétique déposséda la Lituanie de ce bien avec l'assentiment du Gouvernement de Vichy.

 

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Je ne peux qu'inviter les promeneurs à explorer ce quartier, doté d'un patrimoine exceptionnel, mélange de goûts, de styles et de visions architecturales multiples qui se dévoilent, dans une atmosphère délicieusement surannée. Au-delà de la Place s'étendent des rues constellées d'autres trésors: la rue Prony, la rue Fortuny, la rue Jacques-Bingen et bien d'autres que j'aurais le plus grand plaisir à étudier prochainement.

 

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #architecture, #gaillard, #hotel, #mile, #renaissance

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Ce castel de fantaisie surgit dans Paris, à quelques encablures du Parc Monceau. A l'instar de la légendaire forteresse de Richard Coeur de Lion, il aiguise l'imagination, ce qui m'a inspiré ce petit jeu de mots.

 

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L'Hôtel Gaillard est le fruit d'une rencontre entre deux esprits brillants: Émile Gaillard, régent de la Banque de France, mécène et collectionneur, et l'architecte Victor-Jules Février.

 

Passionné par le Moyen-Âge et la Renaissance, Émile Gaillard fit ériger une demeure « seigneuriale » destinée à accueillir ses « trésors » dans un écrin digne de leur beauté.

 

Entre 1879 et 1884, Victor-Jules Février conçut, au croisement de la rue Georges Berger et de la Place du Général Catroux, un superbe bâtiment en brique rose qui s'inspirait de l'architecture des châteaux de la Loire, et plus particulièrement des châteaux de Gien et de Blois.

 

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On y pénétrait par une entrée somptuaire qui donnait sur la place du Général Catroux. Les visiteurs empruntaient un escalier monumental afin d'accéder aux salons d'apparat et aux espaces privés.

 

L'hôtel-musée abritait une profusion de tapisseries, de boiseries, de peintures, de cheminées, de faïences et d'étains. Un somptueux bal masqué s'y déroula, le 11 avril 1885. Deux mille invités se pressèrent, en déguisement Renaissance, autour du maître des lieux, costumé en Henri II.

 

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Après la mort d'Émile Gaillard, ses héritiers cédèrent les collections et, en 1919, la Banque de France fit l'acquisition du monument, pour cinq millions de francs, une somme bien inférieure à ce qu'il avait coûté au départ, soit 11 millions.

 

L'architecte Alphonse Defrasse (1860-1939) et le décorateur Jean-Henri Jansen furent sollicités pour réaménager les lieux. Après une importante phase de travaux, la nouvelle succursale de l'institution financière ouvrit en 1923.

 

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L'escalier monumental fut conservé mais un système de protection bien singulier fut mis en place dans la salle des coffres: des douves remplies d'eau, dominées par un pont roulant.

 

L'hôtel Gaillard est classé monument historique depuis avril 1999. Emblématique de l'art néo-gothique et néo-Renaissance, il révèle une écriture architecturale harmonieuse et complexe.

 

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Ses hautes façades, ornées de briques polychromes, sont décorées de motifs géométriques, caractéristiques de la Première Renaissance (1480-1520).

 

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On retrouve cet appareil coloré au château de Chamerolles, édifié au début du XVIe siècle, en lisière de la forêt d'Orléans.

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Chamerolles

 

Dans la rue Legendre, prolongement de la rue Georges Berger, les façades de l'Hôtel Guerlain révèlent un décor approchant.

 

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L'aile Louis XII du château de Blois, réalisée entre 1498 et 1503, conjugue des éléments empruntés au style gothique flamboyant de la fin du XVe siècle et des motifs typiques de la Première Renaissance. Ses hautes toitures d'ardoise sont percées de lucarnes élancées et son décor de briques rouges sublime la blancheur de la pierre.

 

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On remarque aisément la parenté stylistique entre l'architecture de ce magnifique bâtiment et celle de l'Hôtel Gaillard.

 

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Les toitures du château parisien nous offrent un séduisant répertoire de formes plastiques et les cheminées de brique sont joliment décorées.

 

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Les lucarnes flamboyantes et l'abondance des ornements évoquent une transition féconde entre le Moyen-Âge et la Renaissance. Le « G », monogramme du maître des lieux, se dessine au sommet de l'édifice, tel un emblème féodal.

 

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Richement sculptées, les lucarnes font entrer l'air et la lumière dans l'habitation, tout en créant de magnifiques effets visuels. Le mot « lucarne », attesté depuis le XIVe siècle, vient de « lukinna » qui signifie « ouverture » en bas francique. Au fil des époques, « lukinna » a évolué en « lucarne », par croisement avec « lucerna » (lampe, en latin) et « luiserne » (lumière, flambeau en ancien français).

 

Les toits d'ardoise sont couronnés par de fines excroissances métalliques.

 

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Des petits personnages appelés « marmousets » décorent les fenêtres compartimentées. La pierre de taille et la brique polychrome composent une élégante broderie.

 

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Les balustrades gothiques, les toitures sombres et brillantes, les lucarnes ouvragées et les culots sculptés forment une majestueuse scénographie.

 

Le commanditaire

 

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Émile Gaillard naquit à Grenoble dans une famille bourgeoise. Son grand-père, Théodore François Gaillard, avait fondé une « maison de banque » dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle et son père, Théodore Eugène Gaillard, fut maire de Grenoble, de 1858 à 1865.

 

Cet éminent financier participa au développement des chemins de fer et fut le gestionnaire des biens du Comte de Chambord, ultime descendant français de la branche aînée des Bourbon. Il fréquenta Victor Hugo et fut l'élève et l'ami de Frédéric Chopin qui lui dédia une Mazurka. Curieux de tout et doué pour les arts, il composa certaines pièces musicales.

 

Ne pouvant exposer à son goût, dans son habitation de la rue Daru, les objets qu'il avait ramenés de ses voyages, il fit l'acquisition, en 1878, d'un terrain dans la Plaine Monceau. Face à l'hôtel du peintre Ernest Meissonier, il fit construire la demeure idéale pour mettre en lumière ses collections.

 

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Le bal costumé Renaissance

 

 

Victor-Jules Février (1842-1937)

 

En 1889, il reçut, pour la construction de l'Hôtel Gaillard, deux prestigieuses distinctions: la « Grande Médaille », lors du Congrès de la Société Nationale des architectes français, et la Médaille d'or de l'architecture privée au cours de l'Exposition Universelle.

 

S'inspirant de l'architecture des châteaux de la Loire de la Première Renaissance (1480-1520), il réalisa un ensemble pittoresque de toitures et de clochetons ouvragés, de fenêtres à meneaux, de lucarnes et de briques polychromes.

 

Il construisit aussi l'Hôtel de Sarah Bernhardt, à l'angle de la rue Fortuny et de la rue de Prony.

 

Le décor luxuriant de l'Hôtel Gaillard

 

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De facétieuses gouttières, en habit noir et or, animent les façades.

 

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Le travail de la pierre allie finesse et virtuosité, comme le révèle cet arc de style gothique flamboyant. Les jeux de courbes et de contre-courbes, d'entrelacs et d'enroulements, créent une étourdissante danse visuelle.

 

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La qualité des ornements en bois et en pierre dessine un répertoire de formes souples et ondulantes, caractérisées par une prédominance de l'élément végétal. Dans ce monde sylvestre, évoluent des petits personnages, des animaux réels et mystérieux et des symboles géométriques.

 

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Dans cet univers d'abondance, où s'entremêlent feuilles et fleurs, caracolent des animaux typiques du bestiaire médiéval et Renaissance (lapins, oiseaux, chiens, escargots...) et des créatures fantastiques (petits dragons, chimères, gargouilles...).

 

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Cette galerie d'êtres fantasques rappelle les « drôleries marginales » des manuscrits médiévaux.

 

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Ce « marmouset » serait une représentation de l'architecte Victor-Jules Février, traçant les plans de l'édifice avec un compas.

 

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Le personnage qui lui fait face rendrait hommage à Émile Gaillard.

 

L'Homme Vert

 

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Cette figure hybride est représentée, depuis l'Antiquité, sur une myriade de monuments. L'Homme Vert, le Feuillu ou le Green Man est formé d'un visage humain, encerclé ou tissé de feuillages. Parfois, il expire les branches feuillues et porte des cornes de fécondité.

 

Réminiscence d'une très ancienne divinité de la forêt, il est le maître des cycles de la Nature et le gardien des mythes et des légendes. Il règne sur la tradition initiatique perpétuée par les architectes et les tailleurs de pierre.

 

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Lové dans ce magnifique arc flamboyant, il constitue un ornement récurrent dans l'architecture religieuse et civile du Moyen-Âge et de la Renaissance.

 

Dans le monde anglo-saxon, il est souvent représenté sur les enseignes des pubs, des hôtels et des tavernes. Il évoque les pouvoirs de la Nature, la connaissance cachée et les cultes dionysiaques. Il est utilisé sous forme de masque dans les parades folkloriques anglaises, écossaises et irlandaises.

 

Il est sculpté dans le bois et la pierre et peint sur les vitraux. Il règne sur les enluminures des manuscrits, les portails des églises et des cathédrales, les sièges ecclésiastiques appelés « miséricordes ». Il apparaît sur les façades de nombreuses maisons et palais, sur les bijoux et les armes (épées, dagues, poignards...).

 

L'Escargot

 

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Ce petit animal qui se rétracte, roule et déroule son corps en fonction du climat, des cycles de la lune et des marées, est un puissant symbole de fertilité. Avec ses cornes dotées d'yeux et sa coquille spiralée, il évoque les forces lunaires et matricielles, la mort et la renaissance.

 

Il annonce la reverdie et représente l'Esprit des Champs, célébré par des parades costumées. En Provence, il est appelé « masca », ce qui signifie « sorcière nocturne » ou « esprit ». Dans l'ancienne Europe, des danses-labyrinthes étaient effectuées en suivant un parcours tracé par des coquilles d'escargot embrasées. Les participants portaient des masques décorés de coquilles luisantes.

 

Dans l'art gothique flamboyant, l'escargot est un motif décoratif et symbolique récurrent. Il guide parfois un cortège d'animaux musiciens.

 

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La future Cité de l'Économie et de la Monnaie

 

En raison de travaux de réaménagement de l'espace intérieur, l'Hôtel Gaillard ne se visite pas mais il accueillera, au quatrième trimestre de l'année 2014, la Cité de l'Économie et de la Monnaie.

 

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Les futurs visiteurs pourront y découvrir un amphithéâtre, une bibliothèque et divers ateliers, y étudier l'histoire des monnaies et se familiariser avec les objets associés à leur fabrication.

 

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Projet pour le futur Musée. L'équipe qui a été désignée par concours sera dirigée par Mr Yves Lion.

 

En attendant d'explorer cet espace culturel novateur, je vous invite à contempler les façades et les ornements d'un « château » insolite, emblématique d'une architecture de style éclectique et historiciste.

 

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Une petite part de Val de Loire se dresse, dans un lieu de Paris plutôt préservé de l'agitation urbaine. On découvrira tout autour de superbes hôtels particuliers et, à proximité, les vestiges de la folie du Duc de Chartres, gracieusement lovés dans l'écrin verdoyant du Parc Monceau.

 

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #caillou, #cler, #paris, #rue, #saint

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Je vous invite à découvrir, dans le 7e arrondissement de Paris, la rue Cler, semi-piétonne, charmante et chargée d'histoire. Insérée dans ce qu'on appelait autrefois « le bourg du Gros-Caillou », elle est bordée, sur sa moitié, par des commerces et des restaurants et rencontre la rue du Champ-de-Mars, la rue Saint-Dominique et la rue de Grenelle. Elle s'achève, vers le sud, au niveau de l'avenue de la Motte-Picquet.

 

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Ancienne « rue Neuve-de-l'Église » puis « rue de l'Église », la rue Cler changea de nom en 1864, pour rendre hommage au Général Jean Joseph Gustave Cler (1814-1859), vainqueur de l'Alma et tué à la bataille de Magenta.

 

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Le Général Cler

 

Le Bourg du Gros-Caillou

Ce quartier fort agréable, à la fois populaire et huppé, se situe à l'ouest du 7e arrondissement. Une de ses originalités est d'avoir conservé, à différents endroits, l'apparence d'un village du XVIIIe siècle. Plusieurs rues ont gardé leur nom et leur tracé d'avant la Révolution et leur ancien pavement a été préservé.

 

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La partie piétonne de la rue Cler, un samedi à la fin du marché.

 

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La partie ouverte aux voitures, qui conduit à la rue Saint-Dominique
et à l'église Saint-Pierre-du-Gros-Caillou.

 

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La rue Cler vers 1900

 

Jusqu'au milieu du XVIIe siècle, une « garenne verdoyante » (garanella: grenelle) s'étendait à l'emplacement du quartier actuel. Elle était couverte de vignes et de prés, de vergers et de potagers. On y chassait la caille et le lièvre.

 

L'abbaye de Saint-Germain-des-Prés et l'abbaye de Sainte-Geneviève se partageaient la jouissance de cet espace luxuriant. La rue de Grenelle était appelée le « grand chemin des Vaches » et la rue Saint-Dominique, « rue aux Vaches » car les vaches du Faubourg Saint-Germain la remontaient pour aller paître dans le Pré aux Clercs.

 

L'église Saint-Pierre-du-Gros-Caillou se dresse au croisement des rues Cler et Saint-Dominique près de l'endroit où jadis, un gros caillou marquait la limite entre les terres des deux abbayes.

 

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Cette église, conçue par l'architecte néo-classique Étienne-Hippolyte Godde (1781-1869), prend la forme d'une basilique romaine. Elle est précédée d'un péristyle dorique. Dans le fronton, une inscription latine fait référence à l'apôtre Pierre et à la pierre de bornage.

 

Ce « Gros-Caillou » était un énorme bloc alluvial qui servait de point de repère dans le paysage et délimitait la frontière entre les abbayes établies sur la plaine de Grenelle. D'après le géographe Charles Pomerol, le caillou aurait été détruit, avec des explosifs, en 1738 mais le nom de l'église a perpétué son souvenir.

 

De nombreux artisans s'établirent dans le quartier lorsque Louis XIV décida la construction de l'Hôtel des Invalides pour y loger les vétérans de l'armée. Des lavandières affluèrent pour blanchir le linge des anciens soldats. Elles exerçaient leur activité dans des blanchisseries flottantes, les bateaux-lavoirs. Sous l'impulsion des habitants du bourg, une église fut édifiée à partir de 1738, à l'extrémité de la rue Cler mais le bâtiment devint rapidement trop petit. L'édifice actuel fut construit, en majeure partie, entre 1822 et 1829.

 

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Le bourg connut donc un formidable essor grâce à la proximité des Invalides. Entre 1786 et 1858, une pompe à feu monumentale,créée par les frères Périer, alimenta en eau le quartier du Gros-Caillou, l'École Militaire, les Invalides et le faubourg Saint-Germain.

 

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A la fin du XVIIIe siècle, les « pompes à feu » remplacèrent les « pompes hydrauliques », du type de celle de la Samaritaine (mise en service sur le Pont-Neuf en 1608 à l'initiative d'Henri IV et du duc de Sully).

 

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Vue de la « pompe à feu de Chaillot », prise depuis le Gros-Caillou. Le dessin est de Jean-Baptiste Lallemand. Source: Gallica.bnf.fr/Bibliothèque nationale de France.

 

La première pompe à feu fut installée à Chaillot, sur la rive droite, en 1781. En 1788, la pompe du Gros-Caillou fut mise en place sur la rive gauche (Quai d'Orsay).

 

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La tour que l'on aperçoit mesurait 35 mètres de hauteur. Elle contenait un réservoir géant et desservait les différents quartiers grâce à d'imposantes machines à vapeur, fabriquées en Angleterre. Elle fut abandonnée en 1851.

 

Le port du Gros-Caillou fut aménagé pour transporter les matériaux nécessaires à la construction des Invalides. Il ne cessa de se développer, de la fin du XVIIIe siècle au milieu du XIXe siècle. Anecdote intéressante, une école de natation fut créée, dans le port, en 1822. La première école de natation fut fondée à Paris, en 1785, par le sieur Turquin, l'inventeur des Bains Chinois (des cabinets de bains réputés hygiéniques) et le créateur de la première piscine (Piscine Deligny), en 1801, le long des berges du Quai d'Orsay.

 

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En 1810, une manufacture de tabac fut implantée sur une vaste parcelle de terrain située dans la partie nord du bourg. Cette gravure, qui provient du site de la BNF, est de Joris Minne d'après une illustration de A. Jahandier.

 

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Manufacture des Tabacs, 1905. Photographie de Jean-Eugène Durand, trouvée sur le site culture.gouv.fr.

 

Là où la rue Cler rencontre la rue de Grenelle, au numéro 23, s'élève un beau bâtiment, construit en 1911 et occupé aujourd'hui par le Café Roussillon. J'ai eu beau chercher, je n'ai pas trouvé le nom de l'architecte.

 

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Le décor forme, autour des fenêtres, une peau luxuriante, composée d'ombellifères soutenues par des figures de femmes et d'enfants.

 

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Les tiges drues et les fleurs délicates dessinent une rêveuse broderie.

 

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Les fleurs soulignent les courbes de l'architecture, épousent les lignes structurelles. Dans la lumière se dévoile une forêt enchantée.

 

Le motif des ombellifères est récurrent dans l'Art Nouveau mais on le rencontre plus souvent sur les vases et les ouvrages de marqueterie que dans l'architecture.

 

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Aquarelle « Ombellifères » de l'atelier d'Émile Gallé, trouvée sur le site du Musée d'Orsay.

 

 

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La porte d'entrée est décorée d'un magnifique motif
en fer forgé qui reprend le thème de l'ombelle.

 

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Après cette halte poétique, il suffit de traverser la rue de Grenelle pour s'engager dans la partie piétonne de la rue Cler.

 

Un florilège de boutiques

 

Je tiens à préciser que je ne suis « sponsorisée » par aucune marque. De nombreux commerces de la rue Cler appartiennent à « l'histoire gourmande » de Paris, aussi ai-je jugé intéressant de leur consacrer une petite étude. Les boutiques plus récentes ne sont pas moins intéressantes car plusieurs d'entre elles proposent des produits naturels qui répondent à une exigence de qualité.

 

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Dans ce temple consacré aux produits de la ruche, les gourmands trouveront sûrement leur bonheur. Gelée royale, miels, propolis, cires, élixirs, produits de soins et de bien-être, l'éventail des saveurs est particulièrement étendu.

 

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Cette « maison de chocolat » fut fondée en 1761, au numéro 35 de la rue du Faubourg-Montmartre, par Pierre-Jean Bernard, un jeune épicier.

 

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En 1791, son beau-fils, Jean-Marie Bridault, héritier d'une importante famille d'épiciers de la rue Saint-Antoine, lui succéda.

 

A partir de 1807, Marie Adélaïde Bridault, surnommée « la Mère de Famille », fit connaître un âge d'or à la boutique. Grâce à elle, la renommée de l'établissement ne cessa de grandir au-delà du faubourg.

 

Le célèbre critique gastronomique Alexandre Grimod de la Reynière loua ses vertus dans son Almanach des Gourmands. Cette publicité enflammée fit affluer les clients.

 

Au milieu du XIXe siècle, les confiseries se multiplièrent, avec l'essor croissant du sucre de betterave.

 

A partir de 1895, Georges Lecoeur, le nouveau propriétaire, modernisa la boutique (installation du téléphone, édition de brochures de luxe, distribution de publicités...). Dans le contexte virevoltant de la Belle-Époque, « A la Mère de Famille » devint une véritable institution, plébiscitée entre autres par les danseuses des Folies Bergère!

 

En 1906, à l'Exposition Culinaire Universelle de Paris, les délicates confitures, les chocolats surfins et les bonbons aux fleurs obtinrent un franc succès.

 

Tout au long du XXe siècle, les héritiers directs ou spirituels de la famille Bridault et de Georges Lecoeur ont pris soin de proposer aux gourmands une gamme étendue de produits. Après la première guerre mondiale, Régis Dreux et, à partir des années 1950, Suzanne Bretonneau ont marqué les lieux de leur empreinte. Entre 1985 et aujourd'hui, des grands noms de l'art chocolatier et des connaisseurs émérites se sont succédés aux commandes de l'établissement: Serge Neveu, la famille Dolfi et le créateur Julien Merceron.

 

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L'amour en cage: une dentelle voluptueuse et chic
qui laisse entrevoir une perle rouge comme la passion...

 

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Des boîtes à trésors...

 

Plusieurs boutiques perpétuent, aux quatre coins de Paris, le savoir-faire initial de la maison mère. Ne manquez surtout pas de les visiter, à commencer par la boutique du Faubourg-Montmartre, au charme suranné. En 1984, sa superbe devanture verte, rehaussée de lettres d'or, fut inscrite à l'Inventaire des Monuments Historiques. A l'intérieur, sur des comptoirs en bois patiné, se dévoilent chocolats variés, calissons, caramels, guimauves, berlingots, nougats, fruits confits, marrons glacés, florentins, bêtises de Cambrai... Comment y résister?

 

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Ces « divines gourmandises » ont inspiré un très beau livre de recettes. Afin d'en connaître les détails, je vous invite à consulter cet article, sur le blog Grelinette et Cassolettes. Je voudrais en profiter pour saluer Isa-Marie qui m'a donné envie d'écrire au sujet de la rue Cler et de ses délices.

 

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Une superbe vitrine aux couleurs de la Saint-Valentin.

 

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Dans un cadre sobre et élégant, les roses éclatent en bulles de couleur
parmi le zinc patiné et le bois brun.

 

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Les roses et les orchidées sont les reines des lieux. On y découvre aussi des gourmandises à base de rose: pétales cristallisés, liqueurs, pâtes de fleurs, confitures, gelées...

 

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La charcuterie Davoli est installée dans la rue Cler depuis 1962. L'histoire de cette trattoria renommée a commencé en 1905. Vous y trouverez, entre autres, des jambons au charme « graphique » indéniable, un délicieux vinaigre balsamique, du riz Carnaroli idéal pour réussir de succulents risottos, des pâtes fraîches et un savoureux pain d'épices.

 

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Depuis 1937, Jeusselin est l'un des meilleurs charcutiers-traiteurs de Paris, plébiscité pour ses succulents foies gras. Il a reçu plusieurs fois la Médaille d'Or.

 

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Le fromager affineur Cantin, une tradition de « merveilles » crémeuses et millésimées...

 

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Le repaire de Bacchuset ses divins élixirs...

 

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Depuis 1954, les glaces Berthillon ont fait la réputation d'une famille, sise en l'île Saint-Louis, et régalé une infinité de papilles... Dans cette avenante boutique de la rive gauche, tout concorde à l'émulsion des saveurs.

 

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Amorino, une qualité qui se fonde, depuis 2002, sur des ingrédients biologiques et des méthodes de fabrication les plus naturelles possibles. Le petit Cupidon de l'enseigne nous promet d'inénarrables plaisirs...

 

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Après les plaisirs culinaires, les gourmandises littéraires...

 

Le Passage de la Vierge

 

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Cet endroit, qui ne paye pas de mine, se révèle, à bien des égards, fort intéressant. Il commence, au numéro 54 de la rue Cler et se termine au numéro 75 de l'avenue Bosquet.

 

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Il aboutissait autrefois dans la rue de la Vierge et permettait de rejoindre la Chapelle de la Vierge, édifiée en 1737, là où se dresse aujourd'hui l'église Saint-Pierre du Gros-Caillou.

 

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La chapelle fut inaugurée le 11 août 1738, sous le vocable de « Notre-Dame de Bonne Délivrance ». De nombreuses dévotions à Marie se déroulaient dans l'ensemble du bourg et à travers le passage.

 

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Jusque dans les années 1970, on trouvait au numéro 6 un établissement de bains publics. On y dispense aujourd'hui des cours de yoga.

 

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Un petit air de campagne dans Paris avec cette intéressante maison de famille.

 

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Au numéro 5, une enseigne représente une clef, l'emblème de Saint-Pierre mais aussi du dieu Janus, le dieu romain au double visage, qui a le pouvoir d'ouvrir et de fermer les portes de l'année.

 

Symbole de connaissance, gardienne des trésors et des secrets, la clef représente, dans l'héraldique, la confiance et la fidélité.

 

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Au milieu du passage, une vierge semble régner sur un mystérieux capharnaüm, à côté d'un tableau que j'ai toujours beaucoup aimé: l'Angélus de Jean-François Millet (1814-1875).

 

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J'ai reconnu cette oeuvre avec émotion...

 

Cette huile sur toile, peinte entre 1857 et 1859, nous émeut par sa force et sa simplicité. Un homme et une femme, dont les silhouettes se découpent sur une plaine immense, ont laissé leurs outils agricoles et leur récolte de pommes de terre pour réciter l'angélus (une prière qui rappelle la salutation de l'Ange à la Vierge pendant l'Annonciation).

 

Au-delà d'une oeuvre religieuse, c'est un hommage au monde paysan, à ses codes et à ses rythmes, que nous offre Millet. L'ombre et la lumière fusionnent dans une douce alchimie qui s'ancre autour du thème du recueillement.

 

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L'entrée du passage, du côté de l'avenue Bosquet.

 

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Notre-Dame de Bonne Délivrance veille sur le bourg du Gros-Caillou...

 

J'espère vous avoir donné envie de vous promener dans la rue Cler, à la rencontre de son passé et d'explorer son patrimoine culinaire. Au carrefour de l'histoire et de la bonne chère, le quartier du Gros-Caillou regorge de possibilités. Je ne manquerai pas de les étudier, au fil du temps. Mais en attendant, les personnes intéressées pourront lire ici mon article consacré à la Fontaine de Mars, dans la rue Saint-Dominique, toute proche.

 

Excellente « dégustation »!

 

Bibliographie

 

Antoine-Nicolas BÉRAUD et Pierre-Joseph-Spiridion DUFEY: Dictionnaire historique de Paris.Paris: J.-N. Barba, 1828.

 

Jacques-Antoine DULAURE: Histoire physique, civile et morale de Paris. 1839.

 

Pierre-Thomas NICOLAS et Magny HURTAUT: Dictionnaire historique de la ville de Paris et de ses environs. 1779.

Charles POMEROL: Histoire géologique de Paris à travers les noms de rues. Paris: Masson, 1979.

 

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