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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

Publié le par maplumefee
Publié dans : #apollon, #daphne, #deux, #exedre, #fut

 


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De part et d'autre de la Grande Allée, deux bassins s'étendent sous les arbres, dans une atmosphère apaisante et romantique. Couronnés par un banc semi-circulaire appelé exèdre, ils sont parés de sculptures et bordés par une végétation luxuriante.

 

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Ils furent réalisés après la Révolution, quand le jardin devint « bien national ». La Convention décida la restauration des parties dégradées et la mise en oeuvre d'un programme d'embellissements.

 

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Dans ce contexte, le projet de restructuration du domaine des Tuileries fut confié, en 1794, au peintre Jacques Louis David (1748-1825), également député et grand ordonnateur des fêtes de la Révolution.

 

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Autoportrait de l'artiste, 1794.

 

Assisté par son beau-frère, l'architecte Auguste Cheval de Saint-Hubert, Louis David devait élaborer un ensemble monumental composé de galeries, de propylées, d'une palestre et des deux exèdres mais le projet fut désavoué après la chute de Robespierre.

 

Demeurent les fameuses exèdres, insérées dans la végétation et décorées de statues qui proviennent du Château de Marly, dans les Yvelines. Aujourd'hui, ce sont des moulages que nous contemplons, les originaux étant conservés au Musée du Louvre.

 

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Une exèdre est un édicule de pierre semi-circulaire ou rectangulaire qui dessine un banc, parfois décoré de niches et de statues. Dans la Grèce antique, cette structure architecturale était un élément privilégié des lieux publics, des sanctuaires, des agorae et des voies sacrées.

 

L'exèdre est associée à la conversation et à la philosophie. Espace de réunion où se réunissaient autrefois les poètes et les philosophes, elle offrait des banquettes de pierre décorées de dauphins, de rinceaux et de grandes feuilles d'acanthe. Parfois, on y représentait les donateurs qui les avaient fait ériger.

 

Dans la Rome antique, elle s'inséra, agrémentée de niches et de statues, dans les façades des monuments publics.

 

Les exèdres des Tuileries sont l'émanation d'une volonté patriotique se référant aux grandeurs helléniques.

 

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La séduisante Vénus Callipyge  de François Barois (1656-1726) règne sur l'exèdre Sud.

 

 

 

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On peut admirer au Louvre le marbre originel des années 1683-1686.

 

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Vénus Callipyge soulève son péplos et contemple ses courbes avenantes par dessus son épaule.

 

Les mots kallos: « beauté » et  pygos: « fesse » sont à l'origine du terme « Callipyge » et le mot « kalligloutos » se traduit par « aux jolies fesses ».

 

D'après l'érudit grec Athénée (IIe-IIIe siècle après J.-C.), il existait un temple dédié à Aphrodite des belles fesses, à Syracuse, en Sicile.

 

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Vénus Callipyge au musée archéologique national de Naples.

 

Les deux filles d'un fermier demandèrent à un jeune homme qui passait de désigner celle qui avait le plus joli postérieur. Après une observation assidue, il choisit l'aînée et s'éprit de sa beauté. Il retrouva ensuite son jeune frère à la ville et l'encouragea à aller contempler les charmes de la campagne. Le cadet suivit son conseil et fut séduit par la plus jeune soeur. Malgré les réticences de leur père, riche et âgé, les garçons épousèrent leurs sensuelles dulcinées. Elles fondèrent alors, en guise de remerciement, un temple dédié à la déesse aux jolies fesses.

 

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Les rotondités de la Vénus des Tuileries ont été voilées par le sculpteur Jean Thierry (1669-1739) afin de ne pas outrager la pudeur des dames!

 

D'après le théoricien chrétien Clément d’Alexandrie (vers 150 après J.-C.-vers 220), un culte érotique était dédié à la déesse aux courbes avenantes. Elle traversa les époques et inspira, au XVIIe siècle, un conte en vers au fabuliste Jean de La Fontaine (1621-1695).

 

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Les Contes sont aux adultes ce que les Fables sont aux enfants.

 

Les Contes et Nouvelles en vers furent écrits entre 1660 et 1693. Bien que frappés par la censure officielle, ils connurent un succès immense et s'imposèrent comme une oeuvre majeure de la culture galante. Les amateurs de littérature libertine apprécieront ces truculentes saynètes et les charmantes illustrations de Jean-Honoré Fragonard (1732-1806).

 

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Conte tiré d'Athénée

 

« Du temps des Grecs, deux sœurs disaient avoir

Aussi beau cul que fille de leur sorte;

La question ne fut que de savoir

Quelle des deux dessus l’autre l’emporte:

Pour en juger un expert étant pris,

À la moins jeune il accorde le prix,

Puis l’épousant, lui fait don de son âme;

À son exemple, un sien frère est épris

De la cadette, et la prend pour sa femme;

Tant fut entre eux, à la fin, procédé,

Que par les sœurs un temple fut fondé,

Dessous le nom de Vénus belle-fesse;

Je ne sais pas à quelle intention;

Mais c’eût été le temple de la Grèce

Pour qui j’eusse eu plus de dévotion. »

 

Quelques siècles plus tard, la Vénus Callipyge refleurit sous la plume de notre Georges Brassens national.

 

 

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« Que jamais l'art abstrait, qui sévit maintenant

N'enlève à vos attraits ce volume étonnant

Au temps où les faux culs sont la majorité

Gloire à celui qui dit toute la vérité

 

Votre dos perd son nom avec si bonne grâce

Qu'on ne peut s'empêcher de lui donner raison

Que ne suis-je, madame, un poète de race

Pour dire à sa louange un immortel blason

 

En le voyant passer, j'en eus la chair de poule

Enfin, je vins au monde et, depuis, je lui voue

Un culte véritable et, quand je perds aux boules

En embrassant Fanny, je ne pense qu'à vous

 

Pour obtenir, madame, un galbe de cet ordre

Vous devez torturer les gens de votre entour

Donner aux couturiers bien du fil à retordre

Et vous devez crever votre dame d'atours

 

C'est le duc de Bordeaux qui s'en va, tête basse

Car il ressemble au mien comme deux gouttes d'eau

S'il ressemblait au vôtre, on dirait, quand il passe

" C'est un joli garçon que le duc de Bordeaux ! "

 

Ne faites aucun cas des jaloux qui professent

Que vous avez placé votre orgueil un peu bas

Que vous présumez trop, en somme de vos fesses

Et surtout, par faveur, ne vous asseyez pas

 

Laissez-les raconter qu'en sortant de calèche

La brise a fait voler votre robe et qu'on vit

Écrite dans un cœur transpercé d'une flèche

Cette expression triviale : " A Julot pour la vie "

 

Laissez-les dire encor qu'à la cour d'Angleterre

Faisant la révérence aux souverains anglois

Vous êtes, patatras ! tombée assise à terre

La loi d'la pesanteur est dur', mais c'est la loi.

 

Nul ne peut aujourd'hui trépasser sans voir Naples

A l'assaut des chefs-d'œuvre ils veulent tous courir

Mes ambitions à moi sont bien plus raisonnables:

Voir votre académie, madame, et puis mourir.

 

Que jamais l'art abstrait, qui sévit maintenant

N'enlève à vos attraits ce volume étonnant

Au temps où les faux culs sont la majorité

Gloire à celui qui dit toute la vérité. »

 

 

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Vénus Callipyge

 

Ces illustrations sont d'Alain Bonnefoit, maître en lithographie. Pour les contempler, vous pouvez visiter le beau site de la Galerie-jpm.com.

 

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A l'extrémité opposée du bassin, ces deux statues semblent prendre leur élan. Il s'agit de Daphné poursuivie par Apollon et d'Apollon poursuivant Daphné.

 

Ce groupe illustre un passage des Métamorphoses d'Ovide. Le dieu du soleil, sculpté par Nicolas Coustou (1658-1733), et la nymphe des bois, réalisée par Guillaume Coustou (1677-1746), ornèrent, vers 1713–1714, un des bassins des Carpes du Parc de Marly. En 1798, on les plaça dans l'exèdre Sud des Tuileries où ils demeurèrent jusqu'en 1940.

 

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Daphné est une nymphe, fille du dieu fleuve Pénée et de la déesse Terre.

 

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Après avoir vaincu le monstrueux serpent Python, Apollon rencontra Cupidon sur le bord du chemin. Il se vanta de sa réussite en raillant les sortilèges du chérubin. Piqué au vif, Cupidon décocha deux flèches, l'une, en or, sur Apollon qui s'éprit de la ravissante Daphné, et l'autre, en plomb, dans le coeur de la nymphe. Elle en éprouva de la répulsion pour les plaisirs charnels mais Apollon la poursuivit de ses assiduités. Épuisée, Daphné sollicita l'aide de son père et le dieu fleuve la métamorphosa en un bosquet de laurier rose (rhododaphné). Apollon la désigna alors comme son arbre sacré.

 

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« (...) Une lourde torpeur envahit ses membres, une mince écorce ceint sa délicate poitrine, ses cheveux poussent en feuillage, ses bras s'allongent en rameaux ; ses pieds, il y a un instant, si rapides sont fixés au sol par de solides racines, la cime d'un arbre occupe sa tête ; de sa beauté, ne demeure que l'éclat.

 

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Phébus, cependant, brûle de la même passion, la main droite posée sur le tronc, il sent encore, sous la nouvelle écorce, battre le cœur ; entourant de ses bras les rameaux - qui étaient les membres de Daphné - il étouffe le bois de baisers ; mais les baisers du dieu, le bois les refuse. Alors le dieu lui dit : " Puisque tu ne peux être ma femme, tu seras, du moins, mon arbre " ; laurier, tu pareras toujours ma chevelure, ma cithare, mon carquois ; (...) Péan avait fini de parler; alors le laurier inclina ses jeunes rameaux et on le vit agiter sa cime comme une tête. » (Péan est une épiclèse, c'est à dire une épithète associée à Apollon. )

 

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Apollon au Louvre.

 

Au fil des siècles, le mythe d'Apollon et Daphné a profondément inspiré les artistes.

 

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Un manuscrit du XVe siècle...

 

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Apollon et Daphné, 1470-1480, par Antonio del Pollaiuolo (1429/33-1498). Ce tableau est conservé à la National Gallery de Londres.

 

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Daphné en argent ciselé, surmontée par une ramure de corail. Cet ornement de table fut réalisé, vers 1550, par Wenzel Jamnitzer (1507/08-1585), un célèbre orfèvre de Nuremberg.

 

Il décrit le moment où s'opère la métamorphose de Daphné. L'oeuvre élégante et influencée par la statuaire antique révèle aussi le goût des artistes de la Renaissance pour l’exotisme et les univers marins.

 

Daphné repose sur un socle décoré de têtes d’anges et de mufles de lion d'où émergent des fragments de roches métamorphiques. Un certain mystère entoure cette pièce d'argenterie. Était-elle un luxueux centre de table associé aux armoiries d'un prince germanique, un ustensile médiéval appelé « languier » où l’on suspendait des « langues de serpent », dents de requin fossilisées utilisées pour détecter le poison, ou une « merveille », (mirabilia) recherchée par des collectionneurs?

 

Pêché en grande profondeur en Méditerranée, le corail rouge était réputé pour ses vertus prophylactiques. On le considérait comme une espèce étrange qui oscillait entre végétal et minéral. Très apprécié pour sa beauté, il était fréquemment utilisé dans les arts à la Renaissance.

 

 

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On retrouve Apollon et Daphné sur cette vignette de François Chauveau (1613-1676), extraite de la traduction des Métamorphoses d'Ovide (43 avant J.-C.-17) par Isaac de Benserade (1613-1691). L'ouvrage intitulé « Métamorphoses d'Ovide en rondeaux, imprimés et enrichis de figures » parut en 1676 à Paris, sous les presses de l'Imprimerie Royale.

 

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A Versailles, Apollon et Daphné, d'Antoine Coypel (1661-1722) se laissent admirer parmi les joyaux du Salon de Mercure.

 

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Apollon et Daphné, 1622-1625, par Gian Lorenzo Bernini, dit Le Bernin(1598-1680).

 

Cette oeuvre baroque fut commandée par le Cardinal Borghèse en 1622. Le mouvement suscité par les lignes foisonnantes et les corps en déséquilibre aspire le regard.

 

Apollon rattrape Daphné au moment où débute la métamorphose. La nymphe lève les bras. L'écorce l'enveloppe jusqu'aux hanches et son corps dessine une arabesque souple et passionnée. Son sang devient sève et sa peau, ses doigts, sa chevelure se changent en feuilles ondoyantes. Simultanément, une expression d'effroi se lit sur son visage. Apollon saisit sa taille d'une main mais il ne peut la faire revenir à son humanité.

 

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Cet éventail du XVIIIe siècle, conservé au Musée des Arts Décoratifs de Bordeaux, nous offre, par ses couleurs précieuses et son dessin raffiné, sa vision plus apaisée du mythe d'Apollon et Daphné.

 

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Le Département des Arts Graphiques au Louvre conserve cette jolie miniature signée Jean-Honoré Fragonard (1732-1806).

 

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Au musée Calvet à Avignon, on peut admirer ce tableau de l'école romaine du XVIIIe siècle, attribué à Pietro Bianchi (1694-1740) et très apprécié des historiens d'art pour la qualité de ses couleurs.

 

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Ce bas-relief provient de l'ancienne Folie de la Bouëxière, autrefois située dans le 18e arrondissement de Paris. Réalisé par Sébastien-Nicolas Adam (1705-1778), il est aujourd'hui conservé au Musée Carnavalet.

 

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Apollon et Daphné, vers 1844, par Théodore Chassériau(1819-1856).

 

La transformation de Daphné est sublimée par les couleurs voluptueuses, la pureté des lignes, la grâce et le romantisme qui émanent de la composition. Le corps lunaire, chrysalide sensuelle sur fond de sylve, et l'attitude suppliante d'Apollon nous offrent un spectacle d'une troublante beauté.

 

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Apollon poursuivant Daphné, 1908, par John William Waterhouse (1849-1917).

 

Le peintre nous livre une vision intime du mythe, centrée sur les jeux de regards et l'élégance des attitudes. La métamorphose s'opère dans un monde luxuriant où la femme devient prêtresse, échappant aux lois de la réalité et aux désirs de l'homme pour épouser les forces de la Nature. Le tableau de Waterhouse révèle aussi une complexe attirance entre les personnages...

 

Quittons Vénus Callipyge, Apollon et Daphné pour rejoindre l'exèdre Nord.

 

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Elle est conçue de la même manière que l'exèdre Sud mais le programme iconographique est différent.

 

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Le faune au chevreau, oeuvre de Pierre Le Pautre (1659-1744), réinterprète une statue antique, exhumée en 1675.

 

 

 

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Le marbre originel, datant de 1685, fut placé à Marly, dans une « salle verte », aux alentours de 1695 puis déplacé, en 1707, au bosquet du Couchant. Il fut transporté aux Tuileries en 1797.

 

 

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On aperçoit une flûte de Pan, aérophone attribué au dieu Pan, maître de la fertilité des bois et des troupeaux. Dans les réceptacles où circule le son, circulent aussi la magie et les forces de fécondité.

 

Pan tomba éperdument amoureux de la nymphe Syrinx mais celle-ci, effrayée par la puissance érotique du dieu, se jeta dans le fleuve Ladon pour lui échapper. Là où elle disparut, jaillirent des roseaux qui bruissèrent, comme une voix, dans le vent. Pan les coupa et en assembla quelques-uns pour fabriquer une flûte qu'il baptisa Syrinx. Ainsi, par la magie du souffle, l'union de Pan et de Syrinx put s'accomplir.

 

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Pan et Syrinx, 1657, par Michel Dorigny (1617-1665).

 

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A l'extrémité du bassin, se dressent deux statues formant un groupe appelé « les coureurs ». Il s'agit d'Hippomène et d'Atalante.

 

Hippomène fut commandé à Guillaume Coustou pour faire pendant à Atalante, copie d'antique par Pierre Le Pautre. Le groupe illustre un passage des Métamorphoses d'Ovide relatant l'histoire d'une farouche chasseresse qui défiait ses prétendants à la course.

 

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Fille d'un roi qui désirait un fils, Atalante fut abandonnée dans la forêt mais une ourse l'allaita. Elle fut recueillie ensuite par des chasseurs et se révéla dotée de qualités physiques hors du commun. A la fois athlète accomplie, lutteuse redoutable et pouvant courir à une vitesse exceptionnelle, elle participa à l'expédition des Argonautes, conduite par le héros Jason.

 

Voulant rester vierge, elle résolut de défier à la course les hommes qui souhaitaient l'épouser. Elle gagnait à chaque fois et ses prétendants étaient exécutés mais le jeune Hippomène choisit de relever le défi.

 

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Il sollicita la déesse de l'amour qui lui offrit trois pommes d'or du Jardin des Hespérides, merveilleux jardin où, parmi des sources d'ambroisie, se dressait un arbre enchanté... Pendant la course qui l'opposait à Atalante, Hippomène fit rouler les précieux fruits sur le sol et la chasseresse s'arrêta pour les ramasser. Elle perdit pour la première fois.

 

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La course d'Hippomène et d'Atalante, 1765, par Noël Hallé (1711-1781).

 

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Atalante et Hippomène, 1618-1619, par Guido Reni (1575-1642).

 

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La très sensuelle Toilette d'Atalante, 1850, par James Pradier (1790-1852) dans l'aile Richelieu au Louvre.

 

Observons un moment les sculptures qui décorent les côtés des deux exèdres. Au bord des bassins qui semblent endormis, se dévoilent des sphinges, les femelles des sphinx, créatures fabuleuses au corps mi-léonin mi-humain.

 

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Ces êtres mystérieux sont les gardiens des métamorphoses et des secrets mais chut, je prépare un article sur les sphinx et les sphinges de Paris...

 

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L'exèdre Nord par Pierre-Antoine Mongin (1761-1827).

 

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Ces bassins historiés sont des réceptacles de vie. Une végétation luxuriante s'y épanouit, attirant les insectes et les oiseaux qui viennent s'y reproduire en toute tranquillité.

 

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Les iris en robes satinées se gorgent de soleil.

 

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Les jardiniers ont installé une petite planche pour que demoiselles et damoiseaux à plumes puissent goûter les joies de l'eau.

 

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Par leur conception, les exèdres des Tuileries sont des lieux à part dans l'évolution complexe du jardin. Elles exaltent l'amour, le désir et la beauté et célèbrent, de manière intemporelle, les vertus des philosophies antiques. Elles nous attirent au bord de l'eau, à fleur de rêve, où la lumière tisse ses enchantements...

 

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Bibliographie

 

Louis-Eustache AUDOT: Traité de la composition et de l'ornement des jardins, avec cent soixante et une planches représentant, en plus de six cents figures, des plans de jardins, des fabriques propres à leur décoration et des machines pour élever les eaux. Paris: Audot, éditeur du Bon Jardinier, 1839.

 

Yves GIRAUD: La Fable de Daphné: essai sur un type de métamorphose végétale dans la littérature et les arts jusqu'à la fin du XVIIe siècle. Droz, 1968.

 

Aubin Louis MILLIN: Description des statues des Tuileries. Paris: Fuchs, 1798.

 

Claude-Henri WATELET: Dictionnaire de peinture, sculpture et gravure. Paris: Prault, 1792.

 

La chanson de Brassens : Venus callipyge

 

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #orage, #parapluie, #paris, #pluie, #pont

 

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Les orages règnent dans le ciel de Paris et le Génie de la Bastille, vigie dorée de la Liberté, veille au sommet de la Colonne de Juillet. Il inaugure cette promenade poétique et bien trempée qui nous fait découvrir la ville autrement.

 

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Pendant que je photographie la colonne, mon esprit s'éloigne de toute connotation historique, ne songeant qu'au folklore de la pluie, ce fascinant hydrométéore chargé de purifier l'atmosphère. Ne disait-on pas que la Vierge et les déesses des anciennes mythologies lavent leur linge dans les nuages, que le Diable et sa femme se querellent, que les sorcières cuisent leur pain sur des pierres noires et que les renards s'accouplent!

 

Bien que destructrice à ses heures, la pluie est la sève du ciel et sans elle rien ne pousserait. Il suffit d'apprécier combien les arbres sont gigantesques et verdoyants cette année.

 

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Ils forment une luxuriante toison devant l'Hôtel de Ville.

 

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Certains d'entre eux atteignent presque le sommet des toits.

 

Pour nos ancêtres, la pluie tombait à cause de violentes querelles entre les dieux. Les dieux de la guerre jetaient leurs chars contre les nuages où s'affrontaient à coup d'éclairs. Thor, divinité nordique du tonnerre, créait la foudre avec son marteau Mjöllnir pour combattre les géants, forces du chaos.

 

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Thor, peint en 1872 par le peintre suédois Marten Eskil Winge(1825-1896).

 

Les populations redoutaient les farouches Tempestaires ou faiseurs de tempêtes, réputés capables de commander le tonnerre, de diriger la grêle, de détruire les récoltes en les noyant sous des pluies diluviennes.

 

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Les sorciers de la pluie se rendaient près d'une « font qui bout », mystérieuse fontaine sur le perron de laquelle ils versaient de l'eau en convoquant les puissances atmosphériques.

 

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D'après la légende, la célèbre fontaine de Barenton, dans la forêt de Brocéliande, est une « font qui bout ». Elle abrite aussi les amours de l'enchanteur Merlin et de la fée Viviane.

(Merci à Elfie pour cette très jolie photo...)

 

Les meneuses et les meneurs de nuées battaient l'eau des fontaines et des mares, arrosaient des pierres au croisement de plusieurs voies telluriques ou escaladaient un cerisier magique...

 

D'après les almanachs et les ouvrages anciens, on provoquait la pluie en se rendant sous un chêne et en creusant un trou dans la terre avec une baguette fourchue. Puis, en versant du liquide dans le trou (eau, lait, sang, urine...) et en remuant la baguette d'une certaine manière, les nuages libéraient la pluie.

 

On pouvait aussi déclencher l'orage en plaçant dehors à Minuit un balai dans un seau d'eau, en dessinant une spirale de galets dans une prairie où dansent les fées, en cueillant treize fleurs bleues à la crête d'une colline...

 

En Afrique, on suspendait une pirogue miniature dans les branches d'un arbrisseau sacré.

 

Pour conjurer ces phénomènes, la croyance populaire préconisait d'allumer un cierge bénit, de préférence le cierge de la Chandeleur ou la chandelle de Brigit, la déesse blanche des temps anciens, de placer une crémaillère ou un trépied retourné sous un chêne, de sonner les cloches à toute volée ou de verser de l'huile dans un cours d'eau se jetant dans la mer...

 

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Sainte-Agathe, célébrée le 5 février, était réputée, entre autres prodiges, repousser les giboulées, les orages de grêle et la pluie dévastatrice. Les premières gouttes de pluie tombant le jour de la Saint-Laurent (10 août) étaient censées apaiser les brûlures.

 

Lovées dans les pages des grimoires, les croyances d'antan continuent d'aiguiser l'imagination, la première des magies...

 

Dans les sociétés occidentales, la pluie influe plutôt de manière plutôt négative sur le moral des gens. Elle aiguise pourtant la sensibilité poétique. Elle recrée le paysage et pare la ville de couleurs électriques.

 

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A la pointe de l'île Saint-Louis, elle enveloppe le chevet de Notre-Dame dans un camaïeu gris blanc.

 

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On devine, dans un flou artistique, la dentelle d'arcs-boutants qui ceinture le choeur de l'édifice. La sublime flèche d'Eugène-Emmanuel Viollet le Duc (1814-1879) pique les nuages comme une aiguille d'argent.

 

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Malgré les trombes d'eau, je contemple la Seine couleur « encre de tempête » mais quelques instants seulement...

 

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Le crépitement mystérieux de la Seine me fait penser à la crue de 1910, tragédie qui métamorphosa Paris en spectrale Venise...

 

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Crue du quai de Grenelle, photo des frères Neurdein, agence Roger Viollet, trouvée sur le site du Figaro.

 

La moitié du réseau Métropolitain de l'époque fut inondé ainsi que 20 000 immeubles parisiens et presque le double d'habitations en banlieue, sans oublier les disparus, les cultures détruites, les animaux noyés, les bâtiments ravagés...

 

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Photo de l'agence Roger Viollet, trouvée sur le site du Figaro.

 

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Photo de Maurice-Louis Branger, agence Roger Viollet, trouvée sur le site du Figaro.

 

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La Seine grossit mais elle reste dans son lit et les bateaux attendent sagement à quai.

 

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Quand l'eau et la berge se confondent...

 

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La Gare d'Orsay, autrefois formidable « usine à voyager », dresse sous l'orage sa façade éclectique.

 

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Cette ancienne gare, autrefois terminus de la Compagnie du Chemin de Fer de Paris à Orléans devait accueillir les visiteurs de l'Exposition Universelle de 1900. Émanation du goût architectural français, elle fut réalisée par Victor Laloux, Premier Grand Prix de Rome et concepteur de la Gare de Tours.

 

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La passerelle Léopold-Sédar-Senghor, ancienne passerelle Solférino, s'élance au-dessus de la Seine, entre le Jardin des Tuileries et le Quai Anatole France. Elle offre sur la Seine et les variations de l'atmosphère une vue privilégiée.

 

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Le Pont-Royal, photographié depuis la passerelle Sédar-Senghor.

 

Après le Pont-Neuf et le Pont-Marie, il est le troisième plus ancien pont de Paris. Il fut érigé, entre 1685 et 1689, à l'emplacement d'un vieux pont de bois et de l'ancien Bac des Tuileries. Financé par le roi Louis XIV, d'où son nom de pont Royal, il fut construit par Jacques Gabriel, Jules Hardouin-Mansart et François Romain.

 

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La pluie redouble d'intensité et je presse le pas sur les pavés brillants, bien décidée à trouver refuge devant une tasse de chocolat chaud. Mon parapluie se gorge de vent et m'inspire quelques réflexions...

 

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(Image trouvée sur le net.)

 

Le parapluie et l'ombrelle sont vraisemblablement originaires de Chine. Au XIIe siècle avant notre ère, un charpentier chinois offrit à son épouse une ombrelle ou « petite ombre » qu'il avait fabriquée pour se protéger du soleil. Les premières ombrelles étaient constituées de branches de santal et de bambou sur lesquelles on tissait un réseau de feuilles et de plumes. On les utilisait par grand soleil ou temps de pluie.

 

 

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Dans le Japon du XVIe siècle, l'ombrelle devint un accessoire de mode. Mais le port de l'ombrelle et du parapluie revêtait aussi un caractère sacré. Les branches symbolisaient l'équilibre du cosmos et la « toile » protectrice, la voûte étoilée.

 

Dans l'Antiquité Gréco-Romaine, les ombrelles décorées étaient très appréciées pendant les spectacles et les jeux du cirque.

 

Dans l'ancienne Égypte, le parapluie était investi d'une valeur sacrée et associé à Nout, la déesse du ciel.

 

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Nout arquée au-dessus de Geb, son époux, le dieu de la terre.

 

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Nout, la déesse du ciel mystérieux et de la résurrection des morts, mère du soleil et des étoiles. Ses larmes font naître la pluie, son rire engendre le tonnerre. Elle ne touchait le sol que par l'extrémité des orteils et des doigts.

 

Les Égyptiens croyaient que son corps formait la voûte céleste, sorte de pont au-dessus de la terre. Le parapluie, mélange de bois précieux, de papyrus et de plumes de paon, était donc une représentation miniature de la déesse.

 

 

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Les nobles seuls étaient autorisés à s'y abriter et le pharaon l'utilisait pour signifier son statut royal.

 

Le parapluie traversa les âges et ses légendes aussi. D'anciens almanachs rapportent que Saint-Médard, l'évêque de Noyon, fut surpris par un violent orage en se rendant à la cour du roi Clotaire Ier. Dieu lui envoya un aigle qui déploya ses ailes au-dessus de lui pour le protéger, un aigle-parapluie!

 

Ainsi, comme le dit le proverbe:

« Quand il pleut le jour de la Saint-Médard, (8 juin)

Pendant quarante jours il faut prendre son riflard. »

 

Mais il fallut attendre le XVIe siècle, en France, pour que Catherine de Médicis, à l'avant-garde des modes, fasse connaître l'ombrelle-parapluie. Cet objet dérivait de l'ombrellino, destiné à protéger les Papes, les Doges et les Cardinaux.

 

En 1705, un français nommé Jean Marius conçut un prototype de parapluie qui se pliait en trois parties pour être glissé dans une poche. Mais le premier parapluie « moderne » fut élaboré, en 1730, par un artisan parisien. Il utilisa une toile cirée pour remplacer les couvertures en cuir et en peau.

 

Le mot « parapluie » apparut en 1622 dans les Farces de Tabarin, célèbre bateleur du Pont-Neuf mais jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, le parapluie et le parasol désignèrent le même objet. Ils servaient « à se défendre du soleil et de la pluie ». (Dictionnaire de Richelet, 1680 et de Trévoux, 1777.)

 

Sir Jonas Hanway, un aventurier du XVIIIe siècle, introduisit le parapluie en Angleterre mais les fantasques sujets de sa Majesté n'acceptèrent pas facilement de porter « l'umbrella », jugeant que cet étrange objet leur donnait un air efféminé!

 

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Le parapluie est désormais une institution au Royaume-Uni.

 

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Il est indissociable de l'inoubliable Patrick Macnee dans le rôle de John Steed, l'agent secret de la série Chapeau melon et bottes de cuir.

 

Les superstitions entourant le parapluie

 

La plus connue d'entre elles consiste à ne pas ouvrir un parapluie à l'intérieur d'une pièce, sous peine d'attirer le malheur. Cette superstition qui date du XVIIIe siècle trouve son origine dans les nombreux accidents survenus lors des premiers usages du parapluie. Celui-ci se dépliait parfois brusquement et son armature blessait la personne se trouvant à côté.

 

L'ombre du parapluie était un espace tabou dans lequel il ne fallait pas entrer car les âmes s'y réfugiaient.

 

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A Paris, la Maison Antoine est le plus ancien magasin de parapluies.

 

En 1745, Monsieur et Madame Antoine, originaires du Massif Central, s'installèrent sur le Pont-Neuf. Ils ouvrirent deux boutiques situées chacune à une extrémité du pont. Mais, à l'époque, les gentilshommes étaient les seuls à pouvoir acheter des parapluies. Les époux Antoine mirent alors au point un système de location de parapluies destiné à toute personne qui souhaitait franchir le fleuve.

 

En 1760, ils ouvrirent une boutique, dans le quartier du Palais-Royal, au numéro 26 de la galerie Montpensier. Dans ce lieu à la mode, promenade privilégiée des Parisiens, ils fabriquèrent des cannes et des parapluies. En 1885, leurs héritiers créèrent, au 10, avenue de l'Opéra un magasin qui existe toujours. On y trouve des parapluies, des cannes, des ombrelles et des gants de qualité.

 

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La Maison Antoine fut acquise, en 1965, par la famille Lecarpentier, des fabricants de parapluies d'Orléans. (Image trouvée sur le net.)

 

Écrire à propos du parapluie me permet de vous montrer deux tableaux que j'aime particulièrement.

 

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La Place de l'Europe, temps de pluie, 1877, par Gustave Caillebotte(1848-1894). (Art Institute, Chicago).

 

Dans le décor majestueux du Paris Haussmannien, la pluie engendre une atmosphère intimiste. Le cadrage est audacieux, proche d'une réalisation photographique. Dans ce Paris de la modernité, de l'éclairage au gaz, des omnibus et des trottoirs couverts d'asphalte, les personnages de Caillebotte vaquent à leurs occupations quotidiennes.

 

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Les Parapluies, 1886, de Pierre-Auguste Renoir (1841-1919). National Gallery à Londres.

 

L'oeuvre se pare d'une séduisante tonalité bleutée et met en scène une foule animée sous une forêt de parapluies.

 

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La pluie est ici un prétexte pour favoriser la rencontre amoureuse. Par galanterie, un homme propose d'abriter une jeune femme sous son parapluie. Notons que la petite fille, au premier plan, est ravissante et que son regard exprime une délicieuse intensité.

 

Ceux qui comme moi ont conservé leur âme d'enfant apprécieront Totoro et son parapluie!

 

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Dans Mon Voisin Totoro, film d'animation de Hayao Miyasaki, un drôle d'esprit de la forêt tisse une amitié poétique avec la charmante petite Mei et sa soeur Satsuki...

 

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Cet été à Paris, le parapluie est encore et toujours de mise! Mais il paraît que le soleil va bientôt briller...

 

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A travers l'épaisse couche nuageuse, quelques rayons lumineux font scintiller la surface de l'eau. On aperçoit la coupole cuivrée de l'Hôtel de Salm, Musée de la Légion d'Honneur et des ordres de chevalerie.

 

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La Seine vue depuis la pointe nord-ouest de l'île Saint-Louis. On aperçoit sur la droite la mystérieuse Tour Saint-Jacques.

 

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Quai de Bourbon, le petit batelier du Franc Pinot rame sur fond de tempête.

 

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Les gargouilles de Notre-Dame contemplent l'orage qui se réactive.

 

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Mais de temps à autre, le vent violent souffle les nuages et une belle éclaircie apparaît.

 

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L'orage n'a cependant pas dit son dernier mot... A peine le temps de gagner les Tuileries et la houle des nuages enveloppe ce beau vase aux têtes de bélier.

 

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Le jardin se vide peu à peu...

 

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La grande roue de la fête foraine aussi.

 

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Mais dans tout ce gris éclate la chatoyante palette des roses, des églantines et des roses trémières.

 

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Les Alcea Rosea, (plantes vivaces de la famille des Malvacées), dirigent leurs hampes robustes vers le ciel en colère et leurs pétales veloutés nous enivrent de couleurs.

 

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Rose d'Outremer, passerose, primerose, rose papale ou bâton de Jacob, la rose trémière est une enchanteresse qui naît au gré du vent. Les Croisés des XIIe et XIIIe siècles ont bien fait de la ramener d'Orient.

 

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La tradition rapporte que si on fait un voeu en jetant des graines d'alcea par-dessus son épaule gauche, on sera entendu par les fées...

 

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Après cette promenade, dans la soirée, l'orage s'est dissipé. J'ai photographié ce ciel magnifique au-dessus de chez moi, à Sarcelles, dans le Val d'Oise.

 

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Il n'y a pas que du béton à Sarcelles. Nous le verrons dans quelques temps...

 

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A peine rentrée et déjà les nuages d'orage reviennent au galop...

 

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Courage, monsieur le Soleil!



Bibliographie

 

J. P. CHASSANY: Dictionnaire de météorologie populaire. Maisonneuve & Larose.

 

Charles NISARD: Histoire des livres populaires ou de la littérature de colportage.Fac-sim. Paris: 2° éd. en 1 vol. de E. Dentu, 1864. Paris: Amyot, 1854. Fig.

 

Jacques PAYEN et Gordon RATTRAY TAYLOR: Les Inventions qui ont changé le monde. Le Parapluie. Sélection du Reader's Digest, 1982.

 

Jean VERTEMONT: Dictionnaire des mythologies indo-européennes.Faits et Documents, 1997.

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #paris, #plage, #pont, #seine, #sous

 

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Un franc soleil règne sur la capitale. Les mascarons du Pont-Neuf contemplent la Seine miroitante et je musarde, en délicieuse compagnie, sous les palmiers de Paris Plages...

 

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Du 20 juillet au 19 août 2012, de 8h00 à Minuit, les quais de Paris se transforment en lieux de villégiature estivale et de nombreuses activités gratuites sont au programme.

 

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La 11ème édition de Paris Plages est un peu particulière en raison du chantier qui occupe une partie de la voie Georges-Pompidou. La manifestation se concentre entre le quai des Tuileries et le Pont d'Arcole et plusieurs attractions se déroulent au Bassin de la Villette.

 

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Dans un décor ourlé de grandes vagues de bois, jaillit une forêt de parasols et d'oriflammes.

 

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Il est encore tôt mais dans une heure tout au plus les transats, les chaises et les confortables poufs et coussins aux couleurs anisées seront pris d'assaut.

 

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En attendant, l'occasion est bien trop belle de profiter des berges de la Seine vierges de tout véhicule à moteur et de contempler, d'une autre manière, l'architecture des ponts de Paris.

 

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Quand le soleil sera à son zénith, le jardin des brumes deviendra le refuge d'une foule ravie de se réapproprier l'espace urbain, de si agréable façon.

 

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Paris Plages, c'est aussi Paris verdure et Paris culture. Nous nous installons près de ce pot géant, à côté de la Bibliothèque éphémère Flammarion qui propose, chaque jour, un choix de trois cents ouvrages. De 11 heures à 19 heures, quai de la Mégisserie, il suffit de laisser sa pièce d'identité pour emprunter les livres désirés.

 

Les promeneurs sont séduits par un généreux florilège d'activités: cours de Taï Chi, de danse de salon, chasse aux trésors, Ludo Plage pour les enfants de 3 à 6 ans, boulodrome, espace baby foot, ateliers éducatifs, lecture...

 

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Le service public « Eau de Paris » met à la disposition des visiteurs deux machines à gazéifier et un stand d’eau fraîche avec distribution gratuite de sirop, tous les jours de 16h à 19h. Malgré l'affluence, chacun est servi dans une ambiance sympathique. Des fontaines réparties sur la longueur du parcours permettent également de s'hydrater.

 

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En cas de fortes chaleurs, cette douche insolite permet de se rafraîchir de pied en cap!

 

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Les établissements Lafarge sont l'un des sponsors de la manifestation. Ils sont responsables de l'extraction et de l'acheminement du sable de Paris Plages.

 

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Ce sable alluvionnaire, doux et particulièrement fin, vient de la carrière de Bernières-sur-Seine, dans l'Eure. Son gisement date du Quaternaire (entre 100000 et 800000 ans avant J.-C.) et se situe dans le lit d’un ancien méandre de la Seine.

 

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Roulé par les courants du fleuve, le sable s’est déposé, au fil du temps, sur les terres normandes, près des Andelys. Il est exploité à partir du sous-sol des anciennes boucles de la Seine.

 

Quelques jours avant que ce château soit érigé, j'ai photographié l'installation de la « plage » parisienne.

 

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De grandes barges, actionnées pas un pousseur, remontent la Seine jusqu'à Paris sur près de 180 kilomètres.

 

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Le fleuve est un moyen de transport écologique. Six barges fluviales sont capables d'acheminer le contenu de 250 camions!

 

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Pendant toute la saison de Paris Plages, le sable subit des analyses régulières, un entretien et un nettoyage rigoureux. A la fin de l’évènement, il est récupéré, traité, désinfecté et recyclé dans les jardins, les bacs à sable, les hippodromes, les manèges à chevaux et les équipements sportifs de la ville.

 

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Au cours de l'édition 2011, ce sable aux grains si fins a servi à réaliser le château de la Belle au bois dormant et les adorables Minnie et Mickey.

 

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D'un château à un autre...

 

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Un an plus tard, devant la bibliothèque éphémère, je profite d'une vue imprenable sur la Conciergerie tout juste restaurée. Ce vestige de l'ancien Palais de la Cité a des allures de château féerique mais l'Histoire y a semé son lot de tragédies...

 

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Les tours en poivrière qui rythment la majestueuse façade ont retrouvé depuis peu leur éclat. Les tours jumelles datent du règne de Philippe le Bel (1268-1314) qui fit remodeler et agrandir le palais. La Tour de César, à gauche, fait référence à la présence romaine dans l'Île de la Cité et la Tour d'Argent, à droite, garde le souvenir du trésor royal.

 

La tour isolée ou Tour Bonbec est la plus ancienne de l'édifice. Ses soubassements datent du règne de Saint-Louis (1214-1270) mais elle fut surhaussée au XVIe siècle et coiffée de sa tourelle conique. Elle abritait la sinistre salle où était pratiquée la question.

 

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A l'angle nord-est du palais, se dresse la Tour de l'Horloge, tour de guet rectangulaire au clocheton fin et scintillant. Je vous conterai bientôt son histoire et celle de la magnifique horloge qu'elle abrite...

 

Grâce à l'ouverture des voies sur berge, nous bénéficions d'un panorama exceptionnel sur l'Île de la Cité. Appuyée contre la balustrade, je savoure la subtile palette des couleurs et la beauté porcelainée du ciel.

 

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Les arches gracieuses du Pont au Change chevauchent la Seine, au pied de la Conciergerie, entre la rive droite et l'Île de la Cité.

 

Initialement, un pont fut construit, au IXe siècle, sur le grand bras du fleuve. Ce Grand Pont devint Pont au Change en raison des boutiques de courtiers de change, d'orfèvres et de joailliers qui y étaient installées. Détruit par un incendie en 1621, l'ouvrage fut reconstruit entre 1639 et 1647. Le nouveau pont en maçonnerie, qui comportait sept arches, était alors le plus large de Paris. Il subit des réparations en 1740 mais les maisons qu'il supportait étaient si imposantes et serrées les unes contre les autres qu'elles furent rasées en 1786. On imagine à loisir combien le paysage était différent...

 

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Le pont actuel fut construit, entre 1858 et 1860, sous le règne de Napoléon III et décoré de l'insigne impérial. Le Pont Saint-Michel fut reconstruit à la même époque et sur un modèle identique. Il se situe, dans l'alignement du Pont au Change, entre l'Île de la Cité et la rive gauche de la Seine.

 

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A l'occasion de Paris Plages, les abords du pont se transforment en île aux trésors.

 

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L'imagination s'anime auprès du bateau pirate et de la jolie sirène qui garde ses secrets. Cette plage artificielle dans un lieu insolite rencontre un vif succès, je peux vous l'assurer!

 

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J'aime cheminer sous les arches des ponts. Entre les piles profondes, les remous de l'eau sont électriques et l'écume danse sous les étraves des bateaux. Gorgées de lumière, les algues lèchent les vieux quais.

 

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Alors que j'approche du Pont Notre-Dame, une étrange voix frissonne dans la pierre. A travers le joyeux brouhaha environnant, elle chuchote les splendeurs et les outrages du temps.

 

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Cet ouvrage composite traverse le grand bras de la Seine, entre le quai de Gesvres et le quai de la Corse, sur l'Île de la Cité. Il se dresse, depuis 1853, à l'emplacement d'un des premiers ponts antiques de Paris. Entre 1910 et 1914, ses cinq arches furent réduites à trois et depuis, son arche centrale métallique dessine un bel arc étiré.

 

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Ce mascaron, sculpté sous le Second Empire, décore l'une des arches primitives. Dieu du fleuve nourricier, il sourit aux promeneurs qui découvrent ou redécouvrent ce patrimoine luxuriant.

 

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Bleu des oriflammes qui dansent dans l'air facétieux, bleu du ciel peuplé de nuages moutonnants, encre féerique de l'eau... les couleurs s'entrelacent et composent un magnifique tableau. On aperçoit le dôme du Tribunal de Commerce qui domine l'une des arches de pierre du Pont Notre-Dame, la pointe de la flèche de la Sainte-Chapelle, les tours de la Conciergerie et l'élégante silhouette du Pont au Change.

 

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Les nuages déferlent, le vent souffle des rumeurs de tempête mais le soleil va vite reprendre l'ascendant. Les ponts qui s'enchaînent dessinent un subtil réseau de veines irriguant le coeur flamboyant de la Cité.

 

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Je m'arrête un instant pour contempler le feuillage jade sombre de ce palmier, amusante incongruité dans l'architecture parisienne...

 

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… et me voici revenue vers le Pont-Neuf qui m'a déjà inspiré un article que vous pouvez retrouver en passant par le lien suivant: Les secrets du Pont-Neuf.

 

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Depuis la création de Paris Plages, j'y suis allée chaque année et j'ai vu croître l'engouement pour cette manifestation bon enfant, originellement destinée à accueillir ceux qui ne partaient pas en vacances.

 

Je déplore que des langues de vipère traitent les promeneurs de Paris Plages de « parasites » et les accusent, depuis une décennie, de « vampiriser les impôts des honnêtes gens ». Certains ont prétendu que des virus et des « maladies honteuses » sévissaient dans ce qu'ils qualifient de « sanicrotte géant ». J'ai donc résisté à onze étés de flâneries gourmandes et culturelles dans un pareil endroit!!!

 

Même s'il ne s'agit pas d'une vraie plage, l'opportunité de se détendre, de pique-niquer et de jouir du spectacle des ponts de Paris sous un angle différent séduit un public varié. Quant à la joie des enfants, elle est communicative!

 

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Notre promenade s'achève face au Pont des Arts et à l'Institut de France mais avant de clore cet article, je voudrais vous montrer un de mes lieux préférés. On n'y accède pas cette année à cause des travaux en cours sur la voie Georges-Pompidou.

 

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A l'ombre des piles du Pont Marie, j'ai tissé de bien agréables souvenirs. La vue est peut-être moins spectaculaire qu'ailleurs mais le calme ambiant formait un contraste bienvenu avec la joyeuse agitation ambiante. Lors des précédentes éditions de Paris Plages, la Bibliothèque éphémère Flammarion se situait à côté.

 

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Les solitaires, les rêveurs et les gourmands de lecture aiment cet endroit... J'y ai laissé naviguer mes pensées à fleur d'eau...

 

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J'ai cependant bien apprécié mes visites à Paris Plages en cet été 2012 et j'ai l'intention d'y retourner avant la fin de l’évènement.

 

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Je suis ravie de vous retrouver et je vous remercie pour les gentils messages que vous avez déposés sur mon blog pendant cette pause estivale!

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #carrousel, #fut, #paris, #pont, #seine

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Ce vaste ouvrage, dont l'architecture unit classicisme et modernité, chevauche les eaux changeantes de la Seine, entre le Quai Voltaire et les Guichets du Louvre. Appelé autrefois Pont des Saints Pères, il fut initialement construit dans le prolongement de la rue des Saints Pères, ancienne rue Saint-Pierre, située à la frontière des 6e et 7e arrondissements de Paris.

 

 

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Vue sur le Quai Voltaire avec la coupole de l'Institut de France, à l'arrière-plan.

 

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La même vue sur ce cliché de 1946, trouvé sur le site de la Médiathèque de l'architecture et du patrimoine.

 

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Vue sur les majestueux Guichets du Louvre qui feront l'objet de mon prochain article.

 

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Avant la création du Pont du Carrousel, les marchandises et les matériaux ne pouvaient pas franchir la Seine dans « l'espace » contenu entre le Pont-Neuf et le Pont Royal. Quant au Pont des Arts, édifié en 1804 sur l'initiative de Napoléon Ier, il était réservé aux seuls piétons.

 

Le roi Louis Philippe fut le commanditaire d'un premier pont, voie neuve commerciale élaborée par Antoine-Rémy Polonceau (1778-1847), un ingénieur épris de modernité qui travaillait comme inspecteur divisionnaire aux Ponts et Chaussées. L'ouvrage, baptisé Pont du Carrousel, fut inauguré le 30 octobre 1834.

 

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La tendance de l'époque était aux ponts suspendus mais, entre 1831 et 1834, Polonceau conçut un pont en arc doté d'une audacieuse structure en fonte et en bois. Plusieurs de ses contemporains se déchaînèrent aussitôt contre « l'ingénieuse merveille », critiquant son étrange esthétique et lui reprochant d'être incompatible avec le passage des péniches.

 

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Le Pont du Carrousel, en 1839, dans le Guide pittoresque du Voyageur en France.

 

Les cercles de fer qui décoraient les rambardes et les arcatures du pont reçurent le sobriquet de « ronds de serviette » et l'ouvrage fut ironiquement appelé « hôtel des courants d'air ».

 

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Le Pont du Carrousel dans le Paris Illustré.

 

Il fut ouvert à la circulation en 1835 et en 1847, des statues monumentales signées Louis-Messidor Petitot furent installées à chacune de ses extrémités. Ces allégories de la Ville de Paris, de la Seine, de l'Abondance et de l'Industrie constituent le décor de l'ouvrage actuel.

 

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Les quatre anciens piédestaux étaient en fonte, peints à l'imitation de la pierre. Ils accueillaient les bureaux des percepteurs du droit de péage.

 

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Le Pont du Carrousel vu du Pont Royal, vers 1859, sublime épreuve sur papier albuminé de Gustave Le Gray(1820-1884).

 

La circulation augmentant sous le Second Empire, le Baron Haussmann envisagea de faire élargir l'ouvrage mais le projet fut abandonné à cause du conflit franco-prussien de 1870. En 1883, on remplaça une partie des poutres et des traverses du tablier et en 1906, les éléments en bois disparurent au profit du fer martelé.

 

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En 1896, l'architecte Édouard Bérard (1843-1912) conçut un projet de pont triomphal sur la Seine, face aux Guichets du Carrousel, dans la perspective de l'Exposition Universelle de 1900. Il proposa d'utiliser du ciment armé pour la structure et du plomb et du cuivre pour le décor. Il imagina deux statues monumentales et une proue de navire géante pour symboliser la ville de Paris.

 

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L'esquisse du projet, trouvée sur le site du Musée d'Orsay.

 

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Entre 1935 et 1939, le pont fut entièrement reconstruit, quelques dizaines de mètres en aval, d'après les plans des ingénieurs Henri Lang, Jacques Morane et Henri Malet.

 

 

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Cette merveille de technicité, constituée de trois arches en béton armé, fut insérée dans un revêtement en pierre de taille pour se fondre dans le décor majestueux du Louvre et des quais de la Seine. Sa longueur est de 168 mètres pour une largeur de 33 mètres.

 

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Pénétrer dans ses profondeurs est un mystérieux voyage, rythmé par les chuchotements de l'eau.

 

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La reconstruction du Pont du Carrousel, 1936, par Jean Texcier(1888-1957).

 

Ce tableau, conservé au musée Carnavalet, décrit l'importance des travaux effectués et la puissance des infrastructures déployées pour la circonstance. Les berges de la Seine furent réaménagées et les ports du Louvre et des Saints-Pères disparurent au profit d'un mode de vie plus industrialisé.

 

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Quand les Ponts et Chaussées sollicitèrent le sculpteur ferronnier Raymond Subes (1893-1970) pour l'éclairage des lieux, celui-ci se heurta à plusieurs contraintes. A cause de la proximité du Louvre, les lampadaires ne devaient pas paraître trop « modernes » ni s'élever à plus de 13 mètres (la hauteur des toitures du palais). Il fallait aussi que la portée des lumières soit de 20 mètres.

 

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Il conçut alors un ingénieux dispositif composé d'obélisques télescopiques atteignant 12 mètres de hauteur le jour et 22 mètres la nuit. Ils ont été hors service pendant de longues années mais la Ville les a fait restaurer dans le cadre des illuminations liées au passage à l’an 2000.

 

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L'ossature d’acier fut recouverte d’une tôle de cuivre repoussé et le mécanisme originel remplacé par un système de treuil automatisé, permettant à ces insolites pylônes-candélabres de retrouver leur fonction initiale, pour un coût de 6,8 millions de francs...

 

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En 1940, comme tous les stocks de cuivre devaient être répertoriés par l'administration d'Occupation, Raymond Subes dissimula les lampadaires dans les souterrains du pont et poursuivit son travail en secret. Il les restaura après la Libération et les fit installer, en 1946, aux extrémités du monument, sur les plans de l'architecte Gustave Umdenstock.

 

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Depuis plusieurs décennies, la silhouette Art Déco de ces étonnantes vigies crée une animation singulière et colorée dans le paysage.

 

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Les statues qui décoraient l'ancien pont du Carrousel ont été installées aux angles de l'ouvrage moderne. Elles sont l'oeuvre du sculpteur Louis-Messidor Petitot (1794-1862) qui fut l'élève et le collaborateur du maître Pierre Cartellier (1757-1831).

 

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La Ville de Paris, sur la rive gauche, en amont du fleuve.

 

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Gardienne intemporelle des secrets de l'eau, elle arbore, majestueuse, un sceptre et une couronne à créneaux.

 

Il existe une parenté stylistique entre les allégories du Pont du Carrousel et les statues monumentales des grandes villes de France, sculptées vers 1838, pour la Place de la Concorde. Deux d'entre elles, Lyon et Marseille, sont nées sous le ciseau de Louis Petitot.

 

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La ville de Marseille

 

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La ville de Lyon

 

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La Seine, sur la rive gauche, en aval du fleuve.

 

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Couronnée de palmes et parée de bijoux, elle tient une amphore d'où s'échappe l'eau nourricière, substance vitale de Paris.

 

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L'Abondance, sur la rive droite, en aval de la Seine.

 

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Ses attributs évoquent la prospérité (corne d'abondance, coffret à bijoux) et la prédominance des arts dans la capitale (lyre, couronne...).

 

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Dans la mythologie grecque, la corne d'abondance (cornucopia) ornait le front de la chèvre Amalthée, la nourrice du roi des dieux. Mais d'après certaines légendes, le puissant Hercule ôta une corne au dieu fleuve Achéloos, métamorphosé en taureau et les Nymphes transformèrent cette corne mâle de fécondité en corne d'abondance.

 

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Merci au site de numismatique en ligne sacra-moneta.com pour ces photos de monnaies anciennes.

 

Conque magique, elle est une source inépuisable de richesse, de nourriture et de bienfaits, attribut de Ploutos, le dieu grec de l'abondance et de la Terre Mère sous ses multiples appellations: Gaïa, Tellus, Épona, Fortuna...

 

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L'Abondance, en contrejour, dans ses atours de nuages...

 

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Et sur cette photo de 1940, signée Noël Le Boyer. (Médiathèque de l'architecture et du patrimoine).

 

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L'Industrie, sur la rive droite, en amont de la Seine. La statue revêt les attributs du dieu Mercure: le caducée dans la main droite et le chapeau ailé ou pétase.

 

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Le caducée n'est pas seulement l'emblème de la médecine, il est aussi celui du commerce et il symbolise la force, l'abondance et la prospérité.

 

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La statue tient dans la main gauche un marteau, symbole de l'Industrie et attribut d'Héphaïstos, le dieu grec du feu et de la forge.

 

Appelé Vulcain par les Romains, Héphaïstos était le maître du feu souterrain, des volcans et de la métallurgie. Il forgea les armes des dieux de l'Olympe et leur érigea des palais somptueux. Il fabriqua des armures pour les humains et leur enseigna l'art de travailler le métal. Dieu artisan, démiurge et initiateur, il régnait, d'après certaines traditions, sur les Mystères des Cabires, divinités intermédiaires entre les esprits de la terre et du feu.

 

 

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L'Industrie, photographiée par Charles Marville(1813-1879) en 1852. (The Metropolitan Museum of Art). On aperçoit le petit bureau où l'on devait s'acquitter du droit de péage.

 

 

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Le programme iconographique du Pont du Carrousel exalte la puissance économique de la ville (Abondance et Industrie) et le caractère public de la réalisation (allégories de la Seine et de Paris) mais le monument se réfère aussi à la grandeur passée.

 

Les carrousels étaient des spectacles militaires équestres, originaires d'Italie, qui remplacèrent les tournois interdits en France après la disparition tragique d’Henri II.

 

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Le roi, époux de Catherine de Médicis, fut mortellement blessé le 10 juillet 1559, lors d'une joute l'opposant au comte Gabriel de Montgomery.

 

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La Place du Carrousel s'étend à l'ouest du Palais du Louvre. Elle préserve le souvenir du carrousel donné par Louis XIV, les 5, 6 et 7 juin 1662, pour célébrer la naissance du Dauphin.

 

Le mot «carrousel» fut apporté d’Italie par les armées de Charles VIII. Il dérive du latin carrus sol et de l'italien carozela qui signifie «char du soleil».

 

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Cette huile sur toile, réalisée vers 1670 d'après une gravure d'Israël Silvestre (1621-1691) entra, en 1836, dans les collections du château de Versailles.

 

Un luxueux ouvrage consacré à cet opéra équestre parut en 1670. Trente sept gravures d’Israël Silvestre et de François Chauveau illustrent les textes de Charles Perrault.

 

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(BNF, Estampes et Photographie, RES PD-10B, Folio 25V-Folio 26.)

 

Le carrousel des 5, 6 et 7 juin 1662 se déroula dans ce qu'on appelait à l'époque les jardins de la Grande Mademoiselle, devant 15000 personnes installées dans un amphithéâtre en bois. Une tribune monumentale fut dressée devant le pavillon central du palais des Tuileries, destinée à la reine mère Anne d’Autriche, à la reine Marie-Thérèse et aux dames de la cour. Les participants (au nombre de 1299) se divisèrent en cinq quadrilles portant les noms de puissantes nations. Le décorateur Henri de Gissey (1621-1673) réalisa pour l'occasion de nombreux costumes d'apparat.

 

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Louis XIV, vêtu en empereur de Rome et paré d'attributs solaires, menant les cavaliers Romains.

 

Son écu arborait un soleil resplendissant dont l'éclat somptuaire dissipait les ténèbres.

 

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Les Perses furent guidés par Monsieur, frère du Roi.

 

Monsieur exhibait un bouclier décoré d'une lune et de la devise « Uno sole minor », ce qui signifie «Seul le soleil est plus grand que moi».

 

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Les Turcs, conduits par le prince de Condé.

 

Le prince arborait un croissant orné de la devise « Crescit ut ascipitur », soit «Il augmente selon qu’il est regardé».

 

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Le duc d’Enghien dirigeant les Indiens.

 

Le duc portait pour emblème une planète frappée des mots « Magno de lumine lumen », soit: «Lumière qui vient d’une plus grande»…

 

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Le duc de Guise, costumé en Roi d'Amérique.

 

Les cavaliers s’affrontèrent dans des courses de bagues et de têtes, mêlant jeux de précision et simulacres de combat.

 

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Il s'agissait de saisir une bague, en plein galop, avec la pointe d'une lance et d'atteindre, avec une épée ou une lance, des têtes en papier mâché ou figurées sur une plaque de bois. Ces têtes de turc, de maure ou de Méduse cédaient parfois la place à un faquin, mannequin en paille anthropomorphe. La course de têtes fut remportée par le marquis de Bellefonds, futur Maréchal de France et la course de bagues, par le comte de Sault, héritier de la puissante lignée des Lesdiguières, Pairs de France. Le mot « pair » désignait les vassaux les plus importants du roi de France. Étymologiquement, le mot signifie « égal » du roi.

 

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En cheminant sur les berges du fleuve, je songe à ce ballet équestre, joute de fantaisie d'une ampleur exceptionnelle, qui détermina le choix du nom de l'ouvrage et vit s'affirmer le mythe solaire de Louis XIV.

 

Autrefois, le Pont du Carrousel était désigné de trois façons par les Parisiens. Ils l'appelaient indifféremment Pont du Louvre, Pont des Saints-Pères et Pont du Carrousel mais en 1905, alors que s'affrontaient les partisans de la laïcité et les inconditionnels de l'église catholique, certains se mobilisèrent contre le nom "Saints-Pères". Le Conseil Municipal prit alors la décision, en 1906, de lui attribuer le patronyme de Pont du Carrousel.

 

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Vue sur le Pont Royal et la Gare d'Orsay, à quelques encablures réelles et imaginaires...

 

Aimé des promeneurs et des artistes mais moins fréquenté que le Pont des Arts, le Pont du Carrousel offre une gracieuse perspective sur les bords de Seine.

 

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L'eau y affleure avec sérénité mais ses pierres gardent en mémoire le souvenir d'un sinistre évènement. Le 1er mai 1995, trois manifestants issus du cortège du Front National, ont poussé dans la Seine Brahim Bouarram qui s'est noyé à la verticale du pont.

 

Le principal accusé a été condamné, le 15 mai 1998, à huit ans de prison ferme, par la Cour d'assises de Paris et le 1er mai 2003, le maire de Paris a célébré la mémoire du disparu par la pose d'une plaque commémorative.

 

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Une cérémonie est organisée depuis, chaque année, là où le drame s'est déroulé.

 

Le Pont du Carrousel dans les Arts

 

Les ponts de Paris, les quais et les berges de la Seine ont profondément stimulé l'inspiration des artistes. A travers un florilège d'oeuvres et de sensibilités, le Pont du Carrousel dévoile sa silhouette évolutive, ses beautés classiques et contemporaines, et nous invite à voyager au fil du temps.

 

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Chaland chargé de barils devant le Pont du Carrousel, 1841, par François-Marius Granet(1775-1849).

 

Dans ce paysage hivernal, surgit la silhouette fantomatique du pont qui domine la Seine gelée et se fait absorber par un épais brouillard. L'oeuvre suscite une mystérieuse impression, comme si les structures de la modernité se délitaient irrémédiablement face aux puissances de la Nature.

 

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Le Pont du Carrousel, 1879, par Edmond Yarz (1846-1920).

 

Plusieurs oeuvres de cet artiste décorent la Salle des Illustres du Capitole de Toulouse, sa ville natale.

 

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Le Pont du Carrousel, 1886, par Vincent Van Gogh(1853-1890).

 

Le pont fut l'un des thèmes privilégiés de l'artiste, émanation de ses recherches sur les vibrations de l'atmosphère et la poétique des éléments. Force réelle autant que mystique unissant les éléments du paysage, le pont symbolise la communication mais aussi le passage entre les âges de la vie. Cette toile est caractéristique de l'époque où Vincent rejoignit son frère Théo, galeriste à Montmartre et où il enrichit sa vision de l'art par l'exploration des techniques impressionnistes et néo-impressionnistes.

 

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Le Louvre et le Pont du Carrousel, Effet de Nuit, 1890, par Maximilien Luce(1858-1941), peintre néo-impressionniste.

 

Sa touche est représentative de la technique du pointillisme, développée par Georges Seuratet Paul Signac.Elle consiste à juxtaposer des petites touches de couleurs primaires (rouge, bleu, jaune) et complémentaires (orange, violet, vert). Le regard recrée alors une alchimie subtile entre les couleurs secondaires, les ombres miroitantes et la lumière. L'artiste nous offre ici un spectacle nocturne de pure beauté, à fleur de Seine et de ciel.

 

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Vers 1903, Pierre Bonnard (1867-1947) nous livre sa vision des lieux dans cette toile intitulée Sur le Pont du Carrousel et conservée au Los Angeles County Museum of Art.

 

L'artiste adorait saisir le spectacle des espaces urbains et décrire, avec une palette toute en légèreté, la vie de leurs habitants, absorbés dans leurs rêveries ou leurs activités quotidiennes, délicatement sublimées. Son oeuvre, empreinte de recueillement et de spiritualité, est représentative de l'art des Nabis, mouvement anti-académique né vers 1888 et préfigurant les recherches et les codes picturaux de l'Art Nouveau.

 

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En 1907, Edward Hopper (1882-1967) peignit le Pont du Carrousel dans le brouillard. Le « peintre de l'Amérique profonde » fut séduit par ce pont qui exprimait la puissance industrielle de son époque et les angoisses d'un monde en pleine mutation.

 

De par sa position géographique privilégiée, le pont du Carrousel a « envoûté » de nombreux artistes. Le romancier Henry Miller (1891-1980) adorait y flâner, à l'orée de ses pages d'écriture. Anatole France (1844-1924) appréciait tout particulièrement les statues de Louis Petitot. Le pont apparaît dans une poésie de Rainer Maria Rilke (1875-1926) et dans les Chants de Maldoror du Comte de Lautréamont (1846-1870)...

 

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En 1890, dans cet autoportrait-paysage intitulé Moi-même,le Douanier Rousseau (1844-1910) se représenta, avec son habituelle originalité, devant le pont du Carrousel. Les éléments de la composition (bateau au mât décoré de petits drapeaux, montgolfière, cheminées des bâtiments en arrière-plan, Tour Eiffel que l'on devine en filigrane, couple miniature au bord de l'eau) façonnent un univers empreint de féerie et d'élégante modernité.

 

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La Senna, al mattino, da Pont du Carrousel, une oeuvre de l'artiste contemporain Paolo Frongia.

 

Le 24 janvier 2012, Juliette Gréco a offert à son public un album intitulé Ça se traverse et c'est beau. Elle y évoque, avec éclectisme et limpidité, les ponts de Paris, le temps qui s'écoule et la Seine au gré de ses métamorphoses. Elle s'est entourée pour l'occasion de nombreux artistes: Marc Lavoine, Mélody Gardot, Abd al Malik, Amélie Nothomb, Philippe Sollers... Cette ode aux cycles de la vie, aux émotions et aux Belles-Lettres sonne comme une croisière musicale, prélude à de fascinantes traversées...

 

« Rue des Saints-Pères jusqu'à la Seine

Le Pont du Carrousel serait un détour

Rendez-vous Cour Carrée avec mon amour

Dans deux minutes. Il faudrait que j'y coure

Le long du quai Malaquais jusqu'au Pont des Arts

En deux minutes, c'est impossible. Je serai en retard

Juliette est une diva, Juliette n'attendra pas

il manque un pont à Paris. Le Pont Oblique,

Qui relie la Cour Carrée à la rue des Saints-Pères.

Pourquoi Diable aurait-on inventé la Seine,

Si ce n'est pour qu'elle coule sous des ponts ? » (Amélie Nothomb).

 

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Sources et Bibliographie

 

Corinne DOUCET: Les académies d'art équestre dans la France d'Ancien Régime. 2007.

 

Henry-Louis DUBLY: Les ponts de Paris. Paris: Veyrier, 1973.

 

Charles DUPLOMB: Histoire générale des ponts de Paris. Paris, 1911.

 

R. FILIPPI: Le nouveau pont du Carrousel, à Paris, dans "La Technique des Travaux", mai 1937.

 

Marc GAILLARD: Quais et Ponts de Paris. Amiens: Martelle Editions, 1996; p. 205.

 

Jacques LE LONG et Charles M. FEVRET DE FONTETTE: Bibliothèque Historique de la France. 1775.

 

Bernard MARREY: Les ponts modernes, vingtième siècle. Paris: Picard, 1995; p. 279.

 

Serge MONTENS: Les plus beaux ponts de France. Paris, Bonneton, 2001; p. 199.

 

Pylônes d'éclairage du pont du Carrousel à Paris, dans "Ossature métallique", décembre 1949, v. 14.

 

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Publié le par maplumefee
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Sur la rive droite de la Seine, les Guichets du Louvre dessinent un passage à travers un bâtiment majestueux, vitrine des arts qui se niche entre deux pavillons néo-renaissance. Au débouché du Pont du Carrousel, ces trois grandes ouvertures voûtées nous invitent à découvrir les visages d'un palais devenu musée.

 

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Émanation de la toute puissance des Arts sous le règne de Napoléon III (1852-1870), cette entrée monumentale se pare d'un riche programme iconographique et rythme avec élégance la scénographie du Bord de l'Eau.

 

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Le Triomphe d'Amphitrite, 1868, par Jean-Baptiste Cabet (1815-1876). Une belle que l'on contemple en cheminant le long du fleuve.

 

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La Grande Galerie longeant la Seine fut construite, entre 1595 et 1610, sous le règne d'Henri IV, par Louis Métezeau (du côté est) et Jacques II Androuet du Cerceau (du côté ouest). Coupant l'enceinte de Charles V, elle permettait au roi d'accéder aux Tuileries depuis ses appartements du Louvre et se terminait par le Pavillon de Flore.

 

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La perspective de la Grande Galerie, le Louvre d'Henri IV et les Tuileries sont mis à l'honneur sur cette carte murale, signée Louis Poisson (peintre du XVIIe siècle) et conservée dans la Galerie des Cerfs, au Château de Fontainebleau.

 

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Après différentes évolutions, la partie occidentale de la galerie fut démolie puis reconstruite et élargie par l'architecte Hector-Martin Lefuel (1810-1880), dans un style imitant celui de Louis Métezeau (1560-1615). Les travées furent ornées de sculptures, de pilastres cannelés, de colonnes ciselées, de frises ornementales et de frontons.

 

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Entre 1861 et 1870, Hector Lefuel aménagea la nouvelle façade du Louvre, côté Seine. De 1865 à 1868, il l'agrémenta de Guichets monumentaux ouverts sur la Place du Carrousel, entre le Pavillon Lesdiguières et le Pavillon de la Trémoille.

 

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Le Pavillon Lesdiguières avant le début des travaux. (Photo Médiathèque de l'architecture et du patrimoine.).

 

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Les vestiges du même pavillon à l'époque de la reconstruction .

 

Cette photo d'Édouard Baldus (1813-1889), datant de décembre 1865, décrit le futur emplacement des Guichets. Nous apercevons une partie de l'ancien Pont du Carrousel et, en direction des tours de Notre-Dame, le Pont des Arts et le Pont-Neuf. (Le musée d'Orsay acquit en 1988 cette épreuve sur papier albuminé, conservée sous la cote cliché 02-001217, numéro d'inventaire PHO1988-113.)

 

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On admirait autrefois, au-dessus de l'arche centrale, une figure équestre en bronze de l'Empereur Napoléon III, réalisée par Antoine Barye (1796-1895).

 

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Il n'existe que peu d'archives à propos de ce bas-relief et la photo a été très difficile à trouver, comme une grande partie de la documentation de cet article...

 

En décembre 1866, Barye reçut la commande du Napoléon III à cheval, destiné à compléter la décoration centrale des Guichets, côté Seine. Son installation en 1868 engendra de virulentes critiques, la figuration du souverain en empereur romain étant jugée trop massive et inappropriée.

 

Le 5 septembre 1870, l'oeuvre fut arrachée sur l'ordre du Maire de Paris, désireux de faire disparaître les emblèmes impériaux et les morceaux furent relégués dans un dépôt. Recueillis en 1922 par le Département des sculptures du Louvre, ils ne furent restaurés qu'après leur transfert à Compiègne, en 1973. Hélas les jambes du cheval, fracassées en 1870, n'ont jamais été retrouvées.

 

Hector Lefuel, insatisfait du travail de Barye, commanda au sculpteur Alfred Jacquemart (1824-1896) une maquette, en vue de remplacer la première statue de l'empereur.

 

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  Le musée du Louvre conserve l'esquisse en cire du projet, sur architecture de bois, signée A.J. et présentant Napoléon III à cheval en costume romain mais l'oeuvre définitive ne vit jamais le jour.

 

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La statue impériale fut remplacée, en 1877, par le Génie des Arts d'Antonin Mercié mais les allégories aquatiques qui encadraient la figure équestre de Napoléon III ont été conservées.

 

Sculptées par Antoine Barye, elles représentent la Rivière, du côté gauche, et le Fleuve, du côté droit.

 

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La Rivière

 

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Le Fleuve

 

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La couronne napoléonienne et l'aigle impérial aux ailes déployées sont toujours en place au sommet du fronton, sculpté par Théodore-Charles Gruyère (1813-1885).

 

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Le Génie des Arts rayonne tel Apollon, le dieu du soleil. Il chevauche Pégase, le cheval ailé, qui se cabre vers le ciel dans un mouvement de conquête. A côté d'eux, voltige la Renommée, muse drapée tenant à la main un rameau de laurier.

 

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Des lignes souples animent la composition, rythmée par le jaillissement des draperies, le galbe élégant des figures et la puissance du relief qui aimante la lumière.

 

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Le Génie des Arts, photographié après 1870 par Charles Marville(1813-1879). (Photo musée d'Orsay.)

 

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Le Génie des Arts à l'affiche!

 

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Les imposantes toitures des pavillons sont couronnées par des clochetons ouvragés qui affichent un curieux monogramme.

 

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Des N renversés! Une subtile manière de renverser l'empereur Napoléon III, au règne de plus en plus controversé à l'époque de la construction des Guichets? Ou (les spéculations vont bon train et sont sujettes à caution...) un cryptage amoureux: l'inverse de la « haine » signifiant l'amour?

 

 

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De part et d'autre de l'arche centrale, le sculpteur François Jouffroy (1806-1882) a réalisé deux groupes allégoriques: la Marine Guerrière et la Marine Marchande.

 

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De luxuriantes sculptures orientées vers le Pont du Carrousel et le Quai Voltaire, sur la rive gauche et adossées à des bossages architecturaux décorés de multiples « vermiculures » ou « glyphes vermiculés », rappelant les décors de la Renaissance.

 

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La Marine Guerrière, 1866.

 

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La Marine Marchande, 1866.

 

La marine connut, sous le règne de Napoléon III, des progrès conséquents. Utilisant la vapeur comme moyen de propulsion, la flotte de l'empereur sillonna les mers du globe et s'implanta dans plusieurs territoires d'intérêt stratégique (Congo, Guinée, Amazonie, Guyane...). Cette expansion favorisa l'essor du commerce maritime et fluvial et le développement de nombreuses missions scientifiques.

 

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Conçues comme des piliers de la puissance nationale, ces allégories aquatiques se parent de chérubins gracieux, de fruits, de rostres de navires et de têtes de bélier, emblèmes solaires de force et de courage.

 

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Pour rejoindre la Place du Carrousel, nous traversons ces arcades voûtées où la sobriété est de mise mais l'ensemble abrite une forêt de réverbères et de belles portes ornées d'emblèmes impériaux, à l'instar de celle-ci:

 

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J'apprécie le décor raffiné de ce soupirail qui titille mon imagination...

 

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La Place du Carrousel offre un agréable panorama sur les ailes du Louvre et l'Arc de Triomphe du Carrousel, construit, de 1807 à 1809, par les célèbres architectes Percier et Fontaine.

 

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Cet arbre-lampadaire déroule avec grâce les courbes de ses branches...

 

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Les trois arches carrossables des Guichets s'insèrent entre deux pavillons dont le décor s'inspire des ornements de la Renaissance.

 

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Chiffres, emblèmes, rinceaux, masques, fruits, cartouches, oculus et réseaux vermiculés...

 

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Le Pavillon Lesdiguières fut érigé en l'honneur de François de Bonne (1543-1626), baron de Champsaur, dernier Connétable de France et premier duc de Lesdiguières, entre 1622 et 1626.

 

 

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Médaille en fonte à l'effigie du duc de Lesdiguières, 1600, par le graveur Guillaume Dupré. (Merci au site de numismatique Inumis.)

 

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Les gracieuses Renommées sont l'oeuvre d'Auguste Poitevin (1819-1873).

 

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(Photo d'Édouard Baldus, musée d'Orsay.)

 

En 1855, le Pavillon Lesdiguières accueillit une statuaire monumentale qui resta en place pendant seulement dix ans.

 

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La Gloire et l'Immortalité d'Auguste Dumont (1801-1884), projet de fronton en plâtre conservé au Musée du Louvre.

 

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Le fronton photographié par Édouard Baldus, 1855-1857. (Photo musée d'Orsay).

 

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Le Génie de la Guerre, d'Auguste Dumont.(Photo Édouard Baldus, musée d'Orsay.)

 

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(Le Pavillon Lesdiguières, Édouard Baldus, 1857, photo musée d'Orsay.)

 

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Le Pavillon de la Trémoille rend hommage à Henri de la Trémoille (1598-1674), Maître de camp de la cavalerie légère de France, sous le règne de Louis XIII.

 

 

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Les statues couronnant les toitures de ces pavillons sont caractéristiques du style Beaux-Arts, un savant mélange d'éclectisme architectural et de classicisme triomphant, en vigueur de 1860 jusqu'à la Première Guerre Mondiale et contemporain du style victorien en Angleterre.

 

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Il se caractérise par une profusion de détails architectoniques: statues, colonnes, balustrades, arches, guirlandes et pilastres décorés, escaliers monumentaux et se réfère à un éventail de styles issus de l'Antiquité, du Baroque et du Classicisme.

 

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Il naquit lors des grands travaux d'extension réalisés au Louvre par Louis Visconti et Hector Lefuel et célèbre les institutions majeures que sont l'École des Beaux-Arts et l'Académie des Beaux-Arts.

 

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La prestigieuse École des Beaux-Arts se dresse Quai Malaquais, sur la rive gauche de la Seine, de l'autre côté du Pont du Carrousel. Ainsi s'établit un lien subtil entre les temples du dessin, de la peinture, de la sculpture et de l'architecture.

 

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La traversée des Guichets du Louvre nous fait redécouvrir la sculpture française de la seconde moitié du XIXe siècle et les artistes les plus en vogue de l'époque.

 

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Augustin Dumont (1801-1884) réalisa, au sommet du Pavillon Lesdiguières, les allégories de l'Architecture et de la Sculpture, sciences maîtresses sur lesquelles s'appuyait la propagande héroïque de Napoléon III.

 

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L'Architecture, 1868.

 

Ces oeuvres traduisent la volonté de l'empereur d' « incarner » le XIXe siècle et d'inscrire son empreinte magistrale dans le domaine des arts.

 

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La Sculpture, 1868.

 

Nous devons à cet artiste prestigieux le Génie de la Bastille (1835) et le Napoléon Ier en César (1863) de la Colonne Vendôme.

 

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De part et d'autre de la majestueuse toiture, deux guerriers assis, sculptés par Jean Joseph Perraud (1819-1876), incarnent les vertus héroïques antiques.

 

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Deux lions majestueux, signés Emmanuel Fremiet (1824-1910).

 

Ce sculpteur néoclassique, apprécié pour ses sculptures animalières aux expressions naturalistes, connut la célébrité grâce à la statue équestre de Jeanne d'Arc en bronze doré, située Place des Pyramides et à l'impétueux Saint-Michel terrassant le dragon, installé au sommet de la flèche du Mont Saint-Michel (1897) et couronnant, en plus petit, le campanile de l'église Saint-Michel des Batignolles.

 

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Gardiens des temples et des palais, symboles de protection et de pouvoir, les lions sont les figures tutélaires d'une France qui rayonne sur l'Europe et les arts.

 

Des sculptures de chérubins et de génies exaltent la mémoire des anciens Empires et la puissance navale et militaire de la France.

 

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La Guerre de Democrito Gandolfi(1797-1874).

 

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(Photo d'Édouard Baldus, musée d'Orsay.)

 

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La Navigation de Pierre Travaux(1822-1869).

 

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(Photo Édouard Baldus, musée d'Orsay).

 

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L'Asie de Jean-Jacques Elshoecht(1797-1856).

 

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(Photo Édouard Baldus, musée d'Orsay).

 

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Les Combats de Edme Jean Louis Sornet(1802-1876). L'oeuvre a malheureusement subi les outrages du temps...

 

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(Photo Édouard Baldus, musée d'Orsay).

 

Sur les couronnements du Pavillon de Trémoille, trois groupes de Génies répondent à la même esthétique.

 

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La Vengeance de Louis-Léopold Chambard(1811-1895).

 

Le glaive et les rameaux de laurier symbolisent les succès militaires de l'Antiquité. La tête de Méduse (Gorgonéion) fut tranchée par le héros Persée qui l'offrit à Athéna, la déesse des arts et de la guerre.

 

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La Navigation de Louis Meunier,1868.

 

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La Chasse par Aimé-Napoléon Perrey (1813-1883).

 

Ce sculpteur, très prolifique en son temps, réalisa de nombreuses sculptures pour les églises et les monuments de Paris. Il fut aussi l'auteur, en 1881, de trois Chevaliers sur les huit qui couronnent la toiture de l'Hôtel de Ville de Paris. Ces chevaliers décorent la bannière de mon blog!

 

La chasse fut une activité très prisée sous le règne de Napoléon III qui rétablit, en 1852, la vénerie impériale et initia la construction de plusieurs pavillons de chasse.

 

De nombreuses voix décrièrent à l'époque ce florilège de statues, le qualifiant de « pompeux pastiche de l'antique » et jugeant « indigestes » les ornements représentés. Hector Lefuel dut alors défendre, sur la scène publique, son « projet de restauration ». Il fallut attendre les travaux de construction de la Pyramide dans la cour Napoléon pour que ces oeuvres typiques du style Beaux-Arts soient redécouvertes et appréhendées sous un jour nouveau.

 

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J'aime tout particulièrement ce tableau de Georges Stein (1870-1955), intitulé Paris, Pont du Carrousel. L'artiste, qui excellait à croquer sur le vif les parisiens de la Belle-Époque, nous livre une scène au naturel des plus gracieux, dans une subtile alchimie de tons roses et gris. Vous reconnaîtrez, dans le fond, le Pavillon Lesdiguières et son beau clocheton, les Guichets et le Génie des Arts...

 

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Le Louvre est un aimant à désirs... On s'y précipite par une myriade de portes. On y entre avec une fièvre d'explorateur, espérant y dénicher la « merveille » qui embrasera notre imagination. Ce palais quasi millénaire, temple des rois et mémorial des différentes époques de l'Histoire, est aussi envoûtant à l'extérieur qu'à l'intérieur. Il nous offre, à toutes saisons, une parure de symboles, d'ornements et de statues et nous invite à caresser, avec une authentique ferveur, les courbes de son architecture.

 

Bibliographie

 

Dictionnaire général des artistes de l'École Française depuis l'origine des arts du dessin jusqu'à nos jours: architectes, peintres, sculpteurs, graveurs et lithographes.Paris: Renouard, 1882-1885.

 

Gustave PESSARD: Nouveau dictionnaire historique de Paris.Paris: Lejay, 1904.

 

Félix DE ROCHEGUDE: Promenades dans toutes les rues de Paris. Paris: Hachette, 1910.

 

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Les Guichets du Louvre dans le Paris illustré, 1869.

 

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Le Pont du Carrousel et les Guichets du Louvre (merci au site timbresponts.fr).

 

 

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Publié le par maplumefee
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Je vous invite à cheminer dans un théâtre à ciel ouvert où s'épanouit une forêt de candélabres baroques. La fantaisie est de mise dans cet univers raffiné où les couleurs fusionnent avec les reflets de l'eau et du ciel.

 

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Il y a quelques mois, ce superbe ouvrage m'a inspiré un article mais j'ai souhaité en écrire un second, agrémenté de photos prises dans la belle lumière de l'été.

 

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Le Pont Alexandre III se situe entre le 7e et le 8e arrondissement de Paris, dans l'axe somptuaire de l'esplanade des Invalides. Il fut construit à partir de 1897 et inauguré en même temps que l'Exposition Universelle de 1900.

 

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Il dessine un arc très étiré qui chevauche la Seine sur une longueur de 107 mètres et conduit à deux prestigieux édifices: le Grand et le Petit Palais. L'ensemble mesure environ 160 mètres.

 

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Les ingénieurs Jean Résal et Amédée Alby et les architectes Joseph Cassien-Bernard et Gaston Cousin orchestrèrent cette prouesse technique et artistique.

 

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Sous la direction d'Alfred Picard, commissaire général de l'Exposition Universelle de 1900, et de Joseph Bouvard, directeur de l'architecture, ils élaborèrent un pont métallique très surbaissé, le premier du genre, lié à chaque rive par un viaduc de maçonnerie.

 

En raison de la très importante poussée horizontale, il fallut renforcer les berges de la Seine et répartir la charge entre les immenses fondations.

 

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Le pont symbolise l'amitié franco-russe, initiée par le tsar Alexandre III, empereur de toutes les Russies, roi de Pologne et grand-duc de Finlande. Ce dernier signa en 1893 l'Alliance franco-russe avec le Président français Sadi Carnot et l'entente se poursuivit après la mort des deux hommes en 1894.

 

Nicolas II, le fils d'Alexandre III, posa la première pierre de l'ouvrage, le 7 octobre 1896, en compagnie du Président Félix Faure.

 

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Le 14 avril 1900, le Président Émile Loubet ouvrit l'Exposition Universelle et inaugura le Pont Alexandre III, axe d'élégance reliant l'esplanade des Invalides à l'avenue Winston Churchill.

 

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Quatre majestueux pylônes de 17 mètres de hauteur, couronnés par des statues dorées, se dressent aux extrémités de l'ouvrage.

 

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Ils soutiennent des groupes sculptés qui représentent « la Renommée tenant Pégase. »

 

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Pégase, le cheval ailé, naquit du sang de la gorgone Méduse, décapitée par le héros grec Persée. En frappant la terre d'un coup de sabot, il donna naissance à la source des Muses, appelée Hippocrène. Le héros Bellérophon le chevaucha pour décimer la Chimère, un monstre terrifiant.

 

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Célébré par les poètes et représenté dans l'art depuis l'Antiquité, Pégase est l'émanation d'une ancienne divinité du ciel et des orages. Quand il galope dans les nuages, il engendre les éclairs et le tonnerre ou dissipe le temps troublé.

 

Lié à la symbolique des sources et des eaux vives, il apparaît aussi comme la résurgence d'un dieu chthonien. Il tisse l'énergie tellurique et établit, à l'instar des chamanes, une communication subtile entre les mondes. Son vol est interprété comme une allégorie de l'immortalité de l'âme.

 

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Il fut métamorphosé en constellation par Zeus, le seigneur de l'Olympe. (Image Futura Sciences).

 

Invoqué par les poètes pour faire jaillir l'inspiration, il est le compagnon ou la monture de la Renommée.

 

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Dans la Grèce ancienne, cette divinité ailée, fille de la déesse Gaïa, la Terre, était dotée d'une myriade d'yeux et de bouches et se présentait comme la messagère des dieux. Dans la Rome antique, elle devint une gracieuse jeune femme tenant une trompette.

 

La Renommée des Arts

 

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Réalisée par Emmanuel Fremiet (1824-1910), sculpteur incontournable de la IIIe République, elle tient fièrement la bride de Pégase. Ses ailes de fée semblent pulser dans la lumière. Associée à la Victoire et à la Vertu, elle brandit parfois, en plus de la trompette, une corne d'abondance ou un rameau d'olivier.

 

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La France de Charlemagne, oeuvre d'Alfred-Charles Lenoir, trône, appuyée sur des lions, à la base du pilier.

 

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Elle tient dans la main gauche une pomme vermeille ou crucifère.

 

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Ce globe surmonté d'une croix est un emblème de pouvoir terrestre, céleste et universel. Il évoque aussi l'abondance et la paix. Appelé Pomme d'Empire, il était le symbole de l'Empire Byzantin et du Saint-Empire romain germanique.

 

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Ce fruit solaire, hypostase végétale de la Pierre Philosophale, est l'un des symboles de l'Art Royal ou Alchimie. Matrice de connaissance, ouvrant la voie vers l'immortalité, la pomme crucifère est le signe alchimique de la terre, fertile, guérisseuse et sage, associée au légendaire Nicolas Flamel.

 

Gardienne du lever de l'aurore, la pomme crucifère symbolise aussi le O, cercle de l'amour universel attribué à la déesse Vénus. Pour les hermétistes de la Renaissance, elle représentait une version stylisée de l'Ankh, la croix ansée égyptienne.

 

En tenant le globe crucifère, la France s'impose comme l'héritière légitime de la Rome antique. Elle évoque l'émergence d'une nouvelle ère et la victoire sur les forces obscures.

 

La Renommée de l'Agriculture

 

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Elle fut réalisée par Gustave Michel, ainsi que la France Contemporaine ou Pacifique, située en dessous.

 

La Renommée porte des épis de blé et brandit une branche feuillue. L'arabesque de son bras accompagne le mouvement gracieux des ailes de Pégase. Dans les grimoires d'iconologie, elle est représentée avec une chaîne en or et un pendentif en forme de coeur.

 

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Couronnée de feuilles de chêne, la France revêt une tenue finement parsemée de feuilles et de rinceaux. Son visage s'inspire de celui de la tsarine Alexandra Feodorovna.

 

La Renommée au Combat

 

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Créée par Pierre Granet, elle souffle dans la trompette pour appeler les forces divines. Son bras droit levé reflète l'attitude de Pégase, cabré pour s'élancer dans les airs. On aperçoit la Toison d'Or à tête de bélier, emblème de conquête guerrière et de virilité.

 

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Sur la colonne est appuyée la France de Louis XIV, sculptée par Laurent Honoré Marqueste.

 

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La majestueuse allégorie soutient une petite Victoire dorée ou Niké. Cette déesse ailée, vêtue d’une longue robe drapée, tient une couronne de laurier et la palme du triomphe, offerte aux vainqueurs des compétitions sportives et des jeux du cirque. Elle est souvent représentée sur les trophées et les boucliers.

 

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Admirez la finesse du bouclier fleurdelysé...

 

La Renommée de la Guerre

 

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Réalisée par Clément Steiner, elle entraîne Pégase dans une charge héroïque.

 

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La France Renaissante ou France de la Renaissance, sculptée par Jules-Félix Coutan, se situe en dessous.

 

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La draperie qui l'entoure dessine un mouvement sensuel et mystérieux. Sa grande épée d'or scintille dans la lumière. Une petite statue se love contre son flanc gauche.

 

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Les Génies des Eaux

 

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L'enfant au poisson ou le génie au trident, sculpté par André Massoule. Il se dresse en amont, sur le parapet gauche du pont, comme une vigie suspendue entre le ciel et l'onde.

 

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La fillette à la coquille, sculptée par Léopold Morice.

 

On la rencontre en amont, sur la rive droite du pont. Elle nous attire avec douceur vers les secrets de la mer qui chuchotent à son oreille.

 

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L'enfant au poisson fantastique, sculpté par Léopold Morice. Il appartient au cortège de la belle Amphitrite, néréide et déesse marine, et se situe en aval, sur la rive droite du pont.

 

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Messager de Poséidon, le dieu des océans qui s'éprit d'Amphitrite, le dauphin devint une constellation, en remerciement de ses bons et loyaux services.

 

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La Néréide, sculptée par André Massoule.

 

Cette gracieuse figure, issue du cortège de Poséidon, se situe en aval, sur le parapet gauche du pont. Elle est l'une des cinquante filles de Nérée, dieu marin primitif, et de Doris, une océanide, gardienne des eaux de fécondité.

 

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Le Bestiaire des lieux

 

Un monde luxuriant de créatures aquatiques s'offre à notre regard. Cet ensemble décoratif caractéristique de la Belle-Époque a survécu, avec le Grand et le Petit Palais, à l'Exposition Universelle de 1900.

 

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Des poissons aux lignes ondoyantes, voluptueusement caressés par la lumière...

 

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Les cadenas que l'on aperçoit sont laissés par des amoureux qui les considèrent comme des amulettes de bonheur et de chance. Le Pont des Arts, situé face au Louvre, est, à cet égard, particulièrement apprécié.

 

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De belles grenouilles qui contemplent la Seine...

 

Symboles de vie et de résurrection, gardiennes des eaux et des âmes, elles incarnent la terre fécondée par la pluie. Elles aimantent par leur chant l'énergie lunaire et la force nourricière des nuages.

 

 

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Le lézard, symbole de vigilance et de vivacité, émanation du feu créateur et de la terre féconde... Il évoque, par ses mues, les cycles calendaires et jaillit, selon certaines traditions, des reflets solaires mêlés à l'eau d'un puits, d'une fontaine ou d'une source sacrée.

 

Gardien des richesses matérielles et spirituelles, il accueille le promeneur au bord du fleuve.

 

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Un dauphin fantastique appuyé sur des congélations, des guirlandes de coquillages et de flore aquatique, des oursins et des escargots de mer...

 

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Symboles d'opulence et de fécondité, les coquillages sont les « enfants des dieux ». Jaillis du souffle de l'Océan primordial, ils sont bercés par les déesses de l'amour et de la fertilité. On peut entendre, en les frôlant, l'enivrante gamme des sons originels...

 

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  Ce délicat mascaron se love dans un songe gracieux...

 

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Des sirènes et des rostres de navires décorent la partie basse des piliers.

 

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Laissons-nous envahir par un chant mystérieux mais gare à ne pas passer par-dessus bord!

 

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Sur chaque rive, un lion et un enfant, réalisés par Georges Gardet (rive gauche) et Jules Dalou (rive droite), ornent l'extrémité de la balustrade.

 

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Les Candélabres

 

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La fée lumière triomphe, avec poésie et magnificence, grâce aux trente deux candélabres répartis le long de la promenade. Vingt huit candélabres à trois branches et quatre candélabres à cinq branches composent, à fleur de ciel, une forêt de laiton et de cristal.

 

Ils rappellent ceux du Pont de la Trinité, à Saint-Pétersbourg, sur la Néva.

 

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La première pierre de ce pont-levant fut posée, le 24 août 1897, en présence du président français Félix Faure, de l'empereur Nicolas II et de Jules Goüin, le président de la Société de construction des Batignolles, entrepreneur du Pont Alexandre III. Le Pont de la Trinité fut inauguré en 1903. (Image Structurae). 

 

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A l'entrée du Pont Alexandre III, des angelots, réalisés par le sculpteur Henri Désiré Gauquié, forment une ronde animée autour de ce candélabre à cinq branches.

 

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Les trépieds des candélabres sont décorés de motifs en alliage cuivreux.

 

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Les armes de la ville de Paris.

 

L'emblème de la puissante corporation des Nautes ou Hanse des Marchands de l'Eau qui administrait la municipalité au Moyen Âge: « Fluctuat nec mergitur », « Il flotte mais il ne sombre pas ».

 

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L'aigle bicéphale de la Russie des tsars.

 

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Le coq gaulois, emblème du soleil et de la France.

 

Symbole du dieu Hermès dans l'Antiquité, il annonce avec fierté le lever de l'aurore. Il chante au point du jour, annonçant l'achèvement de l'Oeuvre Alchimique. Il est « l'Helios ixis », « celui qui arrive au soleil », gardien de l'Élixir, « l'eau d'or » ou « or de l'aura », né dans l'athanor de la Nuit...

 

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Le R et le F entrelacés de la République Française, sur un fond luxuriant de feuilles de chêne.

 

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De superbes vases se dressent au bord des escaliers.

 

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De part et d'autre du pont, des Nymphes monumentales ont été réalisées par Georges Récipon, l'auteur des Quadriges du Grand Palais tout proche. On trouve en aval les Nymphes de la Seine et en amont, celles de la Néva, fleuve russe mythique.

 

 

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L'ossature du pont se compose de puissants arcs d'acier et d'une forêt de poutrelles.

 

Élaboré dans les Usines du Creusot, le pont fut mis en place à partir d'éléments préfabriqués, ce qui constituait un procédé novateur pour l'époque. Il fallut une autorisation spéciale pour l'utilisation de l'acier, encore réservé aux constructions militaires.

 

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Cette porte ouvragée est celle du Showcase, une boîte de nuit située côté rive droite, dans les contreforts du pont. Aménagée dans un hangar à bateaux désaffecté, elle accueille, depuis fin 2006, des concerts et des enregistrements d'émissions télévisées.

 

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Au crépuscule...

 

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Tel un monde enchanté, peuplé de créatures mythologiques, le Pont Alexandre III nous dévoile sa riche iconographie consacrée au thème de la mer. Il nous invite à contempler la Seine où scintille l'âme de Paris. Depuis le dôme doré des Invalides, la perspective qui le traverse nous conduit vers les Champs-Élysées, contrée des héros antiques. Sa beauté romantique conjugue le souffle des légendes et les splendeurs théâtralisées d'une époque d'intenses bouleversements. Il incarne une féerie suspendue, entre ciel et eau, qui se mêle aux innovations techniques, caractéristiques d'une nouvelle ère.

 

Personnalités associées à la création du Pont Alexandre III

 

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Le Tsar Alexandre III (1845-1894).

 

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Le Président français Sadi Carnot (1837-1894). Portrait réalisé par Théobald Chartrain.

 

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Le Tsar Nicolas II (1868-1918).

 

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Le Président Félix Faure (1841-1899).

 

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Le Président Émile Loubet (1838-1929).

 

Alfred Picard (1844-1913): Ingénieur, administrateur public, polytechnicien, il fut aussi Ministre de la Marine et occupa de nombreux postes . Il dirigea d'importants travaux dans les domaines militaire et ferroviaire. Il fut le Commissaire Général de l'Exposition Universelle de 1900.

 

Joseph Bouvard (1840-1920): De 1897 à 1911, il dirigea les services d'Architecture, des Promenades, des Plantations, de la Voirie et du Plan de la Ville de Paris. Il organisa de nombreuses fêtes et des expositions publiques, comme les Expositions Universelles de 1889 et de 1900.

 

Jean Résal (1854-1919): Ingénieur.

 

Amédée Alby (1862-1942): Ingénieur.

 

Joseph Cassien-Bernard (1848-1926): architecte, élève de Charles Garnier (1825-1898), le constructeur de l'Opéra qui porte son nom.

 

Gaston Cousin : architecte.

 

Emmanuel Fremiet (1824-1910): sculpteur.

 

Alfred-Charles Lenoir (1850-1920): sculpteur.

 

Gustave Michel (1851-1924): sculpteur.

 

Pierre Granet (1843-1910): sculpteur.

 

Laurent Honoré Marqueste (1848-1920): sculpteur.

 

Clément Steiner (1853-1899): sculpteur.

 

Jules-Félix Coutan (1848-1939): sculpteur.

 

André Massoule(1851-1901): sculpteur.

 

Léopold Morice(1846-1920): sculpteur.

 

Henri Désiré Gauquié (1858-1927): sculpteur.

 

Georges Récipon (1860-1920): sculpteur.

 

Georges Gardet (1863-1939): Sculpteur animalier, il fut l'élève d'Emmanuel Fremiet.

 

Aimé-Jules Dalou (1838-1902).

 

Bibliographie

 

Emmanuel BÉNÉZIT: Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs.Édition de 1999. 14 volumes.

 

Marc GAILLARD: Quais et Ponts de Paris. Amiens: Martelle, 1996.

 

Félix LAZARE: Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments. Paris: Vindun, 1844-1849.

 

Gustave PASSARD: Nouveau Dictionnaire Historique de Paris. 1904.

 

Félix DE ROCHEGUDE: Promenades dans toutes les rues de Paris. Paris: Hachette, 1910.

 

Paul VIAL: L'Europe et le Monde de 1848 à 1914. Paris: Éditions de Gigord, 1968.

 

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Au-delà des miroitements de la Seine, vibre la splendide verrière du Grand Palais...

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #dame, #montent, #paris, #rose, #tour

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Je vous remercie pour vos nombreux messages d'amitié, vos cartes postales, vos pensées gorgées de réconfort et votre soutien sans faille.

 

Tout doucement mais sûrement, mon énergie se reconstitue. J'espère reprendre mes activités fin octobre ou début novembre.

 

En attendant, je vous offre cette belle aux atours voluptueux, accompagnée d'un florilège de vues de Paris. Promenons-nous, pour le plaisir, entre lieux intimistes et monuments connus, sur les chemins buissonniers de la capitale...

 

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J'ai rêvé que le coeur de Paris battait près de l'eau, dans un coffret de pierre moussue, ciselé par les gargouilles de Notre-Dame.

 

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Et la clef du coffret était suspendue, à la barbe des nuages, sur l'échine de la Tour Eiffel...

 

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Notre-Dame et la Dame de Fer préservent les secrets de Paris. Bibliothèques d'Art et d'Histoire aux piliers de Poésie, tant de siècles les séparent et pourtant...

 

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Elles se mirent dans le ciel, s'enivrent des rumeurs de l'eau, s'élancent, avec une éternelle jeunesse, entre les racines de la ville et les mystères étoilés.

 

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La Tour Eiffel, entre deux averses estivales, bienveillante envers la joyeuse cohue qui s'étire entre ses drôles de jambes. Chaque fois que je la contemple, le vent chuchote à mon oreille ce poème de Maurice Carême (1899-1978).

 

 

« Mais oui, je suis une girafe,

M’a raconté la tour Eiffel,

Et si ma tête est dans le ciel,

C’est pour mieux brouter les nuages,

Car ils me rendent éternelle.

Mais j’ai quatre pieds bien assis

Dans une courbe de la Seine.

On ne s’ennuie pas à Paris :

Les femmes, comme des phalènes,

Les hommes, comme des fourmis,

Glissent sans fin entre mes jambes

Et les plus fous, les plus ingambes

Montent et descendent le long

De mon cou comme des frelons

La nuit, je lèche les étoiles.

Et si l’on m’aperçoit de loin,

C’est que très souvent, j’en avale

Une sans avoir l’air de rien. »

 

Ce festin d'écriture, aux allures de comptine, célèbre celle qui a essuyé tant de mépris à ses débuts. Certains esprits se crispent avant d'évoluer, c'est ainsi...

 

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Celle qui chevauche les modes fut taxée de monstre, de Tour de Babel, de gribouillis d'encre infâme sur le ciel de Paris. On voulut éclater « son corps de cheminée d'usine » alors que d'autres voyaient en elle une reine de puissance mathématique, un nouvel arbre de vie, une vigie des utopies...

 

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Je l'ai photographiée de près comme de loin, dans la ronde des saisons...

 

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Entre 1887 et 1889, son audacieuse ossature jaillit d'un magma de gravier, d'un lacis de poutrelles métalliques, d'une forêt de boulons d'ancrage et de puissants arbalétriers. Elle fut inaugurée par Gustave Eiffel, le 31 mars 1889, et ouverte au public le 15 mai 1889, pour l'Exposition Universelle.

 

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Elle fut chantée, en 1893, par la facétieuse Yvette Guilbert (1865-1944).

 

« Le bon Dieu, les saints et les saintes

Regardent par les trous du ciel

L'instrument que Monsieur Eiffel

Vient de dresser dans nos enceintes.

Ils discutent. Le Dieu des dieux,

Qui, vu son âge, est un peu myope,

Prononce : "C'est un télescope."

Jésus dit : "Papa devient vieux !"

 

Pierre, craignant pour sa ferrure,

Dit : "Nous sommes perdus, Seigneur,

C'est une pince-monseigneur

Pour crocheter notre serrure."

Jésus, depuis sa passion,

Redoutant toujours la souffrance,

Dit : "Ça, c'est un pal que la France

Élève à mon intention."

 

"Non, c'est une échelle hardie",

Dit Michel le conquérant.

"C'est un flambeau", dit saint Laurent

Qui craint toujours quelque incendie.

Alors la Vierge qui sourit

Dit à son tour, et toute rose :

"C'est un mystère, quelque chose

Dans le genre du Saint-Esprit ! »

 

(Paroles et musique de Léon Xanrof, 1867-1953).

 

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Cette vigie de 300 mètres faillit disparaître au premier janvier 1910, date à laquelle se terminait la concession accordée à Gustave Eiffel! Mais elle survécut grâce au Réseau Télégraphique sans Fil (TSF) dont l'importance fut hautement stratégique pendant la Première Guerre Mondiale. Au fil du temps, elle se révéla indissociable des évolutions technologiques et de l'histoire « moderne » de Paris.

 

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La Dame de Fer était autrefois appelée « l'épingle à chapeaux ».

 

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Fascinante verticalité de la tour, des lampadaires et des pylônes du Pont Alexandre III,
dominé par Pégase et la Renommée d'or.

 

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En cheminant le long de la Seine, dans le sillage des bateaux de songes, nous évoluons d'une dame à une autre. De l'ère du fer aux secrets maçonniques de la pierre, du Paris du futur à celui des légendes et des roses de lumière, le temps s'écoule à rebours...

 

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Aux merveilles de Notre-Dame, j'ai prévu de consacrer plusieurs articles. A l'ombre de ses délicates broderies, j'ai noirci les pages de nombreux carnets, escaladé sa flèche d'argent, emporté dans mes nuits son fabuleux bestiaire.

 

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Quand mes textes auront suffisamment « décanté » dans le creuset alchimique de mes pensées, je vous les offrirai...

 

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Au chevet de la cathédrale, les roses sont reines. Tendons l'oreille, en frôlant leurs sublimes livrées de velours et d'épines, et nous entendrons peut-être chuchoter les mystères du vieux Paris, danser les sabots des licornes et crépiter le souffle des dragons...

 

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Des jupons soyeux, des courbes parfumées...

 

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Des roses d'automne dont les appas se fanent sous les assauts de la pluie...

 

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Au gré du macadam, Paris devient jardin, pépinière de couleurs, de sons et de parfums. La Nature et la ville savent dialoguer, s'entrelacer, réinventer le paysage.

 

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Dans de nombreux endroits, la Nature n'est pas ordonnancée. Elle s'épanouit à sa guise et s'enrichit des graines semées aux quatre vents par des urbains qui rêvent de campagne et façonnent autour d'eux un petit monde bucolique.

 

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Aux Tuileries se révèle une majestueuse géométrie de l'espace, un subtil équilibre entre rigueur à la française, luxuriance et fantaisie. Dans ce royaume chatoyant, j'écoute respirer le marbre des vasques et des statues.

 

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La douce atmosphère du petit matin...

 

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Avant que tombent les voiles de la nuit...

 

Au Palais-Royal, je me love dans les frondaisons des tilleuls et le rire de l'eau, pendant que les roses dévoilent leurs secrets.

 

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Sub rosa, « Sous le sceau du silence. »

 

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On peut ouvrir son coeur dans le parfum des roses... Lors des festins antiques, quand on échangeait des propos sous une rose suspendue, on se plaçait sous la protection d'Harpocrate, le dieu du silence. La confidentialité des mots partagés était alors de mise.

 

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Au Luxembourg, je musarde sous le regard des Blanches Dames, Reines de France et Femmes illustres qui, depuis le règne de Louis-Philippe (1830-1848), couronnent la partie haute du jardin.

 

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Clémence Isaure, la mythique fondatrice des Jeux Florauxde Toulouse, à l'époque médiévale. Elle fut superbement sculptée par Auguste Préault, en 1848.

 

Paris fait palpiter l'imagination. On y rencontre des cavaliers dans les arbres, de mystérieux totems, des amants éternels...

 

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Le long de la Promenade du Cours-la-Reine, se dresse le monument équestre à Albert Ier (1875-1934), le Roi des Belges. Cet arrière petit-fils du roi Louis-Philippefit son possible pour assurer la neutralité de la Belgique à la veille de la Première Guerre mondiale. Il refusa d'accorder le passage à l'armée allemande mais, le 3 août 1914, son pays fut envahi. Il prit la tête de ses troupes et s'efforça de relever sa chère patrie, dévastée par le conflit. Quand il perdit la vie dans un accident, les Français, attristés, lancèrent une souscription pour honorer ce valeureux allié, à travers un portrait équestre, réalisé par le sculpteur Armand Martial (1884-1960).

 

Dans quelques temps, je consacrerai un article au Cours-la-Reine et au monument à Albert Ier. Mais cette rencontre dans les vertes frondaisons m'a donné l'occasion de saluer et de remercier pour leur gentillesse mes ami(e)s de Belgique.

 

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Le chevalier des ombres...

 

A travers les branches qui semblent jaillir d'un conte hivernal, il galope, insensible au tumulte de la ville.

 

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A deux pas de l'Espace Champerret, dans le XVIIe arrondissement de Paris, ce mystérieux totem est une porte insolite vers un lieu mythique des années 1980: la Main Jaune, première boîte de nuit d'Europe réservée aux patins à roulettes. Mais après être restés à l'abandon et avoir accueilli un collectif d'artistes, les lieux seront bientôt revendus. Quelle sera leur vocation nouvelle?

 

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Les pas des amoureux résonnent sur les pavés de Paris mais la Fortune en a réuni certains « pour l'éternité », de manière réelle ou symbolique, à différents endroits de la capitale.

 

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Acis et Galatée, dans les moirures de la Fontaine Médicis.

 

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Le tombeau d'Héloïse et Abélard, amants réels à la passion mythique, au cimetière du Père-Lachaise. Arraché au supplice de l'absence, leur souvenir est étendu parmi les tombes moussues ou fracassées par le temps.

 

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Regards croisés d'Héloïse et d'Abélard, sur une porte d'époque Louis-Philippe.

           
 

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Il y a toujours dans Paris un coin de nature, une bulle verdoyante, une émulsion de couleurs et de parfums, un monument qui attise ma soif d'écrire et mon imagination.

 

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La Tour Saint-Jacques, vestige de l'église Saint-Jacques de la Boucherie (XIIe siècle, reconstruite au XVIe siècle et démolie en 1797), emporte mes pensées vers le ciel. Au carrefour de la rue de Rivoli et du boulevard de Sébastopol, ce monument gorgé de mystère domine un square où j'adore m'installer.

 

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Située dans l'axe de la rue Nicolas Flamel, la tour est considérée comme un chef d'oeuvre du gothique flamboyant. Sa riche ornementation est associée, depuis fort longtemps, aux secrets de l'alchimie.

 

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D'après la tradition populaire, un fabuleux trésor serait enterré, dans les entrailles de Paris, et accessible par les profondeurs de la tour. Mes pas m'ont guidée tant de fois vers cette gardienne des légendes de Paris...

 

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Mais il est temps de redescendre, après cette ascension vertigineuse, et de succomber au charme de cette fleur à la robe immaculée.

 

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Puisse-t-elle exprimer l'amitié que je ressens pour vous!

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #blog, #cuisine, #preferes, #terre, #ton

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J'ai été taguée, plusieurs fois en l'espace d'un mois, aussi ai-je choisi d'écrire un article illustré, sorte de petit grimoire, pour répondre aux questions posées.


Troublée par ce bouquet si gentiment offert par monsieur Loup, j'ai failli oublier les règles du tag mais les voici...


Les règles doivent être postées.


La personne taguée répondra à onze questions avant de créer onze nouvelles questions.


Elle choisira onze personnes et placera, à la fin de son tag, un lien vers leurs blogs.


Elle se rendra sur leurs blogs et les informera qu'elles ont été taguées.


Elle n'oubliera surtout pas de prévenir les personnes concernées.


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Voici le tag de Fraizy


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Je vous invite à découvrir, si vous ne la connaissez pas déjà, ses recettes mitonnées avec amour et fantaisie. Sa gentillesse et son sens du partage vous feront chaud au coeur. Merci Fraizy!


1 Quelle « région gastronomique » autre que la tienne préfères-tu?


La Provence, où j'ai vécu enfant.


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Une de mes premières émotions gourmandes: les calissons, dont j'adore la forme de navette.


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La Picholine du Gard, perle luisante dont l'ovale sensuel fait frétiller mes papilles.


2 Si tu devais donner un autre nom au verbe cuisiner, que serait-il?


Aimer! La cuisine est un acte d'amour. Avec des produits de saison, quelques zestes de créativité et une irrépressible envie de faire plaisir, on peut offrir du bonheur à son entourage.


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La marchande de fruits, 1580, par Vincenzo Campi (1536-1591).

 

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Ce n'est pas l'étal luxuriant de cette jeune femme qui me contredira...


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L'oeuvre de Campi, peintre de Crémone, se réfère aux « bodegones », natures mortes et scènes de genre de la peinture espagnole du XVIIe siècle où une attention particulière était rendue aux surfaces, aux effets de couleurs et de matière. Nos sens sont attirés par cette profusion de légumes et de fruits, à condition de les aimer bien sûr, ce qui est amplement mon cas!

 

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3 Quel aliment préfères-tu cuisiner ?


La pomme de terre dont je suis une inconditionnelle.


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Je fais sourire mon entourage en disant que, dans une autre vie, j'étais sûrement prêtresse de la Pachamama, déesse mère amérindienne, sur l'Altiplano, au coeur de la Cordillère des Andes. Mais au-delà du sourire, dès que je mange ou cuisine des pommes de terre, je songe à ce don de la nature, merveilleuse parmentière qui se décline à travers tant de variétés.


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Photographie de Roman Bonnefoy (Romanceor) trouvée sur Wikimedia Commons.


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(Photographie de Pierre de Vallombreuse et Marie-Hélène Fraissé pour Géo)


Volutes de copal et d'oliban offertes par les Ponchos rouges à la Pachamama, dans les vapeurs solaires du premier août.

 


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(Terra Madre sur la Boutique Éthique des Andes)


Terre Mère, Mère Nourricière, Mère du Temps, la Pachamama est la source de toutes les formes de vie et l'épouse d'Inti, le Soleil, créateur des feuilles de coca. Elle nourrit les Hommes, elle peut détruire aussi mais elle est avant tout liée à la protection et à la fécondité. Les Yatiris (chamanes) enterrent dans le sol à son intention des casseroles de pommes de terre rôties.


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(Guidebolivia.com)


Je me suis enrichie, tout en me régalant, en étudiant ces rituels dont je n'expose qu'une infime partie, dans le cadre de ce tag. Le lien qui nous unit à la terre s'exprime intensément dans notre rapport à la nourriture, notre manière de la préparer, de la partager et de la savourer.


4 Pour un anniversaire préfères-tu offrir du fait maison ou du déjà préparé?


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Du fait maison. Je n'achète jamais de plats tous prêts. Je cuisine avec mon mari et cela donne lieu à de grands moments de fou rire... Un anniversaire est un moment sacré, je suis trop heureuse de préparer quelque chose pour l'occasion!


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5 Quelle est ta passion dans la vie ?


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L'écriture... feu rutilant, encre de bonheur absolu, sève de mon existence...

 

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6 D'où vient le nom de ton blog ?


Ma Plume Fée dans Paris... Une plume rêveuse et indomptable voguant là où elle le désire, amoureuse de la capitale, de l'Histoire de l'Art et des grandes civilisations, aimantée par le souffle des légendes, la poésie et les récits fantastiques... Une plume qui caracolait déjà dans l'enfance, à rebours de ce qu'on voulait lui faire écrire, réjouie de partager ses émotions tout en jouant avec le mystère. Le nom de mon blog vient de ce creuset rougeoyant où fusionnent à loisir ces facettes très personnelles.


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Une porte, avenue de l'Opéra, que j'adore contempler...


7 Préfères-tu passer tes vacances à la mer, à la montagne ou à la campagne?


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J'aime la mer. La montagne et la campagne sont des lieux envoûtants mais je suis passionnément attirée par les beautés de la forêt, écrin de légendes et de mystères.


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Je serai toujours en admiration devant les arbres, merveilleux réceptacles de sagesse, de force et de magie.


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8 Si tu étais un animal, lequel serais-tu ?


Un chat noir aux yeux d'or, lové dans l'antre d'une sorcière...


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(Photographie trouvée sur le net, j'aurais aimé citer son auteur...)


A propos de félin aux yeux d'or, je vous invite à succomber aux charmes de la ravissante Pépita, sur le blog d'Annick et Pépita. Vous y découvrirez les trésors de la ville d'Amiens, les flâneries facétieuses d'Annick ainsi qu'un doux univers ronronnant...


9 Si tu rencontrais une fée, que lui demanderais tu ?


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La fée aux papillons, Sophie Gengembre Anderson(1823-1903), artiste victorienne.

 

De me laisser contempler son monde onirique à travers une perle de rosée... et de dissiper autant que possible les souffrances de mon organisme (la plupart d'entre vous en connaissent l'amplitude et les particularités). Je lui demanderais aussi un petit sac de poudre magique pour aider les personnes qui affrontent quotidiennement la maladie...


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Les Fées, par Gustave Doré (1832-1883). Un de mes tableaux préférés.


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Un des Flower Fairies de Cicely Mary Barker dont je conte l'histoire dans la Magie de Mai.


10 Quel est ton style de musique préféré ?


La musique est un brasier d'émotions. Mes goûts sont très éclectiques. Ils reflètent mes états d'âme, mes impulsions, mes rêves, mes instants de folie passagère...rires!


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La liste entière de mes affinités musicales serait trop longue à répertorier mais j'adore les envoûtantes ballades celtiques de Loreena Mac Kennit, les flamboyances érotico-gothiques de Mylène Farmer, l'univers et le son fascinants d'Indochine, la voix si saisissante de Gotye (Somebody that I used to know), les clips très cinématographiques du groupe pop rock Maroon 5.


La musique classique a bercé mon enfance et mon adolescence. Les Concertos de Vivaldi, les Opéras de Mozart et de Wagner, les voyages harmoniques de Béla Bartók (…) accompagnent, périodiquement, mes rêveries.


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11 Si tu pouvais rencontrer un personnage célèbre ou un cuisinier célèbre (même mort) qui serait-il ou elle ?


Giacomo Casanova (1725-1798).

 

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Le personnage me fascine depuis l'enfance. Je ne suis pas seulement « attirée » par le séducteur, mais par l'esprit brillant, doté de connaissances en médecine, en histoire, en astronomie, en biologie, en « sociologie », en stratégie militaire et dans tellement de domaines; l'homme rusé, opiniâtre et sensuel qui pulvérisa les hypocrisies, l'escroc flamboyant qui échappa à toutes les modes et à toutes les emprises... J'ai prévu, dans le courant de l'année 2013, de lui consacrer un article...


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Le regretté Heath Ledger...


Je réponds maintenant au tag de Nathalie


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Fruits, de William Merritt Chase


Dans son blog intitulé La Serviette sur la table (www.signe-deco.org) Nathalie nous offre, entre terre et mer, un délicieux éventail de saveurs, de succulents desserts et ses coups de coeur, avec une gentillesse et une sensibilité immenses. Je vous invite à découvrir son univers et ses bons petits plats.


1. Quel est ton plus beau rêve culinaire ?


Être dans un jardin d'hiver, lovée près de mon amoureux. Nous dînons aux chandelles et la neige redessine le paysage avec ses ombres d'argent. Je contemple les coulées de cire aux formes fantastiques et la table où s'étire une farandole de gourmandises...


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Mais un pique-nique sans prétention, partagé dans la douce atmosphère d'un jardin de Paris, me va tout à fait!


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2. Quel repas préfères-tu ?


Un gratin de pommes de terre et de courge butternut suivi d'un fondant au chocolat truffé d'écorces d'orange et de citron confits.


3. As-tu déjà commencé à réfléchir à ton repas de Noël ?


Au détail du repas, non. Mais ma gourmandise et mon envie de faire plaisir sont déjà en pleine effervescence...

 

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Mes petites mignardises de l'année dernière... Je suis loin d'être douée pour la présentation mais elles étaient délicieuses. J'ai un faible pour les pétales cristallisés de rose et de violette sur lit de chocolat noir.


4. Quel dernier livre de cuisine as-tu acheté ?


Un très bel ouvrage, ode ensorcelante à la cuisine et à la magie des contes.

 

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« La Cuisine des Fées » se dévore avec la fièvre au corps. Les recettes sont fabuleuses et l'incursion dans la forêt des contes, particulièrement réussie. On peut trouver ce livre magnifique aux éditions Le Club.


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5. Quelle est ta friandise préférée ?


Les macarons


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Je suis complètement addict!!!


6. Quelle est ta dernière acquisition en ustensile de cuisine ?


Une cuiller à pâte à tartiner... Oh la gourmande! Elle est surtout pour mon mari dont la mine réjouie suscite une réaction en chaîne de bisous volcaniques, assortie d'une voluptueuse émulsion de chocolat...


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7. Ton mari ou petit ami préfère-t-il la cuisine de sa mère à la tienne ?


Oh non!!! Et je n'exagère pas...

 

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8. As-tu déjà fait de la cuisine moléculaire et qu’en penses-tu ?


Je n'ai jamais pratiqué la cuisine moléculaire. Je suis fort réticente à son égard car je redoute ce qui altère la structure des aliments. Et l'azote liquide est associé pour moi à des souvenirs fort douloureux: une opération de la dernière chance au cours de laquelle on m'a anesthésié la bouche avec. Alors je passe mon tour...


9. Peux-tu citer 5 plats que tu affectionnes ?


Un gratin de pommes de terre et de courge butternut

 

Une tarte aux champignons frais et à la crème de riz, délice maison entièrement végétal.

 

Du seitan accompagné de petits légumes caramélisés et de riz basmati.

 

Des pavés de saumon marinés dans une succulente huile d'olive et du vinaigre de cidre artisanal, accompagnés de frites maison et de petits champignons.

 

De la panisse (une préparation à base de farine de pois chiche) accompagnée de lentilles et de légumes sautés.


Quel aliment aimes-tu le plus?


La pomme de terre! Souvenez-vous, je suis une inconditionnelle de la « morelle tubéreuse » et passionnée par les rituels associés à la Terre Mère amérindienne.


11. Quel est aliment détestes-tu?


Le beurre...

 

 


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Voici mes réponses aux cinq questions du tag de Jacqueline


Si vous souhaitez découvrir un univers d'une impressionnante créativité, réservez à « La table de Méline », vous serez séduits par ses recettes audacieuses et ravis par sa gentillesse. J'en profite pour te redire, ma chère Jacqueline, combien j'apprécie notre amitié...


Quel est le plat de votre enfance?


Le couscous de ma grand-mère. Ayant très longtemps vécu en Tunisie, elle avait appris à le cuisiner de manière traditionnelle et réunissait sa famille autour de plats superbes et généreux. Je songe à son si doux sourire...


Quel est votre livre de cuisine culte?


Je n'en ai pas. J'aime suivre mes impulsions culinaires...


Quelle sorte de cuisine du monde vous fascine?


La cuisine japonaise


Quelles sont vos spécialités en cuisine?


Les gratins que, sans me vanter, je réussis fort bien: fondants et moelleux à l'intérieur et dorés et croustillants sur le dessus. Mais je n'ai jamais songé à les prendre en photo.


La tarte au chocolat.


Quel aliment vous fait-il craquer?


Ce n'est plus un scoop: la pomme de terre mais les fruits sont aussi pour moi une source infinie de plaisirs...


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Fruits et verres, Osias Beert (1580-1623).

 

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Fruits et pain


Je réponds maintenant au tag de Tina qui n'a pas de blog mais qui, en lectrice assidue, a souhaité me poser cinq questions. Nous nous sommes liées d'amitié grâce à notre passion pour les images et les récits féeriques.


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Nous adorons toutes les deux le monde onirique de Joséphine Wall.


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Quel est ton signe astrologique et comment le décrirais-tu?


Je suis Bélier!


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Bête à cornes à la tête dure mais qui possède un grand coeur, la faisant fondre, la plupart du temps, comme une madeleine... cependant gare au réveil du volcan!!!


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Hormis Paris que tu adores, quelle autre ville stimule-t-elle ton imagination?


Venise, dans l'écrin de son intemporelle beauté. Tant d'artistes ont succombé à ses charmes. J'ai eu la chance de la visiter plusieurs fois et d'y vivre mon voyage de noces. Nous avons exploré la Venise secrète, caressé les pages de ses grimoires, apprécié, entre ombre et lumière, ses très nombreuses facettes...


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Peux-tu citer trois livres parmi tes préférés?

 

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Voyage au centre de la terre

 

J'ai relu l'intégrale des oeuvres de Jules Verne en 2011 et j'y ai pris un plaisir infini. Voyage au centre de la terre est pour moi la plus fabuleuse alchimie entre le rêve et la réalité, une initiation fascinante pour le jeune Axel, guidé par son oncle, le professeur Otto Lidenbrock et le mystérieux Arne Saknussen. Je ne me lasse pas de plonger avec eux dans les entrailles sombres et flamboyantes de la terre, d'explorer la cryptographie runique, de traverser ce dédale matriciel peuplé d'êtres fabuleux...


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L'action de cet ouvrage captivant se déroule à Versailles en 1774. Alors que le pouvoir de Louis XV s'apprête à devenir l'apanage du jeune Louis XVI, commence une série de meurtres cruels et raffinés, signés d'un F... F comme Fabuliste! L'enquête sera menée, de main de maître, par un espion vénitien, Pietro Viravolta de Lansalt, jusqu'à un face à face haletant...

 

 

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Ce chef-d'oeuvre de Graham Joyce traduit à merveille l'étrangeté du monde de l'enfance et le passage, inquiétant, fascinant et puissamment érotique, au monde adulte.


Parmi toutes tes photos de Paris peux-tu en choisir trois pour lesquelles tu as une « sympathie particulière »?


Trois, ce n'est pas évident, il y en a tant que j'aime mais allez, va pour trois!


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Une des Nymphes de la Place de la Concorde


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Un bateau pirate sur la Promenade du Cours-la-Reine


Image65 Un des dragons fantastiques de la rue des Mathurins


Peux-tu nous montrer une photo de toi bébé, si tu ne trouves pas cela trop indiscret?


Je rougis! Non, je plaisante, voici ma photo mais c'est bien parce que c'est toi...


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Petite Plume Fée âgée de cinq mois...


Après ce florilège de questions, chers amis, voici les miennes.


1. Quelle est ta couleur préférée?


2. Quel est ton premier souvenir culinaire?


3. Quelle était ta matière favorite à l'école?


4. Si tu étais un animal imaginaire, lequel serais-tu?


5. Quel poème as-tu le plus aimé dans l'enfance?


6. Si tu pouvais remonter le temps, quelle époque voudrais-tu explorer?


7. Quelle est ta gourmandise préférée?


8. Quel roman as-tu lu récemment?


9. Aimes-tu le thé et si oui, quel est ton thé favori?


10. Quelle période de l'année préfères-tu?


11. As-tu des animaux?

 


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A mon tour de vous taguer, chers aminautes!


J'aurais aimé vous taguer tous mais il m'est d'avis que ce ne sera pas la seule fois où nous nous livrerons à cet exercice. De toute façon, il n'y a aucune obligation de répondre à ce petit jeu de questions.


Je tague 16 personnes puisque j'ai participé à deux sortes de tags. Onze personnes pour répondre aux règles des tags de Fraizy et de Nathalie et cinq personnes pour répondre aux règles du tag de Jacqueline.


1. Anniclick, Annick et Pépita (http://annick.pepita.over-blog.com)

 

2. Isa-Marie, Grelinette et Cassolettes (http://grelinettecassolettes.over-blog.com)

 

3. Jacqueline, La table de Méline (http://latabledemeline.canalblog.com)

 

4. Corinne, Cronin-Poésies (http://cronin-poesies.over-blog.com)

 

5. Noctamplume, Le blog de Noctamplume (www.noctanplume.com)

 

6. Véronique, Le blog de Chatbada (http://chatbada.over-blog.com)

 

7. Chris, Au fil des jours et des menus plaisirs(http://crisitane.canalblog.com)

 

8. Eglantine, Quai des Rimes (http://quaidesrimes.over-blog.com)

 

9. Linda, Le blog d'El Lobo (http://ekla-de-nature.eklablog.com)

 

10. May, Les Billets de Mademoiselle May (www.les-billets-de-mademoiselle-may.com)

 

11. Eliane, Parfums de Campagne (http://www.parfumsdecampagne.over-blog.com)

 

12. Line, Le sourire de Line (http://lesouriredeline.over-blog.com)

 

13. Ana, Le blog de Miamana (http://miamana.over-blog.com)

 

14. Gut, Cuisine de Gut (http://cuisinedegout.wordpress.com)

 

15. Véronique, Titite Parisienne(http://www.titeparisienne.com)

 

16. Méline, Les photos de Méline (http://mel-and-tof.skynetblogs.be)


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Envoûtantes roses, églantines et pensées de Paris... Un dernier bouquet avant les scintillants sortilèges de l'Hiver...


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Je pense bien à vous!

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #bal, #magie, #noel, #petits, #vitrines

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Chers amis, je vous souhaite un beau mois de décembre et je vous remercie pour vos nombreux petits mots et vos messages de soutien.


Mon état de santé ne me permet plus de continuer à écrire aussi assidûment et de gérer mon blog comme je le voudrais. Malgré mon enthousiasme et le plaisir que j'éprouve à partager le fruit de mes recherches, je dois me reposer, autant que faire se peut, avant que lésions inflammatoires, névralgies chroniques et hémorragies ne prennent l'ascendant sur l'énergie qu'il me reste.


Sachez que je pense bien fort à vous. Je viendrai vous voir chaque fois que je le pourrai et, dès que j'en serai capable, j'écrirai de nouveaux articles.


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Je vous embrasse et je vous souhaite d'excellentes fêtes de fin d'année.


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Avec cette fleur de prospérité, de bonheur et d'amitié...


Cendrine


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Mais avant de vous quitter, je veux vous offrir quelques zestes de magie hivernale...


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Magie des voeux qui vont chevaucher les nuages jusqu'à la demeure du Père Noël, dans les flamboyantes nacres du Cercle Polaire...


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Magie des vitrines de Noël...


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Vitrines des grands magasins du boulevard Haussmann qui attirent, depuis des décennies, les passants de tous âges...


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« Inspirations Parisiennes » glamour des vitrines du Printemps.


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Un rouge souverain pour une robe au charme exquis. Félicitations aux petites mains qui ont apprêté ces princesses miniatures pour un bal très parisien!


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(Image Ykone.com)


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Soixante quatorze poupées évoluent dans des tableaux « Haute Couture », réminiscences du Théâtre de la Mode, tournée internationale de mannequins miniatures qui fut organisée, entre 1945 et 1946, par les maisons parisiennes, rudement éprouvées par la Seconde Guerre Mondiale.


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Robert Ricci, le fils de la couturière Nina Ricci, eut l’idée de présenter des petites poupées pour économiser les frais de tissu et faciliter le transport des collections. De célèbres joailliers, comme Cartier et Van Cleef and Arpels, réalisèrent pour l'occasion des accessoires miniatures et, après une tournée en Europe, le Théâtre de la Mode traversa l’Atlantique pour être présenté à New York. Il est exposé aujourd'hui au Maryhill Museum of Art.


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Sous la griffe de Dior, les vitrines du Printemps célèbrent la magie des lieux emblématiques de la capitale, dans une atmosphère rêveuse et enneigée... Un bal masqué, une patinoire sous la Tour Eiffel, un jardin d'hiver, le Café de la Gare, les toits de Paris, une fête foraine, un voyage en ballon... les élégantes sont mises en scène, avec humour et poésie, dans des saynètes aux couleurs chatoyantes.


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Du rouge passion à foison...


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Des tenues vaporeuses...


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Des gourmandises hypnotiques!


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Du romantisme et du mystère...


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La belle et la bête...


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Des ornements enchantés...


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Une licorne des neiges dans un palais de bulles de cristal...


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Des muses écarlates sur un lit de poudreuse...


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Quintessence de féminité...


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Et secrets élixirs...


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Rêve de princesse en figure de proue...


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Aux Galeries Lafayette, nous découvrons « Le Bal du Siècle », un ensemble de douze vitrines imaginées par Louis Vuitton pour célébrer le centenaire de la coupole du grand magasin. Elles se présentent comme une ode au voyage et sont peuplées de majorettes et d'animaux exotiques qui arborent de célèbres produits de la marque.


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Hormis les jolis visages de ces poupées, cet étalage de luxe n'est pas ma tasse de thé...


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Mon âme d'enfant s'est sentie désorientée de ne pas retrouver l'imaginaire de Noël... Elle n'a pas été la seule!


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Des animaux exotiques et polaires composent un singulier bestiaire. Ils jouent le rôle d'ambassadeurs pour ce florilège de créations très onéreuses...


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La Quatrième Dimension de Noël!!!


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Il était une fois un ours blanc métamorphosé en fashion victim...


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La douceur et le charme d'un bal en tenue baroque...


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Des amoureux déjà prêts pour la Saint-Sylvestre...


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Pas facile de capturer l'image entre deux jeux de reflets mais je m'amuse de cette « incertitude » artistique...



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Le carrosse de Cendrillon, luxuriante citrouille aux spires d'or qui envoûte l'imagination des petits et des grands...



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En cette fin d'année 2012, les princesses et les héroïnes de contes de fées sont à l'honneur. Cendrillon, Blanche-Neige, Belle, Aurore, Raiponce ont investi les vitrines de la rue de la Chaussée d'Antin.


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L'horloge de Cendrillon marque les douze coups de minuit... comme en suspension dans l'atmosphère...


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Petite fouineuse


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Blanche-Neige et Simplet dans la forêt enchantée.


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Belle au bal des mystères et des métamorphoses.


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Aurore dans ses somptueux atours... Dommage qu'à l'instar de Belle et de Raiponce elle ait perdu la tête...


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Raiponce et la légende des cheveux d'or...


Arrêtons-nous un instant, sous la coupole centenaire des Galeries Lafayette, pour contempler un arbre de Noël paré comme un vaisseau de lumière.


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Au-dessus d'un lustre monumental, composé de 5000 étoiles en cristal facetté, ce sapin de 21 mètres de hauteur semble surgir, tout scintillant, des forêts de l'Ancien Monde. Aux aiguilles de cet arbre royal s'agrippent de superbes cristaux, créations de Swarovski, la « maison au cygne ».


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Grâce à de subtils jeux de lumière, les couleurs de ces cent vingts ornements varient du blanc au bleu, en passant par le jaune, le rouge et le violet.


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Au faîte du géant, pulse un bijou féerique...


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Une étoile des glaces qui aimante le plus petit frisson de lumière...


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La mise en scène fait des étincelles mais attention, tout ce qui brille n'est pas or! La magie des fêtes réside dans notre capacité à nous émerveiller des petits riens, des ornements de bric et de broc que la vie nous offre... Je me retire des splendeurs de ce théâtre en vous souhaitant, à nouveau, un très beau mois de décembre.


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Je vous embrasse bien fort!


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Publié le par maplumefee
Publié dans : #loing, #moret, #orge, #petit, #sucre

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ARTICLE PROGRAMMÉ

 

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Avec douceur et poésie, la magie des décors de Noël se dévoile dans le paysage urbain.

 

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Les sapins se parent d'ornements romantiques et de pépites fleuries.

 

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Inspiration rêveuse et rose fantaisie...

 

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Un petit rappel des vitrines des Grands Magasins, avec la suite de mes photos...

 

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Les coquetteries du boulevard Haussmann.

 

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Mes pas m'ont ensuite guidée vers le Passage du Havre.

 

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Il abrite, entre la rue de Caumartin (ancienne rue Sainte-Croix) et la gare Saint-Lazare, un petit centre commercial.

 

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Il fut créé, en 1845, dans le 9e arrondissement de Paris, par l'architecte Charles-Victor Bartaumieux (1832-1907) et ouvert au public le 7 septembre 1846. On y trouvait des marchands de cannes et de parapluies, des chapeliers, des imprimeurs et des papetiers, des pâtissiers et un quincaillier renommé mais il était surtout réputé pour ses boutiques de jouets. Sa situation privilégiée près de la gare Saint-Lazare attirait, de toute la France, les amateurs de maquettes de bateaux et de trains et favorisait les échanges commerciaux.

 

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(Image: les trains de Guillaume.)

 

Le magasin « Au Pélican » était situé autrefois aux numéros 43 et 45. Il regorgeait de poupées, de peluches, de petites voitures, d'avions et de bateaux miniatures. Il proposait de nombreux modèles de trains et une profusion de pièces détachées. On y sélectionnait les meilleures marques et on y fabriquait des éléments très précis, sur demande expresse des clients.

 

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(Paris en images)

 

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(Agence Roger Viollet)

 

Ces charmantes boutiques ont hélas disparu mais il est agréable de prendre un thé ou un café sous la verrière de la rotonde.

 

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En suspension au-dessus de nos têtes, des gouttes géantes capturent nos ombres, nos silhouettes et nos pensées vagabondes. Elles crépitent avec douceur, dans le brouhaha ambiant, et s'embrasent au moindre rai de lumière, comme des fioles sorcières.

 

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Gouttes d'eau, larmes d'ambre... mon esprit caracole à travers leur douce fantasmagorie.

 

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Transparences songeuses et modernes vanités...

 

Dans les tableaux du XVIIe siècle, les bulles, les gouttes et les jeux de reflets traduisaient l'insaisissable. Ils nous invitent, aujourd'hui encore, à méditer sur la fuite du temps car, ne l'oublions pas, l'éphémère mène la danse. Alors savourons, comme autant de plaisirs exquis, les étincelles de bonheur qui brillent à notre portée...

 

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La rotonde est bordée par un petit jardin, joliment aménagé à l'occasion des fêtes.

 

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Des rennes et des lutins facétieux nous invitent au Cercle Polaire, près d'une cahute à friandises, où se dévoilent des macarons géants, des cannes de sucre d'orge et des sucettes chatoyantes.

 

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Un espace charmant que les petits et les grands semblent bien apprécier.

 

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Une « soucoupe » pistache et chocolat, avant-poste de la planète macaron! Je vous entends rire d'ici mais ne me dites pas que vous n'auriez pas envie de l'explorer...

 

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La canne de sucre d'orge est l'attribut des bonshommes de neige, des lutins et du Père Noël qui transforma en friandise la crosse de Saint-Nicolas.

 

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Les origines de cette gourmandise aux couleurs joyeuses sont teintées de mystère. Certaines sources l'associent aux célébrations du solstice d'hiver dans l'Angleterre médiévale. Un mélange de miel et d'orge cuit était offert aux anciens dieux et aux représentants du Petit Peuple pour attirer la prospérité sur les villages.

 

Pour d'autres, la canne de sucre d'orge serait originaire des États-Unis. Un confiseur l'aurait créée, au XIXe siècle, en hommage au Christ et elle représenterait un J stylisé.

 

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Nous devons aux Bénédictines de Moret-sur-Loing, en Seine et Marne, la plus célèbre recette de sucre d'orge. La mère supérieure du Prieuré de Notre Dame des Anges, Elisabeth Pidoux, cousine du poète Jean de La Fontaine, lança, en 1638, la fabrication du sucre d'orge: un bâton aux vertus adoucissantes composé d'une décoction d'orge perlé (ou gruau d'orge), et de sucre de canne cristallisé avec du vinaigre.

 

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(Moret-sur-Loing.fr)

 

Le sucre d'orge fut à l'origine un « sucre de gorge », destiné à apaiser les gorges endolories. Très prisé des orateurs car il leur donnait la voix claire, ce produit s'imposa rapidement à la cour de Louis XIV où il devint la coqueluche des gourmands. Bossuet, l'évêque de Meaux, en était particulièrement friand.

 

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(Moret-sur-Loing.fr)

 

Le monastère fut hélas « balayé » par la Révolution. Après sa disparition en 1792, le secret du sucre d'orge faillit être définitivement perdu mais une religieuse appelée Soeur Félicité revint, quelques temps plus tard, à Moret-sur-Loing pour y terminer sa vie. Elle était la gardienne de la fameuse recette qu'elle transmit à l'une de ses amies. Vers 1853, Monsieur Desmarais, un négociant français en canne à sucre du Brésil put relancer la fabrication des confiseries.

 

Une congrégation de religieuses bénédictines fit son retour à Moret-sur-Loing et, de 1920 à 1950, les sucres d'orge connurent un regain de popularité. En 1972, après quelques années troublées, la soeur Marie-André transmit le secret à monsieur Jean Rousseau, natif de la petite ville de Seine-et-Marne. La Maison Jean Rousseau exploite toujours la licence des sucres d'orge de Moret-sur-Loing.

 

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Sous le Second Empire, se développa le sucre d'orge de Vichy. Cette spécialité, fort appréciée par l'empereur Napoléon III, était à la mode dans les stations thermales. Il s'agit de petits bonbons ronds, en sucre cuit, aromatisés aux fruits et enveloppés de cellophane. Ils étaient réputés soigner les laryngites et rendre la voix claire aux orateurs.

 

Pour la petite histoire, les fameuses pastilles de Vichy, à la forme octogonale si caractéristique, sont nées en 1825, à l'initiative du chimiste Jean-Pierre-Joseph Darcet (1777-1844). Elles sont riches en principes actifs issus des sels de l'eau thermale de Vichy.

 

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Le monde des friandises nous réserve une foule de surprises et réjouit tout autant nos papilles que nos esprits.

 

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Monde d'intense douceur dont les lutins préservent les secrets...

 

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Je craque pour leurs petits souliers...

 

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Totalement irrésistibles ces bouchées de chocolat artisanal...

 

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Ma promenade se termine avec ces charmants découpages qui ont fait palpiter mon âme d'enfant...

 

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Et réveillé, dans l'écrin de leur délicate palette, l'esprit des légendes hivernales.

 

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Je ne peux que vous conseiller de visiter le site de leur créatrice: Hélène Druvert.

 

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Une poésie fine, suave, intemporelle imprègne ses réalisations.

 

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Entre gourmandises et petits plaisirs décoratifs, je vous souhaite de très belles fêtes de fin d'année et je vous embrasse bien fort!

 

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Plume4

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