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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

Publié le par maplumefee
Publié dans : #deesse, #jpg, #lumiere, #ours, #roi

 

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© Briar, « Guided by the Northern Lights »

 

Je vous souhaite un TRÈS JOYEUX TEMPS DE YULE/NOËL 2020...

 

Et je choisis, en souvenir de notre aminaute Lady Marianne que nous n'oublierons jamais, un petit poème d'hiver écrit par Pernette Chaponnière (1915-2008), poétesse, dramaturge, romancière et bibliothécaire suisse, passionnée de comptines et d'ouvrages pour enfants.

 

La Neige

 

« Regardez la neige qui danse

Derrière le carreau fermé.

Qui là-haut peut bien s’amuser

À déchirer le ciel immense

En petits morceaux de papier ? »

 

Pernette Chaponnière

 

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©Briar, Féerie d'Hiver

 

Lumières vives, voluptueuses et dansantes au coeur de « la plus longue nuit » de l'année... La puissance initiatique du Solstice d'Hiver s'est exprimée, le 21 décembre 2020, sous l'obédience de l'énergie lunaire, dans un ciel traversé par une myriade d'étoiles filantes...

 

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Nuit de Magie Pure, cristaux givrés de sélénite et broderies d'argent qui se mélangent sur le velours d'un territoire infini...

 

A Yule, dans le folklore des pays du Nord de l'Europe, on assiste au retour des Ancêtres dont l'énergie attise le frisson mystérieux de la Chasse Sauvage. J'évoque cette chevauchée mythique dans mon article intitulé La Magie Hivernale.

 

http://maplumefeedansparis.eklablog.com/la-magie-hivernale-version-2018-a156493706

 

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Voyage Chimérique de ceux qui furent et demeurent les Gardiens d'une forme de Connaissance Ardente.

 

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Déesse du Solstice par © Emily Balivet

 

La Déesse, principe féminin honoré par les peuples anciens, enfante, dans les légendes du Nord, le Dieu Soleil, incarnation de la Vie.

 

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© Briar, La Déesse des Lumières de Yule et l'Enfant Solaire Sacré

 

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La bûche de Yule lui est consacrée. Bûche qui est devenue au fil du temps la bûche de Noël et qui se présente comme un gâteau succulent sur la table des festivités.

 

Traditionnellement, la bûche de Yule est taillée dans une branche de chêne dont les cendres, considérées comme sacrées, sont conservées tout au long de l'année dans un endroit secret. Elle symbolise le feu divin, nourricier et purificateur. Elle brûle dans le foyer, bouche crépitante de la maison, canal des âmes, à la croisée des mondes.

 

Bûche que l'on allumait jadis, dans le monde chrétien, au creux de l'âtre et qui devait brûler jusqu'au Nouvel An ou jusqu'à l'Épiphanie. La sagesse populaire conseillait de jeter sur la bûche un peu de sel et d'eau avant d'y mettre le feu. Une partie des cendres de la bûche était ensuite placée près du seuil de la porte d'entrée afin de protéger l'habitation contre les entités démoniaques, les voleurs, les tempêtes et les inondations.

 

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© Briar, La Dame des Lumières de Yule

 

La Déesse des Lumières Hivernales est également représentée par une couronne qui peut être constituée par un ou deux végétaux ou par une couronne plus sophistiquée où se mêlent pommes bien rouges, baies de laurier, feuilles de gui, de sapin, de chêne, d'if et de houx... Une couronne, un cercle, un rond de végétation sacrée qui donne pleinement son nom à Yule. Yule qui signifie « la Roue » !

 

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Sous l'obédience de la Déesse, Matriarche Lunaire, s'affrontent deux forces à la fois antagonistes et complémentaires. L'une de ces forces est représentée par le Roi Houx (Holly King/Lord of Darkness) et l'autre, par le Roi Chêne (Oak King/Lord of Light). Une longue bataille les oppose jusqu'à la victoire du Roi Chêne. Les jours deviennent ensuite plus longs.

 

Ainsi la Déesse, dans ses atours scintillants, apparaît-elle comme la Suzeraine des Forces Calendaires. La Lucie des pays nordiques, esprit de lumière et de sagesse, honorée le 13 décembre, en est une émanation juvénile et ravissante.

 

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Lucie et les chats blancs, émanations sacrées des chats qui accompagnaient la grande déesse Freya, la déesse nordique de l'Amour et des Plaisirs...

 

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Dans ce contexte, deux frères, Le Roi Chêne (Oak King) et le Roi Houx (Holly King), veillent à l'Équilibre Sacré des Forces de la Nature.

 

Ils combattent deux fois dans l'année : Au Solstice d’été (Midsummer, Litha, Coamhain... vers le 21 Juin)et au Solstice d'Hiver (Yule, Saturnalia, Jólablót, Light Christmas, Midwinter... vers le 21 Décembre).

 

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Le Roi Chêne est un pourvoyeur en Lumière. Il est celui qui va ranimer, au fil du temps, la chaleur nourricière dans les entrailles de la Terre Mère.

 

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Le Roi Houx © Anne Stokes

 

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Le Roi Houx © Margaret Ellis

 

Le Roi Houx règne sur les mondes sombres tout en préservant la Fécondité.

 

Ni l'un ni l'autre ne représente un principe manichéen associé au Bien ou au Mal. Ils sont les accesseurs magiques de la Déesse et portent dans leurs ramures végétales la Puissance du Dieu Cernunnos, Maître des Animaux, Seigneur de la Connaissance Secrète, Chamane Ancestral.

 

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Dieu Cerf Chamane de Yule

 

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Father Winter © Shona Mac Donald

 

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Pekka Halonen (1865-1933), artiste finlandais, artiste de la glace et de la neige.

 

Au Solstice d'Hiver, dans l'hémisphère nord, la durée du jour est la plus courte puis les jours commencent à rallonger alors que dans l'hémisphère sud, les jours raccourcissent. Nos Ancêtres considéraient cela comme le combat nécessaire entre Roi Chêne et le Roi Houx.

 

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©Briar, The Night before Yule

 

Le Solstice d'Hiver peut être lié à la pleine lune ou à la nouvelle lune ou à l'énergie d'une pluie d'étoiles filantes, nommées Ursides.

 

Les Ursides forment un essaim d'étoiles filantes qui crépitent dans le ciel d'hiver. Elles dessinent des traînées scintillantes qui émanent de la Constellation de la Petite Ourse.

 

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Dorothy Pulis Lathrop (1891-1980), Illustration pour « Stars Tonight », 1930.

 

Elles ont été observées en 1916 par l'astronome britannique William Frederick Denning (1848-1931) et leur existence est officiellement reconnue depuis 1945.

 

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Constellation de la Grande Ourse

 

La Grande Ourse, appelée aussi Grande Casserole ou Grand Chariot (la Grande Cuillère « Big Dipper » aux États-Unis) est liée, d'après les auteurs antiques, à la nymphe Callisto qui appartenait au cortège de la déesse Artémis et fut aimée de Zeus, le roi des dieux.

 

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Callisto séduite par Zeus qui a pris l'apparence de la déesse Diane/Artémis, école française du XVIIIe siècle, d'après François Boucher (1703-1770).

 

Héra, la reine de l'Olympe, épouse de Zeus, surprit un jour son mari faisant l'amour avec Callisto et prise de fureur, elle jeta un sort à Callisto, la transformant en un amas d'étoiles destinées à scintiller dans le ciel du nord. Callisto devint ainsi la Grande Ourse, une constellation dite circumpolaire, c'est à dire qui ne paraît pas se coucher.

 

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Callisto, la Lune de la planète Jupiter. Elle est particulièrement brillante car elle réfléchit la lumière du soleil.

 

Quelques temps plus tard, Héra métamorphosa Arcas, le fils de Callisto et de Zeus en la Petite Ourse, une constellation qui suit sa « mère étoilée » en permanence.

 

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© Art Galla, Petite et Grande Ourse sur DeviantArt

 

La Grande Ourse est sacrée pour plusieurs tribus indiennes d'Amérique du Nord qui vénèrent l'Ours comme un être fondateur de lignées et de mondes. Dans de très vieux récits, une Ourse traquée par des chasseurs est parvenue à se réfugier dans le ciel nocturne pour échapper à ses poursuivants.

 

Suzeraine des contrées septentrionales (les Romains la nommaient « Septem Triones » soit les sept bœufs de labour), la Grande Ourse est l'une des protectrices de l'Étoile Polaire dont la lumière diamantée est considérée comme l'une des plus puissantes sources d'énergie magique par les peuples de jadis.

 

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La Grande Ourse est à l'origine du nom Cercle Arctique. Arctos/Arktos signifiant l'Ours dans l'ancienne Grèce.

 

Elle apparaît comme une gardienne de la fécondité, de la vie et porte des noms évocateurs dans les grimoires d'astronomie et d'astrologie :

 

Le Chariot du Roi Arthur (Karr Arzhur) en Bretagne où elle est également désignée comme le chariot retors ou l'extrémité de la charrue.

 

Le Char de Charlemagne (Karlavagen) en Scandinavie, en Norvège ou encore en Suède.

 

La Charrue qui scintille (Bright Plough) dans le monde anglo-saxon...

 

En Arabie, la Grande Ourse est perçue comme le cénotaphe d'un homme tiré par ses filles qui tentent de rattraper le meurtrier de leur père soit la Petite Ourse.

 

Au Japon, on loue sa sagesse et sa capacité à créer la Lumière du Ciel et en Chine, elle règne avec bienveillance sur le cycle complexe des saisons.

 

Dans la tradition hindoue, on la nomme Sapta-Riksha. Elle est la demeure des Sept Rikshi », les sept rois ou sept sages et des Immortels nommés Hamsa Ases. Incarnation lumineuse de la Sagesse Primordiale, elle est la gardienne de l'Arche Polaire : le cœur brillant de toute Connaissance...

 

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La poétique vélocité des Ursides témoigne de la beauté de l'Ourse Céleste, ensemble de deux amas étoilés qui attisent la créativité et la capacité à rêver...

 

Fascinante magie qui nous appelle à voyager en imagination dans le ciel du Nord et à allumer des bougies dans la nuit...

 

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Que la Magie du Temps des Fêtes vous apporte sa Beauté, chers Aminautes !

 

Sans oublier les personnes seules, en souffrance et sans ressources...

 

Je souffle vers vous de gros bisous... A très bientôt dans nos bulles étoilées...

 

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©Briar, La Déesse et son petit enfant de lumière sacrée...

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #1858, #leighton, #lord, #samedi , #tableau

 

MERCI beaucoup pour vos gentils petit mots, vous êtes dans mes pensées, vous le savez...

 

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En souvenir de Lady Marianne qui demeure, tendrement, dans nos pensées et maintenant, régi par Fardoise et Lilou.

 

https://lilousol.wordpress.com/category/tableau-du-samedi

 

http://entretoilesetpapiers.eklablog.com

 

Pour le 19 décembre, le thème est libre. Les participations sont sur le blog de LilouSoleil... Merci à Fardoise et à Lilou ??

 

https://lilousol.wordpress.com

 

 

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Ce samedi, j'ai choisi une œuvre que j'aime infiniment, sur des thèmes qui me sont chers, ceux de la Sirène et de la Passion Amoureuse...

 

Le charme d'un élan... L'élan d'une Sirène, créature fatale dotée d'une superbe chevelure et d'atours voluptueux, vers un être à séduire et à emporter dans les flots. Émulsion de couleurs, alchimie de lumière et d'ombre pour un corps à corps, une toile vibrante, aux accents à la fois vifs et mortifères, où se laissent prendre les héros... J'ai voulu évoquer ce tableau plein de passion et de fièvre, invitation au voyage au seuil de l'entre-deux, car la Sirène exerce sur moi, depuis l'enfance, une fascination ardente. Elle est, je l'ai déjà exprimé, l'un de « mes » personnages fantasmagoriques préférés.

 

Réputée à la fois douce et vénéneuse, l'étreinte de la Sirène suscitait, à l'époque Victorienne, de nombreux fantasmes. On racontait, dans les villes portuaires et pas seulement, des histoires mettant en scène des relations amoureuses et torrides entre des jeunes femmes aux pouvoirs de sirènes et des pêcheurs ou des jeunes hommes attrapés par les dites sirènes alors qu'ils nageaient ou se promenaient au bord de l'eau.

 

Il était fréquent que les garçons de l'époque rêvent de faire l'amour avec une sirène, se laissant saisir par les feux du plaisir pour éviter des mariages de convenance et des obligations liberticides à souhait...

 

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Les Sirènes de la mythologie grecque vivaient sur une île située au milieu du détroit de Sicile, entre le territoire d'Aea et les deux célèbres rochers-monstres Charybde et Scylla. Célèbres pour leurs chants mélodieux qui attiraient les marins, de manière irrépressible, elles étaient représentées souvent en train de jouer d'un instrument de musique (harpe, lyre, flûte...) ou de coiffer leur longue chevelure qui pouvait être « naturelle » ou constellée de perles, de corail, de fleurs aquatiques, de coquillages voire de petits os.

 

On les disait filles du dieu fleuve Achéloos et en fonction des légendes et des récits, elles avaient pour mère Calliope, Melpomène ou Gaïa.

 

A l'époque romaine, on les considérait comme des femmes oiseaux que l'on croyait métamorphosées par la déesse Cérès pour ne pas être intervenues pendant l'enlèvement de la jeune déesse Proserpine, fille de Cérès, par Pluton, l'Hadès grec.

 

Au Moyen-Âge, on leur attribua peu à peu une queue de poisson et elles évoluèrent dans un monde féerique.

 

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Le chant de la Sirène est une étendue musicale sauvage, une contrée infinie de fantasmes, une initiation par les sortilèges de l'eau. Ce chant était au départ l'attribut des Sirènes Ailées car les premières Sirènes, comme je l'évoquais ci-dessus, possédaient un corps d'oiseau, des ailes puissantes et un visage de jeune fille.

Particulièrement fières de la beauté de leurs voix, elles décidèrent un jour de défier les Muses, filles de Mnémosyne, la déesse de la Mémoire et de Zeus, le roi des dieux. Au terme d'un « affrontement » artistique d'une qualité des plus intenses, les Muses furent déclarées victorieuses et elles choisirent de recevoir pour trophée une couronne réalisée avec les plumes des Sirènes.

Privées de la possibilité de voler, les Sirènes s'installèrent alors sur les côtes tourmentées d'Italie Méridionale et leurs corps se transformèrent. Elles devinrent des femmes poissons et des esprits ambivalents des mouvements de l'eau.

 

On les retrouve, de par le monde, dans une infinité de légendes et de mythes. Ainsi, nombre de héros ont-ils dû, sur des mers hostiles, affronter les Sirènes et redoubler d'efforts afin de ne pas succomber à la tentation de leurs chants qui les auraient précipités dans les abysses de l'Océan.

 

Il y a quelques semaines, j'avais présenté une Sirène musicienne et évoqué Yemanja, déesse sirène caribéenne aux charmes bienveillants.

 

http://maplumefeedansparis.eklablog.com/le-tableau-du-samedi-sir-edward-john-poynter-la-sirene-musicienne-vers-a204226844

 

 

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L'auteur du Pêcheur et de la Sirène, Lord Frederick Leighton, peintre et sculpteur britannique, était considéré comme un maître en son temps. Il naquit le 3 décembre 1830 à Scarborough dans le comté du Yorkshire, au Royaume-Uni et mourut en 1896 à Kensington.

 

Sa Sirène se montre emblématique de la vision du personnage à l'époque Victorienne. Dans cette société ultra corsetée où les passions ne pouvaient s'exprimer que « sous le manteau », la Sirène incarnait la tentation extrême de l'expression la plus libre possible des désirs. Elle est la femme charnelle, celle avec qui on peut faire l'amour de manière débridée, ne redoutant pas le contact sexuel et le qu'en-dira-t-on.

 

Comme je l'évoquais plus haut, beaucoup de jeunes hommes, à cette époque, allaient se promener au bord de l'Océan, espérant y rencontrer une sirène et ainsi, donner libre cours à leurs envies érotiques. L'un des fantasmes les plus courants était de se faire emporter par une sirène dans les flots et de devenir son amant attitré. En peignant ce tableau, Lord Frederick Leighton exprimait donc, de manière artistique, ce qui hantait les esprits d'un grand nombre de ses contemporains.

 

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Issu d'une famille de médecins par son père et son grand-père qui avait soigné les membres de la famille royale russe, il eut l'occasion de voyager et cela nourrit sa créativité.

 

Il bénéficia d'une solide formation artistique, étudiant à Berlin puis à l'University College School, à Londres, approfondissant ses connaissances à Florence, à l'Accademia di Belle Arti et découvrant les charmes de Paris où il fit la rencontre de Delacroix, Corot, Ingres et Millet.

 

Après plusieurs années passées en France (de 1855 à 1859), il retourna en Angleterre (1860) où il s'établit et fréquenta les milieux Préraphaélites.

 

Profondément considéré dans les milieux artistiques de son temps, il fut élu Président de la Royal Academy en 1878. Il fut professeur et mentor pour des artistes qui jouirent d'une belle notoriété comme le dessinateur, sculpteur et orfèvre Alfred Gilbert (1854-1934), et les peintres Frank Dicksee (1853-1928) et Charles Edward Perugini (1839-1918).

 

En 1900, à l'Exposition Universelle de Paris, ses oeuvres furent choisies pour représenter la Grande-Bretagne. Émanations idéalisées du charme victorien et de la quête d'un Âge d'Or inhérent à la nostalgie de la Grèce et de la Rome antiques, elles furent plébiscitées.

 

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Artiste accompli, Lord Frederic Leighton entretint un certain mystère autour de sa vie privée même si les rumeurs concernant son homosexualité allaient bon train. Célibataire, il était entouré de jeunes hommes qui se passionnaient pour ses mises en scènes picturales glorifiant un passé mythologique.

 

Une relation épistolaire intense et sûrement amoureuse, aux dires des historiens d'art anglais, l'unit au poète Henry William Greville qu’il avait rencontré à Florence en 1856. On lui attribua également la paternité d'un enfant qu'il aurait conçu avec l'un de ses modèles.

 

Très apprécié de ses contemporains, il fut fait chevalier en 1878, baronnet en 1886 et devint le premier peintre britannique à être nommé pair du Royaume-Uni en 1896, à la veille de sa mort.

 

On peut admirer à Londres, dans Melbury Road, sa maison de Holland Park qui a été transformée en musée.

 

 

Sur La Chimère écarlate, j'ai choisi une œuvre de l'artiste américain Maxfield Parrish (1870-1966), grand amoureux de la couleur bleue, spécialisé dans l'utopique et le mystérieux.

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http://chimereecarlate.over-blog.com/2020/12/le-tableau-du-samedi-maxfield-parrish-ecstasy.html

 

 

A très bientôt, chers Aminautes... Profitez-bien, en vous protégeant, des joies de la période de Noël... Je pense bien à vous ! Et merci à notre aminaute de cœur Jean-Marie pour ses cadeaux créatifs de la période...

 

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http://lejardindejeanmarie.eklablog.com/chansons-theme-bonbons-chocolat-boissons-a204433596

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #bien, #Esther, #Granek, #l’instant, #plaisir, #saisir, #Sarcelles

BLOG EN PAUSE quelques jours... Récupération nécessaire après trois nouvelles crises d'épilepsie...

Je pense bien à vous et aux aminautes qui souffrent et combattent en ce moment. On se soutient les amis !

 

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Je continue avec plaisir la tradition du Poème du Mardi, un rendez-vous que j'aime beaucoup, en souvenir de Lady Marianne, avec des pensées d'amitié.

 

J'ai choisi pour ce mardi « Saisir l'instant », un poème d'Esther Granek, poétesse dont j'apprécie infiniment le style et le talent. La semaine dernière, j'ai songé à ces mots en déambulant dans ma ville de Sarcelles, pendant la promenade de confinement. Ce jour-là, la règle consistait encore à ne pouvoir accomplir qu'un kilomètre. J'étais contente d'être dehors mais j'ai croisé des personnes qui semblaient fort mélancoliques et pour certaines, bien désemparées. J'ai alors pensé à l'écriture d'Esther Granek (1927-2016), grande dame de la poésie et survivante de la Shoah.

 

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Saisir l’instant

 

Saisir l’instant tel une fleur

Qu’on insère entre deux feuillets

Et rien n’existe avant après

Dans la suite infinie des heures.

Saisir l’instant.

 

Saisir l’instant. S’y réfugier.

Et s’en repaître. En rêver.

À cette épave s’accrocher.

Le mettre à l’éternel présent.

Saisir l’instant.

 

Saisir l’instant. Construire un monde.

Se répéter que lui seul compte

Et que le reste est complément.

S’en nourrir inlassablement.

Saisir l’instant.

m

Saisir l’instant tel un bouquet

Et de sa fraîcheur s’imprégner.

Et de ses couleurs se gaver.

Ah ! combien riche alors j’étais !

Saisir l’instant.

 

Saisir l’instant à peine né

Et le bercer comme un enfant.

A quel moment ai-je cessé ?

Pourquoi ne puis-je… ?

Saisir l’instant.

 

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Je veux offrir ce poème aux personnes en souffrance psychologiquement, aux personnes qui ont tourné en rond dans du béton pendant de longues semaines, tout le monde ne disposant pas d'espaces verts à proximité de chez soi. Je pense à leur désarroi et j'espère qu'elles se sentiront mieux, dès que possible...

 

J'illustre ce poème avec des photos indissociables de mon bonheur de saisir l'instant et je prends plaisir à partager avec vous les derniers trésors d'automne.

 

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Je vis dans un espace « très » urbain mais entre les immeubles, s'étire un petit parc. Je ne me suis donc pas sentie « happée » par le béton quand nous n'avions droit qu'à un kilomètre par jour. Depuis samedi 28 novembre, les 20 kilomètres et les trois heures sont bien appréciables... On peut souffler davantage et cela fait du bien...

 

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« Marcher dans les ors de l'Automne,

Sous les lacis de branches, rêver, papillonner...

Quand sombrent bien des choses sous les velours de la Terre...

Songer à la vague d'Hiver sans jamais oublier que reviendra le Printemps...

S'aventurer, se projeter jusqu'aux plaisirs de l'Été...

Vivants dans la Lumière, se ressourcer, Ici et Maintenant ! »

 

Cendrine

 

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Plaisir d'être dans ce petit parc, parmi les ginkgos en parures de soie d'or, les hêtres pourpres, les chênes en métamorphose, les conifères, les bouleaux, les peupliers...

 

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Vraiment bienvenu ce petit parc en pleine ville...

 

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Sur le chemin du retour, j'ai bien apprécié l'ombre de l'arbre sur l'immeuble, les silhouettes des grands arbres annonçant ma rue et les effets de ciel.

 

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Voilà pour cette petite escapade dans ma ville...

 

Je me mets en PAUSE quelques jours et je vous retrouve ensuite, gros bisous, prenez bien soin de vous !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #dieu, #euterpe, #jpg, #muse, #musique

 

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En souvenir de Lady Marianne qui demeure, tendrement, dans nos pensées et maintenant, régi par Fardoise et Lilou.

 

https://lilousol.wordpress.com/category/tableau-du-samedi

 

http://entretoilesetpapiers.eklablog.com

 

Pour ce 28 novembre, retour au thème choisi soit « La Musique, joie d'écouter ou de jouer d'un instrument ». Les participations sont sur le blog de LilouSoleil... Merci à Fardoise et à Lilou ??

 

https://lilousol.wordpress.com

 

 

En poursuivant l'exploration de ce thème, à travers une œuvre de l'artiste suisse Jakob Emanuel Handmann (1718-1781), je veux rendre hommage à la muse Euterpe qui règne sur la magie des sons et le pouvoir de la Musique. Je prends également plaisir à évoquer ses sœurs qui régissent les Arts car les dons et talents qu'elles insufflent sont imprégnés d'une même énergie ardente.

 

Les Arts sont liés, leur fusion nous enchante !

 

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Euterpe est la créatrice de la musique, la reine des instruments à vent. Couronnée de fleurs, elle tient une flûte d'où émane, à travers différents récits mythologiques, le Son Originel. Elle appartient à la célébrissime fratrie des Neuf Muses.

 

Les Neuf Muses, filles de Mnémosyne, la Mémoire et de Zeus/Jupiter, le maître des Olympiens sont honorées comme des Déesses. Leurs voix mélodieuses résonnent dans les lieux élevés. Leur assemblée est présidée par le dieu Apollon. Les Grâces paraissent auprès d'elles ainsi que le dieu de l'Amour, des artistes, des sages et des philosophes.

 

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Belles, jeunes, brillantes, sensuelles, gardiennes de la Connaissance, inspiratrices des Arts, les Muses (Mnémosynides) ne se laissent pas défier sans réagir avec intensité. Elles sont à l'origine de la transformation des Sirènes, esprits de l'air sous leur forme initiale, en demoiselles des eaux. Les Sirènes, femmes ailées, leurs disputèrent le premier prix de chant auprès des Olympiens. Les Muses, opiniâtres, gagnèrent et les Sirènes perdirent leur plumage et furent obligées de s'exiler sur une île lointaine, à proximité des terrifiants Charybde et Scylla.

 

Quelques temps plus tard, neuf sœurs dotées de belles qualités artistiques, les Piérides, se mesurèrent aux Muses. Elles perdirent et se mirent en colère. En guise de punition pour avoir vilipendé les Muses, elles furent transformées en pies par les dieux. Condamnées à jacasser pour l'Éternité...

 

De nombreuses fontaines et sources sont consacrées aux Muses, à l'instar de l'Hippocrène, source née d'un coup de sabot du cheval ailé Pégase, coursier merveilleux associé à l'Inspiration Poétique.

 

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Visite de Minerve aux Muses par Joos de Momper le Jeune (1564-1635). Pégase et la source/fontaine Hippocrène apparaissent à droite. Un concert, dans cette œuvre précieuse, s'organise autour d'Euterpe.

 

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Euterpe a pour sœurs :

 

Uranie « la savante » qui règne sur l’Astronomie et l’Astrologie.

 

Calliope, la spécialiste de l’éloquence et de la poésie héroïque, mère du poète Orphée.

 

Clio, suzeraine de l'Histoire, gardienne des grands événements et des mémoires ancestrales.

 

Thalie, « la vive », qui préside à la comédie et apporte la joie.

 

Melpomène, la reine de la tragédie, celle qui charme par ses vers héroïques.

 

Érato, suzeraine de la poésie passionnée, muse des vers ardents et de l'élégie.

 

Polymnie, fondatrice de la poésie lyrique et de l’harmonie.

 

Terpsichore, maîtresse de la danse et de l'énergie flamboyante des mouvements.

 

Dans l'Antiquité, on les invoquait au début et à la fin de chaque chanson et on leur offrait des libations à base d’eau fraîche, de lait parfumé à la rose et de miel.

 

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Jakob Emanuel Handmann naquit à Bâle en 1718. Amoureux des Arts, il fut l'élève du portraitiste Johann Ulrich Schnetzler (1704-1763) avant d'approfondir sa technique à Paris, dans l'atelier de Jean Restout II dit Le Jeune (1692-1768) et d'étudier à Rome, chez Pierre Subleyras (1699-1749) et dans le Studiolo de Marco Benefial (1684-1764), peintre d'inspiration baroque.

 

Grand voyageur, expert en copies de chefs d’œuvre de l'Antiquité et de la Renaissance, il a peint une Euterpe rayonnante en sa douceur juvénile, dans un décor champêtre élégant, sous le regard d'un Satyre en buste qui représente le dieu Pan.

 

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Pan, dieu de la Nature, était vénéré, dans la Grèce antique, par les bergers et les peuples du Pagus. Gardien des troupeaux et protecteur des habitants des bois et des prairies, ce dieu agreste adorait la musique et fut l'inventeur de la Syrinx, la flûte emblématique des bergers dite « Flûte de Pan ». Une autre histoire à développer dans un autre article car j'ai plein de choses à dire sur Pan... Toujours aussi bavarde cette Plume Fée... Sourires !

 

 

Sur La Chimère écarlate, j'ai choisi des créations délicieusement féminines, réalisées par l'artiste russe Anna Razumovskaya.

 

http://chimereecarlate.over-blog.com/2020/11/le-tableau-du-samedi-anna-razumovskaya-musiciennes.html

 

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©Anna Razumovskaya

Vive le pouvoir de la Musique !

 

Et belles pensées pour vous chers Aminautes, en ces temps où l'on a bien besoin de se changer les idées...

 

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Musique de l'Air à la fenêtre et plaisirs de l'instant...

 

 

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Le vent a soufflé ses notes en symphonie...

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #chabouille, #fut, #maison, #moret, #raccolet

 

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Retour à Moret-sur-Loing, en Seine-et-Marne, à l'orée de la forêt de Fontainebleau. Après avoir contemplé le monument commémoratif à Alfred Sisley et étudié l'architecture et l'histoire de la Porte Médiévale de Samois, nous allons découvrir la Maison Raccolet, belle demeure de style néogothique, agrémentée de sculptures qui représentent des métiers d'artisans.

 

Et comme nous sommes mardi, j'ai choisi en souvenir de notre aminaute Lady Marianne, un poème de Sully Prudhomme (1839-1907) intitulé Les Vieilles Maisons.

 

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Les Vieilles Maisons

 

Je n’aime pas les maisons neuves :

Leur visage est indifférent ;

Les anciennes ont l’air de veuves

Qui se souviennent en pleurant.

 

Les lézardes de leur vieux plâtre

Semblent les rides d’un vieillard ;

Leurs vitres au reflet verdâtre

Ont comme un triste et bon regard !

 

Leurs portes sont hospitalières,

Car ces barrières ont vieilli ;

Leurs murailles sont familières

À force d’avoir accueilli.

 

Les clés s’y rouillent aux serrures,

Car les cœurs n’ont plus de secrets ;

Le temps y ternit les dorures,

Mais fait ressembler les portraits.

 

Des voix chères dorment en elles,

Et dans les rideaux des grands lits

Un souffle d’âmes paternelles

Remue encor les anciens plis.

 

J’aime les âtres noirs de suie,

D’où l’on entend bruire en l’air

Les hirondelles ou la pluie

Avec le printemps ou l’hiver ;

 

Les escaliers que le pied monte

Par des degrés larges et bas

Dont il connaît si bien le compte,

Les ayant creusés de ses pas ;

 

Le toit dont fléchissent les pentes ;

Le grenier aux ais vermoulus,

Qui fait rêver sous ses charpentes

À des forêts qui ne sont plus.

 

J’aime surtout, dans la grand’salle

Où la famille a son foyer,

La poutre unique, transversale,

Portant le logis tout entier ;

 

Immobile et laborieuse,

Elle soutient comme autrefois

La race inquiète et rieuse

Qui se fie encore à son bois.

 

Elle ne rompt pas sous la charge,

Bien que déjà ses flancs ouverts

Sentent leur blessure plus large

Et soient tout criblés par les vers ;

 

Par une force qu’on ignore

Rassemblant ses derniers morceaux,

Le chêne au grand cœur tient encore

Sous la cadence des berceaux.

 

Mais les enfants croissent en âge,

Déjà la poutre plie un peu ;

Elle cédera davantage ;

Les ingrats la mettront au feu...

 

Et, quand ils l’auront consumée,

Le souvenir de son bienfait

S’envolera dans sa fumée.

Elle aura péri tout à fait,

 

Dans ses restes de toutes sortes

Éparses sous mille autres noms ;

Bien morte, car les choses mortes

Ne laissent pas de rejetons.

 

Comme les servantes usées

S’éteignent dans l’isolement,

Les choses tombent méprisées,

Et finissent entièrement.

 

C’est pourquoi, lorsqu’on livre aux flammes

Les débris des vieilles maisons,

Le rêveur sent brûler des âmes

Dans les bleus éclairs des tisons.

 

Sully Prudhomme, Les Solitudes

 

 

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Située Rue Grande, face à l'Hôtel de Ville, sur la Place du Marché, la Maison Raccolet fut conçue par un Compagnon Menuisier du Tour de France, nommé Pierre Raccolet.

 

L'artiste choisit une demeure du XIXe siècle qu'il transforma selon son goût. Il couvrit la structure de beaux éléments en bois, finement sculptés, de facture néo-gothique. Des fenêtres à meneaux, un grand pignon, des balcons ouvragés, un élégant oriel, une échauguette... Les travaux se terminèrent en 1925.

 

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Pierre Raccolet célébra, à travers sa maison, les demeures du XVe siècle qu'il avait contemplées dans la vieille ville de Rouen, un endroit qu'il aimait beaucoup. Il rendit hommage à des corps de métier comme les menuisiers, les maçons, les forgerons...

 

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A quelques encablures de la Maison Raccolet et de la Place du Marché, aux numéros 28 et 30 de la rue Grande, se dressent des demeures de la Renaissance appelées « Maisons Chabouillé ».

 

Elles appartenaient à Claude Chabouillé qui était « receveur », c'est à dire contrôleur des domaines de Moret et de Melun. Leurs façades sont rythmées par de belles fenêtres à meneaux de pierre, lovées dans des cadres moulurés, d'élégants frontons et des portes soulignées par des pilastres ouvragés.

 

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Des grappes de raisin sculptées sont visibles au numéro 30 ainsi que des chapiteaux agrémentés d'enroulements dits en cornes de bélier. On trouvait en ces lieux le Tribunal du Bailli, un officier de justice royal, sorte de médiateur dont la devise latine était « Concordia res parvae crescunt » soit en français « Par la concorde, les moindres choses progressent. »

 

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La devise

 

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Les enroulements dits en cornes de bélier

 

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A proximité de ces façades Renaissance, on découvre, dans la cour de l'Hôtel de Ville, la Maison ou Galerie François Ier.

 

Lors de notre visite, elle était en restauration et les échafaudages ne permettaient donc pas de prendre correctement ses ornements en photo. J'ai fait comme j'ai pu... Cela donne une idée.

 

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Qualifiée de « fantaisie architecturale », cette maison a une histoire bien particulière. Elle fut construite en 1527 par Nicolas Chabouillé, contrôleur des Finances du Royaume et père de Claude Chabouillé.

 

En 1822, la demeure fut achetée par le général et théoricien militaire Antoine Fortuné De Brack 1789-1850) pour faire plaisir à sa maîtresse, la célèbre comédienne Mademoiselle Mars (1779-1847). Elle fut démontée et amenée jusqu'à Paris où elle fut remontée sur le Cours la Reine, en bordure de Seine. Mais elle ne fut jamais habitée et en 1956, une société immobilière en fit l'acquisition pour un propriétaire qui la fit ramener à Moret-sur-Loing !!!

 

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Elle présente des motifs fleuris, des portraits en médaillons, des angelots et des scènes issues de la mythologie, décrivant des épisodes des Travaux d'Hercule.

 

Je serais heureuse, vous vous en doutez, de pouvoir la prendre en photo après le confinement...

 

Nous poursuivrons dans quelques jours notre promenade à Moret-sur-Loing qui a tant de choses à offrir aux visiteurs de ses ruelles. Nous irons au bord de l'eau pour nous ressourcer... En attendant, laissez-moi vous offrir quelques notes d'automne, butinées dans le fameux kilomètre de balade de confinement !

 

De l'or qui flambe et de la rouille cuivrée dans les arbres, histoire de rêver un peu...

 

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Gros bisous, chers Aminautes !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #john, #jpg, #musique, #poynter, #sirene

 

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En souvenir de Lady Marianne qui demeure, tendrement, dans nos pensées et maintenant, régi par Fardoise et Lilou.

 

https://lilousol.wordpress.com/category/tableau-du-samedi

 

http://entretoilesetpapiers.eklablog.com/

 

Pour les 21 et 28 novembre, le thème choisi est « La Musique, joie d'écouter ou de jouer d'un instrument ». Les participations sont sur le blog de LilouSoleil... Merci à Fardoise et à Lilou ??

 

https://lilousol.wordpress.com/

 

J'ai choisi cette semaine une Sirène jouant de la musique, œuvre de Sir Edward John Poynter (1836-1919), peintre et sculpteur britannique considéré comme un maître en son temps. La Sirène est une beauté qui exerce sur moi, depuis l'enfance, une fascination ardente. Elle est l'un de « mes » personnages fantasmagoriques préférés.

 

Réputée à la fois douce et vénéneuse, son étreinte suscitait, à l'époque Victorienne, de nombreux fantasmes. On racontait, dans les villes portuaires et pas seulement, des histoires mettant en scène des relations amoureuses torrides entre des jeunes femmes aux pouvoirs de sirènes et des pêcheurs ou des jeunes hommes attrapés par les dites sirènes alors qu'ils nageaient ou se promenaient au bord de l'eau.

 

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La Sirène est profondément liée aux énergies de la musique et du chant. Celle que Sir Edward John Poynter (1836-1919) met en scène correspond aux canons esthétiques victoriens de la Beauté, Beauté qui s'enracine dans les grâces idéalisées des mondes antiques et se pare de détails élégants.

 

Les couleurs du tableau sont des plus remarquables. Les artistes victoriens appréciaient les nuances de pierres fines ou précieuses. Ici, se rencontrent l'aventurine, le saphir et le brun doré de l’œil de tigre, couleurs profondes, au charme mystérieux, réputées stimuler le potentiel artistique, attiser le feu bénéfique de la créativité et « affiner l'intelligence » aux dires de Léonard de Vinci (1452-1519).

 

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Fils de l'architecte Ambrose Poynter, John Edward Poynter naquit à Paris et grandit en développant ses aptitudes pour les Arts (Peinture, Sculpture, Mosaïque) et en faisant des études internationales. Il voyagea à Londres puis à Rome où il se passionna pour les sculptures de Michel-Ange et il revint à Paris où il fut admis dans l'atelier du maître Charles Gleyre (1806-1874).

 

Fort connu et apprécié en son temps, il fut considéré comme un talentueux artiste en matière de peinture d'histoire. Doté de nombreuses récompenses, il occupa des postes prestigieux : Directeur du Royal College of Art de 1875 à 1881, Directeur de la National Gallery de 1894 à 1904, Académicien, Président de la Royal Academy en 1896. Il fut anobli, nommé Chevalier en 1896 et Baronnet en 1902. En 1898, il fut gratifié du Titre Honorifique de Personnalité de l'Université de Cambridge.

 

Ses œuvres sont visibles dans les plus grands musées et l'une de ses mosaïques pare le grand hall du Palais de Westminster.

 

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Il aima peindre l'Antiquité comme un Âge d'Or, un monde idéal peuplé d'élégantes héroïnes aux formes voluptueuses et surtout, il mit en valeur la femme à travers différentes émanations de ses charmes et de ses vertus.

 

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Les Sirènes de la mythologie grecque vivaient sur une île située au milieu du détroit de Sicile, entre le territoire d'Aea et les deux célèbres rochers-monstres Charybde et Scylla. Célèbres pour leurs chants mélodieux qui attiraient, de manière irrépressible, les marins, elles étaient représentées souvent en train de jouer d'un instrument de musique (harpe, lyre, flûte...) ou de coiffer leur longue chevelure qui pouvait être « naturelle » ou constellée de corail, de perles, de fleurs aquatiques, de coquillages voire de petits os.

 

On les disait filles du dieu fleuve Achéloos et en fonction des légendes et des récits, elles avaient pour mère Calliope, Melpomène ou Gaïa.

 

A l'époque romaine, on les considérait comme des femmes oiseaux que l'on croyait métamorphosées par la déesse Cérès pour ne pas être intervenues pendant l'enlèvement de la jeune déesse Proserpine, fille de Cérès, par Pluton, l'Hadès grec.

 

Au Moyen-Âge, on leur attribua peu à peu une queue de poisson et elles évoluèrent dans un monde féerique.

 

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Le chant de la Sirène est une étendue musicale sauvage, une contrée infinie de fantasmes, une initiation par les sortilèges de l'eau. Ce chant était au départ l'attribut des Sirènes Ailées car les premières Sirènes, comme je l'évoquais ci-dessus, possédaient un corps d'oiseau, des ailes puissantes et un visage de jeune fille.

Particulièrement fières de la beauté de leurs voix, elles décidèrent un jour de défier les Muses, filles de Mnémosyne, la déesse de la Mémoire et de Zeus, le roi des dieux. Au terme d'un « affrontement » artistique d'une qualité des plus intenses, les Muses furent déclarées victorieuses et elles choisirent de recevoir pour trophée une couronne réalisée avec les plumes des Sirènes.

Privées de la possibilité de voler, les Sirènes s'installèrent alors sur les côtes tourmentées d'Italie Méridionale et leurs corps se transformèrent. Elles devinrent des femmes poissons et des esprits ambivalents des mouvements de l'eau.

 

On les retrouve, de par le monde, dans une infinité de légendes et de mythes. Ainsi, nombre de héros ont-ils dû, sur des mers hostiles, affronter les Sirènes et redoubler d'efforts afin de ne pas succomber à la tentation de leurs chants qui les auraient précipités dans les abysses de l'Océan.

 

Mais les Sirènes, trop souvent décriées à travers une vision patriarcale, sont aussi des Protectrices, des Matriarches que l'on invoque, depuis des temps très anciens, à l'instar de Yemanja ou de Lemanja, déesse afro-brésilienne qui veille sur les communautés de pêcheurs et leur apporte, outre un soutien sur les flots, la réalisation de leurs vœux. Yemanja est représentée soit comme une magnifique femme à la peau noire, soit comme une Sirène que l'on honore en lui offrant des fleurs blanches au cœur doré, des bougies, des petits gâteaux, des pièces de monnaie, des figurines en cire parfumée...

 

La force nourricière et bienveillante de Yemanja se retrouve dans les célébrations du culte de Notre-Dame des Navigateurs, une Marie des Caraïbes dévolue aux « peuples des eaux ».

 

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Sur La Chimère écarlate, j'ai choisi une œuvre du peintre anglais néo-classique John William Godward (1861-1922), intitulée La Joueuse de Tambourin.

 

http://chimereecarlate.over-blog.com/2020/11/le-tableau-du-samedi-john-william-godward-la-joueuse-de-tambourin.html

 

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« La musique... est la vapeur de l'art. Elle est à la poésie ce que la rêverie est à la pensée, ce que le fluide est au liquide, ce que l'océan des nuées est à l'océan des ondes. », Victor Hugo (1802-1885).

 

« Si la musique nous est si chère, c'est qu'elle est la parole la plus profonde de l'âme, le cri harmonieux de sa joie et de sa douleur. », Romain Rolland (1866-1944).

 

« La musique est la langue des émotions. », Emmanuel Kant (1724-1804).

 

« La musique est l'aliment de l'amour ! », William Shakespeare (1564-1616).

 

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Je pense bien à vous chers Aminautes, prenez soin de vous, gros bisous !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #loin, #moret, #porte, #sisley, #ville

 

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Je vous invite à une promenade à Moret-sur-Loing, charmante petite ville de Seine-et-Marne située en lisière de la forêt de Fontainebleau, sur les bords de la rivière Loing. Mes photos ont été prises entre été et automne, avant confinement.

 

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En introduction à cette balade, j'ai choisi pour honorer le rendez-vous du poème du Mardi, en souvenir de Lady Marianne, une poésie de Robert Desnos (1900-1945), poète, écrivain et journaliste, de sensibilité Surréaliste qui mourut du typhus dans les abysses du camp de concentration de Theresienstadt (en Tchéquie).

 

La Rivière

 

« D’un bord à l’autre bord j’ai passé la rivière,

Suivant à pied le pont qui la franchit d’un jet

Et mêle dans les eaux son ombre et son reflet

Au fil bleui par le savon des lavandières.

 

J’ai marché dans le gué qui chante à sa manière.

Étoiles et cailloux sous mes pas le jonchaient.

J’allais vers le gazon, j’allais vers la forêt

Où le vent frissonnait dans sa robe légère.

 

J’ai nagé. J’ai passé, mieux vêtu par cette eau

Que par ma propre chair et par ma propre peau.

C’était hier. Déjà l’aube et le ciel s’épousent.

 

Et voici que mes yeux et mon corps sont pesants,

Il fait clair et j’ai soif et je cherche à présent

La fontaine qui chante au cœur d’une pelouse. »

 

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La rivière Loing, affluent de la Seine, nous conduit aux séduisants vestiges des fortifications de ce bourg aux origines gallo-romaines et riche de belles enseignes, de heurtoirs et de façades ouvragées.

 

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Avant de suivre, dans de prochains articles, le cours de l'eau, je vous propose de vous arrêter devant l'entrée de Moret où se dresse le monument commémoratif au peintre Alfred Sisley, figure marquante de la ville. Nous contemplerons ensuite les détails de la Porte de Samois.

 

Le monument dédié à Alfred Sisley fut commandé par « un comité de notables et d'amis du peintre » et réalisé par le sculpteur Eugène Thivier (1845-1920). La fille d'Alfred Sisley demanda à Auguste Rodin (1840-1917) de concevoir le buste de son père et Rodin accepta mais le comité préféra faire appel à Eugène Thivier.

 

 

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Alfred Sisley (1839-1899) tomba amoureux de Moret-sur-Loing où il s'établit définitivement à partir de novembre 1889. Passionné par la peinture et les musées de Londres (ses parents étaient anglais mais il naquit à Paris), il fit ses études à l’École des Beaux-Arts, dans l’atelier de Charles Gleyre (1806-1874), en compagnie des peintres de Barbizon. Il se lia également d'amitié avec Frédéric Bazille, Claude Monet et Auguste Renoir.

 

Sa famille ayant connu la ruine financière pendant la Guerre de 1870 (ses parents étaient de riches négociants spécialisés dans le commerce avec l'Amérique du Sud), il essaya de vivre de sa peinture mais il n'y parvint pas. Il fut apprécié par de nombreuses personnes mais jusqu'à la fin de ses jours, les problèmes d'argent s'accumulèrent... Face aux créanciers qui se succédaient, il dut changer de domicile souvent mais il trouva une forme d'harmonie personnelle et artistique sur les bords du Loing, à Moret et dans les petites villes alentour.

 

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Le 19 janvier 1892, les mots qu'il écrivit à son ami Tavernier résument son amour de Moret...

 

« Je suis donc depuis bientôt 12 ans à Moret ou aux environs. C’est à Moret devant cette nature si touffue, ses grands peupliers, cette eau du Loing si belle, si transparente, si changeante, c’est à Moret certainement que j’ai fait le plus de progrès dans mon art; surtout depuis trois ans. Aussi quoiqu’il soit bien dans mes intentions d’agrandir mon champ d’études, je ne quitterai jamais complètement ce coin si pittoresque. »

 

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Allégorie de l'Art

 

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La vie matérielle fut très dure pour Alfred Sisley (comme pour tant d'autres hélas...) qui mourut d'un cancer, le 29 janvier 1899, dans une grande détresse morale et physique. Le 8 octobre 1898, il avait perdu sa femme, Marie-Eugénie Lescouezec, mère de ses trois enfants, Pierre (né en 1867), Jeanne (née en 1869) et Jacques (né en 1871).

 

Toute sa vie, il se battit contre la pauvreté et aujourd'hui, ses toiles sont exposées dans les plus grands musées du monde. Certaines se sont vendues plusieurs millions d'euros !

 

Nous y reviendrons lorsque je vous emmènerai sur les berges du Loing. En attendant, je vous propose d'entrer dans Moret par la Porte de Samois...

 

 

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La Porte de Samois qui déploie sa belle architecture à seulement quelques mètres du monument à Alfred Sisley. Elle évoque la riche histoire de Moret « établie » sur le Loing.

 

En 1081, Philippe Ier (1052-1108), roi de France, échangea auprès du duc de Bourgogne la petite ville de Moret contre des moulins et des fiefs situés, un peu plus loin, à Montereau. Moret devint une ville frontière, une possession capétienne prisée et convoitée de par sa position sur le Loing, rivière se jetant dans la Seine, sa proximité avec la forêt de Fontainebleau et sa situation sur la route qui menait de Paris à la Bourgogne.

 

Des fortifications furent construites sous le règne de Philippe-Auguste (1165-1223, a régné de 1180 à 1215). Elles comprenaient un château doté d'un puissant donjon, vingt tours, quatre poternes et trois portes.

Un pont fut également construit à la fin du XIIe siècle. Un ouvrage associé à une série de fortifications qui permettaient de percevoir l'octroi, soit les taxes sur les marchandises transportées.

 

Les rois de France aimèrent beaucoup Moret qu'ils fréquentèrent en alternance avec Fontainebleau. Henri IV (1553-1610) notamment, vint y rendre visite à sa maîtresse Jacqueline de Bueil (1588-1651), Comtesse de Moret, qui avait établi sa résidence au donjon.

 

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Le nom « Moret » semble avoir plusieurs origines...

 

Le nom celtique Mor/Morée signifie « marécage, lieu mêlé de terre et d'eau » mais aussi « frontière ».

 

Le mot « Muritum » issu du Bas-Latin évoque « un petit mur destiné à protéger un lieu de passage à gué sur le Loing. »

 

Le terme « Moret » pourrait également être lié à un mot issu de la langue romane : « Meure », associé au miel.

 

 

La Porte de Samois, majestueuse, accueille Morétains et visiteurs. Il s'agit d'une tour-porte de plan carré, conçue de la même manière que la Porte de Bourgogne qui donne sur le Vieux Pont, de l'autre côté de la rue Grande, l'un des axes principaux de la ville. Nous irons par là-bas dans quelques temps...

 

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Deux puissants contreforts surmontés de tourelles en surplomb rythment la façade extérieure, réalisée au XIIe siècle. Les tourelles abritent un escalier et une échauguette dédiée à la surveillance. Il n'y avait pas de pont-levis pour entrer dans la ville mais un passage sous une herse et s'enfonçant entre de solides vantaux. Activement gardée, la herse était accessible par une porte ouvrant sur le chemin de ronde qui desservait la grande muraille de Moret (muraille qui n'existe plus).

 

 

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Vers l'extérieur, le monument était décoré d'un blason soutenu par des anges et du côté de la ville, au revers de la porte, on aperçoit une belle statue de la Vierge.

 

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« Garder/Tenir l'Espérance »...

 

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Une « curiosité » attire également l'attention des visiteurs. Un boulet de canon qui nous rappelle que Moret fut rudement éprouvée par les guerres qui opposèrent la France de Napoléon (1769-1821) et les puissances alliées d'Autriche, de Prusse, de Russie et du Royaume-Uni. Dans ce contexte, Moret se retrouva encerclée par des troupes austro-russes le 15 février 1814.

L'armée française détruisit une partie du pont situé sur le Loing pour bloquer la progression de l'ennemi et cette manœuvre fut efficace. Les troupes austro-russes levèrent le siège trois jours plus tard mais avant de partir, elles tirèrent une grande quantité de boulets de canons sur la ville. Un boulet fut trouvé encastré dans une maison proche du Loing. Il fut récupéré et scellé dans la Porte de Samois pour ne pas oublier ces tragiques événements...

 

A proximité, sise à côté de la Mairie, se dresse une maison à colombages qui rappelle la venue de Napoléon à Moret.

 

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De retour de l'île d'Elbe, il passa la nuit du 19 au 20 mars 1815 dans l'une des chambres de la demeure. Dernière halte sur sa route avant de partir vers la capitale pour rejoindre le Palais des Tuileries et reprendre une ultime fois le pouvoir, au cours d'une période restée célèbre sous le nom de Cent-Jours.

 

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La maison où dormit Napoléon est aujourd'hui dédiée aux Amis d'Alfred Sisley.

 

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On peut découvrir dans une charmante atmosphère la vie et l’œuvre du peintre Sisley. Nous aurons l'occasion d'y revenir.

 

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Petits personnages et créatures chimériques décorent l'ancienne Maison Napoléon.

 

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Dans de prochains articles, nous verrons d'autres monuments et ornements conservés à Moret, délicieuse petite ville de carte postale. Nous nous intéresserons aussi à l'une des spécialités locales : le Sucre d'Orge créé par des Sœurs Bénédictines en 1638 sous le règne de Louis XIV (1638-1715).

 

Nous reviendrons donc à Moret avec plaisir... Enfin, je l'espère, sourires...

 

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Un petit personnage, sur une vieille porte... Un chuchoteur des légendes du Temps...

 

Merci de votre fidélité chers Aminautes, je vous adresse de belles pensées... Amicalement vôtre !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #boris, #cygne, #dieu, #leda, #vallejo

 

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En souvenir de Lady Marianne qui demeure, tendrement, dans nos pensées et maintenant, régi par Fardoise et Lilou.

 

https://lilousol.wordpress.com/category/tableau-du-samedi

 

http://entretoilesetpapiers.eklablog.com

 

Le thème est cette semaine également « Les Oiseaux Migrateurs ». Les participations sont sur le blog de LilouSoleil... Merci à Fardoise et à Lilou ??

 

https://lilousol.wordpress.com

 

 

J'ai choisi, sur le thème des oiseaux, de laisser voyager mon imagination à travers une œuvre de Boris Vallejo, artiste péruvien né en 1941, s'imprégnant d'un épisode mythologique, celui des Amours de Léda et du Cygne, émanation de Zeus/Jupiter, le maître des Olympiens.

 

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Le Cygne est dans l'Antiquité Gréco-Romaine l'oiseau familier de Léda qui fut considérée en son temps comme la plus belle femme de Grèce. Fille du roi Thestios d'Etolie, Léda épousa Tyndare, le roi de Sparte et fut désirée par un grand nombre d'hommes. On la disait descendante d'une très ancienne Déesse-Oiseau, protectrice des peuples du nord-ouest de la Grèce. Sa beauté allait de paire avec son intelligence.

Un jour, alors qu'elle se baignait dans un lac ou dans une rivière, selon les récits, elle reçut la visite d'un cygne magnifique. Séduite par l'audace de ses caresses, elle découvrit qu'il s'agissait du dieu Zeus et fit l'amour avec lui, donnant naissance aux Dioscures, les jumeaux Castor et Pollux, célèbres héros de la mythologie. Elle fut aussi la mère de la reine Clytemnestre et de la ravissante Hélène, princesse qui fut à l'origine de la Guerre de Troie.

 

La création de Boris Vallejo nous présente, à travers un cygne en majesté, le dieu qui vient charmer Léda.

Boris Vallejo est un artiste d'Heroic Fantasy (Sword and Sorcery), connu pour ses superbes représentations de dieux, de déesses, de princesses et de héros dénudés (comme Conan le Barbare...). Il peint des créatures fantastiques, des dragons, des êtres chimériques issus de mondes qualifiés d'ancestraux. Son épouse, Julie Bell, pratique aussi l'Art Fantasy.

 

Official Fantasy Art Website of Boris and Julie

 

https://www.borisjulie.com

 

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Incarnation de la beauté, de la pureté, de l'élégance, le Cygne en sa blancheur glisse sur le miroir des eaux et représente l'harmonie pour de nombreuses civilisations. Il est également perçu comme un symbole d'amour éternel. En effet, le cygne est monogame et grâce à son long cou doté de 24 vertèbres souples, quand il s'approche d'un cygne aimé et que leurs becs se touchent, leurs silhouettes forment un cœur.

 

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Le cygne est par excellence une créature du Sidh ou Sidhe, l'Autre Monde Celtique. Lié au Sidh de manière subtile, il est un enchanteur et le passager d'un univers magique qui se compose de territoires associés à la sylve et d'espaces aquatiques mystérieux.

 

Les habitants du Sidh se métamorphosent pour se rendre dans le monde humain ou pour en revenir et plusieurs d'entre eux choisissent, à cet égard, de revêtir l'apparence du cygne. Ainsi, les femmes cygnes des mondes celtiques et nordiques sont-elles de puissantes enchanteresses, des prophétesses et des gardiennes des secrets offerts par les dieux.

 

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En Irlande, le thème magique du cygne est inhérent à la légende des filles du roi Llyr. En Scandinavie, dans la chanson mythique du forgeron Volund, le héros éponyme épouse une femme cygne et ses frères s'unissent à des femmes cygnes que l'on peut assimiler à des Walkyries.

 

Les Femmes Cygnes, les Bansidh (messagères du Sidh), les Walkyries sont des entités liées au Destin. Au service d'Odin, le seigneur des dieux nordiques, elles survolent les champs de bataille et attirent les âmes des guerriers les plus valeureux pour les emmener au Walhalla, la halle des héros afin qu'ils participent au Ragnarök, le Crépuscule des Puissances.

 

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Les Walkyries (Valkyrja en vieux norrois), « celles qui désignent ceux qui sont occis », ont souvent un corps de cygne et peuvent reprendre à leur guise forme humaine. Ce corps se nomme âlptarhanni : « chemise de cygne ».

 

Souvent, dans les mondes du Nord, un héros rencontre un dieu ou une déesse qui a pris la forme d'un cygne. C'est le cas de Bran, héros voyageur irlandais qui, dans le Voyage ou l'Épopée de Bran, fait la connaissance du dieu de la mer Manannán Mac Lir, doté de plusieurs apparences animales. Il est tour à tour cygne blanc, dragon, loup, cerf aux cornes d'argent, phoque et saumon tacheté...

 

Dans l'Antiquité gréco-romaine, Léda, héritière, comme je l'écrivais plus haut, d'une Déesse-Oiseau des premiers Temps, incarne la Volupté et les possibilités alchimiques de la fusion amoureuse. Elle est liée au principe subtil d'Élévation.

 

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Oiseau du Passage, le Cygne est associé aussi bien à la Lune qu'au Soleil. Il représente en Alchimie la puissance de transformation du Mercure Primordial.

 

Il est l'attribut de Zeus/Jupiter mais aussi des dieux Apollon et Balder.

Dans la mythologie gréco-romaine, Apollon est le Soleil, le dieu de la divination, de la musique, des arts et des archers, le frère jumeau de Diane/Artémis, la Lune.

 

Balder, fils d'Odin (seigneur des dieux) et de Frigg (maîtresse de la fécondité), est, dans la mythologie nordique, le dieu de la jeunesse et de la lumière.

 

Le Cygne nous emporte donc vers des contrées de Magie Pure où les Forces de l'Esprit se mêlent aux feux de l'Amour Sensuel...

 

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Pour le plaisir, parce que j'adore les créations de Julie Bell et de Boris Vallejo, un couple plein de talent et de passion, je ne résiste pas à l'envie d'ajouter...

 

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Forever Moments © Julie Bell et Boris Vallejo

 

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©Boris Vallejo et Julie Bell, plus le beau toutou...

 

 

Sur La Chimère écarlate, j'ai choisi de charmantes Grives réalisées par l'ornithologue allemand Johann Friedrich Naumann (1780-1857).

 

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http://chimereecarlate.over-blog.com/2020/11/le-tableau-du-samedi-johann-friedrich-naumann-grives.html

 

 

Chers Aminautes, je vous adresse mes meilleures pensées !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #jpg, #maurice, #nuit, #poeme, #rollinat

 

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L'un des Chevaux de Marly, sculptures exécutées entre 1743 et 1745 par Guillaume Coustou (1677-1746). Vue prise avant le temps du couvre-feu et celui du confinement...

Pour lire ma présentation de Marly : http://maplumefeedansparis.eklablog.com/la-seine-et-la-marne-ete-automne-2019-a173505128

 

 

Je continue avec plaisir la tradition du Poème du Mardi, un rendez-vous que j'aime beaucoup, en souvenir de Lady Marianne, avec des pensées d'amitié.

 

J'ai choisi ce poème car j'adore la Nuit... Plus secrète que le Jour, elle insuffle, avec une énergie très personnelle, l'Inspiration aux artistes. Elle se drape d'une obscurité tissée de tant de possibilités de création !

J'aime aussi le Jour mais les charmes de la Nuit m'enivrent au plus haut point...

 

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« À quoi pense la Nuit ?

 

À quoi pense la Nuit, quand l'âme des marais

Monte dans les airs blancs sur tant de voix étranges,

Et qu'avec des sanglots qui font pleurer les anges

Le rossignol module au milieu des forêts ?...

 

À quoi pense la Nuit, lorsque le ver luisant

Allume dans les creux des frissons d'émeraude,

Quand murmure et parfum, comme un zéphyr qui rôde,

Traversent l'ombre vague où la tiédeur descend ?...

 

Elle songe en mouillant la terre de ses larmes

Qu'elle est plus belle, ayant le mystère des charmes,

Que le jour regorgeant de lumière et de bruit.

 

Et — ses grands yeux ouverts aux étoiles — la Nuit

Enivre de secret ses extases moroses,

Aspire avec longueur le magique des choses. »

 

Maurice Rollinat (1846-1903), Poème issu du Recueil « Paysages et Paysans », paru en 1899.

 

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-Le poète Maurice Rollinat naquit à Châteauroux, dans l'Indre, le 29 décembre 1846 et mourut à Ivry-sur-Seine, le 26 octobre 1903. Il fut un personnage atypique, mystérieux, extrêmement doué pour le piano.

 

-Son père, François Rollinat, député de l’Indre à l’Assemblée Constituante en 1848, étant très ami avec George Sand, Maurice Rollinat fut également lié à cette grande dame des Lettres. George Sand l'encouragea à écrire des poèmes, ce qu'il fit avec passion. Il se produisit au célèbre Cabaret du Chat Noir où il fut adulé par la foule quand il s'installait devant son instrument. Il interpréta ses poèmes en musique et il fit de même pour plusieurs poèmes de Baudelaire.

 

-Membre du groupe décadent, anti-politique, anticlérical et antibourgeois des Hydropathes, il fréquenta donc assidûment le Cabaret du Chat Noir et fut considéré, tout au long de sa vie, comme très étrange. Atteint de terribles névralgies qui le faisaient entrer en transe devant le public, il était « enveloppé » par une atmosphère des plus mystérieuses. Lorsqu'il « souffrait » devant son auditoire, des gens s'évanouissaient autour de lui. On le disait possédé par des fantômes et capable de converser avec les esprits.

 

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-Maurice Rollinat était vraiment un drôle de personnage ! Gentil, amical, sociable mais également très bizarre et comme habité par des mondes « spéciaux ». Il écrivit « Les Névroses », une œuvre qui laissa le public tout autant fasciné que partagé sur son attirance pour l'homme et l'artiste.

 

-Des auteurs comme Jules Barbey d’Aurevilly, Oscar Wilde et Leconte de Lisle se passionnèrent pour son « étrangeté »... Il fut tout au long de sa vie imprégné d'une sensibilité très particulière et il aima les atmosphères de la Nuit, territoire de merveilles et de magie.

 

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Dans la suite de ce poème, je vous offre ces photos de nuit, prises, comme je l'écrivais plus haut, avant le couvre-feu et le confinement, dans les rues de Paris et sur les bords de Seine. J'ai aussi retrouvé quelques photos datant des alentours de Noël 2019, photos que je n'avais pas publiées.

 

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Que sera la période de Noël cette année ? Nous verrons bien...

Surtout, tâchons de cultiver notre optimisme même si, je le sais, ce n'est pas évident...

Je veux croire en des temps meilleurs et en nos libertés retrouvées. Que brillent nos Espérances !

 

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Nous étions fin 2019, dans le Jardin des Tuileries. Il y avait, de nuit, des manèges, des animations, un esprit festif...

 

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Des lumières sur les Champs-Élysées, avec un des Chevaux de Marly dans le fond (voir le début de mon article pour la référence à Marly...)

 

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Place de l'Hôtel de Ville

 

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Un Carrousel à l'ancienne pour laisser tournoyer nos âmes d'enfants...

 

Prenez bien soin de vous, chers Aminautes !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #Eôs, #Félix, #flamant, #lumiere, #rose, #roses, #Ziem

 

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En souvenir de Lady Marianne qui demeure, tendrement, dans nos pensées et maintenant, régi par Fardoise et Lilou.

 

https://lilousol.wordpress.com/category/tableau-du-samedi

 

http://entretoilesetpapiers.eklablog.com

 

Pour les 7 et 14 novembre, le thème choisi par Fardoise et Lilou est « Les Oiseaux Migrateurs ». Les participations sont sur le blog de LilouSoleil... Merci à Fardoise et à Lilou ??

 

https://lilousol.wordpress.com

 

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Nous avons besoin de nous échapper, au-dessus des contrariétés, de prendre le large tels des oiseaux migrateurs alors j'ai choisi de suivre cet Envol de Flamants roses, orchestré par le peintre Félix Ziem (1821-1911). Probablement réalisée entre 1890 et 1895 et conservée au Petit Palais, le musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, l'oeuvre fut acquise en 1905.

 

Au-dessus d'un étang, dans le magnifique territoire de Camargue, nous observons une colonie de flamants roses qui dessine dans l'air une nuée précieuse, couleur de tourmaline rose. Le regard évolue entre ciel et eau, attiré par le mouvement qui trouve un écho dans la vibration des roseaux bordant l'étendue aquatique.

 

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Le Flamant rose (Phoenicopterus roseus) est un oiseau charmeur, doté d'une très riche symbolique. On le disait jadis Gardien de la Lumière de l'Aurore, la déesse Eôs aux doigts de rose. Dans la Grèce antique, on le nommait « phénicoptère », ce qui signifie « oiseau dont les ailes sont de flamme ». Sa gracilité, des plus remarquables, n'entre pas en contradiction avec la puissance de son bec, dit « en soc de charrue », un bec richement innervé et muni de lamelles lui permettant de filtrer avec intensité la vase des espaces dans lesquels il évolue. Il possède de longues pattes fines et très articulées, un cou aux lignes courbes, d'intenses yeux jaunes au regard perçant, souligné par un cercle rose clair. Il arbore des plumes d'une beauté inouïe qui le désignaient comme « Flambant » dans les anciens ouvrages d'Histoire Naturelle. « L'oiseau flambant », détenteur d'étincelles de lumière pure dans les croyances de nos ancêtres, est devenu un « flamant » qui montre fièrement son habit rose aux variantes de garance.

 

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Ses couleurs superbes, il les doit à son alimentation constituée d'algues et de crustacés riches en pigments caroténoïdes. Il consomme des mollusques, des insectes, des invertébrés aquatiques, des petits poissons, des vers, des graines de plantes d'eau et aussi du riz. Il existe des flamants rosés et des flamants dont la robe est rouge intense. Il s'agit à ce moment-là de l'espèce Phoenicopterus ruber.

 

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Les ailes vives et puissantes du flamant rose lui permettent de voler sur des centaines de kilomètres à environ 60 km par heure et comme je l'évoquais plus haut, sa symbolique est indissociable de celle de la Lumière. Il est lié au Phoenix ou Phénix, l'oiseau légendaire des Grimoires de Magie et d'Alchimie qui jouit du pouvoir de revenir à la vie après s'être consumé dans les flammes. A l'instar du Phoenix, le Flamant rose est considéré comme un « oiseau de feu », gardien des cycles de la Vie, de la Mort et de la Renaissance.

 

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Emblème de la Camargue, le Flamant rose promène ses charmes dans les étendues sauvages, se dorant à la lumière du soleil dont il semble nourrir ses plumes.

 

Dans les temps anciens, il était hélas chassé pour sa chair considérée comme très goûteuse et des flûtes étaient fabriquées avec les os de ses jambes... Heureusement, les cuisiniers et les musiciens d'aujourd'hui le laissent tranquille !

 

Il peut s'ébattre donc... riche de l'intensité de ses symboles. On le trouve dans la littérature et notamment dans Alice au pays des merveilles où, sous la plume de Lewis Carroll, il « participe » à la célébrissime partie de croquet sous forme de maillet !

 

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Appelé le « peintre voyageur », Félix Ziem (1821-1911) fut l'un des artistes emblématiques de l'École de Barbizon. Talentueux et reconnu pour la qualité de ses marines et de ses paysages, il fut lié au mouvement orientaliste et perçu comme un précurseur de l'Impressionnisme.

Dessinateur et peintre prolifique (il semble qu'il ait réalisé plus de dix mille oeuvres!) , il adora la Nature, la Mer, les splendeurs de Venise et de Constantinople, les beautés de la Russie et les panoramas variés de la Provence.

Ses œuvres furent des odes à la couleur, des déclarations d'amour à la volupté de la lumière qu'il célébra avec une passion toujours renouvelée. Il montra les tons précieux de la Sérénissime à travers une palette de teintes aux vibrations fascinantes. Le ciel et l'eau furent ses sujets de prédilection.

 

Sur La Chimère écarlate, j'ai choisi une toile du peintre Eugène Cartier (1861-1943) : Les Oies et l'Art, 1894.

 

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http://chimereecarlate.over-blog.com/2020/11/le-tableau-du-samedi-eugene-cartier-les-oies-et-l-art-1894.html

 

Je vous dis merci pour votre fidélité et vous adresse de belles pensées !

 

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Prenez bien soin de vous !

Plume

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