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Ma Plume Fée dans Paris

Ma Plume Fée dans Paris

Une passionnée d'écriture qui explore les chemins de Paris et d'ailleurs...

Publié le par maplumefee
Publié dans : #apollon, #daphne, #dieu, #musee, #peintre

 

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Aux Tuileries, à Versailles, à Marly, à Sceaux..., dans une infinité de parcs et de jardins s'ébattent, au rythme capricieux des saisons, deux célèbres personnages de la mythologie gréco-romaine.

 

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A Sceaux, dans les Hauts de Seine, près du bassin de l'Octogone, dans une partie agréablement boisée du domaine qui entoure le château musée de l'Île de France, Apollon saisit Daphné qui se cambre dans un essai de fuite. L’œuvre est un moulage de pierre créé dans la deuxième moitié du XVIIe siècle à partir d'un marbre conservé dans l'Orangerie locale et qui n'est pas accessible. Ce marbre reproduit une sculpture de Gian Lorenzo Bernini, dit Le Bernin (1598-1680).

 

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Photo RMN

 

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Photo RMN

 

En 1622, le Cardinal Scipione Caffarelli-Borghèse (1577-1633) commanda cette œuvre éperdument baroque et le groupe original, achevé en 1625 et illustrant un passage des Métamorphoses d'Ovide (43 avant J-C-17 ou 18 après J-C), se laisse admirer à la Galerie Borghèse de Rome.

 

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Le mouvement suscité par les lignes foisonnantes et les corps en déséquilibre happe le regard.

 

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Daphné est une nymphe, fille du dieu fleuve Pénée et de la déesse Terre.

 

Après avoir vaincu le monstrueux serpent Python, Apollon rencontra Cupidon sur le bord du chemin. Il se vanta de sa réussite en raillant les sortilèges du chérubin. Piqué au vif, Cupidon décocha deux flèches, l'une, en or, sur Apollon qui s'éprit de la ravissante Daphné, et l'autre, en plomb, dans le cœur de la nymphe. Elle en éprouva de la répulsion pour les plaisirs charnels mais Apollon la poursuivit de ses assiduités. Épuisée, Daphné sollicita l'aide de son père et le dieu fleuve la métamorphosa en un bosquet de laurier rose (rhododaphné). Apollon la désigna alors comme son arbre sacré.

 

« (...) Une lourde torpeur envahit ses membres, une mince écorce ceint sa délicate poitrine, ses cheveux poussent en feuillage, ses bras s'allongent en rameaux ; ses pieds, il y a un instant, si rapides sont fixés au sol par de solides racines, la cime d'un arbre occupe sa tête ; de sa beauté, ne demeure que l'éclat.

 

Phébus, cependant, brûle de la même passion, la main droite posée sur le tronc, il sent encore, sous la nouvelle écorce, battre le cœur ; entourant de ses bras les rameaux - qui étaient les membres de Daphné - il étouffe le bois de baisers ; mais les baisers du dieu, le bois les refuse. Alors le dieu lui dit : " Puisque tu ne peux être ma femme, tu seras, du moins, mon arbre " ; laurier, tu pareras toujours ma chevelure, ma cithare, mon carquois ; (...) Péan avait fini de parler; alors le laurier inclina ses jeunes rameaux et on le vit agiter sa cime comme une tête. » (Péan est une épiclèse, c'est à dire une épithète associée à Apollon. )

 

Apollon rattrape Daphné au moment où débute la métamorphose. La nymphe lève les bras. L'écorce l'enveloppe jusqu'aux hanches et son corps dessine une arabesque souple et passionnée. Son sang devient sève et sa peau, ses doigts, sa chevelure se changent en feuilles ondoyantes. Simultanément, une expression d'effroi se lit sur son visage. Apollon saisit sa taille d'une main mais il ne peut la faire revenir à son humanité.

 

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Photo de Alvesgaspar

 

La sculpture du Bernin est une œuvre de jeunesse qui appartenait à un ensemble de quatre statues et groupes sculptés. Elle était placée de telle sorte que les visiteurs découvraient Apollon de dos, s'élançant à la poursuite de la nymphe qui commençait à se métamorphoser.

 

La présence de ce groupe sensuel et païen dans la villa du cardinal fut « justifiée » par un adage composé en latin par le cardinal Maffeo Barberini, futur pape Urbain VIII. Des mots gravés sur la base et disant : « Celui qui aime à poursuivre les formes fugaces du plaisir ne trouve que feuilles et fruits amers sous sa main. » Il fallait bien se justifier, en effet... Sourires !

 

 

Au fil des siècles, le mythe d'Apollon et de Daphné a profondément inspiré les artistes...

 

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Apollon et Daphné sont représentés à Pompéi, dans la Maison de l'Éphèbe, vers 70 après J.-C.

 

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On les retrouve dans les pages d'un recueil de sonnets italiens datant du XVe siècle.

 

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 Ils s'ébattent dans un tableau du peintre Antonio del Pollaiuolo (1429/33-1498), réalisé entre 1470-1480 et conservé à la National Gallery de Londres.

 

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J'aime beaucoup cette représentation de Daphné en argent ciselé, surmontée par une ramure de corail. Cet ornement de table fut créé, vers 1550, par Wenzel Jamnitzer (1507/08-1585), un célèbre orfèvre de Nuremberg. On peut l'admirer au Musée National de la Renaissance, à Écouen.

 

L'artiste décrit le moment où s'opère la métamorphose de Daphné. L’œuvre élégante et influencée par la statuaire antique révèle aussi le goût des artistes de la Renaissance pour l’exotisme et les univers marins.

 

Daphné repose sur un socle décoré de têtes d’anges et de mufles de lion d'où émergent des fragments de roches métamorphiques. Un certain mystère entoure cette pièce d'argenterie. Était-elle un luxueux centre de table associé aux armoiries d'un prince germanique, un ustensile médiéval appelé « languier » où l’on suspendait des « langues de serpent », dents de requin fossilisées utilisées pour détecter le poison, ou une « merveille », (mirabilia) recherchée par des collectionneurs?

 

Pêché en grande profondeur en Méditerranée, le corail rouge était réputé pour ses vertus prophylactiques. On le considérait comme une espèce étrange qui oscillait entre végétal et minéral. Très apprécié pour sa beauté, il était fréquemment utilisé dans les arts à la Renaissance.

 

 

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Apollon et Daphné par Paolo Caliari dit Véronèse (1528-1588), entre 1560 et 1565.

 

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Apollon et Daphné par Pierre Paul Rubens (1577-1640).

 

Cette huile sur bois conservée au musée Bonnat-Helleu, le musée des Beaux-Arts de Bayonne, est une étude réalisée en vue d'une commande pour le roi Philippe IV d'Espagne. On y retrouve les principales qualités artistiques de Rubens soit l'intensité du mouvement, le lyrisme narratif, les couleurs bruissantes.

 

 

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 A Versailles, Apollon et Daphné d'Antoine Coypel (1661-1722) se laissent admirer parmi les joyaux du Salon de Mercure.

 

 

Aux Tuileries, Apollon et Daphné s'animent au-dessus du bassin de l'exèdre sud, dans leurs atours de marbre blanc et semblent prendre leur élan.

 

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Daphné poursuivie par Apollon et d'Apollon poursuivant Daphné.

 

Le dieu du soleil, sculpté par Nicolas Coustou (1658-1733), et la nymphe des bois, réalisée par Guillaume Coustou (1677-1746), ornèrent, vers 1713–1714, un des bassins des Carpes du Parc de Marly. En 1798, on les plaça dans l'exèdre Sud des Tuileries où ils demeurèrent jusqu'en 1940.

 

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On les installa après la guerre au musée du Louvre où ils sont conservés.

 

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Apollon

 

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Daphné

 

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Apollon et Daphné, 1625, par Nicolas Poussin (1594-1665).

 

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Apollon et Daphné, 1681, par le peintre baroque Carlo Maratta (1625-1713).

 

 

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Apollon et Daphné, 1702, par Paolo de Matteis (1662-1728), peintre baroque italien.

 

 

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 Apollon et Daphné par René-Antoine Houasse (1645-1710), peintre décorateur du Grand Siècle et l'un des plus fidèles collaborateurs de Le Brun aux Tuileries et à Versailles.

 

 

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Cet éventail du XVIIIe siècle, conservé au Musée des Arts Décoratifs de Bordeaux, nous offre, par ses couleurs précieuses et son dessin raffiné, sa vision plus apaisée du mythe d'Apollon et Daphné.

 

 

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 Toujours sur le même thème, le Département des Arts Graphiques du Louvre conserve cette jolie miniature signée Jean-Honoré Fragonard (1732-1806).

 

 

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 Au musée Calvet à Avignon, on peut admirer ce tableau de l'école romaine du XVIIIe siècle, attribué à Pietro Bianchi (1694-1740) et très apprécié des historiens d'art pour la qualité de ses couleurs.

 

 

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 Ce bas-relief montrant Daphné surprise par Apollon provient de l'ancienne Folie de la Bouëxière, autrefois située dans le 18e arrondissement de Paris. Réalisé par Sébastien-Nicolas Adam (1705-1778), il est aujourd'hui conservé au Musée Carnavalet.

 

 

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Apollon et Daphné par Francesco Trevisani (1655-1746), peintre italien représentatif du Baroque tardif. L’œuvre est conservée au Musée de l'Ermitage.

 

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Apollon et Daphné par le graveur néerlandais Pieter Van Gunst (1659-1731).

 

 

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Apollon et Daphné par Michele Rocca (1671-1751), peintre baroque italien.

 

 

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Apollon et Daphné par le portraitiste et peintre d'histoire Jean-François de Troy (1679-1752). La sensualité de l’œuvre est remarquable !

 

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Apollon et Daphné, 1736, par Jean-Étienne Liotard (1702-1789), peintre, pastelliste et miniaturiste orientaliste qui s'est inspiré de la sculpture du Bernin.

 

 

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 Apollon, Daphné et le dieu fleuve, père de Daphné, par le maître vénitien Giambattista Tiepolo (1696-1770), toile conservée à la National Gallery de Washington.

 

 

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 Apollon et Daphné, 1771, par Johann Heinrich Tischbein l'Ancien (1722-1789). L’œuvre se trouve au musée de Cassel en Allemagne. Le travail de métamorphose au niveau des mains de Daphné est particulièrement réussi.

 

 

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Apollon et Daphné par le peintre italien néo-classique Andrea Appiani (1754-1817). L’œuvre est conservée à la Pinacothèque de Brera.

 

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 L'une de mes visions préférées du mythe d'Apollon et Daphné est sans conteste celle du peintre romantique et orientaliste Théodore Chassériau (1819-1856). Elle date de 1844.

 

La transformation de Daphné est sublimée par les couleurs voluptueuses, la pureté des lignes, la grâce et le romantisme qui émanent de la composition. Le corps lunaire, chrysalide sensuelle sur fond de sylve, et l'attitude suppliante d'Apollon nous offrent un spectacle d'une troublante beauté.

 

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 Je suis également sous le charme de la composition de John William Waterhouse (1849-1917) : Apollon poursuivant Daphné, 1908.

 

Le peintre, de sensibilité préraphaélite, nous livre une vision intime du mythe, centrée sur les jeux de regards et l'élégance des attitudes. La métamorphose s'opère dans un monde luxuriant où la femme devient une sorte de prêtresse épousant les forces de la Nature. Le tableau de Waterhouse révèle aussi une complexe attirance entre les personnages... On ne sent pas particulièrement de rejet mais des possibilités...

 

 

La manière dont les artistes représentent Apollon et Daphné est très souvent renouvelée comme en témoignent les œuvres que nous contemplons.

 

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Beauté formelle, conventionnelle et un brin glacée du couple, en 1810, par Robert Lefèvre (1756-1830), portraitiste et peintre d'histoire.

 

 

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 Ardeur et spiritualité avec Apollon et Daphné, en 1919, sous le pinceau d'Armand Point (1860-1932), le créateur de la Confrérie d'Hauteclaire à Marlotte, dans la forêt de Fontainebleau, un phalanstère d'art aux inspirations Symbolistes.

 

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Daphné, imaginée par l'illustrateur de féerie et de fantasy Arthur Rackham (1867-1939).

 

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Apollon et Daphné par George Spencer Watson (1869-1934), grand admirateur de l'art de la Renaissance Italienne, une course poursuite enflammée...

 

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Apollon et Daphné, 1940, par le sculpteur allemand Arno Breker (1900-1991).

 

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Apollon et Daphné, particulièrement « ravageurs » en 1969, dans la vision de l'illustrateur de fantasy Boris Vallejo, né en 1941.

 

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 Quelle intensité des regards et quel charme de la chair dans la représentation d'Apollon et Daphné par Hélène Knoop, une artiste norvégienne née en 1979 et inspirée par le Symbolisme et l'art de la Renaissance !

 

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Apollon et Daphné, en état de transe onirique, par l'artiste surréaliste espagnole Beatriz Martin Vidal.

 

Les relations d'Apollon et de Daphné, fascinantes, s'exercent à la fois dans le jardin et dans la sylve. Le mythe originel nous conte une histoire d'amour à la fois impossible et peut-être bien possible et l'on peut interpréter les rapports qui unissent le dieu et la nymphe de plusieurs manières.

 

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Apollon et Daphné par Georges Patsouras (Ggaddict sur DeviantArt)

 

-Daphné, victime d'un sort orchestré par le facétieux Cupidon (capable de donner autant que de reprendre, attention à ne pas contrarier ce sacré Chérubin!), est prise de frayeur à l'idée de vivre une passion charnelle avec Apollon. Elle s'échappe donc à travers la métamorphose, troquant son corps de femme contre une apparence végétale. L'amour ressenti par le dieu ne s'éteint pas pour autant...

 

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-Daphné, à la fois nymphe et vierge n'a pas encore opéré les transformations naturelles de son corps de femme. Elle a peur de vivre les modifications liées à la perte de la virginité et demande l'aide de son père afin d'échapper à l'amant fougueux représenté par Apollon... Le soleil qui brûle le sang ! L'état végétal peut donc être assimilé à un état de chrysalide verte dans lequel Daphné prend le temps nécessaire à la maturation de ses désirs et de ses sentiments.

 

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New Life par MrDexArts sur DeviantArt

 

-Daphné incarne les cycles de la Nature... En tant que « femme verte », elle est l'un des avatars de la Grande Déesse des temps anciens. Elle se refuse d'abord aux désirs du dieu puis elle se livre lorsque celui la rejoint, sur un même plan d'initiation...

 

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Tomasz Alen Kopera, artiste surréaliste né en 1976.

 

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Séverine Pineaux, Les Amants de la Sylve.

 

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Delphine Gache

 

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Joséphine Wall, Nature's Embrace...

 

A force de se poursuivre...wink2

 

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Gros bisous et merci de votre fidélité !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #ans, #clochette, #mai, #muguet, #premier

 

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Albert Durer Lucas (1828-1918), Lilies of the valley

 

Célébrons le renouveau de la Nature avec ces clochettes délicates, calices miniatures où le petit Peuple vient savourer l'ambroisie des Elfes et la manne des Fées... La Rosée de Lumière y tremble goutte à goutte !

 

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Recevez mes vœux d'Amour, d'Amitié, de Chance et de Prospérité !

 

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Le muguet: description et propriétés

 

Plante vivace aux noms poétiques (Lis de Mai, Lis des vallées, Clochette des bois, Grelots, Grillets, Amourette, Gazon du Parnasse, Larmes de Notre-Dame...), le muguet se développe dans les bois clairs, sur les chemins dégagés et les pentes rocailleuses. Il se multiplie grâce à son rhizome traçant appelé « griffe ». Il est également cultivé pour ses ravissantes clochettes blanches au parfum enivrant dont le nom dérive de musc et de muscade. Ses fruits, très toxiques et de la grosseur d'un pois, deviennent rouges à maturité, en septembre ou en octobre.

 

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Shodo Kawarasaki (1889-1973), Muguet, 1954.

 

La pharmacopée populaire connaît, depuis des siècles, les propriétés médicinales du muguet et sa richesse en convallatoxine, une substance apparentée à la digitaline qui possède une action sédative sur le cœur. L'infusion de fleurs, sucrée au miel, est toujours utilisée mais, en raison de sa toxicité, les conseils d'un thérapeute sont absolument nécessaires.

 

Prisée comme du tabac, la poudre de fleurs, préalablement séchées dans un lieu ombragé, est réputée calmer les migraines d'origine nerveuse, dissiper les vertiges et libérer les sécrétions des voies nasales. Mais souvenez-vous que les propriétés cardiotoniques du muguet ne sont pas à prendre à la légère et que ses jolies baies rouges ne doivent pas être consommées. Il faut également veiller à ce que les enfants n'absorbent pas l'eau dans laquelle le muguet a trempé.

 

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Au-delà de ses vertus « guérisseuses », cette petite plante aux clochettes lactescentes, aimée des fées et destinée à « chasser l'hiver », nous fait revivre des moments importants de l'histoire de France...

 

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Petite boîte en porcelaine de Limoges

 

La tradition consistant à offrir du muguet, le premier mai, semble remonter à l'époque de Charles IX (1550-1574). En 1560, alors qu'il visitait la Drôme, le roi reçut un brin de muguet. Séduit par ce présent, il fit distribuer, à partir de 1561, des bouquets odorants aux dames de la Cour. Les seigneurs s'empressèrent de l'imiter en « muguetant », c'est à dire en « faisant les galants »...

 

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Les bals du muguet fleurirent, à partir de la Renaissance. Les messieurs arboraient à la boutonnière de jolis brins parfumés.

 

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Le premier mai 1895, le muguet fut associé à une romance parisienne. Le chansonnier Félix Mayol (1872-1941), auteur de la chanson « Viens poupoule », offrit, sur le quai de la gare Saint-Lazare, un bouquet de muguet à son amie Jenny Cook.

 

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Quand il monta sur les planches du « Concert Parisien », sa jaquette était ornée de clochettes immaculées. Il connut un tel succès que le muguet devint son porte-bonheur attitré.

 

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Le premier mai 1900, lors de festivités organisées par des couturiers parisiens, les clientes et les ouvrières reçurent des brins de muguet. Les couturières prirent ensuite l'habitude d'offrir, chaque premier mai, du muguet à leurs clientes.

 

Dans le Paris de la Belle Époque, les « fêtes du muguet » se multiplièrent et connurent un succès retentissant, lié à l'élection des « reines de Mai »: de jolies jeunes femmes vêtues de blanc, perçues comme les incarnations de Flore, la déesse du Printemps.

 

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Reines du muguet (Photo Delcampe)

 

Muguet en vogue dans les cours européennes et dans celle de la reine Victoria (1819-1901).

 

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 Ce tableau du peintre lithographe allemand Franz Xaver Winterhalter (1805-1873) décrit l'offrande par le duc de Wellington d'un cadeau à la reine Victoria, au prince Albert et au prince Arthur, dans une scène prévue pour ressembler à une Adoration des Mages. Le tableau fut commandé par la reine pour commémorer le 1er mai 1851, un jour doté d'une triple signification car il évoquait le premier anniversaire du prince Arthur, le quatre-vingt deuxième anniversaire du duc de Wellington, parrain du prince et la date d'ouverture de l'Exposition Universelle.

Le petit prince tient des brins de muguet et le Crystal Palace, fleuron de l'exposition, est visible en arrière-plan.

 

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Emblème de reverdie et de féminité, le muguet est aussi, depuis 1921, l'emblème du Rugby Club de Toulon!

 

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La journée de huit heures et la Fête du Travail

 

Les clochettes de muguet sont associées, en dépit de leur douceur et de leur fragilité, à des luttes sociales majeures.

 

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Clochettes de muguet par Catharina Klein (1861-1929)

 

Le 1er mai 1884, au IVe congrès de l'American Federation of Labor, les principaux syndicats ouvriers des États-Unis se donnèrent deux ans pour imposer à leurs employeurs la journée de travail de huit heures.

 

Cette idée naquit en Australie où les travailleurs avaient organisé, le 21 avril 1856, une manifestation en faveur de la journée de huit heures. Le succès fut si retentissant qu'il fut décidé de renouveler cette journée d'action tous les ans.

 

Le 1er mai 1886, alors qu'une partie des travailleurs venait d'obtenir satisfaction, de nombreux ouvriers, lésés, firent grève pour forcer les patrons à accepter leurs revendications.

 

Le 3 mai, à Chicago, trois grévistes de la société McCormick Harvester perdirent la vie au cours d'une manifestation et le lendemain soir, alors qu'une marche de protestation se dispersait à Haymarket Square, une bombe explosa, tuant quinze policiers.

 

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La révolte de Haymarket Square (Chicago, 4 mai 1886).

 

Trois syndicalistes furent condamnés à la prison à perpétuité et cinq autres trouvèrent la mort par pendaison, le 11 novembre 1886, en dépit du manque de solidité des preuves dont la justice disposait. Ils finirent par être réhabilités.

 

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Les derniers mots du condamné August Spies sont lisibles sur une stèle du cimetière de Waldheim, à Chicago: «Le jour viendra où notre silence sera plus puissant que les voix que vous étranglez aujourd'hui.»

 

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Trois ans après le drame de Haymarket, le deuxième congrès de la IIe Internationale socialiste se réunit à Paris, au 42, rue Rochechouart, salle des Fantaisies Parisiennes, dans le contexte de l'Exposition Universelle et de la commémoration du centenaire de la Révolution française.

 

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Les ouvriers défilèrent à partir du premier mai 1890, un triangle rouge à la boutonnière pour symboliser le partage de la journée en trois temps (temps de travail, temps de loisir et temps de sommeil).

 

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Le 1er mai, lithographie de Jules Grandjouan (1875-1968) réalisée pour l'Assiette au beurre (1906), une revue illustrée, satirique et libertaire de la Belle Époque.

 

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En 1891, à Fourmies, commune du nord de la France, la manifestation du premier mai s'acheva dans le sang, marquant un tournant essentiel dans l’histoire du mouvement ouvrier. Les forces de l'ordre, équipées des nouveaux fusils Lebel, tirèrent sur la foule. Elles tuèrent dix personnes et firent trente-cinq blessés. Une ouvrière de 18 ans nommée Maria Blondeau reçut une balle dans la tête à bout portant et devint le symbole de cette tragique journée.

 

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La manifestation à Fourmies. (Image Fourmies info/archives.)

 

Les autres victimes étaient Louise Hublet (vingt ans), Ernestine Diot (17 ans), Félicie Tonnelier (16 ans), Kléber Giloteaux (19 ans), Charles Leroy (20 ans), Emile Ségaux (30 ans), Gustave Pestiaux (14 ans), Emile Cornaille (11 ans) et Camille Latour (46 ans). Je conseille aux personnes intéressées par cette histoire de lire l'excellent ouvrage d'André Pierrard et Jean-Louis Chappat intitulé La fusillade de Fourmies, aux éditions Maxima.

 

Dans le journal « l’Illustration » du 9 mai 1891, il est écrit: «C'est le fusil Lebel qui vient d'entrer en scène pour la première fois. Il ressort de ce nouveau fait à l'actif de la balle Lebel qu'elle peut très certainement traverser trois ou quatre personnes à la suite les uns des autres et les tuer.» Ce fusil équipera l’armée française jusqu’à la fin de la première guerre mondiale.

 

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A la fin de l’année 1891, l'Internationale Socialiste renouvela le « caractère revendicatif et international du 1er mai », en hommage aux « martyrs de Fourmies ». Le 23 avril 1919, le Sénat Français ratifia la journée de 8 heures et le 7 juin 1936, la signature des accords de Matignon par Léon Blum permit d'obtenir « une augmentation des salaires de 7 à 15 %, la reconnaissance du droit syndical dans l’entreprise, l’élection des délégués ouvriers, la création de conventions collectives, la semaine de 40 heures et quinze jours de congés payés ».

 

 

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Dans la Russie de 1920, le 1er mai fut chômé grâce à Lénine et en 1933, Hitler alla plus loin en rendant ce jour emblématique chômé et payé.

 

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Le 24 avril 1941, sur les recommandations de René Belin, un ancien dirigeant de l'aile socialiste de la CGT, le Maréchal Pétain qualifia le premier mai de « Fête du Travail et de la Concorde Sociale ».

 

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En avril 1947, à l'initiative du député socialiste Daniel Mayer et du ministre communiste du Travail, Ambroise Croizat, le 1er Mai devint, dans les entreprises publiques et privées, un jour chômé et payé mais il n'était toujours pas assimilé à une fête légale.

 

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Les Symboles du Premier Mai

 

En France, les manifestants du 1er mai défilèrent, à partir de 1890, avec le fameux triangle rouge « des trois temps » bien visible à la boutonnière. Ce triangle fut remplacé, en 1892, par une fleur d'aubépine suspendue à un ruban rouge, en l'honneur de Maria Blondeau, la jeune ouvrière de Fourmies, qui avait trouvé la mort en brandissant un bouquet d’aubépine. En 1895, le socialiste Paul Brousse invita, par le biais d'un concours, les travailleuses à choisir une fleur qui représenterait le « Mai » et c'est l’églantine qui fut choisie.

 

Cette fleur traditionnelle du nord de la France, liée au souvenir de la Révolution française, fut remplacée par le muguet, en 1907 à Paris. Emblème du printemps francilien, le muguet était accroché à la boutonnière avec un ruban rouge, symbole du sang versé.

 

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Après la Première Guerre mondiale, la presse encensa le muguet, aux dépens de la rouge églantine, et en 1941, sous le régime de Vichy, le muguet s'imposa.

 

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La vente du muguet

 

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Elena Salnikova, la jeune vendeuse de muguet

 

Depuis les années 1930, une tolérance administrative autorise les particuliers à vendre, chaque 1er mai, des brins de muguet sans formalités, ni taxes mais cette tradition populaire se répandit surtout à partir de 1936. Elle semble trouver ses origines à Nantes où monsieur Aimé Delrue (1902-1961), droguiste et président du comité des fêtes de la ville, avait organisé « la Fête du Lait de Mai ».

 

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Symbole de renouveau et de fécondité, le lait fraîchement tiré était associé à la blancheur immaculée des clochettes de muguet.

 

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Zubkov Fedor, Les Anges de Mai

 

Depuis 1936, chacun peut vendre du muguet, sans patente, mais il s'agit d'une tolérance que certains arrêtés, en fonction des communes, n'hésitent pas à réglementer.

 

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Robert Doisneau (1912-1994), Le 1er mai 1950 à Paris, Place Victor Basch.

 

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Robert Doisneau, 1er mai 1969, La vendeuse de muguet.

 

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Robert Doisneau, Le Muguet du Métro, 1953, MOMA © 2018 Robert Doisneau, courtesy Bruce Silverstein.

 

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Des larmes de Marie au sang de Saint-Léonard

 

On appelle le muguet « larmes de Notre-Dame » car il aurait jailli des pleurs de la Vierge, versés au pied de la croix.

 

D'autres légendes l'associent à Saint-Léonard, guerrier et ami du roi Clovis, qui choisit de vivre en ermite au fond des bois. Un jour, sous un bouquet d'arbres sacrés, Léonard se heurta à un dragon contre lequel il reprit les armes. Le combat fut très violent. De chaque goutte de sang perdue par le saint fleurirent des brins de muguet. D'après certaines croyances, on entend parfois, quand le vent souffle, le bruit de cette lutte fantastique...

 

 

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Émile Gallé (1846-1904), vase aux muguet, marqueterie sur verre, vers 1898-1900.

 

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Pablo Picasso (1881-1973), Brin de muguet (pousse verte)

 

 

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Folklore et traditions

 

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Comme toutes les fleurs à clochettes, le muguet est lié au Petit Peuple et aux déesses de l'amour et de la fécondité.

 

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Cicely Mary Barker (1895-1973), Flower Fairies

 

Avec la campanule, la digitale et le thym sauvage, le muguet est l'une des fleurs préférées des lutins et des fées qui viennent danser, en cercles opalescents, là où s'épanouissent les clochettes parfumées.

 

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Titania, la reine des fées, couronnée de muguet, sous le pinceau aux accents préraphaélites de Sir Frank Bernard Dicksee (1853-1928).

 

D'après une légende allemande, le muguet serait sous la protection d'une Dame Blanche.

 

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Idylle de printemps par George Henry Boughton (1834-1905).

 

Fleur d'inspiration, le muguet est consacré à Apollon Belenos, dieu des Arts et du Soleil, qui couvrit en l'honneur des Muses, le Mont Parnasse de clochettes nacrées, d'où l'appellation « Gazon de Parnasse ».

 

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Jugend, 1897, illustration d'Adolf Höfer (1869-1927) pour un journal munichois.

 

Dans le folklore européen, l'éclosion des fleurs de muguet constitue un signe bénéfique, annonciateur du retour des déesses du printemps. En fonction des croyances, on pourra préférer les brins à douze ou à treize clochettes...

 

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Anne Cotterill (1933-2010), Lily of the Valley.

 

Dans le Vaudou et la magie des Caraïbes, le muguet est associé à l'invocation des esprits et aux trois planètes de puissance, de protection et de réalisation que sont le Soleil, Vénus et Mercure. Réduit en poudre et brûlé sur des charbons ardents, il est réputé favoriser la concrétisation des affaires matérielles.

 

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Les druidesses faisaient brûler de l'encens de muguet pour accroître leurs capacités de clairvoyance.

 

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Dans la tradition populaire, le muguet est considéré comme un porte-bonheur puissant que l'on adresse aux personnes aimées et qu'on laisse sécher pour obtenir la réalisation de ses vœux. Il s'offre après la nuit de Beltane, nuit sacrée pour les Celtes ouvrant les portes de « l'année claire » jusqu'au retour de « l'année sombre » à la période de Samain/Halloween.

 

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Dans des temps très anciens, c'était l'aubépine que l'on offrait pour célébrer le retour de Maïa, la déesse mère du printemps.

 

Si vous souhaitez vous plonger dans les coutumes entourant l'Arbre de Mai et caracoler en compagnie des fées de Beltane, je vous invite à lire mon article intitulé la Magie de Mai...

 

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Généreuses clochettes signifiant l'amour, la passion, la fidélité et le bonheur partagé...

 

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...ainsi que le souvenir et la pureté des sentiments...

 

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Joyeux Premier Mai!

 

 

Bibliographie

 

DUBOIS, Pierre: La Grande Encyclopédie des Fées. Hoebeke, 2008.

 

DUBOIS-AUBIN, Hélène: L'esprit des fleurs: mythes, légendes et croyances. Le Coudray-Macouard: Cheminements, 2002.

 

SEBILLOT, Paul-Yves: Le Folklore de France.

 

SIKE, Yvonne de: Fêtes et croyances populaires en Europe. Bordas, 1994.

 

VESCOLI, Michaël: Calendrier celtique. Actes Sud, 1996.

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Plume

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Publié le par maplumefee

 

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Pour le plaisir des yeux et le temps de reposer ma plume, je veux vous offrir des douceurs de Printemps, du rose ensorcelant avec de magnifiques cerisiers du Japon et des messagers ailés de la belle saison.

 

Avec mon Amitié...

 

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Belles pensées...

 

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Plume

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Publié le par maplumefee

 

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Nous avons contemplé, il y a quelques jours, « Le bestiaire marin de la fontaine Gaillon ». Je vous emmène à présent dans la rue Gaillon, élégante voie du IIe arrondissement bordée de bâtiments bien conservés qui nous offrent un bel éventail de styles architecturaux.

 

La rue Gaillon changea plusieurs fois de nom au fil du temps. L'ouvrage « Histoire de Paris rue par rue, maison par maison », de Charles Lefeuve, publiée en 1875, nous apprend qu'en 1495 on l'appelait ruelle Michaut Riegnaut et en 1521, rue Michaut Regnaut. En 1578, elle prit le nom de rue Gaillon et s'étendait de la rue Saint-Honoré à la porte Gaillon qui fut détruite en 1700.

 

Elle devint ensuite rue de Lorge puis rue Neuve Saint-Roch, rue Saint-Roch et rue de la Montagne pendant la Révolution. Elle reprit ensuite le nom « Gaillon », en référence à un hôtel Gaillon qui n'existe plus.

 

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Un magnifique mascaron veille sur l'entrée de l'hôtel Sulkowski, construit vers 1740, dans le style rocaille, par l'architecte Jacques-Richard Cochois pour une famille princière.

 

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Rythmée par de hautes fenêtres, la façade en pierre de taille est agrémentée de fines ferronneries, de pilastres, d'agrafes et de consoles ouvragées. C'est un précieux exemple d'hôtel particulier de facture rocaille dans la capitale.

 

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L'hôtel Sulkowski a connu quelques modifications : une extension concernant deux travées et une surélévation réalisée de 1881 à 1882 par l'architecte Auguste Tronquois. Heureusement, ces changements n'ont pas altéré son élégance structurelle alors que nombre d'hôtels construits à la même époque ont été soit détruits soit victimes de réaménagements peu respectueux de leur cohérence artistique.

 

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L'intérieur (qui ne se visite pas) est orné de nombreux mascarons dans le style de celui qui domine la porte d'entrée et abrite un escalier dont la rampe est considérée comme un chef-d’œuvre de ferronnerie d'époque Louis XV.

 

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Face à l'hôtel Sulkowski, aux numéros 3 et 5 de la rue Gaillon, on découvre l'hôtel de Lambilly, ancien hôtel de Flavigny, érigé lui aussi au XVIIIe siècle. Mascarons, ferronneries et beaux encadrements sculptés font partie intégrante du vocabulaire des lieux.

 

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Vous apprécierez la finesse de la coquille, la subtilité des enroulements, les jeux de courbes et de contre-courbes qui happent le regard en attirant la chance, la prospérité, la fécondité sur les habitants de l'endroit...

 

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Séduisant personnage qui veille sur la demeure et les secrètes mémoires qui s'y enracinent. Visage aux traits bien dessinés, regard ambivalent... il est joliment mis en valeur par un encadrement ailé fantasmagorique.

 

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Ce bâtiment possède aussi un bel escalier et d'après certains ouvrages d'architecture, son vestibule est « éclairé » d'un vitrail qui représente une scène médiévale. Tout comme l'hôtel Sulkowski, il ne se visite pas.

 

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Un peu plus loin, au numéro 12 de la rue Gaillon, un immeuble construit entre 1912 et 1913 par l'architecte Jacques Hermant mérite notre attention.

 

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Il présente une élégante façade hybride. Son soubassement est en pierre de taille et ses étages supérieurs sont constitués de métal et de grandes baies vitrées qui laissent généreusement entrer la lumière.

 

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Ornées de motifs végétaux stylisés, les baies s'appuient sur des consoles en fer ouvragées.

 

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Au-dessus du porche, on remarque un médaillon rocaille agrémenté de belles guirlandes de fleurs et de fruits.

 

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Cet immeuble présente des similitudes structurelles avec des bâtiments de la rue Réaumur, rue percée en 1895-1896 dans le 3e arrondissement de Paris et bordée d'immeubles commerciaux où l'on vendait essentiellement du tissu en gros.

 

Ces beaux immeubles sont une alliance de pierre de taille et de métal ouvragé, compositions ouvertes sur l'extérieur par de grandes baies vitrées. J'en reparlerai dans un article consacré à la rue Réaumur.

 

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Au numéro 12 de la rue Gaillon, outre la séduisante façade, Jacques Hermant a élaboré un ascenseur de style Art Nouveau et de beaux décors à motifs végétaux mais on ne peut pas visiter l'intérieur.

 

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Professeur à l'École des Beaux-Arts de Paris et architecte en chef de la Ville de Paris, Jacques Hermant (1855-1930) fut un pionnier dans l'utilisation du béton armé dans la structure des bâtiments privés et publics. Il a participé à la première commission du ciment armé et ses travaux ont favorisé la rédaction d'un compte-rendu ministériel concernant l'emploi du béton armé, en 1906.

 

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Créateur au génie prolifique, il a réalisé la Caserne des Célestins de la Garde Républicaine, dans le IVe arrondissement de Paris, entre 1891 et 1902 mais aussi des hôtels particuliers, des groupes scolaires, des pavillons pour les Expositions Universelles (comme celle de Chicago en 1893) ; des galeries commerciales et des grands magasins, des sièges sociaux pour des groupes industriels et des banques.

 

Il est aussi le concepteur de la Salle Gaveau, salle de concert réalisée en béton armé, entre 1905 et 1907, dans le 8e arrondissement de Paris et il a orchestré, en Seine-et-Marne, la restauration du château de Voisenon, dans un style Art Nouveau.

 

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 Une jolie poignée de porte datant de la fin du XIXe siècle.

 

Aux numéros 16 et 18, se situe le restaurant Drouant que j'avais évoqué il y a des années. Il se niche dans un bel immeuble d'angle en pierre de taille.

 

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En ce haut lieu de l'histoire romanesque, artistique et gastronomique de Paris, le Prix Goncourt est décerné chaque année.

 

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En 1880, un alsacien nommé Charles Drouant ouvrit un café qui devint rapidement l'un des restaurants les plus courus du tout Paris. Les artistes (Renoir, Monet, Pissarro, Rodin, Colette, Apollinaire, Daudet père et fils, Octave Mirbeau...) venaient y déguster des vins blancs renommés, des poissons savoureux et des huîtres fines de Bretagne. Sous la houlette du chef Antoine Westermann, le lieu continue de séduire par la qualité de sa cuisine, son aura de temple de la littérature et ses imposants murs clairs aux ornements de style rocaille.



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Les façades du Drouant sont rehaussées de lignes souples, de volutes et de cartouches aux fines découpures. Les fenêtres ont de beaux garde-corps en fer forgé.

 

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Des balconnets en encorbellement animent la structure générale par des jeux d'ouverture subtils et la fantaisie de leurs lignes courbes.

 

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A l'intérieur, les visiteurs admirent des bas-reliefs, un escalier en fer forgé et des glaces gravées qui datent des années 1920. Elles sont l’œuvre du décorateur Jacques-Émile Ruhlmann (1879-1933).

 

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Image lesRestos.com

 

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Le restaurant Drouant accueillit, le 31 octobre 1914, la réunion des « Dix » de l'Académie Goncourt qui se retrouvaient « sans table » après la fermeture du Café de Paris. En ce lieu typique des charmes de la capitale se « mitonnent » depuis un siècle les prix littéraires, en souvenir des frères Goncourt : Edmond et Jules, liés par une passion commune.

 

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Le premier mardi de chaque mois, sauf en été, les académiciens déjeunent dans le salon Goncourt du premier étage.

 

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Le Prix Goncourt est décerné tous les ans au début du mois de novembre (l'attribution du premier prix Goncourt date de décembre 1903.) L'auteur désigné reçoit un chèque de dix euros mais surtout l'assurance d'un tirage très important et la reconnaissance de ses pairs. Le salon Goncourt est situé près du salon Renaudot où, depuis 1926, le jury décerne son prix le même jour et à la même heure que les «Dix».

 

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Les Goncourt : Edmond (1822-1896) et Jules (1830-1870).

 

L'amour fraternel des Goncourt fut à l'origine d'un curieux « prénom collectif », sorte de signature créatrice : « Juledmond ». Pendant la deuxième moitié du XIXe siècle, ces « mangeurs d'art » fréquentèrent le tout Paris.

 

 

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Leur Journal témoigne de l'intensité de leur relation, de leurs amours artistiques et du talent de Jules pour l'écriture. Après la mort de ce dernier, Edmond poursuivit les travaux littéraires engagés tout en menant ses activités de collectionneur.

 

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Inspiré par son grand-père Huot de Goncourt et sa mère, Annette Cécile Guérin, qui fréquentait le dimanche les antiquaires du Faubourg Saint-Antoine, il réhabilita le XVIIIe siècle dans le goût français et fut l'initiateur du Cercle des Japonisants.

 

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La grande vague de Kanagawa par Katsushika Hokusai (1760-1849), artiste polyvalent, maître de la peinture et du dessin. Il s'agit de la première estampe de la série des « Trente-six vues du mont Fuji ».

 

Edmond de Goncourt fut, par la publication de monographies consacrées aux maîtres de l'ukiyo-e, « peinture du monde éphémère » ou « images du monde flottant », l'un des tous premiers auteurs (si ce n'est le premier) à présenter au monde occidental les merveilles de cet art.

 

 

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À deux pas de l'Opéra Garnier, sur les terres artistiques et dans l'esprit des Goncourt, on peut donc admirer le Drouant (sauf bien sûr en cas de remise de prix littéraire car l'accès est strictement réglementé et toute approche non accréditée impossible), la rue Gaillon, la place Gaillon et sa jolie fontaine.

 

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A propos de fontaine, le jeune triton qui chevauche un dauphin a retrouvé son trident. Souhaitons qu'il le garde longtemps !

 

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Merci de vos pensées d'anniversaire et de votre fidélité, je pense bien à vous !

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #anniversaire, #belier, #Cendrine, #Fée, #lieu, #merci, #passe, #Plume

 

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 Le Bélier par Giorgio Baroni sur DéviantArt.com

 

Merci de tout cœur, chers Ami(e)s pour vos pensées d'anniversaire !

Je suis très touchée et je voulais vous le dire avec ces quelques mots...

 

Les personnes qui désirent lire ou relire un billet concernant la symbolique du signe du Bélier peuvent cliquer sur le lien ci-dessous :

 Le Bélier dans les Arts et le Folklore...

 (http://chimereecarlate.over-blog.com/2018/04/le-belier-dans-les-arts-et-le-folklore.html)

 

Plusieurs d'entre vous connaissent déjà mon deuxième blog : La Chimère écarlate...   Un lieu sans prétention où je publie ce qui me passe par la tête et il s'en passe des choses... sourires !

 

Gros bisous et merci encore !!!

 

Cendrine

 

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 Le Bélier par Antonella Castelli

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #fontaine, #gaillon, #hotel, #jpg, #source

 

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A l'angle de la place Gaillon et de la rue de la Michodière, dans le IIe arrondissement de Paris, une élégante fontaine (ancienne fontaine Louis le Grand puis fontaine d'Antin) est adossée à la façade d'un hôtel particulier du 17e siècle. L'hôtel, qui abrite aujourd'hui un restaurant, fut construit par Jules Hardouin-Mansart (1646-1708) en 1672 pour le sieur Nicolas de Frémont (1622-1696), gardien du trésor royal. J'en avais montré différents aspects il y a quelques années...

 

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Dessin de Frederick Nash (1782-1856), peintre, aquarelliste et lithographe anglais. Source gallica.bnf.fr.

 

Le duc de Lorge, gendre de Nicolas de Frémont, fit agrandir l'hôtel et démolir à cet effet la porte Gaillon qui marquait la limite de l'enceinte construite à partir de 1638, sous le règne de Louis XIII.

 

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Gravure de Charles Heath (1785-1848) d'après un dessin de Auguste Charles Pugin (1769-1832).

 

L'hôtel de Lorge connut plusieurs propriétaires. Il fut appelé hôtel de Travers puis hôtel de Chamillard, hôtel d'Antin et hôtel de Richelieu. Il accueillit le duc de Richelieu, l'ambassadeur d'Espagne et la princesse de Bourbon-Conti, fille de Louis XIV.

 

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La fontaine fut érigée en 1707 au carrefour de Gaillon, entre les rues du Port-Mahon et de la Michodière, par Jean Beausire (1651-1743), architecte, contrôleur et inspecteur des bâtiments de la Ville de Paris.

 

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Située entre les égouts de la rue Neuve Saint-Augustin et de la rue Gaillon, elle fut remplacée en 1828 par un édifice conçu par Louis Visconti (1791-1853), architecte émérite, maître du projet de restauration du Louvre et de réunion du Louvre et des Tuileries. Les sculptures, façonnées par Georges Jacquot (1794-1874), ont été restaurées en 1971 par Emmanuel Oberdoerffer, architecte voyer de la ville de Paris.

 

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Dans une grande niche hémisphérique, flanquée de deux colonnes composites finement ciselées et décorées de poissons fantastiques, un jeune triton chevauche un dauphin. Il portait auparavant un trident dont il ne reste que le manche.

 

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Photographie trouvée sur le net, je n'en connais pas l'auteur.

 

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L'enfant au dauphin appartient au cortège de la belle Amphitrite, néréide, déesse marine, et parfois gardienne des fontaines et des sources. Messager de Poséidon, le dieu des océans qui s'éprit d'Amphitrite, le dauphin devint une constellation, en remerciement de ses bons et loyaux services.

 

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Autrefois, l'eau s'écoulait dans une vasque ornée de gargouilles léonines qui crachaient l'eau recueillie dans une large vasque appuyée sur un socle décoré de poissons et de plantes aquatiques.

 

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Symboles d'opulence et de fécondité, les ornements de la fontaine (oves, rinceaux, algues, coraux, épis de blé, ajoncs, roseaux, fleurs, cornes d'abondance, poissons, coquillages, chimères aquatiques...) témoignent d'une grande finesse d'exécution.

 

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Aux extrémités de la fontaine, des dragons marins veillent à la bonne circulation des eaux de la ville.

 

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Ces créatures symbolisent l'énergie qui serpente, sous forme liquide, dans les entrailles de la terre. Elles évoquent les forces primitives de la Nature et les esprits familiers de l'eau, gardiens de l'élément source de la vie.

 

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Symboles de luxuriance et de fécondité, les coquillages sont les « enfants des dieux ». Jaillis du souffle de l'Océan primordial, ils sont bercés par les déesses de l'amour et de la fertilité. On peut entendre, en les frôlant, l'enivrante gamme des sons originels. Un peu comme si l'on frappait, avec un objet sacré, sur le perron d'une ancienne fontaine pour susciter la pluie.

 

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Des vases à anses fantastiques, de style Renaissance, reposent au sommet des colonnes qui encadrent la niche principale.

 

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La fontaine Gaillon décore aujourd'hui la terrasse d'un restaurant qui appartient à Gérard Depardieu. L'adresse est très connue. Au fil de mes lectures, j'ai constaté que les avis concernant la qualité de la cuisine étaient plutôt partagés. Certains la trouvent excellente, d'autres considèrent que c'est surfait et affichent leur déception. N'y ayant pas mangé, je ne me prononcerai pas.

 

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Photographie répertoriée sous le nom d'Armand Guérinet (libraire-éditeur actif de la fin du XIXe siècle aux années 1920).

 

La petite grille située au pied de la fontaine et les deux lampadaires ont disparu.

 

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Photographie d'Eugène Atget (1857-1927). Source gallica.bnf.fr, cote Est Eo 109b bte3.

 

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Merci de votre fidélité, gros bisous et belles pensées...

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #bleu, #fleur, #fleurs, #iris, #jpg

 

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Gaston Bussière (1862-1928), peintre symboliste. Nymphe avec iris.

 

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Laissons-nous happer par cette superbe fleur bleue, au port gracieux et brodée de lumière...

 

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Présent sur tous les continents, l'Iris nous offre, depuis des millénaires, ses secrets de beauté et son impressionnante palette colorée.

 

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Il existe environ 210 espèces d'iris, plantes vivaces herbacées à bulbes ou à rhizomes qui appartiennent à la famille des Iridacées. Elles poussent dans les régions tempérées de l'hémisphère Nord, en Europe, en Asie, en Afrique du nord et en Amérique. Elles apprécient les terrains secs et les lieux humides. La forme et la couleur de leurs fleurs hermaphrodites sont très variées. Elles évoluent du blanc pur au pourpre chatoyant, du jaune d'or au bleu violacé et se dressent au sommet d'une hampe robuste encadrée de feuilles qui ressemblent à des pointes de glaive.

 

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Les herbiers anciens relatent que dans l'Égypte des pharaons, l'iris était associé à la puissance magique des dieux, qu'on le ciselait sur le front des sphinx et les sceptres royaux. Symbole de pouvoir et d'éloquence, l'iris violet est réputé figurer, depuis 3500 ans, sur les fresques du temple de Karnak.

 

Les Grecs consacrèrent cette fleur à Iris, messagère des dieux de l'Olympe, qui déroulait entre ciel et terre le pont de l'arc-en-ciel. Dans l'Athènes antique, des jardins d'iris odorants honoraient la déesse psychopompe, conductrice des âmes féminines vers le Paradis grâce à une ceinture ou à une écharpe magique aux couleurs irisées. Les âmes masculines étaient guidées, quant à elles, par le dieu Hermès.

 

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Iris, gardienne de l'arc-en-ciel, par l'illustratrice Joséphine Wall.

 

D'après une légende, les dieux invitèrent les fleurs à les rejoindre sur l'Olympe. Elles se présentèrent, sauf une, dans leurs plus beaux atours. Héra, la reine des dieux, prit en pitié la petite créature terne et chiffonnée qui tremblait à ses pieds. Elle fit tisser pour elle une robe merveilleuse aux couleurs de l'arc-en-ciel. Dès lors, elle fut Iris...

 

Iris vient du latin « iridis » qui dérive du grec « iridos ». La beauté de la fleur est également iridescente, à l'image des longs voiles d'Iris, à la fois messagère et élue, semant les bonnes nouvelles et stimulant la chance.

 

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Pierre-Narcisse Guérin (1774-1833), peintre néoclassique, Iris et Morphée, 1811. L’œuvre est conservée au musée de l'Ermitage, à Saint-Pétersbourg.

 

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Iris, accompagnée de Cupidon, surprend Morphée, le dieu du sommeil et des rêves, alangui...

 

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Iris peint en 1503 par Albrecht Dürer (1471-1528).

 

L'iris commun se nomme « lys en épée » dans la langue germanique, en raison de la forme pointue de ses longues feuilles. Il fut confondu avec le « lys de France » qui était à l'origine une fleur d'iris.

 

Le roi Louis VII sortit, d'après la légende, sain et sauf d'une bataille qui se déroula dans un marécage constellé d'iris. Il choisit alors cette fleur fatidique pour emblème. Mais la « fleur de Louis » finit par se confondre phonétiquement avec la « fleur de lys ». Une autre légende prétendit que le roi franc Clovis choisit l'iris pour emblème après avoir échappé aux Goths grâce aux iris des marais qui le dissimulèrent.

 

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Guy Head (1762-1800), Iris transporte l'eau du fleuve Styx jusqu'à l'Olympe.

 

Cultivé par les égyptiens, les babyloniens, les grecs, les hébreux..., l'iris trouva, au fil des siècles, des applications médicales et cosmétiques variées.

 

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William-Adolphe Bouguereau (1825-1905), maître de l'Académisme, Iris.

 

Certaines espèces d'iris sont très recherchées pour leur rhizome, gorgé d'une substance odorante appelée l'irone. Les plus parfumés sont l'Iris germanica et l'Iris pallida ou or bleu de Florence, cultivé depuis fort longtemps en Italie et au Maroc.

 

La reine Catherine de Médicis (1519-1589) lança la mode de l'eau d'iris et la poudre d'iris fit fureur au 17e siècle. Obtenue à partir du rhizome pilé et tamisé, cette poudre imprimait sur les cheveux, la peau et les vêtements une délicieuse odeur de violette, due à sa forte concentration en irone. On l'emploie toujours comme fixateur de parfum.

 

La poudre d'iris parfumait le linge de maison mais aussi les gants de cuir, les ceintures, les aumônières, les bijoux et les habits précieux. René le florentin, maître parfumeur de Catherine de Médicis, ouvrit une boutique sur le Pont-au-Change à Paris et la vogue de l'iris s'empara de la capitale. Elle s'amplifia encore avec la poudre à la Maréchale, mélange odorant et purifiant très prisé à la cour du Roi Soleil.

 

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Élisabeth Sonrel (1874-1953), portraitiste, paysagiste, illustratrice de style Art Nouveau et influencée par le Symbolisme, Iris.

 

Sous forme de pâte, l'iris servait également à purifier l'haleine et la chevelure. On l'utilisa au fil des siècles et sa formule engendra Iris de François Coty, premier soliflore en parfumerie moderne, en 1913.

 

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Pour obtenir de l'essence d'iris, on emploie l’iris pallida à fleurs bleues dont l’odeur très subtile rappelle celle de la violette, et l’iris germanica, moins racée mais utile pour élaborer des mélanges fleuris. « L’absolue d’iris est aujourd’hui l’un des produits les plus onéreux de la palette du parfumeur. »

 

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Rare et par conséquent onéreuse, la matière odorante constitue ce qu'on appelle le beurre d'iris. Elle s'associe particulièrement bien avec la fève tonka, la vanille, la rose, la bergamote et le jasmin.

 

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Image « The perfume girl.com »

 

Ce parfum, élixir de la maison Hermès, conçu par le nez Jean-Claude Ellena, se veut une quintessence olfactive de l'art japonais de l'ukiyo-e, terme qui désigne les estampes en vogue à l'époque Edo (1603-1868). Le parfum s'accorde à loisir avec les visions éphémères ou « images du monde flottant », émotions suspendues dans une bulle fugace où s'opère la précieuse alchimie. Senteurs poudrées d'un monde frêle qui happe les sens et oscille entre douceur acidulée, réalisme et magie.

 

Un véritable plaisir que cette Hermessence numéro 9, très bel objet volatile qui coûte aux alentours de 400 euros. La qualité des matières premières n'est pas à discuter mais tout le monde ne peut évidemment pas se l'offrir. Cela n'empêche pas d'apprécier...

 

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L'iris nous enchante par sa beauté et nous réconforte par ses vertus.

 

Le philosophe et botaniste grec Théophraste (371-288 avant J.-C.) recommandait l'iris pour calmer la colère et les humeurs violentes et Pline l’Ancien (23-79) préconisait l’usage de la poudre d’iris pour parfumer le vin, une tradition qui s'est maintenue dans la fabrication du Chianti.

 

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Les enlumineurs fabriquaient avec le suc des corolles de l’iris mélangé à de l’alun une sorte d'encre verte.

 

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Dans la pharmacopée populaire, la décoction légère de racine d'iris était réputée apaiser la toux et les poussées dentaires douloureuses des enfants. L'eau d'iris a de puissantes vertus astringentes, préconisées, depuis le Moyen-âge, par la célèbre abbesse Hildegarde de Bingen (1098-1179).

 

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Les Indiens d'Amérique du Nord l'utilisaient pour ses propriétés antalgiques, purgatives et diurétiques mais, à doses trop fortes, l'iris peut provoquer des vomissements et n'est pas du tout conseillé aux femmes enceintes.

 

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Hans Memling (1430 ou 1435-1494), Le vase aux iris.

 

Dans la France médiévale, l'iris symbolisait la fécondité et le renouveau. Traditionnellement associé à la Vierge Marie, à l'instar du lys, il apparaît dans de nombreuses Annonciations mais il évoque aussi la douleur éprouvée par Marie face à la mort du Christ.

 

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Dans le Berry, l'expression « flambe de four » désigne l'iris à fleurs bleues, fréquemment planté sur le toit des anciens fours dans un but protecteur.

 

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Gaston Bussière (1862-1928), peintre symboliste, Juventa.

 

D'après les anciennes légendes britanniques, des trésors se lovent sous les rhizomes des iris des marais, les lieux marécageux étant associés aux mondes magiques et aux initiations druidiques.

 

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Gaston Bussière, Esprits de l'eau. L'iris est l'une de leurs fleurs préférées.

 

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Au Japon, l'iris est particulièrement prisé. Emblème de protection et de purification, il est « fixé » sur les toits de chaume et ses feuilles, infusées dans l'eau des bains, sont réputées repousser les maléfices et les maladies. Le bain traditionnel d'iris a généralement lieu le 5 mai.

 

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Ogata Korin (1659-1716), peintre et décorateur japonais de la période Edo. Grand paravent doré: Iris, 1701. Musée d'Art Nezu à Tokyo. Les silhouettes des iris se découpent sur un fond décoré de feuilles d'or.

 

« Pareil à de l’eau

Le jour à travers les nuages

Iris en fleurs. »

Haïku de Moppo Tomita (1897-1923).

 

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Ohara Koson (1877-1945), Iris, 1926.

 

« Un iris

près de mon ermitage

m'a enivré. »

Ryôkan (1758-1831), moine errant, poète et l'une des figures majeures du Zen.

 

La floraison des iris annonçait, dans l'ancien calendrier lunaire, la proche arrivée de l'été et l'époque attendue pour repiquer le riz. Lors de la fête des garçons, le cinquième jour du cinquième mois, on suspendait des iris aux toits des habitations pour éloigner les esprits malveillants et on offrait des « iris à longue racine », symboles de chance, de fécondité et de longévité. Les jeunes garçons portaient des coiffes ornées de feuilles d'iris tressées.

 

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Iris et sauterelle, Hokusai (1760-1849), Série des grandes fleurs, estampe, 1833-1834.

 

L'iris est libre et mystérieux, il pousse dans les lieux intermédiaires, les marais, les étangs où se dissimulent les créatures de « l'entre-deux ». Il accompagne ceux qui aiment prendre les chemins de traverse et jouer avec le vent, l'ombre et la lumière, les couleurs de la nature. Le poète Bashô nous le dévoile dans ses carnets atmosphériques, au printemps de l'année 1689.

 

« Feuilles d'iris

à mes pieds les nouerai

brides de sandales. »

 

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L'iris figure dans les armoiries de plusieurs villes: Florence, Bruxelles (iris jaune des marais), Québec (iris versicolore)... et dans les plus beaux jardins de nombreux pays du monde... C'est une fleur universelle !

 

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L'iris pallida s'épanouit, entre Sienne et Florence, dans les merveilleux paysages de Toscane, gorgés d'or solaire et de parfums capiteux.

 

Florence, la cité de Flore, célébrait autrefois la fleur de lis, figure emblématique de la puissance de la ville et de sa dévotion à la déesse du Printemps. Suite au conflit qui opposa les Guelfes aux Gibelins, les Guelfes victorieux choisirent d'adopter les armes de leurs ennemis mais en invertissant les couleurs initiales. Le lis, autrefois blanc sur champ rouge, devint rouge sur champ blanc. Cf le chant XVI de la Divine Comédie de Dante (1265-1321).

 

La fleur d'iris envahit les jardins de la Renaissance et s'imposa comme symbole protecteur. D'un bleu intense ou d'un blanc nacré, l'iris représente la force du Printemps et la magie féconde de Flore et de Vénus.

 

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Alfons Maria Mucha (1860-1939), Fée de l'Iris.

 

En avril et en mai, on peut admirer les paysages de Toscane métamorphosés par le bleu des iris (giaggiolo) et l'envoûtant jardin de l'Iris, créé à Florence en 1954.

 

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Jacopo Ligozzi (1547–1626), Iris de Florence.

 

Depuis des siècles, on fabrique à la pharmacie de Santa Maria Novella une Eau d'Iris, (Aqua Flor), merveille olfactive connue sous le nom de Borgo Santa Croce, 6, ode à la luxuriance parfumée de la Ville.

 

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Vase signé Émile Gallé (1846-1904), réalisé vers 1900.

 

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Auguste François Marie Gorguet (1862-1927), La jeune femme à l'iris et aux ombelles.

 

Déesse et messagère, romantique et tentatrice, puissamment aromatique et gorgée d'une poésie à nulle autre pareille, ainsi resplendit l'iris, fleur tutélaire du Printemps !

 

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Iris, Vincent van Gogh (1853-1890), mai 1889, J. Paul Getty Museum, Los Angeles, Californie.

 

L'iris est une muse, comme en témoigne cette célébrissime peinture, l'une des premières que Van Gogh exécuta à l'asile du monastère Saint-Paul-de-Mausole à Saint-Rémy-de-Provence, l'année précédant sa mort.

 

Œuvre influencée par l'art et la manière délicieusement mouvante de l'ukiyo-e dont je vous parlais plus haut...

 

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Iris Fairy par Cicely Mary Barker (1895-1973)

 

Merci de votre fidélité, j'ai été très touchée par les nombreux petits mots reçus à l'occasion de Pâques. Je vous souhaite un joli mois d'avril sous l'obédience des esprits de la Nature... Gros bisous !

 

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Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #jpg, #l’oeuf, #oeuf, #paques, #rouge

 

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Avec des illustrations en supplément, pour vous souhaiter de Joyeuses Fêtes de Pâques 2018 !

 

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Promenade gourmande, artistique et philosophique sur le thème de l’œuf... Quant aux poissons d'Avril, les coquins se cachent un peu, « supplantés » par cocottes et lapins mais je ne les oublie pas, sourires !

 

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Œuf du Premier Avril de la Maison Réauté, crédit photo Réauté.

 

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Floris Hendrik Verster (1861-1927), Bol aux œufs, 1915.

 

« Ab Ovo... » Au commencement était l’œuf, promesse de résurrection, que l'on plaçait dans les tombes pour accompagner l'âme des défunts vers un nouveau séjour.

 

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De l’œuf naît et renaît la vie, quête incessante... Pondu par un initiateur sage et facétieux, le lièvre d'Ostara, la déesse germanique du Printemps, équivalent de la déesse anglo-saxonne Eostre (voir mon article intitulé Mystères et Traditions de Pâques), il signifie que des êtres nouveaux vont briser leur coquille.

 

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Illustration de Marjolein Bastin

 

L’œuf cosmos

 

Même si l'on écrivait une encyclopédie sur ce thème, on trouverait encore des traditions orales et des récits non étudiés mettant l’œuf en scène comme point de départ du monde et de ses habitants !

 

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L’œuf cosmique de William Blake (1757-1827)

 

Il existe une infinité de mythes fondés sur la puissance créatrice et poétique de l’œuf. Dans l'Égypte ancienne (mythe du dieu Thot et de l'Ogdoade Hermopolitaine), dans la mythologie hindoue (mythe de l’œuf de Brahma qui se divise en une moitié d’or et une moitié d’argent), chez les Incas où le dieu Viracocha crée le soleil derrière une immense roche noire, avec la coquille d'un œuf d'où jaillit l'humanité, dans le Japon Shintoïste où le ciel (léger et fluctuant) et la terre (dense) émanent d'un œuf parfumé, dans la Grèce antique où certaines statues du dieu Dionysos étaient représentées avec un œuf dans la main et dans plusieurs sépultures de l'ancienne Russie où l'on plaçait des œufs d'argile pour que les âmes puissent de nouveau s'incarner...

 

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Kolobova Margarita, Ilmatar Birth of Nature.

 

Dans le Kalevala (le livre sacré des Finlandais), une déesse nommée Ilmatar sommeillait au fond de la mer. Brusquement, sous l'effet d'un rêve, la déesse bougea et ses genoux émergèrent de l'eau. Intrigué et séduit, le seigneur de l'air, incarné en canard, y déposa un œuf couleur de lune ou d'or. La déesse frissonna, la coquille se brisa et la vie apparut sur toute la terre.

 

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Ilmatar, 1860, par Robert Wilhelm Ekman (1808-1873), illustrateur de poèmes populaires et représentant du romantisme finlandais.

 

« Tous les morceaux se transformèrent

en choses bonnes et utiles:

le bas de la coque de l’œuf forma le firmament sublime,

le dessus de la partie jaune

devint le soleil rayonnant

le dessus de la partie blanche

fut au ciel la lune luisante,

tout débris taché de la coque

fut une étoile au firmament,

tout morceau foncé de la coque

devint un nuage de l'air.

Le temps avança désormais... »

 

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Œuf de Dragon par Bente Schlick, illustrateur allemand né en 1986.

 

Pour les alchimistes, l’œuf philosophique, l’œuf né d'un dragon ou d'un serpent, est un reflet de l’image du monde. Dans cet athanor, se produit l'émulsion qui permet d'aboutir à la pierre philosophale.

 

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L’œuf Orphique de Jacob Bryant (1715-1804), savant, écrivain et mythographe britannique, 1744.

 

Le Mythe Orphique (environ 600 av JC) rapporte qu'au commencement était Chronos (seigneur du Temps), qui engendra Chaos (l'Infini) et Éther (l'aboutissement). Enveloppant le Chaos, la Nuit, « déesse aux ailes noires » stimula l'action créatrice contenue dans l'Éther. De cette « rencontre » naquit l’Œuf d'Argent, réceptacle de l'essence de Vie, qui engendra Phanès, la Lumière.

La Lumière s'unit à la Nuit et le Ciel, la Terre et l'Olympe où règne Zeus, seigneur de l'Éclair et de la Foudre, firent leur apparition.

 

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Salvador Dali (1904-1989), Jaune d’œuf Soleil, 1955.

 

L’œuf est un être à la fois organique et associé à une étrange forme de « minéralité » qui a profondément inspiré Dali. Le maître voyait à travers lui la possibilité de relier toutes nos vies : vies antérieures, expériences intra-utérines et renaissances au fil de l'existence.

 

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Cette puissante magie d'inspiration et de fécondité imprègne les œufs du folklore pascal.

 

Les œufs rouges de Pâques

 

Dans de nombreux pays, la coutume veut que l'on teigne les œufs en rouge pour célébrer Pâques. Rouge de la vie, couleur du sang, de la passion amoureuse, de la purification des maléfices et de la rédemption des pêchés.

 

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La matrice de l’œuf est le réceptacle du mystère de la vie. Dans la Perse antique, il existait une fête du printemps, appelée « fête des œufs rouges ».

 

Dans le folklore celtique, le serpent de mer, à la fois géniteur de vie et destructeur de mondes, pondait, la nuit de l'équinoxe, un œuf rouge au creux d'un rocher. L’œuf magique rayonnait comme un soleil incandescent.

 

Dans la symbolique chrétienne, les œufs du Jeudi-Saint, décorés en rouge et « chassés » le dimanche après la messe pascale, évoquent le sang du Christ versé pour la rémission des pêchés.

 

L’œuf rouge de Marie-Madeleine

 

Dans une église orthodoxe, située sur le Mont des Oliviers à Jérusalem, un tableau relate l'offrande d'un œuf rouge à l'empereur Tibère, par Marie-Madeleine.

 

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Marie-Madeleine demanda à Tibère de réhabiliter la mémoire du Christ. En signe de déférence, elle lui donna le seul œuf qu'elle possédait. L'empereur la mit alors au défi. Il ne trancherait en sa faveur que si l’œuf se teintait de rouge. Elle pria et le miracle se produisit!

 

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Pour la petite histoire, on disait aux enfants de Vendée que les œufs étaient rouges parce qu'ils avaient « vu » à Rome les cardinaux paraître dans leurs grandes robes écarlates.

 

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Le Vendredi Saint était autrefois traditionnellement consacré à la décoration des œufs. Les jeunes filles confectionnaient des « œufs d'amour ».

 

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Pieds nus dans la rosée du matin, elles récoltaient les œufs et les teignaient de rose marbré de rouge puis elles les couvraient de vœux et d'inscriptions comme celles-ci « Par amour et par fidélité. », « Que la force de mon amour te lie à moi. » « Deviens, de mon vivant, celui dont j'ai rêvé en mon dormant. » Elles les cachaient ensuite dans des coffrets jusqu'au lundi de Pâques et elles les offraient à leurs amoureux.

 

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Les œufs blancs et décorés de fleurs sauvages évoquent les cycles de la lune.

 

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Réputés imputrescibles, les œufs du Vendredi-Saint étaient conservés sur les manteaux de cheminée. Ils offraient une protection contre la foudre, les morsures de serpents, les accidents, les chutes et diverses maladies. On les pensait également capables de « détecter les sorcières » si on leur chuchotait certaines paroles avant la messe de Pâques ou si on les faisait tourner sur eux-mêmes durant l'office.

 

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Image Folkstar.pl

 

Leur pouvoir protecteur et magique était amplifié par les couleurs et les motifs dont ils se paraient. Teints en rouge, en violet ou en bleu, ornés d'arabesques, de triskèles, d'arbres stylisés, de soleils, de petits hommes dansants ou de fleurs printanières, ils éloignaient les maléfices, les fantômes et les tempêtes; ils attiraient la chance et la prospérité.

 

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A Luzy, dans la Nièvre, la coutume prétendait que si l'on conservait pendant cent ans un œuf pondu le Vendredi-Saint et peint en rouge, son jaune deviendrait un fabuleux diamant.

 

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Le dimanche de Pâques, les marraines et les parrains offraient à leurs filleuls les œufs du Vendredi-Saint, symboles de joie, de richesse et de sécurité familiale, sur un lit de paille tressé ou dans un panier d'osier.

 

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Après le repas dominical, les facétieux de tous âges se livraient à des jeux folkloriques comme la toquette et la roulée.

 

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Nikolaï Kochélev (1840-1918) : Enfants jouant à faire rouler des œufs de Pâques, 1855. Musée Russe, Saint-Pétersbourg.

 

La roulée était une sorte de jeu de boules, consistant à lancer, sur un plan incliné ou en s'aidant d'une longue tuile qui formait un petit toboggan, des œufs durs, de préférence colorés en rouge ou en bleu. Le possesseur du coquart, (l’œuf resté intact), dégustait les œufs cassés.

 

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« Osterspiele » (Jeux de Pâques), gravure sur bois réalisée en 1880 d’après un dessin original de Carl Röhling (1849–1922).

 

Pour jouer à la toquette, comme vous l'apercevez au second plan de l'image, on tenait fermement un œuf dur, ne laissant dépasser qu'une partie de la coquille, afin de le faire « toquer » contre un autre. Le perdant payait sa tournée de friandises (enfants) et de boissons (adultes)!

 

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Ces jeux étaient (et sont encore) très répandus en Russie mais aussi dans plusieurs régions de France (Lorraine, Alsace, Franche-Comté etc...). La tradition des Rolling Eggs existe dans de nombreux pays, avec certaines variantes.

 

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« Easter Monday Egg Roll » en Angleterre où les participants font rouler des œufs depuis le sommet d'une colline pour « réveiller » les forces du printemps. (Photo geograph.org.UK).

 

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Easter Roll en 1911, à Washington, dans les jardins de la Maison-Blanche (1600, Pennsylvania Avenue).

 

D'après certains historiens, cette tradition aurait été initiée par Dolley Madison, l'épouse du Président James Madison, en fonction de 1809 à 1817 mais d'autres chercheurs avancent que ces courses d’œufs auraient vu le jour entre 1860 et 1865, sous la présidence d'Abraham Lincoln (1809-1865). En 1872, des articles de journaux rapportent que les enfants s'amusaient à faire rouler des œufs de Pâques sur les pelouses du Capitole et que cela inspira, en 1876, à des esprits chagrins le vote d'une loi par le Congrès pour interdire ces jeux de plein air.

Ensuite, il semblerait que le président Rutherford B. Hayes, en fonction de 1877 à 1881, ait invité les enfants à venir à la Maison-Blanche pour faire rouler les œufs.

 

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Course aux œufs, dans les jardins de la Maison-Blanche, le lundi de Pâques (photo de Chuck Kennedy). Les enfants sont pressés de pousser les œufs sur le gazon verdoyant avec une cuillère dotée d'un long manche.

 

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Les gourmands collectent chaque année, avec un bonheur indicible, les œufs déposés sur l'herbe tendre ou cachés dans les habitations par le lièvre du printemps mais aussi par les cloches revenues de Rome qui rythmaient jadis, de leur timbre mélodieux, la vie des villages et des villes.

 

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La découverte des œufs, gravure de 1889.

 

Les couleurs des œufs de Pâques

 

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La couleur la plus répandue est le rouge dont je vous parlais plus haut, couleur du sang et de la vie, qui appelle la protection magique et repousse les forces malveillantes. On obtient un magnifique rouge cardinal en faisant cuire à feu doux des œufs dans du vinaigre avec des rouelles d'oignon.

 

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Avec le marc de café ou l'écorce de chêne, on obtiendra des œufs bruns que l'on pourra glacer avec un peu de sucre. Les épluchures de radis donneront de jolis œufs rose pâle et le suc de betterave rouge des œufs d'un rose soutenu presque violacé. Les anémones pulsatilles, le jus de myrtilles et les baies de sureau teinteront les œufs en mauve, la racine d'ortie en vert jaunâtre, les feuilles d'artichaut, de lierre ou d'épinard seront à l'origine d'un vert franc...

 

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Les œufs magiques d'Ukraine

 

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Un rituel très ancien appelé Pyssanki, Pysanky ou Pyssanka, d'après le verbe pysaty qui signifie «écrire», était effectué, en Ukraine, vers l'équinoxe de printemps. Avec une pointe fine, une femme dessinait sur un œuf des formes dentelées à la cire d'abeille puis elle trempait l’œuf dans un récipient rempli de colorant dilué. La cire fondait et la femme reprenait l’œuf pour en redessiner les motifs avant de le plonger dans un bain plus foncé. Pendant qu'elle accomplissait le rituel, d'autres femmes récitaient des prières mêlées d'incantations. Les œufs étaient conservés jusqu'à l'année suivante.

Sur cette photographie issue des collections du Musée Canadien de l'Histoire, on voit une maman ukrainienne et ses enfants accomplir des gestes ancestraux.

 

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L'entrée du musée des œufs de Pâques à Kolomiya en Transcarpatie (ua-travelling.com). On y apprend tout sur les œufs depuis les premiers temps du Paganisme.

 

 

Des œufs chargés d'histoire...

 

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Autrefois, quand l'année commençait, aux alentours de Pâques, les œufs « pâquerets » symbolisaient « officiellement » le réveil des forces calendaires. Avec l'édit de Roussillon promulgué, le 9 août 1564, sous le règne du roi Charles IX (1550-1574), l'année débuta le premier janvier mais l’œuf, aux vertus aussi gourmandes que mystiques, continua d'être échangé comme cadeau majeur.

 

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Associé aux différentes théogonies, l’œuf connut, dans toutes les couches sociales et à toutes les époques, une importance historique.

 

Au Moyen-âge, à Paris, les clercs et les étudiants chantaient l'office des Laudes sur le parvis de Notre-Dame. Ils formaient ensuite un joyeux cortège et parcouraient les rues afin de « quêter les œufs » pour le festin pascal.

 

Dans les campagnes de France, les enfants et les jeunes gens accomplissaient leur tournée, de maison en maison, en égrenant des comptines à caractère magique ou des chants licencieux.

 

Jusqu'à la Révolution Française, pendant la semaine de Pâques, les officiers de bouche parcouraient l'Île de France pour y collecter les plus gros œufs. Une fois dorés et bénis, le roi les offrait, en personne, aux gens de sa maison.

 

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Les œufs précieux

 

Les œufs-bijoux naquirent en Russie à la fin du XVIIIe siècle mais en Angleterre, on trouvait des œufs couverts d'or et incrustés de pierres précieuses dès le XIIIe siècle et traditionnellement, le roi de France faisait distribuer des œufs d'apparat à la Cour, entre le XVIe et le XVIIIe siècle. Le roi Louis XV (1710-1774) offrit à sa maîtresse, Madame Du Barry (1743-1793), un œuf abritant une figurine de Cupidon qui connut un grand succès.

 

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Cette œuvre est signée par le joaillier Pierre-Karl Fabergé (1846-1920), artiste concepteur de la série des œufs de Pâques impériaux, sous les règnes des tsars Alexandre III (1845-1894) et Nicolas II (1868-1918).

 

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L’œuf de Pierre le Grand, 1903.

 

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L’Œuf aux douze monogrammes, en émail bleu, or rouge et diamants, 1896, cadeau de Nicolas II à Maria Feodorovna. (Hillwood Museum Washington DC).

 

A partir de 1884, Pierre-Karl Fabergé devint le fournisseur officiel de la Cour Impériale. Sollicité par toutes les Cours d'Europe, il « régnait » sur de prestigieux ateliers qui accueillaient plusieurs centaines d'artisans.

 

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Ouvriers Fabergé dans un atelier en Russie, vers 1900. Photo Fabergé SA.

 

Commercialisées de manière internationale, ses créations figurent dans les plus prestigieuses boutiques de Moscou, de Londres et de Paris.

 

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L’Œuf à la Poule, en or et en émail blanc, cadeau d'Alexandre III à la tsarine Maria Feodorovna, née princesse de Danemark.

 

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Il s'agit du premier œuf confectionné par Fabergé, en 1885. La poule en or chatoyant abritait une couronne ornée de petits œufs en rubis. L'impératrice apprécia tant son cadeau que le tsar commanda tous les ans un nouvel œuf au joaillier. Après la mort d'Alexandre III, son fils Nicolas II poursuivit cette tradition jusqu'en 1917, année de la faillite de son pouvoir.

 

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L’œuf au cygne, en émail mauve, cristal, or, argent et aigue-marine, cadeau de Nicolas II à Maria Feodorovna en 1906.

 

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L’œuf au treillis de roses, 1907, en or, diamants rose-thé et feuilles d'émeraude.

 

Les œufs gourmands

 

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Dans les années 1780, l'apothicaire Joseph Storrs Fry (1769-1835) ouvrit une petite manufacture de pâte de chocolat à Bristol, en Angleterre, sous le nom de « J.S. Fry et Sons ». Il conçut la première broyeuse hydraulique pour fèves de cacao et, convaincu que le chocolat était doté de vertus médicinales, il fournit en « matière première » des salons de thé et de nombreuses officines pharmaceutiques. Après sa mort, ses fils Joseph, Francis et Richard eurent l'idée de mélanger du beurre de cacao, du chocolat en poudre et du sucre, obtenant ainsi une pâte molle facile à verser dans des moules. Le chocolat à croquer était né.

 

Vers 1847, le chocolat essentiellement connu sous forme de boisson put être savouré autrement. Dans les années 1890, apparurent les œufs en sucre coloré et aux alentours de 1900, les œufs en chocolat, en porcelaine et en carton doré, garnis d'une surprise en pâte d'amandes ou en sucre candi.

 

De nos jours, les douceurs pascales continuent d'enchanter les gourmands de tous âges...

 

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Lapin et Œufs de la pâtisserie Stohrer dont je vous ai conté l'histoire dans l'article intitulé Gourmandises de Saint-Valentin...

 

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Je vous souhaite d'excellentes fêtes de Pâques. Gros bisous !

 

Cendrine

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #botte, #chat, #conte, #maitre, #perrault

 

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Dans une partie plus intime du jardin où papillonnent les rêveries des promeneurs, se dresse, sous les grands marronniers, un groupe sculpté en marbre blanc. Au fil de mes balades, j'y ai rencontré un fier matou en noble livrée !

 

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Le monument dédié à Charles Perrault est une œuvre empreinte de poésie, née en 1908 sous le ciseau du sculpteur albigeois Gabriel Édouard Baptiste Puech (1854-1930), pour commémorer un maître de la littérature enfantine.

 

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Dans ce théâtre de verdure, l’œuvre séduit par sa finesse esthétique, son élégance et par le sens du mouvement qui en émane. Commandée en 1903 à l'initiative de Jean Jaurès, elle fut placée au jardin des Tuileries en 1910.

 

Elle se trouvait autrefois plus près du musée du Louvre, vers le Jeu de Paume. En 1998, elle a été déplacée et installée dans un endroit que l'on appelle «  Quinconces des Marronniers ».

 

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Le buste de Charles Perrault domine une farandole de trois fillettes et l'un de ses plus célèbres personnages : le Chat Botté.

 

Dans ce monde en vert et blanc, flotte un doux parfum suranné, mélange de rêverie intemporelle et de fantaisie de jadis. En m'enfonçant sous les arbres, je laisse vagabonder mon esprit et je songe à ces forêts mystérieuses, matrices des contes, où se lovent les peurs enfantines. Pas à pas, la féerie m'enveloppe et je salue d'un sourire le groupe virevoltant qui encercle la figure de l'écrivain.

 

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Avec grâce et panache, le Chat Botté se dresse devant moi. L'ombre effleure son oreille découverte et sa cape de marbre est joliment animée.

 

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Il arbore un feutre à plume et un collier de souris.

 

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Bien chaussé dans ses bottes seyantes, les bottes de sept lieues, il incarne une figure folklorique très ancienne.

 

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Facétieux et plein de ressources, ce chat est un Trickster, un farceur chaotique qui voyage à travers les différentes cultures et mythologies. Comme le Bateleur du Tarot, il est le maître des bonimenteurs. Il transfigure la réalité, métamorphose les apparences, façonne à l'envi les situations qui se présentent. Il joue avec la fortune. Il provoque le sort.

 

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Magicien des mots, Charles Perrault (1628-1703) écrivit Le Maître Chat ou le Conte du Chat Botté à la fin du XVIIe siècle. En 1695, dans le manuscrit illustré intitulé Les Contes de ma mère l'Oye, publié chez l'éditeur Claude Barbin, parut le Chat Botté, personnage industrieux et haut en couleurs qui suscita un véritable engouement populaire.

 

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Portrait de Charles Perrault, en 1672, par Philippe Lallemand (1636-1716).

 

 

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Le Maître Chat ou le Chat Botté, 1695.

 

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Tarot des Chats de Marseille, Le Bateleur ou Magicien.

 

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Tarot des Chats de Marseille, le Roi de Deniers.

 

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Tarot des Chats Bohêmes, Le Bateleur ou Magicien.

 

Charles Perrault était le frère de Claude Perrault (1613-1688), architecte, médecin, mathématicien, auteur de la Colonnade du Louvre (façade de l'aile est du palais) et Contrôleur général des Finances et des Bâtiments de Louis XIV.

 

Contre l'avis de Le Nôtre et grâce aux liens privilégiés qu'il entretenait avec Colbert, il obtint, comme en témoignent ses Mémoires, l'ouverture du Jardin des Tuileries au public. Il plaida à cet effet « la cause des enfants ».

 

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Au Salon de 1908, Gabriel Pech reçut une médaille de première classe pour la création du modèle de son monument, un monument qui faillit être placé au Parc Monceau, au Ranelagh ou aux Buttes-Chaumont et fut finalement installé aux Tuileries.

 

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On admire de ravissants personnages...

 

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Trois petites filles qui font la ronde dans leurs atours de marbre blanc...

 

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évoquant les phases de la lune dans le ciel étoilé...

 

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Si vivantes...

 

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Le Maître Chat ou le Conte du Chat Botté s'inspire d'un conte de fées italien appelé La Chatte de Constantin le Fortuné. L’œuvre figure dans le second volume du recueil Les Nuits Facétieuses de Giovanni Francesco Straparola (1480-1557).

 

Une chatte emploie, de manière particulièrement savoureuse, la ruse et la tricherie afin d'offrir à son jeune maître désargenté la main d'une princesse. Le Conte de Perrault possède la même trame.

 

Les deux histoires mettent en scène ce qu'on appelle un matagot ou chat d'argent, chat sorcier considéré comme un « chat des moissons » ou « esprit du grain ». Il stimule les forces magiques de la terre et transmet des richesses à un humain sur lequel il a décidé de veiller. Il incarne un ancien dieu de la fécondité qui accomplit, suivant un cycle de vie, de mort et de renaissance, des rituels associés au monde agraire. Ses aventures sont truffées d'éléments symboliques que l'on associe aux anciens cultes des animaux.

 

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On rencontre des chats facétieux dans des contes de fée indiens, notamment dans le Kathâsaritsâgara (L'Océan des rivières des contes) et dans le Pañchatantra, recueil de contes sanskrits datant du Ve siècle après J-C.

 

En 1634, un Chat Trickster apparaît comme le héros dans le Pentamerone du courtisan et poète napolitain Giambattista Basile (1566 ou 1575-1632). Le chat agit pour rendre riche un jeune mendiant du nom de Gagliuso.

 

D'autres contes mettent en scène des chats ou des chattes plein(e)s de ressources qui n'hésitent pas à recourir à des moyens drôles et peu recommandables pour assurer la fortune de leur maître : un conte breton signé Mr Luzel et appelé « Le Chat et sa mère » ; un conte norvégien : « Seigneur Pierre » ou « le Palais aux piliers d’or », un conte danois. Dans plusieurs contes russes, le rôle du chat est interprété par un renard pourvoyeur en richesses mais ne nous éloignons pas...

 

 

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Le Chat Botté (Puss in boots dans le monde anglo-saxon), par Carl Offterdinger (18829-1889), illustrateur allemand.

 

Au fil du temps, le truculent félin n'a cessé d'inspirer les artistes (écrivains, peintres, dessinateurs, compositeurs, chorégraphes...) et à notre époque, il est revenu sur le devant de la scène avec une irrésistible parodie : le Chat Potté. Ce personnage apparaît dans le film d'animation « Shrek 2 ». On le rencontre aussi dans « Shrek le troisième » et « Shrek 4, il était une fin. » Il est le héros du film dérivé « Le Chat Potté » et une série de dessins animés lui est consacrée.

 

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Chat Potté !!!

 

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Sur les chemins du conte...

 

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Image © Le Chat à Botter

 

Un meunier meurt en laissant à ses trois fils son moulin, son âne et son chat.

Le fils aîné reçoit le moulin, le second fils obtient l'âne et le troisième se retrouve doté du chat, ce qui lui occasionne un profond désespoir car il est persuadé de devoir vivre dans la misère.

 

Mais le chat se révèle doué de parole et sous le regard ébahi de son maître, il demande à ce qu'on lui fournisse un sac et une paire de bottes. N'ayant rien à perdre, le jeune homme s'exécute et le chat, satisfait, part à la chasse. Il tue un lapin qu'il s'empresse d'aller offrir au roi, de la part de son maître qu'il a renommé « le Marquis de Carabas » !

 

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Le chat et son maître par Carl Offterdinger (1829-1889).

 

Chaque jour, son sac lui sert de piège pour prendre lapins et perdrix qu'il va remettre au roi. Il agit ainsi pendant plusieurs mois puis il décide de « mettre au point » une rencontre entre le souverain et son maître, le prétendu marquis.

 

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Sachant que le roi doit se promener en bordure de rivière avec sa fille, une ravissante princesse, il invite le jeune homme à aller se baigner.

 

Le roi paraît et pendant que le fils du meunier se trouve dans l'eau, le chat hurle :

-Au secours, au secours, voilà Monsieur le Marquis de Carabas qui se noie !

 

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Le Chat Botté, en 1867, par Gustave Doré (1832-1883).

 

Reconnaissant le chat qui lui apporte du gibier chaque jour, le roi ordonne à ses gardes de secourir le marquis. Le chat prétend que des voleurs ont dérobé les vêtements de son maître et le roi fait offrir au fils du meunier un magnifique habit.

 

Bien fait de sa personne, le jeune homme plaît à la princesse et le chat s'en réjouit.

 

Le roi fait monter le « marquis » dans son carrosse et le chat court devant l'équipage. Dès qu'il rencontre un paysan, il lui intime l'ordre, sous peine d'être haché menu, d'affirmer au roi que les terres environnantes appartiennent au marquis. Il finit par arriver devant un somptueux château où vit un ogre...

 

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Illustration de Gustave Doré, 1867.

 

L'ogre est féroce mais le chat, qui évolue sans hésitation dans les lieux, le flatte par de subtils jeux de langage et titille son côté vaniteux. En minaudant, le chat vante le pouvoir de métamorphose de son hôte qui accepte de se transformer.

 

L'ogre prend l'apparence d'un lion rugissant et le chat, qui pourrait jouer les effrayés, fait croire qu'il n'est pas très impressionné. Il dit à l'ogre qu'il le serait davantage si celui-ci se changeait en rat ou en souris. Il pourrait alors apprécier toute la puissance de son don... Piqué au vif, l'ogre rapetisse et devient une souris sur laquelle le chat se jette aussitôt. Ainsi, le seigneur du château finit dévoré !

 

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Affiche de théâtre, inspiration 1928. © Le Chat à Botter

 

Quand l'équipage royal parvient au château, le roi est ébloui par tant de magnificence et il est accueilli par le chat qui lui souhaite la bienvenue dans la demeure de son maître, le marquis de Carabas !

 

Définitivement conquis, le roi accorde au fils du meunier la main de la princesse et le chat se retrouve gratifié d'une seigneurie.

 

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Affiche de théâtre, 1894. © Le Chat à Botter

 

Industrieux, chaotique, beau parleur... c'est ainsi que nous aimons ce Chat et l'engouement pour le conte, territoire initiatique, est toujours bien réel grâce à des films et à des expositions organisées dans les bibliothèques autour des contes de ma mère l'Oye, de Perrault et des frères Grimm, de la littérature de Colportage ou du Cabinet des Fées...

 

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Le Chat Botté par Félix Lorioux (1872-1964).

 

Le Cabinet des Fées (ou Collection choisie des contes de fées et autres contes merveilleux), recueil de contes en quarante et un volumes, compilé par le chevalier Charles-Joseph de Mayer (1751-1825) et publié à Amsterdam entre 1785 et 1789, regroupe les écrits d'une quarantaine de conteurs, parmi lesquels Charles Perrault, Madame d'Aulnoy, Mademoiselle Leprince de Beaumont, Mademoiselle de La Force, Mademoiselle Lheritier, Jean-Jacques Rousseau, le chevalier de Mailly...

 

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Le Chat Botté, affiche s'inspirant du style de Piet Mondrian (1872-1944), peintre néerlandais, pionnier de la Peinture Abstraite. Image © Le Chat à Botter.

 

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Le Chat Botté, affiche s'inspirant du style de Gustav Klimt (1862-1918), (1872-1944), maître de la Sécession Viennoise. Image © Le Chat à Botter.

Je vous invite à cheminer à travers la sylve des très belles affiches d'inspiration rétro que vous pouvez découvrir en cliquant sur le lien ci-dessous:

lechatabotter.blogspot.com

Merci à Bastien pour son sympathique message et bravo pour le talent!

 

On trouve de très nombreux Chats Bottés au château de Breteuil, dans la vallée de Chevreuse, n'est-ce pas, ma chère Zaza (merci pour les beaux articles sur ce château) !!! Et merci à mon amie Laure pour les jolies photos d'un facétieux félin et nos échanges...

 

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Le monument à Charles Perrault offre une belle occasion de se replonger dans un univers d'enfance et de voyager entre les mondes, en compagnie d'un Maître Chat ! Je veux ajouter que le groupe sculpté apparaît dans un petit livre intitulé « Qui a volé la main de Charles Perrault ? »

 

D'après le synopsis de ce thriller pour enfants signé Claudine Aubrun et paru dans la collection Mini Syros, « Au jardin des Tuileries, la main d'une des statues du monument dédié à Charles Perrault ne cesse de disparaître... Nino, qui a le bras dans le plâtre, mène l'enquête. En voudrait-on au célèbre écrivain ? »

 

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Merci de vos attentions et de votre fidélité, je vous souhaite un très joli Printemps, avec mes pensées d'amitié !

 

Félinement vôtre !

Plume

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Publié le par maplumefee
Publié dans : #Maewyn Succat, #patrick, #saint, #symboles, #traditions

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Le Printemps palpite. Le vieil hiver s'affaiblit et la magie lumineuse de la verte Erin ne demande qu'à être célébrée. A cette occasion, je veux partager avec vous ma petite collection de cartes de la Saint-Patrick.

 

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La Saint-Patrick est une grande fête populaire et folklorique qui célèbre la vie, chaque 17 mars ou à partir du 17 mars et durant plusieurs jours. L'histoire et le folklore se confondent à travers bien des aspects de cette fête qui commémore la christianisation de l'Irlande au Ve siècle par un écossais nommé Maewyn Succat (385-461).

 

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Fils d’un centurion romain originaire de Grande Bretagne, Maewyn fut enlevé à l’âge de 16 ans par des pirates qui le vendirent à un chef de clan irlandais. Il découvrit la religion chrétienne et en 409, après avoir rêvé que Dieu lui demandait de prendre la mer, il parvint à s'échapper.

 

Devenu prêtre, il voyagea et se rendit aux îles de Lérins, près de Cannes, puis il s’établit, pendant deux années, au monastère de Saint-Honorat où il fit des études de Théologie.

 

Un jour, le pape Célestin Ier lui ordonna de partir évangéliser l’Irlande Il entama donc, à partir de 411, une tournée de conversion sur les terres druidiques.

 

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Il rencontra le roi Aengus et la légende dit qu'il expliqua à ce dernier le concept de Trinité (le Père, le Fils, et le Saint Esprit) en lui montrant un trèfle fraîchement cueilli. Aengus fut conquis...

 

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L'évangélisation du pays se poursuivit et Maewynn, qui fut ordonné évêque, prit le nom de Patricius/Patrick. On lui attribue d'avoir chassé de la terre d'Irlande tous les serpents (à la fois les Druides et les symboles de la Déesse des temps anciens) en frappant un « vipérin » avec un bâton tréflé.

 

Il mourut le 17 mars 461 dans la ville de Downpatrick et chaque année, les Irlandais lui rendent hommage en chantant, dansant, festoyant...

 

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Il est amusant de constater que, une fois encore, l'église a tenté d'annihiler, sans y parvenir, une fête païenne et matriarcale, en l'occurrence la fête de la Déesse Ostara, jeune fille aux couleurs d'aurore que l'on célèbre au moment de l'équinoxe de Printemps (généralement, le 21 mars)...

 

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Les Symboles de la Saint-Patrick

 

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Le Leprechaun

 

Le Leprechaun est un personnage incontournable des légendes irlandaises et une véritable « icône » au moment de la Saint-Patrick.

 

Créature magique, le Leprechaun est doté d'un caractère à la fois facétieux et ombrageux. De petite taille (il mesure environ 90 centimètres), il est vêtu de vert et arbore un joli pourpoint ou un tablier de cordonnier que l'on nomme « leigh bhrogan » en gaélique irlandais. Il fume des herbes de la lande avec sa pipe et boit une liqueur chimérique appelée « Dudeens » ainsi que du whisky fait maison.

 

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Il serait, d'après le savoir oral, un être hybride, fruit de la rencontre amoureuse entre un humain et un esprit des anciens mondes.

 

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Doué pour la cordonnerie, il est aussi le banquier de la communauté du Petit Peuple. Redoutable gardien de trésors, gardien de l'or, métal aussi magique que précieux, il possède un chaudron d'abondance, rempli de pièces qu'il dissimule au pied d'un arc-en-ciel ou sous une petite colline qui change de place régulièrement. Il se méfie des humains car beaucoup cherchent à le piéger pour s'emparer de ses biens mais il aime malgré tout « jouer » avec les « grandes gens ». Il s'amuse à leurs dépens et file, rapide comme l'éclair, à travers des paysages mystérieux.

 

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Si l'on voit un Leprechaun, les anciens grimoires préconisent de ne pas cligner des yeux car un simple mouvement de paupières peut le faire disparaître...

 

Il existe à Dublin un musée entièrement consacré aux traditions et aux mythes entourant le Leprechaun : le National Leprechaun Museum. Tout ce que l'on voit dans ce musée est gigantesque afin que le visiteur se sente « miniaturisé » et puisse « entrer dans la peau » d'un farfadet.

 

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Le Trèfle (Shamrock)

 

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L'emblème officiel de l'Irlande est une harpe, la harpe celtique associé au dieu Dagda, l'Omniscient. Mais le trèfle est l'emblème populaire le plus connu.

 

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Plante pérenne qui abonde dans les prairies d'Europe, d'Asie et d'Amérique du Nord, le trèfle se décline en plusieurs variétés... Trèfle blanc, trèfle violet, trèfle étoilé, trèfle patte-de-lièvre...

 

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Le trèfle de Saint-Patrick, évoqué comme emblème chrétien, est beaucoup plus ancien puisqu'il entrait dans la pharmacopée et l'eschatologie druidiques. On le nommait « Seamrag Chapaill » et il était également sacré pour les bardes, maîtres du langage poétique et magique.

 

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Le trèfle est associé à la Déesse Mère Brigid ou Brigit qui règne sur l'inspiration créatrice, aux trois divinités du Destin, à la déesse Tailtiu, mère adoptive du dieu solaire Lugh... ainsi qu'au Green Man, l'Homme Vert, le maître feuillu, seigneur secret de la sylve...

 

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Green Man par Brian Froud

 

 

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Le Tarot de la Sorcière Verte

 

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Imprégné du pouvoir de certaines constellations, le trèfle est réputé posséder de grandes vertus guérisseuses et protectrices. Selon le médecin et naturaliste grec Dioscoride (20/40-90 après J.-C), il soignait, sous forme de cataplasmes et d'infusions, les fièvres et les inflammations les plus tenaces. Au Moyen Âge, on l'a longtemps utilisé pour apaiser les quintes de toux et les douleurs articulaires. Sa feuille est devenue un emblème dans l'architecture avec l'arche gothique trilobée et elle possède un rôle de première importance dans le jeu de cartes auprès du cœur, du pique et du carreau.

 

Dans le Jeu de Tarot divinatoire, le trèfle correspond à la suite des bâtons.

 

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Historiquement, le trèfle est lié à l'idée de rébellion. Sous le règne de Victoria (1819-1901), il était le signe de ralliement des opposants à la Couronne et les personnes qui portaient un trèfle risquaient de connaître la peine capitale.

 

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Le trèfle à trois feuilles (trifolium) est une représentation stylisée du triskèle, motif populaire de l'art celte et de l'awen, énergie de vie et feu d'inspiration. Au moment de l'équinoxe de Printemps, Ostara ou Alban Eilir pour les Druides, il concentre la puissance des trois rayons sacrés de lumière qui palpitent sur les chemins de Dame Ceridwen, maîtresse du chaudron de connaissance et de régénération. Il est à la fois le symbole des Bardes, des Ovates et des Druides.

 

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Il « incarne » aussi les trois Vertus Théologales soit la Foi, l'Espérance et la Charité. Le trèfle à trois feuilles est le plus répandu mais il existe des trèfles à quatre feuilles (symboles de richesse, d'amour, de santé et de chance ou de célébrité, de richesse, de santé et d'amour loyal).

 

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Les trèfles à quatre feuilles sont d'une rareté extrême. On dit qu'il en existe un seul pour dix mille trèfles à trois feuilles et d'après les livres de folklore, ce serait Ève qui aurait ramené du Paradis un trèfle quadrifolié.

 

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Le trèfle quadrifolié est réputé combattre les effets du venin de serpent et pour les Druides, posséder un trèfle à quatre feuilles cueilli lors de certaines phases de lune permettait de voir les démons et les créatures enchantées.

 

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Symbole de chance dans nos sociétés, le trèfle à quatre feuilles est aussi l'emblème de la marque Alfa Roméo (Quadrifoglio Verde)...

 

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Pour l'anecdote, en 2009, au Japon, un fermier nommé Shigeo Obara a cueilli un trèfle à 56 feuilles qui figure dans le Livre des Records...

 

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Il existe un trèfle à cinq feuilles, encore plus rare que le trèfle à quatre feuilles et son message est ambivalent. Soit, il porte chance, soit il la prend... Méfiance ! Et savez-vous ce qu'est un Ultratrifoliophile ? Il s'agit d'une personne qui collectionne les trèfles à quatre feuilles ou plus. Un collectionneur américain est réputé en posséder plus de 160 000 !

 

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Allons rêver sur des chemins de féerie et butiner gaiement les charmes du Printemps ! Je vous souhaite plein de jolies choses et vous adresse mes pensées d'amitié...

 

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Plume

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